Charles de Courson : Macron cauchemarde, la France résiste ?
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Charles de Courson, bonsoir. Bonsoir. Nous vous recevons pour une chaîne internet qui s'appelle Sinkerview. Nous sommes en direct. Est-ce que vous pouvez vous présenter succinctement ?
Mon nom est Charles de Courson. Je suis député de la 5e circonscription de la Marne depuis 32 ans maintenant. Et puis j'ai eu d'autres mandats. J'ai eu une autre vie avant d'être élu député.
Qu'est-ce que vous pouvez me dire sur les finances françaises ?
Les finances françaises sont dans un état de dégradation grave. Et on ne redresse toujours pas. Contrairement à ce qui est affirmé par certains ministres. Et l'absence de majorité rend encore plus compliqué le redressement des finances publiques françaises. Nous sommes maintenant le pays le plus mal géré de toute l'Europe. Et de loin. Même les Italiens. Parce qu'en général les Italiens ont été un peu derrière nous. Et bien ils ont bien amélioré la situation. Et donc on n'échappera pas si vous voulez à une politique courageuse de redressement. Or il n'y a que deux façons de redresser les finances publiques. C'est de faire des économies sur la dépense. Et ou d'augmenter les recettes.
Mais augmenter les recettes dans un pays qui a déjà le taux de prélèvement obligatoire le plus élevé. J'allais dire presque au monde. De toute l'Europe si vous voulez. Et ça continue. En 2025 si vous voulez. Ce n'est pas raisonnable. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire un certain nombre de mesures en recettes. Ou de redéploiement. Dans le sens notamment de la justice fiscale. Mais le problème de fond il est sur la dépense. Si on était une démocratie mature. On mettrait les différents courants politiques autour de la table. En disant voilà la situation. Et ne pas dissimuler la vérité. La dure vérité. Et donc voilà. Quelles sont les idées d'économie.
Et quelles sont les mesures sur lesquelles il y aurait au moins une majorité. Ou alors une forte majorité. Ça serait ça une démocratie mature. Et là on en est loin.
J'entends dissimulation et j'entends courage. On commence par dissimulation. On nous a dissimulés. On nous a intoxiqués. On nous a enfumés. Nous la population française. Où on a intoxiqué les marchés. Pour gagner du temps. Et éviter la dégradation de la note française.
Oui la commission.
Et je complète. Est-ce qu'on a fait de la subornation de vote. Par de la dette.
Alors. Non. Sur ce deuxième point non. Puisque c'est passé entre nous. A coup de 49.3. Donc il n'y a pas une subornation. Mais. Sur le fond. La commission d'enquête se termine. Elle rendra ses conclusions dans 15 jours. Trois semaines. Trois semaines. Disons à peu près trois semaines. Et elle montrera. Que. Les ministres. Qui étaient au courant. Notamment sur la dégradation 2024. Donc pas. Dès novembre. Décembre. 2024. On a toutes les preuves. Y compris les notes. De la direction du trésor. Et de la direction du budget. En disant. On dérape complètement. Alors. Il y a eu tout un débat. Au sein du gouvernement. D'après ce qu'on a réconstitué. Entre ceux qui disaient.
Il faut faire une loi de finances significative. Vous voyez. Une loi de finances significative. En février. Où il a fallu expliquer. Que ce qu'on vient de voter. N'était pas sincère. Voilà. Et il y avait des élections européennes. En juin. Et donc. Ils ont préféré. Des mesures. Non législatives. C'est-à-dire. Pas la loi de finances significative. Et on prend quelques mesures. Sur les dépenses. On annule une dizaine de milliards. Par un décret d'annulation. On essaie de freiner la dépense. Et puis. Peu à peu. Ils ont découvert. Que l'ampleur était encore plus importante. Que ce qu'ils craignaient. Puisqu'on. On a fini. Avec des pertes de recettes fiscales. De l'ordre de 41 milliards.
On n'a jamais vu ça.
Quelles vont être les sanctions. Ça va être responsable. Mais pas coupable. Encore une fois. Ça va être du pénal. Ça va être. Une petite tape sur les doigts. Un pan pan cucu. Ça va être quoi ?
La commission d'enquête. N'a pas de pouvoir. A caractère pénal. Et. C'est la sanction. C'est une sanction politique. De dire. Vous avez dissimulé. Voilà. Il y aurait éventuellement. Sanction pénale. Si. Certains. Des témoins. Qui viennent devant la commission. Et qui prêtent serment. Montaient effrontément. Et qu'on prouve. Qu'ils ont sciemment menti. À la commission.
Combien c'est ?
Comment ?
Combien la sanction ?
Combien la prison ? Ça doit être un an ou deux. Je crois. Enfin. C'est un maximum.
Un petit bracelet. Un petit bracelet. Et on reste chez soi. Tranquille.
Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Et. Et. Ça n'a été fait qu'une fois. Ma connaissance. Dans une commission d'enquête. Dont j'étais le rapporteur. Nous avons saisi le pénal. C'était la première fois. Depuis 1958. Et. C'était une affaire. Air Liberté. Vous retrouverez tous les documents. On avait subodoré une dizaine de milliards de détournements. On a saisi au pénal. Et au pénal. Ils ont trouvé 12, 12, 13 milliards de détournements. Voilà. Donc il a été condamné. A rembourser. Mais c'est le pénal. On n'est pas. Une commission d'enquête n'a pas de pouvoirs pénaux. Le seul pouvoir pénal qu'a le président de la commission d'enquête. C'est si quelqu'un refuse de venir devant la commission.
C'est-à-dire le problème du secrétaire général de l'Elysée. Comment il s'appelle déjà ? Alexis Collère. Alexis Collère. Bon. Il a refusé par écrit de venir invoquant la séparation des pouvoirs. Mais on lui dit vous n'êtes pas président de la République. C'est d'autant plus étrange que dans l'affaire Benalla, la commission d'enquête sénatoriale, il était venu. Et il y a d'autres membres de l'entourage du président qui sont venus devant les commissions. Moi, j'ai présidé la commission d'enquête sur Jérôme Cahuzac. Le problème de ce compte qu'il avait en Suisse, enfin toutes ces questions. Et on a voulu savoir qu'est-ce que savait le président Hollande.
Et on a appris que son directeur adjoint de cabinet avait été approché par le maire de Villeneuve qui lui-même savait, c'est lui qui avait entendu et enregistré le fameux discussion avec son chargé d'affaires. Vous voyez, il est venu tout de suite. Il est venu devant la commission, il a expliqué ce qui s'est passé, qu'il avait été contacté, que dès qu'il a appris ça, il est allé voir le secrétaire général de l'Élysée. Et avec le secrétaire général, ils sont allés voir François Hollande, le président de la République de l'époque, pour lui dire écoutez, on a des remontées nous disant qu'il a un compte en Suisse. On a la date, on a tout.
Donc, si vous voulez, dans le cas d'Alexis Conner qui a refusé, le président, je crois que c'est la deuxième fois de la commission d'enquête, a saisi au pénal, puisque le refus de venir devant la commission est sanctionné par une peine maximale de deux ans d'environnement et 7500 euros d'amende.
Deux ans d'emprisonnement ?
Oui, mais c'est la peine maximale. Et puis, ça peut être avec sursis. Enfin, ça, c'est la justice qui défend. Mais ça va être très intéressant parce que c'est un cas d'école. Et cette décision de justice fera jurisprudence.
On reviendra sur les politiques courageuses et toute cette dialectique politicienne, je dirais. Quand est-ce qu'on va voir les cow-boys du FMI débarquer en France ?
Quand les marchés financiers commenceront à dire, on prête de moins en moins à la France et à des taux de plus en plus élevés. Il y a un moment. Alors là, ça commence. Mais si vous voulez, c'est des variations de 0,5, 0,6, 0,7 points de taux d'intérêt. Alors, vu les masses, si vous voulez, ce n'est pas rien. La charge de la dette, c'est combien ? La charge de la dette, les intérêts de la dette, c'est 55 milliards. Et le remboursement du capital, c'est 150 milliards.
Mais ça, le remboursement du capital ?
Si on rembourse le capital, on serait en détente. C'est-à-dire, par exemple, en 2025, l'ordre de grandeur, c'est qu'on va sur les marchés pour lever 300 milliards qui servent à rembourser 150 milliards. Donc, la dette, dans les prévisions budgétaires, c'est une majoration de la dette de l'État de 150 milliards en 2025. Sachant qu'elle est actuellement de 2 600, 700. 3 000, 3 300, non ? Oui, mais 3 000 milliards, c'est la dette de la Sécurité sociale, de l'État et des collectivités locales. C'est la somme des 3. Mais là, on est à 3 300.
Donc, les cow-boys du FMI, quand ils vont arriver en France, qu'est-ce qui va se passer ?
Eh bien, si on n'a pas le courage d'assumer nos responsabilités, ils feront ce qu'ils ont fait dans tous les pays en situation très grave. Ils se mettront autour d'une table et ils diront qu'il faut réduire. Alors, on réduit où ? Comment ? On discute et on dit qu'il faut faire... Vous voyez, j'avais une note de la direction du Trésor de fin février qui faisait le point parce qu'ils commencent à cogiter sur 2026. Bon, eux, ils disaient qu'il faut faire à peu près 35 milliards d'économies sur le budget de l'État. Le budget de l'État, c'est 500... Allez, 500... En bonne comptabilité, 530, 540 milliards. Vous voyez ?
Donc, 35 milliards d'économies sur le budget de l'État, c'est pas impossible à faire. Mais ça suppose des décisions courageuses et d'autant plus difficile à prendre que vous n'avez pas de majorité.
Vous pouvez m'expliquer ce que c'est une décision courageuse ? Une décision courageuse, c'est ce...
Une décision courageuse, c'est une décision qui entraînera une certaine hostilité au moins d'une partie de l'opinion publique. Voilà. Toutes les décisions ne sont pas applaudies dès demain. Il y a des décisions qu'on pourrait prendre qui seraient, à mon avis, applaudies par les Français. Je veux dire, quand, par exemple, si on réduisait un peu le crédit d'impôt sur les services à la personne, qui est le deuxième poste qui dépasse les 6 milliards, vous voyez, le premier, c'est le crédit d'impôt recherche, qui dépasse les 7 milliards dans les prévisions 2025. Vous voyez ? Est-ce qu'il faut continuer à avoir un taux aussi élevé ? Je vais vous donner une illustration très amusante.
Sont éligibles 23 postes, vous voyez, de services à la personne. Il y en a un qui est assez amusant, c'est si vous devez faire promener votre chien ou votre chat, c'est éligible au crédit d'impôt. Vous voyez ? Bon, c'est psyllone, c'est pas avec ça que vous allez redresser les finances de l'État. Mais vous voyez, de se poser les questions, est-ce qu'il faut maintenir cela ? Est-ce qu'il faut rester à 30% ? Est-ce qu'il faut passer à 25% ? Vous voyez, toutes ces questions.
Vous avez un chien ? Non. Vous avez un chat ? Non. Vous avez déjà eu un chien ? Non. Vous avez déjà eu un chat ?
Non, c'est parce que je n'aurai pas le temps de m'en occuper. Je suis tout le monde par bon et par vaut, voilà. Donc c'est pour ça que je n'ai pas de chien.
Vous êtes le député qui a le plus d'expérience. Je ne dirais pas le plus vieux député, mais celui qui a le plus d'ancienneté. Combien d'années déjà ? 32 ans. 32 ans d'ancienneté.
C'est mon huitième mandat.
À chaque fois réélu ou la main ?
Ah, sauf la dernière fois où ça a été juste. Il y avait qui en face ? Un candidat du Rassemblement national.
Comment vous expliquez la montée du Rassemblement national ?
Dans ma circonscription ou en France ? J'ai commencé par ma circonscription. C'est une circonscription très rurale. Les gens en ont marre. Ce n'est pas plus compliqué. Ils en ont marre de quoi ? Alors, vous avez plusieurs thèmes. Vous avez le thème des salariés modestes. Travailleurs pauvres ? Modestes, c'est-à-dire qui gagnent entre le SMIC et un, deux SMIC.
Il y a combien le SMIC ?
Le SMIC net est à 1,400 et brut à 1,700.
Le seuil de pauvreté ?
Alors, c'est 60% du revenu moyen. Ça dépend, puisque c'est fonction du nombre de personnes dans la famille. Mais pour un célibataire, ça doit être autour de 900. C'est 60% du revenu moyen. Si vous voulez, la première raison, c'est tous ces salariés modestes qui bossent et qui disent « Mais on est les imbéciles de cette société. On aurait des gens qui pourraient travailler et qui ne veulent pas travailler. » Ça, c'est ravageur. Je vous racontais une anecdote. J'étais dans une commune qui s'appelle Perny-sur-Sceau et j'étais dans un HLM. Je faisais ma campagne. Et je sonne, quelqu'un ouvre et me dit « Ah, bonjour M. de Courson.
» Alors, je pensais qu'il me disait « Vous ne fatiguez pas, allez chez les voisins, je vote pour vous. » Non, non, il me dit « Vous ne fatiguez pas, je vote rassemblement national. » Je lui dis « Pourquoi vous votez rassemblement national ? Vous êtes au chômage ? » Non, pas du tout. Alors, vous êtes mal payé ? Non, non, non, je suis tout à fait bien payé. Je travaille dans la métallurgie, je gagne un bon 2000 euros, je suis célibataire. Alors, qu'est-ce qui ne va pas ? Il me dit « J'en ai marre de me lever le matin à 6h, 6h30 pour être à l'usine et de voir, je cite, cette bande de feignants qui ne foutent rien et c'est moi qui les nourris.
» Donc, il y a un moment, cette révolte des gens modestes. Il parlait des politiques ? Comment ? Il parlait des politiques ? Non, c'est de la société. La société, effectivement, ne récompense pas les gens modestes qui travaillent. L'un des grands problèmes de notre société, de ce point de vue-là, c'est l'écart insuffisant entre le SMIC net, c'est-à-dire 1400 euros, et les minima sociaux. Prenez une famille, papa, maman, deux enfants, qui est au RSA.
Et bien, grosso modo, ils vont avoir un niveau de vie pas très différent de celui qui travaille, qui gagne 1400, mais retirez les frais professionnels, il faut prendre la voiture, aller dans les heures orales, parfois on travaille à 10 kilomètres, 20 kilomètres, 30 kilomètres. Vous voyez, quand ils voient ce qui leur reste, ils disent que la société n'est pas juste. C'est pour ça que je pense que l'une des grandes priorités, ça serait d'écarter les minima sociaux des minima d'activité. Comment ? Par exemple, nos collègues de gauche disent, il n'y a qu'à Faucon, augmentons de 1400 à 1700 euros le SMIC net, c'est-à-dire le SMIC brut qui est à 1700, on le porte à 2000 euros.
Donc là, il y a 80% des fonctionnaires qui sont au SMIC ?
Non, non, non, pas du tout. Non, non, non, non, les fonctionnaires, non, non, ceux qui sont au SMIC sont une petite...
Mais si on augmente le SMIC qui est à 1700 euros ?
Ah ben, il est... Enfin, c'est brut ou net. Là, il résonne... Ça correspond grosso modo, disons, à 2000 euros brut. Le problème, c'est qu'est-ce qui va se passer ? Il va se passer que les emplois peu qualifiés, et bien, ils seront automatisés et ils vont disparaître. Donc, ce n'est pas ça la bonne solution. La bonne solution, ça serait d'utiliser la prime d'activité, vous savez, qui coûte 10 milliards au budget de l'État, et de la prime d'activité, de la mettre sur la feuille de paye. Actuellement, elle est fonction de la taille de votre famille. Donc, ça ne va pas.
De la mettre sur la feuille de paye à hauteur de 100 à 150 euros par mois au niveau du SMIC, puis après, dégressive jusqu'à 23 SMIC, et de réduire les cotisations sociales salariées, qui sont encore sur un SMIC de 300 euros, puisque le SMIC brut, c'est 1700, et le SMIC net, j'arrondis, c'est 1400. Donc, si vous voulez, d'essayer de redéployer les cotisations sociales salariées sur les bas salaires, de l'ordre de 100 à 150 euros, et d'écarter le minimum d'activité, les minimas d'activité, des minimas sociaux.
Il y a combien de zéros à 1 milliard ?
Bon, il y en a neuf.
Question. Votre électeur, vous avez toqué à sa porte. Il vous a dit juste ça, ou il a dit d'autres choses ?
Non, non, il m'a dit ça. Je lui ai dit, mais écoute, ce n'est pas forcément une solution. En plus, c'est une élection cantonale. Mais voilà. Je cite toujours cet exemple pour montrer la première raison, c'est la révolte des travailleurs pauvres. 55% des ouvriers votent Rassemblement National, vous voyez, et sur ce sentiment d'injustice. Après, il y a d'autres facteurs. Il y a un facteur socio-culturel, qui est que certains ont le sentiment qu'on n'est plus chez nous. Oui, ce sentiment, on n'est plus chez nous.
C'est la fameuse question de submersion migratoire, c'est ça ?
Non, ce n'est pas sous la forme de submersion. On disait, on n'est plus chez nous, on voit des gens qui ne vivent pas comme nous, vous voyez, cette idée. Alors, naturellement, en zone rurale, entre nous, vous le voyez peu. Vous ne voyez cela quand, dans des zones urbaines, où sont très concentrées les immigrés. Voilà. Et donc, ça, c'est un deuxième facteur, disons, l'immigration, mais on n'est plus chez nous. Vous voyez, ce sentiment de perte d'identité. Vous avez d'autres facteurs. Vous avez un autre facteur, c'est le sentiment de perte d'identité, mais qui rejoint un peu ce deuxième argument.
Après, vous avez, chez les agriculteurs et les viticulteurs, qui votent de plus en plus pour le Rassemblement national, l'idée qu'on en a marre, et des petits patrons, des commerçants, des artisans, qui disent, on nous accable tous les jours de normes supplémentaires, de contraintes, etc. On en a marre. On en a marre de bosser dans ces conditions. Et malgré toutes les promesses des gouvernements successifs, on n'a jamais simplifié. Et donc, cette espèce de révolte des exploitants agricoles, des viticulteurs, vous voyez, chez moi, j'ai le cœur de la Champagne viticole, c'est-à-dire, si vous connaissez la Champagne viticole, la Côte des Blancs, vous voyez, avise, vertu.
Quand vous allez là-bas, il ne faut pas parler des chômeurs. Alors, si vous parlez des chômeurs, ils vous disent, tu veux parler de ceux qui ne veulent pas venir travailler dans les vignes ? 3, 3, 3,5% de taux de chômage. Donc, c'est le suremploi. Et ils vous disent, quand tu penses qu'il faut qu'on fasse venir de la main-d'œuvre de plus en plus loin, parfois même de l'étranger...
Souvent, non ?
Oui, et notamment en vendange. Dans les vendanges, dans le département de la Marne, c'est 100 000 contrats. Donc, il y a 100 000 personnes qui viennent. Eh bien, savez-vous que maintenant, la majorité sont des étrangers ? Il y a 30 à 40 ans, c'était uniquement des Français qui venaient, pas de Calais, enfin un peu partout, vous voyez. Vous avez déjà fait les vendanges ? Non, pas... Je vais aux vendanges, mais je n'ai pas fait les vendanges.
Vous allez aux vendanges pour picoler un coup ? Comment ? Vous allez aux vendanges pour picoler un coup et manger un peu ?
Non, non, je bois très très peu, oui. Pour serrer des pinces ? Non, puis voir comment se passent les vendanges, voilà, les problèmes. Alors, ces problèmes, si vous voulez, de main-d'œuvre, enfin, il y a toujours des problèmes comme ça, quoi, de faire la tournée, des coopératives, etc., et des vendangeoires. Eh bien, pour continuer là-dessus, dans ces secteurs-là, on vous dit, c'est pas normal. Vous nous parlez de chômeurs qui viennent travailler dans nos vignes. On trouve plus personne.
Qu'est-ce qu'ils vous ont fait remonter, d'autre ? Est-ce qu'ils vous ont fait remonter ? On a une caste de politiques qui s'en mettent plein les fouilles, ils ne comprennent rien à rien, ils n'anticipent pas les problèmes, et nous, on est obligés de payer cette incurie.
Oui, alors ça, c'est le vieux fonds antiparlementariste français. Vous voyez, quand vous interrogez les Français, c'est triste, hein, c'est pas nouveau. Vous les interrogez comment, les Français ? Dans les sondages. Prenez les derniers sondages qui sont sortis, qui sont faits à peu près une fois par an. Quand on les interroge sur la façon dont ils perçoivent les parlementaires, les journalistes, etc., qu'est-ce qu'ils vous disent sur les parlementaires ? C'est une bande de menteurs, 75%. C'est une bande de menteurs, ils passent leur temps à nous mentir, ils sont là pour profiter de leur situation, ils n'ont rien à faire de nos problèmes.
Alors, quand un électeur me dit ça, mais est-ce que ça s'adresse à moi ? Il dit non, non, mais toi, toi, t'es pas comme les autres.
C'est vrai que vous n'êtes pas comme les autres. Peut-être. Vous avez un niveau de probité qui est quand même à la hauteur du pays.
J'ai toujours essayé de ne pas dire n'importe quoi, c'est-à-dire une honnêteté intellectuelle et une honnêteté financière. Si j'ai voulu me enrichir, j'aurais fait bien.
Combien vous gagnez ?
Comment ?
Combien vous gagnez ?
Un parlementaire net d'impôts, moi je gagne 4700 net d'impôts. Et encore, parce que je suis rapporteur général, avant que je ne sois rapporteur général. J'ai à Paris un chauffeur qui me remmène chez moi la nuit. Et le reste du temps, ma circonscription, c'est moi qui conduis ou des bénévoles, quand je suis trop fatigué, qui me conduisent.
Votre patrimoine s'élève à combien ?
Je déclare à l'IFI un peu plus de 2 millions.
Comment vous avez assemblé 2 millions ?
C'est très simple. J'ai eu le malheur de perdre mon père jeune. J'avais 33 ans.
Paix à son âme.
qui était riche.
Il faisait quoi ?
Comment ? Il faisait quoi ? Mon père avait 3 vies. Il était exploitant agricole. Il était pisciculteur, pour être précis. Il était exploitant agricole. Il était élu local. Il était maire et conseiller général. Et il s'occupait de tas de choses sur la construction, dans la Marne et la Haute-Marne d'ailleurs. Et en plus, il était inspecteur général des finances. Il était haut fonctionnaire. Il était rentré à l'inspection des finances. C'est l'un des derniers concours à la sortie de la guerre. Il était rentré fin 1944, le concours de la libération.
Il était résistant ? Il vous a laissé un peu de sous ?
Non, je n'ai pas fait de sous. Il vous a laissé un peu de sous ? Oui, il m'a laissé, à l'époque, 600 000 euros.
D'anciens francs ? Non, non, 600 000 euros. De maintenant ? Oui. Vous avez été taxé à combien dessus ?
On a payé le taux. Vous savez, il y a des abattements, des trucs, des machins. Comme on est six frères et sœurs, si vous voulez, c'est l'ensemble qui a payé. On a dû payer, je ne sais pas, 10-15 %, puisqu'on divise par six. Puis après, le barème s'applique par part, avec des abattements, selon la nature des biens, etc.
Vous avez placé cet argent ?
Non, ce n'était pas de l'argent. Moi, je demandais à mes frères et sœurs. Mon père était amoureux des bois. J'aurais demandé de ne me donner que des bois. Et donc, on m'a donné des bois. Voilà. J'aime beaucoup les bois.
Vous avez une forêt ?
J'ai quelques blocs, mais j'ai beaucoup de parcelles aussi disséminées. Voilà. Et j'aime les bois.
Pourquoi vous aimez les bois ?
Parce que je voulais être libre. Ça vous étonne, non ? Pas du tout.
Ici, vous êtes sur une chérie libre.
Je voulais être libre. Et moi aussi, j'aime les bois. Et mon père m'emmenait dans ces bois, m'a montré ces bois, etc. Voilà. Et donc, j'ai un certain patrimoine maintenant, parce que je vis simplement. Je n'ai pas de villa à Saint-Trope. Tout ça, je ne sors pas en boîte. Ce n'est pas mon truc, vous voyez.
Vous ne prenez pas de drogue ?
Non, je ne suis pas drogué. Je bois des coupettes, comme on dit chez nous, de champagne. C'est tout, vous voyez.
Il y a la différence entre une coupe et une flûte.
Ah bien, une coupe, vous savez, on prétend que c'était le sein de Marie-Antoinette. Il paraît que c'est totalement inexact. D'ailleurs, d'après les historiens, c'est la coupe et la flûte, elle, est droite. Et les spécialistes de champagne recommandent toujours la flûte. Pourquoi ? Parce que la coupe perd son gaz assez vite, vu l'ampleur. Alors que dans une flûte, c'est beaucoup plus étroit.
Qu'est-ce que c'est le mer-captant ? Le ? Mer-captant. Je ne sais pas. D'accord. Revenons au bois. Vos bois, vous avez quel type d'essence dessus ? Est-ce que les Chinois ont essayé de vous acheter vos chênes ?
Ben oui, j'ai surtout des chênes, un peu de peupliers. Mais enfin, la dominante, c'est quand même des chênes et un peu de peupliers. Prenez ma question pour que je vous pose la question. Non, mais je vais y se venir. Et un jour, il y avait un bois auquel tenait beaucoup mon père. Quand on visitait ce bois-là, il me disait, tu vois, c'est des superbes chênes, voilà, qu'il faudra un jour couper, voilà. Et donc, j'ai un plan simple de gestion. Et donc, était venu le moment de les couper. Et alors, je mets ça avec quelqu'un qui m'aide, une coopérative forestière locale. Et un marchand de bois, on prend le meilleur offrant. Et je vends un bon prix, d'ailleurs.
Combien, l'Aster ?
Je crois qu'à l'époque, c'était, je crois, 150 000 euros. Mais c'était un beau bois, hein. C'était un bois qui devait faire 18 hectares. Mais on n'a coupé qu'une partie pour replanter par bande. Et on en a laissé des bandes, voilà. Voilà. Et puis, quelques mois plus tard, je crois, c'est un marchand de bois. Alors, je me dis, qu'est-ce que vous avez fait du lot que vous m'avez acheté ? Oh, ben, c'est simple. Les 20% les plus beaux, direction Bordeaux pour faire des tonneaux. Des tonneaux pour le Bordeaux. Et les 80% autres, en conteneur, direction la Chine.
Donc là, on va pouvoir aborder le sujet de guerre économique, le fait que des États sont prédateurs sur nos ressources, sur le peu de ressources qu'on peut avoir. Vous avez quel avis sur cette guerre économique qui livre la France à des vautours ? Quel avis vous avez sur ceux qui vendent la France à la découpe ?
Alors, je ne dirais pas cela. Je dirais qu'il y a un problème de compétitivité. La compétitivité d'un pays, ça se mesure essentiellement sur l'industrie. Il y a aussi des services, c'est vrai. Mais le gros morceau, c'est l'industrie. Et ça se mesure par la balance commerciale. C'est-à-dire, est-ce qu'on exporte plus qu'on importe ou l'inverse ? Vous savez que la France...
Moins 156 milliards.
Oui, c'est ça. Alors, c'est vrai que dans cette partie-là, il y a une partie énergétique. C'est vrai. Mais l'Allemagne est équilibrée. Même elle est suréquilibrée. Donc, c'est une des mesures de la faible compétitivité française. Mais en fait, la compétitivité française, elle est très variable selon les secteurs. Prenez la compétitivité dans le domaine de l'aviation. Le groupe Airbus exporte beaucoup. On est bon. Prenez les produits de luxe. On est très bon. On était aussi très bon dans l'agro-industrie. Alors, ça se dégrade beaucoup. On est quasiment, je crois, à l'équilibre, même en léger déficit. Donc, les vins, on est très excédentaires. Mais ça se dégrade.
Donc, on a un problème de compétitivité. Et ceux qui croient qu'on va protéger notre industrie en élevant des barrières douanières, non plus au niveau français, mais au niveau européen, puisque les tarifs douaniers sont une compétence européenne, ils se trompent complètement. Pourquoi ils se trompent complètement ? Parce qu'ils ne voient pas, c'est ce qui va se passer d'ailleurs aux États-Unis. Si M. Trump maintient durablement ses 25% de droits de douane, 40% de la consommation des Américains est importée. Donc, si vous mettez une taxe sur les importations de 25%, les prix vont flamber. Il n'y a pas besoin d'avoir fait Polytechnique pour comprendre ça. Or, il a combattu Joe Biden.
Joe Biden, c'est à cause de lui qu'il y a eu de l'inflation. Et là, les gens, ils vont voir l'inflation repartir, vous voyez. Et donc, ce n'est pas la bonne mesure. Des mesures protectionnistes, tarifaires ou non tarifaires, parce qu'il y a aussi tout le non tarifaire, peut être une politique intelligente pour protéger pendant quelques années une industrie, lui permettant de se remettre à un niveau, de se moderniser, de devenir compétitif. Et à ce moment-là, on abaisse les droits de douane. Ça, c'est une politique intelligente. Mais croire que des droits de douane durables vont protéger notre industrie et nos emplois, alors là, ça, c'est une erreur fondamentale.
Tous ceux qui ont joué à ce jeu-là l'ont payé très cher.
Le sang de l'industrie, son carburant, c'est quoi ? C'est l'énergie ?
Je dirais qu'il y a deux choses. Il y a effectivement l'énergie et les données. Et de plus en plus, les données, si vous voulez. On voit bien que le développement de l'IA est un élément de compétitivité des industries. Et ceux qui ne se mettront pas à l'IA, ils auront une perte de compétitivité. Ils le paieront par une contraction de leur vente. Voilà, ça, c'est une quasi-certitude. Vous savez, quand les canuts lyonnais ont cru qu'ils allaient protéger l'industrie textile lyonnaise en cassant les nouveaux équipements de tissage, ils n'ont réussi à rien du tout. Si, ils ont cassé, d'accord.
Qu'est-ce qu'on fait pour l'énergie ?
Pour l'énergie, c'est une affaire compliquée. Parce que la France a fait, dans les années 70, un énorme programme électronucléaire.
On remercie Bernard et Zombert.
Oui, et Valéry Giscat-Lassin et quelques autres. Et Messmer. Et Pompidou. Et Messmer, qui ont poussé... Pierre. Comment ? Pierre. Pierre Messmer, oui, oui. Pierre Messmer.
Et on s'est retrouvés, si vous voulez, avec nos 49 réacteurs, ou 59 réacteurs.
50, oui, 56. Non, non, parce qu'on en a fermé deux à l'époque.
Encore une idée brillante.
Oui, oui. Fessenheim, s'il y avait bien deux réacteurs qu'il ne fallait pas fermer, c'était Fessenheim. On l'a fermé. On l'a fermé parce que François Hollande l'avait promis. Il ne l'a même pas fait, c'est son successeur qui l'a fait. Vous avouerez que c'est quand même grandiose. Moi, j'y suis allé, puisque j'avais un ami qui connaissait très bien le directeur de Fessenheim. Et je lui ai dit, je vais aller me rendre compte sur place. Alors, oui, j'ai passé un très grand après-midi. Il m'a tout fait visiter. Il venait d'investir 300 millions pour remettre tout à niveau, parce que vous voyez, c'est le long du canal du Rhin. Et donc, en cas de rupture des digues du canal, ça pouvait inonder.
Donc, ce n'était pas prévu à l'époque où ça a été fait. Enfin bon. Et en plus, Fessenheim était une coopérative. Une coopérative entre EDF, RWA, le distributeur allemand d'électricité du sud-sud-ouest de l'Allemagne, et deux distributeurs d'électricité suisses. Et qui avaient cofinancé avec EDF, ce qui fait qu'en fait, on faisait les comptes en ramortissement. Et donc, c'est vrai que c'était extrêmement intéressant. Et on a fermé ça. C'est vraiment une folie. Donc, on a la chance, en matière électrique, d'avoir une assez large indépendance, puisqu'on a développé en plus, que ce soit l'éolien, le photovoltaïque, quelles que soient les critiques, notamment l'éolien maritime.
On peut discuter de l'intérêt de l'éolien maritime. Mais enfin, passons. On a, et puis l'hydraulique. Mais on a équipé toutes les vallées, si vous voulez, sont quasiment terminées. Et donc, on a maintenant une indépendance énergétique électrique très élevée. C'est l'une des plus élevées. Et si on considère qu'une fois que la centrale est construite, on produit de l'électricité verte. Je dis une fois qu'elle est construite. Parce que pour la construire, on consomme du CO2. Mais on les a, ces centrales. Donc, voilà, on a une décarbonation de la partie électrique de l'énergie. Le pays français est le plus élevé de toute l'Europe.
Quand vous dites une folie, c'est une folie, c'est une incompétence, c'est un manque de prisme de lecture, c'est un manque d'anticipation. C'était pour gâter sa frange écologiste. C'était quoi ?
François Hollande a été interviewé par un de vos collègues.
On n'a pas de collègues qui interviewent François Hollande.
Non, non, mais vos collègues journalistes. On n'est pas journaliste. Ah bon, bon, enfin, des journalistes l'ont interviewé. Et lui, on posait la question, monsieur le président, pourquoi dans votre campagne électorale, à l'issue de laquelle vous avez été élu président, vous êtes engagé à réduire de, on était à peu près à 75% en électrique, alimenté par nos centrales nucléaires, vous avez dit, on doit descendre à 50%. Vous vous souvenez de sa réponse ? C'est extraordinaire. Il a répondu, oh, ben, j'avais besoin des voies vertes, etc. Voilà, il répond, voilà, c'était un truc purement politique. Il n'y avait aucun fondement. On n'avait jamais étudié cela. D'ailleurs, il ne l'a pas respecté.
Il ne l'a pas respecté, ce 50%. Vous voyez, on est encore à 65, 67% grâce au développement de l'éolien et du photovoltaïque. L'éolien, actuellement, on doit être à 8, 9% de la production électrique. Et on doit être à 4, 5, 5%, je crois maintenant, en photovoltaïque. Et puis 12, 13% en hydraulique.
Vous trouvez que vos collègues, ils maîtrisent correctement les dossiers ou c'est simplement des commerciaux de partis politiques ? Avec le respect que je peux avoir pour les commerciaux.
Ça dépend, si vous voulez, des collègues. Ça dépend des domaines. Vous savez, personne n'est omniscient.
Non, mais est-ce qu'il y a une base sur les sujets régaliens, sur les sujets à 30 ans ? Je vous vois lever les mains et lever les sourcils.
Alors ça, c'est une autre question. On quitte l'énergie parce que je n'ai pas répondu sur le gaz. Je n'ai pas répondu sur le gaz et sur le pétrole où leur proportion baissera moins vite.
Par la dépression ou par les engagements ?
Non, par l'électrification, c'est-à-dire des voitures. Mais on est parti, y compris au niveau européen, dans des objectifs complètement délirants.
Les voitures, comparées à l'industrie, consomment beaucoup plus de pétrole ou pas du tout ?
Les voitures, par rapport à l'industrie ? Oui, le transport, c'est-à-dire véhicule de particuliers et puis poids lourd. Grosso modo, on dit toujours, c'est trois tiers. Vous avez un tiers logement, un tiers industrie et un tiers transport. Grosso modo, ce n'est pas tout à fait ces bons pours-en-là, mais c'est l'ordre de grandeur. Donc, on voit bien que certains pensaient qu'on allait électrifier le parc automobile très vite. Vous voyez, quand vous pensez que le Parlement européen a été voté une folie, qui est 2035, plus de moteur thermique. Mais enfin, il y a des consommateurs. Les voitures électriques sont plus chères que des voitures de même catégorie thermique.
Donc, on ne peut pas indéfiniment faire des primes, comme l'ont fait beaucoup de pays européens, dont la France. Vous voyez, on parlait d'économie. Est-ce que c'est raisonnable ? On était à 6 000 euros par véhicule. Là, on est descendu à 5 000. Mais est-ce que c'est raisonnable, tout ça ? Est-ce qu'il ne faut pas laisser le marché se développer avec des parts de marché qui monteront gentiment, qui ne déstabiliseront pas complètement l'industrie automobile européenne ? Moi, c'est ma position. Mais les politiques en Europe, pas simplement en France, se sont embarquées dans un truc et on est en train de rétro-pédaler par manque de sagesse et d'examens, je trouve, au fond.
Revenons sur vos collègues.
Vous savez quelle est la proportion de voitures électriques en Europe en 2024 ? Avec ou sans les pays ? On est à 12-13 %. Non, les hybrides, c'est 17-18 %. Donc, la somme des deux, on est à 30, à peu près. Mais les hybrides, qui ont beaucoup plus de succès que les voitures électriques, fonctionnent plus au thermique qu'à l'électrique.
Vous avez une voiture ?
Oui.
Qu'est-ce que c'est comme modèle ?
Alors, j'ai un modèle Peugeot, voilà, une 508 Peugeot, voilà, turbo en plus. Quelle finition ? Comment ? Quelle finition ?
GT, Grand Tourisme ?
Non, alors, c'est GT, vous savez, c'est une utilité pour moi, les voitures, je veux dire. Je ne la lave jamais, comme ça, elle est assez crasseuse, on ne l'a jamais volée, grâce à ça, vous voyez. Alors, mes sœurs me disent, attends, mais ta voiture, c'est une honte. Bon, je dis, écoute, c'est pas un problème. Mais c'était la dernière 508 diesel dans la concession, puisqu'ils avaient arrêté la production. Et donc, j'ai cette voiture-là, donc je suis très satisfait.
Quelle vignette critère ? Comment ? Quelle vignette ? Vous avez une vignette critère dessus ?
Oui, bien sûr.
Quel numéro ?
Alors, Max.
C'est quoi, Max ? 1. Ah, critère 1. Oui, oui, oui. Alors, on va attendre de repasser sur la question de vos collègues. Qu'est-ce que vous pensez des zones à faible émission ?
Alors, je suis très plus que prudent sur cette idée. Pourquoi ? Parce que l'idée de faire une ZFE en centre-ville, ça a quelle conséquence ? Vous reportez la pollution sur la périphérie de la ville. Or, dans la plupart des villes, c'est vrai, pas toutes. Qui vit en centre-ville, plutôt des gens aisés, tout simplement parce que le prix des logements est plus élevé, et qui vit dans les zones périphériques, plutôt les couches modestes.
Les gueux.
Donc, je ne dirais pas sur les gueux, je dirais, mais des gens modestes. Donc, ça consiste à repousser... Les gueux en dehors des villes. Il y a eu une étude très intéressante faite à Paris, quand on a piétonnisé les voies sur berge. Qu'est-ce qui s'est passé ? Eh bien, les embouteillages sur les quais, c'est épouvantable. Et surtout, comme les gens, si vous voulez, ne veulent plus passer par là, ils passent par le périphérique. Donc, on a augmenté la pollution sur la périphérie, autour du périphérique, etc. Et sur les quais, vous voyez ? Et donc, est-ce que, socialement, une telle politique est astucieuse ?
Moi, j'en discutais avec mon ami le maire de Reims, Arnaud Robinet, puisque, comme il est au-dessus du seuil, il devait obligatoirement faire une ZFE. Alors, je lui dis, comment tu vas faire ? Je lui dis, je vais faire le truc à minima. Parce qu'il me dit, je vois bien les critiques dont je vais faire l'objet. Alors que ce n'est pas moi qui ai eu cette géniale idée. Qu'est-ce qui a eu cette géniale idée ? Eh bien, des anti-bagnole. C'est une idée des verts, qui trouvent que c'est une très bonne idée. Moi, je lui dis, non, ce n'est pas une bonne idée. C'est une idée antisociale, en plus. Ce qu'il faut, c'est réduire les émissions.
Qu'est-ce qui va se passer quand les gueux vont perdre leur sang-froid ? À se prendre des lois dans la tête,
fait par des gens complètement déconnectés de la réalité ? Eh bien, les gens, ils cassent. Voilà, ils mettent les fesses, voire ils cassent. Quand vous poussez les gens à bout, je prends des livreurs. Alors, des livreurs, comment vous faites ? Vous avez une voiture diesel, et vous livrez dans ces ZFE. Est-ce qu'on va vous dire ? Ah ben non. Alors, certains disent, vous allez livrer dans des sites intermédiaires, et puis, avec une voiture électrique, ils vont reprendre de ces pôles pour livrer au sein de la ZFE. Mais je lui dis, à quel coûte ? À quel coûte pour le consommateur ?
Vous êtes déjà allé à Zermatt ?
Jamais.
À Zermatt, il n'y a pas de voiture.
Oui. Il y a même des chevaux, parce que j'ai vu des films là-dessus. Oui. Il y a des chevaux. Voilà, mais ça fait partie du folklore.
Vous connaissez le prix du forfait à Zermatt ?
Non, parce que je ne vais pas faire du ski. Alors, il doit être très élevé. Vous connaissez le prix de la bière à Zermatt ? 1 500, non ? Le forfait, non ?
Ça dépend. À la semaine. Non, mais on ne connaît pas la semaine, nous. C'est trop cher. À la journée. À la journée. Plus de 100 euros. Ah oui. Ah oui. Par contre, les toilettes sont propres.
Ah oui, tout est propre.
C'est une sélection par le pognon.
Par l'argent, oui, absolument. Mais si c'est la politique de la commune de Zermatt, c'est leur problème. Mais qu'on ne vienne pas me dire que socialement, c'est formidable.
Il n'y a pas beaucoup de mixité ? Pas du tout. Qu'est-ce qui se passe quand il n'y a pas de mixité ?
Il y a des colères ? Ah ben, ça peut mal tourner, si vous voulez, avec des gens tellement exaspérés, qui manifestent. Et quand on ne les entend pas, ils peuvent aller jusqu'à casser. C'est le phénomène des gilets jaunes. Les gilets jaunes. Moi, j'ai eu ce phénomène chez moi. Je suis allé sur les barrages. J'en connaissais beaucoup. Il y avait vraiment de tout. Et j'en disais, mais pourquoi vous manifestez ? Ils disaient tous, on en a marre. On décide pour nous. Les gars qui font ça, on a l'impression qu'ils n'ont jamais vécu. Qu'ils vivent dans des bulles. Mais voilà, on en a marre. Et le président, je veux vous dire, ce que me disaient les gens, ce n'était pas très sympathique.
C'était du genre quoi ? On repart sur nos vieux démons français ? Régicide ?
Vous savez, les Français sont des royalistes régicides. Ils aiment bien choisir leur roi, mais ils aiment bien aussi lui couper la tête. Mais comme on est en démocratie, on ne coupe plus les têtes.
On sait qu'on est encore en démocratie.
La démocratie, c'est le pouvoir du peuple, pour le peuple, par le peuple. Vous voyez, il y a encore des élections. Ils sont écoutés ? Comment ? Ils sont écoutés ? Les parlementaires, oui, s'ils se regroupent en différents courants politiques, s'ils sont un peu entreprenants, oui, ils peuvent se faire écouter. D'autant plus qu'il n'y a pas de majorité, si vous voulez, ça augmente le pouvoir du Parlement. Puisque depuis 1958, il y avait toujours eu, pratiquement tout le temps, une majorité. Parce qu'on dit où il y a le précédent de Rocard. On peut lui manquer 4-5 sièges, ça se négocie toujours, il y a toujours des noms inscrits, des trucs. Vous voyez, c'est la première fois qu'on a...
La deuxième fois, pour être précis, puisque la fois précédente, il leur manquait 40 sièges. Là, ils sont revenus à 160. Alors même si vous rajoutez des Républicains qui sont, je crois, 47, ils sont, allez, on va faire simple, ils sont 210. 210, la majorité, c'est 289. Donc on voit bien que... Et donc si les gens sont présents, premièrement, actifs, et s'occupent des affaires, oui, vous pouvez faire passer des choses.
Le taux d'absentéisme chez vous, c'est combien ?
L'absentéisme...
Des parlementaires.
Des parlementaires. Moi-même ou les parlementaires ?
Vous et les parlementaires.
Ah ben moi, je suis pratiquement toujours présent. Je veux dire, je suis toujours là le mardi, le mercredi. Et si je suis absent dans telle... en séance sur tel texte, parce que je suis en commission. Par exemple, cet après-midi, il y avait un texte qui m'intéressait beaucoup, qui est de notre groupe sur l'Ukraine. Et il y avait simultanément l'audition des représentants des départements par la commission d'enquête sur les causes des écarts, d'où ça vient. Donc ça a duré deux heures et demie, l'audition. Et donc après, je suis allé tout de suite en séance. Et puis mon collaborateur est venu me récupérer en me disant, attention, on doit être à 18h30. Et donc je suis sorti...
C'est arrivé à 18h29.
Voilà.
Revenons à ma question des inégalités des gueux et des députés déconnectés de la réalité.
Oui, alors, c'est un débat, si vous voulez. Pourquoi certains parlementaires donnent le sentiment d'être complètement déconnectés ? Il y a une première raison, c'est la loi anticumul. Autrefois, beaucoup de députés étaient adjoints, maires, vice-présidents du conseil généraux, présidents du conseil généraux. Donc ils avaient un vrai ancrage territorial. Donc quand ils voyaient des textes, ils disaient, mais ça ne va pas du tout. C'est inapplicable, votre truc, ça ne va pas. Alors qu'aujourd'hui, vous avez beaucoup de députés, ce qu'on appelle hors-sol. Ils ne sont que députés. Ils n'ont jamais eu de fonction locale. Donc alors ceux-là, de temps en temps, ils ont du mal.
Parce qu'ils ne voient pas. Ils ne voient pas les problèmes. Alors ça, c'est quand même nouveau par l'ampleur du phénomène. Vous avez le deuxième élément, c'est que ça tourne beaucoup. Si vous vous posez la question, connaissez-vous l'espérance de vie d'un député ? Pas l'espérance de vie en temps.
Ça dépend en temps de crise ou en temps de crise ?
Non, non. Si vous prenez sur 15-20 ans, c'est 7 ans. C'est-à-dire un mandat et demi. Donc beaucoup de députés sont élus dans une vague et battus dans la contre-vague. Et ça tourne et ça tourne et ça tourne. Alors c'est vrai, moi je suis considéré comme une anomalie. Alors de temps en temps, les collègues viennent me voir. Un ovni, oui. Alors des collègues de tous bords d'ailleurs viennent me voir en disant « Charles, toi qui es là depuis 32 ans, est-ce que tu pourrais nous dire qu'est-ce qui s'est passé sur telle chose ?
» J'ai beaucoup fait rire lors du débat sur la loi de finances pour 2025 puisque notre collègue Le Fur, qui lui a arrêté à son sixième mandat, de mémoire, oui, six mandats, c'est son fils qui lui a succédé. Et son fils a repris des amendements. Je lui ai dit « Vous êtes le digne fils de votre père, mon cher collègue. Puisque vous nous ressortez toujours la même chose. C'était sur la demi-part, pour les veuves, etc. » Je lui ai dit « Écoutez, cette affaire a été tranchée par le Conseil constitutionnel. » Vous voyez ? Alors c'est vrai que je ne serai pas là depuis 32 ans. Il faut dans toute société un équilibre.
Il ne faut pas que des petits jeunes qui sont là et qui vont être battus 5 ans plus tard, qui vont disparaître. Ou que des vieux schnock, comme on disait l'autre fois, qui sont là, qui s'accrochent.
Quel âge vous avez ?
Moi, j'ai 72 ans.
Vous comptez prendre une retraite un jour ?
Oui. Oui, vous savez, le général de Gaulle disait « Il faut savoir quitter les affaires avant qu'elles ne vous quittent. » Qu'elles vous rattrapent. Ou qu'elles vous rattrapent, pour certains. Non, oui, pour certains. Oui, c'est vrai. Non, non, j'arrêterai. Mais le problème, actuellement, c'est qu'autrefois, c'était pour 5 ans. Actuellement, si je vous demandais quelle est l'espérance de vie des députés qui ont été élus il y a un peu moins d'un an...
Ça n'est pas en temps de crise ou pas en temps de crise ?
Ben là, on est en temps de crise. Vous voyez, la fois précédente, ils ont fait 2 ans, les collègues. Là, je ne sais pas si on dépassera l'année. Donc, pour répondre à votre question, il y a des circonstances dans lesquelles qu'ils m'inciteraient à me représenter parfois. Là, c'était au bout de 2 ans que je me suis représenté.
Il faut combien d'années de députation pour avoir une retraite pleine ?
Alors, je crois qu'il faut faire 5 mandats. Après, vous cotisez pour le roi de Prusse. Bon, je n'attends pas après ça.
Revenons au niveau intellectuel, au background de vos collègues. Vous qui avez de l'ancienneté. Est-ce que vous trouvez qu'ils maîtrisent leurs dossiers ? Est-ce qu'ils se sont appropriés leurs dossiers ? Ces dossiers qui sont nécessaires à la France pour survivre dans un climat de guerre économique agressive. Ces dossiers de géopolitique, de finance, de guerre économique, de soutenabilité énergétique. Je ne vais pas vous dire l'évacuation des déchets. Mais est-ce qu'ils connaissent les principes de soutenabilité de nos sociétés thermo-industrielles ?
Quand on écoute vos collègues sur les questions géopolitiques, d'énergie, de guerre économique, on a l'impression d'entendre des commerciaux vous blablatez une fiche qu'on leur a pondue et on ne les sent pas réellement animés. Alors ça suffit pour régaler le chaland, régaler les plateaux télé, s'invectiver. Mais face à ceux qui maîtrisent pleinement les dossiers, on a l'impression de voir des pantins hableurs.
Alors j'ai des collègues qui me disent Charles, puisque tu es là depuis 32 ans, est-ce que le niveau baisse ? C'est la question. Est-ce que le niveau baisse ? Je lui ai dit écoute, première réflexion, faisons attention à ce que j'appelle le syndrome du vieux con. Vous savez ce que c'est que le syndrome du vieux con ? C'était toujours mieux avant. Et tout fout le camp et tout se dégrade. Donc ceci étant rappelé, moi quand je suis arrivé en 93, il y avait des pointures. À gauche, à droite, au centre, il y avait des pointures.
Des noms, des noms.
À droite, il y avait Balladur, il y avait Chirac, il y avait déjà d'autres, il y avait Seguin, il y avait Sonam, il y avait Chirac aussi, et Balladur est encore de ce monde. Donc il y avait des pointures à la droite et au centre. Il y avait Barre, il y avait Barre. Moi j'étais bariste, il y avait Barre.
Raymond.
Raymond La Science, comme on le surnommait. Et quand il prenait la parole, les gens se taisaient. Alors il avait ce ton un peu professoral. Et à gauche, il y avait aussi des pointures. Il y avait à l'époque des gens... Marchais ? Comment ? C'est trop tard. Non, non, Marchais n'était plus là. Marchais n'était plus là. Non, non, chez les communistes, il n'y avait plus de l'équivalent de Marchais pendant 15-20 ans. Non, mais il y avait au Parti Socialiste des gens comme... Il y avait des Jocs, il y avait des Rocards, il y avait... Enfin, il y avait Chevènement, il y avait... Oui, il y avait des pointures.
Si je vous demandais aujourd'hui de reprendre courant politique par courant politique, et de me dire où sont les hommes ou les femmes d'État dans chacune de ces... Il n'y en a plus beaucoup. Ça, c'est vrai. Et je pense que l'excès... Moi, j'ai voté pour le non-cumul. Voilà. Mais j'avais proposé qu'on mette un seuil. Un seuil peut-être de 1 000 habitants, on peut discuter 1 000, 2 000, vous voyez, que les gens qui sont dans des petites communes, des petites intercôts, gardent un ancrage territorial.
Est-ce qu'il y a beaucoup d'alcooliques, de drogués ?
D'alcooliques parmi les... Et de drogués ? Les drogués, on a découvert qu'un de nos collègues s'approvisionnait dans le métro. Voilà. Oui, il y en a certainement. Il y en a certainement. Mais est-ce que c'est une proportion différente ?
Arrête-t-il que la buvette, chez vous, c'est un peu le repère des popoches ? Il y a beaucoup...
Alors, de moins en moins, parce que je discutais avec... Moi, j'y vais très rarement, mais quand j'y vais, je connais les serveurs, alors on discute, et ils me disent que ce n'est plus ce que c'était. C'est-à-dire que les jeunes générations consomment de moins en moins d'alcool.
Est-ce que vous êtes pour...
Moi, j'ai connu des collègues qui étaient des vrais alcoolos.
En quelle année ?
Eh bien, dans les années 90, vous voyez, quand j'étais jeune parlementaire. Je me souviens un jour d'un d'entre eux, c'est une histoire célèbre, on discutait sur le Pax. Bon. Et alors, on était en séance, et il s'était assoupi, parce que... Il avait un bubu.
Bon.
Tout se passe bien, il dormait.
Bon.
Ça va, il ne ronflait pas, comme parfois on l'entend. Et puis, à un moment, il se lève, et alors là, il déraille complètement, il dit, ouais, cette bande de PD, je leur pisse sur l'arrêt du cul.
Non, mais attendez.
Alors, on s'est levé à deux collègues, mon ami, voilà. Je crois qu'il est temps d'être couché. Bon. Et il a fini quand même par s'excuser. Vous voyez ? Mais il était, voilà, l'ancien maire de La Rochelle. Il était aussi, en début d'après-midi, il était un peu mûr, comme on dit.
Est-ce que vous êtes pour des contrôles aléatoires pour les stupéfiants et le taux d'alcoolémie ?
Ah oui, j'ai vu qu'une journaliste, d'ailleurs, Élise Lucet, Élise Lucet, oui, oui, j'ai dit à celui qui m'a dit ça, mais si elle veut, elle peut venir. Elle me prend un cheveu, puisque je crois que, dans la bouche, on peut faire les deux. C'est plus intéressant, je crois, les cheveux, parce qu'on m'a expliqué qu'il y a une concentration.
Non, il y a l'historicité.
Voilà, pour avoir cela. Mais il y a certainement des gens qui se droguent. Puis il y a drogue et drogue. C'est quoi drogue et drogue ? Il y a drogue et drogue, si vous voulez, entre la drogue dure, type cocaïne, et ceux qui prennent des amphétamines, pour tenir, vous voyez, voilà, il y a une graduation.
Vous êtes pour la légalisation du cannabis ?
Si vous voulez...
Oui ou non ?
Non, plutôt non. Parce que je vois, si vous voulez... Les dégâts, vous voyez, quand je discute avec les enseignants, je vois les dégâts que ça fait sur les jeunes et sur leurs neurones. Et maintenant, les profs me disent dans des classes de 25-30, ils en ont systématiquement au moins un. Car on est à 2 à 3% de la jeune génération qui consomme tous les jours. Et ça, c'est destructeur. Moi, j'ai des amis qui sont venus voir un ami, il avait récupéré un de ses neveux qui n'allait pas bien. je vous passe les détails. Et puis, tu sais, j'ai du mal avec lui, etc. Et il me dit, tu sais, il n'accède plus rien, etc. Mais je lui dis, t'es sûr qu'il ne fume pas ? Je ne m'étais pas posé la question.
Je lui dis, vérifie, il a vérifié. Ben oui, il fumait la moquette, comme on dit chez les jeunes. Il fumait la moquette. La plouge. Et alors, je lui dis, écoute, si tu veux sauver ce gamin, change-le d'établissement tout de suite, mets-le en pension, loin, pour le couper de ses réseaux d'alimentation. C'est ce qu'il a fait.
Il ne s'est pas posé la question pourquoi le gamin se droguait ? Il n'a pas eu une conduite introspective ?
Ben, non. Enfin, c'était une situation compliquée, il avait récupéré ce gamin.
Revenons à nos moutons. Nos députés, ils y connaissent quelque chose en guerre économique, en guerre tout court, ou ils se font fioulés par des cabinets de conseil pour écrire les lois ?
Est-ce qu'ils bossent ? Alors, c'est comme dans toute collectivité humaine. Vous avez de tout. Vous avez des gens qui travaillent beaucoup. Vous en avez deux qui n'en font pas lourd.
Vous n'avez pas l'impression que la proportion de mégalots ou de cas un peu spéciaux arrivait à une certaine fonction ? Il y a quand même une petite concentration de...
Mais si, c'est un peu comme les artistes. C'est des artistes. Non, mais ce syndrome, si vous voulez...
Considérés comme des artistes ?
Moi, non.
Des peintres, peut-être, artistes-peintres ?
Je ne dirais pas ça. Mais si vous voulez, le fait d'être exposé, si vous voulez, d'être reconnu, il y a des gens, ça leur tourne la tête. Ça leur tourne la tête. Moi, j'ai horreur de ça. Vous voyez, quand je fais mon voyage annuel, quand je suis à l'autre bout du monde avec un type, je dis, mais vous êtes monsieur de courson ? J'ai parfois envie de dire, non, ce n'est pas moi. Pour avoir la paix, quoi. Non, je ne le fais pas. Je dis, oui, c'est bien moi. Alors, on discute. mais c'est vrai que vous avez des gens qui vivent, ils vivent du regard des autres.
Revenons sur les dossiers. Ils maîtrisent leurs dossiers ? Là encore, ça dépend lesquels. On va prendre la guerre en Ukraine.
La guerre en Ukraine, elle est en plein débat encore toute cette nuit. On va continuer sur la résolution de notre groupe sur le soutien à l'Ukraine. et il y a de tout. Il y a de tout. Je ne sais pas si on parle de la CED, 1954, s'il y a beaucoup d'années. En sortant, j'ai un collègue de gauche qui me dit, ah, tu sais, on est presque du temps de la CED dans laquelle l'égoliste et la droite nationaliste s'est alliée avec le Parti communiste pour échouer de peu, d'ailleurs, la CED.
Bon,
c'est une question d'histoire. Mais alors, on voyait certaines, voilà, l'histoire ne se répète pas de ce point de vue-là. Mais vous voyez, on voit que certains ont une connaissance de l'histoire ou des dossiers. Je discutais avec le président Hollande en disant, ça ne sert à rien de dire, on dépense 50 milliards en fait, pour notre défense. Il faut le porter à 100 milliards. Et puis je lui dis, on est incapable. Il faut encore une industrie d'armement. Et donc, il faut du temps. Ça ne se fait pas. Déjà, on met 3 milliards supplémentaires.
D'ailleurs, quand vous regardez les comptes, vous voyez qu'il y a une partie de cet argent qui est reporté, les crédits sont reportés parce que ça ne suit pas, si vous voulez. Donc, il faut du temps, il faut trouver des personnels, il faut élargir les usines, installer de nouveaux matériels. Ça ne se fait pas par un claquement de doigts.
Vous connaissez le proverbe « à ne jamais rien anticiper, on finit toujours par se faire surprendre ».
Ah oui, c'est vrai.
C'est cool quand il y a la guerre aux portes de la France. Oui,
mais pourquoi on est là ? Parce qu'au fond, on a vécu pendant 75 ans, de 45 à...
Ne me faites pas le coup
des dividendes de la paix. Non, non, non, on a vécu dans l'idée que, et surtout après l'effondrement en 1989 de tous les pays communistes de l'Est européen, on a dit l'Europe, on est en paix éternelle. Donc, certains disaient les dividendes de la paix, etc. Moi, j'aime bien l'histoire. Je dis souvent, chers amis, moi, je sais que je ne sais pas. Donc, quand on se sait qu'on ne sait pas, eh bien, la prudence, c'est quand même avoir un outil militaire digne de ce nom, capable de défendre le pays, car on ne sait jamais ce qui peut arriver.
Vous voyez, ce qui est en train d'arriver, on est quatre ans en arrière, je vous dirais, voilà ce qui va arriver, vous vous direz, non, mais ce n'est pas possible. Et pourtant, nous, on a anticipé la guerre. Et pourtant, c'est ce qui est arrivé. Et les gens, en plus, ne veulent pas écouter.
Ce n'est pas un peu facile, ça, cette position. Quoi donc ? Le dire, voilà, on s'est endormi sur nos lauriers. Non, mais c'est un constat. C'est un constat. Sauf qu'il n'y a pas des services de l'État avec des gens formés pour être paranoïaques. Je ne vais pas dire paranoïaques, alertes.
Oui, mais tous ces gens, vous répondent qu'il n'y a pas de danger. Un jour, la Commission des Finances, je vais vous raconter ce qui est assez intéressant, dit, mais est-ce que nos moyens militaires sont adaptés aux missions que le pouvoir politique a donné à notre armée ? Alors, on appelle le chef d'État-major, qui était monsieur de Villiers, Pierre de Villiers, et...
Celui qui a été viré... Celui qui s'est fait virer. Oui, avant de dire, ou peut-être qu'il est parti.
Oui, oui.
Celui qui disait qu'il fallait qu'on renforce nos budgets, c'est ça ?
C'est un type très, très bien. Oui, carré. Non, non. On l'a auditionné, il a dit, d'accord, mais à huis clos. Donc, on déclare huis clos, on était entre nous, et on lui pose la question de base. Est-ce que notre outil de défense, actuellement, est adapté aux missions de l'armée ? Il nous a répondu, mais d'une façon impeccable. Il nous a dit, au regard des missions qui nous ont été affectées par le pouvoir politique, la réponse est non. Donc, il nous a dit de deux choses l'une. Soit vous réduisez nos missions pour que ça soit cohérent avec l'enveloppe, voilà. Soit, si vous voulez maintenir les missions, encore faut-il augmenter les moyens pour qu'on soit capable de faire face.
Vous voyez, moi, certains disaient parce que j'avais gardé quelques intérêts puisque j'étais capitaine, voilà, j'étais hors sème, voilà. Donc, les questions de défense m'intéressaient toujours. Donc, quand je rencontrais des militaires, on discutait de l'opérationnalité de nos matériels. enfin, quand vous voyez que nos hélicoptères de combat à l'époque, il y en avait, je crois, 30, 40% qui étaient incapables, voire un début de cannibalisation, ce qu'on appelle, c'est-à-dire qu'on va prendre des pièces pour un...
Vous voyez, donc, les hélicoptères de combat, nos chars, moi, j'étais dans des tanks qui tombaient en panne, enfin, quand on voyait qu'on partait en manœuvre, au bout de 30 kilomètres, on avait déjà perdu 15 à 20% de nos tanks.
Bon,
attendez, quand vous voyez ça, vous vous posez des questions, non ? Il y avait le problème des stocks de munitions. Quelle année ? Comment ? Quelle année ? Ces questions-là, oh, ben, c'est il y a 15 ans, 15 ans, oui, De Villiers, c'est moins, puisque c'était sous Macron, donc De Villiers, ça devait être il y a 4 ans, 5 ans, les stocks de munitions.
Tout le monde savait que ce qu'on appelait des guerres de haute intensité, c'est-à-dire ce qui se passe en Ukraine, nous tiendrions, alors les uns disent une semaine, les autres disent 15 jours, bon, peu importe, mais que nos stocks de munitions étaient capables de faire face à entre une semaine et deux semaines maxi, ça dépend du niveau d'intensité, etc.
Quand il a fallu intervenir en catastrophe à la demande d'États africains, on n'avait pas les moyens de projeter, comme on dit, c'est-à-dire de moyens de transport pour amener nos troupes et quelques milliers d'hommes, c'était pas, voilà, dans ces pays, donc on appelait, alors les Allemands, on appelait les Russes et les Américains pour nous donner les moyens logistiques de pouvoir projeter.
Est-ce que vous pensez que Macron, il cauchemarde, là ? Il prend conscience que notre dissuasion nucléaire, elle n'a plus que le nom. Il prend conscience que nos forces, c'est un peu des forces des caties. Est-ce que vous pensez... Oui. Comment vous analysez le fait qu'il s'agite ?
Parce qu'il était hors course suite à la brillante dissolution d'il y a d'un peu moins d'un an. Et donc, c'est très dur pour lui de ne pas exister en même temps. Et tombe du ciel l'affaire ukrainienne, enfin, Trump, etc. et on voit, il se précipite pour essayer de dire je suis le chef des armées, etc. Voilà. Alors que quand vous lisez la constitution française, le domaine réservé n'existe pas. Vous voyez, la politique militaire comme les affaires étrangères sont aussi une compétence du gouvernement et du Parlement. C'est d'ailleurs le Parlement qui déclare la guerre. Ce n'est pas le président de la République, c'est la constitution française.
Est-ce qu'on est en guerre ?
Non, pour le moment, non.
Est-ce que vous n'avez pas été consulté encore ?
Non, non. Et il n'y a pas de force française projetée en Ukraine dans les zones de combat. On a des militaires en Roumanie, le long de la frontière. On a des personnes qui aident du revu logistique, etc. Mais on n'a pas de combattants français escalités sur la ligne de front.
Escalités, ça veut dire avec le petit drapeau bleu-blanc-rouge sur l'épaule envoyé ?
Oui, oui, oui, oui. Mais on a, comme les Allemands et les Britanniques, les Polonais qui aident beaucoup. Les Polonais ont plus aidé l'Ukraine que les Français.
Vous avez quoi comme téléphone portable ?
J'ai un téléphone qui est complètement antique, complètement antique.
Vous pouvez ouvrir une bière avec ?
Non, mais je peux vous le montrer si vous voulez.
La question, c'est est-ce qu'on vous a briefé pour des questions d'ingérence, des questions de logiciel ou de malware malveillant ? Si je vous dis Pegasus, ça vous fait penser à quoi ?
Non, on n'a jamais eu de formation en la matière. C'est-à-dire
vous vous baladez en slip à la plage sans crème solaire et sans bob ?
Non, c'est pas ça. Mais si vous voulez, je ne suis pas dans une situation aujourd'hui qui intéresse grand monde.
Si je vous dis que si les Russes veulent s'intéresser à ce que vous allez raconter sur l'Ukraine, ils vous ont mis un Pegasus sur votre téléphone ou Israël ou les Britanniques ou quoi que ce soit.
Vous savez...
C'est quoi un Pegasus ?
Je ne sais pas. C'est un vage. J'ai toujours refusé si vous voulez d'avoir ses smartphones etc. ou toute la journée. D'ailleurs, pour rire, je demande parfois à des amis montre-moi tes pouces. Alors, ces pouces comme ça, je dois passer à 5 ans parce que les pouces sont... ou des gamins. Les gamins qui font ça toute la journée. Moi, non. Je n'ai jamais répondu à un SMS ça vous dit quelque chose ? Les gens m'envoient des SMS que je lis quand j'ai le temps.
Je voudrais que vous m'expliquiez les principes d'intelligence artificielle.
Oui.
Ça marche comment ?
Il y a plusieurs formes d'intelligence artificielle. Le début d'intelligence artificielle, c'est un système de traitement des données qui classait etc. qui permettait de retrouver. Mais maintenant, c'est plus du tout ça. L'intelligence artificielle, c'est beaucoup plus réactif. Et c'est... J'ai testé un jour, c'était drôle, on était en plein débat sur les retraites. Alors donc, ça remonte à 18 mois, oui à peu près, et deux ans. Et avec un ami, on a demandé à l'intelligence artificielle de nous faire un discours en faveur de la réforme des retraites et un autre contre. C'est sorti en 20-30 secondes. Ce n'était pas exceptionnel le discours. C'est quoi
un biais de programmation ?
Je n'en sais rien, je ne sais pas. Je ne sais pas. Mais j'ai été frappé, si vous voulez, de l'extrême vitesse et quand j'ai lu ce qu'il avait préparé pour ou contre, bon, ça méritait une petite moyenne. Si vous voulez, bon, c'était très... Est-ce que vous avez
déjà été amené à voter une loi sur l'intelligence artificielle ?
Moi, pas encore. Mais ça arrive là parce qu'il y a des textes communautaires en cours de préparation qu'il faudra transposer en droit français. Donc, ça ne saurait tarder. Mais chacun a ses thèmes. Vous savez, il y a des gens qui sont passionnés par l'intelligence artificielle, il y en a d'autres qui sont passionnés par les problèmes agricoles, d'autres par les problèmes sociaux. Enfin, tout sais-je. Bon, il y a une grande diversité. Personne n'a une compétence universelle.
Pour vous, quel est le plus grand risque que la France va être obligée de faire face ? Ou quel plus grand risque presse la France ?
Je dirais qu'il y a plusieurs risques.
Macron est un risque ?
Non, mais Macron, c'est fini. C'est fini. Macron, dans deux ans, c'est fini. Donc, c'est pas...
Vous êtes sûr de ça ? Quand il catapulte Ferrand ?
Il ne peut pas se représenter.
Est-ce que Ferrand, il peut changer les choses ?
Absolument pas. C'est la Constitution, elle est claire. Un président ne peut pas se représenter à l'issue de deux mandats successifs. il pourrait se représenter cinq ans plus tard. Un peu comme Poutine. Un peu, qui avait mis son... Ils ont fait un switch avec son premier ministre. Voilà. Ça, c'est possible. Mais vous savez, une fois que vous avez quitté, tous ceux qui ont voulu revenir... Bon, Giscard a ramé pendant 20 ans, il n'est pas arrivé. Sarkozy a essayé, il n'est pas arrivé. Et donc, Hollande, il essaye, mais voilà. Ce n'est pas simple. Un ancien président... Les risques. Comment ?
Les risques. Les plus...
Alors,
les risques. Les cinq risques
les plus importants. Les grands risques pour moi, c'est le risque de l'état des finances publiques françaises. Ça, c'est pour moi, c'est un risque. Voilà. Il y a le risque militaire. Il y a le risque de l'explosion sociale. C'est-à-dire, les gens étant tellement exaspérés par les situations qu'ils vivent qu'ils se révoltent. Alors, se révolter, ce n'est pas la solution. Parce qu'une fois qu'on se révolte, je dis toujours qu'est-ce qu'on fait maintenant ? C'est pas tout de se révolter. Quelle solution ? Voilà.
C'est quoi la différence entre une volte et une demi-volte ? Un volte ? Une volte ? C'est une unité de mesure. C'est une figure aussi d'équitation. Une révolte.
C'est quoi la différence
entre une révolte et une révolution ?
Une révolte et une révolution ? Une révolte, c'est ponctuel. Une révolution, c'est une révolte qui s'est transformée en révolution, c'est-à-dire qui change les institutions.
Donc l'instabilité sociale, c'est un risque. Et ensuite, le dernier ?
Le quatrième. Un quatrième. Et un cinquième. Qu'est-ce qu'il y a comme autre risque ? Le risque social, le risque économique, le risque militaire. Après, c'est des risques qui me paraissent beaucoup plus faibles.
Le risque alimentaire ?
Non. Non. Le risque énergétique ? Non. Dans le cas de la France, non. Non. pour des raisons historiques, on a quand même des moyens importants. On a vu, quand la Russie a coupé le gaz, attendez-nous, on avait, je crois, 20% de gaz russe. Ils ont coupé le gaz ? Oui. On n'était plus approvisionnés. La Russie n'approvisionnait plus. L'Allemagne, la France, voilà. Très bien. On s'en est tirés très vite. On s'est adressés à qui ? aux Algériens qui ont compensé une partie et puis surtout aux Américains sous forme de GPL. Oui, on le paye, mais comme tout. On paye plus cher ? Ce qui est assez étonnant, c'est que c'est du gaz de schiste.
Interdit en France, mais on importe du gaz de schiste, même du pétrole de schiste. Pour le pétrole, c'est différent parce que le pétrole, les approvisionnements sont plus diversifiés. C'est vrai que nous, ce qu'on a subi, comme tous les pays européens et d'autres, c'est une très forte montée des prix. Le temps que tout ça se règle.
Qu'est-ce que vous pouvez me dire sur, un, le pic énergétique, le pic de Uber, et qu'est-ce que vous pouvez me dire sur le marché de l'électricité européen ?
Alors, sur le pic, le pic oil, comme on l'appelle, c'était l'idée que les ressources pétrolières sont limitées et que donc, il va y avoir un moment où la courbe va s'inverser, donc c'est le pic et puis après, ça décroît. Alors, cette idée, c'est comme toutes les idées de Malthus, est totalement inexact. Pourquoi ? Parce que les réserves sont fonction du prix. Plus le prix est élevé, plus les réserves augmentent. C'est-à-dire, parce qu'il y a un coût d'extraction. Donc, si vous augmentez le prix, il y a des réserves non exploitables qui deviennent exploitables. Il y a deuxièmement l'évolution technologique.
Dans la technologie des puits de pétrole, on a beaucoup progressé sur ce qu'on appelle le taux de récupération.
Qui est combien en ce moment ?
Je crois que, d'après ce que vous avez dit, le patron de Total, je crois qu'ils arrivent, alors ça dépend, les zones...
Le temps où il y avait une tâche ?
30-35, je crois. Ils arrivent à 30-35. Alors qu'il y a 50 ans, on était probablement à 10-15. Et donc, c'est pour ça que même en pétrole, il n'y a pas de pénurie. Et en matière de gaz, alors là, il y a des ressources considérables. Considérables.
En matière d'uranium ?
L'uranium, il est heureusement assez bien réparti parce qu'on parle que des mines d'uranium africaines. Mais prenez au Canada, il y a des très, très grandes carrières de minerais d'uranium, voire dans d'autres endroits. Donc, la pénurie ne peut être que temporaire parce que, par les hasards de la géologie, l'uranium n'est pas concentré dans un seul endroit du monde.
En quelle concentration l'uranium au Canada ? Comment ? Quelle concentration en uranium au Canada ? Les mines d'uranium, c'est une grosse concentration, une petite concentration ? Qu'est-ce que va faire ?
Vous voulez dire la part de l'uranium canadien dans nos approvisionnements ?
Oui, si vous voulez, ou la part de... Comment expliquer ça d'une façon simple ?
La part de l'uranium, je crois me souvenir, c'est 15-20% je crois déjà, d'uranium canadien, au moins. Vous voyez ? Je crois me souvenir.
Le monde entier est en train de se diriger vers l'augmentation de la production de réacteurs.
Oui.
Est-ce que vous avez vu autant de mines s'ouvrir en fonction des décisions politiques mondiales ?
Non, mais s'il y a une tension sur l'approvisionnement d'uranium, ça prend du temps, parce que construire une centrale nucléaire, ça ne se fait pas en six mois. Ça se fait en combien de temps ? Eh bien, quand c'est mis à mener sept ans et l'EPR de flamand vide, on a mis 20 ans. Voilà, donc quelque part entre sept et vingt. Allez, prenez une dizaine d'années. Donc, on a le temps quand même d'augmenter la production des carrières existantes ou d'en trouver de nouvelles, y compris d'ailleurs en France, puisque il y a des recherches du bureau de recherche géologique et minière, le BRGM, pour voir si on ne pouvait pas ouvrir des mines d'uranium.
Je crois qu'elles sont, enfin, on a l'uranium en France, mais la densité fait que les coûts d'extraction sont plus élevés.
En termes de densité.
Voilà, mais le problème, c'est à partir de quand ça devient exploitable. Ça, c'est un problème du prix du kilo d'uranium.
Comment ça se fait que le marché de l'électricité est indexé sur le prix du gaz ?
Alors, il était. Il était. C'était assez logique à l'époque quand on avait voulu faire le marché commun de l'électricité. Il s'est posé la question, mais c'est un marché commun, on va avoir un prix unique. Et pourquoi est-ce qu'on a pris le gaz ? Parce que le gaz, les centrales à gaz faisaient l'équilibre entre l'offre et la demande puisqu'on peut les déclencher très très vite. Et donc, c'était logique. Ou ce n'est pas devenu logique, c'est à partir du moment où il y a eu l'arrêt des livraisons de gaz russes. Et donc, les Français ont rêvé d'obtenir ce qu'ont obtenu les Portugais et les Espagnols qui ont réussi à se déconnecter.
Mais ils ont pu se déconnecter parce que ça ne perturbait pas l'équilibre. Nous, notre problème, c'est qu'on est au milieu. Et en plus, on approvisionne avec nos 15% exportés d'électricité, on n'alimente pas que la Belgique, on exporte aussi beaucoup vers l'Allemagne. Or, si on arrêtait, c'est qu'on disait qu'on se replie, on n'exporte plus d'électricité, le temps que tout ça se... Eh bien, on mettait une pagaille dans le système allemand. Et donc, c'est pour ça qu'il y a eu des grandes discussions qui ont duré, duré, duré, duré, pour essayer de trouver. Bon, alors, ça a fini par être trouvé, mais ça a mis des mois et des mois et des mois.
Qu'est-ce que vous pouvez me dire ? Alors, quand j'ai eu votre assistant au téléphone, il m'a dit que vous étiez planté sur les questions de flux migratoires, de grands remplacements. Je suis planté. Oui, c'est-à-dire que vous avez fait, vous avez reçu des mails parce qu'il y a des gens qui ne comprenaient pas que vous puissiez répondre ça, que vous ne voyez pas leur quotidien. Et donc, est-ce que vous avez trahi les réponses concernant la préoccupation ?
J'ai toujours eu une position très simple. Pourquoi il y a des flux migratoires ? D'où viennent ces flux migratoires ? C'est très simple. Il y a deux problèmes. Il y a le problème démographique européen puisque, à part la France et encore de justesse en 2024 et au rythme actuel, tout le monde a un nombre de décès supérieur au nombre de berceaux. Donc, comment gérer ? C'est le problème qu'ont les Chinois, les Japonais, les Coréens. Comment gérer un espace comme l'espace européen dans cette situation-là ? C'est pour ça qu'on voit le patronat pousser à mort en disant « Mais non, il faut autoriser. » Donc, c'est tout le problème de l'immigration choisie. Et ça, c'est le premier problème.
Le deuxième problème, c'est que quand vous voyez la pagaille en Afrique et au Moyen-Orient, mais déjà en Afrique, si vous voulez, entre l'Érythrée, l'Éthiopie, le Soudan, c'est atroce ce qui se passe là-bas. Ça n'intéresse personne. Mais enfin, c'est des centaines de milliers de gens qui sont affamés. Et je dis toujours « Si vous étiez Soudanais, Malien, qu'est-ce que vous faites ? Il n'y a pas d'espoir pour vous. » Un jour, je suis allé au foyer de l'enfance de Chalot-en-Champagne et puis j'ai discuté avec les mineurs qui étaient pour la plupart d'ailleurs majeurs, enfin les mineurs dits non accompagnés, pour voir quelles étaient leurs motivations.
C'était tous la même chose, c'est la misère, la guerre civile. Donc, une politique intelligente et coordonnée de l'Union européenne, ça serait de dire à ces pays d'origine « On est prêt à vous aider pour vous développer. » Mais la contrepartie, c'est que tous vos ressortissants qui sont pris en Europe dans une situation régulière, on vous les réexpédie et vous les reprenez. Sinon, on interrompt l'aide. Vous voyez ? Ça, ça serait une politique intelligente. et de faire une immigration choisie parce qu'on a besoin, je dis toujours à ceux qui disent « Immigration zéro ». Je lui dis « Ok, tu fréquentes les hôpitaux de temps en temps ? » Alors, on va fermer des services entiers dans les hôpitaux.
Qui refuse de telle et telle tâche ? C'est nous nationaux. Qui ramasse les poubelles ? Je veux dire, on voit bien et en plus, avec un déclin démographique un peu partout, la France était une exception. Je ne suis pas sûr qu'elle va le rester longtemps. On a besoin d'une immigration choisie. Voilà ma position. Alors, j'ai dit ça, alors j'ai eu une lettre en disant « Mais vous ne sortez jamais de chez vous, vous ne vous rendez pas compte ». Il habitait à Lyon, la personne qui m'a écrit, il m'a dit « J'ai ramené mon fils à la gare à Lyon-Perrache, il n'y avait que des étrangers qui étaient là, affalés, etc. On n'est plus chez nous. Voilà. Ce n'est pas normal, etc.
» Voilà ce que je lui ai répondu.
Quand on voit que notre grand leader charismatique, Emmanuel Macron, notre grand timonier, veut réarmer la démographie, il n'y a pas de pédiatre, il y a de moins en moins d'hôpitaux, quand on va aux urgences, il faut attendre 24 heures sur un brancard, il n'y a pas de prof, il n'y a pas de garderie.
Mais la vraie question, quand je discute avec des jeunes femmes, est-ce qu'elles veulent fonder une famille, est-ce qu'elles veulent avoir des enfants ? Vous avez maintenant une part des jeunes filles, y compris dans ma propre famille, j'ai huit nièces, on discute de ça, il y en a qui ont des enfants et il y en a d'autres, il y en a une qui me dit « Moi, je ne veux pas d'enfants ». Et je dis « Pourquoi tu ne veux pas d'enfants ? » Elle me dit « Parce que tu comprends, ça nuit à ma liberté, etc. » Bon, respectez les goûts de chacun, mais on voit bien que vous avez des jeunes filles qui ne veulent plus d'enfants, alors les arguments sont très divers.
Un, c'est irresponsable de mettre au monde des enfants dans ce monde tel qu'il est. Bon. C'est compréhensible. Ah non, mais moi je respecte les choix de chacun. Je dis simplement… Vous avez des enfants ? Non, je suis un vieux célibataire. Vous avez des chats ? Ah non, vous n'avez pas de chats. Non, je n'ai pas de chats. Je n'ai pas de chats. Mais j'ai des vœux et une nièce. J'en ai dix. Voilà. Donc, pour revenir à notre affaire, bon, c'est la première raison. Vous avez sur les grands centres urbains aussi le problème du coût du logement. Ils disent « Mais moi, je voulais avoir deux enfants.
J'en ai qu'un » puisqu'en moyenne, les femmes disent qu'elles ont eu un enfant de moins que ce qu'elles souhaitaient. Et quand on leur dit « Mais pourquoi ? » Les contraintes, on a un petit appartement, après, il faut élever les enfants, etc. Mais, si vous voulez, on avait une politique démographique qui a été mise en œuvre à la Libération, d'ailleurs. Enfin, on a dit à la Libération, en fait, avant. Elle a été mise en œuvre, en fait, en 38-39. Le code de la famille, il est de 38 ou 39. C'est la fin de la Troisième République.
Charles, je peux vous couper une seconde ? Oui. Je peux gratter combien de minutes parce que je sais que vous êtes vieux et que vous devez vous coucher tôt ? Il est 20h13, 20h14.
Et je devais terminer...
Je devais vous lâcher à 20h15.
Oui, mais il y avait un droit de rap de 10 minutes, un quart d'heure. Bon, ça marche. Mais pas plus.
Pas plus. Vous vous couchez à quelle heure ?
Moi, je me couche en principe à 23h30 et je me lève à 6h30.
Revenons sur la politique
de natalité fissable. Et donc, les motivations des jeunes filles, c'est quand même les jeunes filles qui décident d'avoir des enfants ou pas des enfants. Je ne dis pas que le géniteur, comme on les appelle maintenant, n'ont pas un rôle. C'est quand même plus facile.
C'est parent A ou parent B ?
Moi, je suis très écologique en amour. Je pense que nous avons fait nos effets hommes et femmes pour nous aimer et pour élever ensemble les enfants. Et ceux qui élèvent tout seuls, surtout des femmes d'ailleurs, mais aussi, j'ai des amis qui sont devenus veuves. Leur épouse est morte. Ils ont élevé tout seuls des enfants. Ce n'est quand même pas simple. Et puis, pour les enfants, d'avoir une mère et un père, c'est bon pour leur développement, leur épanouissement. Voilà.
Il n'y a pas de pédiatre, il n'y a pas de prof. Les hôpitaux qui se cassent la gueule, les services publics qui se cassent la gueule, ça ne motive pas trop pour faire des gains.
On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de prof. Il n'y a pas de prof. Non, le problème, c'est le recrutement des professeurs. Vous avez vu combien vous les payez ? Oui, mais c'est une politique, si vous voulez, quand vous comparez la rémunération des professeurs allemands et des professeurs français, il y a un écart qui ne s'est beaucoup accru en 40 ans. Pourquoi ? On ne peut pas dire la vérité. c'est qu'au lieu de payer correctement nos professeurs, eh bien, on les a payés en réduisant le nombre d'heures travaillées et le nombre de jours travaillées. Moi, j'ose plus le dire, quand j'étais jeune, en primaire, savez-vous combien on avait d'heures d'enseignement par semaine ? 30 heures.
Et actuellement, les enfants travaillent 32-33 semaines par an. Nous, on travaillait encore un peu plus. Et ces 30 heures, nous, on les faisait lundi, mardi, mercredi, jeudi, c'était les vacances, vendredi, samedi, matin et après-midi. Après, on a supprimé le samedi après-midi, après on a supprimé le samedi matin et donc on a décalé du jeudi au mercredi, ce qui était logique puisqu'on ne faisait plus de 4 jours. Donc, si vous voulez, si on veut réévaluer le salaire des enseignants, je prends l'exemple du primaire, on est tombé à 24 heures. On était à 30. Eh bien, moi, je serais pour qu'on remonte progressivement de 24 à 30 heures et avec majoration à due concurrence de la rémunération.
La dissuasion nucléaire, on la partage ?
On ne peut pas, De Gaulle, de ce point de vue-là, avait raison en disant qu'il n'y en a qu'un qui appuie sur le bouton. Donc, si vous voulez qu'elle soit efficace, il faut qu'on sache qu'à tout moment, le chef de l'État, puisque dans l'organisation française, c'est le chef de l'État, ce n'est pas le Premier ministre qui peut engager l'arme nucléaire. Bon, d'où il y a toujours quelqu'un à côté de lui avec la ballette, etc. Et donc, ça ne se partage pas. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas utiliser nos armes nucléaires pour protéger, notamment, les Allemands, les Polonais, le Benelux.
Pourquoi protéger les Allemands alors qu'ils ont essayé de torpiller notre industrie nucléaire ?
Oui, mais tout ça a changé. Non, non,
mais... On leur pardonne,
les Français. Mais ce n'est pas un problème de pardon, c'est de se tourner vers l'avenir et de dire où est l'intérêt des uns et des autres. L'intérêt des uns et des autres, c'est d'être solidaires et de se protéger les uns et les autres. Et si les armes nucléaires françaises, voire britanniques, peuvent être utilisées pour protéger les Britanniques, c'est un peu compliqué.
Mais l'arme nucléaire britannique, elle n'est pas britannique.
Elle est américaine. Alors, le problème, c'est jusqu'où va l'indépendance britannique en matière d'engagement des tridents, puisque c'est les tridents, les missiles, les tridents. Nous, nous avons une indépendance qu'on a payée chère, puisque quand on compare les budgets militaires, grosso modo, la force nucléaire, c'est 25% du budget de la défense. 25%. Donc, quand on compare, on devrait sortir le nucléaire pour comparer par rapport aux autres.
Comment ça va se terminer, cette guerre ? On va finir sur un riso de fer bien dur, bien dur ? On va finir par se foutre sur la figure ? On va finir par essayer de mettre des colombes ? On va essayer de reconstruire une diplomatie ? On va essayer de se mettre des analyses qui puissent anticiper les guerres pour éviter qu'on arrive à des situations pareilles ?
C'est bien difficile à dire. Je pense que les guerres finissent toujours. Et elles finissent toujours.
La prochaine, on se battra avec des cailloux et des bâtons.
Et là, on attaque la quatrième année. Si vous prenez la comparaison de 14-18 ou de 39-45, en 17, là, on a vu des négociations secrètes ou plus ou moins secrètes pour essayer de sortir de ce bourbier dans lequel s'était mis l'Europe et qui a amené à une catastrophe pour l'ensemble des Européens par parenthèse. Et en 39-45, on est en 43. En 43, les carottes sont cuites.
Voilà. Alors que là, les carottes ne sont pas cuites. Et est-ce que M. Poutine peut continuer encore très longtemps
à soutenir son effort de guerre ? D'après les sondages qui sont faits, qui sont publiés dans la presse, il est encore soutenu par presque deux tiers des Russes.
Pourquoi ?
Parce que ce garçon, il exploite le nationalisme grand russe, comme on disait au 19e siècle. c'est-à-dire le nationalisme, la grande Russie, facteur de civilisation. Vous voyez, quand il prend ses discours en disant...
Vous avez déjà été en Russie ?
Oui, oui, deux fois, oui. Combien de temps ? Je suis allé deux fois un mois.
Vous avez... Où ça ? À Saint-Pétersbourg et à Moscou ?
Non, non, pas à Leningrad. Au Tomell ? Au Tomell ? Oui, maintenant.
C'était dans un cadre de voyage personnel ?
Non, non, oui, oui, oui, oui. Je voulais un peu découvrir la Russie, mais je ne suis pas allé en Sibérie.
Quelle année ?
Il y a maintenant 10 et 15 ans, c'est-à-dire après l'effondrement de 89. Voilà. Et j'ai été frappé par la tristesse. J'ai trouvé ça très triste, vous voyez, le soir, quand vous voyez l'alcoolisme. C'est terrible, terrible. Et plus vous allez vers l'ouest, il n'y a plus d'enfants. Il n'y a plus d'enfants. J'avais un guide. Elle était enseignante dans le primaire. Elle gagnait plus pendant les deux mois d'été que pendant les dix mois où elle était enseignante. Et alors, j'invitais à déjeuner. Alors au début, elle ne voulait pas. Et puis, elle a fini par accepter. Et elle m'a dit quel était son salaire.
Petit coquin !
Non, non, pas du tout. Pas du tout. Non, non, mais j'aime bien, moi, discuter avec les gens. Et en fait, son salaire mensuel, c'était ce que coûtait le restaurant dans lequel j'avais invité à déjeuner. Et donc, vous voyez, elle trouvait que...
En quelle année, ça ?
Eh bien, ça, c'était il y a dix ans. Et des conditions rudes de vie dure. Expérance de vie,
54 ans ?
Oui, mais c'est l'alcoolisme. Quand vous voyez le matin les bouteilles de vodka sur les trottoirs à Moscou, à Saint-Pétersbourg, partout, vous dites, mais bon sang. Et puis, alors, les hommes et les femmes. Et beaucoup de femmes me disent, on en a marre des hommes russes. Parce que quand un homme est bourré, qu'est-ce qu'il fait à l'étape ? Pas plus compliqué que ça. Donc, certaines d'entre elles, moi, j'en ai dans la circonscription, elles ont essayé de se sauver. Elles se sont trouvées un sympathique agriculteur. Elles ont une vie qui n'a rien à voir. Alors, de temps en temps, il va venir leur sœur et leur sœur, disons, c'est...
Vous voyez, on voit les conditions de vie dures, dures, dures, dures.
On arrive à la fin. Parce qu'il faut que je vous lâche. Vous avez de la route. Je voudrais trois livres à conseiller à notre communauté qui ont été importants pour vous.
Le premier, c'est les bouquins d'Alexis de Tocqueville. Alors, celui le plus connu de la démocratie en Amérique. Mais, les deux autres qui sont moins connus, qui sont la... la... celui sur la révolution dans lequel il montre qu'au fond, la révolution n'a fait qu'accélérer le mouvement de centralisme de la royauté française, ce qui est très intéressant du point de vue sociologique. Et puis, son troisième bouquin, bon, c'est ses souvenirs, vous savez, de cette période où il a été un éphémère ministre, bon, voilà, mais c'est très intéressant parce qu'il explique comment lui, qui était royaliste, devient républicain. républicain, voilà.
Et il explique d'une façon très simple en disant quel est l'essentiel. Ce n'est pas la forme politique d'une organisation politique, c'est les libertés,
voilà,
la défense des libertés pour chacun. Ça, c'est le premier. Après, il y a un auteur que j'aime beaucoup qui est Honoré de Balzac, voilà, et la comédie humaine. Ouais, ouais, je trouve ça la description, si vous voulez, des caractères, de l'âme humaine, ouais, l'âme humaine. Moi, je n'ai jamais cru que l'espèce humaine était poupée de bisnoux d'ours. Voilà, donc, il faut être prudent, machin, il y a de tout dans l'espèce humaine. Il y a des gens formidables, il y a des gens, allez, on va dire gentiment, pas très recommandables, quoi, voilà.
Les sociopathes ? Comment ? Les sociopathes ?
Pourquoi vous dites les sociopathes ? Et puis, un...
Le livre de Bruno Le Maire ?
Non, non, non, c'est pas, c'est pas, Bruno Le Maire, je le laisse à ses romans à l'eau de rose ou à ses... ses romans, ça m'intéresse pas du tout. Et puis...
Vous avez le don contre lui ?
Ah non, mais moi, je l'appelle Monsieur 1000 milliards. L'homme qui valait 1000 milliards ? L'homme qui valait 1000 milliards, oui, un célèbre film, vous voyez ? Il est arrivé, il y avait 2300 milliards de dettes publiques, il est reparti, il y en avait 3300. Il vous explique, oui, mais il y a eu, c'est vrai, la crise 2008, la crise 2008, le Covid, etc. Mais lui-même dit que ça, ça explique 250 milliards, pour faire simple, le quart. Et je dis souvent, en riant, je voudrais être son élève. en Suisse, ça serait très drôle, où il apprend probablement à ses élèves ce qu'il aurait dû faire pour planter un pays. Voilà. Il n'est pas interdit d'avoir un peu d'humour en la matière. Et voilà.
Reste en sérieux, un troisième bouquin.
Alors, un troisième bouquin, vient comme ça. Eh bien, ça va vous étonner. Tintin. Les albums Tintin.
Au Congo ?
Non. Au Congo. Mais vous savez qu'il y a plusieurs versions de Tintin au Congo. J'ai acheté un bouquin très intéressant du grand spécialiste de Tintin sur l'analyse des personnages et de chacun de ses albums. Moi, j'ai découvert Tintin, un gamin. C'était un héros pour moi, Tintin. Vous voyez, l'homme juste qui redressait les torts, qui s'en sortait toujours.
La colonisation, tout ça. Voilà.
Mais quand vous regardez les différents albums, par exemple, le Lotus Bleu. Moi, je n'avais pas vu que c'est violemment anti-japonais puisqu'il soutenait les nationalistes chinois. Vous voyez, Tintin au Tibet, Chang. Mais Chang, je ne savais pas que Chang avait existé. Il y avait des relations avec Hergé. Bon, voilà. Et Tintin au Congo. Alors, il y a eu plusieurs éditions. La première, c'est vraiment le colonialisme dans toute son horreur. Je veux dire, tout le monde, il est beau, les Africains sont des sous-développés. Voilà. Avec un os, enfin, vous voyez, des caricatures. Mais il y a d'autres objectifs l'une. C'est formidable, l'objectif l'une. Là, il n'y a pas d'interprétation politico.
quand on sait en plus son passé de rexiste. Mais c'est que vous savez qu'il était rexiste de l'extrême droite belge. Et qu'il a fallu qu'il se fasse oublier à la libération en Belgique. Voilà. Puis après, il est revenu. Voilà. Et puis, il a évolué comme beaucoup.
Voilà. Gaston Lagaffe.
Oui, Gaston Lagaffe. Je regardais ça quand j'étais plus jeune. Bon, mais Gaston Lagaffe, ce n'est pas trop mon truc.
Est-ce que vous avez un conseil pour les jeunes générations ? Une bouteille à la mer ? Quelque chose d'impérissable qui restera sur Internet, qui se fera crôler par de l'intelligence artificielle peut-être un jour ?
Non. Faire un message, c'est-à-dire le contenu d'un message qu'on mettrait dans une bouteille.
Conseil pour les jeunes générations.
Oui. Et bien, de garder l'espoir. Toujours. Toujours. Vous voyez ?
Vous avez un ami imaginaire ? Vous croyez en Dieu ?
Oui, je suis croyant. Oui, je crois en Jésus-Christ pour être précis. Et l'espérance. Vous voyez ?
Moi, j'ai connu des chants. qui ont connu les camps de concentration. Je leur disais toujours « Comment as-tu pu survivre ? »
Alors, c'est très différent. J'avais un collègue de la Cour des Comptes. Il y allait. Il est mort maintenant. Il m'avait dit « Il a son âme. » Oui. Il m'avait dit « Moi, j'ai tenu parce que je voulais me venger. J'avais une obsession. Quand on sera libéré, je vais tuer un enfant allemand. » Non mais, vous voyez, tellement. J'ai deux amis qui sont morts centenaires
toutes les deux qui ont été à Ravensbrück. L'une me dit « Moi, j'ai tenu parce que j'avais un fils qui avait un an quand j'ai été arrêté. » Et l'autre, elle était célibataire. Mais elle était très résistante. Elle était fils de paysan. Elle avait été élevée à la dure comme dans les fermes, si vous voulez. et puis elles étaient toutes les deux relativement petites. Moi, j'avais un oncle qui était très grand. Il a laissé sa peau. Il se prenait les coups. Il est mort. Là-bas, mon grand-père aussi. Et lui, il a toujours tenu tête aux SS. Toujours. Et il a cru à la victoire bien avant
1942, c'est-à-dire 1942, début 1943, le point de retournement de la guerre. Et un jour, un de ses cousins arrive et lui dit Léo, il s'appelait Léonel,
Léo, il lui dit
« Les hommes ont gagné.
C'est fini. »
Il est allé dans la bibliothèque. Il a pris Rabelais. Qu'est-ce qu'il a pris ? C'est Rabelais la guerre de conquête. Il dit « Voilà ce qui va arriver à Hitler. » Et dans son camp,
il faisait la carte de l'Europe. Il expliquait aux autres prisonniers « On gagnera. » Voilà. Ils sont là. Ils sont perdus. Ils sont foutus. Mais hélas, il est mort en mars 1945. Un mois avant la libération du camp. Quant à ma grand-mère, elle était à Ravenbrook. Elle, elle est morte en janvier. 45. Mais elle était très fragile. Et puis, elle avait déjà un certain âge. Elle avait près de 60 ans. Et, vous savez, des gens âgés, ils ne tenaient pas longtemps.
C'est plutôt les jeunes et surtout ceux qui étaient en commando. Parce que dans les commandos, ils étaient moins mal nourris. Et, comme ils avaient besoin d'eux comme main-d'œuvre, ils tapaient moins dessus que dans le camp. d'ailleurs, à Ravenbrook, ceux qui sont restés au camp, deux tiers sont morts. Dans les commandos, l'inverse. Mais, ma grand-mère est restée dans le camp.
Toujours garder espoir ? Toujours. Charles de Courson, merci. Merci.