Bonjour chez vous ! du 18 mai 2026
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Questions et réponses
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- 4:56OuverteRéponse directe
La Commission d'enquête parlementaire sur la sécurisation des musées a rendu ses conclusions. Sept mois après le cambriolage, l'avenir du Louvre est-il incertain ?
- 5:07RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous savez si l'enquête a avancé ? Est-ce que pour vous, on a aujourd'hui désormais perdu toute chance de retrouver ces bijoux ?
- 7:30OuverteRéponse directe
Ce cambriolage, c'est un fiasco total pour l'État ?
- 9:24RelanceRéponse partielle
Mais est-ce que vous savez si l'enquête a avancé ? Est-ce que pour vous, on a aujourd'hui désormais perdu toute chance de retrouver ces bijoux ?
- 11:09RelanceRéponse directe
Mais donc si je pousse votre raison, il y a une responsabilité d'Emmanuel Macron dans ce qui est arrivé ?
- 21:43OuverteRéponse directe
Vous pointez l'hyper-présidence, l'hyper-présidentialisation. Il y a une question aussi dans ce rapport, Alexandre, sur la gouvernance et la nomination de la personne qui gère le Louvre.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24PrésentateurFait
« Gérald Darmanin en visite en Algérie. Il entend faire avancer la coopération judiciaire, lutte contre le narcotrafic, contre le terrorisme, libération de Christophe Ghez. »
- 0:43PrésentateurFait
« 500 maires et élus lancent un appel en faveur d'une candidature de Gabriel Attal à la présidentielle. »
- 8:06PrésentateurFait
« Ce cambriolage, c'est un fiasco total pour l'État ? »
- 8:00PrésentateurChiffre
« Les bijoux n'ont toujours pas été retrouvés, une valeur monétaire de 88 millions d'euros, une valeur historique inestimable. »
- 8:33InvitéFait
« Le rapporteur de l'Assemblée nationale parle d'un État dans l'État, il n'a pas tort. »
- 9:09InvitéFait
« Le Louvre en cela est révélateur d'un État qui dysfonctionne, parce que le Président de la République n'a pas à se mêler de tout. »
- 13:00InvitéChiffre
« En 2024, seulement 23% des musées bénéficiaient d'un plan d'urgence et de prévention des risques, et 25% étaient dotés d'un plan de sauvegarde des biens culturels. »
- 13:21InvitéChiffre
« En 2024, à peine la moitié des musées français disposaient de vidéosurveillance. »
- 14:19InvitéChiffre
« Selon la CGT Culture, entre 2012 et 2024, la filière surveillance des musées français a vu ses effectifs diminuer de 18%. »
- 14:54InvitéChiffre
« Les députés proposent de doubler le personnel de la mission sécurité du ministère de la Culture qui avait des effectifs dérisoires face aux 1200 musées de France. »
- 14:58InvitéChiffre
« Ils préconisent de passer de 30 millions d'euros à 50 millions d'euros le fonds de sûreté de l'État qui aide les musées à moderniser leurs équipements en matière de sécurité. »
- 24:56InvitéChiffre
« Un mois avant le Louvre, le musée Adrien Dubouchet qui abrite à Limoges la collection publique la plus riche au monde de porcelaine a été l'objet d'un vol très conséquent puisque ces trois pièces inestimables de porcelaine chinoise qui ont été volées, le butin s'élève à 6,5 millions d'euros. »
- 25:42InvitéFait
« Ce qui nous interroge, nous, c'est malgré ces dispositifs de sécurité, on voit les limites de ces bâtiments qui sont vieux. »
- 29:13InvitéChiffre
« Le plan Sécurité des musées, c'est aujourd'hui 30 millions. Et on annonce un projet à 700 millions. »
- 29:51InvitéChiffre
« 15 millions de visiteurs, le projet Louvre-Renaissance. 700 millions de travaux dont on sait qu'ils seront dépassés, et vous avez raison, on atteindra très vite le milliard. »
- 41:07InvitéFait
« Il faut aller plus loin dans ce sens-là. »
- 41:11InvitéFait
« Vous avez vu, quand il était ministre de l'Éducation nationale, il avait lancé des grands plans pour faire de l'Éducation nationale une priorité. »
- 41:21InvitéPromesse
« qu'il fera de l'Éducation une priorité du projet qu'il présentera au pays. »
- 41:48InvitéFait
« Moi, je pense en tout cas qu'on ne peut pas faire comme si cette réalité n'existait pas, avec un certain nombre de familles homoparentales et hétérosexuelles qui ont recours à la GPA, à l'étranger, parfois sans prendre en compte les questions sociales, voire éthiques. »
- 42:08InvitéFait
« moi, j'y suis favorable. »
- 42:13InvitéFait
« Moi, à titre personnel, je suis favorable à ce que, oui, on puisse ouvrir la possibilité à un certain nombre de couples dans ce pays de pouvoir avoir accès, en France, à une législation pour autrui, on va dire éthique. »
- 43:00InvitéFait
« moi, je suis favorable, à titre personnel, on verra ce que Gabriel Attal propose, moi, je suis favorable, j'ai toujours défendu, le fait qu'on réduise le nombre de parlementaires, qu'on leur donne plus de pouvoir. »
- 43:09InvitéFait
« On a aujourd'hui plus de 900 parlementaires dans notre pays, je pense qu'on pourrait avoir moins de parlementaires, pas pour mettre moins d'argent ou d'investissement sur le travail législatif, mais au contraire, en donnant plus de moyens aux députés et aux sénateurs. »
- 48:00InvitéFait
« Parce que je pense qu'aujourd'hui, il a, outre l'expérience, mais Édouard Philippe a cette expérience-là, il a cette audace de proposition. »
- 48:24InvitéFait
« Quand il dit, par exemple, et qu'il aborde la question des réformes des retraites avec beaucoup de force et beaucoup de détermination, en disant qu'il faut avoir un système universel avec de la capitalisation, il a l'audace de proposer ça. »
- 48:34InvitéFait
« Quand il a proposé tout un projet autour de la délinquance des mineurs, il a l'audace de proposer ça. »
- 48:45InvitéFait
« Regardez l'interdiction de la BAIA. »
- 49:52InvitéFait
« je n'ai pas pu aller au bout parce qu'il y a eu le Covid et le projet de loi de réforme que j'avais porté en 2020, qui avait été voté en première lecture en commission de l'Assemblée nationale, n'a pas pu aller au bout. »
- 50:02InvitéFait
« Je pense à la transposition de la directive ESSEMA. Je pense à la création de l'ARCOM, la fusion du CSA et de l'ADOPI. »
- 50:23InvitéFait
« Aujourd'hui, je pense que cette réforme que j'avais proposée est toujours d'actualité, c'est-à-dire la création d'une holding qui permet de créer un groupe public. »
- 51:42InvitéFait
« J'espère surtout que tout le monde va revenir à un calme nécessaire. »
- 51:58InvitéFait
« Est-ce que ça pose un problème qu'il y ait un acteur du cinéma qui est la totalité ou une grande partie de la verticalité de la filière du financement à la production jusqu'à la diffusion ? »
- 55:15InvitéFait
« Il est très en retard. La loi qui contrôle la narcotrafic date de 2025 et elle est une initiative du Sénat après une commission d'enquête exemplaire. »
- 55:36InvitéFait
« On a encore beaucoup de sujets qui ne sont pas traités. Je pense à la question du blanchiment où on voit qu'aujourd'hui c'est un des sujets essentiels. »
- 56:12InvitéFait
« Non, ça veut dire certains consommateurs, il faut les prendre dans leur diversité. »
- 56:19InvitéFait
« Je pense qu'on ne peut pas traiter de la même manière un craqueux qui est sur une colline des portes de Paris qui est complètement dépendant et le consommateur festif qui va le vendredi soir ou le samedi soir pour passer une bonne soirée et acheter de la drogue à un mineur. »
- 56:38InvitéFait
« et puis l'autre qu'il faut très sévèrement sanctionner parce que quand on va en achetant de la drogue donner la mort à un jeune mineur, comme on l'a vu dans ces procès récents et je pense notamment au procès d'Asen Larbi qui vient de se terminer, quand on a un consommateur diffestif, c'est insupportable et effectivement la société doit condamner et condamner très très fortement. »
- 1:02:47InvitéFait
« On verra c'est jamais simple avec l'Algérie des relations entre la France et l'Algérie c'est toujours de la politique intérieure c'est de la politique intérieure en Algérie c'est de la politique intérieure en France. »
- 1:03:45InvitéFait
« nous avons un bail de 132 ans chez vous 1830 1962 132 ans donc ils sont chez eux. »
- 1:06:59InvitéFait
« Moi je pense qu'elles sont vieilles ces relations elles ont toujours existé c'est un véritable fléau. »
- 1:07:47InvitéFait
« Personne ne doute du fait que la lutte contre le narcotrafic qui est un problème nouveau majeur complexe que cette lutte passe nécessairement par une coopération internationale et en particulier avec un certain nombre de pays voisins. »
- 1:10:04InvitéChiffre
« nous ayons encore 3 millions de franco-algériens sur notre sol »
- 1:10:09InvitéChiffre
« une dizaine de millions en fait de français qui ont des liens d'une certaine façon familial et culturel avec l'Algérie »
- 1:11:15InvitéFait
« il y a un problème avec les kabiles là-bas qui est millénaire j'ai envie de dire et il est millénaire d'ailleurs »
- 1:13:03InvitéFait
« condamné effectivement pour apologie de terrorisme absolument absurde grotesque à cette année de prison »
- 1:14:56InvitéChiffre
« Laurent Nunez faisait état de 150 140 reconduites »
- 1:15:51InvitéFait
« c'est probablement un des meilleurs services de renseignement anti-terroriste du monde »
- 1:16:57InvitéFait
« à l'heure où le Mali est en train de sombrer encore une fois »
- 1:18:54InvitéFait
« Il faut être ferme mais il faut être ouvert aussi »
- 1:19:21InvitéFait
« l'Algérie c'était la France c'était trois départements français »
- 1:20:19InvitéFait
« toute l'immigration subsaharienne elle passe par l'Algérie elle passe par le Tunisie elle passe par le Maroc »
- 1:20:49InvitéChiffre
« d'ici à 2050 vous aurez 2 milliards 500 millions d'Africains la population va quasiment doubler »
- 1:22:31InvitéFait
« la Chine en tout cas est devenue évidemment le premier partenaire commercial de l'Algérie »
- 1:24:37InvitéChiffre
« M. Théboune a été réélu récemment président avec un taux d'abstention qui est de l'ordre de 70% même plus que ça »
Temps de parole
- Invité54 %
- Présentateur18 %
- Invité 214 %
- Invité 38 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour, très heureuse de vous retrouver en ce lundi 18 mai pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. Voici le menu du jour. Gérald Darmanin en visite en Algérie. Il entend faire avancer la coopération judiciaire, lutte contre le narcotrafic, contre le terrorisme, libération de Christophe Ghez. Les dossiers sont nombreux. Sa visite est-elle le signe du dégel des relations entre Paris et Algiers ? La France et l'Algérie peuvent-elles s'entendre ?
Ce sera le thème du débat dans une heure entre nos éditorialistes Yves Tréard et Mathieu Soukher. 500 maires et élus lancent un appel en faveur d'une candidature de Gabriel Attal à la présidentielle. Dans une demi-heure, nous recevrons l'un d'entre eux, l'un de ses signataires, Franck Riester, le maire de Coulomiers, ancien ministre et numéro 2 de Renaissance. La commission d'enquête parlementaire sur le casse du Louvre a rendu ses conclusions. Si ce cambriolage a eu un retentissement mondial, le Louvre est loin d'être le seul musée touché. À Limoges, Saran, Langues, des vols ont également eu lieu. Alors comment améliorer la sécurité de nos musées ? On en parle, Max Brisson, avec vous.
Bonjour, vous êtes sénateur LR, vous êtes notre invité dans quelques instants. Et puis à la une de nos régions, après la mort d'un adolescent à Nantes ce week-end, Laurent Nunez a de nouveau affirmé sa détermination à lutter contre le narcotrafic. Comment les élus font face ? Nous serons avec le maire de Saint-Thion, dans l'Essonne. Voilà pour le programme. Nous sommes ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et d'abord le journal avec Alexandre Poussard. Bonjour Alex.
Bonjour Ryan.
À la ligne de ce lundi 18 mai, visé par plusieurs plaintes, Patrick Bruel sort du silence.
Dans un message sur les réseaux sociaux, le chanteur dément les accusations de viol et de violences sexuelles, et notamment celles portées par l'animatrice Flavie Flamand. Flora Sauvage. Deux jours après la plainte de Flavie Flamand, Patrick Bruel sort du silence. L'animatrice accuse le chanteur de l'avoir violée lorsqu'elle avait 16 ans. Outre Flavie Flamand, une trentaine de femmes accusent Patrick Bruel de viol, de tentative de viol et d'agression sexuelle. Dans une publication sur Instagram, le chanteur réagit aux accusations et clame son innocence.
Je ne peux plus laisser dire sans réagir des choses aussi contraires à ce que je suis et se propager des allégations, des rumeurs parfois absurdes et écœurantes, au détriment de la vérité. Déjà visé par quatre plaintes en région parisienne, Patrick Bruel fait l'objet de trois enquêtes en France et en Belgique. A priori, les plaintes vont effectivement être regroupées, mais elles ne seront pas regroupées au parquet de Paris. Elles seront regroupées au parquet de Nanterre, puisque ce parquet de Nanterre est compétent en raison du lieu de domicile d'une mise en cause. Malgré les plaintes pour viol, Patrick Bruel continue de monter sur les planches.
À la sortie du Théâtre Édouard VII à Paris, ses fans s'interrogent. Il est présumé innocent, mais ça fait quand même beaucoup, beaucoup de femmes. Alors on a boum dit que c'était il y a 25-30 ans, mais il y a 25-30 ans, les femmes ne faisaient pas porter plainte. Et maintenant, elles le font et je pense qu'il faut être solidaires, il faut respecter ces femmes. Patrick Bruel démarre le 16 juin sa nouvelle tournée jusqu'en décembre, mais une pétition demande l'annulation de ses concerts. Et face au scandale des violences sexuelles dans le périscolaire parisien, la procureure de Paris, Laure Bécchio, a annoncé de nombreuses enquêtes.
Une centaine d'établissements de la capitale font l'objet d'investigations de la brigade criminelle. 84 écoles maternelles, une vingtaine d'écoles élémentaires et une dizaine de crèches, a précisé la magistrate, invitée hier de l'émission Le Grand Jury sur RTL et Public Sénat.
Laurent Nunez promet un choc d'autorité. La loi Riposte arrive au Sénat.
Oui, un projet de loi qui vise à mieux lutter contre les rodéos urbains, les rêves parties clandestines, mais aussi contre la consommation et la vente de protoxyde d'azote.
L'OMS déclare l'urgence internationale pour l'épidémie d'Ebola.
L'agence internationale a déclenché son deuxième niveau d'alerte sanitaire le plus élevé face à une nouvelle épidémie d'Ebola qui frappe la République démocratique du Congo. Le nord-est du pays est touché par la propagation d'un variant du virus, particulièrement létal, pour lequel il n'existe ni vaccin ni traitement. Samedi, l'OMS avait recensé 80 morts et 250 cas suspects. Côté français, certains infectiologues craignent une importation du virus à Mayotte. Et en revanche, l'Organisation mondiale de la santé maintient un risque sanitaire faible concernant l'antavirus.
Le navire de croisière dans lequel est né ce foyer d'antavirus, le MV Hondius, débarque aujourd'hui à Rotterdam, aux Pays-Bas.
– Merci Alexandre et on passe tout de suite à votre interview, Max Brisson. – Max Brisson, vous êtes sénateur à l'air des Pyrénées-Atlantiques, vice-président de la Commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport ici au Sénat. Et la Commission d'enquête parlementaire sur la sécurisation des musées a donc rendu ses conclusions. Sept mois après le cambriolage, l'avenir du Louvre est-il incertain ? Nous allons en parler dans quelques instants. Mais d'abord, comme tous les jours, on regarde les unes de la presse régionale. On va les regarder ensemble. D'abord, la une de la dépêche. Macron, dernière ligne droite.
Le chef de l'État qui a entamé sa dernière année à l'Élysée, réduit à l'inaction en France, faute de majorité. Il fait entendre sa voix sur la scène internationale. Neuf ans après son arrivée au pouvoir, son bilan est contrasté. Deuxième une, c'est celle de la Marseillaise. La lutte contre les trafics sur tous les fronts. Ouverture aujourd'hui du procès de Félix Bengui, chef du clan de narcotrafiquants Yoda, à l'origine de la guerre meurtrière avec la DZ Mafia. Et le projet de loi Riposte, on le disait, qui arrive au Sénat, il contient de nouvelles mesures contre le narcotrafique. Et puis la dernière une, c'est celle de l'éclair des Pyrénées à Lourdes. Le pape Léon XIV, déjà très attendu.
Le Vatican qui a confirmé que le pape effectuait une visite d'État en France du 25 au 28 septembre. Il devrait passer par Lourdes dans la cité mariale. On y croit de plus en plus. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
Écoutez, je vais être un petit peu chauvin. Je vais choisir l'éclair des Pyrénées, qui est aussi l'un des journaux de mon département. Et bien sûr, dire que Lourdes, ça renvoie à quelque chose de rare dans nos sociétés. C'est la croyance à la transcendance. C'est peut-être quelques dépassements d'une société très matérialiste. Il y a des références, et le pape fait partie des références que l'on croit ou que l'on ne croit pas au ciel. Quelque part, il y a quelque chose d'un peu permanent dans notre société où tout bouge, où tout va très très vite. Et Lourdes rattache un petit peu à la permanence de notre société, à ses traditions.
Et voilà pourquoi je choisirais la une de l'éclair des Pyrénées.
– Elle est attendue cette visite du pape dans votre région ?
– Bien entendu, elle est attendue, mais je pense qu'elle est attendue partout. – Ça fait plus de temps que le pape n'a pas fait de visite d'État en France.
– Le précédent pape François n'est jamais été en visite d'État.
– Bien entendu, il y avait peut-être quelques relations un peu compliquées. Mais voilà, il faut placer cet événement au-delà de ce qu'attendent les catholiques, au-delà de ce qu'attendent les chrétiens. Bien entendu, c'est un guide spirituel pour des millions de nos concitoyens qui partagent la foi catholique. Mais au-delà, je pense que c'est une parole qui est nécessaire au monde, que l'on croit au ciel ou que l'on n'y croit pas, que l'on soit catholique ou qu'on ne le soit pas. Et Lourdes est un des lieux où cette parole porte. Et donc, nous serons heureux d'accueillir le Saint-Père lorsqu'il viendra à Lourdes à l'automne prochain.
– C'est le cambriolage le plus retentissant de ces dernières années. Le 19 octobre dernier, huit joyaux de la couronne dérobés en plein jour à l'aide d'une disqueuse à l'intérieur du musée du Louvre. Comment un tel fiasco a-t-il pu se produire ? Le Sénat a multiplié les auditions, l'Assemblée nationale a rendu les conclusions de ses travaux, défaillance de sécurité, manque d'investissement, projet, nouvelle renaissance chère à Emmanuel Macron. Nous nous penchons sur l'avenir incertain du Louvre. Avec vous Max Brisson, d'abord sept mois après ce cambriolage, les bijoux n'ont toujours pas été retrouvés, une valeur monétaire de 88 millions d'euros, une valeur historique inestimable.
Ce cambriolage, c'est un fiasco total pour l'État ?
C'est un révélateur de l'immense fragilité de nos musées, de l'immense fragilité du musée du Louvre. C'est un révélateur aussi d'une certaine gouvernance qui évite de donner la priorité à ceux qui ne se voient pas, pour donner la priorité à ceux qui sont visibles, à ceux qui se voient. C'est aussi un révélateur de la faiblesse, de la tutelle de l'État sur ce type d'établissement. Le rapporteur de l'Assemblée nationale parle d'un État dans l'État, il n'a pas tort. Et donc on a à la fois une tutelle forte, celle du président de la République, qui décide comme un prince.
Et puis par ailleurs, le contrôle du ministère, qui est faible, parce qu'on a affaire à une présidente en l'occurrence, qui est un fil direct avec l'Élysée. Donc c'est aussi un révélateur des défaillances d'une hyper-présidentialisation que le président Macron a poussé à son paroxysme. Tout cela est bien entendu extrêmement inquiétant dans un établissement qui est le plus grand musée de France, des plus grands d'Europe et du monde, qui reçoit presque 10 millions de visiteurs, et qui est dans un État de vétusté, mais qui camoufle quelque chose de plus grave. Beaucoup de nos musées, on compte 1200 en France, sont également extrêmement fragiles.
Et nous allons développer tout ça durant cette demi-heure. Mais est-ce que vous savez si l'enquête a avancé ? Est-ce que pour vous, on a aujourd'hui désormais perdu toute chance de retrouver ces bijoux ?
– Alors je n'ai pas de connaissances, et je n'ai pas un avoir très précise de l'enquête de police qui nécessite certainement un secret qui est nécessaire à sa réussite. Et je le souhaite, même si j'ai incontestablement des doutes. En revanche…
– Sur le fait qu'on va l'aider pour un jour ?
– Bien sûr, mais tout en le souhaitant comme tous les Français. Il y a eu un choc. D'ailleurs tous les sondages l'ont montré.
Peut-être pas égal à celui de Notre-Dame, mais il s'est passé quelque chose, parce que ça appartient à notre raison nationale, parce que c'est au Louvre, qui est aussi un symbole du rayonnement de la France, et puis parce que ça révèle aussi, et je l'avais dit moi avec force, dans les nombreuses auditions que nous avions réalisées au Sénat dans les semaines qui avaient suivi ce cambriolage, cela révèle aussi un dysfonctionnement de l'État, et parfois même une certaine suffisance d'une caste qui parfois dirigeait l'État, et qui s'estime exonérée de ce qui est le quotidien de celles et ceux qui travaillent. Je vais prendre un seul exemple.
On a appris avec effarement que les caméras de surveillance dans l'espace public, en nombre insuffisant, ne reposaient plus sur une convention entre la préfecture de police et l'établissement public. Excusez-moi, mais il n'y a pas un maire en France qui oserait déployer des caméras sans avoir une convention avec la préfecture. Vous voyez, un caméras de ce niveau-là peut s'exonérer du droit commun. Parce que c'est un État dans l'État, parce qu'on a la ligne directe avec l'Élysée, parce que les contrôles sont hésitants face à quelqu'un qui est nommé directement par le Président de la République, face à quelqu'un qui exécute les décisions du prince.
C'est la conséquence de l'hyper présidentielle.
Mais donc si je pousse votre raison, il y a une responsabilité d'Emmanuel Macron dans ce qui est arrivé ?
Comment dire ? Je voudrais peser mes mots, je ne dis pas que le Président de la République a souhaité ce qui s'est passé, mais je dis que le système...
Non mais sans le souhaiter, est-ce qu'il est responsable de ce qui s'est passé par sa gestion ?
En tous les cas, ce dont il est responsable, c'est d'avoir voulu se mêler de tout, d'avoir voulu court-circuiter la totalité des procédures. C'est ce qu'on appelle le fait du prince. Ce fait du prince, il ne date pas d'Emmanuel Macron, mais c'est une dérive de notre Ve République, qui ce n'était pas la position du Gérald de Gaulle, fondateur de la Ve République. Cette dérive, président après président, a conduit aujourd'hui à ce que notre État au plus haut niveau ne fonctionne pas.
Et le Louvre en cela est révélateur d'un État qui dysfonctionne, parce que le Président de la République n'a pas à se mêler de tout, il n'est pas l'alpha et l'oméga de tout, et malheureusement, les Français parfois le croient, et donnent à l'élection présidentielle une dimension qu'elle ne devrait pas avoir. Il y a d'autres élections, il y a d'autres formes de représentation, il y a des corps intermédiaires, il y a un État avec son organisation. L'État a dysfonctionné parce qu'il est parasité au plus haut niveau.
Louvre-Renaissance, pardon, c'est la décision présidentielle, ce grand projet d'embellissement, et ce projet s'est fait au dépend du quotidien et aussi de la vie des agents du Louvre.
Et nous allons en reparler, puisque le Parlement s'est penché sur tous ces sujets. Députés et sénateurs ont travaillé pour tenter de comprendre comment de telles failles ont pu avoir lieu et éviter qu'elles ne se reproduisent. Alexandre, sept mois après ce cambriolage du musée du Louvre et le vol des Joyeux de la Couronne, la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la sécurité des musées a remis son rapport. Que peut-on en retenir ?
Alors déjà, on peut préciser que c'est une commission d'enquête qui a été menée par deux députés, Alexis Corbière, ancien assoumis, désormais membre du groupe écologiste à l'Assemblée, et puis Alexandre Portier, député Les Républicains. Après plusieurs mois d'audition, leur rapport fait le constat accablant d'un manque de moyens des musées français en matière de sécurité. En 2024, seulement 23% des musées bénéficiaient d'un plan d'urgence et de prévention des risques, et 25% étaient dotés d'un plan de sauvegarde des biens culturels, autrement dit des plans indispensables pour protéger ces établissements et leurs œuvres.
Et puis en 2024, à peine la moitié des musées français disposaient de vidéosurveillance. D'ailleurs, le casse du musée du Louvre a révélé des failles en matière de vidéosurveillance, de caméras vidéo qui manquaient dans le plus grand musée du monde. Laurence Descartes, qui était la directrice du musée du Louvre à l'époque des faits, avait même reconnu devant les sénateurs en octobre dernier le manque d'équipement de sécurité sur tout le périmètre du musée. On l'écoute. J'assume totalement le fait que nous avons effectivement une faiblesse dans la protection périmétrique du Louvre. Je vous l'ai dit très clairement. C'est là que le bas blesse, et que le bas blesse depuis longtemps.
Mais là encore, je reprends le constat général depuis mon arrivée en septembre 2021. Certainement un sous-investissement chronique en matière d'équipement et d'infrastructures au Louvre. Manque d'infrastructures de sécurité, mais également manque de moyens humains dans les musées. Selon la CGT Culture, entre 2012 et 2024, la filière surveillance des musées français a vu ses effectifs diminuer de 18%. Une pénurie de personnel qui est compensée par un recours à des prestataires privés qui sont concentrés plutôt sur la gestion des flux de visiteurs que sur la protection des collections des musées.
Et que propose le rapport de l'Assemblée ?
Parmi les 40 recommandations de ce rapport pour améliorer la sécurité des musées, les députés proposent de doubler le personnel de la mission sécurité du ministère de la Culture qui avait des effectifs dérisoires face aux 1200 musées de France. Et puis financièrement, ils préconisent de passer de 30 millions d'euros à 50 millions d'euros le fonds de sûreté de l'État qui aide les musées à moderniser leurs équipements en matière de sécurité. Il s'agit aussi de mieux former les agents de surveillance de ces musées et de recruter des profils plus spécialisés dans la sûreté du patrimoine. Et puis enfin, une proposition qui rejoint vos propos.
Max Brisson, les députés souhaitent que les directeurs des grands musées nationaux soient nommés par leur conseil d'administration et plus par l'État. On le rappelle, le directeur du Louvre est nommé par le président de la République. Regardez ce que dit Alexis Corbière. Je le cite, à partir du moment où une nomination passe par le président de la République, la personne nommée se sent obligée vis-à-vis de ce dernier, étant à privilégier l'événementiel, ce qui brille aux actions de fond. Max Brisson, vous êtes d'accord sur le constat réalisé par vos homologues de l'Assemblée nationale. Il y a un manque de moyens en termes de sécurité pour nos musées.
C'est ce qui a été révélé dans l'affaire du Louvre, le manque de moyens de sécurité ? Alexandre Portier, le président de la commission de la culture qui présidait cette commission d'enquête, et le rapporteur Alexis Corbière, pardon, c'est pas tout à fait les mêmes, vise juste. Et ils ont mis en valeur ce que d'ailleurs, les auditions du Sénat réalisées à la demande du président de la commission de la culture au Sénat, Laurent Laffert, Laffont avait déjà bien montré. Je crois que ce que ce rapport vise, c'est que la sécurité n'était pas la priorité.
Il suffit de regarder l'organigramme du Louvre pour s'apercevoir que ceux qui ont en charge la logistique et la sécurité n'étaient pas des personnalités essentielles dans le fonctionnement interne du Louvre. On le voit très bien aussi dans l'évolution du métier de gardien, qui est devenu de plus en plus un métier de médiateur. Les syndicats ont raison d'évoquer un nombre insuffisant. Mais il y a aussi une évolution du métier, médiateur de la culture, et non pas gardien, au sens premier du terme, qui était d'assurer la sécurité des œuvres. On le voit aussi dans les investissements. La part consacrée à la sécurité, à la logistique, c'était peu de choses.
27 millions, quand on y consacrait par exemple 105 millions pour agrandir les collections, ou 63 millions pour des aménagements, les aménagements qui se voient. Donc on est parti dans une sorte de frénésie pour mettre la valeur sur tout ce qui se voyait, et non pas ce qui parfois ne se voit pas. Le meilleur exemple qui a beaucoup choqué la commission de l'Assemblée nationale, mais aussi beaucoup choqué mes collègues lorsqu'ils étaient rendus sur place avec une délégation de la commission, c'est l'état de vétusté du poste de commandement, là où on surveille la totalité de ce vaste paquebot qu'est le Louvre.
C'est-à-dire concrètement, qu'est-ce que vous avez constaté ?
Des conditions indignes de travail, des conditions qu'aucun maire, en France, nous aurait proposées à celles et ceux qui, dans sa cité, surveillent l'espace public. Vous savez, c'est le centre de télécommandement de l'ensemble des caméras disposées dans un espace. Les conditions étaient purement indignes. Ça montre finalement…
Mais indigne, pardon, pour être précis, ça veut dire…
Les conditions de travail, la vétusté, l'exiguïté, la médiocrité du lieu. Ça veut dire que les gens en charge de la sécurité n'avaient pas la voix de la présidente, que cela ne la concernait pas, pour ne pas dire peut-être qu'elle méprisait cette activité, pour d'autres activités qui lui paraissaient plus nobles. Elle a mis du temps à démissionner.
Mais ça veut dire qu'ils n'étaient pas en capacité de surveiller correctement le musée ? C'est ça que vous voulez dire ?
Ils travaillaient dans des conditions qu'aucun maire dans ce pays n'os aurait donné à des agents de sécurité.
Mais avec quoi comme répercussion ?
Ils travaillaient dans des conditions indignes sur le plan matériel. Mais avec des conséquences sur la surveillance et sur la sécurité. Et donc avec des conséquences sur la qualité de leur travail, c'est évident. Et puis surtout, c'était un révélateur du fait que la sécurité n'était pas la priorité, que ce n'était pas entendu par la présidente, qu'elle avait d'autres sujets de préoccupation. Elle a démissionné, permettez-moi de dire, qu'elle a mis du temps pour être à la hauteur de son échec. Et qu'un haut fonctionnaire de son importance aurait dû en tirer des conquistations immédiates.
Et même si le président de la République lui avait dit non, on n'est pas obligé de rester présidente du Louvre sous la contrainte. On peut partir la tête haute. Elle est partie la tête basse après avoir eu beaucoup de mal à accepter la responsabilité de ses échecs. Et en particulier du fait que le schéma de sûreté et de sécurité du Louvre a été retardé sous sa présidence. Ce qui s'est passé aurait pu ne pas avoir lieu, comme le dit très bien le rapport, si ce qui était prévu dans le schéma qui datait de 2019 a été mis en œuvre. Par exemple, les vitrines de la galerie Apollon et un certain nombre de caméras de surveillants.
Ça fait quasiment dix ans qu'il y a des alertes, notamment en 2018, il y a une alerte très précise sur la fenêtre qui a été employée par les cambrioleurs disant que c'était un point de faiblesse. Vous nous rappeliez la répartition des investissements du Louvre. 27 millions consacrés à l'entretien à la sécurité, 105 millions pour acquérir les œuvres. Est-ce que clairement, vous nous dites ce matin, l'argent est mal utilisé, l'argent est mal employé, l'argent ne va pas au bon endroit ?
Écoutez, deux rapports, un en 2017, un en 2019, qui pointent en particulier qu'il n'y a aucun schéma de sécurité. Le président précédent Jean-Luc Martinez en tire une conclusion, même si on peut discuter des conditions de passation du pouvoir entre Jean-Luc Martinez et Laurence Descartes, entre les deux présidents. Jean-Luc Martinez en tire une conclusion, il lance un schéma de sécurité pour tenir compte des deux rapports de 2017 et de 2019, et ce schéma est élaboré en 2019. Sa mise en œuvre est retardée, et retardée en particulier par Laurence Descartes, qui assume donc pleinement le fait qu'elle avait ce schéma dans les mains et qu'elle avait d'autres choix.
Le conseil d'administration était devenu une sorte de chambre d'enregistrement. J'ai parlé tout à l'heure de l'hyper-présidentialisation de notre République. Il y avait aussi une hyper-présidentialisation du Louvre, qui fait que ceux qui auraient pu parler et dire des choses avaient bien le sentiment que ce n'était pas là la priorité de la présidente. On a là un problème de gouvernance, de désignation, de la présidence d'un grand établissement de l'État, et également des choix qui appartiennent à notre époque, où ce qui compte c'est la communication, ce qui compte c'est le visible, et ce qui compte rarement c'est l'invisible, mais la sécurité.
Or, le premier métier d'un conservateur, c'est peut-être d'abord de conserver des œuvres.
– Vous pointez l'hyper-présidence, l'hyper-présidentialisation. Il y a une question aussi dans ce rapport, Alexandre, sur la gouvernance et la nomination de la personne qui gère le Louvre.
– Oui, Max Risson, est-ce que vous êtes d'accord avec cette proposition faite par Alexis Corbière de ne plus nommer le directeur du musée du Louvre par le président de la République, mais par le conseil d'administration, de redonner le pouvoir au conseil d'administration ? – On peut en discuter, je ne vais pas rentrer suffisamment dans le détail de cette recommandation, il y a une quarantaine dans le rapport, pour en mesurer les effets, mais ce qui est sûr, c'est que le mode de nomination actuel pose problème, parce qu'Iran, la tutelle politique très très forte à travers le président de la République et l'Élysée, où l'Élysée n'est pas faite pour cela.
Et d'autre part, la tutelle du ministère est faible. Donc on a un système totalement bancal aujourd'hui, avec une sorte d'ingérence politique permanente, et par ailleurs, la tutelle d'une administration qui fasse un tel établissement public, et toujours à distance, les fonctionnaires du ministère, lorsqu'ils exercent leur mission de contrôle, n'ont pas la même attitude avec un musée de province, pour parler simple, qu'ils peuvent l'avoir avec un grand établissement public, qui est devenu un État dans l'État.
Et le mode de désignation du président de cet établissement public est une des raisons pour lesquelles le fonctionnaire, par exemple en charge du contrôle de la sécurité des musées nationaux, ils sont insuffisamment nombreux, je crois que trois au ministère, ils ont besoin d'être renforcés, c'est ce que propose le rapport d'Alexandre Portier et d'Alexis Corbière, mais cette tutelle est insuffisante, et puis cette tutelle est parasitée par le rôle joué par l'Élysée, donc il faut revoir cela, il faut que chacun reprenne son rôle, oui le président de la République peut fixer un cap sur un grand établissement public comme le Louvre, mais le contrôle au quotidien, ça doit être la tutelle du ministère, cette tutelle était insuffisante.
La lettre de mission de Mme Descartes montre bien que la priorité était le cadet des soucis, la commande politique faite à Mme Descartes, ce qui d'ailleurs les honneurs pour partie ne mettait pas la sécurité en priorité, mais bien d'autres missions qui étaient dictées directement par la présidente de la République.
Et Max Brisson, le Louvre n'est pas le seul musée à avoir été cambriolé ces dix dernières années, ce sont en moyenne 20 signalements de vols d'objets immobiliers protégés au titre des monuments historiques qui ont été enregistrés selon le ministère de la Culture, récemment des musées de Provence ont été visés à Saran, en Corrèze, à Langres, en Haute-Marne ou encore à Mialet, dans les Cévennes. Et ce fut aussi le cas à Limoges où l'on retrouve Anne-Sophie P2GR. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes rédactrice en chef adjointe au Populaire du Centre.
Anne-Sophie, le musée national Adrien Dubouchet de Limoges a lui aussi été la cible il y a quelques mois d'un cambriolage et ce sont des pièces inestimables qui ont été volées.
Tout à fait. Un mois avant le Louvre, le musée Adrien Dubouchet qui abrite à Limoges la collection publique la plus riche au monde de porcelaine a été l'objet d'un vol très conséquent puisque ces trois pièces inestimables de porcelaine chinoise qui ont été volées, le butin s'élève à 6,5 millions d'euros. Là, le sénateur parlait d'un problème de sécurité. Visiblement à Limoges, tout a fonctionné comme ça pouvait se passer au mieux. Il y avait une équipe de sécurité, il y avait des caméras de surveillance, l'alerte a été donnée assez tôt. Malgré tout, un ou plusieurs individus ont réussi à prendre ces pièces inestimables qui ne sont toujours pas retrouvées aujourd'hui d'ailleurs.
Vous avez une question Anne-Sophie ?
Oui, tout à fait. Ce qui nous interroge, nous, c'est malgré ces dispositifs de sécurité, on voit les limites de ces bâtiments qui sont vieux. Le musée Adrien Dubouchet, les vitrines du musée n'étaient pas blindées parce que les vitrines sont elles-mêmes protégées. La façade du bâtiment est-elle aussi protégée ? Donc on ne peut pas sécuriser au mieux ces vieux bâtiments qui abritent, je le disais, des collections d'une valeur inestimable. Est-ce que la province aussi, est-ce que chez nous aussi, il peut y avoir des moyens à la hauteur des pièces que l'on abrite ?
Max Brisson.
C'est une excellente question qui appelle deux réponses de ma part. Tout d'abord, il est évident que les grands projets emblématiques d'un quinquennat peuvent venir télescoper aussi la présence de l'État partout dans le territoire pour tenir au bon niveau qui convient l'ensemble de ces bâtiments et donc en particulier les musées nationaux. On ne peut pas lancer de grands projets phares, ceux que l'on souhaite voir survivre à son quinquennat et parallèlement faire des choses qui ne se voient pas mais qui sont au combien nécessaires et partout sur le territoire.
Et puis, ce qu'est le journaliste du populaire, c'est aussi que la multiplication des normes, des contraintes, conduit parfois à des aberrations. On est parfois au royaume du but. Vous savez, on a eu quelque chose d'assez surprenant au cours de ces dernières années. À chaque fois que l'État, d'ailleurs sous l'impulsion parfois du président de la République, veut lancer de grands chantiers, de grands travaux et parfois à juste titre, il décide par une loi spéciale de déroger à toutes les règles que par ailleurs il impose. On est quand même dans une situation d'injonction contradictoire où l'État est très normatif, multiplie les règles, il en faut.
Et pour la protection des bâtiments historiques, bien entendu. Mais à force de règles, on rend les choses impossibles. D'ailleurs, c'était un élément de défense de Mme Descartes. Elle disait, mais j'ai dû respecter les nombreuses règles de la commande publique. J'ai dû respecter les nombreuses règles de protection du bâtiment. Alors, oui, il faut des règles. Mais à force de règles, qu'est-ce qui se passe ? Quand l'État veut aller vite, Jeux Olympiques, Restauration Notre-Dame, il décide par une loi, j'ai édité les règles, je ne les respecterai pas pour aller vite.
Donc cela interroge notre pays sur une dimension normative permanente, sur une prolifération des normes, des règles, des règlements, qui fait qu'on finisse par s'enfermer dans des procédures, par s'enfermer dans la complexité des choses, et qu'il faudrait mieux peu de normes appliquées, que beaucoup de normes qui entravent, et c'est un élément dont on parle beaucoup au Sénat aujourd'hui, c'est un des vrais défis de notre pays, que de simplifier l'action publique, que de simplifier la commande publique, tout en assurant bien sûr la transparence et la protection de notre patrimoine.
On va remercier Anne-Sophie, merci beaucoup Anne-Sophie d'avoir été avec nous depuis Limoges, et on regarde la une du Populaire du Centre. Vous parlez de grands projets. Le grand projet, cher Emmanuel Macron, c'est le Louvre Nouvelle Renaissance. C'est évalué, selon l'Élysée ou la Cour des comptes, on est sur une échelle large, entre 700 millions et 1 milliard d'euros. Ce projet, ça vise, alors à remettre aux normes et à sécuriser le bâtiment, mais ça vise aussi à créer plusieurs nouvelles entrées, et à notamment avoir une entrée directe vers la Joconde. Ce projet, cher Emmanuel Macron, doit-il être poursuivi ? Est-ce que demain, si Bruno Retailleau arrive à l'Élysée, il poursuit ce projet ?
Je dirais à Bruno Retailleau de regarder deux chiffres. Le plan Sécurité des musées, c'est aujourd'hui 30 millions. Et on annonce un projet à 700 millions. Je crois que le temps des grandes cathédrales, le temps où chaque chef d'État vous laisse son nom dans l'histoire, à travers une œuvre emblématique, est terminé. Notre pays ne peut pas se le perdre. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas manquer d'ambition. Mais après tout, ce qui s'est passé au Louvre, c'est catastrophique en termes d'image pour la France. Ce qui s'est passé au Louvre, c'est totalement contre-productif de l'idée de ce qu'on fait de notre pays. 15 millions de visiteurs, le projet Louvre-Renaissance.
700 millions de travaux dont on sait qu'ils seront dépassés, et vous avez raison, on atteindra très vite le milliard, est à comparer aux 30 millions que nous avons votés dans ce budget pour la sécurité des musées. Donc moi, je dis qu'aujourd'hui, il faut savoir en politique faire des priorités. La priorité, c'est d'assurer la sécurité des musées, c'est d'assurer des conditions de travail dignes aux agents d'État qui y travaillent. C'est considérer qu'il y a des choses qui ne se voient pas. Et quand on les fait, on rend service au pays beaucoup plus que lorsqu'on essaie de briller pour essayer de passer dans le cap de l'histoire.
Merci Max Brisson. Merci beaucoup d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure. Alex, on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale ?
On parlera d'Espace, Oriane et de start-up de la région Nouvelle-Aquitaine qui se sont lancées dans cette aventure spatiale.
Et je vous propose, en attendant, de parler de la présidentielle et de Gabriel Attal. Franck Riester nous rejoint. La candidature de Gabriel Attal en 2027 ne fait plus guère de doute. Un livre autobiographique sorti il y a quelques jours, un grand meeting prévu le 30 mai et une tribune hier dans la presse. 500 élus qui l'appellent à se déclarer. 500 comme le nombre de parrainages nécessaires pour être candidat. Pour en parler, nous recevons Franck Riester. Bonjour.
Bonjour.
Merci beaucoup d'être notre invité. Vous êtes maire de Coulomiers. C'est en scène, marre numéro 2 de Renaissance, secrétaire général délégué aux élections. Une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Stéphane Vernet de Ouest de France. Bonjour Stéphane.
Bonjour Oriane, Franck Riester. Bonjour. Bonjour.
Franck Riester, quand Gabriel Attal va-t-il officialiser sa candidature ? Cette semaine dans l'Aveyron ?
J'espère bientôt. Et c'est tout l'objet d'ailleurs…
Ça, bientôt, c'est un peu vague. Est-ce que ça peut être cette semaine dans l'Aveyron ?
Tout est possible. Je le souhaite. C'est à lui de le décider, parce que ce n'est pas une petite affaire de se présenter à l'élection présidentielle, de dire je suis candidat à l'élection présidentielle. C'est toute une préparation, à la fois collective et personnelle. Mais moi, je le souhaite. C'est tout l'objet et tout l'objectif de la tribune que j'ai signée avec 500 autres maires et élus locaux qui souhaitent que Gabriel Attal soit candidat à l'élection présidentielle.
Franck Riester, vous êtes dans la direction de Renaissance. Il ne vous a pas dit quand il allait déclarer sa candidature et sous quelle forme ?
On y travaille, on le prépare. Non, on le prépare. Après, je vous le dis, tant que la personne, le candidat n'a pas dit je suis candidat, n'a pas pris la décision définitive de dire c'est là où, ce moment spécifique où je vais être candidat, rien n'est fait. Mais ça serait évidemment hypocrite de cacher le fait qu'on s'y prépare, qu'il s'y prépare depuis des années, vu son expérience à la fois en tant que ministre, en tant que Premier ministre. C'est toute une préparation, ce n'est pas rien d'être candidat à l'élection présidentielle. Donc la question, c'est plus sera-t-il candidat et quand va-t-il annoncer sa candidature ?
Depuis quelques mois, en tant que président du groupe des députés EPR et en tant que secrétaire général de notre mouvement, oui, il y travaille et encore une fois, je le souhaite parce qu'on a besoin de quelqu'un d'expérimenter comme lui à un moment où notre pays a tant de défis à relever. Quelqu'un qui a la force de faire des propositions, de ne pas avoir peur d'être audacieux dans ses propositions et puis ensuite d'avoir la capacité à décider et à mettre en œuvre. Et on l'a vu dans son parcours, il a à la fois cette audace de proposition et cette force d'agir.
Il avait besoin de cette tribune pour se lancer ?
Écoutez, le fait qu'il y ait à la fois, on le voit au moment des dédicaces, autant de Français qui ont envie de s'intéresser à sa candidature, qu'il y ait des élus locaux qui disent nous on a besoin de quelqu'un comme lui, quelqu'un d'expérimenté, quelqu'un qui décide, qui veut rompre avec l'impuissance publique, c'est un élément parmi d'autres qui doivent le conforter dans sa décision d'être candidat.
– Donc il a besoin d'être conforté ?
– Vous savez, je vous dis, c'est à la fois un choix personnel et c'est un choix collectif, une déclaration de candidature à l'élection présidentielle, on n'est pas candidat.
– Non mais là, le teasing, il est un peu long, Franck Riesseur, mais à un moment, il faut se lancer.
– On est un peu moins d'un an d'élection présidentielle, il n'y a pas urgence, la limite de dépôt des candidatures, ce n'est pas après-demain. Pour autant, je pense que maintenant, vu les autres candidatures dans le champ politique, c'est important que le responsable de renaissance, celui qui est le secrétaire général du mouvement, qui est soutenu d'ailleurs par le mouvement, vous savez que le Conseil national a très clairement souhaité que ce soit notre secrétaire général, le candidat naturel de notre parti politique à l'élection présidentielle, et bien que maintenant il puisse se présenter, et j'appelle évidemment ça de mes voeux, le plus rapidement possible maintenant.
– Alors le plus rapidement possible, il y a quand même un petit problème, c'est qu'il fait beaucoup plus que de se préparer à être candidat à la présidentielle. Gabriel Attal, ça fait presque un an qu'il est déjà en campagne en fait, il fait campagne sans le dire, qu'est-ce qu'il attend en réalité ? – Mais je vous dis, c'est un processus de maturation. – Mais j'entends, mais quel est l'intérêt de faire durer le suspense aussi longtemps ? – Il n'est pas en campagne depuis un an, quand on est responsable…
– Le livre, les dédicaces, le travail, tout le travail de renaissance autour des propositions programmatiques, sur des secteurs différents, enfin tout ça est très structuré, organisé, ça fait quand même longtemps qu'il est en campagne, on ne va pas se mentir. – Il est à la tête de renaissance et a redynamisé le parti, a remis ce parti en ordre de marche, a fait en sorte que ce parti retravaille sur le fond, parce qu'un parti politique s'est présenté des candidats, mais c'est aussi travaillé à un projet.
Il y a des groupes de travail, il y a eu des conventions thématiques, il y a tout un travail de militant, de cadre, et en s'associant à la société civile pour proposer effectivement pour renaissance un projet, et je souhaite que lui l'incarne. Le temps de la campagne arrivera, j'espère encore une fois que ça sera bientôt. Je le souhaite, et c'est pour ça que nous sommes plusieurs à dire, on souhaite que Gabriel Attal soit candidat. – Est-ce qu'il va profiter du grand meeting du 30 mai à Paris pour annoncer sa candidature, ou alors le grand meeting du 30 mai, il sera là pour présenter le travail que vous venez de décrire, fait au sein du parti, et rien que le travail fait au sein du parti ?
– Il le décidera, c'est sa responsabilité. Moi je souhaite en tout cas qu'il fasse cette déclaration devant les Français, avec les Français, au contact des Français, en province, dans un meeting, on verra bien ce qu'il décidera in fine, mais ce qui est certain c'est que dans ce meeting il dira des choses, il dira des choses fortes, il dira des choses fortes pour l'avenir du pays, il dira des choses fortes sur sa vision de la façon dont il faut goûter, gouverner le pays aujourd'hui, fort de son expérience. On voit bien que depuis des années, quels que soient les responsables politiques, on n'a pas été en capacité d'avoir les résultats à la hauteur des attentes.
Il faut changer d'organisation de notre pays en matière politique et administrative, en faisant davantage confiance au terrain, confiance aux élus locaux. Pourquoi les élus locaux aujourd'hui, beaucoup d'entre eux, on souhaite que Gabriel Attal se présente à l'élection présidentielle ? C'est parce qu'il a envie de donner davantage de confiance et de responsabilité aux élus locaux.
Cette tribune de 500 élus locaux, ce n'est pas aussi pour couper court aux critiques qui disent que Renaissance, il n'y a pas d'implantation locale ?
Écoutez, d'abord on a plus d'implantation locale après les élections municipales qu'avant les élections municipales, mais c'est vrai que moins que d'autres parties, on est un parti jeune et on a encore beaucoup à faire pour avoir une meilleure représentation au niveau local. Mais enfin, on est assez satisfait, tout en restant humble, des résultats des élections municipales, avec des belles victoires comme à Bordeaux, à Annecy, à Tarbes, à Risse-Orangis ou ailleurs, et avec le doublement de nos maires et le doublement de nos élus locaux et de nos conseillers municipaux.
Et donc, ces élus locaux disent simplement, on a besoin de quelqu'un aussi qui a compris qu'on ne pourrait pas réformer le pays sans s'appuyer sur les forces vives du pays. À commencer par les élus locaux. Transférons des compétences aux collectivités territoriales pour mieux agir sur le terrain. Faisons confiance aux chefs d'entreprise, aux créateurs, aux innovateurs, aux représentants de l'État dans les territoires. Bref, partageons davantage le pouvoir pour plus d'efficacité.
Dans la tribune, vous dites, il faut donner leur juste place aux élus locaux. Ça veut dire qu'ils n'en ont pas eu assez ces dernières années ?
Oui, je pense que notre organisation politique et administrative en France est trop centralisée et on a besoin aujourd'hui de transférer des compétences, clarifier les compétences, responsabiliser chacun, donner des moyens à chacun d'exercer ses compétences. Et oui, il faut aller beaucoup plus loin dans la décentralisation.
On entend ça, vous qui avez été ministre depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron. Pardon, on entend ça depuis la première minute du quinquennat d'Emmanuel Macron. Et pas celui-là, celui de 2017.
Non, je pense que d'ailleurs, le président de la République lui-même a reconnu que peut-être qu'il n'avait pas, au départ, fait suffisamment confiance aux élus locaux. Parce qu'à l'arrivée, oui… Parce qu'à l'arrivée, la crise des gilets jaunes a été un game changer de ce point de vue-là. Mais oui, il faut aller plus loin. Mais ça doit se traduire ensuite, au-delà de la volonté, dans les réformes, réformes institutionnelles, réformes pourquoi pas constitutionnelles. Mais on voit bien qu'aujourd'hui, au-delà des responsabilités d'un tel ou d'un tel à la tête du pays, on a un problème d'organisation. Jean-Louis Borloo le décrit très bien dans un certain nombre de ses interventions.
On a besoin de faire en sorte de transférer des compétences, de clarifier les compétences, de faire davantage confiance aux forces vives de notre pays. Sur ce sujet précis, vous êtes déçu par anticipation du futur grand acte de décentralisation qui avait été promis par Sébastien Lecornu quand il est entré à Matignon. Il y a un texte qui arrive cette semaine sur la table du Conseil des ministres. Vous êtes déçu par son contenu ? Écoutez, s'il y a quelques avancées positives, tant mieux. Il y en a ? Ça sera au parlant. Je ne pense pas du tout à la hauteur de ce qu'il faut. Mais on est dans un moment où, objectivement, on voit bien la situation politique du pays.
Ce n'est pas le moment où on va faire des grandes réformes institutionnelles. Il faut être lucide. Donc s'il peut y avoir des améliorations ici ou là, ça sera aux députés, aux sénateurs d'y travailler. Et ça sera déjà ça de prix. Mais on voit bien que c'est dans ces grands moments de débats nationaux, au moment d'une élection présidentielle, où les candidats doivent pouvoir porter un projet de réforme institutionnelle pour être plus efficace. Gabriel Attal, fort de son expérience, a les idées claires sur cette question-là et va faire des propositions fortes pour faire davantage confiance au terrain, aux élus locaux et aux différentes forces vives de ce pays.
Dans cette tribune, vous faites la liste des défis à relever, l'école, l'écologie, la décentralisation. C'est aussi la liste des échecs d'Emmanuel Macron ?
Non, c'est les marqueurs qui sont pour nous des marqueurs importants, des axes de travail importants. On ne peut pas laisser, par exemple, ces questions d'écologie de côté. On voit bien que depuis quelques mois ou années, le défi du dérèglement climatique est un peu mis de côté. Il faut aller beaucoup plus loin. Et nous, élus locaux, on a notre part de ce défi à relever nous-mêmes. Mais nous avons besoin de quelqu'un qui, de ce point de vue-là, est très convaincu à la fois de la nécessité, par exemple, de développer l'énergie nucléaire, mais en même temps de développer les énergies renouvelables. Moi, je suis maire de Coulomiers.
Je développe depuis des années, puisque j'ai fait partie des équipes aussi précédentes, la géothermie. Et c'est un vrai game changer pour les habitants de Coulomiers en termes de factures énergétiques et en termes de développement durable. Il faut aller plus loin dans ce sens-là. Lui a compris ça. Comme sur l'éducation. Vous avez vu, quand il était ministre de l'Éducation nationale, il avait lancé des grands plans pour faire de l'Éducation nationale une priorité. Je suis absolument convaincu, dans les discussions que je peux avoir avec lui, qu'il fera de l'Éducation une priorité du projet qu'il présentera au pays.
Puisqu'on parle du projet, les Jeunes en Marche travaillent à un programme. Ils proposent de légaliser la GPA. Vous êtes pour ?
C'est un débat qu'on doit avoir, cette question de la GPA. Les Jeunes en Marche, c'est normal, ils font en sorte d'ouvrir des sujets, ouvrir des débats. On verra ce que Gabriel Attal retiendra. Mais vous, vous souhaitez qu'ils retiennent
la légalisation de la GPA ?
Moi, je pense en tout cas qu'on ne peut pas faire comme si cette réalité n'existait pas, avec un certain nombre de familles homoparentales et hétérosexuelles qui ont recours à la GPA, à l'étranger, parfois sans prendre en compte les questions sociales, voire éthiques. Et donc qu'il y ait un débat sur cette question-là dans notre pays, et que ce soit au moment de l'élection présidentielle que ce débat se pose, moi, j'y suis favorable. Après, on verra.
Mais vous êtes favorable à ce que le débat sous, ou vous êtes favorable à l'égaliser la GPA ?
Moi, à titre personnel, je suis favorable à ce que, oui, on puisse ouvrir la possibilité à un certain nombre de couples dans ce pays de pouvoir avoir accès, en France, à une législation pour autrui, on va dire éthique, c'est-à-dire qu'il prend en compte un certain nombre de questions fondamentales par rapport, évidemment, à la question de la marchandisation du corps, à la question de l'accès juste et équitable à cette gestation pour autrui. Mais je vais vous dire, c'est un sujet, c'est un sujet important, mais il y a tellement d'autres sujets qui seront le débat de cette élection présidentielle que je ne voudrais surtout pas qu'on retienne que cette question-là.
– Il propose aussi, puisqu'on est sur Public Sénat,
il propose aussi de réduire d'un tiers le nombre de parlementaires.
– Oui, moi, je suis favorable, à titre personnel, on verra ce que Gabriel Attal propose, moi, je suis favorable, j'ai toujours défendu, le fait qu'on réduise le nombre de parlementaires, qu'on leur donne plus de pouvoir. On a aujourd'hui plus de 900 parlementaires dans notre pays, je pense qu'on pourrait avoir moins de parlementaires, pas pour mettre moins d'argent ou d'investissement sur le travail législatif, mais au contraire, en donnant plus de moyens aux députés et aux sénateurs. – Et on en laisse quoi ? Des députés, des sénateurs, les deux ?
– J'ai été député pendant 19 ans, moins quelques années au gouvernement, et je sais à quel point les députés n'ont pas suffisamment, comme les sénateurs, de moyens pour travailler de la manière dont les Français attendent de travailler.
– Donc vous réduisez un tiers le nombre de députés, un tiers le nombre de sénateurs ?
– Je ne vais pas vous le dire à la hache comme ça, comme les choses se font présenter, ça se discute, ça se discute d'ailleurs avec les intéressés, parce que c'est compliqué, parce que, évidemment, quand vous réduisez le nombre de parlementaires, potentiellement, vous supprimez des circonscriptions électorales dans lesquelles il y a des parlementaires qui sont élus. Mais je pense que dans une démocratie plus efficace, on doit avoir moins de parlementaires avec plus de moyens pour être davantage respectés et faire un travail encore de meilleure qualité.
– Stéphane, sur la manière dont on va départager tous ces candidats.
– Oui, c'est vous qui représentez Renaissance au sein du comité de liaison qui a été lancé par Gabriel Attal. Combien de fois vous êtes réunis depuis son lancement en avril ? – Et à quoi ça sert ? – On s'est réunis une fois, on se réunira très bientôt, là, début juin. Il y a Christophe Béchut qui représente Horizon, il y a Marc Fénaud qui représente le Modem, Hervé Marseille, que vous connaissez bien ici au Sénat, qui représente l'EI, Ex-Qualité, et puis Nathalie Delattre aussi, que vous connaissez bien, qui est la présidente du Parti radical.
Et ensemble, nous travaillons à la façon dont le moment venu, et nous avons discuté ensemble et nous pensons dans la foulée de ce qu'ont évoqué et Gabriel Attal et Édouard Philippe, que c'est en début d'année prochaine. – Début d'année prochaine, pourquoi début d'année prochaine ? – Alors, début d'année prochaine, pour prendre la décision importante de savoir en fonction du contexte et politique du moment, est-ce qu'il y a toujours ce risque qu'on veut absolument éviter de deuxième tour entre le Front National, le Rassemblement National et la France Insoumise, pour se rassembler, pour qu'il y ait un candidat du Bloc Central ? – Pourquoi début d'année prochaine ? – Mais parce que…
– Ça veut dire que vous allez laisser les sondages décidés à ce moment-là ? – Alors, ça fera sûrement partie des éléments à prendre en compte. – Mais ce seront quoi les autres éléments ? – On va y travailler. Ça peut être, pourquoi pas, une forme de primaire, ça peut être, pourquoi pas, d'autres types de… – Depuis d'année prochaine, ce n'est pas un peu tard pour faire une primaire. – Je veux dire, d'abord, il faut un débat, il faut que les candidats s'expriment, il faut qu'il y ait des informations… – Mais un débat public ? – Oui, un débat public, il y a un débat public, que les candidats qui le souhaitent dans le Bloc Central, portés par des partis politiques, on voit par exemple…
– Donc un débat télévisé ?
– Non, non, pas forcément télévisé. – Il faut que chacun fasse campagne sous ses couleurs, c'est ça ? – Il faut qu'on fasse campagne, il faut que… – Mais c'est qu'à un moment, ils doivent se retrouver au même endroit et débattre entre eux. – Et ensuite, de présenter un projet aux Français pour les cinq années qui viennent, puissent le faire. On a besoin d'avoir un vrai débat présidentiel. En 2022, on a souffert d'avoir pas suffisamment de débat.
Eh bien, ayons ce débat, et notamment ayons un débat pour pas que ce soit simplement une focalisation du milieu politique autour de, pas de deuxième tour, France Insoumise, Rassemblement National, mais quel projet le Bloc Central veut porter pour les 50 ans ? – Un débat d'idées. – Ça suppose qu'il faut qu'il y ait quelqu'un qui incarne les idées de Renaissance, quelqu'un qui incarne les idées d'Horizon, du Modem, de l'UDI, du Parti Radical. – Il n'y a pas d'obligation. Après, c'est une question d'ambition, c'est une question de capacité de porter un collectif, c'est une question de se sentir aussi en capacité d'être président d'une République.
– Mais juste, en dehors de Renaissance…
– On souhaite qu'il y ait un candidat qui soit dans cette dynamique-là, et on pense que c'est Gabriel Attal qui doit l'être.
– Mais pardon, mais en dehors de Renaissance, il rassemble qui Gabriel Attal ? Et même au sein de Renaissance, on entend Elisabeth Borne, on entend Yael Brunpiff et Rorberger, même son camp, il ne le rassemble pas.
– Et c'est la campagne… D'abord, les élus locaux qui ont fait la tribune, les militants qui… Son camp, pardon, excusez-moi, mais plus de 90% des membres du Conseil National, dont certains qui ont été désignés par Elisabeth Borne au moment où on a établi la nouvelle gouvernance de Renaissance, ont voté pour que ce soit Gabriel Attal, notre candidat. Donc il rassemble très largement les militants et cadres du parti. Il y a sur le terrain un grand nombre de personnes qui viennent à ces dédicaces et qui ont envie qu'ils soient candidats à l'élection présidentielle. Il y a des élus locaux qui s'expriment en disant on veut qu'ils soient candidats à l'élection présidentielle.
À lui de dire maintenant s'il souhaite l'être. Et ensuite, après plusieurs mois de campagne, pour qu'on puisse savoir, nous, dans le bloc central, qui est celui qui a le projet qui nous convient le mieux, celui qui a l'incarnation, le profil le plus adapté pour le monde dans lequel nous sommes, de pouvoir rassembler les autres candidats derrière lui. Je souhaite que ce soit Gabriel Attal. Mais pourquoi ?
Parce que, Franck Rester, vous, vous avez fait un peu toute la liste en tant que ministre des potentiels candidats qui étaient premiers ministres. Édouard Philippe, Elisabeth Borne, Gabriel Attal. En quoi Gabriel Attal, c'est le mieux placé pour succéder à Emmanuel Macron ?
Parce que je pense qu'aujourd'hui, il a, outre l'expérience, mais Édouard Philippe a cette expérience-là, il a cette audace de proposition. Il n'a pas peur de mettre les pieds dans le plat et de proposer clairement des solutions pour relever les défis dont notre pays a besoin de relever. Mais il porte mieux l'héritage ou il incarne mieux la rupture ? C'est quoi ? Quand il dit, par exemple, et qu'il aborde la question des réformes des retraites avec beaucoup de force et beaucoup de détermination, en disant qu'il faut avoir un système universel avec de la capitalisation, il a l'audace de proposer ça.
Quand il a proposé tout un projet autour de la délinquance des mineurs, il a l'audace de proposer ça. Et ensuite, il a la force d'agir, c'est-à-dire la capacité à prendre des décisions et à les mettre en œuvre. Regardez l'interdiction de la BAIA. Il est arrivé ministre de l'Éducation nationale, c'était l'éléphant dans la pièce, personne n'osait prendre une décision. Il a analysé, il a écouté, il a pris ses décisions et il l'a mis en œuvre. Eh bien, on a besoin de ce genre de profil qui ne tourne pas autour du pot, qui ne sont pas dans la circonvolution, mais qui décident et qui mettent en œuvre.
Et avec une idée claire à la fois de transformation du pays, de son organisation pour être plus efficace et porter un projet fort dont notre pays a besoin. Et vous verrez que le projet sur lequel il travaille est un projet fort qui, à mon avis, pourra rassembler une majorité.
Deux questions d'actualité pour terminer. On parle de l'audiovisuel public, Stéphane.
Oui, je voulais savoir si vous aviez lu les 550 pages du rapport de la commission d'enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public. Il y a 69 recommandations formulées par le rapporteur Charles Aloncle. Les formulent-ils vraiment pour sauver l'audiovisuel public ? Faut-il réformer l'audiovisuel public ? Ce que vous aviez fait quand vous étiez ministre de la Culture ? Ce n'est pas si vieux. Pourquoi ? Il faudrait-il relancer ? Relancer la réforme. Alors, re-réformer.
C'est-à-dire qu'en fait, je n'ai pas pu aller au bout parce qu'il y a eu le Covid et le projet de loi de réforme que j'avais porté en 2020, qui avait été voté en première lecture en commission de l'Assemblée nationale, n'a pas pu aller au bout. Une partie a été reprise par Roselyne Bachelot dans la foulée. Je pense à la transposition de la directive ESSEMA. Je pense à la création de l'ARCOM, la fusion du CSA et de l'ADOPI. C'est moi qui l'avais porté dans un projet de loi qui n'a pas été à son terme et Roselyne Bachelot l'a mis d'une façon saucissonnée.
Elle a bien fait de le faire comme ça parce que les conditions politiques ne permettaient pas au moment de l'après-Covid de porter la réforme dans son ensemble. Aujourd'hui, je pense que cette réforme que j'avais proposée est toujours d'actualité, c'est-à-dire la création d'une holding qui permet de créer un groupe public. On a besoin d'audiovisuel public. Moi, je suis effaré de voir que dans les débats qu'il y a eu dans cette commission d'enquête, on n'a pas suffisamment insisté sur l'impérieuse nécessité d'avoir de l'audiovisuel public dans notre pays en matière d'éducation, en matière de culture, en matière d'information, en matière de lutte contre la désinformation.
On a besoin d'audiovisuel public. Et pour que l'audiovisuel public réponde aux attentes de nos compatriotes et aux besoins, nous avons besoin qu'ils se structurent différemment. Comme l'ont fait tous les audiovisuels publics en Europe ou dans les pays occidentaux, comme l'ont fait tous les groupes privés, c'est-à-dire en faisant des économies d'échelle, en allant chercher des synergies, en étant regroupés. Je pense que la fusion n'est pas la bonne solution parce que là, on met tout dans le même panier et on risque de perdre à court terme une part des différentes couleurs, radio, télé et la liberté éditoriale.
En revanche, une société holding permet de faire vraiment des économies en matière de formation, en matière d'immobilier, en matière technique pour pouvoir relever les défis d'audiovisuel public.
Autre question. Maxime Saada, le patron de Canal, premier financeur du cinéma français, annonce qu'il ne travaillera plus avec les 600 signataires de la pétition contre Vincent Bolloré qui appelle à la mobilisation contre l'emprise grandissante de l'extrême droite. Je les cite. Est-on dans un tournant sur le financement du cinéma français ?
J'espère surtout que tout le monde va revenir à un calme nécessaire. Tout le monde,
c'est-à-dire des deux côtés ?
Oui, parce que nous avons besoin de regarder les sujets d'une façon apaisée. Oui, il y a une question qui se pose sur le fait de dire est-ce que oui ou non ? Je n'ai pas la réponse. Moi, j'avoue, je n'ai pas été suffisamment dans le dossier. Est-ce que ça pose un problème qu'il y ait un acteur du cinéma qui est la totalité ou une grande partie de la verticalité de la filière du financement à la production jusqu'à la diffusion ? C'est la question qui est dans la tribune à laquelle vous faites référence de l'acquisition des cinémas UGC. C'est une question qui peut se poser et a mérite d'être étudiée. Je ne sais pas quelle réponse on doit y apporter.
Mais on n'est pas obligé ensuite d'insulter les gens ou de dire qu'ils sont fascistes pour autant. Et puis de l'autre côté, quand on est responsable de Canal+, et quand on est un acteur majeur du financement du cinéma, c'est bien de plutôt calmer le jeu plutôt que de rajouter de l'huile sur le feu.
Mais pour autant, il faut comprendre que nous avons depuis des années en France réussi à mettre en place un système de financement de la création de la diversité de la création exceptionnelle dont le Canal+, est un des acteurs majeurs et c'est l'intérêt de tout le monde de s'entendre comme nous nous sommes tous entendus pour faire en sorte que le téléspectateur, la diversité de la création soit gagnante.
Merci beaucoup Franck Rester d'avoir été notre invité ce matin à la Une de Ouest France, Stéphane Logement, École, Tramway, ce que finance notre ÉPAN. Et on va regarder tout de suite les autres Unes de la presse régionale, c'est la Une dans nos régions. On commence avec vous et avec les Unes de la presse régionale et on commence par Emmanuel Macron ce matin, la Une de la Dépêche.
Effectivement, le président de la République qui est entré dans la dernière année de son deuxième quinquennat à l'Elysée après neuf ans de mandat. Il est aujourd'hui réduit à l'inaction en France sur le plan antérieur, national. Le chef de l'État essaye quand bien même de peser sur la scène internationale. Alors il porte un bilan contrasté sur ces deux quinquennats, une baisse du chômage, certes, quelques initiatives en matière d'écologie et de réindustrialisation du pays, mais deux mandats marqués par des crises. On s'en souvient, la crise des gilets jaunes, la crise du Covid et puis la réforme des retraites si décriée par les Français.
Le narcotrafic et le procès d'un chef de clan qui s'ouvre aujourd'hui.
Procès qui fait la Une du journal La Marseillaise, Félix Bengui, le chef présumé du clan Yoda, est jugé pour trafic de stupéfiants avec 19 de ses comparses. Un important réseau de narcotrafic qui a prospéré entre 2021 et 2023 dans deux cités des quartiers nord de Marseille. Le principal point de deal de ce réseau générait 100 000 euros de recettes par jour. Et puis le clan Yoda s'était livré à une guerre sanguinaire contre la DZ mafia, une guerre des gangs qui avait fait 70 morts à Marseille à l'époque.
Et un nouveau drame ce week-end lié au narcotrafic. Nouvelle fusillade à Nantes. Un adolescent de 15 ans a été tué. Alors comment lutter contre le narcotrafic ? Que peuvent faire les élus ? Nous sommes avec Alexandre Touzé. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire de Saint-Tion, vice-président délégué à la prévention, à la sécurité du département de l'Essonne. Alexandre Touzé, on l'a dit, Laurent Nunez est allé à Nantes ce week-end. Il a affiché sa détermination intacte et totale face au narcotrafic. Au-delà des mots, l'État est-il à la hauteur ?
Il est très en retard. La loi qui contrôle la narcotrafic date de 2025 et elle est une initiative du Sénat après une commission d'enquête exemplaire. Et on se souvient à l'époque que le ministre de la Justice était complètement dans le déni quand le procureur de Marseille disait qu'il était en train d'être battu sur ce combat dans la région de Marseille. On a encore beaucoup de sujets qui ne sont pas traités. Je pense à la question du blanchiment où on voit qu'aujourd'hui c'est un des sujets essentiels. Je pense aux néobanques, je pense aux commerces qui vivent essentiellement du blanchiment de l'argent, des commerces locaux type barbier, type commerce de nuit.
Mais on a aussi toute une politique qu'on n'a pas construite autour des consommateurs. Donc on voit qu'on a beaucoup d'angles morts et beaucoup de retard.
Ça veut dire pénaliser plus les consommateurs ?
Non, ça veut dire certains consommateurs, il faut les prendre dans leur diversité. Je pense qu'on ne peut pas traiter de la même manière un craqueux qui est sur une colline des portes de Paris qui est complètement dépendant et le consommateur festif qui va le vendredi soir ou le samedi soir pour passer une bonne soirée et acheter de la drogue à un mineur.
Il y en a un qu'il faut accompagner médicalement, y compris par des prescriptions un peu autoritaires, un accompagnement médical autoritaire et puis l'autre qu'il faut très sévèrement sanctionner parce que quand on va en achetant de la drogue donner la mort à un jeune mineur, comme on l'a vu dans ces procès récents et je pense notamment au procès d'Asen Larbi qui vient de se terminer, quand on a un consommateur diffestif, c'est insupportable et effectivement la société doit condamner et condamner très très fortement.
Merci Alexandre Touzé. Merci beaucoup d'avoir été avec nous vice-président délégué à la prévention et à la sécurité du département de l'Essonne et maire de Saint-Thion. Et Alexandre, pour lutter contre les rodeoilles urbains, les policiers ont de plus en plus recours aux drones.
Oui, c'est à la une du journal Paris-Normandie. La police nationale de Seine-Maritime tente de stopper ces rodeoilles urbains par l'usage de drones et le journal propose un reportage en immersion avec deux télépilotes de la police qui sont chargés de pister les auteurs des rodeoilles urbains avec un drone afin que les équipes au sol de policiers puissent les intercepter. Les drones permettent aussi de repérer les lieux de stockage des motocrosses utilisés pour ces rodeos mais aussi de sécuriser la voie publique face à des délits dangereux.
Le projet de loi Riposte porté par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, est examiné cette semaine au Sénat et il vise à faciliter l'usage de ces drones pour lutter contre ces rodeos urbains.
Alors on va dans l'espace avec la région Nouvelle-Aquitaine.
Une région à la conquête de l'espace, titre le journal Sud-Ouest qui s'intéresse aux jeunes start-up de la Nouvelle-Aquitaine qui ont décidé de se lancer dans l'aventure spatiale. Exemple, la société bordelaise Hyperspace qui développe des micro-lanceurs de satellites qui sont plutôt écologiques puisqu'ils sont à propulsion hybride. Et puis une autre start-up de la région, The Exploration Company, a créé la première capsule spatiale européenne privée conçue pour ravitailler notamment les stations orbitales et la station spatiale internationale. On peut aussi citer Dark, une société basée à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac et spécialisée dans la capture des déchets spatiaux.
Et je vous emmène sur l'île de Noirmoutier en Vendée pour visiter une entreprise en pointe dans le domaine médical. Son nom est Marina. Elle exploite une ferme aquacole dédiée à l'élevage des vers marins à l'origine d'une molécule capable de transporter efficacement l'oxygène. Cette technologie est utilisée notamment pour la conservation des organes, la cicatrisation ou encore comme substitut sanguin. Le reportage de nos partenaires de TV Vendée est signé Simon Filippo et Louise Viettger.
C'est ici sur ce site de 13 hectares que depuis 2013 la société Emarina élève des arénicolas marina des vers marins dont l'hémoglobine contient une molécule permettant de transporter 40 fois plus d'oxygène que dans le sang humain et dont les applications sont nombreuses. Elle permet par exemple de conserver beaucoup plus longtemps les organes en attente de greffe mais aussi de soigner les brûlures. Les grands brûlés quand ils ont de la peau brûlée toute la micro-circulation au niveau de la peau n'apportent plus d'oxygène puisque les vaisseaux n'arrivent plus au niveau du lit de la plaie ça ne cicatrisera jamais et généralement on est obligé d'amputer.
Et donc le fait d'avoir greffé cette molécule dans un hydrogel et ce gel on le met sur la peau au lieu d'apporter de l'oxygène par la circulation sanguine mais que ça ne marche pas parce que les vaisseaux sont brûlés on va l'amener par l'extérieur on va mettre le gel sur la plaie et là on va capter l'oxygène de l'air pour aller le délivrer au niveau de la plaie et là on repart dans un process de cicatrisation extrêmement efficace puisque dans la plupart des plaies que l'on a traité au bout de 48 heures il y avait l'étape de ce qu'on appelle la granulation le redépart de la cicatrisation qui est mis en place.
Franck Zal n'a pas choisi par hasard la Vendée et plus particulièrement l'île de Noirmoutier pour y implanter son élevage de verre marin. Pourquoi ici ? Parce qu'ici on est sur une île donc la qualité de l'eau autour de cette ferme était bonne et donc pour moi qui travaillais dans le domaine de la santé il me fallait un environnement extrêmement favorable et donc ici je l'ai trouvé et puis ce qui est intéressant vous l'avez mentionné c'est qu'ici il y a une nappe phréatique salée en dessous de nos pieds et donc l'eau est à peu près toujours à 13 degrés Celsius et donc vous voyez on parle de réchauffement climatique on parle d'été, d'hiver, etc.
Ici on peut stabiliser la température des bassins c'est-à-dire qu'en pompant dans la nappe phréatique même quand il fait chaud on peut avoir une température des bassins extrêmement contrôlée. De nombreux pays comme les Etats-Unis ou la Chine s'intéressent au travail de Franck Zal et à ses applications médicales en janvier dernier ce sont les victimes de l'incendie de Cran-Montana qui ont pu bénéficier de ces produits mais en France le chercheur est toujours dans l'attente d'une autorisation de mise sur le marché.
On termine ce qui fait l'actualité dans nos régions Alexandre comme chaque lundi on finit par du sport à la une de la presse régionale notamment du foot c'est la dernière journée de Ligue 1.
Oui c'est l'heure de faire les comptes pour le football français avec la fin du championnat Lille s'est qualifiée en Ligue des champions malgré sa défaite contre Auxerre 2 à 0 et grâce à la victoire de son rival Lançois contre Lyon 4 à 0 alors forcément c'est à la une du journal La Voix du Nord l'Olympique de Marseille arrache une place en Europa League après sa victoire 3-1 contre Rennes et puis Auxerre se maintient en Ligue 1 et fait la une de Lyon républicaine un beau week-end de sport en Bourgogne puisque les handballeuses de Dijon ont remporté la Ligue européenne contre les Allemandes de Thuringe et elles font la une du bien public.
Merci beaucoup Alexandre allez place au débat la France et l'Algérie peuvent-elles s'entendre ? C'est le thème. Al Darmanin arrive ce matin en Algérie avec plusieurs dossiers sur la table la lutte contre la criminalité organisée le narcotrafic et le terrorisme mais aussi la détention du journaliste Christophe Gleiz emprisonné depuis 2 ans Gérald Darmanin qui pourrait rencontrer le président algérien Théboune sa visite marque-t-elle une nouvelle étape dans le dégel des relations entre Paris et Alger ?
Pour en parler nous sommes avec Mathieu Soukir bonjour Mathieu merci beaucoup d'être là et Yves Tréard directeur de la rédaction du Figaro bonjour Yves Yves est-ce qu'on assiste ces derniers jours à un apaisement à un dégel des relations entre France et Algérie ?
On verra c'est jamais simple avec l'Algérie des relations entre la France et l'Algérie c'est toujours de la politique intérieure c'est de la politique intérieure en Algérie c'est de la politique intérieure en France on l'a bien vu avec les polémiques entre est-ce qu'il faut être dur est-ce qu'il faut être plus souple est-ce qu'il faut être discret est-ce qu'il faut être bruyant pour bien connaître l'Algérie et M. Théboune lui-même puisque j'ai eu le privilège je ne sais pas si c'est un privilège je l'ai longuement interviewé j'étais un des seuls journalistes occidentaux à l'interviewer ça ne peut pas être simple de toute manière il vous fera toujours danser pourquoi ?
je vais vous donner la première réponse qu'il m'a donnée à la première question que je lui posais à l'époque et il s'agissait des visas que d'ailleurs M. Darmanin qui était ministre de l'Intérieur avait réduit vous savez c'était je crois à la fin de l'année 2021 ou 2022 2021 réponse M.
Théboune du président Théboune tout souriant mais chère Yves nous avons un bail de 132 ans chez vous 1830 1962 132 ans donc ils sont chez eux il estime qu'il est chez lui en France en réciprocité si vous voulez ça ne sera jamais simple alors après il y a plein de sujets qui sont sérieux importants et tout ça est sérieux il y a notamment un sujet sur lequel on n'a pas suffisamment assisté à mon avis c'est que l'Algérie pendant quelques mois quelques années a perdu pied dans le renseignement au Sahel et l'Algérie s'est isolée en même temps qu'elle s'éloignait et qu'elle avait une politique extrêmement dure avec la France elle s'est coupée de beaucoup de sources d'informations et notamment au Sahel vis-à-vis du gouvernement malien notamment et là elle est en train de reprendre pied donc je pense que l'Algérie a besoin de revenir sur la scène internationale a besoin de rompre un peu son isolement isolement qui s'était accentué aussi par le fait que de plus en plus de pays aujourd'hui reconnaissent la marocanité si vous me permettez l'expression du Sahara occidental
ce qui est d'ailleurs à l'origine de la brouille nous allons
c'est une des origines
ça a accentué les tensions ces derniers mois on va dire Mathieu une question qu'est-ce qu'elle représente aujourd'hui la visite de Gérald Darmanin est-ce que c'est le signe tangible d'un réchauffement entre les deux pays
oui c'est une étape de plus on verra comme le dit Yves en fait sur quoi ça débouche alors je ne peux pas me prévaloir comme Yves d'une aussi bonne connaissance et de l'Algérie et de son président mais quand même on constate qu'il y a eu des périodes de chaud c'est une période de froid et depuis quelques années c'est une période de grand froid ça tient quand même essentiellement à la question du Sahara occidental ça tient pour partie aussi aux postures qui ont pu être adoptées par les uns et par les autres et en particulier quand même par notre précédent ministre de l'Intérieur Retailleau qui était un partisan de la fermeté plus que de la fermeté une forme d'agressivité quand même et la question est toujours de savoir dans ces affaires un comme le disait Yves s'il s'agit de politique internationale de diplomatie ou de politique intérieure et deux de savoir si la fermeté est un gage d'efficacité et synonyme d'efficacité ou pas là on a le sentiment que le dégel la volonté de dégel de part et d'autre peut être davantage productrice de résultats et on voit bien qu'on a un certain nombre de sujets à traiter de façon très concrète il y a le fond historique bien sûr et ça ça rendra l'affaire toujours complexe et puis il y a quand même un certain nombre de dossiers très opérationnels y compris en matière sécuritaire là pour le coup on avance avec une coopération judiciaire du côté de Darmanin et une coopération sécuritaire du côté de Laurent Nunez en fait on ne peut que s'en réjouir
et nous allons rentrer dans le détail de ces dossiers puisque la visite selon Gérald Darmanin selon la chancellerie elle a pour but d'ouvrir un nouveau chapitre de la coopération judiciaire entre les deux pays alors d'abord nous allons parler de la lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic Yves plusieurs dirigeants de la DZ Mafia organisation criminelle française se trouvent en Algérie qui pourraient également abriter des avoirs financiers liés au trafic de drogue est-ce que ces narcotrafiquants ces derniers mois ils ont profité des mauvaises relations entre Paris et Alger ?
Moi je pense qu'elles sont vieilles ces relations elles ont toujours existé c'est un véritable fléau vous ne pouvez pas vous imaginer c'est toute l'Afrique du Nord qui est mêlée à ce fléau c'est le Maroc la vallée du Rif c'est terrible les Rifins c'est-à-dire le nord du Maroc ils ne vivent que de ça ils ne vivent que de ça ça devrait être un sujet presque de brouille entre le Maroc et la France si on allait jusqu'au bout c'est très compliqué très compliqué parce qu'évidemment c'est des populations entières qui vivent de ce commerce alors après il y a le trafic effectivement là c'est la culture dans la vallée du Rif le commerce avec effectivement il y a des liens en Algérie et c'est très très difficile et je pense qu'effectivement alors moi je n'ai pas les preuves mais que la DZ Mafia a des connexions c'est très vraisemblable et donc je pense que c'est une des raisons du voyage enfin c'est un des sujets du voyage de M.
Darmanin
parce qu'on a besoin de l'Algérie pour être plus efficace dans la lutte contre le narcotráfice
avec l'Algérie toujours un prêté pour un rendu c'est-à-dire que les Algériens réclament aussi certains de leurs ressortissants qui sont en France qui pour des raisons politiques beaucoup sont ici et disent pique-pendre du régime algérien et donc l'Algérie voudrait qu'il soit extradé de France enfin c'est vraiment c'est du marchandage et ça ne peut être que du marchandage avec l'Algérie je vais vous dire et c'est ce que va faire aujourd'hui M.
Darmanin Personne ne doute du fait que la lutte contre le narcotrafic qui est un problème nouveau majeur complexe que cette lutte passe nécessairement par une coopération internationale et en particulier avec un certain nombre de pays voisins et là en l'occurrence alors on le sait en tout cas je ne le sais que parce que je lis la presse mais on a bien compris que si Darmanin pour son voyage était entouré de quasiment une dizaine de hauts fonctionnaires de son ministère c'était pour discuter effectivement très précisément de dossiers très précis nominatifs étant entendu que certaines têtes de réseaux en particulier de la DZ Mafia pouvaient être installées en Algérie pouvaient éventuellement avoir la double nationalité et donc ne pas risquer d'être extradées donc c'est effectivement un problème de savoir que ces individus-là fort dangereux peuvent piloter leurs activités depuis assez loin on parle d'enjeux sécuritaires mais en réalité l'Algérie a vocation à être un partenaire de premier plan en fait pour plein de choses si c'est compliqué avec l'Algérie ça tient effectivement non seulement à l'histoire aux fameuses 132 années de colonisation qu'évoquait Yves mais pas seulement la relation entre la France et l'Algérie elle est unique d'une certaine façon le binôme France-Algérie dans l'histoire dans la situation internationale aujourd'hui relativement unique le seul point de comparaison ce serait les Etats-Unis et le Mexique l'imbrication entre deux histoires entre deux peuples entre deux pays entre deux démographies et même deux économies c'est à l'échelle de la France et l'Algérie que ça se joue l'Angleterre n'a aucune relation avec aucune de ses ex-colonies qui a la même connotation donc c'est quelque chose de très particulier le fait que nous ayons encore 3 millions de franco-algériens sur notre sol mais quasiment une dizaine de millions en fait de français qui ont des liens d'une certaine façon familial et culturel avec l'Algérie ça crée quelque chose de particulier donc toute tension diplomatique en fait à l'Algérie avec l'Algérie c'est potentiellement des tensions culturelles ou des tensions sociales chez nous donc sur chaque sujet et en particulier sur la sécurité il est absolument indispensable en fait d'avancer avec l'Algérie
Mais je voudrais revenir sur ce que vous avez dit Yves sur le fait que ça va être donnant-donnant et que l'Algérie risque de demander des ressortissants ou des franco-algériens qui sont sur le sol français et qui selon Alger ont des positions politiques controversées on pense à ce qui s'est passé avec Boalem Sansal on pense à Kamel Daoud est-ce que la France va se retrouver dans une position difficile selon les demandes d'Alger ?
Non pourquoi la France elle a comme vous le savez il y a Christophe Gleize encore dont on n'a pas parlé qui a quand même emprisonné pour aucune raison c'est un reporter un journaliste qui fait du reportage sportif il s'est retrouvé avec un reportage qu'il a fait à Tizi Ouzou bon il y a un problème avec les kabiles là-bas qui est millénaire j'ai envie de dire et il est millénaire d'ailleurs non c'est du non c'est à dire qu'on a des ressortissants qui sont enfin on a Christophe Gleize qui est prisonné là-bas on a ici en France il y a des Algériens qui sont retenus à juste titre sans doute je pense notamment à un agent consulaire qui a participé au rap d'un diplomate algérien enfin bon tout ça est très compliqué tout ça est imbriqué et c'est pour ça que je dis que c'est du non-non-non c'est évidemment du non-non-non mais il faut aussi ne pas oublier que l'Algérie est une autocratie pour ne pas dire une dictature dans laquelle M.
Gleize est enfermé mais dans laquelle il y a aussi des centaines d'historiens de sociologues de philosophes d'écrivains algériens qui sont arbitrairement retenus il faut le dire ça parce qu'on oublie ça mais on est pas l'Algérie est une dictature
Christophe Gleize il est emprisonné en Algérie parce que français
ah bah oui je pense qu'il y a beaucoup de symboles là-dedans
il va devoir revenir il va pouvoir revenir Gérald Darmanin avec des avancées sur le dossier Christophe Gleize Mathieu
alors j'ai entendu et Gérald Darmanin et Laurent Nunez hier être extrêmement prudents et considérer que ces sujets diplomatiques extrêmement complexes nécessitaient une très grande discrétion donc aucun des deux n'a en tout cas voulu manifester à ce stade d'optimisme j'ai l'impression qu'ils considèrent que le dossier peut cheminer et potentiellement déboucher favorablement mais personne ne prend de risque ça prend un temps considérable rappelons qu'il est donc condamné effectivement pour apologie de terrorisme absolument absurde grotesque à cette année de prison et que donc évidemment chaque jour qui passe pour la détention de nos concitoyens là-bas est quelque chose de tout à fait dramatique donc les autorités les autorités françaises sont à l'oeuvre je me souviens encore une fois qu'au moment où Bruno Retailleau roulait des mécaniques tous les diplomates disaient ça n'est pas une bonne méthode pour essayer de faire avancer ce type de dossier que là pour le coup la fermeté surjouée c'est contre-productif donc espérons que la discrétion sera davantage efficace
Sur Christophe Gleize on est à un mois de la coupe du monde est-ce que ça peut être une fenêtre pour l'Algérie cette coupe du monde la libération de Christophe Gleize ne serait-ce que pour vouloir se donner une bonne image
Oui enfin il n'y a pas que ça il y a la fin de l'Aïd aussi il va y avoir l'Aïd plutôt l'Aïd la fête de l'Aïd qui est une fête qui va bientôt avoir lieu on pense plutôt à ça à la fête de l'Aïd qui pourrait permettre c'est pour ça qu'il n'a pas fait appel parce qu'il aurait pu faire appel de sa décision de sa condamnation il a refugié de l'affaire pour que le pouvoir de grâce exercé par le président de la république puisse l'être donc on va voir mais Et la fête de l'Aïd
c'est une fête de l'Aïd
effectivement l'arrivée du mondial pour lequel l'Algérie est qualifiée ça peut éventuellement jouer
Autre dossier sur la table la lutte contre le terrorisme la sécurité de la France Mathieu elle se joue aussi en Algérie
Alors oui bien sûr il y a le sujet des OQTF dont on a compris que Gérald Darmanin voulait absolument parler depuis qu'il y a gel diplomatique sur cette affaire de l'exécution des OQTF il n'y en a plus du tout il y en avait quelques milliers avant quand même qui se traitaient ce qui n'est pas énorme mais au moins c'était mieux que rien on se plaint régulièrement en fait des taux d'exécution de nos OQTF là précisément le gel diplomatique avec l'Algérie aboutit à ce qu'on ne puisse plus rien faire en la matière ça a repris ça a repris mais très légèrement Laurent Nunez faisait état de 150 140 reconduites
c'est ça depuis le début de l'année
c'est ça je disais 150 mais c'est à peu près ça l'ordre de grandeur donc on voit bien qu'on a intérêt à avancer et qu'encore une fois sur tous ces sujets la coopération internationale garantit l'efficacité des politiques que nous pouvons mener au niveau national rouler des mécaniques depuis la place Beauvau ou depuis la place Vendôme ça ne marche que si derrière pour de vrai on a travaillé avec les pays qui sont également concernés
On va évidemment revenir sur cette question des OQTF Yves, sur la lutte contre le terrorisme vous nous disiez tout à l'heure que l'Algérie avait un peu perdu sa puissance de renseignement au Sahel est-ce que la brouille France-Algérie elle a eu aussi des effets sur la coopération anti-terroriste et est-ce que là aussi la France a besoin de l'Algérie l'Algérie a besoin de la France
Oui alors ce qui s'est passé c'est que si vous voulez il y a un autre pays qui est capital dans la lutte contre le terrorisme et dans le renseignement c'est le Maroc c'est probablement un des meilleurs services de renseignement anti-terroriste du monde et ils sont très très très bien infiltrés le Maroc aujourd'hui est un des pays les plus puissants d'Afrique sur le plan économique sur le plan du renseignement sur le plan politique sur le plan diplomatique c'est un pays capital parce qu'il a une force de développement qui est très forte et une capacité de formation de ses élites qui est assez impressionnant donc le Maroc avec lequel on a été fâchés et ça nous a porté ça a été un préjudice énorme pour justement pour le renseignement anti-terroriste chez nous et donc là on s'est réconciliés avec le Maroc de ce point de vue et sur ce front avec l'Algérie il semblerait et c'est aussi un des objectifs même si le patron du parquet anti-terroriste ne va pas à Alger il ne fait pas partie des magistrats qui sont prévus dans la délégation mais il est certain qu'on a besoin des Algériens pour en savoir davantage sur ce qui se passe au sud de l'Algérie au début du Sahel et effectivement à l'heure où le Mali est en train de sombrer encore une fois et bien c'est bien quand même qu'avec l'Algérie on soit dans de meilleurs termes parce que je pense que l'Algérie a repris pied justement dans le Sahel Yves a raison de dire que le Maroc effectivement est en pointe sur les questions de renseignement a sans doute raison de dire que l'Algérie a pour partie reculé mais ça reste en matière de renseignement et en matière sécuritaire en réalité une puissance tout à fait importante et un partenaire décisif pour un pays comme la France
Sur la question des OQTF les obligations de quitter le territoire français vous le disiez Mathieu ça a repris les expulsions ont repris depuis la visite de Laurent Nunez c'était en février dernier et on va justement écouter Laurent Nunez à ce moment là
Nous avons travaillé à mettre en place donc à réenclencher un dispositif de coopération sécuritaire de très haut niveau qui a porté à la fois sur la coopération judiciaire la coopération policière la coopération en matière de renseignement pour donc densifier ces relations reprendre des relations de sécurité normales
Et les relations ont donc repris Laurent Nunez l'a affirmé il y a encore quelques jours c'est la preuve que la ligne de Laurent Nunez qui est plus diplomatique moins sur la ligne de fermeté que Bruno Retailleau finalement c'est la bonne ou pas Mathieu ?
En tout cas c'est objectif de constater que cette ligne là permet de renouer un dialogue et d'espérer en tout cas en termes de chiffres sur les OQTF avoir des résultats supérieurs à ceux qui par définition étaient nuls étaient à zéro parce qu'il y avait gel diplomatique donc je constate encore une fois que la fermeté dont Bruno Retailleau a voulu faire preuve sans aucun doute avec encore une fois des considérations politiques nationales n'a pas donné de grands résultats voilà donc on verra si la diplomatie et le profil bas de nos dignitaires aujourd'hui affichés garantit davantage de résultats mais ces dernières années en tout cas le bilan était nul
La ligne de fermeté c'est pas la bonne avec l'Algérie ?
Il faut être ferme mais il faut être ouvert aussi enfin je veux dire c'est les deux vous pouvez pas il y a trop si vous voulez le poids de l'histoire est tel j'ai bien aimé tout à l'heure la comparaison c'est un des seuls pays la relation franco-algérienne elle est unique enfin je veux dire dans le monde il n'y a pas avec le nombre de ressortissants algériens ou d'origines algériennes ici enfin on a une histoire qui est tellement imbriquée je vous rappelle que l'Algérie c'était la France c'était trois départements français revendiqués donc c'est pas rien enfin je veux dire ce poids de l'histoire est énorme et et une guerre terrible à la fin en plus oui oui une guerre terrible et alors il faut être ferme parce que comme je vous l'ai dit les Algériens nous font danser et nous feront toujours danser mais il faut quand même être très ferme en ayant des exigences mais en gardant le dialogue ouvert parce que si vous fermez le dialogue
mais très ferme c'est quoi ? Très ferme c'est la ligne Retailleau ou très ferme c'est mais non mais il n'y a pas
c'est ni l'une ni l'autre c'est une ligne disant aux Algériens on ne peut pas accepter certains certains de vos caprices parce que ce sont des caprices qui sont dues et qui sont expliquées pour eux parce qu'ils agitent toujours le chiffon de la colonisation dès que ça va mal à l'intérieur de leur pays et par ailleurs on a besoin d'eux quand même par exemple pour la lutte contre le terrorisme c'est évident pour l'immigration on a besoin d'eux rendez-vous compte que toute l'immigration subsaharienne elle passe par l'Algérie elle passe par le Tunisie elle passe par le Maroc et on a besoin d'avoir des accords avec ces pays-là pour que eh bien ils ne soient pas des passoires pour qu'ils fassent aussi le travail de retenue si vous voulez de l'immigration illégale on a besoin on a besoin d'avoir une relation avec le sud de la Méditerranée je ne comprends pas comment on ne peut pas comprendre que d'ici à 2050 vous aurez 2 milliards 500 millions d'Africains la population va quasiment doubler mais qui ne le comprend pas mais qu'il faut maintenir des lignes et des lignes de dialogue avec ces pays-là et même
contrairement juste Mathieu je vous fais réagir mais contrairement à ce que dit le Rassemblement National on va écouter
il faut peut-être dénoncer les accords de 68 ça c'est clair il faut revoir tout ça parce que tout ça c'est dépassé mais pour autant il faut dialoguer
on va écouter ce que dit Laurent Jacobéli le porte-parole du Rassemblement National c'était hier sur France Info
tant mieux si la voie diplomatique est utilisée mais à quelle fin est-ce que nous allons continuer sur le chemin de la repentance est-ce que nous allons accepter ad vitam aeternam que l'Algérie refuse de reprendre ses concitoyens qui vivent en France et qui ont violonné l'Oise les fameux OQTF ceux qui sont obligés de quitter le territoire français arrêtons la diplomatie de la courbette essayons la diplomatie de la fermeté
on est dans la diplomatie de la courbette
on a essayé la diplomatie de la fermeté et d'ailleurs la fermeté en diplomatie ça marche pas toujours et pourquoi dans la courbette en réalité on est dans le dégel on essaye de renouer on sera bon sur le volet sécuritaire en particulier si on est bon de façon globale dans l'appréhension d'une relation apaisée avec l'Algérie et ça veut dire pour le coup des liens sur à peu près tous les sujets et des liens renforcés sur à peu près tous les sujets rappelons que l'Algérie était par définition une zone d'influence et même une zone de domination de la France et qu'en matière de zone d'influence on a sévèrement reculé en matière économique par exemple c'est tragique c'est tragique la Chine en tout cas est devenue évidemment le premier partenaire commercial de l'Algérie la Russie est un partenaire militaire tout à fait installé la France recule l'Italie la Turquie deviennent des concurrents très durs la France a intérêt au contraire à renouer et à renforcer ses liens y compris d'ailleurs dans le contexte d'aujourd'hui à cause de la question énergétique le gaz le pétrole algérien ça intéresse la France mais au-delà de ça le marché algérien ça intéresse la France Suez est sortie d'Alger sur le marché de l'eau la RATP est sortie sur le marché du transport ADP pareil sur l'aéroport donc la zone d'influence que la France pouvait avoir en Algérie hier c'est plus la même affaire et ça ne peut revenir C'est quoi ?
Réalisme, pratmactisme et pas sentimentale
Oui mais même coopération renforcée on recule il faut améliorer il faut renforcer la coopération et c'est pas de la courbette c'est juste de la proximité y compris au nom de l'histoire ancienne et aujourd'hui au nom des intérêts des deux pays
Yves vous nous racontiez votre interview du président Théboune est-ce que la France est un élément de politique intérieure pour lui qui va rendre le dégel compliqué ?
Bien sûr le président Théboune est dans une situation extrêmement fragile en Algérie puisque comme vous ne le savez peut-être pas mais le régime est tenu par l'armée c'est l'armée qui aujourd'hui plus que jamais d'ailleurs tient le régime algérien qui est un régime extrêmement compliqué avec un état profond qui tient c'est particulier qui est né du FLN c'est-à-dire du Front de Libération Nationale qui est toujours la pièce maîtresse du dispositif algérien et M.
Théboune n'est arrivé au pouvoir que à la faveur du Irak vous savez c'était ce mouvement populaire qui est né au tournant des années 2020 et qui a été interrompu par le Covid mais qui était une espèce de printemps arabe soft pour l'Algérie très particulier comme mouvement qui n'était pas du tout un mouvement agressif mais qui était un mouvement qui a coûté quand même le pouvoir à Bouteflika qui était le prédécesseur de M. Théboune M.
Théboune a été réélu récemment président avec un taux d'abstention qui est de l'ordre de 70% même plus que ça c'est-à-dire que le rapport entre le pouvoir et les Algériens est très particulier il y a une défiance vis-à-vis du pouvoir algérien qui est énorme mais le pouvoir algérien arrive à se maintenir justement en agitant le nationalisme en disant bon c'est méchant français qui nous attaille
donc il entretient le ressentiment vers la France
bien sûr ils l'ont tous entretenu tous les présidents l'ont entretenu et c'est toujours la faute de la France les insuffisances du régime algérien parce que c'est un pays quand même qui a beaucoup de ressources contrairement à d'autres notamment le gaz d'Assier-Armel c'est un pays qui a une population une jeunesse qui est assez dynamique mais qui est au chômage quasiment c'est un pays qui ne s'est absolument pas développé parce qu'il a misé ça c'est de la faute des premiers dirigeants algériens c'est-à-dire Waribou Medienne qui était le premier président algérien enfin le deuxième après Ben Bella et qui a qui a infligé un régime soviétique à son pays avec une industrialisation qui est une industrialisation massive et du coup il ne s'est pas du tout développé en plus avec ce socialisme très peu ouvert il ne s'est pas développé au tourisme comme le Maroc il ne s'est pas développé à plein de secteurs qui aujourd'hui lui font défaut
donc ça va être un peu compliqué du côté d'Alger est-ce qu'Emmanuel Macron lui il a intérêt à terminer ses mandats sur la résolution de la crise avec Alger
alors il y aurait une cohérence à le faire rappelons qu'il avait au moment de sa campagne de 2017 parlé donc de la colonisation comme un crime contre l'humanité il a affiché ensuite de façon relativement constante une volonté de travailler de contribuer à cette réconciliation entre les deux pays il a même commandé à un historien de renom Benjamin Stora un rapport c'était en 2021 ou en 2022 je ne sais plus qui non seulement à ce stade n'a pas été suivi des faits mais qui avait été à l'époque très mal reçu par les autorités algériennes par l'Algérie je ne sais pas pourquoi on parle de repentance alors courbette repentance dans le discours d'un dignitaire du Rassemblement National c'est normal mais en fait je ne sais pas pourquoi on parle de repentance il y a une histoire complexe qui tient effectivement à un passé douloureux conflictuel et douloureux et je n'arrive pas à comprendre pourquoi Emmanuel Macron n'est pas allé au bout de ce qu'il avait affiché comme ambition je ne sais pas pourquoi il ne fait pas ce que d'une certaine façon Chirac a fait en s'excusant implicitement auprès de la communauté juive nationale avec l'affaire du Veldiv je ne sais pas pourquoi on ne va pas un peu plus loin et pourquoi la France ne se trouve pas en capacité de présenter ses excuses effectivement à l'Algérie pour ce passé je ne vois pas en quoi on peut qualifier cela
Emmanuel Macron a refusé de faire
oui je ne sais pas pourquoi on ne peut on qualifie cela de repentance et à ce stade on ne se sent pas en capacité avec la force de le faire je ne vois pas ce que ça coûte et je vois au contraire ce que ça pourrait rapporter
il nous reste 10 secondes une visite d'Emmanuel Macron en Algérie c'est envisageable ou une visite du président Téboune en France
oui ça me paraît un peu compliqué quand même je crois que le président de la République il aurait bien fait mieux fait il ferait mieux d'aller à Beyrouth aujourd'hui ça serait bien plus utile
merci beaucoup à tous les deux merci Fréard merci Mathieu Soukher d'avoir été avec nous pour ce débat merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très bonne journée Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat