Hollande, homme de l'année ... aux Etats-Unis - les questions SMS #cdanslair
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Chapitres
Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse partielle
Hollande, fait-il la guerre pour faire oublier son bilan économique, Pierre Servan ?
- 2:01OuverteRéponse directe
François Hollande est-il finalement aussi mauvais qu'on le dit ?
- 3:39OuverteRéponse directe
Et on peut s'en féliciter ?
- 4:19OuverteRéponse directe
Quelles peuvent être les répercussions au niveau de l'opinion publique du prix reçu par François Hollande ?
- 4:31OuverteRéponse directe
Comment se fait-il que le président François Hollande soit jugé aussi crédible dans le monde et dans le même temps aussi chahuté en France ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Si François Hollande a échoué en France, peut-on dire qu'il a bien représenté notre pays sur la scène internationale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Non, on ne peut pas dire ça parce qu'il a fait la guerre entre guillemets avec l'opération Serval très tôt. »
- 0:13InvitéFait
« Et je dirais la dégringolade ou en tout cas le bilan peu flatteur économique n'était pas encore là. »
- 0:22InvitéFait
« Ce qui est vrai pour tous les présidents de la République, c'est que leur dimension chef des armées est quelque chose qui fait qu'il n'y a pas de président français normaux. »
- 0:31InvitéFait
« C'est une escroquerie. Le fait de parler à un président normal, ça n'existe pas en France. »
- 1:09InvitéFait
« Et c'est vrai que pour le président qui très rapidement va être mangé par ce qu'on appelait jadis 57 millions de sujets de mécontentement »
- 1:46InvitéFait
« C'est-à-dire que lorsque vous voulez faire la loi Macron, il y a deux ans de boulot, il faut négocier avec les frondeurs, le machin, la CGT, la CFDT, on n'en sort plus l'opinion. »
- 1:55InvitéFait
« Là, quand vous voulez faire la guerre, c'est simple. Vous appuyez sur le bouton et le lendemain, les avions décollent. »
- 2:15InvitéFait
« pour dire que la politique étrangère était globalement positive, pour reprendre l'expression d'un autre temps. »
- 2:21InvitéFait
« Il faut dire aussi qu'il y a un corps diplomatique qui est souvent critiqué, mais qui est très solide et de grande qualité, qui est un corps militaire de très grande qualité également. »
- 2:47InvitéFait
« Le plus, pour rester sur le même sujet, c'est qu'il n'y a pas de débat. La droite n'a jamais attaqué Hollande sur sa politique étrangère. »
- 3:11InvitéFait
« C'est éteindre un incendie au lance-femme. »
- 3:44InvitéFait
« Je crois qu'après le 13 novembre, la critique est interdite. »
- 3:59InvitéFait
« Chirac, il aurait pu aussi, en 2003, partir la fleur au fusil avec les Américains. »
- 6:44InvitéFait
« Très longtemps. »
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Hollande, fait-il la guerre pour faire oublier son bilan économique, Pierre Servan ?
Non, on ne peut pas dire ça parce qu'il a fait la guerre entre guillemets avec l'opération Serval très tôt. Et je dirais la dégringolade ou en tout cas le bilan peu flatteur économique n'était pas encore là. Donc ce n'est pas un dérivatif. Donc je ne pense pas que ce soit la même chose. Ce qui est vrai pour tous les présidents de la République, c'est que leur dimension chef des armées est quelque chose qui fait qu'il n'y a pas de président français normaux. C'est une escroquerie. Le fait de parler à un président normal, ça n'existe pas en France.
Le président est chef des armées, il a la puissance nucléaire dans la main, il est initié au secret, au grand secret nucléaire dès son arrivée en fonction à l'Elysée. Il est tout sauf normal. Donc c'est vrai qu'il bascule dans cette réalité-là, le fait d'avoir une armée qui a minci fortement mais qui reste encore très employable. Et il faut bien voir qu'il y a autour de lui une continuité notamment militaire, c'est-à-dire les conseillers, les chefs d'état-major des armées, les chefs d'état-major particuliers, etc. Ils sont là avant et ils sont là généralement après. Ils ne sont pas tellement virés. Donc il y a une continuité de ces questions.
Et c'est vrai que pour le président qui très rapidement va être mangé par ce qu'on appelait jadis 57 millions de sujets de mécontentement, c'est-à-dire toutes les problématiques intérieures qui sont très très consommatrices, dans la dimension internationale et militaire, il y a quelque chose de puissant où il touche du doigt, je dirais l'héritage monarchique, impérial, quelque chose de très particulier. Et donc c'est vrai qu'il y a une jouissance, une ivresse. Alors de là à déclencher des guerres pour se faire plaisir et pour...
On a fait des guerres pour le faire plaisir, mais il a découvert en effet, avec une jouissance, vous avez employé le mot, à quel point le président de la République française a les mains libres. C'est-à-dire que lorsque vous voulez faire la loi Macron, il y a deux ans de boulot, il faut négocier avec les frondeurs, le machin, la CGT, la CFDT, on n'en sort plus l'opinion. Là, quand vous voulez faire la guerre, c'est simple. Vous appuyez sur le bouton et le lendemain, les avions décollent.
On avance si vous le voulez bien. François Hollande est-il finalement aussi mauvais qu'on le dit ?
Sur le plan international, on ne le dit pas beaucoup. Bien sûr, les opposants vont toujours s'opposer, mais il y a quand même un consensus, y compris d'ailleurs dans la diversité des intervenants, pour dire que la politique étrangère était globalement positive, pour reprendre l'expression d'un autre temps. Il faut dire aussi qu'il y a un corps diplomatique qui est souvent critiqué, mais qui est très solide et de grande qualité, qui est un corps militaire de très grande qualité également. C'est-à-dire que notre regard est faussé, parce que comme on est très politisé en France, on va attaquer le gouvernement, l'exécutif, en pensant qu'il est tout seul, je dirais, à jouer, à faire mumuse, etc.
Non, il y a tout un appareil d'État, il y a une permanence, il y a des gens de très grande qualité, extrêmement dévoués, et ça assure aussi, je dirais, le relief de la France. Le plus, pour rester sur le même sujet, c'est qu'il n'y a pas de débat. La droite n'a jamais attaqué Hollande sur sa politique étrangère. La seule critique violente qui a été émise, c'est le papier de Villepin, 25 novembre, dans Libération, contre l'intervention militaire au Moyen-Orient. Le fameux papier où il explique que répondre à l'attaque par la guerre, l'attaque, il s'agit du Bataclan, répondre à l'attaque par la guerre, c'est éteindre un incendie au lance-femme.
C'est le seul.
C'est éteindre un incendie au lance-femme. Sur cette position, Villepin se trouve très isolé. Donc, le débat, il peut avoir lieu entre experts et à l'intérieur des experts, il y a des jugements nuancés, etc. Mais la classe politique, globalement, n'a pas mis en cause, sauf les communistes. Il n'y a jamais eu de débat sur la politique étrangère.
Il y en a un peu sur la Libye. Le sujet de la Libye a cristallisé des positions politiques un peu plus marquées.
Je dirais que c'est venu très tard, c'est venu bien après. Mais il n'y a jamais eu de fracture dans la classe politique française, depuis De Gaulle, jamais.
Et on peut s'en féliciter ?
On peut s'en féliciter, regardez que c'est même plus fort que ça. Je crois qu'après le 13 novembre, la critique est interdite. C'est-à-dire que mettre en cause la politique militaire et de défense étrangère française, après le 13 novembre, d'une manière ou d'une autre, c'est trahir. Mais ce que disait Claude tout à l'heure est tempéré par, par exemple, l'attitude de Chirac, parce que Chirac, il aurait pu aussi, en 2003, partir la fleur au fusil avec les Américains. Il a eu le courage, justement, de s'opposer, qu'on soit d'accord ou pas. Il a quand même été clairement opposé, et plus que Villepin d'ailleurs, puisque c'est lui qui était derrière à la manœuvre et qui voulait absolument...
Et il y a des questions. Et on avance. Quelles peuvent être les répercussions au niveau de l'opinion publique du prix reçu par François Hollande ?
Aucune.
Bon, ça c'est fait. Il en a profité quelques heures. C'était très agréable. Voilà. Comment se fait-il que le président François Hollande soit jugé aussi crédible dans le monde et dans le même temps aussi chahuté en France ?
Parce que la politique extérieure n'est pas la politique intérieure. C'est qu'on prend le taux de chômage et on prend l'intervention au Mali ou la COP21. Il y a des succès et il y a des échecs. Donc on peut très bien réussir sur le plan économique et social et échouer sur le plan extérieur. Ou l'inverse. Donc là, effectivement, il y a des jugements différenciés sur des dossiers qui sont différents. Il ne faut pas surestimer aussi son crédit. D'abord, son crédit dans les pays européens, je ne pense pas qu'il soit très élevé. Il ne faut pas oublier quand même qu'avec Poutine, ça a été très très compliqué au début.
J'ai le souvenir d'une conférence de presse où Poutine manifestait son énervement et son désaccord complet avec François Hollande. Je ne suis pas persuadé que, si vous voulez, la France pèse beaucoup sur la politique israélo-palestinienne. Enfin, en tous les cas, le règlement du conflit israélo-palestinien. Même les américains ne passent pas. Et je ne suis pas persuadé, parce qu'on a voulu faire un plan récemment qui est tombé à l'eau. Et puis, je ne suis pas persuadé qu'avec Obama, on était aussi d'une grande... Obama a souvent évité la France en venant voyager en Europe.
Oui, mais attendez, nos amis européens, sur le plan du renseignement, de la défense, de la capacité à intervenir, c'est une faiblesse extrême. La France est pratiquement le seul pays. Et d'ailleurs, nos partenaires européens se planquent derrière les Français en disant « vous savez faire, allez-y ». Donc, il y a un vrai souci, il n'y a pas de partage. Donc, c'est pour ça qu'il faut regarder les différents niveaux économiques et sociaux, et international et défense.
Encore une question sur ce thème-là. Si François Hollande a échoué en France, peut-on dire qu'il a bien représenté notre pays sur la scène internationale ?
Oui, je crois qu'il a représenté le pays avec dignité. Il n'a pas eu d'échec majeur. Il n'a pas fait de déclaration catastrophique qui nous fâche dire bleuement avec un pays. Il n'a pas pris une décision qui, sur le long terme, vient nous entraver dans notre marge de manœuvre. Moi, ce que je regrette, c'est qu'il n'a pas eu un grand discours golo-mitterrandiste. Effectivement, il n'aime pas être enfermé dans un schéma. Donc, on manque peut-être d'un discours pour le monde extérieur. La France est moins perçue parce qu'il n'y a plus cette geste, cette aura qu'il y avait auparavant.
Et du coup, son pragmatisme peut le servir en action, mais peut desservir la perception que l'on a de nous à l'étranger.
Pour combien de temps encore nos soldats sont-ils au Mali, Pierre Servan ?
Très longtemps. Et ils ne sont pas qu'au Mali, ils sont sur l'obération Barkhane, sur cinq pays. Pourquoi ? Parce que vous avez en face des groupes terroristes qui sont en permanence renaissants, qui se nourrissent de problématiques de gouvernance, de partage de richesses, qui sont malheureusement un cancer au sein de l'Afrique, et dont vous avez en permanence ce retour. Donc, nous sommes là-bas pour dix ans, et nous sommes de toute façon engagés globalement dans une guerre de trente ans contre le dinette de terrorisme. Je dis trente ans parce que bon, tu es à te faire voir la fin. Oui. Voilà. Merci.
On va reparler de l'Afrique. On en fera un nouveau C'est dans l'air, je vous promets. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h35. On se retrouve demain à 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air. C'est dans l'air, c'est désormais du lundi au samedi. Très belle soirée sur France 5. Sous-titrage Société Radio-Canada