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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 13 octobre 2025 29 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesRetraitesImmigration & asile

Sébastien Chenu : "Les Français veulent un changement de politique !" (LCI)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 33 %Attaque 53 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09FerméeRéponse directe

    Vous vous situez toujours dans le camp de la censure immédiate ?

  • 1:00RelanceRéponse directe

    Est-ce que ce ne serait pas pire d'attendre encore une fois d'avoir un budget, de laisser passer les jours après et après ?

  • 1:05RelanceRéponse directe

    Pardonnez-moi Sébastien Chenu, est-ce que ce ne serait pas pire d'attendre encore une fois d'avoir un budget, de laisser passer les jours après et après ?

  • 2:34OuverteRéponse directe

    Certains pourraient vous répondre.

  • 4:27OuverteRéponse directe

    Vous parlez tout de même de l'intérêt des Français, Sébastien Chenu.

  • 4:37OuverteRéponse directe

    La suspension de la réforme des retraites a été plus ou moins mise sur la table, ou en tous les cas, un des deux volets concernant l'âge légal. C'est tout de même un pas vers vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39Invité politiqueFait
    « Les chiffres sont terribles en matière économique, en matière financière, en matière sociale, en matière sécuritaire. »
  • 1:55Invité politiqueChiffre
    « Je regardais un dirigeant de TPE sur deux est payé au SMIC. »
  • 2:07Invité politiqueFait
    « L'inflation a touché particulièrement l'alimentaire, par exemple viande, poisson, beaucoup plus que les 12% d'inflation. »
  • 5:12Invité politiqueChiffre
    « ça va coûter 500 millions d'euros la première année. »
  • 6:29Invité politiqueFait
    « Le budget ne va même pas pouvoir être construit. Il va s'appliquer par ordonnance. »
  • 23:03Invité politiqueChiffre
    « nous évaluons à la possibilité, en tous les cas immédiates, de récupérer 5 milliards et demi sur un certain nombre d'aides sociales qui sont données à des gens qui n'ont pas la nationalité française et qui n'ont pas contribué par leur effort à la richesse nationale. »
  • 24:18Invité politiqueChiffre
    « Gabriel Attal disait qu'il y avait 15 milliards à aller chercher par an sur ces deux fraudes cumulées. »
  • 24:26Invité politiqueFait
    « La carte vitale biométrique, ça fait des années qu'on en parle. Nous, on la propose depuis des années. Ça fait 8 ans qu'ils sont au gouvernement. Ils n'ont toujours pas mis en place. »
  • 23:38Invité politiqueChiffre
    « on a en tous les cas 4 milliards d'euros possibles à récupérer pour ouvrir un peu, oxygéner un peu d'ailleurs le paysage audiovisuel. »
  • 23:59Invité politiqueFait
    « Les conseillers départementaux siégeraient en format régional tous les mois pour traiter des affaires de la région, on ferait des économies d'échelle. »
  • 16:55Invité politiquePromesse
    « nous allons prendre des décisions qui sont évidemment des décisions qui sont destinées à rendre du pouvoir d'achat aux Français. »
  • 16:46Invité politiquePromesse
    « déjà arrêter le flux, c'est la première chose, arrêter l'appel d'air que constitue un certain nombre d'aides sociales »
  • 21:43Invité politiquePromesse
    « donnez-nous notre chance de redresser le pays. »
  • 21:07Invité politiqueFait
    « quand l'Allemagne, par exemple, arrête le regroupement familial, c'est donc que c'est possible ? »
  • 21:19Invité politiqueFait
    « l'Espagne baisse la TVA sur un certain nombre de produits de première nécessité, ce n'est pas nos amis, les gouvernements espagnols, ils n'ont pas notre couleur politique, c'est donc que c'est possible. »
  • 26:47Invité politiqueFait
    « qui, en traînant des pieds, iront faire barrage »
  • 26:53Invité politiqueFait
    « il y a beaucoup de gens qui auront les idées claires, qui se diront qu'il faut donner une majorité au pays »
  • 27:00Invité politiqueFait
    « et qui ne rentreront plus dans ces espèces de désistements, d'alliances, de circonstances »
  • 27:20Invité politiqueFait
    « j'ose espérer qu'ils voteront avec bon sens pour la famille politique que je représente »
  • 27:24Invité politiqueFait
    « et qui est probablement celle qui est le plus en rupture avec ce que nous vivons en politique depuis des années »
  • 28:03Invité politiqueFait
    « les gens qui me font confiance depuis presque 10 ans maintenant, depuis le 2017, toute leur vie ont voté a priori à gauche »
  • 28:15Invité politiqueFait
    « nous faisons des scores incroyables parce que nous avons un système de valeurs communes »
  • 28:40Invité politiqueFait
    « On veut dépasser la droite et la gauche parce qu'on pense que ce n'est plus la bonne grille de lecture »
  • 28:51Invité politiqueFait
    « il a fait le pire de la droite et le pire de la gauche, y compris dans les pratiques, les nominations de copains »

Temps de parole

  • Sébastien Chenu76 %
  • Présentateur10 %
  • Invité8 %
  • Invité 27 %

3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Sébastien Chenu, bonsoir. Je vais vous montrer notre jauge, notre jauge LCI. Il y a eu un peu de confusion sur les propos peut-être de Jean-Philippe Tanguy aujourd'hui. Vous vous situez toujours dans le camp de la censure immédiate ?

0:12
Sébastien Chenu

Oui, immédiate, à 100% et de façon extrêmement déterminée. Le spectacle auquel nous assistons, c'est l'écroulement du système politique, de ce qu'avant on pouvait appeler l'UMPS, mais qui finalement est l'immense recyclage de ceux qui gouvernent le pays depuis tant d'années et qui le mettent en échec après avoir écroulé notre pays en matière économique. Les chiffres sont terribles en matière économique, en matière financière, en matière sociale, en matière sécuritaire. Je crois que les faits qu'on a pu voir hier à Paris démontrent que ce pays n'est même plus sous contrôle d'aucune façon. Eh bien, il l'écroule de façon institutionnelle.

Emmanuel Macron écroule les institutions, la vie politique de notre pays qui tenait encore à peu près debout il y a quelques temps.

1:00
Présentateur

Et pardonnez-moi Sébastien Chenier, est-ce que ce ne serait pas pire d'attendre encore une fois d'avoir un budget, de laisser passer les jours après et après ?

1:08
Sébastien Chenu

Madame, les budgets qui sont proposés sont catastrophiques pour le pays. Les uns après les autres ont été catastrophiques, raison pour laquelle nous avons censuré Michel Barnier, raison pour laquelle nous n'avons pas laissé avancer François Béroux. Et la stabilité aujourd'hui, c'est de redemander aux Français ce qu'ils veulent. C'est de leur demander de donner une majorité. Moi, je souhaite qu'elle soit donnée au Rassemblement national et à ses alliés.

1:27
Présentateur

Même si elle est relative, ça ne vous dérange pas ?

1:29
Sébastien Chenu

On verra, mais moi je pense qu'elle ne sera pas relative. Je pense que les Français sont un peuple très politique.

1:34
Présentateur

C'est un pari audacieux tout de même.

1:35
Sébastien Chenu

Oui, d'accord, mais je pense que ça vaut mieux que ce que nous vivons actuellement. L'instabilité que nous vivons, elle est dangereuse parce qu'elle ne règle pas les problèmes évidemment du pays, parce qu'elle est délétère en matière d'image à l'international et donc demain pour les marchés. Parce que la réalité, c'est ça aussi. Ils sont en train de casser le peu de croissance que nous avons. Et puis, je le disais, les problèmes ne sont pas réglés. Je regardais un dirigeant de TPE sur deux est payé au SMIC. L'inflation a touché particulièrement l'alimentaire, par exemple viande, poisson, beaucoup plus que les 12% d'inflation.

Ça veut dire que les Français ont fait des sacrifices dans leur quotidien. Les problèmes s'aggravent. Je n'ai même pas parlé des problèmes sécuritaires et migratoires. Les problèmes s'aggravent et on a un système qui se partage des places. Madame Gennevard, maintenant chacun décide de ce qu'il veut faire, dit qu'elle participe bien au gouvernement. Je ne sais pas si quelqu'un lui a demandé son avis, peut-être probablement pour appliquer le Mercosur et terminer de liquider l'agriculture française. Redonner la parole aux Français dans une démocratie, c'est ce qui apporte le plus de stabilité.

2:34
Présentateur

Alors certains pourraient vous répondre. Pour Annie Gennevard, par exemple, les agriculteurs demandent un peu de continuité sur le long terme, Arlette Chabot, n'est-ce pas ?

2:41
Invité

Oui, c'est un argument. C'est-à-dire qu'il y a des tas de secteurs. Il y a deux secteurs qui préoccupent beaucoup les Français. C'est l'éducation, évidemment, et la santé. Alors déjà, le ministre de la Santé dit qu'il ne veut pas rester dans le gouvernement, à l'inverse de Mme Gennevard. Et c'est vrai que dans ces deux postes ministériels, il y a eu une valse incroyable, c'est-à-dire cinq, six ministres en deux ou trois ou quatre ans, ce qui est quand même absolument assez consternant. Donc une petite continuité dans un secteur, même si vous n'êtes pas d'accord avec les positions d'Annie Gennevard, ce n'est pas forcément totalement incroyable.

3:14
Sébastien Chenu

Non, mais enfin, je crois qu'on ne comprend pas bien. J'ai l'impression que moi, enfin, je rentre dans ma circonscription, j'étais dans la commune d'Avelui ce midi. Je ne sais pas si à Paris, on comprend bien que les Français ne veulent plus les voir, ne peuvent plus les voir et ne peuvent plus voir la politique qu'ils mènent. Sincèrement, il n'y a personne qui va défiler pour le retour d'Annie Gennevard, ni même d'ailleurs pour son départ parce que les gens ne la connaissent pas. Mais ce qu'ils connaissent, c'est les conséquences de la politique que Mme Gennevard et ses amis font, c'est-à-dire le Mercosur. Ça, les agriculteurs, ils ont bien compris.

Que ce soit Tartampion, qu'il soit ministre de l'Agriculture, ils n'en ont rien à faire tant que le Mercosur ne s'applique pas. Donc Mme Gennevard, qu'elle rentre, qu'elle sorte, on s'en moque. Les gens veulent un changement de politique. Et c'est pareil pour le ministre de la Santé, où tous ces inconnus, ces figurants, ces gens qui se donnent une importance qu'ils n'ont pas, quand M. Retailleau nous dit « Je ne veux pas participer, je ne veux pas siéger à côté de Bruno Le Maire, ça fait des mois qu'il siège à côté de Mme Borne. Il ne veut pas siéger avec quelqu'un qui est dans le même parti politique que lui. » Mais que sont ces rigolos ? Qui sont ces gens qui se moquent des Français ?

À quel moment il parle de l'intérêt de la France ? À quel moment il parle de projets pour le pays ? Le budget, il ne va pas pouvoir être adopté, évidemment, à l'Assemblée nationale, donc il va passer par ordonnance. Parce que tout ça a été fait pour gagner du temps. Et les Français, pendant ce temps-là, ils triment, ils tremblent, ils économisent, parce qu'ils ont peur de l'avenir. Et je peux vous dire que ce n'est pas toujours un bon signe.

4:27
Présentateur

Vous parlez tout de même de l'intérêt des Français, Sébastien Chenu. La suspension de la réforme des retraites a été plus ou moins mise sur la table, ou en tous les cas, un des deux volets concernant l'âge légal. C'est tout de même un pas vers vous ? C'est ce que vous souhaitez dans votre camp ?

4:40
Sébastien Chenu

Non, mais nous, on veut abroger cette réforme des retraites. On ne sait pas ce qu'ils veulent en faire. La démantibuler, la suspendre, la mettre de côté, la mettre entre parenthèses, la découper pour traiter des parties et pas d'autres. Enfin, je veux dire, à un moment, nous, on dit les choses. Nous souhaitons arrêter, suspendre, non pas suspendre, abroger cette réforme des retraites pour traiter le problème, avec la proposition qui sera la nôtre, aux élections présidentielles de 2027. On a bien compris, personne n'est d'accord.

Et d'ailleurs, quand on disait qu'il fallait abroger cette réforme des retraites, on nous disait, vous n'êtes pas des gens sérieux, ça va coûter trop cher, ça va coûter 500 millions d'euros la première année. Et visiblement, c'est faisable. Mais vous savez, on nous dit toujours ça. C'est impossible de modifier, c'est impossible de rétablir des frontières, c'est impossible de toucher à l'aide médicale d'État, c'est impossible de baisser la contribution à l'Union Européenne. Mais c'est bizarre, la contribution à l'Union Européenne, ils ont commencé par la baisser. Donc, en réalité, tout ce que nous proposons est totalement faisable, ne coûte pas l'argent dont on nous dit qu'il coûte.

Et ils ne veulent pas le faire parce qu'en fait, ils sont idéologiquement tout à fait bloqués. Leur idéologie, leur place sont plus importantes que l'intérêt des Français.

5:43
Invité

Quand même, si la réforme était suspendue, on reste sur les retraites parce que c'est au cœur des discussions entre les socialistes et Sébastien Lecornu, pour éviter une censure immédiate. Si cette suspension était acquise et actée, ça profiterait quand même à des Français qui aient donné le temps de réfléchir et de retravailler sur une discussion, vous le dites vous-même. C'est le débat de l'élection présidentielle de 2027.

6:05
Sébastien Chenu

Mais enfin, je veux dire, ça ne suffit pas, on n'en est plus là. Bien entendu, il faut abroger cette réforme des retraites, il ne faut pas la suspendre. Mais si elle est suspendue, ce sera déjà ça. Ce sera déjà ça, donc. Ce sera déjà ça. Ce sera dans l'océan de difficultés, ce sera toujours quelque chose qui ne fera pas souffrir un certain nombre de Français de façon injuste. Mais on n'en est plus là, Madame Chabot. Le budget ne va même pas pouvoir être construit. Il va s'appliquer par ordonnance. Quel budget ? Quelle priorité ? Je veux dire, à un moment, il faut rebattre les cartes, faire des propositions pour le pays et les Français choisiront.

6:36
Présentateur

Les économistes vous disent que c'est mieux un mauvais budget que pas de budget.

6:40
Sébastien Chenu

Non, mais il y aura un budget au bout du compte. Il y en aura un fait par ordonnance. Il y aura un budget dans le pays fait par ordonnance, donc d'une très mauvaise manière et qui s'appliquera. Je pense que ce n'est pas honnête de faire comme ça.

6:52
Invité

Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Si le gouvernement, supposons, est nommé ce soir et qu'il y a un Conseil des ministres, etc., il va y avoir une discussion à l'Assemblée sur le budget. Puisqu'on est encore dans les délais. 70 jours ? 70 jours. Donc, pourquoi est-ce que vous parlez d'ordonnance ? Et pourquoi est-ce que vous pensez qu'il vaut mieux une dissolution qui repousse d'autant ce budget ? Pardon, j'essaie juste de comprendre. Et donc, je vois votre verve. Vous êtes, de toute évidence, ce spectacle vous inspire beaucoup. Me navre, madame. Non, non, mais vous navre et vous inspire.

Donc, est-ce qu'il ne vaut pas mieux qu'on discute de ce budget, une fois ce gouvernement formé, pour éviter les situations, les difficultés auxquelles vous dites que, et vous avez raison, que beaucoup de nos concitoyens sont confrontés ?

7:43
Sébastien Chenu

Je veux dire, le problème, c'est la crédibilité de ceux qui nous gouvernent, ce qu'ils racontent. Moi, je n'ai aucune confiance, je vous le dis, dans ce que M. Lecornu, lui, ses prédécesseurs, ses alliés, ses associés, les gens qu'il va nommer ou pas, vont vendre aux Français. Je ne crois plus rien de ce qu'ils nous racontent. Et je crois, je vais vous dire, que beaucoup de Français ne les croient plus. Donc, ils peuvent nous vendre une suspension des retraites, comme ils peuvent nous vendre des modifications de cette réforme des retraites. À la fin, il n'y aura peut-être rien. Donc, on ne les croit plus.

Et d'ailleurs, je pense que c'est parce qu'il y a ce déficit de crédibilité que nous traversons une crise très profonde. Donc, pour sursoir à ce déficit de crédibilité, donnons la parole aux Français. Et là, on aura des offres politiques très claires. Notre projet, il est ce qu'il est. On peut tout à fait, on nous combattra sur notre projet, comme nous combattrons le projet des autres. Je vais vous dire, je ne sais même pas ce que demain, Renaissance, les LR, les socialistes ont comme projet pour la France. Je n'ai pas une idée de ce qu'ils pensent en matière de santé, en matière de logement, en matière d'agriculture, en matière de... Enfin, rien du tout.

Parce que ces gens-là, ça fait des années qu'ils ne bossent pas non plus. Ils veulent des places. Mme Gennevard, elle veut une place. Ça fait des années qu'il n'y a pas une production intellectuelle et politique qui est sortie de ces cerveaux malades.

8:51
Présentateur

Mais c'est peut-être pour ça qu'il faudrait laisser du temps, plutôt qu'une dissolution. Est-ce que vous iriez vers, peut-être, ce que propose Jean-François Copé, c'est-à-dire des élections présidentielles, un retrait programmé du président après des élections municipales ?

9:04
Sébastien Chenu

Mais Jean-François Copé, il dit ça parce qu'il a peur que le Rassemblement National gagne les élections. Ça, c'est ça. Vous savez qu'en fait, ils n'ont plus de programme, à part essayer de battre le Rassemblement National.

9:11
Présentateur

Oh, alors, certains chez l'ALR vont dire le contraire.

9:14
Sébastien Chenu

M. Copé, il a participé à tous les gouvernements de ces dernières années. Il a soutenu Emmanuel Macron. Maintenant, il veut sa tête. Vous me direz, ce n'est pas très digne. Il rejoint en cela les Édouard Philippe, les Gabriel Attal, tous ces gens qui soutenaient Emmanuel Macron et qui maintenant veulent sa tête. Sincèrement, moi, je ne trouve pas ça très digne, voyez-vous. Je trouve que lorsqu'on a participé, il faut assumer. Et le fait que pour des agendas personnels, tous ces gens-là flinguent Emmanuel Macron, je trouve pas ça très digne.

Au-delà de ça, je crois que la démission du président de la République, bon, d'abord, même si on approche de Noël, j'ai tendance à ne plus croire à mon âge au Père Noël. J'en serais ravi. Moi, je serais ravi qu'Emmanuel Macron dise « je démissionne », qu'il ait un geste de grandeur et puis qu'on organise une élection présidentielle. J'en serais ravi. Je n'y crois pas. Il ne le fera pas. Donc, il reste la dissolution, qui ne me semble pas être un drame dans une démocratie, de demander aux Français ce qu'ils veulent. Il est où le drame ? Alors, pour eux, le drame, c'est parce qu'ils vont perdre, effectivement, probablement, leur siège. Et peut-être qu'il y aura demain une autre majorité.

Et cette majorité, elle reste à construire.

10:10
Présentateur

Certains vous disent que ça reste ingouvernable. Si vous avez une majorité relative, vous n'avez pas de majorité absolue. D'abord, vous ne le savez pas. De fait, ça ne va pas vers une cohabitation non plus.

10:18
Sébastien Chenu

Non, mais moi, je vais me battre. Mais ce que je veux dire, c'est qu'une majorité relative, ça dépend à combien. Quand vous avez 240 sièges et qu'il en faut 45 ou 50, en tous les cas, peut-être que dans une configuration différente de l'Assemblée, vous pouvez peut-être aller chercher des députés de bonne volonté.

10:33
Invité

Après ce que vous dites sur les LR, ça sera compliqué d'aller leur demander de vous aider à gouverner, non ?

10:37
Sébastien Chenu

Je pense que l'appareil est totalement déconnecté des élus de base et des électeurs de base. Je pense qu'en réalité, à LR, c'est autant de sensibilité et de...

10:49
Présentateur

Donc vous croyez au débauchage de chez LR ? C'est le super.

10:52
Sébastien Chenu

C'est le super que vous lancez sur LR. Non, mais on leur dit, venez avec nous. Oui, c'est ça, c'est le super. On leur dit, venez avec nous. Qu'est-ce que vous êtes allé faire avec Emmanuel Macron, sincèrement ? Et puis dans ce petit jeu de qui trahit qui ? De Mme Gennevard qui trahit M. Retailleau, qui lui-même a trahi les LR, qui trahit Laurent Wauquiez, qui trahit lui-même ses adhérents et ses militants. Les Français n'en peuvent plus. Des choses claires. Nous, on veut être jugés, voyez-vous, sur ce que nous proposons, sur un débat politique. Mais c'est beau la politique. Edouard Hériot disait, la politique, c'est parler aux Français.

Moi, je pense que c'est beau d'aller parler aux Français, d'expliquer un projet. Mais on a l'impression qu'ils n'ont même plus de projet, même plus de vision pour le pays. Bon, puis le Président de la République, il plane à 200 000 au-dessus. Enfin, le jour où il va réatterrir, ça va lui faire mal.

11:34
Présentateur

Qu'est-ce qui vous différencie réellement des LR à l'heure actuelle ?

11:37
Sébastien Chenu

D'abord, le courage politique. Sur la forme, le courage politique. C'est des gens qui ont tout abandonné, qui ont tout laissé tomber. Vous ne trouvez pas que Bruno Rodailleau

11:44
Présentateur

a fait preuve de courage politique ?

11:45
Sébastien Chenu

Ah non, non, il a fait preuve de cynisme.

11:46
Présentateur

En claquant la porte, en disant Bruno Le Maire fait partie de ce gouvernement, ça ne me va pas, donc je m'en vais.

11:50
Sébastien Chenu

Visiblement, il avait très envie d'y aller jusqu'au moment où il a appris qu'il y avait.

11:52
Présentateur

Il a très envie de partir également.

11:53
Sébastien Chenu

Et puis après, il a appris qu'il y avait Bruno Le Maire, avec qui il a pourtant déjà siégé dans les mêmes majorités. Enfin, ces gens-là, c'est leur petite cuisine. Sur la forme, le courage. Sur le fond, nous sommes moins libéraux qu'eux, économiquement, et nous sommes probablement, nous avons une conscience sociale probablement beaucoup plus affirmée. Ce que les LR réduisent ou caricaturent en disant le programme économique du Rassemblement National, il est de gauche.

12:14
Présentateur

Est-ce qu'on peut parler de libéraux quand on voit qu'une partie des députés LR tout de même se disent pour la suspension de la réforme des retraites ?

12:20
Sébastien Chenu

D'ailleurs, c'est une concession qu'ils font peut-être au Rassemblement National ou eux-mêmes à la gauche et qui les met dans une sorte d'inconfort probablement intellectuel. Mais les LR, oui, à partir du moment où, par exemple, voyez-vous, ils soutiennent Mme van der Leyen au Parlement européen et des politiques d'accord de libre-échange, des politiques mondialistes, oui, ils sont libéraux parce que vous avez les LR du Parlement européen, puis vous avez les LR du Sénat, puis vous avez les LR de l'Assemblée nationale. C'est jamais les mêmes.

12:46
Invité

Mme van der Leyen a plutôt voté contre Mme van der Leyen.

12:50
Sébastien Chenu

Mais pas tous.

12:51
Invité

Pas tous, mais c'en est un, oui. D'accord.

12:53
Sébastien Chenu

Donc, c'est bien ce que je dis. Ceux qui sont de bonne volonté et qui ont les idées claires, embarquez avec nous. Les autres, continuez. Vous jouez faux sur le Titanic.

13:04
Invité

Mais selon vous, le Titanic, comme vous dites, il doit couler très très vite en début de semaine. C'est-à-dire, si j'ai bien compris, le Rassemblement national disait on écoute la déclaration de politique générale du Premier ministre, en l'occurrence à nouveau Sébastien Lecornu, et ensuite on décide. Vous avez pratiquement décidé, effectivement, que tout de suite après la déclaration de politique générale, quoi qu'ils disent, parce que j'ai l'impression que vous avez bougé,

13:29
Sébastien Chenu

c'est la censure, une motion de censure que vous déposez. Oui, madame, ce sera la censure, parce que le temps est compté. Je disais en début de conversation, les marchés nous regardent aussi. Mais les marchés, moi, sincèrement, je n'ai pas d'affect pour les marchés. Mais simplement, je comprends que pour payer nos fonctionnaires, que pour payer le coût de la machine État français, il faut emprunter. Et on est en train d'emprunter de plus en plus cher. Il y a un moment où on ne nous prêtera plus. Un moment où on ne pourra plus emprunter. Donc il faut redonner un cap pour pouvoir continuer.

13:58
Présentateur

Vous savez que pour des nouvelles législatives, il y a 30 jours de campagne aussi. Vous dites que le temps est compté, on perd du temps également, non ?

14:02
Sébastien Chenu

Mais justement, je pense qu'à partir du moment où il y a 30 jours qui sont déclenchés pour des élections législatives, on sait que dans 30 jours, un cap sera clair. On entendra les propositions des uns et des autres. Moi, je pense que si on ne veut pas que la machine France s'écroule complètement, si on ne veut pas que le pays bascule, puis à un moment, je vais reprendre le propos de M. Copé, ça m'arrive aussi parfois, à un moment, les Français vont peut-être aussi s'énerver, voyez-vous. Et moi, je n'ai pas envie de ça. Je n'ai pas envie que tout ça termine dans la rue.

Je pense que pour canaliser une colère ou une attente, il y a des élections, il y a des moments où on peut se taper dessus, ça s'appelle les hémicycles, taper dessus au sens symbolique, et il y a des moments où on peut se taper dessus au sens symbolique, ça s'appelle les campagnes électorales, puis après, il y a la pratique du pouvoir. Eh bien, je pense qu'on a vraiment besoin de mettre devant les Français les offres politiques qui sont celles des uns et des autres pour l'avenir du pays. C'est mieux que voir notre pays basculer ou ne plus pouvoir être financé demain.

14:53
Présentateur

Quand vous voyez les derniers sondages ou ceux que les Français considéraient peut-être comme les ingénieurs du chaos, c'est-à-dire ceux qui ne veulent pas participer à la responsabilité d'une certaine manière, quand vous voyez que Jordan Bardella perd en popularité,

15:06
Sébastien Chenu

ça ne vous dit rien ? Marine Le Pen gagne un point, Jordan Bardella en perd deux, on est dans l'épaisseur du trait. Je veux dire, vous savez très bien que dans les sondages, ça doit être écrit d'ailleurs dans la fiche, il doit y avoir au moins deux ou trois pourcentages de marge d'erreur. Donc, ils sont en réalité très stables et ils sont surtout très loin devant les autres. Moi, ce que je vois, c'est que ceux qui ont gouverné le pays, je vois M. Philippe, je vois M. Retailleau qui était aux manettes, M. Attal, M. Darmanin sont dans des baisses très fortes où là, on n'est pas dans l'épaisseur du trait. On est vraiment dans quelque chose qui dit que les Français ne veulent plus d'eux.

15:37
Présentateur

Et quand il était en poste, ça a bien augmenté pour Bruno Retailleau par exemple ?

15:41
Sébastien Chenu

Oui, mais ça descend parce qu'en fait, il n'y a pas eu de résultat et qu'à un moment, le spectacle de Guignol est fini et les gens se rendent compte que lorsqu'il a dit je vais traiter l'Algérie, il ne l'a pas traité, je vais traiter la drogue, il ne l'a pas traité, je vais traiter les sorties scolaires voilées, il ne l'a pas traité, je vais traiter l'aide médicale d'État, il ne l'a pas traité, je vais demander un référendum sur l'immigration, il ne l'a pas obtenu. En fait, M. Retailleau, il a parlé.

15:59
Invité

Pardon, je vois que Marion Maréchal est en troisième position sur ce baromètre, un baromètre qui est les possibles successeurs d'Emmanuel Macron. Est-ce que Marion Maréchal sera une concurrence pour Jordan Bardella ou Marine Le Pen, pardon ?

16:14
Sébastien Chenu

Non, d'ailleurs, nous avons intégré trois députés de la formation de Marion Maréchal sur nos bancs. Ils sont apparentés au groupe Rassemblement National.

16:20
Invité

Ça garantit la loyauté ?

16:22
Sébastien Chenu

Ah oui, je pense que Marion Maréchal, enfin, moi, je n'ai pas de doute sur le fait qu'elle a envie de ramer avec nous, si j'ose dire, parce qu'on sait que les choses seront difficiles et elle a plutôt envie d'apporter sa pierre au redressement du pays parce que nous, nous ne disons pas que ce sera facile, nous ne disons pas qu'on va tout régler en un an et demi de ce qui serait une cohabitation.

Nous avons compris que nous n'aurons pas tous les leviers mais nous allons prendre les lois, les décrets, les décisions possibles pour changer le quotidien des Français en matière d'immigration, déjà arrêter le flux, c'est la première chose, arrêter l'appel d'air que constitue un certain nombre d'aides sociales et puis en matière financière, nous allons, Jordan Bardella, je crois que c'était sur l'une de vos antennes, elle a fort bien expliqué, nous allons prendre des décisions qui sont évidemment des décisions qui sont destinées à rendre du pouvoir d'achat aux Français.

17:06
Invité

Mais vous allez vous trouver, pardon, avec une situation économique terrible, c'est-à-dire qu'au fond, je vais dire les choses de façon un peu simple, le sale boulot, si vous arrivez au pouvoir, vous allez être obligé de le faire, vous dites les agences de notation, il y en a deux effectivement qui vont sans doute suivre la première fiche et dégrader la note de la France, donc on va s'enfoncer, un déficit, la France qui attendra un nouveau gouvernement, quand vous arrêterez au pouvoir, redresser la barre de la France, franchement, est-ce que ça va être très difficile, c'est-à-dire que le Rassemblement National qui devrait un peu distribuer, vous parlez des pouvoirs d'achat, ça va peut-être être plutôt obligé de se faire un peu la liste ?

17:43
Présentateur

Je complète ce qu'il y a Arlette, c'est-à-dire que certaines agences pourraient peut-être considérer, à tort, que vous êtes un facteur de déstabilisation en tant que le Rassemblement National.

17:52
Sébastien Chenu

Alors, la difficulté ne nous fait pas peur, vous savez, je le dis à un niveau qui était beaucoup plus modeste, lorsque nos maires sont élus, en général, ils reprennent des villes qu'ils ont au fond du trou, que ce soit Hénin-Beaumont, Perpignan ou d'autres, nos maires ont repris des villes qui étaient dans des situations catastrophiques. Donc, en général, on nous fait appel quand on a à peu près tout essayé. Alors, ce n'est peut-être pas toujours très flatteur pour nous de le présenter comme ça, mais enfin, nous répondrons présent.

Pour le reste, tout ne pourra pas se faire en un an et nous, nous allons expliquer aux Français ce que nous allons pouvoir faire tout de suite, demain, mais surtout là où ça donne de la sécurité et de la stabilité. C'est qu'on a une vision, une feuille de route, des propositions que nous établirons à court, à moyen, à long terme et on va l'expliquer. Et je pense que ça, ça rassure beaucoup plutôt que ce brouillard, pour ne pas dire ce bazar. Quand vous avez des gouvernants qui disent, ben voilà, à court terme, on va pouvoir, par exemple, réformer à très court terme l'aide médicale d'État. Je vous donne juste ça. À moyen terme, nous allons pouvoir faire la réforme de l'audiovisuel public.

Vous voyez, j'essaie de prendre des thèmes qui soient un peu différents. Et puis, à long terme, nous ferons la réforme des retraites. Eh bien, vous avez un cap à chaque fois. On expliquera évidemment le financement de ces propositions. Eh bien, je pense que ça apporte de la sécurité parce qu'il y a une vision commune qu'il n'y a pas aujourd'hui.

19:03
Présentateur

Et encore faut-il que vous puissiez faire adopter tous vos textes.

19:07
Sébastien Chenu

Et madame, c'est pour ça qu'on va se battre pour avoir une majorité et la demander aux Français.

19:11
Présentateur

Mais si vous ne l'avez pas, Sébastien ? Oui madame,

19:13
Sébastien Chenu

mais pour l'instant, vous voyez ce que c'est ? Personne n'a une majorité. Donc, l'idée, c'est quand même de tenter de donner de la stabilité au pays. Parce que, moi, je veux bien, mais c'est quoi les autres solutions ?

19:22
Présentateur

Je vous pose la question. Est-ce que je reviens encore sur cette hypothèse de la démission anticipée d'Emmanuel Macron ? Aujourd'hui,

19:27
Sébastien Chenu

c'est laisser faire ceux qui sont en train de couler le pays. Mais moi, j'aime trop mon pays, madame, pour ça. Je ne laisserai pas faire ceux qui ont coulé le pays, qui sont en train de le faire. Les fameux Mozart de la finance, les gens qu'on nous a présentés. Parce que pendant des années, on nous a expliqué qu'on était des débiles, qu'on n'avait rien compris à la formidable mondialisation, qu'on était des dépensiers, qu'on ne pouvait pas demander à l'Union européenne de faire des efforts. Parce que si, en plus, ils avaient été cons, vu les résultats qu'ils ont donnés, je ne sais pas ce que ce serait.

19:55
Invité

Valérie Nataf. On parlait, Margot Haddad parlait il y a quelques instants du facteur de déstabilisation. Le regard que, pas seulement les marchés, mais les gouvernements européens, que les opinions publiques européennes peuvent porter sur la France si elle était dirigée par quelqu'un du Rassemblement national, est-ce que ça vous semble un facteur de désordre ?

20:17
Sébastien Chenu

Non, pas du tout. Je pense que nous sommes suffisamment adultes, où les Français sont suffisamment adultes pour faire des choix qui d'abord les sécurisent eux-mêmes, donnent des perspectives au pays et nous pour être regardés tels que nous sommes. C'est-à-dire que moi, je ne vis pas dans un monde de fantasmes. On va encore dire si le Rassemblement national arrive, le soleil ne brillera plus. C'est fini tout ça. Je pense que ceux qui disent ça le font de mauvaise foi, probablement pour des raisons très idéologiques, mais allons nous chercher, confrontons nos propositions à celles des autres.

Le problème, c'est que, et on l'a bien vu aux dernières législatives, qu'elles soient la dissolution ou les premières législatives de 2022, M. Macron n'avait même pas de programme. Il y a un moment, est-ce qu'on peut prendre au sérieux les Français ? Donc moi, je dis, venez nous chercher sur le fond. Venez nous chercher. Vous savez, quand l'Allemagne, par exemple, arrête le regroupement familial, c'est donc que c'est possible ? On défend ça depuis des années. On nous dit, c'est totalement impossible. L'Allemagne le fait.

Quand, je crois que c'est l'Espagne, baisse la TVA sur un certain nombre de produits de première nécessité, ce n'est pas nos amis, les gouvernements espagnols, ils n'ont pas notre couleur politique, c'est donc que c'est possible. Et en plus, la marche a fait baisser l'inflation sur l'ensemble de l'alimentaire. Donc vous voyez, je pense que les Français, et probablement pas que les Français, sont capables de se dire que les solutions que nous proposons, elles ont parfois, lorsqu'elles sont appliquées ailleurs, un certain succès. Et moi, je dis aux Français, donnez-nous notre chance de redresser le pays. Et notre message, il s'adresse à tous les Français, sans exclusives.

Quelles que soient leurs conditions sociales, quelles que soient leurs origines politiques, quelles que soient leurs origines géographiques, quelles que soient leurs inclinaisons, notre projet, il est pour tous les Français. Il est temps de remettre du sens commun dans cette Maison France.

22:03
Présentateur

Quand vous parlez des économies de l'État, vous parlez desquelles ? Parce que, très clairement, quand on voit qu'on s'attaque à un secteur ou à un autre, à chaque fois, c'est le désordre total. Tout le monde y va de son secteur, de son plein gré, en disant, voilà, on attaque l'éducation, on attaque la santé. Vous faites des économies sur quoi ?

22:21
Sébastien Chenu

Des économies et des réformes. Parce que je pense que, juste dire qu'on passe le coup de rabot, ce n'est pas ce qu'on dit, nous. C'est même ce qu'on a reproché à François Béroux, qui faisait 20 milliards d'euros d'impôts de plus, et qui, en fait, passait un coup de rabot sans faire de réformes. ça ne peut pas marcher. Des économies et des réformes. Des économies sur des dépenses toxiques. On en a toute une palette.

Si on regarde, la fondation IFRAP, je crois, qui disait les milliards que coûtent un certain nombre d'agences d'État, même s'il peut y avoir une discussion très ouverte sur le fait que ça ne puisse peut-être ne pas coûter 150 milliards ou 120 milliards, mais même si on en récupère 30 ou 40, on sera très content. Mais ça veut dire aussi une réforme de l'organisation de l'État. Nous, nous considérons que l'immigration a un coût pour la France.

Et nous évaluons à la possibilité, en tous les cas immédiates, de récupérer 5 milliards et demi sur un certain nombre d'aides sociales qui sont données à des gens qui n'ont pas la nationalité française et qui n'ont pas contribué par leur effort à la richesse nationale. Nous considérons que la dépense, enfin la contribution à l'Union européenne, elle peut baisser. On récupère aussi quelques milliards de ce côté-là. Donc si vous voulez, les volants d'économie, ils existent, mais c'est vrai qu'il y a des réformes à faire. Je parlais tout à l'heure de l'audiovisuel public, même si ça peut déstabiliser le marché de la pub. Je pense à la maison TF1, la privatisation.

Je pense à votre maison qui se poserait la question de savoir si le marché de la publicité ne peut pas être déstabilisé. Il faut prendre en compte tout ça. Mais là, on a en tous les cas 4 milliards d'euros possibles à récupérer pour ouvrir un peu, oxygéner un peu d'ailleurs le paysage audiovisuel. La réforme des collectivités. Moi, je le dis, je suis conseiller régional, je ne comprends pas pourquoi cette strata existe encore. Les conseillers départementaux siégeraient en format régional tous les mois pour traiter des affaires de la région, on ferait des économies d'échelle. Mais vous voyez, la France, il y a beaucoup de réformes à faire pour notre pays.

Dans beaucoup de domaines, j'ai volontiers mélangé ou cité des sujets qui n'avaient rien à voir les uns avec les autres. Mais pour vous dire qu'il n'y a pas eu de courage politique pendant toutes ces années. Je n'ai pas parlé de la fraude sociale et fiscale. Gabriel Attal disait qu'il y avait 15 milliards à aller chercher par an sur ces deux fraudes cumulées. On en est où de tout ça ? La carte vitale biométrique, ça fait des années qu'on en parle. Nous, on la propose depuis des années. Ça fait 8 ans qu'ils sont au gouvernement. Ils n'ont toujours pas mis en place. Là, il y a des économies aussi à aller faire.

24:33
Présentateur

Comment vous regardez la théorie, la thèse, tout de même assez bien renseignée qu'Emmanuel Macron n'attend qu'une chose, c'est de cohabiter avec vous pour vous faire chuter ?

24:43
Sébastien Chenu

En fait, je n'en sais rien. Pourquoi pour nous faire chuter ? Ça voudrait dire que ce serait d'un cynisme total parce que faire chuter ce qui demain gouvernerait ou faire chuter ce qui gouverne, il n'y a rien de réjouissant à cela. Ça veut dire que la politique ne marcherait pas. Moi, j'espère bien que la politique qu'on proposera, elle fonctionnera. Donc, si Emmanuel Macron se dit « Ah ah, vivement qu'il soit élu et puis ils vont se casser la figure », je pense qu'il se trompe. Mais comme il s'est trompé surtout, parce qu'en fait, c'est un stratège politique nullissime. Mais vous n'avez pas peur

25:13
Présentateur

de ça, juste peu de temps avant une élection présidentielle ?

25:16
Sébastien Chenu

Ah non, madame. Moi, je préfère, je vais vous dire, me battre pour appliquer les idées auxquelles je crois et pour lesquelles j'ai été élu par mes électeurs du Nord que me battre pour regarder les autres faire une politique qui, chaque jour, fait dégringoler notre pays.

25:28
Invité

Est-ce qu'il y a une notion à vous écouter très attentivement ? Est-ce qu'il y a chez vous une forme de sentiment de volonté, de revanche sur ce système dont vous dites qu'il vous a méprisé, etc. Est-ce qu'il y a une volonté de revanche ? Je ne disqualifie pas votre combat politique mais on entend ça quand même quand on vous écoute.

25:49
Sébastien Chenu

Non, c'est plus une colère parce que, vous voyez, j'ai le sentiment qu'ils ont beaucoup menti aux Français sur leurs compétences, sur ce que nous sommes, nous, en nous diabolisant, en évitant le débat. Vous vous rappelez, en 24, après la dissolution, c'était une espèce de barrage où des gens de la LFI votaient, se retiraient pour faire élire des gens de droite ou macronistes ou des macronistes. Moi, je l'ai vu dans mon département, on fait élire des LFI on fait élire Gérald Darmanin ou Elisabeth Borne dans le Calvado. C'est-à-dire qu'en fait, ils ont enterré le combat des idées. Et moi, ça, ça me scandalise parce qu'en fait...

26:26
Invité

Il est fini, pardon de vous interrompre, il est terminé, le Front Républicain. Pour vous, le barrage au Rassemblement National, c'est fini ?

26:32
Sébastien Chenu

Il n'a de républicain que le nom parce que moi, je ne crois pas que l'extrême-gauche que nous voyons, elle puisse s'auto-décerner un brevet de républicanisme. En tous les cas, moi, je lui dénie. Je pense qu'il y aura encore des gens qui, en traînant des pieds, iront faire barrage parce que s'ils ont une vocation de castor, eh bien écoutez, c'est la meilleure façon dont ils peuvent utiliser probablement leur queue.

Mais je pense qu'il y a beaucoup de gens qui auront les idées claires, qui se diront qu'il faut donner une majorité au pays et qui ne rentreront plus dans ces espèces de désistements, d'alliances, de circonstances parce que la politique, ça doit rester la confrontation des idées et d'une vision pour le pays.

27:10
Présentateur

Au vu des dernières déclarations, Bruno Rotaillot qui a dit « pas une voix pour la gauche », vous pensez que les LR voteraient comment s'il y a des législatives ?

27:19
Sébastien Chenu

Mais j'ose espérer qu'ils voteront avec bon sens pour la famille politique que je représente et qui est probablement celle qui est le plus en rupture avec ce que nous vivons en politique depuis des années et donc probablement avec ce qui a le plus de proximité avec les attentes des LR dans le champ régalien, je dirais, au moins dans ce champ-là. Peut-être que nous avons et probablement nous avons des différences économiques, je disais, nous on a une conscience sociale beaucoup plus forte, beaucoup plus affirmée. Mais en tous les cas...

27:45
Invité

Pour tenir les deux bouts, pardon, c'est ce qu'on dit. Il y a Jordan Barbella plus libéral, Marine Le Pen

27:49
Sébastien Chenu

qui reste plus sociale

27:52
Invité

dans la fibre.

27:52
Sébastien Chenu

Mais c'est même pas ça. Moi, je suis élu, pardonnez-moi de ramener ça à ma modeste personne, dans une circonscription qui n'a jamais élu autre chose qu'un député de gauche depuis 1958. Ça veut dire que les gens qui me font confiance depuis presque 10 ans maintenant, depuis le 2017, toute leur vie ont voté a priori à gauche. Et toutes les villes de ma circonscription sont dirigées par le Parti communiste ou le Parti socialiste. Et pourtant, nous faisons des scores incroyables parce que nous avons un système de valeurs communes.

C'est pour ça que moi, je parle d'union des patriotes parce que je pense que quand on défend la valeur du travail, je pense qu'on défend l'attachement au pays et à ses grands équilibres, c'est un système de valeurs. Et on peut le partager avec des gens de gauche et avec des gens de droite. Et moi, chez moi, les gens, ils sont peut-être plus de gauche. Ils ne sont pas devenus pour autant de droite, mais ils adhèrent aux propositions du Rassemblement national. Et nous, on n'est pas et la droite et la gauche d'Emmanuel Macron. On veut dépasser la droite et la gauche parce qu'on pense que ce n'est plus la bonne grille de lecture.

28:47
Invité

Vous êtes devenu macroniste. C'est le dépassant entre la droite et la gauche.

28:50
Sébastien Chenu

Non, mais lui, il a fait le pire de la droite et le pire de la gauche, y compris dans les pratiques, les nominations de copains, etc. Je veux dire, nous, si nous arrivons aux responsabilités, on ne nous donnera pas une deuxième chance, ni une troisième, ni une cinquième, ni une centième, ni une millième comme à eux. Donc, on a plutôt intérêt à ne pas essayer de leur ressembler.