Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie – 30/10
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BFM Business et la Tribune présente le 18-19. Guillaume Paul. Allez, 18h09, retour dans le 18-19 sur BFM Business. Et je vous disais, notre invité, c'est le ministre délégué en charge de l'industrie, Sébastien Martin. Bonsoir, Monsieur le Ministre. Bonsoir. Merci beaucoup d'être avec nous. On a un petit quart d'heure pour parler réindustrialisation. Vous savez qu'on en parle très, très souvent, quasiment régulièrement sur BFM Business, quasiment quotidiennement. Il se trouve qu'on parle beaucoup de réindustrialisation. Alors, on le voit notamment dans le cadre de cette discussion budgétaire.
Chacun, que ce soit le socle commun ou alors les oppositions, on a eu beaucoup de projets dans lesquels on entend parler de réindustrialisation. Tout le monde, dans l'absolu, a le mot réindustrialisation à la bouche. J'ai l'impression que la définition n'est pas la même et les moyens d'y parvenir ne sont pas les mêmes partout. Comment est-ce que vous regardez ça, finalement, ce mot que tout le monde achète aujourd'hui ?
Déjà, c'est une bonne nouvelle que tout le monde en parle. Je me disais, en venant sur ce plateau, rappelez-vous, il y a 15-20 ans, on ne parlait pas forcément de la nécessité de maintenir en France une industrie forte. Beaucoup disaient qu'après tout, ne plus avoir d'usine dans ce pays, ce n'était pas si grave, qu'on serait un pays de service. L'usine sans salarié. La fameuse usine sans salarié. Et aujourd'hui, il y a quand même un vrai consensus national. J'étais cet après-midi au Sénat, par exemple. Eh bien, il y a un vrai consensus national pour dire que c'était une erreur.
Et ça nous a sauté au visage en 2020, parce qu'on s'est rendu compte qu'on n'était même plus capable de faire des masques. Et qu'il était nécessaire d'avoir une base productive dans notre pays. Et à la suite de ça, je crois que le consensus s'est aujourd'hui renforcé. Et que c'est important qu'il y ait ce consensus. Parce qu'en face de nous, on a des gens qui ne veulent vraiment pas nous faire de cadeaux. Et je pense qu'on en parlera pendant cet échange. Mais je crois qu'aujourd'hui, il y a une volonté partagée de réindustrialisation.
Il y a un consensus autour de la réindustrialisation. Pourtant, les chiffres, vous avez vu les derniers chiffres comme nous, ne sont pas favorables. Le chiffre de la Direction Générale de l'Entreprise, qui se sont tombés il y a quelques heures, qui fait un travail de fourmi à la DGE. Il répertorie jour après jour les ouvertures et les fermetures de sites. Et ils nous disent que sur les six premiers mois de l'année, on a eu 44 ouvertures de sites, mais 82 fermetures. Quasiment le double. L'an dernier, c'était quasiment l'équilibre 60-61. Ça veut dire finalement que le ralentissement qu'on a commencé à observer l'an dernier, il se poursuit aujourd'hui, Sébastien Martin.
Je ne vais pas me cacher la situation, elle n'est pas satisfaisante. Je veux juste quand même préciser que nos chiffres incluent certes les ouvertures et fermetures, mais aussi les agrandissements de sites. Alors il y a des extensions. C'est important. Je vais vous donner un exemple. Chez moi, vous le savez, je suis élu à Chalon-sur-Sauve. Il y a par exemple Framatome, qui fait un agrandissement de 40 000 m². Un agrandissement de 40 000 m², c'est quand même à peu près l'équivalent de 4 ou 5 usines qui sortent de terre, mais qui là sont considérées comme un agrandissement. Donc si on met avec les agrandissements de sites, on reste sur un solde positif.
Ce n'est pas pour dire que la situation est bonne, mais il faut la regarder en face, et moi je la regarde en face. Ça veut dire qu'il faut se battre deux fois plus dans une situation qui est sans doute deux fois plus difficile qu'elle ne l'était hier, et c'est aussi pour ça que j'ai accepté cette mission.
Il faut se battre, d'autant que la DGE dit également, les investissements étrangers ont baissé de 7% l'an dernier, le contexte n'est pas favorable, les droits de douane. Mais l'instabilité politique, elle n'aide pas.
Et l'incertitude politique, bien sûr. Bien évidemment, des chiffres ont été publiés. Cette instabilité politique, elle a coûté 0,3 point de croissance. Et pour être concret, c'est quoi 0,3 point de croissance ? C'est 9 milliards, c'est sans doute plusieurs milliers d'emplois à côté desquels on est passé. Et je crois que dans le moment actuel, vous savez, nos concitoyens, ils ont bien ça en tête. Ils voient bien que l'instabilité, elle n'est pas que politique, elle a aussi des conséquences économiques, qu'elle peut freiner des choix d'investissement, qu'elle peut dire à certains, je verrai plus tard.
Je verrai plus tard, ce sont des points de croissance qui sont loupés, ce sont des usines qui ne s'ouvrent pas, ce sont des investissements qui ne sont pas faits. Et je crois qu'on a effectivement besoin aussi d'écouter la population qui dit « Maintenant, il y a le temps de s'entendre et de pouvoir avancer ».
Comment vous comprenez qu'on n'est pas enclenché en 2020, 2021 ? La réindustrialisation, si vous savez, c'était le grand récit de l'après-Covid. Ça a été finalement le chantier des espoirs non aboutis. Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qu'on a oublié en 2023, 2024, 2025, qu'on avait commencé à mettre sur le tapis en 2020 ?
Non, les choses ont bien été engagées, même avant d'ailleurs. Vous savez, moi je suis un élu territorial. En 2018, il y a eu la logique des territoires d'industrie, pour dire que partout en France, il fallait que l'État, les industriels et les élus se mobilisent pour organiser du foncier, pour avoir des vrais sites industriels clés en main, qui est quelque chose auquel je crois beaucoup.
Et puis après, post-Covid, il y a quand même eu les effets du plan de relance, il y a quand même eu des mesures fiscales, il y a quand même eu France 2030, il y a eu la baisse de la CVAE, il y a eu la mise en place du crédit d'impôt Industrie Verte, un certain nombre de mesures qui ont conforté quand même l'attractivité de la France, même si, il faut le dire, aujourd'hui la situation est difficile, mais on reste un pays qui est capable d'attirer sur son territoire des usines. À Chalons-sur-Saône, je suis en train d'ouvrir neuf usines, donc ça veut bien dire que c'est possible.
Et vous êtes inquiet de ce qui se passe justement du côté de l'Assemblée nationale, pour en revenir à la discussion budgétaire, avec ce qu'on observe depuis quelques jours, c'est-à-dire une hémorragie sur le plan fiscal, l'accumulation des taxes, autre imposition sur les multinationales. Ce qui s'est joué encore hier soir sur les rachats d'actions et la supertaxe sur les dividendes, comment est-ce qu'on peut effectivement prener le matin, mais tout parti confondi, tout bord confondi, la réindustrialisation et empiler les taxes sur les...
C'est vrai que c'est un peu les montagnes russes. Quand on a des jours où on constate qu'il y a un débat de très bonne qualité à l'Assemblée nationale sur la question du budget, et puis parfois, sur une mesure, ça s'enflamme. C'est pas que sur une mesure, on a vu depuis quelques jours. On aboutit, par exemple, à cette taxe sur les multinationales qui, on le sait, est inapplicable et qui envoie de mauvais messages aux investisseurs. Et je crois que le Premier ministre a été très clair.
Le débat parlementaire doit avoir lieu, mais le gouvernement aussi, et là pour être le garant du fait qu'on ne doit pas toucher à notre outil productif et à ce qui fait encore la puissance industrielle de la France.
L'autre chiffre sur lequel je voulais vous amener, on ne va pas parler que de chiffres, mais il y a eu cette étude aussi, vous avez vu passer ça sans doute, de la Tax Foundation, qui est l'un des plus gros instituts de recherche fiscale des Etats-Unis, qui dit, voilà, on va regarder ce qui se passait dans les 38 pays de l'OCDE et la France est le pays qui a le système fiscal le moins compétitif. Nous sommes 38e sur 38.
Eh bien, je crois que c'est ce qui devrait aussi inciter les parlementaires à être prudents dans les décisions qu'ils seront amenés à prendre dans les prochains jours et à ne pas trop surcharger la barque et ce qui pèse aujourd'hui sur les épaules des chefs d'entreprise, parce que sinon, effectivement, derrière tout ça, aura des conséquences vraiment réelles, pas simplement dans un amendement.
On était 36e l'année dernière, on est passé 38e du fait de la surtaxe, alors qu'on croyait provisoire, d'impôts sur les sociétés qui va être en partie reconduite. Oui, mais je pense que vous savez aussi
quelle est la réalité de notre situation budgétaire. Je crois que chacun est conscient qu'il faut faire des efforts qui doivent être mesurés. La priorité doit être plus dans la réduction de la dépense que dans la hausse des recettes. Mais je crois que chacun aujourd'hui peut avancer en responsabilité dans ce débat.
Vous êtes en pause, vous êtes ministre depuis maintenant quelques semaines. Qu'est-ce que concrètement vous proposez pour aider les industriels, pour simplifier la vie et le développement de l'industrie en France ?
Dans les grands principes, vous savez, je crois d'abord...
Vous nous dites qu'on n'a pas tout essayé pour sauver l'industrie française. Comme on disait Naguère, la même chose du chômage.
Je crois que dans les grands principes, il y a tout ce qu'on s'est dit sur la réglementation, sur la fiscalité. Mais je crois aussi à une réindustrialisation par le terrain, par notre capacité que l'on a à aider les industriels à faire face parfois à des complexités administratives qui existent. Et moi, je compte bien m'appuyer aussi sur les élus locaux, que ce soit les intercommunalités ou les régions, pour qu'on ait des vrais sites prêts à accueillir les entreprises. Les sites clés en main, ce qu'on appelle les sites clés en main. Des vrais sites industriels clés en main. Un vrai site industriel clé en main, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'un industriel, il sait qu'il n'a que son permis de construire et son autorisation ICPE. Ça, il sait le maîtriser, l'industriel. Par contre, quand l'industriel, il est confronté à un vase gallo romain ou à une espèce protégée, c'est le début de la catastrophe. Là, il se retrouve en face de l'ADREAL, il se retrouve en face de l'autorité environnementale, dans des procédures qu'il n'avait pas imaginées et qu'il ne connaît pas. Et là, c'est la catastrophe.
C'est pour ça qu'on doit travailler mieux en amont pour faciliter les choses, d'une part avec les élus locaux, et que moi, je vais rencontrer dans les tout prochains jours l'ensemble des préfets de ce pays, parce que je veux savoir où il y a des projets qui sont bloqués pour des histoires de complexité administrative. Je veux savoir pourquoi dans une entreprise qui veut s'agrandir, pourquoi une entreprise qui veut s'agrandir, ça fait trois fois qu'on lui demande la même chose. Je veux savoir pourquoi un projet qui doit sortir depuis deux ans ne sort pas depuis deux ans parce qu'on a trouvé un problème X ou Y. Et on viendra m'expliquer à moi ce qui se passe.
Et on essaiera de faire bouger les choses. Et si je dois y mettre mon poids personnel, je lui mettrai mon poids personnel.
Qu'est-ce que vous pensez pouvoir faire face à ces sujets qui sont des sujets récurrents ?
D'abord, il faut aussi qu'on se batte au niveau européen. Il y a un certain nombre là de ce qu'on appelle des omnibus. En fait, c'est des textes qui vont passer pour essayer de refaire descendre un peu la pression normative qui pèse sur les épaules des entreprises. Il faut aussi qu'on soit extrêmement vigilant à tout ce qu'on nous amène sur les bureaux des ministres aujourd'hui en signature de nouveaux décrets, nouveaux arrêtés divers et variés où parfois on ne fait pas attention et qu'est-ce qui se passe derrière ? C'est une nouvelle réglementation. Vous vous battez
contre vos propres administrations.
Un ministre, il est là pour diriger son administration. Il n'est pas là pour être dirigé par son administration. Moi, le premier jour, j'ai fait le tour de la direction générale des entreprises. J'ai réuni tout le monde dans une salle et je leur ai expliqué ce qu'on allait faire ensemble. Et donc, bien sûr, il y a la continuité de l'État. Bien sûr, il y a des dossiers au long cours. Mais les ministres sont là pour diriger leurs administrations.
On s'est fixé un cap qui est très clair, maintenir l'industrie dans ce pays et aussi aller se battre auprès de l'Union européenne parce qu'il est temps de sortir de la naïveté sur un certain nombre de sujets et notamment la concurrence internationale asiatique.
Justement, on en vient à la concurrence internationale asiatique notamment. Alors, on parle de réindustrialisation en France. On voit ce que les Allemands sont en train de faire de leur côté. Est-ce que vous avez l'impression qu'en 2025, on manque encore d'un véritable projet économique, donc par essence politique pour faire avancer les choses véritablement ?
Est-ce qu'il est opportun de parler réindustrialisation chacun dans son coin ? La construction européenne, ne l'oublions jamais, s'est d'abord faite autour de l'économie, la communauté urbaine, du charbon et de l'acier. Et donc, aujourd'hui, on a réussi à construire un immense marché qui est une force, ne l'oublions jamais. Mais le souhait de la France, c'est que ça soit non seulement un immense marché mais que ça soit aussi une immense usine. Parce que sinon, s'il n'y a pas d'usine, le marché sera faible et pas intéressant. Et pour ça, alors qu'on fait face à ce qui s'appelle une agression. À ce qui s'appelle une agression.
Alors qu'on fait face à certains qui veulent aussi remettre en cause notre modèle européen et les démocraties européennes. Il ne faut pas être naïf, il faut se protéger. On l'a obtenu sur l'acier, il y aura désormais des droits de douane à partir d'un certain volume d'acier importé de 50%. On a travaillé sur des molécules chimiques pour protéger certaines molécules chimiques et d'autres molécules chimiques vont être protégées pour protéger l'industrie chimique française et européenne. Et on le fait aujourd'hui aussi sur l'automobile en se battant pour un concept, pas qu'un concept, l'idée de la préférence européenne.
Je pense que nos concitoyens, ils attendent aussi que nous nous battions pour ce qu'il y a, pour ce qu'à l'intérieur des productions européennes, ce ne soit pas juste made in Europe parce qu'on aura assemblé ici des choses qui viendraient d'ailleurs.
Mais est-ce qu'on parle de la même voie sur tous ces sujets ? Il ne doit pas échapper que sur l'échange de 2035 pour la fin des ventes de véhicules thermiques. Il y avait un hiatus entre la France et l'Allemagne, ce qui est quand même par définition dommageable.
Vous savez, j'avais un échange juste avant de venir ici avec des industriels qui me disaient qu'il faut de la stabilité. Alors oui, s'il faut de la stabilité, c'est-à-dire qu'on ne change pas les dates tous les quatre matins. Aussi. 2035, c'est un signal de marché.
Vous entendez les arguments des Allemands qui freinent des cas de fer depuis des années.
Mais nous comprenons les arguments des Allemands. Nous ne sommes pas des gens fermés et des idéologues. En tout cas, moi, je ne suis pas venu pour ça. On est des gens de terrain. Je suis un élu de terrain. Et on voit bien la réalité du marché aujourd'hui. Et il peut y avoir l'introduction d'autres dispositifs que le 100% électrique pour parvenir à une amélioration des émissions de gaz à effet de serre dans le domaine de la mobilité. Nous ne sommes pas fermés à tout ça. Mais il faut simplement aussi donner un peu de cohérence.
Parce que moi, j'aimerais savoir ce que je vais dire aux habitants des Hauts-de-France qui aujourd'hui voient des projets de Gigafactory sortir de terre si on leur dit le véhicule électrique c'est complètement terminé. On ne peut pas leur dire ça. Donc, on doit être cohérent. On doit à la fois dire il peut y avoir des assouplissements. 2035 doit rester un signal de marché. Mais il faut aussi se battre pour la préférence européenne pour que dans nos véhicules et dans les véhicules qui sortent demain, eh bien, ça soit des sous-traitants européens qui équipent ces véhicules et donc des salariés européens et français qui en bénéficient.
Je crois qu'on parle de deux dossiers d'entreprise que vous regardez, on le sait, de très près du côté de Bercy. Il y a celui des Fonderies de Bretagne. Alors, ancienne filiale de Renault, ancien équipement anti-automobile qui est en train justement de se réinventer, d'aller vers les obus, vers l'armement. Tout à fait. L'époque s'y prête. Il se trouve que les Fonderies de Bretagne avaient été reprises en mai dernier par un groupe qui s'appelle Europlasma qui s'était engagé à investir 15 millions d'euros en trois ans. L'État et les collectivités doivent par ailleurs mettre 7 millions. L'État le fera et les collectivités aussi, sauf qu'apparemment 2 millions pour l'instant.
Si chacun respecte ses engagements.
Si chacun respecte ses engagements. Mais pour l'instant, du côté de ce groupe privé Europlasma, on n'a placé que 2 millions. Les salariés n'y croient pas, n'y croient plus. On parle de 260 salariés. Où en est la situation sur ce dossier ?
Moi, je comprends l'inquiétude des salariés face à des décisions qui sont prises aujourd'hui par l'investisseur qui ne sont pas très lisibles. Notamment, d'avoir, il y a quelques jours, Limogé, le directeur du site qui était quelqu'un de respecté par les personnels, de quelqu'un de crédible vis-à-vis des élus. Moi, j'ai eu un échange avec le maire de Lorient avec le président de la région, avec le député de la circonscription qui est par ailleurs président de la commission de la défense.
Il va y avoir le 17 novembre une rencontre pour que les choses soient clarifiées et que l'investisseur nous dise où il a l'intention d'aller, quelle est la gouvernance du site, à nous aussi avec la direction générale à l'armement de faire en sorte que les commandes qui doivent être passées soient passées et je verrai Catherine Vautrin la semaine prochaine à ce sujet. Mais je crois qu'on a besoin aujourd'hui que l'investisseur nous donne un peu mieux qu'elle est sa feuille de roue.
Là, on a des salariés qui disent il y a mésentente sur ce que nous avions exactement à produire. On nous demande de jouer les commerciaux puisque en gros, c'est à nous en plus d'aller chercher les clients, les démarchés puisqu'on nous promet des commandes mais de la part de quels clients, on ne sait pas. Non, c'est pas au salarié
d'aller chercher les commandes. C'est pas au salarié d'aller chercher les commandes. Les choses seront clarifiées mi-novembre et mes services sont extrêmement vigilants sur ce qui est en train de se passer là-bas.
Il va y avoir du chômage parcile en tout cas pour ces 260 salariés dans les prochaines semaines Monsieur le Ministre.
Il y aura une réunion le 15 novembre, le 17 novembre et on verra à ce moment-là.
Et puis l'autre entreprise dont vous voulez dire à moi il nous reste 3-4 minutes c'est Novasco. Alors ex-Axcométal on est dans une acierée électrique il y a un repreneur qui s'appelle Metal Blanc qui apparemment n'a pas l'intention de reprendre une des usines de groupe qui est située à Agondange en Moselle qui compte là 450 salariés parce que le repreneur dit les débouchés ne sont pas suffisamment importants il y a le prix de l'électricité bien sûr qui est rédhibitoire donc on se dirige vers la liquidation de ce site.
Il y a deux projets de repreneurs mais pas pour ce site-là à proprement parler.
Sur ce site-là il y a un autre investisseur qui se positionne sur ce site-là peut-être pas pour toute l'activité et c'est au tribunal de commerce d'examiner demain bien évidemment à partir de demain il ne rendra pas sa décision demain ensuite il a un certain des certains délais à observer pour rendre sa décision moi ce que je sais c'est qu'on va se battre jusqu'au bout sur ce sujet-là vous savez moi je suis élu d'un territoire qui a connu la fermeture d'une usine comme Kodak avec 2500 salariés donc je sais ce que ça veut dire un site industriel menacé et un site industriel qui ferme et on a su rebondir pour autant et je verrai la semaine prochaine l'ensemble des élus locaux de ce territoire pour voir comment les choses se passent envisager toutes les possibilités sur ce site mais en tout cas moi j'ai dit à chacun de mes interlocuteurs que jusqu'à la dernière minute on allait se battre pour ce site-là et il faut aussi qu'on ait on a eu un très bon dialogue avec les organisations syndicales il faut que jusqu'à la dernière minute on essaye de trouver des solutions
je vais peut-être vous choquer ça fait 4 fois en l'espace de 10 ans que ce site se retrouve en redressement judiciaire et un député local disait récemment au total l'état aura investi dans ce site près de 200 millions d'euros en l'espace de 10 ans vous savez donc on ne découvre pas la lune la question c'est pardon je vais le dire comme ça jusqu'à quel point faut-il s'acharner véritablement
écoutez moi tant que il y a des possibilités sur ce site je veux qu'on les examine je veux qu'on les regarde je veux qu'on voit quelles sont les possibilités d'accompagner ou pas l'état a tenu parole sur ce site depuis le début comme vous l'avez dit il y a eu des millions d'euros qui ont été posés sur la table
un groupe britannique pardon qui s'appelle Greybull qui devait investir 90 millions d'euros il a mis un million et demi sur ce site est-ce que vous voulez aller demander des comptes
qui avaient promis 85 les amis voulez-vous aller demander des comptes à cet actionnaire à ce groupe britannique mais l'actionnaire en réalité cet actionnaire cet investisseur en réalité il est parti il n'est plus là et donc aujourd'hui bien sûr qu'on peut lui demander des comptes mais en fait il n'a pas fait ce qu'il avait promis et demain il va partir bon et il est déjà parti donc aujourd'hui moi ce qui m'intéresse c'est de penser l'avenir avec les élus locaux avec les organisations syndicales j'ai vu d'ailleurs la CGT encore ce matin c'est extrêmement difficile je ne veux pas me cacher c'est extrêmement difficile je ne sais pas si on y arrivera
dernière question nous reste 30 secondes est-ce que tout ça ne repose pas ce sujet en tout cas ne repose pas la question qu'avait illustré le rapport du Sénat sur les aides aux entreprises au-delà du montant qui était sujet à caution la conditionnalité des aides la conditionnalité des aides monsieur le ministre j'entends tout ça
mais moi je vois le monde dans lequel on vit je vois le monde dans lequel on vit en réalité toutes les aides qui sont apportées aux entreprises parfois sur des fonds qui ont été spécifiques pour accompagner la décarbonation est-ce que ça ça doit être mis en question je ne parle pas du chiffrage de ce rapport un certain nombre d'aides qui sont apportées aux entreprises parce que vous avez qui en face de nous vous avez les chinois d'un côté le monde asiatique d'un côté comme les américains de l'autre qui subventionnent massivement massivement leurs entreprises et nous de notre côté on devrait dire que non la puissance publique ne doit pas soutenir son tissu économique et les emplois qui vont avec je crois au contraire que si ça ne veut pas dire qu'il faut faire n'importe quoi ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas demander des comptes ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas demander de la réciprocité mais arrêtons avec ces questions qui sont parfois traitées de manière idéologique aujourd'hui dans le commerce international et dans la guerre internationale dans laquelle elle se passe sur un certain nombre de sujets nous avons la responsabilité d'être présents
donc ce groupe britannique vous considérez qu'il n'y a pas de compte à lui demander je ne dis pas
qu'il n'y a pas de compte à rendre je ne dis pas ça et bien sûr qu'il doit rendre des comptes et que les voies de recours doivent être utilisées contre ces gens là mais je dis juste pour autant ne nous disons pas que la puissance publique n'a pas à être présente dans ces débats là
merci beaucoup monsieur le ministre merci à vous de passer nous voir Sébastien Martin ministre délégué en charge de l'industrie avec nous ce soir sur BFM Business merci beaucoup
Sébastien Martin