Extension du pass sanitaire, Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux... Le "8h30 franceinfo" de Philippe Juvin
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Bienvenue, si vous nous rejoignez sur France Info, la radio ou sur France Info, canal 27. Et bonjour tout d'abord à vous Yannick Faltz, du service politique de France Info. Bonjour à vous également Philippe Juvin. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin. Vous êtes le maire à Les Républicains de la Garenne-Colombe, dans les Hauts-de-Seine, candidat pour la présidentielle au sein de votre parti. On va évidemment en parler tout à l'heure. Mais vous êtes aussi le chef des urgences de l'hôpital Georges Pompidou à Paris.
Et je voudrais commencer par vous faire écouter le témoignage de votre homologue, homologue du centre hospitalier de Bastia, André de Caffarelli, interrogé hier sur France 3.
Depuis quelques jours, nous avons été obligés de nous réorganiser avec une montée en puissance très rapide du nombre d'hospitalisations. Parmi ces patients qui sont quand même relativement jeunes, certains sont graves et ont été mis en réanimation.
Alors le plan blanc vient d'être déclenché en Corse. Est-ce qu'on peut s'attendre à une décision similaire en Ile-de-France ? Est-ce que vous, vous avez constaté la même tendance dans votre établissement ?
Il y a une situation particulière à la Corse. L'épidémie a repris en Balagne, qui est la région autour de Calvi, il y a maintenant deux semaines. Il y a une situation particulière en Corse parce que l'équipement sanitaire de la Corse est un équipement qui est insuffisant de manière chronique. A la fois en matière hospitalière qu'en médecine de ville, ils n'ont pas les moyens que tous les départements ont sur le continent. Et le caractère insulaire aggrave les choses parce que les transferts de patients sont plus difficiles. Donc il y a une vraie inquiétude en Corse. En Ile-de-France, qu'est-ce qu'on observe ? Une augmentation des cas, une augmentation du nombre d'hospitalisations.
Mais on est encore loin de la saturation de nos hôpitaux et de nos réanimations. Même si dans un service de réanimation médicale, qui est celui de l'hôpital Pompidou, on a déjà un tiers des patients qui sont des patients Covid. Ce qui est une partie importante.
Parce que vous évoquiez la particularité insulaire de la Corse, mais le plan blanc va être déclenché aussi en région Paquin. Ça veut dire que peut-être d'autres régions où les capacités hospitalières sont plus importantes pourront à terme être concernés également.
Il ne faut pas l'exclure, d'autant que nous avons un problème particulier qui est celui lié au mois d'août. Au mois d'août, on ferme habituellement des services, des lits, parce que les gens partent en vacances, les soignants sont fatigués. En fait, ça fait un an et demi qu'ils sont sur le pont. Donc là, ils sont vraiment usés. Donc c'est vrai qu'on a moins de moyens au mois d'août. Et on se retrouve avec cette conjonction de moins de moyens traditionnels du mois d'août et la conjonction de l'arrivée de l'épidémie. C'est une vraie source d'inquiétude. L'inquiétude supplémentaire troisième couche, c'est que dans trois semaines, les écoles vont rouvrir.
Et évidemment, les écoles rouvrant, il y aura probablement une circulation virale plus importante. Oui, donc je pense que les semaines qui viennent peuvent être des semaines de gros vent.
Vous disiez un tiers des patients Covid à l'hôpital Pompidou. Est-ce que vous constatez une évolution sur l'âge des admis à l'hôpital ?
Alors un tiers dans un des services de réanimation, oui, les patients sont plus jeunes. Et je veux souligner une chose, c'est que tous les patients graves, à l'exception d'un en tête, tous les patients graves sont des patients qui ne sont pas vaccinés.
Qu'est-ce qu'on fait face à cela ? Vous évoquez l'inquiétude qui va sans doute être grandissante lors de la réouverture des écoles. Quelles sont les priorités, là, pendant les quelques semaines qui nous séparent de la rentrée ?
Ce qu'on fait, c'est qu'on a une stratégie. On regarde ce qui a marché à l'étranger, ce qui n'a pas marché aussi, et on s'en inspire. Alors brièvement, je pense qu'évidemment, on accélère la vaccination avec des messages qui sont des messages qui doivent être ciblés sur certaines populations. Les Américains font quelque chose d'intéressant. Ils identifient les populations qui ne veulent pas se faire vacciner et les raisons pour lesquelles ils ne veulent pas. On voit que d'une population à une autre, les raisons diffèrent. Et donc les campagnes d'information sont différentes. Il y a un grand ciblage là-dessus, et je pense que c'est une chose que malheureusement, nous ne faisons pas.
Il y a un deuxième élément, me semble-t-il, important, c'est qu'il faut avoir les moyens cliniques de soigner les gens. Or, je suis désolé de dire que depuis maintenant un an et demi, nos moyens cliniques de soins des patients ne sont pas augmentés. Nous n'avons pas plus de moyens. Nous en avons probablement un peu moins qu'il y a un an et demi. Et ça, c'est une source d'inquiétude.
Philippe Juvin, la situation est tendue en Corse, on l'évoquait, mais critique en Outre-mer. Réunion Martinique-Guadeloupe, où des confinements sont à nouveau en vigueur. Aurait-il fallu davantage limiter les flux vers ces territoires ?
Alors, un des éléments de stratégie que j'évoquais il y a quelques secondes, qu'il faut absolument mettre en œuvre pour la France métropolitaine, mais aussi pour les Outre-mer, c'est le contrôle aux frontières des territoires. Moi, je crois totalement irresponsable de laisser entrer sur nos territoires des gens qui ne sont pas vaccinés. En fait, le fait de laisser passer des gens non vaccinés met à bas toute politique de containment, de maintien, de contrôle de l'épidémie.
Donc un test PCR ne suffit pas ?
Je pense que la vaccination, c'est ça qu'il faudrait demander. L'Australie, par exemple, demande, quand vous entrez en Australie, vous devez être vacciné. Ça veut dire concrètement sur les routes,
dans les aéroports, dans les gares ? À l'arrivée ?
Typiquement, vous parlez de la Martinique, la Guadeloupe. Oui, je pense qu'il faut contrôler l'arrivée sur les îles. Ça ne me paraît pas logique d'avoir une situation épidémique extrêmement grave et de dire, finalement, par exemple, le tourisme peut continuer, comme d'habitude, sans contrôle. En Corse, quand vous allez en Corse, on vous contrôle test PCR ou vaccination. Il y a un contrôle qui est fait.
Êtes-vous favorable à la vaccination obligatoire pour tous, comme le demande la Fédération hospitalière ?
Dans un monde idéal, il faudrait que tout le monde soit vacciné, particulièrement les soignants. C'est une obligation quasi morale. La question que je me pose, c'est la faisabilité du caractère obligatoire. Je vous explique peut-être en deux mots. On nous dit que mi-octobre, les infirmières ou médecins ou soignants non vaccinés ne pourront plus travailler. J'entends, sauf que je me demande comment on va faire. Déjà, nous avons des lits fermés parce que nous n'avons pas suffisamment d'infirmières. Donc, on va nous dire au mois d'octobre, tenez, en plus, vous allez en avoir moins. Ça veut dire que dans votre service, par exemple,
vous êtes prêt à fermer les yeux s'il y a des soignants qui ne souhaitent pas se faire vacciner ?
D'abord, moi, je gère un service avec les moyens que l'administration veut bien me donner. Mais je pose une question simple. Dans une situation où on aurait besoin de tous les lits pour soigner tout le monde, est-ce que vous croyez à un instant qu'on va fermer des lits parce qu'on a des infirmières qui ne seront pas vaccinées ? Je ne vois pas comment ça va se faire, en fait.
L'extension du pass sanitaire doit entrer en vigueur la semaine prochaine, notamment pour entrer à l'hôpital. On évoquait cette question, sauf les urgences. Est-ce que, comme le disent certains soignants, c'est contraire au serment d'Hippocrate en cas de refus d'accès aux soins ?
D'abord, on va continuer à soigner les gens, qu'ils soient vaccinés ou pas. Il n'y a aucun doute là-dessus. Dans un service d'urgence, on ne demandera pas de pass sanitaire. Simplement, sur le pass sanitaire à l'entrée à l'hôpital, on a commencé à y travailler puisque c'est dans quelques jours. C'est une usine à gaz. C'est une usine à gaz parce que dans un hôpital, d'abord, il n'y a pas une entrée, mais il y en a plein. Il y a des tas de gens qui viennent à l'hôpital, des policiers, des pompiers, des ambulanciers, des réparateurs de l'ascenseur, des gens pour nettoyer, les cuisiniers, des touristes, par exemple. Moi, mon hôpital est à côté de la tour Eiffel, donc il y a quelques touristes.
Quand ils arrivent, comment on fait ? Ils n'ont pas de pass sanitaire, ils ont été vaccinés avec le vaccin chinois. Là-dessus, le touriste lui-même est accompagné d'un accompagnant. On demande le pass sanitaire à l'accompagnant, dit à l'accompagnant de ne pas entrer s'il n'est pas vacciné.
Donc, on voit qu'il y a une vraie machine à gaz et je suis, comme beaucoup de mes collègues, perplexe sur l'application de ces règles et probablement, probablement, alors c'est facile d'analyser comme ça, moi je suis là pour apporter des solutions, je pense que le pass sanitaire, ça fait des mois qu'on sait qu'on va devoir probablement le mettre sur la table, ça fait des mois qu'on aurait dû travailler à la mise en œuvre et on voit qu'en deux, trois semaines, on n'y arrive pas.
Alors, on va parler justement de l'extension du pass sanitaire dans un instant. Philippe Juvin, restez avec nous, on va s'interrompre, le temps de faire un point sur l'actualité de ce mercredi matin, 8h40, le fil Info Claire Flochelle.
L'afflux de patients en Corse, la situation sanitaire est particulièrement critique sur l'île de beauté où le taux d'incidence est un des plus élevés du pays. Le plan blanc est déclenché. Le plan blanc qui va également être mis en place dans les établissements de santé en PACA, il permet de rappeler des soignants en congé et de déprogrammer des opérations. La circulation virale s'amplifie sans cesse selon l'Agence régionale de santé. Le 15 septembre, ils devront tous être vaccinés. Certains soignants le refusent. Un appel national à débrayer est lancé depuis 12 hôpitaux de Marseille. A partir d'aujourd'hui, les professionnels de santé sont appelés à observer une grève illimitée.
Un premier anniversaire douloureux au Liban, celui de l'explosion du port de Beyrouth il y a un an, jour pour jour, 214 morts et plus de 6500 blessés. Une conférence internationale se tient aujourd'hui sous l'égide de la France et de l'ONU. Une aide de 350 millions de dollars pourrait être débloquée pour la population libanaise. Et puis les larmes de Kevin Mayer au JO Tokyo. Le Français est quatrième après les trois premières épreuves du Décathlon. Il est handicapé par une douleur au dos.
Avec toujours Philippe Juvin à nos côtés, candidat pour la présidentielle au sein du parti Les Républicains mais aussi chef des urgences de l'hôpital Georges Pompidou à Paris. On parlait il y a un instant de la difficulté de contrôler, de vérifier le pass sanitaire à l'entrée à l'hôpital. Est-ce que vous êtes en revanche favorable à son extension dans les bars, dans les restaurants, comme c'est prévu à partir de la semaine prochaine sauf décision contraire du Conseil constitutionnel demain ?
Moi, encore une fois, depuis le mois de janvier, je dis qu'il faut se préparer au pass sanitaire parce que je préfère un restaurant ouvert avec un pass sanitaire qu'un restaurant fermé. Mais il faut s'y préparer. Il fallait s'y préparer. C'est-à-dire qu'il fallait rencontrer les organisations professionnelles, savoir comment techniquement on en allait faire. Le diable est dans le détail dans ces sujets-là. Or, ça n'a pas été fait pour des raisons qui sont des raisons que je ne comprends toujours pas. Et donc, c'est vrai qu'aujourd'hui, on est face à un système où on ne sait pas très bien comment on va faire. On est dans la précipitation. Donc, que vous dire ?
Je pense qu'encore une fois, qu'il vaut mieux un pass sanitaire que pas un pass sanitaire, même si c'est une mauvaise solution pour les libertés. Mais je préfère la liberté d'être contrôlée à l'absence de liberté d'aller au restaurant. Sauf qu'on n'est toujours pas prêts. Et ça, voilà, il fallait être prêts. Il fallait le travailler. Il y a un manque d'anticipation du gouvernement pour vous ? Il y a eu, en permanence, depuis le mois de mars 2020, un manque d'anticipation surtout. Les matériels qui nous ont manqué, les déclarations où M. Attal, au mois de février, nous dit qu'on va peut-être reprendre une vie normale au mois d'avril. Deux semaines plus tard, on confine.
La vaccination, enfin, je sais que la publicité gouvernementale veut dire qu'on a atteint nos objectifs, mais pas du tout. Le 21 janvier, le ministre Olivier Véran disait fin juillet, nous aurons 57 millions de gens vaccinés. On n'y est pas. Donc, on voit qu'on est en permanence dans l'improvisation parce qu'il y a... Est-ce que c'est un mélange d'amateurisme, d'inexpérience, en tout cas...
Il y a une tentative de pédagogie, de communication, en tout cas. On voit Emmanuel Macron qui, depuis le fort de Brégançon, tente de rassurer les jeunes, de répondre aux questions, de contrer aussi les rumeurs. Ça, ça ne vous convainc pas ?
D'abord, il n'y a pas eu une seule campagne d'informations sérieuses sur la vaccination depuis le mois de janvier, pas une. C'est quoi une campagne sérieuse ? C'est une campagne qui explique aux gens qui ont peur de se faire vacciner, il y a des gens comme ça, pourquoi ils ont tort d'avoir peur, en leur donnant des arguments, pas en montrant une grand-mère qui embrasse ses petits-enfants. Moi, je crois beaucoup à ça. Il n'y a pas eu de vraie campagne d'informations. Alors, après que le président de la République mouille le maillot pour informer, pourquoi pas ? Là où je suis un peu sceptique, c'est la mise en scène et sur le niveau de sincérité du TikTok et du T-shirt.
C'est le T-shirt qui vous gêne.
Non, mais c'est plutôt l'ensemble. Quel est le niveau de sincérité ? Quel est le véritable Emmanuel Macron ? Est-ce que c'est celui des Youtubers et de TikTok ? Ou est-ce que c'est celui qui grondait, voire un peu humilié, un collégien ou mon Valérien en 2018 en lui disant, surtout, tu ne m'appelles pas Manu ? Vous voyez, tu ne m'appelles pas Manu, mais en revanche, je vais faire des galipettes, enfin, pas le président, les Youtubers, sur la pousse de l'Elysée. Mais il y a ce double visage qui, c'est vrai, qui, c'est vrai, moi, me pose problème.
On en vient à la primaire LR. Vous êtes aussi maire LR de la Garenne-Colombe, en région parisienne, candidat à la primaire de la droite, même si elle n'est pas encore officiellement actée. Mais la primaire, Xavier Bertrand, lui, n'en veut pas. Le président des Hauts-de-France s'adresse directement au peuple français, comme au soir de sa victoire régionale.
Ce résultat me donne la force d'aller à la rencontre de tous les Français. Bâtissons ensemble un nouveau projet de société pour mieux vivre partout. C'est cela, la République des Territoires. Ce chemin de l'espoir, il démarre maintenant. Il démarre ici.
Est-ce que Xavier Bertrand, qui a quitté les Républicains, peut être le candidat naturel de la droite sans passer par la case primaire ?
Oui, il pourrait l'être, bien sûr. Il pourrait l'être si on avait le sentiment que naturellement, il avait toutes les chances d'être au second tour. Le vrai sujet est là.
Ce n'est pas le candidat naturel aujourd'hui ?
Aujourd'hui, est-ce que les sondages montrent qu'il est largement devant ? Non, il n'a pas creusé le match. Il est très en avance parce que c'est un homme d'abord sérieux qui travaille les dossiers. C'est quelqu'un de très rigoureux. Donc, il a de l'avance sur les autres. Moi, ce que je crois, c'est que la primaire n'est pas un bon système. Mais il vaut mieux une primaire organisée qu'une primaire sauvage avec un premier tour et plusieurs candidats de la droite. Si vous avez plusieurs candidats de la droite au premier tour de l'élection, vous n'en avez aucun en second. Donc, c'est pour ça que je suis favorable à la primaire.
et que j'étais favorable à la présence de Xavier Bertrand dans cette primaire. Il ne veut pas. Qu'est-ce qui va se passer ? Nous ferons notre primaire. Nous désignerons quelqu'un. Il y aura Xavier Bertrand et il faudra qu'il y ait un accord politique entre la personne désignée par la primaire et Xavier Bertrand.
Est-ce qu'il n'y a pas d'accord ?
Il y aura forcément un accord politique. En tout cas, moi, je suis un de ceux qui le demandera, demanderont, cet accord politique et je suis un de ceux qui est le garant de l'unité de la droite.
Nous devons avoir un seul candidat au premier tour. Vous n'imaginez pas deux candidats au premier tour ? Xavier Bertrand de son côté et le candidat LR désigné par la primaire ?
Si on fait ça, ça s'appelle un suicide. On a le droit de se suicider mais je pense que ce n'est pas une bonne idée. Il vaut mieux que nous aurons un seul candidat. En tout cas, moi, j'y travaillerai. Alors que même que je suis candidat de la primaire de la droite et du centre, je dirais le moment venu que nous devons trouver un accord avec Xavier Bertrand. On verra l'état de la popularité de l'un et de l'autre.
Est-ce que ce n'est pas un peu étrange d'aller à la primaire un peu à reculons ? C'est votre cas. C'est le cas de beaucoup de monde au sein du parti Les Républicains. On a l'impression que la décision sur la primaire est repoussée, qu'elle va arriver
tardivement aussi. Non, non, non. Détrompez-vous. Moi, je n'y vais pas du tout. Vous dites que c'est le moins pire des systèmes. Oui, oui. Parce qu'il n'y a pas de système idéal. Ce que je veux dire par là, c'est qu'en politique, il n'y a souvent pas de solution idéale. Il y a des solutions souhaitables et d'autres possibles. La solution souhaitable actuellement, c'est très clairement d'avoir une primaire qui organise les choses pour éviter d'avoir de multiples candidats au premier tour. Pompidou aurait dit lâcher en lit. Il faut éviter lâcher en lit au premier tour.
Vous êtes réunis il y a deux semaines avec Valérie Pécresse qui est également candidate à la primaire mais aussi d'autres candidats potentiels. Laurent Wauquiez, Bruno Rotaille ou Michel Barnier. Est-ce que c'est un front anti-Bertrand qu'on évoquait ?
Non, pas du tout. Nous avons proposé à Xavier Bertrand de venir dans cette primaire. C'est loin d'être un front Xavier Bertrand. Je vais vous dire en politique, je n'ai pas d'ennemi. J'ai des concurrents, des adversaires avec lesquels j'échange sereinement. Xavier Bertrand, je le connais bien. J'étais professeur de médecine à l'époque où il était ministre de la Santé. Ça a été mon ministre de tutelle. Et je peux vous dire une chose, c'est que Xavier Bertrand aurait été aux affaires au moment de l'épidémie. Nous n'aurions probablement pas eu toutes les pénuries que nous avons eues.
C'est quoi la spécificité Philippe Juvin par rapport aux autres candidats déclarés ?
Je pense que c'est d'abord une méthode. Moi, j'ai toujours été à la fois médecin et élu. J'ai toujours gardé une activité professionnelle tout en étant élu. Et je pense qu'il faut tout changer. Il faut changer les visages, il faut changer les parcours des hommes politiques qui sont très homogènes. Souvent, les hommes politiques ont tous le même parcours, souvent l'École nationale d'administration qui est une grande école mais qui est faite pour former les serviteurs de l'État et pas forcément les candidats à la présidence de la République. et puis les méthodes qui font qu'en tant que scientifique, moi, je sais qu'il faut échanger et que le débat d'idées est important.
La confrontation des idées contraires est quelque chose qui permet de progresser.
Philippe Juvin, comme candidat, vous prônez une baisse massive d'impôts. Franchement, vous rasez gratis. Ce n'est pas un peu démago aujourd'hui dans le contexte actuel ? Si vous permettez
de ne pas trop me caricaturer, ce serait sympathique le matin comme ça. Je propose une baisse massive des impôts de production. Les impôts de production, c'est quoi ? Ce sont les impôts les plus idiots de la Terre. Il n'y a d'ailleurs que les Français qui les ont gardés dans l'Union Européenne. Ce sont des impôts que payent les entreprises avant même d'avoir fait le premier euro de bénéfice. Et quand vous comparez l'Allemagne et la France, puisqu'il faut le faire, cette comparaison, les entreprises françaises payent globalement 109 milliards d'impôts de production avant même d'avoir fait le premier bénéfice en plus par rapport aux Allemands.
C'était comme si elles avaient un sac plein de pierres et on leur dit de courir aussi vite que les autres. Vous vous souvenez de l'affaire de Béthune-Bridgestone, les pneus qui sont partis. Eh bien, pourquoi sont-ils partis ? Pourquoi Béthune va fermer ? À cause des impôts de production. Les impôts de production, c'est une plaie pour l'industrie française. La précision est faite. Merci Philippe Juvin
d'avoir accepté notre invitation. Merci Yannick Falt. Sous-titrage Société Radio-Canada