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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 30 octobre 2025 9 min

Éléonore Caroit (EPR) est l'invitée politique de la matinale de franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Éléonore Carois. Bonjour. Merci d'être notre invité ce matin.

Vous êtes donc ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères. L'actualité de la nuit, c'est cette déclaration de Donald Trump qui déclare et bien que les États-Unis allaient reprendre, je cite, immédiatement, les essais d'armes nucléaires. Euh ça intervient alors que le forum de la paix vient de de commencer à Paris.

Est-ce que vous êtes une ministre inquiète comme peut-être des nos téléspectateurs ce matin après ces déclarations ? Moi, j'ai appris comme vous cette nuit ces déclarations, nous en prenons note. Mais ce que je peux vous dire, c'est que la France a historiquement rappelé son attachement aux accords, aux droits internationales et surtout à la nonprolifération nucléaire. son attachement aussi au moratoire qui est en place depuis plus de 25 ans.

Et dans le contexte d'instabilité que nous vivons aujourd'hui et qui d'ailleurs est très largement débattu et où des décisions sont prises justement au forum de la paix, vous le rappeliez, il est vraiment très important d'agir plutôt vers une désescalade, vers un retour au dialogue plutôt que vers vers d'autres formes de d'action qui pourraient mener à ces formes de surencher. Mais quand on voit ce qui se passe aussi avec Vladimir Poutine, cet essai de missile à propulsion nucléaire, ce drone sous-marin capable de transporter une arme nucléaire, est-ce que finalement vous ne prêchez pas dans le vide ? Est-ce que le monde n'est pas condamné à l'escalade ?

On n'est jamais condamné à l'escalade et la France parle depuis une position de puissance dotée, de puissance dotée et responsable et qui est fermement convaincu du multilatéralisme. Et justement, il faut le dire avec beaucoup de force sur ce qui s'est passé cette nuit, les déclarations qui ont été faites, nous verrons comment la situation évoluera. Nous verrons concrètement en quoi cela se traduira.

Mais ce que je peux vous rappeler, c'est notre position historique qui pour le coup n'a pas changé et que nous devons dans le monde que nous vivons aujourd'hui maintenir le plus fermement possible. Alors à l'étranger, toujours, il y a ces scènes de dévastation dans les Caraïbes, en Jamaïque et en Haïti après le passage de l'ouragan Mélissa. On fait état d'un bilan d'au moins 30 morts pour le moment.

Est-ce que l'on sait si sur place il y a des Français qui ont été victimes ou des Français sinistrés ? Est-ce que vous le savez ? Alors, j'ai évidemment posé la question.

À ce stade, nous n'avons pas de victime françaises, mais cela n'en demeure pas moins. Une tragédie, quelque chose qui évidemment nous interpelle tous. Nous avons un bateau avec de l'aide humanitaire, notamment des kits de purification d'eau, des aliments de première nécessité qui qui est au large aujourd'hui de la Jamaïque et qui devrait pouvoir intervenir prochainement.

Moi, j'ai grandi dans les Caraïbes. J'ai grandi en République dominicaine à côté d'Haïti. Euh pendant les heures qui ont suivi avec ma famille, je regardais le passage de l'ouragan et je peux vous dire que je me sens euh très solidaire, très empathique et vraiment de tout cœur avec toutes les victimes euh haïtiennes et jamaïcaines.

Est-ce que peut-être s'il y a des Français sur place qui nous écoutent, qui euh ont leur leur logement, qui sont partiellement détruits, abîmés, quel consigne on peut leur donner ? Alors déjà de rester toujours informé, connecté à une source d'information radio, télévision si possible, de se signaler auprès des autorités consulaires de nos ambassades et je voudrais d'ailleurs saluer le travail exceptionnel de notre centre de crise ici à Paris mais surtout de nos postes à Cuba, en Jamaïque et en Haïti. Vous savez qu'on est toujours présent en Haïti alors que de nombreux pays ne sont plus présents sur dans ce pays.

Et puis leur dire aussi évidemment de se signaler sur le fil d'Ariane. Le fil d'Arian, si vous ne le connaissez pas, c'est essentiel. C'est vraiment un instrument que nous avons qui nous permet d'identifier nos concitoyens où qu'ils soient dans des territoires de crise et puis vous dire que la priorité de mon ministère mais la priorité au K d'Orsé c'est vraiment la protection et la sécurité des Français où qu'ils soient.

Euh alors dans le monde aussi l'actualité est chargée puisqu'on apprenait donc il y a deux jours de nouvelles frappes israéliennes sur la bande de Gaza avec un très lourd bils dont 46 enfants. Est-ce que c'est un échec du plan de de paix qu'a proposé Donald Trump ? On peut pas voir les choses comme un échec lorsqu'on est en train de parler d'une tragédie humanitaire, lorsqu'on est en train de parler de toutes les vies qui sont aujourd'hui dans la bande de Gaza mais aussi dans d'autres territoires.

Je pense qu'il faut au contraire continuer appeler à incesser le feu. La France a eu un rôle important. Vous l'aviez rappelé notamment lors de la reconnaissance de l'État de Palestine.

Est-ce qu'il faut pas aller plus loin durcir le ton contre le gouvernement israélien ? Ce qu'il faut c'est rappeler les accords et appeler les partis à le respecter. Je pense que durcir le ton si c'est toujours quelque chose qu'il est possible de faire mais est-ce que ça aura les effets que nous souhaitons rappeler ce quoi on s'est mis d'accord et surtout pourquoi c'est une absolue nécessité aujourd'hui que de commencer par un cesser le feu le feu pardon et ensuite poser les jalons politiques pour une paix durable.

Et c'est encore une fois ce dont nous parlons ce matin à Paris lors du forum de Paris pour la paix. La paix elle n'existe que si elle est durable. si elle est accompagnée d'une action aussi sur les sociétés civiles, si elle inclut justement ces sociétés civiles et il y a d'ailleurs au forum de Paris pour la paix des représentants de sociétés civiles israélienne et palestinienne qui se parlent et qui ont envie justement d'avancer.

Alors, il y en a d'autres qui se parlent en France, ce sont les députés puisque'en ce moment c'est le débat sur le budget. Vous étiez député il y a pas si longtemps, vous étiez sur ces bancs. Euh est-ce qu'on va tout droit vers l'impasse sur cette question budgétaire ?

On a l'impression que ça n'avance pas et que finalement personne ne peut se mettre d'accord. Écoutez, pour la première fois depuis longtemps, on a un débat parlementaire riche, un débat parlementaire qui en fait est permis aussi par l'abandon de l'article 49 aligné 3 par le gouvernement. Est-ce que on est content de toutes les décisions, de tous les votes ?

Évidemment que non, mais on le savait par avance parce qu'à partir du moment où vous dites aux parlementaires débattez, votez, vous aurez des victoires et il y aura aussi des défaites, et bien on est obligé de respecter ce moment parlementaire. Et d'ailleurs pour en parler avec mes anciens collègues, je vois que les débats se passent de manière relativement apaisée, constructive. Alors apaisé ?

Oui. Mais ça prend du temps. Est-ce que le gouvernement visage de passer ce budget par ordonnance ?

Est-ce que c'est une possibilité ou est-ce que vous y renoncez ? Ça sera au ministre de l'économie, au premier ministre de s'exprimer. Mais à ce stade, ce que je vois, ce que je constate et d'ailleurs je salue cette situation, c'est qu'il y a un vrai débat parlementaire.

Certes, ça prend du temps, mais pas plus de temps qu'ailleurs. On a d'ailleurs des groupes qui acceptent aussi de retirer. On a commencé plus tard, c'est vrai.

On a commencer plus tard et puis d'ailleurs, on a des groupes qui acceptent de retirer des amendements qui sont peut-être moins importants pour se concentrer sur l'essentiel. C'est une bonne chose tous les groupes. Moi, je je vais pas les remercier ou pas les remercier, mais ce que je vais vous dire, c'est que à un moment donné, lorsque vous donnez aux gens le pouvoir de véritablement décider de voter, de débattre, et bien ils peuvent le faire en responsabilité.

Tous les groupes ne le font pas en responsabilité, ça on le sait. Mais il y en a quand même beaucoup qui le font. Et moi, j'aimerais saluer les avancées et les choses qui vont dans le bon sens plutôt que de me dire ça ne marchera pas parce que il faut que ça marche.

Nous avons besoin de stabilité, nous avons besoin d'un budget, nous avons besoin, on a parlé de toutes ces crises à l'internationale mais on a besoin d'une France forte qui puisse répondre justement à l'internationale comme elle le fait. Alors vous prenez au gouvernement la question du compromis, le dialogue justement va y avoir un débat intense qui va commencer demain à l'Assemblée, c'est celui autour de cette question de la taxe Zucman. On sait que au gouvernement vous êtes contre.

Alors les socialistes vous ont fait une contreproposition qu'on appelle communément la taxe Zucman Light, si je peux utiliser cet anglicisme. Vous est-ce que vous y êtes favorable ? Alors moi personnellement non pour une raison très simple, c'est que lorsque vous regardez ce dont a besoin notre pays, on a besoin d'une réforme structurelle de son fonctionnement.

Ce n'est pas en se reposant sur près de 2000 foyers fiscaux que vous allez résoudre le problème global. Et je je trouve que il pas problème de justice fiscale quand même. Il y a il y a des questions de justice fiscale qui peuvent être regardées.

D'ailleurs, le premier ministre l'a dit lui-même, il a dit "Nous sommes évidemment sensibles à cet appel des Français et nous pouvons regarder à quel moment des ajustements peuvent être faits." Mais si vous regardez dans le débat public aujourd'hui et dans les demandes de certains groupes, on a l'impression que la taxe Zucman serait la solution à tous les problèmes budgétaires et fiscaux de la France. Alors pourquoi il n'y aurait pas de taxe Zucman à l'étranger si c'était une si bonne idée ?

Moi je vais vous dire en réalité la taxe c'est pas une taxe sur les ultra riches comme on veut nous le faire dire parce que tout le monde peut finalement se dire pourquoi pas taxer les 1800 foyers les plus riches c'est surtout des entreprises c'est des entreprises familiales. C'est des emplois à la clé c'est l'attractivité de notre pays. S'il y avait un dispositif qui véritablement fonctionnait où on nous disait ça ne remet pas en cause les emplois ça ne remet pas en cause notre économie et bien pourquoi pas en débattre et regarder.

Mais ce que j'ai vu moi de là où je vous parle encore une fois je veux pas me substituer ni au ministre de l'économie ni au premier ministre. Je n'ai pas l'impression qu'on en soit là et je reste très défavorable à ce dispositif. Une fois que je vous ai dit ça, le débat doit se faire à l'Assemblée, les victoires doivent se trouver à l'Assemblée.

On n'est pas dans une question de négociation ou de rapport de force, on est dans une question de débat parlementaire et de votes. J'ai une dernière question, je vous demande de répondre très rapidement. Dans ces débats budgétaires, il y a aussi votre groupe ancien groupe Renaissance qui est marqué par ces divisions puisqu'il vote contre la vie du gouvernement.

Est-ce qu'il y a un problème chez Renaissance ? Non, il y a pas de problème chez Renaissance. C'est au contraire une vraie un vrai débat parlementaire qui se joue.

Vous savez qu'il y a des au sein de ce même groupe des parlementaires qui viennent d'horizon politique différents et c'est sain et ça illustre d'ailleurs la diversité de notre assemblée. Merci beaucoup Éléonor Carois d'avoir été notre invité ce matin sur France info. Brésite, c'est à vous.