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InterviewLa Clé des Champs· 27 août 2025 63 minComplaisantFond programmatiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

[Rencontre] - Annie Genevard - Ministre de dialogue et de territoire

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 76 %Attaque 15 %Défensif 9 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:20OuverteRéponse directe

    Pourriez-vous vous présenter s'il vous plaît ?

  • 3:02OuverteRéponse directe

    Quel a été le déclic pour vous investir en agriculture ?

  • 5:13OuverteRéponse directe

    Racontez-nous votre nomination en tant que ministre de l'agriculture.

  • 7:24OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui fera selon vous que vous aurez réussi à la fin de votre prise de poste ?

  • 12:26RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce qui fera selon vous que vous aurez réussi à la fin de votre prise de poste ?

  • 13:09OuverteRéponse directe

    Pourquoi est-il si long d'avoir plus de femmes aux commandes des instances agricoles ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:02Annie JeunevFait
    « Je suis ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire depuis le 21 septembre 2024. »
  • 3:45Annie JeunevFait
    « J'ai fait campagne autour de l'idée que je voulais être la députée des agriculteurs. »
  • 4:29Annie JeunevFait
    « J'ai été l'auteur de l'acte 2 de la loi montagne. »
  • 5:13Annie JeunevFait
    « J'ai accompagné l'examen des projets de loi agricole. »
  • 8:49Annie JeunevChiffre
    « J'ai obtenu du budget presque 1 demi milliard d'allègement de charge sociale et fiscale. »
  • 30:34Annie JeunevChiffre
    « Un poulet sur deux consommé en France n'est pas élevé en France. »
  • 44:54Annie JeunevChiffre
    « Dans les 10 ans qui viennent, un agriculteur sur deux partira en retraite. »
  • 50:46Annie JeunevFait
    « On ne peut pas opposer agriculture et environnement. »
  • 55:08Annie JeunevPromesse
    « Il faut donner les moyens juridiques aux agriculteurs de stocker l'eau. »
  • 58:05Annie GenevardChiffre
    « C'est une la France est un immense pays d'élevage, probablement le plus le plus grand pays d'élevage en Europe et même au monde par la variété de ces ses races, par la qualité de sa génétique, par la qualité de ses productions. »
  • 58:05Annie GenevardFait
    « l'élevage, ce sont des prairies, c'est de l'agriculture extensive, c'est de la captation de carbone, c'est du couvert végétal, c'est bon pour l'environnement »
  • 58:48Annie GenevardFait
    « il y a une attaque très organisée contre l'élevage et contre la production de viande et la consommation de viande. Je pense que ça doit être combattu pied à pied. »
  • 58:48Annie GenevardFait
    « on ne peut pas à la fois encourager l'élevage et encourager fiscalement ceux qui le combattent et qui parfois commettent des actes délictueux. »
  • 58:48Annie GenevardFait
    « je pense à ceux qui s'en sont pris par exemple au coopératif Porsine en Bretagne qui ont commis des acte délictueux, qui ont mis le feu à des bâtiments. »
  • 59:31Annie GenevardFait
    « je vois beaucoup de jeunes agriculteurs qui ont des pratiques agronomiques différentes pour pour mieux protéger le sol, pour pouvoir améliorer les rendements. »
  • 59:31Annie GenevardFait
    « Je vois des agriculteurs, même s'ils sont pas en bio, qui diminuent le recours au aux intrans phytosanitaires. »
  • 59:31Annie GenevardFait
    « Je vois des éleveurs qui pratiquent des systèmes de policulture élevage pour être en autosuffisance alimentaire pour leur bétail. »
  • 1:00:15Annie GenevardFait
    « Il y a tous les dispositifs aussi dimanche à la ferme, ferme ouverte, l'accueil à la ferme qui montre voilà la réalité du métier d'agriculteur »
  • 1:01:00Annie GenevardFait
    « les pratiques agricoles, elles progressent énormément. Ça n'a rien à voir la production agricole par rapport aux années 50 60. »
  • 1:01:00Annie GenevardFait
    « la recherche, la formation, la mécanisation, le machinisme agricole ont fait énormément de progrès pour concilier justement agriculture et respect de l'environnement. »

Temps de parole

  • ?99 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Non speech

[Musique]

0:10
Locuteur

Bonjour à tous, bonjour à toutes. Je suis Louise Laspard du podcast La Clé des Champs, le podcast qui donne la parole aux agriculteurs. Aujourd'hui, j'ai le grand plaisir de recevoir au micro une invitée pas tout à fait comme les autres. J'ai nommé Annie Jeunev, ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire. C'est la deuxième fois que j'ai la chance de me rendre dans le bureau de la rue de Varen pour conduire une telle interview puisqu'il y a 4 ans maintenant déjà, c'était Julien de Normandie que je recevais au micro. Mais cette fois-ci, je ne suis pas montée seule à Paris.

Pour construire l'interview, j'ai consulté les agriculteurs de mon entourage pour connaître les sujets qui les préoccupent vraiment. Grâce à leur retour, j'ai pu bâtir le fil rouge de cette discussion, mais j'ai voulu aller plus loin dans la démarche. Je leur ai proposé de poser leurs questions directement à madame la ministre. Ils m'ont donc enregistré leurs vocaux que j'ai soumis en direct à Annie Jeunev. Cette dernière s'est prêtée au jeu sans hésiter et même j'ai l'impression avec plaisir et sans avoir consulté les questions au préalable. Je tiens à le préciser. J'en profite pour la remercier.

Ce n'est donc pas un épisode à deux voix que vous allez écouter, mais plutôt un épisode à plusieurs voix. Celle du terrain, des campagnes et des fermes. Un grand merci à tous les agriculteurs qui ont joué le jeu. Vous en reconnaîtrez certains que j'ai précédemment reçu sur le podcast. Pour cette interview, j'ai eu le droit à plus d'une heure d'échange. Une heure d'échange avec une ministre, c'est à la fois beaucoup et à la fois très peu au vu de l'étendue des sujets agricoles du moment. La crise nationale que traverse le secteur, les tensions internationales, le renouvellement des générations, la place des femmes en agriculture ou encore l'ange majeur du changement climatique.

Vaste programme. Nous avons passé tous ces sujets en revue sans oublier son parcours personnel sur lequel madame la ministre est habituellement plutôt discrète. C'était donc aussi l'occasion de découvrir le parcours de cette femme aux valeurs territoriales fortes puisqu'elle a fait ses premières classes politiques au cœur du doux, département agricole et montagneux. Bref, je vous laisse en compagnie de madame la ministre. Bonne écoute.

2:13
Non speech

[Musique]

2:20
Locuteur

Bonjour madame la ministre. Bonjour. Merci beaucoup de m'accueillir dans vos bureaux. Euh pour commencer, est-ce que vous pourriez vous présenter s'il vous plaît ? Alors, je m'appelle Annie Jeunev, je suis ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire depuis le 21 septembre 2024. Très bien. Euh avant qu'on commence l'entretien, euh j'ai choisi un petit format particulier pour venir vous voir parce que c'est une responsabilité de venir interviewer la minute de l'agriculture. Donc, je suis pas venue toute seule, je suis venue avec dans le sac à dos les agriculteurs de mon entourage et de mon réseau. Euh voilà.

D'une part, je les ai consulté avant pour savoir quels étaient les thèmes qui étaient importants pour eux. Donc, j'ai construit l'interview en fonction et ensuite, j'ai sélectionner des questions qu'ils avaient pour vous. Donc ça viendra rythmer l'interview. Et je vous remercie de vous être prêté au jeu et puis je remercie les agriculteurs effectivement d'avoir joué le jeu aussi de leur côté. Avant qu'on rentre dans le vif du sujet, j'aurais aimé qu'on vous connaisse mieux personnellement. Est-ce que vous nous pouvez nous raconter quel a été le déclic pour vous de vous investir en agriculture ?

Et bien moi, je vis euh dans le Haou, une région agricole d'élevage, d'élevage de Montbelli et de production de Comé de Montor et de Morbier. Et euh en 2012, lorsque je me présente aux élections euh législatives, vous savez, il faut toujours donner un sens à son engagement. Et à ce moment-là, j'ai fait campagne autour de l'idée que je voulais être la députée des agriculteurs parce que je sentais bien qu'il y avait quelque chose de fondamental dans le sens à donner à ma à à ce mandat législatif que j'essayais de conquérir. Et donc pour cela, j'ai fait plusieurs choses.

D'abord, j'ai choisi un suppléant agriculteur qui est qui m'accompagne d'ailleurs toujours, qui maintenant est député de ma circonscription puisque lorsque je suis devenue ministre, j'ai cessé d'être évidemment député. Il s'appelle Éric Légeon. Il est agriculteur, éleveur de Montbelliard et il est toujours agriculteur tout en étant député. Donc c'est lui euh qui m'a accompagné dans cette campagne. Et puis ma circonscription a la particularité d'avoir beaucoup de petits village et dans chaque village vous avez des exploitations agricoles. Donc toutes mes campagnes électorales législatives, je les ai faites dans les cours de ferme au contact des agriculteurs.

Et une fois devenu député, j'ai été constamment à leur côté pour porter leur projet. Vous voyez, j'ai été l'auteur de l'acte 2 de la loi montagne. Une des activités économiques phare de la montagne, c'est l'agriculture. J'ai accompagné l'examen des projets de loi agricole. Je me suis battue pour qu'on reconnaisse les femmes dans les Gaeques, les GaEC entre époux. Euh je me suis battu pour qu'on reconnaisse la transparence des Grecs, pour que dans la loi d'orientation agricole, il y ait des dispositions qui concernent euh les agriculteurs et les femmes en particulier. Cet engagement auprès des agriculteurs, c'est le fil rouge de euh de mon engagement en politique.

Est-ce qu'il y a un événement particulièrement marquant ou une rencontre avec des agriculteurs où vous êtes dit "Ah non, mais là faut que je m'investisse là-dedans Alors euh j'ai plein de souvenirs évidemment j'ai le souvenir d'avoir participé à un vélage. J'ai d'innombrables souvenirs de commiss agricole au point d'ailleurs que au bout du 50e les agriculteurs m'ont remis une cloche qui est un cadeau un très beau cadeau pour cette anecdote. Donc Annie 50 commiss ou 50e commiss offert une cloche.

Puis j'ai des souvenirs émouvants quand les agriculteurs sont venus me voir quasiment en larme pour me dire voilà nos cheptel nos bêtes sont attaquées la nuit par le loup, on sait pas comment faire pour se défendre où j'ai perçu euh leur leur immense émotion. J'ai des moments que j'ai partagé avec eux de grande fierté quand on a pu faire reconnaître l'IGP saucisse de morteau. La saucisse de morteau, ce sont des éleveurs de port. Donc on est au cœur des problématiques agricoles et puis enfin 100 et un souvenirs que j'ai partagé avec eux et aujourd'hui je peux dire que j'ai avec eux une proximité vraiment d'affection.

Non seulement l'affection mais l'envie de se battre pour ce métier qui a un sens profond et une activité parmi les plus nobles qu'il soit de nourrir la population. Comment s'est faite l'intégration ? parce que je crois que vous êtes titulaire d'un CAPS en lettre classique. Donc autant dire que un petit peu éloigné de de tout ça. Alors oui, mais vous savez, il y a il y a rien qui soit incompatible. Euh d'abord le monde agricole, c'est un monde qui appelle un travail sérieux, un travail constant, un respect. Il faut pas y aller, faire un petit tour et puis s'en va. Il faut travailler avec eux sérieusement.

Euh avant d'être député, j'étais maire et comme maire évidemment je côtoyais les agriculteurs. Donc en réalité depuis plus de 20 ans, je travaille auprès des agriculteurs. En réalité l'acclimatation, elle s'est faite progressivement euh et puis j'ai gagné leur confiance. Et aujourd'hui, je peux dire que comme ministre de l'agriculture, c'est exactement la même chose que j'ai faite, les écouter, travailler sérieusement et je crois pouvoir dire qu'un lien de confiance s'est établi avec eux. Et racontez-nous votre nomination en tant que ministre de l'agriculture. Comment vous la prenez ? Comment vous vivez ?

Est-ce que vous êtes contente de ce que vous dises ou là là, vu le contexte dans lequel j'arrive puisque vous l'avez dit, c'était en septembre 2024, donc la crise agricole venait de avait démarré en janvier et était loin d'être loin d'être calmé. Comment comment ça se passe tout ça ? Alors, comment ça se passe ? Bon, je savais puisque Michel Barnier m'avait informé naturellement de son souhait de me voir confier ce magnifique portefeuille, d'abord c'est une joie immense parce que quand vous travaillez avec une profession pendant plus de 20 ans, accéder à la responsabilité ministérielle, c'est tout d'un coup être aux manettes, être en capacité de décider.

Voilà, c'est la plus belle des responsabilités quand on travaille auprès d'une profession. Alors, j'avais choisi de d'écouter la nomination officielle sur le péron de l'Élysée au milieu des agriculteurs. J'étais dans un commis ce jour-là, c'était un samedi, le samedi 21 septembre 2024 et j'ai j'avais passé la journée avec eux sur le commis de mouth. Et donc je leur ai dit voilà, je veux être avec vous quand j'apprendrai officiellement ma nomination. On était dans une salle, on avait installé un téléviseur, on avait servi l'apéritif et on attendait la nomination.

Et donc quand mon nom est sorti, ça a été évidemment des applaudissements, des prises de parole et puis une forme de cette simplicité dans la relation que j'ai avec les agriculteurs. C'était simple, on était tous en tenue de commiss chaleureux, c'était comme comme ça allait toujours avec eux. Et je n'ai pas oublié ce que m'a dit l'un d'entre eux, président d'une d'un syndicat d'agriculteur qui m'a dit Annie, n'oubliez jamais que l'agriculture ce n'est pas ce ne sont pas des problèmes, ce sont aussi des solutions et j'ai trouvé ça magnifique et je l'ai souvent répété d'ailleurs le propos de de Florent. Qu'est-ce qui fera selon vous ?

Je vous souhaite de rester en poste le plus longtemps possible. Je souhaite aussi pour ne rien vous cacher parce que j'aime tellement ce que je fais. Pourtant, c'est exigeant, parfois c'est dur, c'est beaucoup de de responsabilités et de et de situations difficiles à gérer. Mais je suis mais profondément heureuse d'être ici pour servir les agriculteurs et pour penser l'agriculture parce que ce n'est pas seulement être au service des agriculteurs, mais c'est aussi pour amener les à partager avec les agriculteurs une vision d'avenir pour l'agriculture. Non, il y a grand besoin.

Et alors, qu'est-ce qui fera à la fin de votre prise de poste que vous direz "OK, là j'ai réussi, j'ai fait ce que je voulais." Alors, il y a pas mal de d'enjeux. D'abord, c'est de les aider à passer les crises. Dieu sait qu'en 2024, quand j'arrive, c'est le sommet des crises. Il y a toutes les crises en même temps. au point d'ailleurs qu'un ancien ministre de l'agriculture m'envoie un message pour me féliciter et me dire "Tu es de tous les ministres de l'agriculture de la 5e probablement un de ceux qui arrivent avec le plus de crises en même temps parce que des crises il y en a toujours eu et mes collègues, mes prédécesseurs en ont géré beaucoup mais là elles arrivaient tout en même temps.

climatique, accidents météorologiques, trop d'eau, pas assez d'eau, euh les attaques sanitaires contre les troupeaux, les attaques sanitaires contre les productions végétales, la perte de rendement, donc il y avait tout en même temps. Et donc quand je quitterai ce ministère le plus tard possible, je serais contente si je peux me dire "J'ai gagné et conservé la confiance des agriculteurs." Ils ont eu le sentiment d'être d'avoir une ministre qui les a constamment épaulé, accompagné autant qu'elle le pouvait.

Si j'arrive à améliorer la souveraineté alimentaire du pays, c'est-à-dire à faire queon on puisse produire davantage pour nourrir les Français avec de bons produits de l'agriculture française, je pense que j'aurais le sentiment d'être d'avoir rempli ma fonction. Et enfin troisièmement, si j'arrive à réconcilier les Français avec l'agriculture française et les agriculteurs, avoir fait comprendre aux français que nos agriculteurs sont précieux et qu'il faut les considérer et qu'il faut entendre leurs difficultés et qu'il faut les accompagner dans la résolution de ces problèmes. et bien je pense que j'aurais réussi en tout cas en partie bah mon mon mandat de ministre.

Mon vaste programme et rendez-vous alors au premier commiss agricole après votre mandat pour voir comment vous êtes accueilli là-bas pour votre premier point. Euh j'aimerais qu'on parle maintenant de de la place des femmes en agriculture. Ça rejoint un peu votre parcours parce que vous êtes que la troisème ministre de l'agriculture dans un monde très masculin. Oui. Où les remarques matchistes quelquefois euh euh ne sont pas totalement absentes. Alors c'est un monde où il faut s'imposer et il faut montrer que bah oui, on peut être une femme et et connaître le monde agricole. et savoir de quoi on parle et parler technique.

Pourquoi c'est si long selon vous qu'il ait plus de femmes aux commandes des instances agricoles que ce soit ministère, interpro, syndicat ? Je pense que le monde politique, il est quand même encore masculin et qu'il a du mal à reconnaître la légitimité des femmes. Et ce ministère, c'est pas un hasard quand vous regardez dans le salon de l'entrée la les portraits, la galerie des portraits, il n'y a que des hommes. Il y a que des hommes. Il y a que des hommes. Donc la garde et crisson. Ça je l'ai ressenti. Ça je l'ai ressenti. Les petites remarques, voilà un peu malveillante. Qu'est-ce qu'il y connaît l'agriculture ? Bah oui, c'est une femme. Bah non, une femme ça s'y connaît en agriculture.

Et je peux vous dire que mes agriculteurs, quand je dis mes agriculteurs, ce sont ceux de chez moi. Ils le savent bien. Ils savent bien que depuis longtemps, je vais au cœur des sujets. Mais venons-en à votre question sur les femmes agricultrices. Avant, si ça vous embête, j'ai le témoignage de Apoline Martel à vous faire écouter pour introduire nos nos débats et comme ça ça nous mettra bien dans le vif du sujet, vous allez voir. Bonjour madame la ministre Apoline Martel. 27 ans, je suis associée en GAC avec mon papa et bientôt mon petit frère l'année prochaine. Nous avons des vaches laitières en agriculture biologique à Bainsou en Ilvène. Moi, je j'aurais une question.

Je suis jeune maman de deux enfants de 4 ans. J'ai vécu deux congés maternités en tant qu'agricultrice à titre principal et je suis assez sidérée par le manque de reconnaissance que nous avons nous les femmes agricultrices. Alors tout d'abord bien sûr toujours le même sujet, le remplacement qui est extrêmement compliqué. J'ai eu du mal voir l'impossibilité de me faire remplacer durant mes deux grossesses, ce qui m'a fait tenir jusqu'au bout euh à mon terme de d'accouchement. Par chance, je suis zangeg donc j'ai deux salariés et j'ai mon papa. Mais une femme seule agricultrice, je pense même que c'est inconcevable pour elle de d'imaginer avoir des enfants.

Je vous souhaite une belle journée et à bientôt. Qu'est-ce que ça vous évoque ce témoignage ? Alors ça ça évoque pour moi des choses très très précises. D'abord merci à Pauline pour ce témoignage. Euh dans la Loo, la loi d'orientation agricole, j'ai tenu à présenter des amendements qui ont été adoptés par mon prédécesseur Marc Fenot que je remercie qui vise à mieux reconnaître les besoins des femmes parce que euh ce qu'Appoline explique euh c'est un un sujet sur lequel les femmes m'ont beaucoup interpellé. Euh bien sûr, il existe un service de remplacement en cas de maladie, en cas de de de grossesse, de maternité. seulement évidemment, il faut pouvoir trouver des remplaçants.

Et ça ça pose la question du de la ressource humaine. Moi, je connais bien le système du service de remplacement qui est un excellent dispositif qui permet euh aux agriculteurs et aux agricultrices de s'engager par exemple dans des fonctions syndicales ou des fonctions associatives, sinon elle ne le pourraient pas. Mais il y a une singularité dans le service de remplacement. C'est le le congé maternité. Donc les femmes, les agricultrices ont droit au congé maternité. Simplement, il faut qu'elles trouvent euh des des personnes pour les remplacer. Et ça, c'est un sacré problème. Mais euh euh on s'y attelle.

Je travaille beaucoup euh j'ai réuni il y a peu un panel de femmes parce que je veux travailler sur cette question spécifique des droits des agricultrices. Donc j'ai demandé à chaque organisation professionnelle agricole, à chaque syndicat agricole de déléguer une femme pour travailler avec moi à mes côtés. J'ai euh demandé également à la MSA de participer à cette instance de travail et on a eu une première réunion et il y en aura d'autres. Je veux moi avancer concrètement hein. Donc il faut qu'on réfléchisse à cette façon de lever les freins pour les agricultrices parce qu'elles jouent un rôle fondamental. Elles ont toujours joué un rôle fondamental dans l'histoire.

Elles ont été des guerrières. Lorsque les hommes ont dû partir à la guerre, qui a fait tourner l'agriculture française ? Ce sont les femmes. Et elles ont un courage extraordinaire avant qu'elles ne conquièent un statut de conjointes collaboratrices par exemple. Euh elles sont aujourd'hui chefs d'exploitation, elles sont parfois salariées agricoles, elles sont responsables syndicales, elles sont responsables associative, elles sont présidentes de chambre et ça va continuer. Et bien elle n'avait pas de de visibilité, elle n'avait pas de statut protecteur, elle travaillait avec acharnement. Euh je me souviens d'une étude sociologique qui a été faite sur une partie du territoire du doux.

Ça s'appelle femme de ferme. Ça a donné lieu à un spectacle de théâtre d'ailleurs. Les femmes ont été mais mais travailleuses comme on peut pas l'imaginer. Elles sont très reconnues par les hommes. Faut pas croire que ne sont pas reconnues. Les hommes savent ce qu'ils leur doivent aux femmes agricultrices. Moi je ne dis pas femmes d'agriculteur, je dis agricultrice. Elles ont conquis leur pleine légitimité. Alors, je veux dire à Apeline, Appeline, bravo, vous êtes en Gaec, vous êtes chef d'exploitation, vous combinez un travail avec des responsabilités familiales avec vos deux enfants.

Bravo, vous êtes courageuse et je vous promets que nous travaillons à améliorer cette question de la couverture des droits et la pleine satisfaction des droits des des agricultrices parce que il y a encore des situations difficiles, je le sais.

Oui, c'est sûr que c'est des chefs d'entreprise à part entière mais avec une autre législation que moi j'ai eu en congé maternité pendant en gérant mon entreprise mais je suis pas du tout confronté au même sujet aux mêmes difficultés qu'elle donc c'est vrai qu'il y a une profonde injustice même vis-à-vis des des autres professions là-dessus oui parce que elle a une une exploitation d'élevage les vaches hein il faut s'en il faut il faut s'en occuper tous les jour hein maintenant j'aimerais passer à la crise agricole national l'a dit vous êtes arrivé au ministère dans un contexte de crise profonde et de colère.

Et vous voyez quand je vais sonder un peu les agriculteurs, j'ai l'impression que maintenant on est passé au-delà du stade de la colère. On est presque sur un sentiment d'abandon qui n'est pas forcément une bonne nouvelle je trouve mais j'ai pas mis de vocau mais je vais vous les citer. J'ai Tangy Bido qui est évitier en Normandie qui me dit "Mais quand défendrons-nous les campagnes en expliquant quelles servent à produire ? Nicolas Dumont a opéctères avec la pression sanitaire qu'on nous met. Ne va-t-on pas vers la fin des fromages au les cru ?" sans le dire ? Pauline qui a parlé du manque de reconnaissance des femmes. On a parlé aussi du manque de reconnaissance du bio, du pastoralisme.

En fait, chacun sur ces sujets, quelle que soit la filière, il y a ce sentiment de Ouais. d'être laissé pour compte, d'être un peu abandonné et puis d'injustice quoi, de pas être connu à sa juste valeur. Comment selon vous quelles sont vraiment les les nœuds du malaise et comment on en est arrivé là ? Alors, il y a il y a, je pense, deux niveaux d'explication à la sentiments euh des éleveurs, enfin et des producteurs. D'abord, euh dans ce que vous avez euh rapporté de leurs sentiments, euh l'un d'eux évoque quand est-ce qu'on va nous laisser produire.

Et il y a eu pendant plusieurs années l'idée que il fallait décroître, il fallait une décroissance agricole parce que on prélevait trop de ressources sur la terre, on allait prendre trop d'eau, on allait produire du carbone ou du méthane, on allait abîmer la terre. enfin ces idées folles qui euh contestent la légitimité de la production agricole. Et ça c'est très grave. Et vous voyez au salon de l'agriculture qui a été mon premier salon de l'agriculture comme ministre, j'ai assisté depuis des années à tous les salons de l'agriculture, mais celui-là, il avait une saveur particulière. J'ai été ministre, je suis restée continuement une semaine au salon.

Ce salon, pour moi, c'était un moment extraordinaire. D'abord parce que il venait après une longue période de colère, de crise et que tout le monde aspirait à un salon qui se passe bien où les Français puissent venir nombreux au salon sans qu'il y ait de la colère et sans qu'on ait besoin de faire entrer des CRS dans le salon. J'ai fait un discours parce que le ministre de l'agriculture au salon, il doit dire quelque chose aux agriculteurs. Il est pas seulement là pour serrer des mains et flatter des vaches. Non, il faut qu'il disent des choses qui ont du sens. Et dans le discours que j'ai prononcé, j'ai évoqué cette question de la production.

Oui, les agriculteurs, vous avez le droit de produire. Vous êtes c'est même la raison d'être de votre métier et on n' pas le droit de vous contester cela. Et vous vous êtes vous êtes là pour faire la chose la plus noble qui soit, nourrir les Français. Et donc cette cet appel dans ce sentiment qu'ont exprimé les agriculteurs, il y a un appel à reconnaissance. Reconnaissez-nous pour ce que nous savons faire. Vous nous avez demandé au moment de la révolution industrielle de quitter nos campagnes pour aller dans les usines. On l'a fait. Ensuite, la population a progressé. Vous nous avez demandé de produire plus pour nourrir la population au moment du baby boom. Nous l'avons fait.

Ensuite, vous nous avez demandé de produire autrement pour s'adapter euh aux impératifs de respect de l'environnement. Nous le faisons. En fait, le monde agricole, il est extraordinairement adaptable aux demandes des Français. Mais il faut qu'il soit reconnu pour ça. Et donc faut qu'on reconnaisse que ils font les choses bien, que ils produisent en respectant la nature qui est leur outil de travail et moi je veux être leur voix. C'est sûr qu'il manque de reconnaissance, mais la reconnaissance ça donne pas à manger malheureusement. Mais il y a aussi une question de revenu. J'ai le sentiment que ils ont l'impression que rien ne bouge. En tout cas dans leur ferme aujourd'hui.

Il y a eu beaucoup d'annonces successives mais concrètement il y a il y a rien il y a rien qui change. Alors c'est un peu une difficulté. Ils ont exprimé leur colère en début d'année et ils ont demandé ils ont demandé des choses précis. Ils ont demandé l'allègement fiscal sur le gazoile non routier, le GNR. Ils ont demandé des dispositifs fiscaux pour le TDE, ils ont demandé des dispositifs fiscaux pour l'installation des JA. Bref, ils ont demandé euh de la simplification. C'est un dossier sur lequel je travaille beaucoup. Et moi quand je suis arrivée, j'ai dit on doit honorer ces engagements. Ça a été mon premier travail. Comment on honore ces engagements ?

Et le premier budget que j'ai eu à travailler, j'ai veillé à ce que ces engagements soient remplis. Donc ils peuvent pas dire que rien ne bouge. J'ai obtenu du budget presque 1 demi milliard d'allègement de charge sociale et fiscale. Alors vous savez le revenu des agriculteurs parce que c'est ça quand même le le nerf de la guerre. Il faut gagner sa vie. Et là euh tout dépend des filières et tout dépend le revenu des agriculteurs, c'est plusieurs choses. C'est d'abord accéder aux moyennes production. la terre, il faut pouvoir avoir de la terre, faut de l'eau et dans certains territoires, c'est très difficile.

Je pense en particulier à l'Occitanie qui m'a ça m'a mes mes déplacements d'Occitanie m'ont énormément bouleversé parce que j'ai vu ce que c'était que la conséquence du manque d'eau. Et troisièmement, il faut des protections. Protection pour protéger ces quand ils sont attaqués par des maladies. protéger ces productions végétales quand vous avez des ravageurs, hein, des insectes, des adventistes et cetera. Donc, il faut des moyens de production, hein, la terre, l'eau, les les outils de protection. Deuxièmement, il faut des allègements de charge. Donc ça c'est extrêmement important. Et puis quand le ciel nous aide, ben c'est mieux. Et la dernière chose, il faut des prix.

Et donc ça c'est tout le travail qu'on a fait avec égalim. Il faut protéger la matière première agricole. On peut pas vendre à perte, c'est pas possible. Etgalim protège de la vente à perte. Mais vous voyez, pendant la crise, les agriculteurs avaient besoin de crier leur colère. Pendant la période des élections de chambre, ils avaient besoin de dire ça va mal et nous on est les meilleurs pour défendre les agriculteurs. Oui, je fais une aparté puisque les FNS ont perdu 14 chambres au profil de la coordination rurale. Mais j'ai dit aux agriculteurs, il y a un moment, il faut que vous soyez en capacité de tenir un discours positif. Sinon, vous allez décourager les jeunes.

Il faut dire aux jeunes, bah aller vers l'agriculture dans certaines filière, c'est extrêmement difficile. Je pense aux viticulteurs, les jeunes viticulteurs en en bavent beaucoup. Mais faut faut pouvoir dire aux jeunes là où il y a de la production et du rendement et du revenu, faut leur dire bah oui, vous pouvez aller dans le les métiers agricoles parce que il y a d'abord c'est des métiers qui ont un sens. travailler au contact de la nature, c'est quelque chose qui donne du sens à la vie.

Il y a aussi des filières où il y a du revenu, il faut pouvoir le dire parce que sinon on va les décourager et on a besoin s de schizophrénie du monde agricole entre avoir une communication positive et à la fois faire savoir que ça va pas pour obtenir des améliorations. Oui. Et puis quand même les revenus agricoles ont baissé, on le sait en 2024 mais il faut pouvoir encourager les jeunes et les jeunes, ils sont nombreux dans les établissements agricoles. Oui, on en reparlera. Vous parlez de communication positive, il faut une communication cohérente aussi. Euh là-dessus, est-ce que vous pensez, on vous l'avait dit, les élections en chambre ont été une remise en cause syndicale.

Est-ce que les syndicats jouent encore leur euh leur rôle aujourd'hui pour répondre aux attentes des du terrain ? Est-ce qu'il faut qu'il se remettent en question ? Bah, il faut toujours se remettre en question. Les politiques doivent se remettre en question, les syndicats aussi. Évidemment, moi ce que je voudrais dire c'est que les syndicats sont ce qu'on appelle des corps intermédiaires. On a besoin des syndicats. C'est très important l'engagement syndical. Et moi, je veux saluer l'engagement des syndicalistes parce que ils donnent de leur temps bénévolement. Moi, j'ai besoin des syndicats et je les reçois tous, vous savez, ils sont cinq, hein.

Donc, FNSEA, J, Coordination Rurale, Confédération paysane et MODEF. J'ai toujours travaillé avec les cinq. Je n'en exclus aucun. Je les considère vraiment de façon très respectueuse parce que je respecte l'engagement syndical et on a besoin des corps intermédiaires. Ils sont le lien entre la base et les pouvoirs publics et donc le ministère. Mais il faut bien reconnaître que les syndicats ne font pas toujours recette et que il y a beaucoup plus d'agriculteurs qui ne sont pas syndiqués que d'agriculteurs qui sont syndiqués.

Alors évidemment, il y a eu des changements aux dernières élections parce que la colère et ben elle a trouvé des modes d'expression diversifiés mais en tout cas pour moi, ce sont des interlocuteurs essentiels, pas facile, exigeant mais essentiel. Pour revenir sur la question de du revenu des agriculteurs, il y a une condition que vous avez pas soumise aussi, c'est d'avoir un marché concurrentiel qui soit équitable. Aujourd'hui, l'international a beaucoup d'impact. J'aimerais vous faire écouter le vocal de Éric Coutan qui est producteur de Volaide en Vendé et qui est particulièrement ben impacté la filière volaille, vous le savez par l'international. Bonjour madame le ministre.

Éric Couton, producteur de volaille en vendé. À l'heure où un poulet sur deux est importé de l'étranger avec des conditions réglementaires, je pense aux ICPE particulièrement et des coûts de production bien moins élevés lié à l'utilisation de produits non autorisés en France, que comptez-vous faire pour nous redonner de la compétitivité ? Alors merci Éric pour cette question. Moi j'ai fait de la souveraineté alimentaire vraiment un un phare dans mes engagements. Reconquérir la souveraineté alimentaire, c'est d'ailleurs l'intitulé de mon ministère et je lance avant l'été les la grande action en faveur de la reconquête de la souveraineté alimentaire.

C'est un plan d'action vraiment que je veux monter avec les les filières. La volaille, c'est un exemple mais vraiment caractéristique de la déperdition de souveraineté alimentaire qu'on a eu. En 2000, on était autosuffisant à 149 %. Dire que non seulement on nourrissait la population française en poulet, en volaille, mais en plus on pouvait en exporter. Et aujourd'hui, il a raison Éric de dire un poulet sur deux consommé en France n'est pas élevé en France. Et quand on est dans la restauration hors domicile, c'est 80 % du poulet qui n'est pas français. Et en plus, les Français mangent de plus en plus de poulet.

C'est une protéine qui est facile à cuisiner, qui est pas cher, qui est moins chère. Donc moi, j'ai fait de la reconquête de la souveraineté en volaille vraiment une piste. Et on sait on sait ce qu'il faut faire. Faut construire un poulailler par an et par département pendant 5 ans. Ça devrait quand même pas être insurmontable mais il y a des frein. D'abord les importations d'une concurrence qui n'est pas toujours loyale. Il a raison de dire que on importe du poulet qui est produit avec des substances qui ne sont pas autorisées au niveau européen ou chez nous. C'est du poulet brésilien par exemple. Donc là il faut davantage de contrôle. Ça c'est impératif.

Et moi, je considère queen matière de contrôle, l'Union européenne n'est pas euh au rendez-vous et qu'on doit améliorer les contrôles aux frontières de l'Europe. On a une concurrence euh au niveau de l'Union européenne. Le poulet polonais est très présent euh sur les marchés euh français et puis euh on a des normes qui sont beaucoup plus contraignantes en France qu'au niveau de de l'Union européenne. évoque les ICPE, c'est-à-dire les installations classées pour l'élevage qui sont beaucoup plus contraignantes et on est en train de lever d'essayer de lever ses freins.

Il y a un texte qui est en ce moment à l'étude à l'Assemblée nationale qui est un texte issu des des sénateurs du plomb et Menonville qui vise à lever les entraves qui pèsent sur l'agriculture et il y a une disposition sur les ICPE sur les installations classées pour que ce soit pas la croix et la bannière pour installer un bâtiment d'élevage. Et puis faut faut que les Français soient raisonnables. Ils ne veulent plus qu'on installe le bâtiment d'élevage en prétendant que c'est du mal-être animal, mais il faut qu'ils aillent au contact des agriculteurs pour que les agriculteurs leur explique la réalité des choses. C'est pas parce qu'on élève des poulets qu'on les maltraite.

C'est pas parce que on élève des vaches que on les maltraite. L'élevage, ça fait partie de la vie et c'est indispensable pour l'alimentation des Français. Pour les enfants, il faut leur donner de la viande aux enfants. Pas que de la viande, mais aussi de la viande. Moi, je je suis frappée de voir à quel point on est les Français sont devenus méfiants à l'égard de la consommation de la viande. Ça n'a aucun sens. Donc tout ça c'est un énorme problème et moi je veux m'y attaquer. Je veux que dans quelques années on puisse dire bah maintenant on est plus autonome en production de de poulet qu'on l'it aujourd'hui.

Vous avez évoqué plein de points sur lesquels j'aimerais rebondir mais on va faire les choses les unes après les autres. Déjà, est-ce que euh à un moment on n' pas manqué de transparence auprès des agriculteurs, notamment au moment de l'élargissement de l'Union européenne et dans les années 2000, quand on a intensifier les accords de libre échange pour leur dire euh voilà ce qu'on va faire, euh voilà ce qui va se passer et une partie de vous seruront sacrifié, je mets des guillemets mais ça a été quand même un peu ça et voilà pourquoi on a raison de le faire pour x ou y raison sur l'Union européenne mais est-ce qu'il y a pas manqué d'un discours de vérité à un moment ?

J'ai le sentiment qu'il y a eu un double discours entre le national et après les négociations qui se faisaient à à Bruxelles. Voilà. Est-ce qu'on a pas finalement pas assez assumé auprès des agriculteurs notamment ces accords de libre échange ? Alors, il y a plusieurs choses. D'abord euh sur euh l'Union européenne, la politique agricole commune, c'est la première politique européenne. Quand vous regardez les aides que touchent les agriculteurs, c'est très important les aides européennes. Donc, c'est une politique d'avenir la politique agricole commune et puis elle est commune donc c'est très important pour pouvoir affronter les défis communs.

par exemple le réchauffement climatique, par exemple la recherche des vaccins pour protéger nos animaux, par exemple les règles communes de marché. Donc il y a il y a beaucoup de choses positives dans la politique agricole commune. Faut pas acheter le bébé l'eau du bain, hein. Alors sur les accords du libre échange, quand on commerce, le commerce avec d'autres pays, c'est pas mauvais en soi. Faut que ce soit équilibré. par exemple sur les vins spiritueux, on commerce avec des tas de pays et c'est très utile et d'ailleurs, on voit avec les taxes Trump ou les taxes chinoises quand on peut plus commercer avec des pays étrangers, bah c'est très préjudiciable à l'agriculture française.

On exporte du cochon en Chine, il nous achète ce qu'on ne consomme pas en France, les oreilles, les les que de cochon. Nous, on nen fait rien en France. Les Chinois en sont frants, bah ça contribue à l'équilibre économique de la filière. Donc les accords de libre échange ne sont pas mauvais en soi. Simplement quand on conclut des accords du libre échange, ce que je ne veux pas, c'est que l'agriculture soit une variable d'ajustement.

C'est ce qu'on c'est ce que l'on vit avec les pays l'accord avec les pays du Mercosur et c'est pour ça que je me bats et d'ailleurs cette semaine je serai en Autriche et en Hongrie pour rencontrer mes homologues pour leur dire tenez bon, il faut s'opposer à l'accord tel qu'il existe aujourd'hui, tel qu'il a été signé à Monté Vidéo ce projet d'accord parce que ça n'est pas encore un accord, il faut se battre et et je me bats au côté des agriculteurs parce que ce projet d'accord, il sera peut-être bon pour le vin, pour les spiritueux, mais il sera mauvais pour la volaille, pour le bœuf, pour le sucre, pour l'éthanol.

Et ce sont toujours les filières d'élevage qui sont touchées dans les accords de libre échange. Quand on a conclu les accords avec la Nouvelle-Zélande, et ben ça a porté un coup terrible à la filière rovine, les agneaux parce qu'on importe beaucoup d'agneaux néoz-élandais, mais on importe aussi beaucoup d'agneaux irlandais. Le principal euh vecteur de concurrence aujourd'hui agricole, c'est au sein de l'Union européenne. Vous avez raison. Donc ce que demandent les filières, c'est d'être plus compétitive. Et pour être plus compétitif, faut de la simplification. C'est fondamental. Notre pays, la France, est malade de la complexité. Voilà.

Et et moi je je veux simplifier, vous savez la première mesure que j'ai prise, ce que c'est le contrôle administratif unique. Et j'ai dit c'est la la première pierre de simplification. Mais qu'est-ce que c'est dur de simplifier, qu'est-ce que c'est facile de complexifier ? Qu'est-ce que c'est dur de simplifier ? Donc j'y vais opinatrement jour après jour, je veux simplifier la vie des agriculteurs. Est-ce que aujourd'hui vous avez encore une marge de manœuvre à l'échelle nationale ? Parce que quand on voit tout ce qui se passe à l'international, bon la PAC qui se décide à Bruxelles, les accords de libre échange avec le Mercosur, Trump qui remet en cause les politiques commerciales.

On a le sentiment que les clés de l'agriculture française, plus ça va, plus elle se situe à l'extérieur de nos frontières. Euh est-ce que vous avez encore une marge de manœuvre pour agir au gouvernement français ? Alors euh oui euh je vais vous dire, voyez euh cette semaine, je rencontre les autorités chinoises sur la question du cognac et de l'Armaniac parce que ils ont mis des taxes qui nous empêchent de commercer sur un produit phare en plus qui est un magnifique produit de l'agriculture française et qui est apprécié dans le monde entier. Donc il faut négocier pied à pied. Avec Trump, c'est pareil.

Il fallait un rapport de force pour dire à Trump, on on voulait le sera pas faire sans se défendre. Et puis euh lorsque je rencontre mes homologues ministres de l'agriculture, on discute et vous voyez lors des dernières discussions qu'on a eu avec les ministres de l'agriculture européen, j'ai découvert avec une immense satisfaction qu'on était d'accord sur les orientations de la prochaine PAC.

un cadre financier qui répondent aux enjeux, un besoin de simplification, conserver nos deux piliers, notamment le premier pilier dédié au revenus, euh l'importance de la la de soutenir l'installation des jeunes, l'importance de la vie rurale, tout ça, on le partage avec l'ensemble des ministres et tous les ministres quand ils sont tous d'accord, ils peuvent peser au niveau européen. Moi, c'est ce que je j'espère et c'est dans ce sens-là que je me battrai. Et ben, c'est ce qu'on souhaite. Vous avez parlé de souveraineté alimentaire aussi. Une chose importante aussi, c'est l'information de l'origine des produits auprès des consommateurs.

Là, je vais pas poser la question moi, je vais laisser Patrick Larer, producteur de carottes dans les Lindes, la poser parce que il a tout dit et très bien dit. Je vous laisse écouter. Bonjour madame la ministre, je suis Patrick Lar euh producteur de légumes dans les lentes. Je produis notamment des carottes. Euh ma question concerne les sujets de souveraineté alimentaire. Comme beaucoup, je pense que la seule personne capable de sauver l'écagure française, c'est à travers son acte d'achat qui est un droit de vote, c'est le consommateur. À travers trois exemples concrets euh qui sont aujourd'hui à mes yeux déficients, je vous expose ma vision des choses.

L'idée, c'est que vous me disiez où en est le gouvernement sur ces sujets-là. Premièrement, les produits transformés. Aujourd'hui, quand vous allez dans un supermarché, tous les produits frais traditionnels sont tracés par l'étiquotage. Par contre, au niveau des produits transformés, euh c'est l'omerta. la traçabilité européne euh n'impose pas la traçabilité des produits principaux et en dehors de certaines initiatives, on connaît pas l'origine des produits et il se trouve que c'est là essentiellement que le babless.

Le deuxième cas, c'est que il y a une présence exacerbée de francisation euh sur les marchés avec des produits qui sont pratensés, des opérateurs qui sont passés pour des producteurs. Pourquoi n'y a-t-il pas plus de contrôle ? 3è sujet, restauration. En restauration, ce qu'on retrouve c'est aujourd'hui des restaurateurs qui vont vraiment jouer le jeu, s'approvisionner en produits locaux et cetera et cetera. Ils sont certes, c'est là pour les considérer exemplaire. Mais aujourd'hui, une très grande majorité ne trace pas les produits. Euh qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, en tant que français, on n'impose pas de savoir ce qu'on mange. Donc, que compte faire le gouvernement ?

Quelle est votre position par rapport à ça, madame la ministre ? Merci. Bien, d'abord merci pour cette question la magnifique carotte des landes. Bravo à vous. Et en plus c'est un des légumes les plus consommé par les Français hein. Donc plusieurs choses dans ce que vous avez dit. Bien sûr, vous posez la question de l'origine. Elle est elle est très fondamentale cette question et en plus elle correspond à quelque chose que qui a du sens pour les Français. Euh les Français quand ils achètent des produits français, ils ont le sentiment ben d'avoir de accès à de bons produits. Vous évoquer un sujet sur lequel je me suis penchée. La question des contrôles.

On a fait avec ma collègue ministre du commerce Véronique Louvagier. On a fait une visite dans un supermarché et on a regardé l'origine des produits qui étaient présentés parce que la grande distribution a une responsabilité immense en la matière et c'est vrai que sur le produit frais, on a pu constater, on avait prévenu tardivement donc ils avaient pas organisé une présentation pour notre venue mais on a pu constater quand même que sur le rayon fruits et légumes, les produits français étaient très bien mis en valeur. Le sujet est le produit transformé.

Et vous avez raison parce que c'est vrai que c'est fou queon puisse pas savoir l'origine de la viande que ça soit dans les supermarchés ou comme il a dit au restaurant en fait ou là où on consomme de plus en plus à l'extérieur et que là-dessus il y ait aucune obligation de dire que d'où vient la viande. Oui. Oui. Il y a effectivement là beaucoup d'initiatives qui sont prises ou qui vont être prises pour pouvoir cibler l'origine par exemple dans les dans les produits transformés l'origine des trois principaux composants du du produit transformé pour qu'on sache d'où ça vient. Si c'est une purée de carottes, et ben il faut qu'on puisse savoir d'où viennent les carottes.

Et moi, j'alerte aussi les industries agroalimentaire sur les produits MD, ce qu'on appelle les MDD, hein, les marques distributeurs. Quelquefois les transformateurs pour abaisser le prix demandent un sourcing étranger. Ça c'est pas bien. Patrick a tout à fait raison de de revendiquer la mention de l'origine des produits sur les les produits transformés. Un mot sur la francisation parce que ça c'est une tromperie du du consommateur. C'est dire que le produit il est étranger et il devient français quand il passe la frontière. Ça c'est pas possible. Ça c'est un mensonge. C'est une tromperie du consommateur et ça n'est un acte délictueux.

On n pas le droit de prétendre français un produit qui ne l'est pas. Et là encore euh la question du contrôle est fondamentale. Très bien. J'aurais adoré creuser encore plus mais il nous reste 15 minutes pour parler de deux thèmes qui sont essentiels. Donc on va passer à la suite. Le premier c'est le renouvellement des générations. Pour garder une agriculture compétitive, il faut garder une agriculture tout court et donc des agriculteurs. La baisse, elle est drastique. 1,6 million d'agriculteurs en 82. Aujourd'hui, ils sont 496000 à être chef d'exploitation. Je vais vous faire écouter le vocal de Hachil qui est en lycée agricole.

Bonjour madame la ministre, je m'appelle Achil les Barer, j'ai 16 ans, je suis actuellement en terminale général au lycée agricole de Dax dans les Landes. Je suis tombée par hasard à l'âge de mes 10 ans dans l'agriculture et j'en suis devenue passionné. J'aurais rêvé pouvoir m'installer car j'ai notamment un voisin qui a une exploitation agricole de vaches à viande et qui n'a pas de repreneur. Mais aujourd'hui, il me semble très difficile de pouvoir s'installer car on sait que il faut moyen entre 800000 et 1 million d'euros pour acheter une exploitation entière.

Les banques, il est très difficile qu'elles acceptent de prêter un tel montant et surtout on sait que il faut moyen 5 à 6 ans pour se tirer un salaire digne de son SMIC. Voilà, il me paraît difficile de pouvoir m'installer malgré que j'en rêve. Donc voilà pour savoir si il y aurait des solutions à apporter à cette problématique là. D'abord merci Achil pour le mot que vous avez prononcé, le mot de passion parce que l'agriculture c'est un domaine où il y a beaucoup de passion. Moi je le vois chez moi, je vois bien les jeunes qui fréquentent les comis. Il y a de la passion et cette passion c'est un c'est un moteur, une clé.

Mais il y a un enjeu fondamental de renouvellement des générations puisqueon sait que dans les 10 ans qui viennent, un agriculteur sur deux partira en retraite. Alors évoque la question de l'accès au fonciers. Je vous disais dans les dans les revenus, il faut accéder aux moyens de production et l'accès à la crise d'avoir des jeunes passionnés qui peuvent pas s'installer. C'est du alors qu'on en a besoin plus à côté d'un d'un sédent qui n'a pas de repreneur. Donc là, normalement, il y a toutes les conditions qui sont remplies pour que le jeune puisse s'installer. Donc là euh on il faut réfléchir avec la profession.

Il est sûr que quand vous faites des emprunts à une telle hauteur, c'est considérable et que tout le monde n'y a pas accès. D'autant que de plus en plus les jeunes qui s'installent en agriculture sont pas forcément dans le cadre familial. En l'occurrence à hors cadre effectivement. Voilà. Donc quand vous êtes horadre, vous avez pas forcément des parents qui peuvent donner le coup de main, qui peuvent Donc là, il faut qu'on réfléchisse. Tout ne passe pas par forcément par l'acquisition. Pour une installation, il y a il y a deux parties. Il y a le céd et le repreneur.

Donc il faut qu'on travaille à la fois sur le céd pour qu'il ait intérêt à céder et sur le repreneur pour qu'il trouve les moyens à la fois de reprendre une exploitation mais euh de pouvoir vivre aussi parce que vous pouvez pas rester 5 ans sans vous sortir un revenu. Faut faut pouvoir vivre. les jeunes ont envie de fonder une famille, de pouvoir vivre aussi comme les jeunes de tous les jeunes de leur âge. Donc là, ça c'est une priorité. Alors dans la LOA, la loi d'orientation agricole, il y a beaucoup de de dispositions qui concernent l'installation.

Il y a un guichet unique, hein, France Service Agriculture qui pourra vraiment recevoir les jeunes pour étudier avec eux leur projets, hein, parce que si l'acquisition n'est pas possible, comment on peut faire autrement ? Il faut imaginer des dispositifs alternatifs à l'acquisition quand le jeûne n'a pas les moyens d'acquérir. Donc euh il y a aussi le statut du fermage. Il faut sans doute étudier euh des évolutions en la matière pour permettre aux jeunes de s'installer. Autre question très liée sur les formations agricoles. Je vais vous faire écouter le vocal de Emelyine. Bonjour madame la ministre, je m'appelle Emelyine Bens. Je suis marécher bio au Gek ferme la porte en Sudgonde.

Moi, je me questionne pas mal sur la difficulté pour les centres de formation agricole à remplir leurs effectifs, que ça soit les CFA ou les MFR. Et je me demande si c'est par manque d'intérêt pour les métiers agricoles ou alors si c'est un problème pour se reconvertir et avoir des aides à la formation ou encore si les gens se disent qu'ils vont pouvoir s'installer en agriculture sans être formés. Dans les trois cas, euh c'est assez inquiétant pour le renouvellement des générations. Voilà. Et je me demandais ce que vous en pensiez et comment votre ministère étudiait ces ces questions et ces problématiques. Merci beaucoup.

Merci Emelyine, merci d'évoquer la question de la formation qui est fondamentale. Moi je crois qu'il faut être formé au métier de l'agriculture comme dans tous les métiers parce que être formé surtout pour des métiers qui sont devenus quand même très techniques avec le réchauffement climatique, avec le les exigences environnementales, elle est installée en en bio. Donc il y a des techniques agronomiques qu'il faut savoir maîtriser quand on est en agriculture biologique. Donc ça veut dire qu'il faut une formation pour ça, pour produire autrement.

Et l'agriculture biologique est une grande agriculture et c'est une grande politique de mon ministère que que je soutiens et que j'encourage, qui connaît des difficultés de marché aujourd'hui, mais on ne remettra pas en cause évidemment tout ce que l'agriculture biologique apporte à l'agriculture française. Donc pour tout ça, il faut de la formation. C'est très important. Et dans la loi d'orientation agricole, il y a un grand volet formation.

On a instauré une 6e mission de l'enseignement agricole qui est dédié à la transition climatique et environnementale parce qu'on sait qu'avec le réchauffement climatique, avec les attentes de la société, avec l'interdiction de certains produits phytosanitaires, avec la bonne connaissance qu'on a aujourd'hui des du travail du sol, il faut protéger nos sols aussi. Le sol en agriculture, c'est une c'est une richesse fondamentale. Donc pour tout ça, il y a une 6e mission de l'enseignement agricole qui a été créé pour former nos jeunes à toutes ces toutes ces transitions climatiques et environnementales. Et pour ça, il faut les former sérieusement.

Et moi, je voudrais dire à Emeline que dans les lycées agricoles, il y a de plus en plus de jeunes qui sont attirés. On a des effectifs en croissance et ça c'est encourageant. Et ben justement, on arrive à la dernière partie, ben c'est le réchauffement climatique notamment. Vous parlez du bio, on voit que on a demandé aux agriculteurs une agriculture plus durable. Il y a 5 ans, ils sont nombreux à cette converti en bio. Aujourd'hui, le fait est que le bio ne trouve pas son marché, que le consommateur n'est pas prêt à payer pour ça et beaucoup se déconvertissent.

Maintenant euh dans ce contexte-là où le consommateur n'est pas prêt à mettre plus pour une agriculture plus durable, comment on peut réussir à concilier euh production et respect de l'environnement ? Alors moi je pense que on ne peut pas opposer agriculture et environnement et d'ailleurs beaucoup de jeunes agriculteurs sont très attentifs à produire de façon respectueuse. On vient de faire le bilan au bout d'un an du plan Écoy hein. C'est un plan qui vise d'ici quelques années à diminuer de 50 % l'utilisation des produits phytosanitaires. est un plan qui que je fais miening et et qui produit son effet.

Simplement, l'agriculture biologique, elle connaît des difficultés, vous l'avez dit, en raison de d'un marché qui est qui est un peu faiblard, il faut bien le dire. Il y a eu le Covid, il y a eu Mais ma question, c'est au-delà du bio, c'est si le consommateur est pas prêt à payer, comment on va réussir à concilier les les enjeux ? Tout à fait. Le consommateur à la clé. Le consommateur à la clé. D'abord acheter en regardant ce qu'on achète, acheter ce qu'il faut sans gaspiller. Moi, je suis frappé de de voir queon gaspille beaucoup d'alimentation qu'on achète. Si on gaspillait moins, on pourrait se permettre d'acheter euh des des produits de de qualité, des produits de la qualité française.

Donc, les cantines ont un rôle très important. en matière d'éducation à l'alimentation. Moi, je je pense que d'abord l'agriculture, les produits de l'agriculture française sont pas par construction plus cher que d'autres. Forcément, moi je dis au producteurs français, voyez, je reprends l'exemple de la volaille, on est allé beaucoup sur le haut de gamme. Il faut aussi que les éleveurs de poulet reconquièrent le cœur de gamme, l'entrée de gamme. Ils savent faire nos agriculteurs, ils savent produire du poulet de qualité, qui soit d'entrée de gamme et ou de cœur de gamme sans qu'on soit obligé d'aller le chercher au Brésil ou en Pologne.

Sauf qu'ils sauront pas faire moins cher que le produit brésilien. En tout cas, si on fait des contrôles à l'entrée de l'Union européenne pour interdire des productions qui sont faites avec des avec des traitements qu'on a interdit chez nous, bah on a'ura pas cette concurrence-là. Et puis encore une fois, la simplification, elle est faite pour alléger aussi les coûts de production. Et puis égalim garantie quand même. Égalim, c'est fait pour protéger la matière première agricole qui ne peut pas être vendue à perte, qui ne doit pas être vendu à perte. Et aujourd'hui, on a des prix rémunérateurs sur le lait où il y a une grosse demande.

Le marché est tonique sur la viande, le porc, euh le bœuf ont des prix rémunérateurs. L'œuf, euh on est autosuffisant en œuf. Donc tout n'est pas catastrophique bien sûr, mais la clé, vous avez raison, c'est le consommateur. Acheter, c'est ce que disait tout à l'heure Patrick, acheter, c'est voté profondément, je le crois. Une autre clé, c'est l'accès à l'eau. Je vous fais écouter le vocal de David. Bonjour madame la ministre. David exploitant céréalier en charte maritime. Depuis plus de 20 ans, aucune réserve n'est sortie de terre suite aux attaques des projets, imposant de fait des baisses importantes de volume prélevable aux irrigants.

Pourquoi l'État reste sans réaction et que comptent-il faire ? Merci. Alors, merci David pour cette question sur l'eau. Lorsque je suis arrivée, je suis allée assez rapidement en Occitanie, j'ai été bouleversée. Je je dis bien bouleversé par le témoignage d'un viticulteur et d'un arboriculteur qui voyait alors pour l'arboriculteur, son verger était mort de soif et le viticulteur, j'ai cheminé avec lui entre ses rangs de vignai toutes desséchées, toutes c'est c'est à pleurer parce que on refuse aux agriculteurs l'accès à l'eau. Oui.

de stocker l'eau quand il y en a trop pour l'utiliser quand il d'un point de vue extérieur ça paraît Non mais avec les masses d'eau qui sont tombées cette année on aurait pu on va encore manquer d'eau. On va encore manquer d'eau. Je trouve que ça c'est vraiment criminel quoi. Et moi je dis à tous les bienpensants d'une écologie qui qui est dévoyée parce qu'il y a une bonne écologie. C'est l'écologie qui vise à rendre compatible la production agricole avec le respect de l'environnement.

Et puis il y a une écologie idéologique qui veut interdire aux agriculteurs les moyens de protéger leur culture et leur bétail et les moyens d'accéder à l'eau et justement comment accélérer du coup ces projets de de réserve d'abord quand souvent vous l'avez dit c'est des projets qui sont votés de manière collective et qui ont passé tout un tas d'autorisations et qui sont bloqués parce qu'une minorité l'en empêche. Tout à fait. D'abord euh il faut dire que euh le l'État déploie des politiques qui aident à financer le stockage de l'eau parce que tous les stockages de l'eau ne sont pas interdits. Ensuite euh il faut donner les moyens juridiques aux agriculteurs de stocker l'eau.

C'est l'objet du texte qui est actuellement à l'étude. Mais la première chose qu'a fait la commission du développement durable à l'Assemblée nationale, c'est de supprimer les mesures qui facilitaient le stockage de l'eau. Donc ça c'est scandaleux. J'espère qu'on pourra le rétablir dans l'examen de la loi. Moi je dis à tous ceux qui veulent empêcher les agriculteurs d'accéder à l'eau, mais ce que vous faites est criminel puisque vous empêchez les agriculteurs de produire de l'alimentation. Ça veut dire que vous nous mettez en dépendance de production étrangère. Est-ce que ça c'est être un citoyen responsable que de faire ça ? et écologique justement et ça sera le dernier vocal d'agriculteur.

Il y a une opposition forte aujourd'hui entre agriculture et écologie. J'aimerais qu'on écoute Olivier Maurin là-dessus. Bonjour madame la ministre. Olivier Maurin éleveur transhumain dans le BM, président de l'organisme sélection des races de breitière des Pyrénées et membre très actif du Coran. L'agriculture et l'élevage en particulier font face à de nombreuses attaques et ce depuis de nombreuses années. Environnementaliste, antispéciste, proédateur, loup ou ours auquel il faut maintenant ajouter l'administration en partie infiltrée par des militants.

Les conséquences morales sont lourdes, insultes, menaces, heureusement la plupart du temps sur les réseaux sociaux, mais pas que, de plus en plus sur le terrain. Tout cela est soutenu et encouragé par une propagande puissante financièrement et de fait médiatiquement. Les associations environnementalistes bénéficient de rescrit fiscaux acquis la plupart du temps dès leur création. Ne pourrait-on pas doter les associations agricoles des mêmes armes ? Alors bien sûr, vous êtes éleveur, je connais bien le Coram, je les ai reçus au ministère, je les ai visité au salon. Vous faites un travail formidable sur ces races de montagne et pour les préserver.

C'est une la France est un immense pays d'élevage, probablement le plus le plus grand pays d'élevage en Europe et même au monde par la variété de ces ses races, par la qualité de sa génétique, par la qualité de ses productions. Et l'élevage, ce sont des prairies, c'est de l'agriculture extensive, c'est de la captation de carbone, c'est du couvert végétal, c'est bon pour l'environnement et je crois qu'il faut le dire et le répéter et puis c'est bon pour l'alimentation des Français aussi. Je vois comme le comme notre notre éleveur euh que effectivement il y a une attaque très organisée contre l'élevage et contre la production de viande et la consommation de viande.

Je pense que ça doit être combattu pied à pied. Et effectivement, vous avez raison, il y a des minorités très agissantes qui veulent s'en prendre à votre métier et nous ne les laisserons pas faire. Sur la question du rescrit fiscal, je sais qu'à l'Assemblée nationale, au Parlement, beaucoup ont essayé, mais on ne peut pas à la fois encourager l'élevage et encourager fiscalement ceux qui le combattent et qui parfois commettent des actes délictueux. Enfin, je pense à ceux qui s'en sont pris par exemple au coopératif Porsine en Bretagne qui ont commis des acte délictueux, qui ont mis le feu à des bâtiments.

Donc ça ça doit être sévèrement combattu et j'ose espérer que ceux qui se sont rendus coupables de ces actes ne sont pas fiscalement encouragés parce qu'alors là véritablement on marcherait sur la tête. C'est quand même terrible qu'on en soit arrivé à une telle opposition entre agriculture et écologie dans le débat débat sociétal parce que on a médiatiquement c'est toujours globalement cette opposition qui est montrée. Est-ce qu'à un moment vous avez espoir de renouer le dialogue et auprès du grand public de faire entendre qu'agriculture et écologie un ministre qui est passé précédemment sur le podcast disait "Les les agriculteurs sont les premiers écologistes.

Est-ce que vous pensez qu'on peut réussir à ce tour de force là ? Alors, moi je pense que ce chemin est non seulement euh doit être emprunté, mais euh il est il est à l'œuvre quand même parce que je vois beaucoup de jeunes agriculteurs qui ont des pratiques agronomiques différentes pour pour mieux protéger le sol, pour pouvoir améliorer les rendements. Je vois des agriculteurs, même s'ils sont pas en bio, qui diminuent le recours au aux intrans phytosanitaires. Je vois des éleveurs qui pratiquent des systèmes de policulture élevage pour être en autosuffisance alimentaire pour leur bétail.

Il y a des tas d'initiatives qui sont prises pour montrer qu'on peut concilier agriculture et respect de l'environnement. Il y a tous les dispositifs aussi dimanche à la ferme, ferme ouverte, l'accueil à la ferme qui montre voilà la réalité du métier d'agriculteur et puis au salon de l'agriculture, les Français se pressent nombreux pour visiter et c'est l'occasion de dialoguer, de dire "Mais les agriculteurs, ils respectent l'environnement, c'est leur routier de travail et ce sont des amoureux de la nature. L'écologie, c'est l'amour de la nature, mais un amour bien compris qui n'empêche pas l'accès au milieu naturel. La nature, c'est la mer nourricière. Almamatère, disaient les anciens.

La mer nourricière, elle est faite pour nous nourrir et pour être respecté pour cela. Et je peux vous dire que les pratiques agricoles, elles progressent énormément. Ça n'a rien à voir la production agricole par rapport aux années 50 60. Et j'ajoute que la recherche, la formation, la mécanisation, le machinisme agricole ont fait énormément de progrès pour concilier justement agriculture et respect de l'environnement. Donc il faut regarder les choses avec détermination. Il faut combattre ceux qui combattent l'agriculture, qui veulent s'en prendre aux agriculteurs. C'est un combat et il faut le mener. Et puis il faut aussi encourager tout ce qui permet la réconciliation entre très bien.

Et ben de tout ça, on en est toutes les deux convaincu. J'espère que la société le sera aussi très bientôt. Merci madame la ministre pour tout votre temps. C'était un plaisir. Plaisir partager. Merci à tous nos interlocuteurs que je salue, que je remercie et que j'encourage. C'était chouette de préparer ça avec eux en tout cas. Merci beaucoup. À très bientôt. Au revoir.

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Et voilà, çaen est fini pour aujourd'hui. Vous souhaitez aller plus loin dans la découverte de l'agriculture ? Si vous travaillez au contact du monde agricole, sachez que la Clé des champs propose des formations à l'agriculture. Elles sont adressées aux collaborateurs qui ont besoin de mieux comprendre le monde agricole pour mieux perform dans leur travail. Nous proposons des formats e-learning sur la thématique de votre choix qui sont suivis d'immersion à la ferme par petit groupe de 5 pour vivre un véritable vie ma vie d'agriculteur. Plus d'informations et inscriptions sur ww.lacléedeschamps.fr. laclédeschamp.fr.

Et avant de partir, dernière chose, si le podcast vous plaît, n'hésitez pas à lui mettre une note 5 étoiles ou en parler autour de vous. Ça m'aide énormément à faire connaître le podcast. Merci beaucoup et je vous dis à très bientôt pour en savoir plus sur le monde agricole.

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