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Discours / meetingBenjamin Lucas· 23 janvier 2026 11 minActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleJustice

Le macronisme est un effondrement démocratique, social et moral. Pour la censure du gouvernement.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 80 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • locuteurChiffre
    « c'est aujourd'hui le 29e recours à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République »
  • locuteurFait
    « votre recours à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution intervient au terme d'une série répétée de promesses, la main sur le cœur que nous n'aurions pas à subir ce passage en force et ce déni »
  • locuteurChiffre
    « vous déversez 211 milliards d'euros d'argent public, de cadeaux, d'exonération diverses et variés, de subvention directe sans contrepartie, sans contrôle, sans conditionnement »
  • locuteurFait
    « madame Dati, bientôt en procès pour corruption qui reste tout en menant à pleintemps, dit-elle elle-même dans les médias, candidate au municipal, qui reste ministre de la culture »
  • locuteurFait
    « la taxe Ducman, c'est une proposition de compromis que vous avez balayé d'un revers de main »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Madame la présidente, monsieur le premier ministre, mes chers collègues, c'est aujourd'hui le 29e recours à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République. Depuis 2022, nous sommes avec mes collègues du groupe écologiste et social de la NUPES puis nouveau Front populaire monté à cette tribune pour protester à chaque fois qu'il a été activé parce que c'est l'arme la seule que nous donne la Constitution, celle de la censure. Mais cette fois-ci, monsieur le Premier ministre, est sans doute, de mon point de vue la plus grave, la plus douloureuse parce que votre recours à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution intervient au terme d'une série répétée de promesses, la main sur le cœur que nous n'aurions pas à subir ce passage en force et ce déni.

Il s'agissait donc, monsieur le Premier ministre, d'une manœuvre grossière pour endormir l'Assemblée nationale. Et bien, nous faisons le choix aujourd'hui de proposer à l'Assemblée nationale de se réveiller. Pire, c'était un aveu.

Celui que votre parole et à travers vous celle du gouvernement de la République ne compte pas, pas plus que ne compte à vos yeux le vote des Français exprimé le 7 juillet 2024 qui ont choisi de rompre avec Emmanuel Macron sa politique et la présence au pouvoir de ses amis. Alors, puisque votre parole donnée ne compte pas, que le suffrage des Français ne compte pas, qu'est-ce qui au fond compte vraiment pour vous ? Maintenir Emmanuel Macron, sa politique et ses amis au pouvoir, quoi qu'il en coûte démocratiquement, de mépris du vote, de passage en force, de cette réalité qui fait que vous êtes le Premier ministre qui repose ici sur la coalition parlementaire la plus faible, la plus divisée, la plus précaire de l'histoire de la 5e République.

J'en veux pour preuve l'absence totale au moment où je m'exprime du moindre député du groupe soutenant le président de la République de monsieur Atal. Vous êtes, monsieur le premier ministre, à la tête d'un cartel qui n'a été bricolé en toute urgence que pour priver la gauche de la capacité à gouverner un cartel dont nous voyons chaque jour qu'il est en réalité un disloque commun, uniquement là pour empêcher les avancées sociales et écologiques que nous pourrions mener si nous avions les responsabilités du pays et du gouvernement de la France. Vous êtes là et au fond ce qui compte pour vous, je le disais, c'est de maintenir Emmanuel Macron et sa politique au pouvoir quoi qu'il en coûte socialement.

Au fond, c'est peut-être la seule sincérité du macronisme, cette coalition de renégat des deux camps, d'opportunistes et de traîtres qui au fond n'ont qu'une seule idée, maintenir et amplifier les privilèges d'une infime minorité de nos concitoyens qui accumulent les richesses et s'accapare les ressources. une infime minorité de privilégiés dont votre ancien ministre de l'économie lui-même reconnaît que pour une part conséquente d'entre eux, il ne paye pas le moindre impôt comme cela a été rappelé par le président Cocrel qui a pu le vérifier lui-même. La volonté aussi de préserver les intérêts des grandes entreprises auxquelles vous déversez 211 milliards d'euros d'argent public, de cadeaux, d'exonération diverses et variés, de subvention directe sans contrepartie, sans contrôle, sans conditionnement.

Alors que le bilan de votre politique aura été de sans cesse stigmatisé, contrôlé, conditionner les aides aux plus précaires, aux chômeurs qui eux n'ont pas le droit à la même mensuétude que celle que vous avez à l'égard des plus fortunés et des actionnaires du CAC 40. Au fond, votre sincérité, c'est aussi ce quoi qu'il en coûte moral. Tant vous privilégiez la persistance au pouvoir d'un clan, à l'exemplarité républicaine, au service de l'intérêt général, j'en veux pour preuve la présence au gouvernement, mais pas sur ses bandes ce matin de madame Dati, bientôt en procès pour corruption qui reste tout en menant à pleintemps, dit-elle elle-même dans les médias, candidate au municipal, qui reste ministre de la culture comme si la culture dans notre pays à l'heure où les menaces, les fake news, les offensives racistes, réactionnaires de l'extrême droite se font chaque jour plus fortes comme si la culture pouvait se contenter d'une ministre à temps partiel.

Alors, si nous vous laissons faire, c'est notre conviction, jusqu'en 2027, une réalité s'imposera. La démocratie tout entière s'écroulera. Le macronisme, c'est l'effondrement démocratique, social et moral de la France.

Et si nous ne bâtissons pas avant une alternative, alors l'extrême droite l'emportera et nous devons tout faire pour l'en empêcher. Je veux de ce point de vue répondre en sincérité aux camarades socialistes qui y a un instant invoqué au fond deux séries d'arguments. La première, les victoires qu'ils auraient, nos camarades socialistes, arraché dans ce budget.

Personne ne doit être dupe. Ce que monsieur le Premier ministre vous faites mine de donner d'une main, en réalité, vous le reprenez de l'autre parce que le sujet qui est posé, c'est celui de l'équilibre budgétaire entre les recettes et les dépenses. Et notre désaccord, de ce point de vue-là, notre capacité à faire ou pas un compromis sur la question budgétaire, il vient, vous allez dire, de posture, monsieur le premier ministre.

Oui, j'assume que dans un moment de brouillard, dans un moment de confusion, dans un moment où tout vacille, il faut avancer avec une boussole, avec des principes, avec un chemin. Le NRE est clair et il est connu depuis 2017. Nous sommes en désaccord radical avec la politique de l'offre.

Nous sommes en désaccord avec la politique d'offrande fiscale de cadeaux aux ultra riches et aux grandes entreprises parce que cette politique, elle rend impossible toute politique de redistribution, de justice sociale et d'investissement dans la transition écologique et les services publics. C'est là que repose notre désaccord. Et donc de ce point de vue-là, toutes les miettes que vous pourrez laisser tomber à la fin du festin ne suffiront pas à compenser l'inégalité, l'injustice de votre budget.

Notre désaccord, il porte là-dessus, je le disais, et sur la perception que nous avons de ces maigres avancées. Nous nous l'avons dit depuis le départ. Nous sommes arrivés lucides dans ce débat budgétaire, conscient que le budget qui serait soumis au vote, si nous avions pu soumettre un budget au vote à l'Assemblée nationale, si vous aviez tenu, monsieur le Premier ministre, votre engagement, votre promesse, nous savions que ce ne serait pas le budget du Nouveau Front populaire, pas celui du groupe écologiste et social.

Mais le compromis n'était possible qu'à une condition, que vous entendiez le message des Français dans les urnes, c'est-à-dire détricoter le bilan d'Emmanuel Macron, rompre avec la politique de l'offre, rompre avec la politique de cadeau au plus fortunés dans notre pays et permettre la justice sociale, la redistribution des richesses. Nous avons fait de ce point de vue-là bien des propositions. Je prendrai un exemple.

La taxe Ducman, c'est une proposition de compromis que vous avez balayé d'un revers de main. Je dis compromis parce que la taxe duman à elle seule ne suffit pas à réparer, à compenser une décennie de cadeaux, une décennie d'argent public déversé, sans contrôle, sans conditions et sans contreparti sur les plus fortunés et sur les grandes entreprises. Vous l'avez balayé d'un revers de main.

C'est donc vous qui avez fermé la porte à toute possibilité de compromis. Le compromis, de ce point de vue-là n'est pas possible, monsieur le premier ministre. Quand vont s'aggraver les inégalités ?

Quand nous allons voir des postes d'enseignants supprimés dans nos classes déjà surchargé, quand je ne prendrai que quelques exemples, une taxe va s'imposer sur le vapotage qui permet à bien de nos compatriotes de sortir de la dépendance au tabac quand vous allez taxer là aussi celles et ceux qui protestent en justice contre un licenciement abusif quand vous allez diviser par deux le passeport et les exemples sont nombreux. Je dis à mes amis et à mes camarades socialistes que quelques non recul ne font pas une avancée. Madame la présidente, si je peux terminer mon propos sans être interrompu par monsieur le Premier ministre.

Monsieur le premier ministre, vous êtes ici. Je sais que vous avez le respect du parlement à géométrie variable comme vos prédécesseurs. Vous êtes ici l'invité de l'Assemblée nationale, l'invité du Parlement et vous devez écouter les orateurs qui s'expriment dans le respect pour contester votre politique.

Monsieur le Premier ministre, vous n'avez pas à m'interrompre. Monsieur le député, il ne vous interromp pas. Le premier ministre et le gouvernement n'est pas invité au Parlement, ils ont leur place ici.

Le parlement contrôle l'action du gouvernement par l'effet notamment de cette motion de censure, mais ils ne sont pas invités. Et il est d'usage, même la présidente, que le gouvernement écoute les orateurs de l'Assemblée nationale et la représentation nationale. Ne vous inquiétez pas, monsieur le député.

Deuxème argument évoqué par le groupe socialiste, la question de la stabilité. Je l'entends mais je dis qu'il envoie de la stabilité comme du cholestérol. Il y a la bonne et la mauvaise.

La stabilité d'une mauvaise politique, la stabilité d'une famille politique qui abîme la démocratie et la République, qui est prête, on l'a vu hier à l'occasion de la niche parlementaire du groupe LR à toutes les compromissions pour accélérer ce qu'ils appellent pubiquement l'Union des droites qui est en réalité la fusion des droites avec l'extrême droite et le programme de Jean-Marie Le Pen. Cette stabilitélà n'est pas bonne pour le pays. Nous ne pouvons pas nous acheter un surcis face à la perspective d'une victoire de l'extrême droite.

Nous devons la combattre radicalement, frontalement. Exiger du président de la République la nomination d'un gouvernement du nouveau Front populaire pour proposer ici à l'Assemblée nationale les compromis qui permettront la justice sociale, la transition écologique et un nouveau souffle démocratique. Je conclus, mes chers collègues, en disant qu'en 2026, nous allons commémorer les 90 ans du Front populaire.

Et c'est tout l'objectif que nous nous assignons avec le groupe écologiste et social et nos partenaires. Construire une alternative heureuse, libérer enfin notre pays, son budget, sa démocratie des lobby des lobby du cancer et de la loi du plomb, des lobby de la malbouffe, des lobby qui chaque jour font prévaloir ici quelques intérêts particuliers sur l'intérêt général. C'est l'objectif que nous nous assignons en nous battant pour mettre fin à l'injustice, à l'inégalité de la rente et l'héritage qui fait que de génération en génération, on amplifie aujourd'hui les inégalités et les injustices, mettant ainsi à terre la promesse républicaine.

Nous allons poursuivre ici. C'est pourquoi nous combattons ce budget, pourquoi nous voulons faire tomber ce gouvernement. l'objectif d'éradication de la pauvreté, de garantie de la dignité, de la fin de la stigmatisation des chômeurs et des plus précaires.

Nous allons défendre ici les services public, l'école, l'hôpital, le droit au repos, de nouvelles conquêtes pour le temps libéré et le partage du temps de travail. C'est ainsi, mes chers collègues. C'est ainsi que nous combattrons et que nous vaincrons l'extrême droite.

C'est ainsi que nous tournerons la page d'une décennie brutale pour le pays d'injustice et d'inégalité. C'est ainsi surtout que nous redonnerons confiance en la démocratie après que la parole publique est été à ce point trahie, perverti, vidé toutes ses substances. Je vous remercie.

Merci beaucoup monsieur le député.