Pour les travailleurs, le plus important est ce qui se passera dans les entreprises et dans la rue.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
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<b>La chute de Bayrou,</b> <b>qu'aucun travailleur ne regrettera,</b> <b>a remis les cartes entre les mains</b> <b>d'Emmanuel Macron.</b> <b>Nommera-t-il un énième premier ministre,</b> <b>ou dissoudra-t-il l'Assemblée nationale ?</b> <b>Cela met le monde politicien en ébullition,</b> <b>mais pour les travailleurs,</b> <b>rien de fondamental ne changera.</b> <b>Même si cela débouchait</b> <b>sur de nouvelles élections</b> <b>comme le demandent le RN et LFI,</b> <b>et qu'il en sorte un gouvernement</b> <b>de gauche ou d'extrême droite,</b> <b>les travailleurs</b> <b>continueront de recevoir des coups.</b> <b>Le RN de Bardella ne s'en cache pas :</b> <b>il se range dans le camp patronal,</b> <b>et il a promis au MEDEF</b> <b>de couper 100 milliards</b> <b>dans le budget de l'État.</b> <b>Qui fera-t-il payer,</b> <b>sinon les travailleurs,</b> <b>qui subiront des coupes</b> <b>dans les services publics ?</b> <b>Le RN a déjà prévu d'imposer</b> <b>aux fonctionnaires</b> <b>3 jours de carence</b> <b>en cas d'arrêt maladie,</b> <b>à la place de 1 jour actuellement.</b> <b>Et puis bien sûr, il veut s'en prendre</b> <b>aux travailleurs immigrés,</b> <b>qui lui servent déjà de boucs émissaires.</b> <b>Il n'y a pas non plus d'illusion à avoir</b> <b>dans le retour d'un</b> <b>gouvernement de gauche.</b> <b>Jamais la gauche ne s'est affrontée</b> <b>avec le grand patronat.</b> <b>Aujourd'hui, elle parle de justice fiscale,</b> <b>et elle promet de faire payer</b> <b>un peu les plus riches,</b> <b>mais n'oublions pas</b> <b>qu'Hollande au pouvoir</b> <b>les a couverts de cadeaux.</b> <b>Et derrière les grandes phrases</b> <b>sur les efforts partagés</b> <b>et la taxation symbolique</b> <b>d'une poignée de riches,</b> <b>combien de couleuvres</b> <b>les millions de travailleurs</b> <b>devront avaler ?</b> <b>Ni le RN ni la gauche</b> <b>ne veulent affronter le grand patronat</b> <b>et le forcer à rendre l'argent</b> <b>qu'il a allègrement puisé</b> <b>dans les caisses de l'État.</b> <b>Aucun ne veut le contraindre</b> <b>à augmenter les salaires</b> <b>ou à embaucher.</b> <b>Alors laissons toute cette agitation</b> <b>parlementaire de côté,</b> <b>et ne comptons que sur nous-mêmes.</b> <b>Pour les travailleurs, le plus important</b> <b>est ce qui se passera</b> <b>dans les entreprises et dans la rue.</b> <b>Les initiatives se multiplient</b> <b>pour mercredi 10 septembre,</b> <b>et la colère contre les sacrifices</b> <b>imposés aux classes populaires</b> <b>s'exprimera.</b> <b>Mais pour que cela commence vraiment</b> <b>à changer le rapport de force,</b> <b>il faut que les travailleurs en soient,</b> <b>et que leur mobilisation vise,</b> <b>au-delà de Macron,</b> <b>les commanditaires,</b> <b>les premiers profiteurs</b> <b>de toutes ces attaques,</b> <b>c'est-à-dire le grand patronat,</b> <b>les grands actionnaires du CAC 40,</b> <b>la grande bourgeoisie.</b> <b>Il y a une chose et une seule</b> <b>qui inquièterait vraiment Macron et</b> <b>la classe capitaliste qu'il représente si bien,</b> <b>c'est que la mobilisation se développe</b> <b>dans les entreprises,</b> <b>avec des discussions, des rassemblements,</b> <b>des assemblées générales,</b> <b>des débrayages et des grèves.</b> <b>Car la grande force des travailleurs</b> <b>est d'être indispensables</b> <b>à la grande bourgeoisie,</b> <b>indispensables à la production</b> <b>de ses profits, de ses dividendes,</b> <b>indispensable à la bonne tenue</b> <b>de ses cours boursiers.</b> <b>Alors les travailleurs,</b> <b>qui sont des millions,</b> <b>ont à reprendre confiance</b> <b>dans leur propre force.</b> <b>C'est d'autant plus difficile</b> <b>que les confédérations syndicales</b> <b>se complaisent à l'inaction,</b> <b>voire à saboter les mobilisations</b> <b>venues d'en bas.</b> <b>Celles-ci ont en effet attendu</b> <b>plus d'un mois et demi</b> <b>après la déclaration de guerre de Bayrou</b> <b>pour s'adresser aux travailleurs.</b> <b>Entre-temps des appels à la mobilisation</b> <b>le 10 septembre se sont développés</b> <b>sur les réseaux sociaux,</b> <b>et tout ce que les grands chefs syndicaux</b> <b>ont réussi à faire,</b> <b>c'est de les dénigrer.</b> <b>Alors que certains syndicats locaux</b> <b>et des syndicats d'entreprises</b> <b>se sont ralliés au 10 septembre,</b> <b>les confédérations syndicales ont appelé</b> <b>et militent pour une autre date,</b> <b>le 18 septembre.</b> <b>Eh bien c'est la vérité des prix.</b> <b>Pour lutter contre les attaques</b> <b>patronales et gouvernementales,</b> <b>il ne faut pas compter</b> <b>sur les grands chefs syndicaux,</b> <b>il faut passer par-dessus leurs manœuvres</b> <b>de division</b> <b>et leur volonté de tout contrôler.</b> <b>Les travailleurs qui veulent se mobiliser</b> <b>n'ont besoin de l'autorisation</b> <b>de personne.</b> <b>Pour empêcher toute récupération</b> <b>syndicale ou politicienne,</b> <b>eh bien il faut qu'ils contrôlent</b> <b>leurs propres luttes, qu'ils s'organisent</b> <b>et qu'ils dirigent eux-mêmes</b> <b>leurs mobilisations</b> <b>en créant des comités de lutte.</b> <b>Oui, il est plus que temps de demander</b> <b>des comptes au grand patronat,</b> <b>et pas seulement pour la dette</b> <b>dont il est responsable,</b> <b>mais pour toute sa politique</b> <b>anti-ouvrière</b> <b>et pour tout son système,</b> <b>qui nous embarque dans des crises</b> <b>et dans des guerres immondes.</b>