Axelle Lemaire
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 15 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:33OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous dites qu'il y a quand même quelque chose à faire ?
- 2:06RelanceRéponse directe
Vous êtes sûre de ça ?
- 2:49OuverteRéponse directe
Les vidéos de propagande de Daesh, elles ne sont pas sur YouTube ?
- 3:33OuverteRéponse directe
Complètement, c'est possible ?
- 4:24OuverteRéponse directe
Vous pourriez reprendre la formule, ou elle est excessive ?
- 5:24OuverteRéponse directe
Enfin, vous comprenez le sentiment sans doute de nombreux citoyens.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:16Invité politiqueFait
« La problématique pour les forces de l'ordre, elle est d'avoir une bonne coordination avec les grandes plateformes du numérique, pour que les contenus illicites soient retirés, et qu'ils le soient rapidement. »
- 1:46Invité politiquePromesse
« Ça c'est la théorie. La réalité, c'est que ça peut prendre du temps. »
- 2:37Invité politiquePromesse
« Après, faudra-t-il aller plus loin pour définir un autre niveau de responsabilité au niveau européen ? Pourquoi pas ? Et la question, effectivement, se pose à Bruxelles. »
- 5:49Invité politiqueChiffre
« Ça serait une nouvelle sanction pénale lourde, plus d'un an d'emprisonnement avec une nouvelle amende financière. »
Temps de parole
- Axelle Lemaire68 %
- Présentateur32 %
≈ 2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Axelle Lemaire, vous défendez depuis hier à l'Assemblée un projet de loi pour une république numérique qui contient beaucoup de dispositions, il y a 48 articles, pour favoriser la circulation des données, ce qu'on appelle l'open data, pour la protection des individus, l'accès pour tous, avec le maintien de la connexion internet des personnes les plus démunies, etc. Je voudrais quand même commencer par ce qu'il n'y a pas dans votre projet, pardon, c'est la face sombre d'internet.
Quand vous apprenez qu'un adolescent de 15 ans, qui a tenté de tuer à la machette un enseignant juif, déclare aux policiers qu'il s'est radicalisé via internet, et seulement sur internet, est-ce que vous vous dites qu'il y a quand même quelque chose à faire ?
Oui, je crois que cela participe d'un phénomène que j'appelle l'endogémie algorithmique. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'il est assez facile de s'enfermer dans un monde, dans un environnement, à partir de la seule consultation des réseaux sociaux par exemple, et plus on consulte un certain type d'informations, plus c'est ce type d'informations qui va nous être envoyées, au point que finalement, on n'a plus d'autres accès à d'autres types d'informations, et ça touche en particulier les jeunes, les jeunes adolescents, qui peuvent être très influencés par ce type de contenu.
La problématique pour les forces de l'ordre, elle est d'avoir une bonne coordination avec les grandes plateformes du numérique, pour que les contenus illicites soient retirés, et qu'ils le soient rapidement.
Vous êtes en contact vous-même avec les grandes plateformes du numérique, avec ce qu'on appelle les géants du net, est-ce qu'il est normal que ces sociétés-là soient irresponsables de ce qui transite dans leur tuyau ?
Alors selon la loi, elles ne sont pas irresponsables, au contraire, elles ont l'obligation justement de retirer promptement les contenus illicites. Ça c'est la théorie. La réalité, c'est que ça peut prendre du temps. Ça prend moins de temps qu'avant, et d'ailleurs le Premier ministre a réuni les dirigeants de tous les grands géants de l'Internet à Matignon au lendemain des attentats, pour essayer de rendre cette coopération plus efficace. Encore, on est plus dans une problématique d'application de la loi que de rédaction d'un nouveau texte.
Vous êtes sûre de ça ? Parce que les députés européens réfléchissent à durcir la législation et engagent notamment les États, enfin certains députés européens, à engager des poursuites pénales contre les géants du net ?
Alors, encore une fois, en l'état actuel du droit en France, s'il était respecté totalement, nous aurions tous les outils juridiques. Après, faudra-t-il aller plus loin pour définir un autre niveau de responsabilité au niveau européen ? Pourquoi pas ? Et la question, effectivement, se pose à Bruxelles.
Vous me disiez, il y a la théorie et la pratique. Les vidéos de propagande de Daesh, elles ne sont pas sur YouTube ?
Si, tout à fait. Le problème, c'est qu'une fois qu'on en retire une, on connaît la viralité des réseaux sociaux, et elles sont multipliées et diffusées, et elles ont beau être retirées, elles sont repostées tout aussi immédiatement. Finalement, la solution, peut-être paradoxalement, elle se trouve aussi dans la puissance des algorithmes, c'est-à-dire qu'il faut avoir des outils capables de détecter tout de suite et quasiment automatiquement, au-delà de l'analyse humaine, ce type de vidéos, pour que ça disparaisse complètement de la sphère virtuelle.
Complètement, c'est possible ? On dit que la viralité fait que ça ne disparaît jamais complètement, qu'à compter du moment où un contenu est publié sur la toile, il en reste toujours une trace.
Alors, d'où une réponse apportée par le projet de loi pour la République numérique que je défends à l'Assemblée nationale, qui est le droit à l'oubli pour les mineurs. Nous avons enfin, si j'ose dire, trouvé un accord à Bruxelles entre les 28 pays européens sur le droit à l'oubli, qui va entrer en vigueur d'ici quelques temps. Mais en France, nous renforçons ce droit à l'oubli pour les personnes mineures, avec des procédures accélérées de demande de retrait, justement d'information personnelle, de contenu préjudiciable auprès de la CNIL, la Commission nationale informatique et liberté, qui devra se prononcer dans des délais beaucoup plus courts concernant les personnes mineures.
Je reviens au sujet sur la propagande djihadiste. Xavier Bertrand a eu une expression, qui était l'imam Google. Vous pourriez reprendre la formule, ou elle est excessive ?
Non, je la trouve excessive. D'abord, Google, ça reste un outil, tout dépend de ce que l'on en fait, et il se trouve qu'en l'occurrence, c'est un outil utilisé par des dizaines de millions de Français. Il y a cette impression tout de même de fatalisme qui est qu'on ne pourrait rien faire. Aujourd'hui, quand on est un internaute français en 2016, soit face à Bruxelles, à une certaine technocratie européenne, soit face au géant de l'Internet, la loi nationale, et nous, pauvres internautes individuels, on est impuissants.
Et justement, ma loi, elle tend à revenir sur cette idée, d'abord parce que c'est faux, et parce que j'octroie des droits nouveaux aux internautes pour mieux protéger leur vie personnelle, leur vie privée en ligne.
Enfin, vous comprenez le sentiment sans doute de nombreux citoyens. Vous allez légiférer sur le revenge porn, la vengeance porno, la mise en ligne de sex-step ou de photos intimes après une rupture. On se dit que c'est très important, mais que vous pourriez peut-être agir davantage contre la propagande djihadiste.
Alors, la revanche pornographique, effectivement, va, en fonction des débats au Parlement, faire son entrée dans le code pénal. Ça serait une nouvelle sanction pénale lourde, plus d'un an d'emprisonnement, avec une nouvelle amende financière. Donc, pour compléter l'arsenal juridico-pénal. Encore une fois, cet arsenal, il existe, mais nous sommes dans une problématique d'efficacité. Je vais vous donner un exemple très simple.
Moi, je crois qu'il faudrait pouvoir intégrer sur les sites Internet même ou sur les pages d'accueil des grandes plateformes, des petits liens directement qui permettent de notifier les contenus de propagation de la haine, antisémite, islamophobe, directement à la plateforme de police qui s'appelle Faros, qui reçoit les notifications de ces contenus et demande ensuite le retrait. Ce, notamment, lorsque les grandes plateformes ne répondent pas. Et c'est vrai qu'elles ne répondent pas toujours ou pas toujours assez vite. Donc, voilà un outil technique qui n'existe pas dans la loi, mais que j'encourage les acteurs économiques à adopter.
Vous l'avez proposé déjà ?
Tout à fait, c'est en cours de négociation.
C'est en cours de discussion. On se souvient que Bernard Cazeneuve était allé, je crois, il y a un an à peu près, aux Etats-Unis, en Californie, rencontrer les... C'était il y a un an, c'était en février, au lendemain des attentats de janvier. Je disais qu'il y avait beaucoup de choses dans votre projet de loi numérique. Axel Le Maire, quelle est la disposition dont vous êtes la plus fière ? Celle qui va vraiment changer la vie des citoyens internautes que nous sommes ?
Question difficile parce que, sans prétention, il y en a plusieurs, mais je pense à une notamment qui est le maintien à la connexion à Internet pour les foyers les plus fragilisés. C'est un maintien temporaire, mais aujourd'hui, l'accès à Internet, c'est un bien essentiel au même titre que l'eau, que le gaz, que l'électricité quand on est demandeur d'emploi. Par exemple, impossible de trouver sans avoir accès aux offres publiées sur Internet. Pour moi, c'est une mesure sociale, forte et nécessaire.
Axel Le Maire, secrétaire d'État chargé du numérique, invité de France Inter. On va revenir avec vous sur ces questions et sur ce projet de loi avec les auditeurs et internautes qui peuvent réagir sur Twitter avec le mot-clé interactive. Il est 8h31.
Axelle Lemaire