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interviewLCI — L'événement du dimanche· 10 mars 2024 53 min

L'Evénement du dimanche LCI du 10 mars : Valérie Hayer

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bienvenue dans l'événement du dimanche, ravie de vous retrouver. Bonjour Valérie Ayet. Bonjour. Et merci d'avoir accepté notre invitation, je le rappelle, tête de liste de la majorité présidentielle pour les prochaines élections européennes. De juin prochain, vous êtes aussi eurodéputée, on parlera de ce mandat, d'une notoriété en passe d'arrivée, mais vous le dites vous aussi aisément, vous êtes une inconnue du grand public et donc on va à nouveau vous découvrir après un grand meeting hier, on va en parler largement. Une heure d'entretien pour vous interroger à mes côtés ce dimanche. François Langlais, bonjour. Bonjour. Et Nicolas Domenac, bonjour. Bonjour.

A vous, une émission, je vous le rappelle également, à suivre en direct sur tous les réseaux sociaux TF1 Info. Je le disais, nous sommes au lendemain de ce premier grand meeting de campagne, un exercice incontournable. On va évidemment longuement parler du fond, mais on va s'attacher un tout petit peu à la forme. Le président avait battu le rappel pour que tous les ministres soient présents. Appel, vraisemblablement entendu, parce qu'il y avait des ministres au premier rang. Le premier d'entre eux, Gabriel Attal, était aussi à vos côtés. Vous êtes lancée donc dans ce grand bain. Comment vous avez senti l'exercice d'abord ?

1:13
Valérie Hayer

C'était un exercice nouveau pour moi, effectivement, assez galvanisant. Et j'avais derrière moi, effectivement, le soutien de l'ensemble du gouvernement, du Premier ministre, du Président de la République, évidemment, et de ces militants. On voit les photos ici de ces militants qui ont des fourmis dans les jambes, qui ont envie de partir en campagne. Et donc, ça sonnait vraiment le lancement de cette campagne de la majorité présidentielle.

1:35
Présentateur

Il était temps. Il était temps. Certains le disaient dans votre camp. Vous avez été... Alors, vous répondez parfois que Nathalie Loiseau, il y a cinq ans, a été nommée en mars. Vous avez été nommée en février. Mais voilà, on sentait peut-être une forme de trou d'air dans la majorité d'un nom qui n'arrivait pas. Il était temps que ce premier exercice arrive.

1:54
Valérie Hayer

Je pense qu'on n'est pas en retard. On n'était pas en retard. Maintenant, je suis là, devant vous. On est lancé. Par ailleurs, on a, depuis le premier jour, parlé d'Europe, avec le Président de la République, avec le gouvernement qui est mobilisé, avec l'ensemble des partenaires de la majorité présidentielle. Hier, Édouard Philippe, François Bayrou, Laurent Hénard étaient présents aussi, avec les militants, pour soutenir ce lancement de campagne. Et puis, on parlera et on accélérera, bien sûr, sur cette campagne. On a des éléments de bilan, dont on va parler tout à l'heure. Absolument.

2:22
Présentateur

Et les projections pour cette campagne. Alors Valérie, il y a le tome central du meeting hier, parlons du fond, c'est la menace russe et le cheval de Troie que constitueraient les formations d'extrême droite, le RN en tête. Dans chacune de vos prises de parole, vous, le Premier ministre, le RN, la formation de Jordan Bardella, était torpillée, comme si finalement plus aucune autre liste n'existait. C'est, vous diriez, le retour du « nous » ou le chaos, finalement.

2:48
Valérie Hayer

Vous l'avez dit, parmi les thèmes qui s'imposent et s'imposeront dans cette campagne, il y a cette guerre d'agression russe en Ukraine. Avec les conséquences que ça implique, en termes de chamboulement du monde, de menaces sur notre voisin ukrainien, mais directes, et de menaces aussi directes sur nous, Européens. On a vu les tentatives de déstabilisation de Vladimir Poutine en Europe, en France. Et on y reviendra... Mais sur le rassemblement national. Sur le rassemblement national, il faut expliquer aux Français la vérité des positions du rassemblement national, la vérité du rôle du rassemblement national en lien avec Vladimir Poutine. C'est pas...

Effectivement, il y a eu des discours hier, c'est pas nous seulement qui le disons, c'est une commission spéciale à l'Assemblée nationale, présidée par un député du rassemblement national. qui conclut que le rassemblement national est la courroie de transmission du Kremlin en France. C'est vos confrères du Washington Post qui concluent également au lien entre le rassemblement national et la Russie de Vladimir Poutine. Il faut expliquer aux Français quels sont les risques, quelle est la menace que fait peser la Russie sur la France et sur l'Europe. Je voudrais également rappeler deux éléments de menaces directes.

Kaya Kalas, première ministre estonienne, ma propre famille politique, qui est très mobilisée dans le soutien à l'Ukraine, a subi, a fait l'objet d'un avis de recherche de la part de la Russie et de Vladimir Poutine. Le premier ministre grec, Mitsotakis, fait un déplacement en Ukraine et subit des bombardements à proximité du déplacement. Accompagné, évidemment, par le président ukrainien. Exactement. C'est cette réalité-là qu'il faut rappeler et la réalité des liens entre le rassemblement national et la Russie de Vladimir Poutine.

4:32
Intervenant

Vous avez eu des mots très durs, des mots que je n'avais jamais entendus dans un meeting, en tout cas. Vous avez qualifié les représentants du rassemblement national de traîtres. Traîtres. Traîtres à la patrie. Donc, est-ce qu'il n'y a pas quelqu'un cohérent à les avoir considérés comme partie prenante de l'arc républicain et puis dire que ce sont des traîtres au service de qui ? Donc, de Poutine, de dire « Mais alors, à ce moment-là, qu'est-ce qu'il faut en faire ? Il faut les exclure du jeu républicain ? »

4:57
Valérie Hayer

La trahison, c'est le fait de servir les intérêts de la Russie avant les intérêts de la France. Vladimir Poutine ne connaît que le rapport de force. Jordan Bardella, au lendemain, à la sortie des échanges de la rencontre de Saint-Denis la semaine dernière, dit qu'il faut fixer des lignes rouges à la France. C'est à Vladimir Poutine qu'il faut fixer des lignes rouges. Ça n'est pas à la France, certainement pas. Et c'est encore moins à la Russie de décréter quelle doit être la politique étrangère

5:25
Présentateur

que nous... Mais pour poursuivre la question, Nicolas, il n'y a pas quelque incohérence, finalement, en les recevant à l'Élysée. Vous parliez de ces formats de Saint-Denis. Redire une fois qu'ils sont élus, élus au Parlement, qu'on peut voter des textes avec eux. Alors, là-dessus, les mots aussi évoluent. Et à voir les discours que vous avez tenus hier.

5:44
Valérie Hayer

Le Président de la République et le Premier ministre s'adressent à tous les Français et à tous les représentants au Parlement européen. Moi, je considère que l'extrême droite ne fait pas partie de l'arc républicain. Je vous donne aussi un exemple qui est très concret. Il n'en fait pas partie ? Au Parlement européen, nous appliquons le cordon sanitaire. C'est-à-dire que nous ne donnons aucune responsabilité aux élus des groupes de l'extrême droite, du groupe Identité et Démocratie, dans lequel siège le Rassemblement national, en considérant qu'ils ont un projet de destruction de l'Europe.

Nous, nous avons un projet pour renforcer l'Europe au service des Français, pour créer les conditions de la sécurité des Français, de la protection du pouvoir d'achat, de la protection de la planète. Donc, on a un projet qui est totalement différent, là où, eux, veulent détruire l'Union européenne de l'intérieur. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne peuvent pas exercer leur responsabilité de députés européens. Parce qu'ils sont élus. Ils sont élus. Ils peuvent travailler, déposer des amendements, participer aux négociations, puisque tous les groupes politiques sont représentés à la table des négociations.

Moi, ce que je vois, c'est qu'ils ne participent pas aux négociations, qu'ils ne déposent pas d'amendements. Donc, c'est ça aussi l'une des réalités qu'il faut exposer aux Français.

6:53
Intervenant

Mais, Valérie, faire tourner toute la campagne autour du RN, en le désignant comme l'ennemi, avec un grand E au détriment, d'ailleurs, des autres listes qui sont également en compétition en France, est-ce que ce n'est pas lui donner, finalement, une importance considérable qui, au final, lui profite ? Je voudrais appuyer ma question d'une citation de François Patria, sénateur, proche du président, dans le JDD de ce matin. Il dit, maintenant, il faut se tourner vers l'avenir écranté sur d'autres sujets. Ces autres sujets, hier, on ne les a pas entendus.

7:23
Valérie Hayer

On les a entendus. J'ai rappelé le bilan qui a été le nôtre. C'est important, je le redis, d'expliquer aux Français quelle est la réalité aussi du travail ou pas et des positions de nos oppositions. Maintenant, pendant cinq ans, nous, on a travaillé. On a travaillé au Parlement européen dans l'intérêt et au service des Français. On avait une feuille de route qui était claire depuis 2017 avec le discours de la Sorbonne du président de la République pour bâtir cette Europe plus souveraine, plus juste, plus démocratique.

7:51
Intervenant

Ça, c'est 2022, 24, pardon. S'il y avait une idée, justement, un élément programmatique que vous voudriez faire ressortir, c'est quoi ?

8:01
Valérie Hayer

Si vous permettez, peut-être des éléments de bilan, quand même, parce que c'est important. En 2019, on a été élus avec une feuille de route extrêmement ambitieuse sur la base du discours de la Sorbonne. Beaucoup disaient « Jamais, vous ne pourrez faire tout ça. » Or, on a délivré. Et en plus, on a délivré dans des périodes de crises successives. Je vais vous donner quelques exemples. On s'est mobilisés pour protéger nos enfants sur les réseaux sociaux. La régulation des géants du numérique, le DSA, c'est une réalité aujourd'hui. La taxe carbone aux frontières qui a été portée par tous les présidents de la République successifs depuis Jacques Chirac, c'est une réalité aujourd'hui.

L'engagement de lutte contre le réchauffement climatique, c'est une réalité aujourd'hui. Le plan de relance...

8:48
Intervenant

On peut aménager récemment à l'occasion de la crise agricole où on a vu l'Union Européenne revenir en arrière.

8:53
Valérie Hayer

On va jusqu'au bout du Green Deal qui est vraiment le fer de lance porté par l'Europe. On va jusqu'au bout du Green Deal. On peut travailler à des aménagements mais on va jusqu'au bout du Green Deal.

9:03
Intervenant

On peut aménager de fait.

9:05
Valérie Hayer

Il faut ajuster également la politique agricole commune. On peut l'ajuster mais ça n'enlève rien à l'ambition qui est la nôtre. Et je le redis, on n'oppose pas le monde agricole et l'environnement. On a bien compris

9:15
Présentateur

de venter votre bilan mais malgré tout, on va le voir avec Nicolas, la photo, les sondages ne sont pas en votre faveur très clairement et le retard est là. Donc voilà, Nicolas.

9:27
Intervenant

Alors juste, qu'est-ce que vous espérez et comment atteindre cette espérance ? Autrement dit, le gap, le fossé, il est de plus de 10 points aujourd'hui selon les sondages. Qu'est-ce qui pourrait vous permettre de combler ce fossé-là ? C'est d'être la seule liste européenne ? C'est un peu la stratégie ? C'est ça ?

9:44
Valérie Hayer

Aujourd'hui, effectivement, nous sommes la seule force européenne avec un projet et un rapport à l'Europe clair dans le débat. Depuis le premier jour, nous avons parlé d'Europe. Emmanuel Macron, en 2017, a imposé le sujet européen dans les débats publics, là où, dans chacune des familles politiques dites de gouvernement, il y avait des disparités et des tensions très fortes sur les anges européens. Là où l'Europe était vue comme technocratique et bureaucratique, Emmanuel Macron en a fait l'un des éléments phares de son programme. Et aujourd'hui, c'est encore le cas. Nous sommes les seuls à avoir un projet clair pour l'Europe.

Quand on regarde à gauche, on a un certain nombre de candidats qui sont enferrés dans la NUPES, la NUPES qui prônait la dose de obéissance civile. quand on regarde à notre droite, le rapport des Républicains au projet européen n'est pas si clair et à leur président de commission de même famille politique non plus. Et donc, on a deux projets qui s'opposent.

10:44
Intervenant

Un projet de renforcement... Ça rejoint la question de François tout à l'heure. Vous renvoyez tous les autres au fond à un statut de non pro-européen. C'est-à-dire ce qui est une façon quand même d'être un peu réducteur.

10:53
Valérie Hayer

Mais je le redis, notre position à nous, elle est claire. On a un engagement très fort en faveur du projet européen et on est en responsabilité aujourd'hui au Parlement européen. Moi, je suis présidente d'un groupe qui est le troisième groupe du Parlement européen sans lequel aucune majorité n'est possible. C'est ça aussi l'influence française qu'on a retrouvée en 2017, en 2019 avec les députés, les 23 députés qui avons été élus au Parlement européen.

11:18
Présentateur

Certains dans la majorité vous définissent, s'auto-définissent comme... On se considère comme des outsiders qui ont la force de la cohérence quand ils regardent finalement ces sondages qui se succèdent et avec une avance réelle du Rassemblement national et un creux qui est là pour vous. Est-ce que... On entre dans la bataille... Mais vous êtes d'accord avec cette définition ?

11:38
Valérie Hayer

On entre dans la bataille, les sondages, je les vois, effectivement, ils révèlent une situation à un instant T. Quand on se remet dans la position de 2019, les commentaires et les commentateurs avaient les mêmes discours, à savoir à savoir la majorité est loin d'erreur et ne gagnera pas. L'écart n'était pas si important qu'aujourd'hui, je le reconnais.

12:02
Intervenant

Vous souhaitez le réduire, vous comptez le réduire ?

12:04
Valérie Hayer

Bien sûr, on va mettre toutes nos forces dans la bataille avec les éléments de bilan, avec un projet. Notre projet, c'est de renforcer l'Europe pour servir les intérêts des Français, pour assurer leur sécurité, pour accélérer, en tout cas, confirmer nos ambitions pour protéger la planète, pour bâtir notre autonomie stratégique dans un monde qui est de plus en plus chamboulé et c'est un projet de fierté et de puissance européenne

12:28
Présentateur

là où d'autres voudraient la faire. Et on va y revenir, Valérie Ayet, hier dans la salle, des drapeaux européens, des drapeaux français et des drapeaux ukrainiens, tous au fin hasard, deux ans après le début de la guerre en Ukraine, évidemment. Le patron des Républicains, Éric Ciotti, affirme que le président français, Emmanuel Macron, après ses propos ces dernières semaines, instrumentalise ce conflit en Ukraine en vue de ces élections européennes. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

12:52
Valérie Hayer

Là encore, ce conflit en Ukraine et Vladimir Poutine nous menacent directement. Il n'est pas question d'instrumentalisation, pas d'instrumentalisation dans cette campagne. Il faut dire aux Français quelle est la réalité de la menace russe aujourd'hui et le président de la République, il est en responsabilité, lui, et son rôle, sa mission, c'est de protéger les Français.

13:14
Présentateur

Mais si on s'attache au mot, François, sur le sens des mots, pardonnez-moi.

13:17
Intervenant

Oui, sur le fond du sujet, bon, il n'y a pas de débat sur le fait que, en tout cas, ce n'est pas là-dessus, je veux faire porter le débat sur le fait que la Russie est notre ennemi. Considérons ça comme à temps manifeste. Mais il peut y avoir un débat, une question sur la stratégie choisie par le président. Le fait d'avoir suggéré l'envoi de troupes au sol et d'avoir mécaniquement déclenché le refus de la part de la quasi-totalité des capitales occidentales, ça a exposé notre division aux yeux de Poutine.

Finalement, vous ne pensez pas qu'on a eu envie de faire la fête à Moscou ce jour-là en comprenant, grâce à Emmanuel Macron, que sur cette question essentielle sur laquelle le maintien de l'ambiguïté était nécessaire, eh bien, il y avait à la fois la rupture de l'ambiguïté et la révélation que nous n'étions pas prêts du tout parce que nous ne nous entendons pas du tout ni sur les objectifs ni sur la façon de les atteindre.

14:15
Valérie Hayer

Vladimir Poutine ne comprend que le rapport de force.

14:17
Intervenant

Non, j'entends. Oui, non, mais c'est juste une question sur la méthode.

14:20
Valérie Hayer

Je réponds à votre question. Vladimir Poutine ne comprend que le rapport de force. On est entré, il est entré en guerre, pardonnez-moi, et il a entendu quoi comme message de la part des Occidentaux des lignes rouges avant tout. Je pense que c'est important de rappeler aujourd'hui et d'envoyer un message très clair à Vladimir Poutine que nous, la France, nous, les Européens, nous aiderons l'Ukraine jusqu'au bout. Et ça, c'est un point important. Moi, ce que je vois...

14:46
Intervenant

C'est pas un message européen qu'il a envoyé l'Ukraine ?

14:47
Valérie Hayer

Ce que je vois, c'est que depuis le début de la guerre en Ukraine, on a un message d'unité de la part des Européens à la France, soutien à l'Ukraine et en sanctions. Pardonnez-moi,

15:00
Intervenant

il n'y a pas eu du tout d'unité sur cette question. Moi, je voudrais... Quelques heures après, il y a eu Washington, Londres, Berlin, Rome, tout le monde a dit non, nous n'enverrons pas de troupes au sol. Des unions spectaculaires !

15:13
Valérie Hayer

Là-dessus, les troupes au sol, le Président de la République l'a précisé, ça peut être de l'aide militaire, pardonnez-moi, de l'aide pour le déminage, ça peut être de l'aide à la formation, pour le renseignement également. Exactement, donc c'est essentiel pour accompagner aussi les Ukrainiens là-dessus. Moi, ce que je retiens, j'entends ce que vous me dites et les réactions des uns et des autres. C'est souvent comme ça aussi, parfois, il y a des prises de position, puis des discussions, des dialogues, et à la fin, on arrive sur une position qui sont communes.

Moi, ce que je retiens également, c'est que nos pays, les pays de l'Europe de l'Est, depuis le premier jour, nous ont dit, attention, ne sous-estimez pas la menace de Vladimir Poutine. Nous devons être solides et être forts et envoyer des messages très clairs. Il y a aussi cet élément-là qu'il faut avoir. Un message très clair, mais entre eux...

15:59
Intervenant

Parce qu'il y a aussi dit qu'il n'enverrait pas de troupes au sol, pardonnez-moi, vous évoquez les pays de l'Est, mais chez eux aussi, on a senti une espèce de surprise, d'abord, d'avoir été pris de vitesse par la déclaration du président, et deuxièmement, une distance par rapport au fond de ce qu'il a suggéré.

16:15
Valérie Hayer

Là encore, ce qui a été convenu à l'occasion de ce temps d'échange au cours duquel le président de la République a reçu 21 chefs d'État et de gouvernement, c'est unité sur le soutien à l'Ukraine et nécessité à 27 d'avancer pour sortir ou bâtir notre indépendance,

16:31
Présentateur

y compris sur les enjeux de défense. Un message de clarté, mais malgré tout, on observe des propos qui, en deux ans, ont varié de ne pas humilier la Russie et a finalement, aujourd'hui, ne plus rien lui céder. Écoutez, c'est intéressant d'écouter l'ancien président de la République, François Hollande, sur ce sujet et les mots du président de la République qui étaient reçus ce mercredi par Emmanuel Macron à l'Élysée. On l'écoute et on en parle ensemble après.

16:55
Intervenant

Ma position sur les questions militaires, je l'ai montré quand j'étais président, c'est que moins on en dit, mieux on agit. Ne pas dire ce que l'on fait, mais faire ce que l'on n'a pas dit. C'est ça qui permet d'avoir le plus d'efficacité et de ne rien faire connaître à, en l'occurrence, Vladimir Poutine, de nos intentions. Mais de faire savoir à Zelensky que nous sommes à ses côtés. Nicolas Domenac. Au moins, sur la forme, vous pouvez concéder quand même qu'il y ait eu quelques maladresses diplomatiques de la part de la France et du président et en particulier sur un point que vous connaissez bien, la relation avec l'Allemagne.

Quand même, laisser entendre qu'il y a eu de la lâcheté de la part des Allemands qui sont nos alliés, privilégiés d'une certaine façon. C'était pour le moins maladroit, le moins est faible, non ?

17:48
Valérie Hayer

Les discussions, les relations avec l'Allemagne sont très fortes et ce couple franco-allemand, il est évidemment décisif dans la construction européenne et y compris dans le soutien à l'Ukraine. Le président de la République et Olaf Scholz sont en dialogue continu, constant. L'Allemagne a fait beaucoup ces dernières... a complètement changé de logiciel. L'Allemagne a complètement changé de logiciel depuis la guerre en Ukraine. Et moi, je suis confiante sur notre capacité et la nécessité absolue de continuer à travailler ensemble, bien entendu.

18:21
Intervenant

Quand on regarde quand même l'état des relations franco-allemandes, personnellement, je n'ai jamais vu ça. Ça fait quand même quelques décennies que je m'attache à suivre l'évolution des deux pays, leur rapprochement, leur éloignement qui arrive de temps en temps au gré des coupes qui se forment. On n'a jamais vu un tel niveau de froideur sur les questions industrielles. sur les questions diplomatiques, sur les questions stratégiques, sur les questions budgétaires.

Est-ce qu'il n'y a pas une responsabilité aussi du président français là-dedans dans la détérioration spectaculaire de ce lien qui, tous les Européens le disent et je pense que vous en trouverez là-dessus, est essentiel à la marche des affaires communautaires ?

18:53
Valérie Hayer

Absolument, ce lien est essentiel à la marche des affaires communautaires. On voit que la relation n'est pas la même entre la France et l'Allemagne qu'elle pouvait l'être avec Angela Merkel. C'est la faute à Scholtz. Alors, dans mon groupe politique, j'ai des partenaires qui sont membres de la coalition de Olaf Scholtz. Sa coalition est difficile à piloter et je pense même qu'il pourrait, parce que sa coalition est difficile à piloter en interne, il pourrait utiliser le levier des affaires européennes et internationales pour prendre la hauteur et mieux guider sa coalition, ce qu'il ne fait pas.

Et voilà, c'est la réalité de la difficulté aussi pour Scholtz de piloter sa coalition avec parfois des partenaires au sein de la coalition qui ont des positions

19:43
Présentateur

divergentes. le ministre des Affaires étrangères dit qu'il n'y a pas de cloche franco-allemand. Nous sommes d'accord sur 80% des sujets. Ça fait 20 autres pourcents. Ce n'est pas négligeable non plus. Bien sûr, mais on se retrouve sur l'essentiel.

19:55
Valérie Hayer

C'est ça qui compte à la fin.

19:57
Intervenant

C'est le projet de défense européenne ou pas ?

20:00
Valérie Hayer

Il faut qu'on accélère là-dessus. Et le couple franco-allemand il est extrêmement important mais on y est très attaché. Et d'ailleurs, c'est intéressant de voir que nous, Français, nous parlons de couple franco-allemand. La lecture n'est pas nécessairement la même. Il ne faut pas oublier non plus les autres pays de l'Union européenne. Je pense que c'est important de travailler et de renforcer les liens avec d'autres pays, notamment avec la Pologne.

Compte tenu du contexte international, c'est encore plus important et l'arrivée au pouvoir de Donald Tusk avec nos partenaires de Polska 2050 qui est membre de la famille politique Renew change aussi la donne puisque les conservateurs ont été chassés du pouvoir. Donc c'est aussi une configuration politique nouvelle à laquelle il faut accorder de l'importance dans les partenariats politiques qu'on construit pour faire avancer l'Europe.

20:44
Présentateur

Valérie Ayet, sur le soutien à l'Ukraine, ces chiffres qui interpellent aussi sur le soutien de l'opinion française quant à l'aide que nous fournissons aujourd'hui à ce pays en guerre, 41% des Français aujourd'hui selon un sondage qui a quelques semaines sont pour les maintenir, 21% en baisse de 10 points par rapport à juin 2023, 21% pour les augmenter, 38% pour les réduire. Est-ce que, comment vous lisez d'abord premièrement ces chiffres ? Vous comprenez peut-être une forme de lassitude, d'incompréhension aussi de la population française quant à cette aide apportée à l'Ukraine ? Et qu'est-ce que vous y répondez ?

21:19
Valérie Hayer

À l'inverse, on voit dans les différents sondages qu'il y a un soutien massif de la population française à l'Ukraine, au fait de soutenir par principe l'Ukraine. Et ça, c'est important. Et ça, c'est important. Et après, quand on va dans les détails, il peut y avoir effectivement des différences, des lectures différentes. Moi, ce que je crois, c'est qu'on doit continuer. On a eu une phase où peut-être on a moins parlé de l'Ukraine et des risques que la guerre en Ukraine pèse directement sur nous. Il y a eu le déclenchement de la guerre, il y a eu la crise énergétique avec des conséquences très directes sur la hausse des prix de l'énergie.

Aujourd'hui, on parle moins du risque que fait peser cette guerre et du risque que ferait peser une victoire de la Russie pour nous, Français et pour nous, Européens. Donc, l'enjeu aujourd'hui, c'est d'expliquer aux Français que l'option d'une victoire de la Russie n'est pas entendable, n'est pas possible, qu'une victoire de la Russie, ça veut dire, pour vous donner un exemple très concret, ça veut dire que la Russie demain détiendrait 80% des stocks mondiaux de blé avec les conséquences très directes que ça aurait en termes d'inflation alimentaire notamment. Vous avez déjà un peu vu.

C'est sans commune mesure avec ce qu'il se passerait demain si la Russie gagnait d'un point de vue de déstabilisation encore plus forte sur l'Europe et sur notre pays. Donc, c'est ça qu'il faut expliquer aux Français.

22:40
Présentateur

Parlons de déstabilisation justement. François, une rapide question sur la crainte de la désinformation justement et cette emprise russe là-dessus.

22:47
Intervenant

Oui, on l'a vu, la Russie à l'œuvre sur différents terrains en matière cyber, en matière de manipulation de l'information et l'un de leurs objectifs, ce sont souvent les campagnes électorales, les listes ou les candidats qui, j'estime, être contraires à leurs intérêts. On imagine que vous êtes en tête de liste pour la France. Est-ce que vous avez constaté déjà des manipulations sur l'information émanant de vous, sur vos systèmes informatiques, vos liens avec les adhérents, etc.?

23:14
Valérie Hayer

Pas encore personnellement, en dehors d'une campagne de faux s'affichage avec ma tête mais qui ne relevait pas directement de la Russie. On est évidemment très conscients du risque que font peser les tentatives de déstabilisation sur nos opinions publiques menées par la Russie avec des attaques cyber, avec de la désinformation. On l'a vu notamment après les attaques du 7 octobre avec ces fameuses entre guillemets étoiles juives qui ont été sur le... Soil bleu de David en effet dans toutes les rues de Paris mais pas que. Le ministre des Affaires étrangères a révélé des actions de désinformation qui s'appelaient le Portal Combat il y a quelques semaines.

Donc effectivement il faut qu'on renforce qu'on se renforce et qu'on se consolide face aux menaces cyber et de désinformation et je crois aussi qu'il faut informer les Français sur ces menaces qui sont là qui se sont déjà matérialisées qui vont se matérialiser on l'a vu par le passé donc c'est à la fois se renforcer nous créer les infrastructures pour nous permettre de mieux lutter et puis informer les Français sur ces menaces qui sont là.

24:31
Intervenant

Vous avez mis les pare-feux dans votre équipe dans le SAF parce que lors des précédentes campagnes présidentielles notamment celle d'Emmanuel Macron ils avaient dit qu'ils avaient mis les pare-feux ça n'a pas empêché d'être déstabilisé.

24:40
Valérie Hayer

On travaillera directement avec l'Agence Nationale de Sécurité

24:43
Présentateur

et de la Information Vous les appelez à être vigilants. Exactement. Valérie Hayé on fait une courte pause et on se retrouve juste après on parlera notamment de la perspective d'une réélection et du retour au potentiel de Donald Trump aux Etats-Unis et puis des suites de la crise agricole évidemment vous la petite fille d'agriculteur vous vous présentez comme cela à tout de suite.

25:00
Intervenant

Elle, c'est Juliette Elle part en week-end avec Arthur et elle voudrait faire des économies de chauffage mais là elle bloque. Pour faire des économies d'énergie Juliette doit-elle baisser ses radiateurs ou carrément les éteindre ? Sauf que ça va cailler en rentrant et il faudra tout remettre à fond. Alors, elle fait quoi ? Bah oui, c'est compliqué d'économiser de l'énergie alors NG vous aide. En pilotant leurs radiateurs à distance les clients du service gratuit MonPilotageELEC ont réduit en moyenne de 18% leur consommation d'électricité.

25:37
Invité

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Intervenant

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Invité

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Intervenant

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Invité

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28:09
Intervenant

Elle c'est Charlotte Aujourd'hui elle se prend la tête pour dépenser le moins d'électricité possible Mais là elle bloque En fait elle se demande si elle doit mettre son sèche-cheveux très fort mais pas longtemps Ou alors pas fort du tout mais très longtemps Eh oui c'est compliqué d'économiser de l'énergie Alors NG My Power peut vous aider Par exemple avec des panneaux solaires c'est jusqu'à 1500€ d'économie sur votre facture par an C'est bien ça Charlotte J'agis avec NG My Power

28:45
Invité

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29:00
Intervenant

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29:31
Invité

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30:48
Intervenant

Coupi serein

31:09
Valérie Hayer

quand on a quelqu'un qui veille sur nous

31:10
Intervenant

Chaque jour

31:16
Invité

la poste prend soin

31:17
Valérie Hayer

de nos aînés

31:17
Présentateur

Retour dans l'événement du dimanche toujours avec notre invité ce dimanche Valérie Higuier tête de liste de la majorité présidentielle pour les élections européennes vous êtes également eurodéputé On évoquait la perspective des prochaines élections américaines celle-là Le duel entre Donald Trump et Joe Biden semble inévitable au vis des dernières primaires dans chaque état L'Europe doit-elle aujourd'hui Valérie Higuier se préparer à une réélection de Donald Trump et si oui comment ?

31:58
Valérie Hayer

Oui on doit s'y préparer sa réélection est probable on a pu penser dans cette après l'élection de Joe Biden que le partenariat entre les Etats-Unis et l'Union Européenne allait repartir de plus belle et s'engager sur la durée or on le voit on a vu les déclarations de Donald Trump notamment vis-à-vis de l'OTAN et d'ailleurs j'ai même envie de dire qu'ils soient réélus ou pas il faut qu'on accélère nous Européens pour ne plus être dépendants d'autres puissances de puissances qui nous menacent exemple la Russie ou de puissances qui soient pour redevenir vindicatives ou qui sont aujourd'hui nos alliés mais il faut qu'on puisse être indépendants demain autonomes dans nos propres stratégies bien sûr par exemple l'OTAN sur les enjeux de défense est fondamental mais il doit y avoir ces deux piliers il faut qu'on puisse bâtir cette défense européenne pour être solide à 27 et d'ailleurs renforcer un deuxième pilier de l'OTAN donc je crois que l'actualité aux Etats-Unis aujourd'hui c'est pas nécessairement le cas de nous français puisque cette idée de la défense d'autonomie stratégique elle est portée par Emmanuel Macron et par nous au Parlement européen depuis 2017 et 2019 elle était moins partagée par d'autres pays de membres de l'Union européenne vous dites ça

33:14
Intervenant

personne n'en veut aujourd'hui

33:16
Valérie Hayer

non non je dis l'inverse je dis l'inverse en 2019 personne ne comprenait que nous français nous disions il faut une défense européenne il faut bâtir notre autonomie stratégique aujourd'hui la crise sanitaire et bien plus encore la guerre en Ukraine ont fait totalement changer les esprits de certains de nos partenaires qui ne voyaient que par le parapluie américain et effectivement la réélection possible de Donald Trump avec ses propos qui sont très offensifs fait qu'on a changé de discours et le logiciel il y a encore beaucoup à faire sur l'Europe de la défense mais clairement c'était une chimère en 2019 elle est en train

33:53
Présentateur

de se concrétiser aujourd'hui vraiment certains décrivent ça comme cette potentielle réélection comme un cataclysme est-ce que c'est le qualificatif que vous emploriez ou ça serait la démocratie qui passe aux Etats-Unis une nouvelle fois et qu'il faudra faire avec ce nouveau partenaire que l'on connaît déjà bien

34:12
Valérie Hayer

bien sûr on le connaît bien on ne sait pas trop comment il va se comporter s'il va être encore plus dans la provocation qu'il ne l'a été par le passé ou qu'il ne l'est pendant cette campagne cataclysme ou pas cataclysme il faut que nous Européens nous nous donnions les moyens de notre indépendance et donc c'est un moi ce que je vois depuis 2019 au Parlement européen et dans les orientations stratégiques des chefs d'Etat et de gouvernement c'est qu'on fonctionne avec un sentiment d'urgence prix sanitaire sentiment d'urgence on brise le tabou de la dette européenne guerre en Ukraine sentiment d'urgence évidemment on soutient l'Ukraine on a une position très dure vis-à-vis de la Russie et on commence à bâtir cette Europe de la défense et ce que j'ai vu moi y compris sur les enjeux économiques notamment sur les enjeux industriels on a eu une période un peu de plat et là la perspective de la potentielle réélection de Donald Trump change la donne encore on arrive encore avec ce sentiment d'urgence et maintenant y compris dans les discours d'Olaf Schultz dont on parlait par exemple tout à l'heure il y a vraiment un changement dans l'approche sur ces sujets-là

35:16
Présentateur

dans le même temps un autre conflit continue de faire des milliers de victimes dans la bande de Gaza François

35:22
Intervenant

Oui vous vous dites non sans raison il faut que l'Europe compte davantage elle peut peser davantage dans le jeu mondial elle doit peser davantage et pourtant sur ce conflit alors silence radio on n'entend pas tellement l'Europe est-ce qu'on n'était pas en droit d'attendre une initiative un plan de paix en tout cas une forme d'activisme dans le meilleur des sens pour essayer de contribuer à la résolution de ce conflit

35:48
Valérie Hayer

La position de l'Union Européenne et celle qu'on a portée au Parlement Européen elle est claire elle est partagée par l'ensemble des pays Je parlais par position je l'étais sur le cran de coup dessus D'abord je voudrais rappeler que sur ce conflit entre les attaques du 7 octobre ces attentats perpétrés par le Hamas ont été évidemment condamnés par l'ensemble des pays de l'Union Européenne et par l'Union Européenne nous appelons à une libération des otages à un cessez-le-feu et à cette solution à deux états en termes de perspective de résolution du conflit d'un point de vue politique L'Union Européenne elle est là on porte aussi des éléments d'aide de soutien à Israël mais aussi de l'aide à la population gazaouie et après sur les éléments de politique étrangère je le reconnais avec vous il faut qu'on puisse avancer pour avoir une voix qui porte et unie en tant qu'Union Européenne

36:46
Intervenant

Nicolas ? une question sur un événement qui s'est produit le 8 mars lors de la manifestation des femmes au cours de cette manifestation une nouvelle fois une seconde fois les femmes juives qui manifestaient pour toutes les victimes d'ailleurs ont été prises à partie assez violemment même pour certaines donc je voulais savoir comment vous aviez réagi au fond sur ces manifestations qui au fond reviennent à leur refuser d'être des femmes et des victimes

37:11
Valérie Hayer

plein soutien évidemment à la communauté juive on voit depuis plusieurs semaines des attaques des agressions qui se multiplient on est dans un moment de gravité et effectivement ce conflit entre Israël et le Hamas a des répercussions sur la sécurité de la population et de la communauté juive en France donc plein soutien et je le redis vous parliez de cette manifestation à l'occasion de la journée des droits de la femme toutes les femmes de quelques confessions qu'elles soient en France doivent être évidemment protégées et donc

37:55
Présentateur

plein soutien à ces victimes Valérie Ayet tout autre sujet à présent pendant ce temps en France Bercy nous prévient que les temps faciles sont révolus loin derrière nous et le retour le retour oui de la rigueur c'est le chiffre de l'anglais

38:12
Intervenant

ce chiffre Valérie Ayet c'est 20 milliards c'est le montant des économies qu'on espère faire en 2025 en réalité il est double parce qu'il y a 10 milliards de plus en 2024 et 20 milliards au total à faire en 2025 à cause de la détérioration forte du déficit elle-même liée évidemment au ralentissement de l'activité économique est-ce que la France et au-delà de ça l'Europe on voit ce même type de plan en Allemagne pour les mêmes raisons est-ce que la France n'est pas une nouvelle fois à contre-temps incapable de réduire ses dépenses en haute cycle et incapable de dépenser en bas de cycle quand il faudrait le faire

38:47
Valérie Hayer

c'est tout l'enjeu justement et de ses priorités de réduction de la dépense publique on a vu d'abord peut-être un élément de rappel la France n'a pas eu un budget à l'équilibre depuis 1974

39:00
Intervenant

on a un niveau

39:04
Valérie Hayer

on n'a jamais vu

39:05
Intervenant

un déficit aussi important avec une croissance de presque 7% donc ça aussi c'est un record sur un demi-siècle on avance

39:13
Valérie Hayer

record sur record pour reprendre votre mot il faut trouver la voie d'équilibre entre réduction de nos dépenses et maintien et soutien à l'investissement et c'est la réduction de nos dépenses je dirais courantes entre guillemets de fonctionnement qui vont nous permettre aussi de nous donner des capacités de respiration entre guillemets dans les temps de crise et pour continuer à soutenir les investissements qui doivent être stratégiques c'est la philosophie qui a été la nôtre au niveau européen quand on a négocié les nouvelles règles du pacte de stabilité et de croissance je ne voudrais pas être trop technique mais ces règles c'est 3% pas plus de 3% de déficit et 60% de propriété de l'euro exactement elles ont été suspendues à l'occasion de la crise sanitaire pour permettre aux états de quoi qu'il en coûte en France et de soutenir leurs économies aujourd'hui on a finalisé les négociations pour changer ces règles là parce qu'on puisse même avant la crise sanitaire elle n'était pas respectée et donc c'est cette ligne là cet équilibre là qu'il faut trouver réduction trajectoire de réduction de la dette et se donner les marges de manœuvre suffisantes pour continuer à investir dans notre industrie dans la transition climatique ou dans le digital

40:26
Intervenant

alors ces investissements ils se font pour partie d'ailleurs avec le plan européen que vous avez évoqué Alain Minc esprit éminent et observateur de l'économie souvent assez fin dit il est urgent d'augmenter les impôts justement pour accélérer le redressement des finances publiques françaises vous en dites quoi ?

40:44
Valérie Hayer

On a un niveau d'impôt qui est très élevé en France je pense que

40:47
Intervenant

c'est encore un record

40:49
Valérie Hayer

exactement donc la réduction de nos dépenses de certaines de nos dépenses et le travail qui est fait pour favoriser la croissance sont des éléments déterminants puis après il y a la dynamique qu'on peut créer évidemment au niveau européen dans les discussions en cours

41:03
Présentateur

Valérie parlons de la crise agricole qui est loin loin d'être terminée on le voit les cris l'alarme de beaucoup beaucoup de professionnels sur le sujet vous avez dit au Parlement européen nous les défendons ces agriculteurs parce que notre ferme France a besoin d'Europe mais très vite l'Europe a été pointée du doigt comme le coupable finalement le grand responsable du mal-être du fait que les agriculteurs ne soient pas assez bien rémunérés est-ce que c'est la faute justement votre une partie de votre faute de ces partisans de l'Europe de ces européistes qui n'ont peut-être pas fait assez de pédagogie quant au fait que l'Europe leur apportait peut-être plus qu'ils ne le pensaient est-ce qu'il n'y a pas eu un défaut peut-être un accompagnement aussi dans tout cela

41:46
Valérie Hayer

vous avez rappelé que j'étais petite fille et fille d'agriculteur moi je sais ce que la PAC rapporte à nos agriculteurs probablement que mes parents n'auraient pas eu la même vie ou la même activité s'ils n'avaient pas eu la politique agricole commune c'est aujourd'hui 10 milliards d'euros qui vont chaque année aux français j'ai négocié ces 10 milliards d'euros en début de mandat c'était pas gagné parce qu'on avait des pays pardonnez-moi l'expression mais qui pensaient que l'agriculture c'est ringard et qui valait mieux mettre le paquet sur la transition digitale ou l'environnement et on a réussi à préserver cette enveloppe c'est important vous avez entendu

42:24
Présentateur

ils se sont tous en grande majorité retournés contre l'Europe et l'institution

42:28
Valérie Hayer

depuis le début le premier jour au Parlement européen nous nous mobilisons pour protéger et accompagner les agriculteurs j'ai parmi mes collègues députés européens un agriculteur Jérémy Decerle donc on est aux côtés des agriculteurs depuis le début la politique agricole commune qu'on a réformée elle s'articulait autour de trois piliers une meilleure rémunération l'accompagnement dans la transition environnementale et les enjeux de souveraineté alimentaire donc ça c'est ce qu'on a travaillé au Parlement européen dès le début du mandat maintenant la colère du monde agricole je l'entends il y a des attentes qui relèvent qui sont très fortes vis-à-vis de l'Union européenne on devrait aussi rappeler que dans les manifestations qu'on a vues en France et qu'on a vues en Pologne en Espagne en Allemagne ou aux Pays-Bas il y avait aussi des attentes vis-à-vis du niveau national donc quand j'entends dire que le monde agricole est très vindicatif vis-à-vis de l'Union européenne il faut aussi prendre un peu de recul par rapport à ça ce qui ne veut pas dire évidemment qu'on n'a pas des ajustements et des mesures d'accompagnement et plus structurelles qui doivent être bâties au niveau européen c'est ce qu'on a fait à la demande du moins de normes aussi exactement donc simplification administrative on l'a demandé à la Commission et à l'Europe on va y aller on va y travailler les ajustements sans être trop techniques sur la politique agricole commune et les jachères et il faut aussi travailler ensemble sur des mesures structurelles en France on a fait le job entre guillemets même s'il faut aller plus loin avec les différentes lois égalimes mais il y a des enjeux de meilleure rémunération et ça il faudrait qu'on puisse avancer sur un égalime européen les enjeux de concurrence loyale au sein même des 27 mais aussi par rapport aux produits qui arrivent de l'extérieur et puis la simplification administrative ça c'est des mesures de plus long terme

44:13
Intervenant

au-delà même de l'agriculture l'image de l'Europe est mauvaise elle est mauvaise sur tous les sujets elle est caricaturée on peut le regretter mais c'est la réalité chaque fois qu'on parle de l'Europe on oublie il y a quand même des réglementations qui sont utiles que d'ailleurs elles sont souvent sur-transposées en France et que la responsabilité initiale ne vient pas de Bruxelles mais plutôt de Paris vous qui êtes en quelque sorte les défenseurs par profession on ne vous voit jamais qu'au moment des élections

44:41
Valérie Hayer

pardon vous ne pouvez pas dire ça pour le coup en élément de rappel on est au Parlement européen 79 députés européens on l'a rappelé en début d'émission il y a des députés européens qui ne travaillent pas au Parlement européen ce que je veux dire

44:56
Intervenant

c'est que la cause européenne finalement elle est assez mal aimée en France comment faire pour redorer son blason ?

45:04
Valérie Hayer

Emmanuel Macron a remis l'Europe au milieu des débats français en 2017 et 2019 mais c'est un point de force et il faut et nous notre ligne c'est de dire on est fiers d'être européens et c'est en renforçant l'Union Européenne qu'on va renforcer la France vous donnez quelques exemples et alors pardonnez-moi aussi de faire une remarque c'est que moi quand je c'est peut-être pas votre cas ici mais quand je lis la presse française quand on parle d'Europe c'est quand ça va mal on a voté la plus grande loi de régulation des géants du numérique au monde inédite vous en avez parlé ici mais ça n'a pas forcément eu les Français ça n'a pas forcément eu l'écho que les Français auraient pu en avoir légitimement ou ces attentes-là sur ces questions-là ont bâti avec l'Union Européenne les conditions de la lutte contre le réchauffement climatique et d'atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050 on a fait le fameux je vois vos téléphones le chargeur unique pour que vos téléphones vos ordinateurs vous ayez plus ce problème de changer de câble c'est des éléments très concrets par exemple la fin du roaming le fait de pouvoir d'un pays à l'autre voyager traverser les frontières voyager voyager en Europe Erasmus l'Europe des échanges c'est aussi ça

46:19
Intervenant

c'est pas communautaire ça pour le coup

46:20
Valérie Hayer

pardon oui mais c'est quand même c'est quand même une dynamique européenne dans laquelle on s'inscrit

46:26
Présentateur

et ça on n'en parle pas suffisamment selon vous mais pas forcément la responsabilité uniquement aux médias que nous sommes c'est peut-être parce que c'est pas assez bien vendu

46:34
Valérie Hayer

non mais alors je pense que pour bien connaître l'Allemagne on a aussi un rapport culturel à l'Europe qui est différent et ça suppose un que les responsables politiques s'emparent des enjeux européens que les médias s'emparent des enjeux européens et que très jeunes aussi et là aussi ça a commencé à changer on explique aux français aux jeunes français l'apport de la construction européenne et la manière dont ils peuvent en bénéficier en faisant des études ou un apprentissage

47:02
Présentateur

à l'étranger ça fera partie forcément de cette campagne une question rapide mais on aimerait avoir vos mots là-dessus la liste des insoumis aux élections de juin a été dévoilée cette semaine et elle accueille en septième place une activiste pro-palestinienne au profil plutôt sulfureux Rima Hassan le macroniste chef des députés renaissance pardonnez-moi à Sylvain Maillard à l'Assemblée Nationale accuse la France insoumise de cibler l'électorat antisémite Laurier vous dit comme cela

47:34
Valérie Hayer

écoutez je dois dire je ne connais pas cette je ne connais pas cette dame j'ai pas vu quelles étaient ses expressions on a vu que la France insoumise sur ces dernières semaines a cherché à polariser beaucoup autour de la guerre entre Israël et le Hamas et c'est justement ce dans quoi nous nous ne devons pas c'est une position sur laquelle il faut être prudent je crois parce que il faut et moi j'attendrai de cette dame qu'elle le fasse clairement dans la campagne à savoir à la fois condamner les attaques horribles du Hamas mais aussi appeler à un cessez-le-feu

48:21
Présentateur

et à l'immédiat on parlait de votre premier meeting grand rassemblement hier quelle sera la suite de votre campagne quelle tonalité comment allez-vous vous y prendre celle droite suite de Nicolas

48:31
Intervenant

oui je vais vous montrer des images et vous faire écouter des propos que vous avez peut-être déjà entendus et des images que vous avez peut-être déjà vu en tout cas certains de vos proches les ont vues celles de Nicolas Sarkozy 2009 à Nîmes voilà le moment où le président de la république de l'époque relance ou lance d'ailleurs vraiment la campagne des européennes ce qui a donné un coup de booster écouter regardez vous allez me dire ensuite si vous pensez que le président de la république actuelle devrait faire idem mais l'Europe des pères fondateurs c'est une Europe qui considérait que son devoir était de protéger c'est l'Europe qui n'avait pas peur d'afficher sa préférence communautaire c'est une Europe celle des pères fondateurs ouverte mais qui refuse la naïveté et bien c'est l'esprit de cette Europe qu'il nous faut retrouver alors 5 mai 2009 c'était le président de la république aujourd'hui doit intervenir quand le 5 mai prochain

49:33
Valérie Hayer

je souhaite qu'il s'implique dans cette campagne et je pense qu'il s'impliquera quand je le redis depuis le premier jour Emmanuel Macron candidat a eu un engagement européen très fort là où on ne parlait plus d'Europe dans le débat politique français donc il a eu j'allais dire le courage mais le volontarisme et la vision de remettre le débat l'Europe dans le débat politique français et évidemment son engagement sur les enjeux européens n'est plus à démontrer le discours de la Sorbonne 2017 au Parlement européen si on prend un peu de recul parce que je pense que c'est important aussi que les français le sachent je suis membre d'un groupe politique qui est évidemment le groupe dans lequel siègent les alliés de notre majorité d'Emmanuel Macron mais j'ai aussi des collègues dans les groupes à droite et à gauche du Parlement européen qui attendent beaucoup d'Emmanuel Macron parce qu'il considère qu'il est le seul leader européen à avoir une vision sur le projet européen

50:29
Intervenant

et donc demain à comment et j'espère que

50:31
Valérie Hayer

je ne doute pas que le président de la République s'impliquera

50:34
Intervenant

dans cette situation le président a demandé à Edouard Philippe et à François Bayrou de figurer sur la liste c'est acté ou pas ?

50:40
Valérie Hayer

les discussions sont en cours sur la composition de la liste vous y en saurez plus

50:45
Présentateur

très très vite

50:45
Intervenant

et Attal l'an dernier s'est envisagé ?

50:48
Présentateur

à l'instar d'une Marine Le Pen qui apparaîtrait dans la liste de Jordan Bardella est-ce que ça pourrait faire partie des plans ? vous en saurez plus dans les prochaines semaines mais c'est en négociation

50:58
Valérie Hayer

la liste est en cours de négociation avec l'ensemble de nos partenaires on est parti en 2019 avec l'ensemble des partenaires de la majorité présidentielle que vous avez vu hier au meeting donc Renaissance Horizon le Modem le parti radical il y a des discussions en cours avec l'UDI également je ne sais pas dans quelle mesure elles aboutiront et je serais très heureuse qu'on puisse conforter notre engagement européen avec un nouveau parti dans cette configuration-là les discussions sont en cours et vous en saurez

51:32
Présentateur

plus vite très vite Valérie il y a une dernière question Raphaël Glucksmann vous avez beaucoup parlé ces derniers jours vous a répondu ce matin dans Le Parisien parce que vous affirmiez qu'il votait à 90% comme le groupe Renew au Parlement européen et il vous répond en disant que cet élément de communication est fallacieux et elle le sait bien parlant de vous nous sommes aux antipodes d'Emmanuel Macron un duo un ticket Glucksmann ayé semble bel et bien enterré c'est pas possible c'était pas

52:02
Valérie Hayer

mon ambition j'ai rappelé une évidence qui est qu'on vote on a beaucoup de positions communes que le PS de Raphaël Glucksmann ou Raphaël Glucksmann plutôt vote beaucoup sur les mêmes positions que nous mais il y a aussi une réalité c'est-à-dire qu'il est engagé dans la NUPES c'est-à-dire une formation qui contient une formation politique qui prenait la désobéissance européenne mais il vous gratuite il y a une forme

52:26
Présentateur

de favorisité de votre part aussi 9-10% des voix qui pourraient potentiellement vous manquer peut-être pas les 10% mais 5-6% qui pourraient manquer au camp des macronistes simplement

52:38
Valérie Hayer

un état des lieux de la réalité des positionnements des uns et des autres moi au Parlement européen je suis dans une coalition qu'on appelle la coalition von der Leyen dans laquelle siège le PPE et la droite européenne et la gauche européenne et dans ce contexte-là on a un certain nombre de votes en commun il faut rappeler à l'ensemble de nos électeurs quelle est la réalité des votes en commun et des dynamiques au Parlement européen mais aussi rappeler qu'il y a des votes à Bruxelles et puis il y a des positionnements politiques derrière Mélenchon à Paris

53:10
Présentateur

Valérie merci beaucoup d'avoir été notre invitée ce dimanche tout de suite LCI Midi avec Florence O'Kelly on se retrouve dimanche prochain belle journée à tous