Un ambition intime - François Fillon
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 99 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteRéponse directe
Ça fait quoi d'avoir des photos de soi comme ça ?
- 0:43OuverteRéponse partielle
Vous avez occupé tous les postes de tous les corps d'État ?
- 1:01ComplaisanteRéponse directe
François Fillon, je suis très heureuse que vous ayez accepté de faire cette émission, parce qu'on ne vous connaît pas.
- 1:16OuverteRéponse directe
Vous êtes un homme secret.
- 1:46OuverteRéponse directe
Et vous avez mis du temps avant de me dire oui ?
- 2:04OuverteRéponse directe
Quelle image vous pensez que les Français ont de vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47Invité politiqueFait
« Tous les postes électifs, sauf un. »
- 1:22Invité politiqueFait
« Je pense que la politique ne doit pas être mélangée avec la vie privée. »
- 1:31Invité politiqueFait
« C'est évidemment le premier reproche qu'on lui fait. »
- 1:59Invité politiqueFait
« Je les aurais peut-être écrites différemment si c'était moi qui les avais écrites. »
- 2:06Invité politiqueFait
« Je pense qu'ils ont globalement une image de sérieux, d'honnêteté et d'engagement. »
- 3:52Invité politiqueFait
« J'ai toujours eu du mal avec l'autorité de mon père, du mal avec l'autorité de mes professeurs. »
- 4:31Invité politiqueFait
« Beaucoup de problèmes de discipline. »
- 5:04Invité politiqueFait
« Un jour, elle m'a exaspéré. Et j'ai organisé une manifestation avec des banderoles, des pancartes du collège. »
- 5:16Invité politiqueFait
« Donc j'ai été exclu pendant trois jours pour me calmer. »
- 6:03Invité politiqueFait
« J'ai commencé à travailler en 3ème année de droit. »
- 6:55Invité politiqueFait
« Et je me suis dit que ça va être marrant, ça va durer 6 mois et je vais voir à quoi ressemble le pouvoir. »
- 7:20Invité politiqueChiffre
« J'avais 26 ans. »
- 9:13Invité politiqueChiffre
« La moitié. »
- 10:03Invité politiqueFait
« J'aime bien être le premier de la cordée, j'aime bien concevoir moi-même ma course, la préparer. »
- 11:32Invité politiqueFait
« Il faut que j'ai le dernier appareil sorti. »
- 14:05Invité politiqueFait
« Après, il a eu peur. »
- 14:48Invité politiqueFait
« C'est le spectacle, c'est le cirque, le Parlement. »
- 17:47Invité politiqueChiffre
« En 7 ans. »
- 18:27Invité politiqueChiffre
« 47 ans. »
- 22:06Invité politiqueFait
« On était trois ou quatre autour de lui qui étions convaincus qu'il avait un destin national et qu'il était destiné à être président de la République. »
- 22:49Invité politiqueFait
« Une voix chaude aux timbres brûlés s'est éteinte. »
- 23:17Invité politiqueFait
« Je me souviens de ses yeux malicieux, de ses fulgurances intellectuelles, de sa gravité perfectionniste, de ses colères grondantes qui pouvaient être suivies d'un rire éclatant. »
- 23:38Invité politiqueFait
« Parce que je pense que c'est comme perdre son père, franchement. »
- 26:00Invité politiqueFait
« On a trouvé un équilibre progressivement, chacun faisant des efforts de son côté. »
- 26:12Invité politiqueFait
« Tout le monde décrit nos relations comme des relations absolument épouvantables et très difficiles. »
- 26:31Invité politiqueFait
« Le premier ministre, une fois qu'il est nommé, il ne peut plus être démis de ses fonctions par le président de la République. »
- 27:28Invité politiqueFait
« Philippe Séguin. »
Temps de parole
- François Fillon57 %
- Présentateur28 %
- ?10 %
- Invité2 %
≈ 83,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C
'est par ici que ça... Ici, on a mis pas mal de photos avec vous dessus, mais aussi de vous, puisque vous êtes aussi photographe. Ça fait quoi d'avoir des photos de soi comme ça ?
Ça montre le temps qui passe un peu, quand même,
celle
-là en particulier.
Et
là, vraiment, on a le sentiment du temps qui passe, quand
même.
Avec François Fillon, service de tous, là ?
Voilà,
1981, première élection législative, juste après la victoire de François Mitterrand.
De toute façon, vous avez occupé tous les postes de tous les corps d'État
?
Tous les postes électifs, sauf un.
C
'est vrai, il
n
'en manque là pour faire les grands chelèmes.
François Fillon, je suis très heureuse que vous ayez accepté de faire cette émission, parce qu'on ne vous connaît pas.
Vous
avez été Premier ministre,
à
une époque en plus où c'était Nicolas Sarkozy le Président. On avait le sentiment qu'on savait tout de lui,
mais
son Premier ministre, on ne savait rien de lui. Vous avez fait exprès
?
Oui, absolument.
Vous êtes un homme secret.
Je pense que la politique ne doit pas être mélangée avec la vie privée. C'est une des explications du désamour des Français pour leurs responsables politiques.
C
'est-à
-dire
qu'il y
a
à la fois
le
sentiment donné que les hommes politiques ne sont pas suffisamment efficaces. C'est évidemment le premier reproche qu'on lui fait. Mais en plus, non seulement ils ne
sont
pas efficaces, mais en plus, ils font les kékés en se montrant sous des tas d'aspects un peu starisés. Donc moi, j'ai toujours essayé de tenir ma vie privée à l'écart
de
ma vie publique.
Et vous avez mis du temps avant de me dire oui
? Non,
pas trop, parce qu
'on
est engagé dans une compétition.
La
primaire de la droite ?
La primaire de la droite et pour l'élection présidentielle. Donc il faut accepter les règles de cette compétition. Je les aurais peut-être écrites différemment si c'était moi qui les avais écrites.
Quelle
image vous pensez que les Français ont de vous
? Je
pense qu'ils ont globalement une image de sérieux, d'honnêteté et d'engagement. Je vois bien à travers les caricatures qu'ils ont une image qui est trop sérieuse. Une image peut-être de quelqu'un qui est même ennuyeux. Ce qui n
'est
pas du tout la façon dont je me ressens. Mais je ne m'en préoccupe pas beaucoup.
Ah, on n
'a
pas dit comment on s'appelait ?
Vous
savez, quand on a déjeuné ensemble pour préparer l'émission, il y
a
un monsieur qui est arrivé à vous saluer et qui dit « Bonjour monsieur le Premier ministre ». J'imagine qu'il y
a
plein de gens qui vous appellent, monsieur le Premier ministre.
Oui, bien sûr.
Vous êtes attaché,
vous,
au protocole ?
Non, pas
du tout. Bon, donc François Carine,
ça
marche. Bon, on trinque ou pas
? On
trinque.
Alors, c'est votre vin préféré, normalement
?
Enfin, un dé.
C
'est un Bordeaux, c
'est un Saint-Émilion,
je crois.
Je
ne dis pas ça pour faire plaisir à
la
Juppé, mais c'est vraiment
bien. Vous
avez déjà fait votre thème astral ?
Non, jamais.
Alors,
moi, j'ai appelé une copine qui est super forte, qui s'appelle Christine. Vous me dites si j'ai tort ou pas. Alors, les poissons, puisque vous êtes poisson, ascendant-balance. Le poisson a la spécificité, je fais des grosses lignes, de naviguer un petit peu partout, de s'adapter très facilement à tout.
Oui, enfin, s'adapter à tout, peut-être pas exagérer, mais enfin...
Une certaine
capacité d'adaptation, oui, c
'est vrai.
Oui, vous pouvez supporter beaucoup de choses.
Oui, absolument.
Et beaucoup de personnes. Oui.
Bon,
ce n
'est
pas mon cas, vous
voyez,
ce n
'est
pas tout le monde. Vous ne
vous
fâchez pas souvent.
C'est vrai. Oui, je trouve que c'est totalement inutile de se fâcher quand ce n
'est
pas nécessaire. Quand je peux éviter un conflit, c'est vrai, je cherche à le faire.
Mais ça, c'est un trait de caractère, ça ne
se mouche pas, la colère. Oui, bien sûr,
bien sûr.
Bon, alors, vous avez une opposition vers Jupiter à la naissance, ça, on s'en fiche, si on ne comprend pas l'explication. L'explication, c'est qu'intérieurement,
vous
avez, sans doute depuis votre petite enfance, une rébellion, une colère.
Une rébellion ? Oui, je n
'ai
jamais supporté l'autorité, peut-être. J'ai toujours eu du mal avec l'autorité de mon père, du mal avec l'autorité de mes professeurs.
Depuis tout petit ?
Oui,
oui.
J'ai besoin d'être le patron. Je n'aime pas être dépendant.
Et
votre père était autoritaire ?
Oui.
Très ?
Oui.
En plus, vous êtes l'aîné, donc souvent, l'aîné, c'est celui qui prend tout.
Oui, oui, je savais de temps en temps faire dévier les tirs sur mes frères.
Ah ah ah ah !
François Fillon a été un élève brillant pendant tout le primaire. Mais au collège, ses résultats scolaires s'effondrent, dû à son comportement indiscipliné.
Cinquième, quatrième, j'ai été assez agité, oui.
Ah voilà, on n'imagine pas.
Oui, vraiment.
Et ça donne quoi alors à François Fillon, agité ? C'est
beaucoup
d'heures de col, beaucoup de dimanches, je passais à faire des travaux d'intérêt général.
Mais non, carrément
? C'est un établissement
scolaire.
Ah oui, donc problème de discipline.
Beaucoup de problèmes de discipline. Je m'ennuyais, j'avais l'impression de perdre mon temps.
Et vous ne travailliez plus non plus
? Je ne travaillais plus du tout. La cinquième a été une catastrophe. Je suis passé de justesse en quatrième.
Et
puis surtout, mes parents m
'ont
changé d'établissement scolaire. Ça ne m'a pas empêché d'avoir avec eux aussi quelques soucis de discipline.
Qu'est-ce que vous aviez fait ?
J'avais organisé une manifestation pour protester contre l'incompétence d'un professeur d'anglais.
Mais non.
Il
y avait un prof que
vous n'étiez pas au niveau. Il y avait une femme qui était professeur d
'anglais, qui faisait de la discipline à la place de pédagogie.
Et
donc un jour, elle m'a exaspéré. Et j'ai organisé une manifestation avec des banderoles, des pancartes
du collège.
Et
vous étiez suivi ? J
'étais suivi par un certain nombre d'élèves. Donc j'ai été exclu pendant trois jours pour me calmer.
Et
ensuite, ils m'ont demandé de quitter le pensionnat. Parce que le pensionnat était incompatible avec ma forme de caractère.
Ah, carrément
?
Voilà.
Et ça vous a calmé ?
C'est surtout mon père qui m'a calmé. En plus, ce week-end d'exclusion a été très compliqué. Parce que j'ai voulu emprunter la 2 chevaux de ma mère. Mais je n'avais ni l'âge de conduire, ni le permis de conduire. Et j'ai confondu la
marche avant et la
marche arrière. Donc j'ai enfoncé la 2 chevaux dans la porte du garage.
Donc
le week
-end
était assez lourd.
Ce
qui est drôle,
c
'est que je pense qu'il y
a
pas mal d'enfants qui galèrent un peu à l'école.
Ou
qui se disent, en fait on peut être Premier ministre même si au départ c'est compliqué.
Bien sûr.
Et c'était à quel âge le réveil
? J
'avais lu un jour les mémoires de Joseph Fontanet qui avait dit « J'ai commencé à travailler en 3ème année de droit
».
Donc je me suis fixé le même objectif et j
'ai
commencé à travailler en 3ème année de droit.
François Fillon est entré en politique par hasard. Pendant ses études de journalisme, un ami de ses parents, Joël Leteul, député de la Sarthe, lui propose de travailler avec lui.
En 1976, Jacques Chaband-Elmas a fait franchir une étape gigantesque au système parlementaire français. Il a doté les parlementaires d'un collaborateur.
Avant il n
'y
avait pas ?
Avant il n
'y
en avait zéro.
Donc il était tout seul à préparer leur dossier ?
Oui, exactement. Et Joël Leteul m'a demandé de venir. Il m
'a
dit « mais tu fais ça à mi-temps ».
On pouvait faire ça à
mi-temps ? Donc
j'ai fait ça pendant 2 ans, 76-77. En faisant vos études ? En faisant mes études.
C'est dingue.
Puis en 78, au moment où je pensais que tout ça allait se terminer, il était nommé ministre des Transports. Il m
'a
demandé de venir dans son cabinet. Et je me suis dit que ça va être marrant, ça va durer 6 mois et je vais voir à quoi ressemble le pouvoir. Je
vais laisser la voir. Et puis
il est devenu ministre de la Défense en juillet 80.
Et
là, il est resté 3 mois puisqu'il a fait une crise cardiaque.
Donc
là, je m'apprêtais vraiment cette fois-ci à terminer ma thèse. Et les élus de Sablé-sur-Sarthe sont venus me chercher en me disant « il faut vous présenter aux élections
». Pour
le remplacer
?
Oui.
Vous
aviez quel âge
?
J'avais 26 ans.
J
'ai interrogé Pénélope pour savoir si…
Votre épouse ? Vous lui demandez toujours son avis
?
Avant d'entraîner quelqu'un dans une vie pareille,
il
faut mieux lui demander son avis quand même. Sinon, voilà. Puis après, ça permet de lui dire quand elle
n
'est pas contente… Tu
m'as dit oui.
Voilà. Donc…
C'est une très bonne technique.
Ben oui.
J'ai peur. Pénélope Fillon se souvient de la première victoire électorale de son mari, un des clics fondateurs pour son ambition.
C
'était une circonscription
plutôt
de gauche. Il a vraiment été élu à quelques voix près, mais au premier tour,
comme
c'était inattendu, comme c'était la première fois, c'est peut-être ce moment-là dans sa vie politique où il a été le plus heureux.
Là, du coup, on est tout de suite… Non,
mais on
doit
être
super
heureux.
Bien sûr.
Mais
vous ne dites
pas, vous faites genre « ouais, ouais ». Non, non, je ne
dis pas ça
du tout.
Quand on a
26 ans, qu'on n'a jamais fait de politique, et tout d'un coup, c'est notre première élection et on est élu
haut-lamant… On
éprouve une très grande satisfaction.
Merci.
Je
vais y arriver.
Le
fait que ça n'ait pas été une vocation pour vous au départ, la politique, en quoi ça a pu être un plus
?
C'est-à-dire que le mot de vocation ne me paraît pas totalement adapté. Ce qu'on met derrière vocation, c'est plutôt ambition. N'étant pas animé par cette ambition-là, j'ai vécu chacune de mes fonctions pleinement sans être dans la compétition suivante. Quand j'ai été élu député, je ne m'imaginais pas au gouvernement. Quand je suis rentré au gouvernement pour la première fois, je n
'ai
pas du tout imaginé un seul instant que je pourrais être un jour chef du gouvernement. Et pendant plusieurs années, quand j'étais chef du gouvernement, je n'imaginais pas être candidat à la présidence de la République.
Combien
d'années sur les 5
? La
moitié.
Ça
veut dire que sans Joël Leteul, vous auriez peut-être eu une vie complètement différente
?
C'est probable. Il y a plein de choses que j'aurais vraiment adoré faire.
Comme
?
J
'aurais aimé être un vrai pilote de course,
j
'aurais aimé être un guide de montagne,
j
'aurais aimé être un photographe
de
renom.
C
'est très soit poétique, soit contemplatif, soit artistique. C
'est
drôle, hein
?
Vous ne rêvez pas d'être un grand patron du CAC 40
?
Non. J'en ai ni le goût ni les capacités.
Parmi ses nombreuses passions, François Fillon pratique l'alpinisme depuis son enfance et aggravit plusieurs sommets de 4000 mètres.
C'est un monde fantastique,
c
'est tellement beau. Pour moi, il
n'y
a rien de plus beau que de se retrouver au cœur des glaciers, au cœur de la montagne, dans un environnement qui est unique, qui
est
tellement différent,
qui
est tellement majestueux. Je n
'ai
jamais voulu prendre de guide, ce qui est une vraie erreur, parce que j'aime bien être le premier de la cordée, j'aime bien concevoir moi-même ma course, la préparer.
Sur les cartes et
tout ? Oui, tout
ça. Mais du coup, ça m'a conduit à être toujours un peu en dessous. Sans doute qu'avec un guide, j'aurais pu faire des courses beaucoup plus spectaculaires. Après, il y a quand même un petit peu le goût de l'exploit, quoi. Pouvoir dire « j'ai fait un truc difficile ».
Ah, ça vous est bien faire ça ?
Oui, bien sûr. Bien sûr. La performance.
Vous êtes hyper compétiteur.
Oui, absolument.
Initié par son grand-père à la photographie lorsqu'il était enfant, François Fillon accorde une place particulière à cette passion artistique.
Mon
grand-père, qui était un passionné de photographie...
C
'est
celui qui
vous appelait Paquito ?
Oui, absolument. Et donc, il m'a offert un appareil photo pour ma communion. Voilà, donc c'est celui-là.
Oui.
Et donc, j'ai fait beaucoup de photos, je l'ai développé moi-même. Puis après, j'ai un peu arrêté, parce que j'avais autre chose à faire. Et j'ai recommencé avec le numérique.
Alors, votre femme dit qu
'il
est capable de passer trois heures sur sa barque à attendre le canard.
Oui,
avec des aventures, parce que j'ai perdu plusieurs appareils photos dans cette histoire-là.
C'est-à-dire ?
Je suis tombé à l'eau avec l'appareil photo.
J
'étais une fois en train d'essayer de saisir un héron qui était sur un barrage. Et la barque s'est encastrée sous le barrage. Et en 30 secondes, elle s'est remplie d'eau et elle a commencé à couler.
Ah, c'était une moquerie, en fait, quand elle nous a fait cette confidence.
Exactement.
Elle est coquine, hein, Pénélope ?
Absolument. Mais
vous êtes quand même un contemplatif,
parce
qu'entre la photo et la montagne...
Il y a toujours dans mes passions un petit aspect technologique qui montre que je ne
suis
pas totalement un artiste. Parce que je pense que les artistes se débarrassent de la technologie. Alors que moi, j'adore la technologie. Il faut que j'ai le dernier appareil sorti.
Vous vous ruinez dans ces trucs-là ?
Absolument.
François Fillon aime tellement la technologie qu'il passe des heures interminables à bricoler ses ordinateurs, comme en témoigne Marie, sa fille aînée.
Quand mon petit frère était en maternelle et que papa était à Matignon à l'époque, la maîtresse a demandé à chaque enfant de dire quelle était la profession de ses parents.
Et
mon petit frère a dit que son père était réparateur d'ordinateurs. Et il y
a
d'autres
politiques que vous connaissez qui sont guides
? Pas beaucoup, hein.
Et le drone, alors, depuis Noël, qu
'on
vous a offert ça ? Il
paraît
que c'est votre passion.
D'abord,
personne ne m
'a
offert de drone,
c
'est moi qui me le suis
allé tout seul. On m'a dit que c'est un cadeau de Noël ?
C'est moi qui me le suis acheté, mon drone.
Vous faites tout seul des cadeaux de Noël
? Oui,
bien sûr.
Oh, vous faites de la pelle
un
petit
peu. Non, en fait, je trouve fascinant qu'on puisse aujourd'hui, pour des sommes qui sont relativement modestes, utiliser des technologies qui étaient, il
y
a encore une dizaine d'années, réservées, en gros, à l'armée et à
l
'industrie spatiale. C'est absolument inouï.
Bon,
allez, le drone, c'est parti. Démonstration de François Fillon.
Tout
ça,
c'est
sur votre tablette
?
Oui, vous faites take-off.
Et
après, vous le faites...
Et
là, il filme.
Et là, il filme.
C'est
génial. On peut la propriété des voisins.
Ça
monte jusqu'à quoi
? Je pense
que
ça
peut monter jusqu'à 50 mètres.
C
'est incroyable.
C
'est top.
C'est fou. C
'est génial.
C'est fou. Ça
le fait rire.
Je
suis sûre que
je
ne
suis
pas la première qui vous fait ça. J'ai trouvé un truc qui vous fait un rire, en fait. Hop, le cadreur.
C
'est génial.
Et
alors, il y a un dernier truc qu'on peut faire.
Oui.
C'est ça.
Super
démo.
Bon, c
'est très garçon, mais ce n
'est
pas très mature, ces jeux-là-ci.
Non, c'est pour ça que j'hésitais comme mère.
François Fillon participe régulièrement aux 24 heures du Mans classique. Une façon de faire monter l'adrénaline et éventuellement de tester les nerfs de ses collaborateurs.
J
'ai emmené beaucoup de gens sur le circuit du Mans et on voit tout de suite s'ils ont peur ou s'ils n
'ont
pas peur.
Vous l'avez emmené, je crois, à Sarkozy un jour ? Oui. Et comment ça s
'est
passé
? D
'abord, il a eu le courage de monter dans la voiture. Parce que je pense qu'il avait compris que c'était nécessaire pour l'image au Mans de monter dans la voiture. Après, il a eu peur. Mais honnêtement, je ne
l
'en blâme pas parce que moi, je n'aime pas être conduit
par un pilote.
J'ai horreur de ça. Roselyne Bachelot.
Ah, c'est votre grande copine. Qui
a
hurlé pendant les 13 kilomètres du circuit. Hurlé.
On imagine.
Voilà.
Ça ne vous a pas déconcentré
?
Non, j'accélérais plutôt. Et je me souviens d'avoir voulu faire rentrer Edouard Baladur dans une voiture. Je n'ai jamais réussi.
Mais il ne rentrait pas dedans ?
Non, il
n
'a pas voulu.
Et l'adrénaline, vous la ressentez aussi en politique
?
Ah oui, bien sûr. C'est de l'adrénaline à chaque fois que vous êtes dans une confrontation. Alors la politique,
c
'est quand même beaucoup de confrontation. Quand vous devez prendre la parole dans l'hémicycle... C
'est dur
?
Ah oui, il n
'y
a rien de plus difficile. C'est le spectacle, c'est le cirque, le Parlement. Il y a beaucoup d'insultes. Vraiment ? On entend tout le temps des insultes.
On ne le voit pas, non ?
C'est grave quand même de se dire comme ça. Oui, bien sûr,
c'est grave.
Ce ne
sont
pas les jeunes qui parlent mal, c'est aussi les vieux.
Absolument. Et souvent des gens qu'on n'imagine pas. Je me souviens quand j'étais Premier ministre au Sénat, quand le président du Sénat me donnait la parole pour répondre, il y avait un vieux sénateur socialiste du centre de la France,
médecin,
un homme tout à fait respectable. Il commençait à m'insulter avant même que j'ai pris la parole.
Et
ça m'exaspérait, mais à un point, et un jour je me suis trouvé à côté de lui dans une réception, et je lui ai dit, mais comment est-ce que, à votre âge, comment est-ce que vous pouvez vous conduire comme ça
? Mais
il n'a plus jamais recommencé. C'est vrai ?
À l
'âge de 23 ans, François Fillon rencontre Pénélope, une Anglaise qu'il épouse trois ans plus tard, et avec laquelle il a cinq enfants.
Et
comment vous avez fait pour la séduire
? Je
ne
sais
pas, ça s
'est
fait tout seul.
Vous
n
'avez
pas mis un nez rouge
?
Non.
Non,
non,
pas du tout, non. Ce
n'est
déjà pas votre genre ? Non, non, ça s'est fait tout seul.
Ce qui m'a séduit chez lui, justement, c'est la façon
d
'être très calme, très déterminée, c'est cette force
intérieure,
mais aussi extérieure.
Alors,
votre frère, chose assez rare, a épousé la sœur de votre femme.
Absolument.
Ça,
c
'est rigolo.
Le
plus drôle, c'est que
mon
père était vendéen traditionnel qui détestait les Anglais, pour des raisons historiques. Et mon beau-père
était
un Anglais
qui
détestait les Français.
Ça
devait être sympa l'ambiance au mariage.
Et donc, le fait de marier une de ses filles avec un Français, c'était déjà...
Mais
deux ! Ça faisait beaucoup.
Et ils se sont parlés, les deux beaux-pères ?
Oui, bien sûr. Enfin, ils se sont parlés... Mon père ne parle pas un mot d'anglais, donc de toute façon, et mon beau-père ne parlait pas un mot de français, donc c'était assez limité, les conversations. Ça avait beaucoup amusé la reine-mère d'Angleterre avec laquelle j'avais déjeuné avec elle un jour. Je lui avais raconté cette histoire et elle riait aux éclats parce qu'elle trouvait que ce double wedding, c'était très, très drôle.
Pénélope, c'est aussi votre confidente ou vous avez des gens à
qui
vous confiez ?
Je
ne parle pas beaucoup, moi. Je me confie à moi-même.
Je n'avais
pas remarqué.
D
'ailleurs, vous êtes un peu trop bavarde. Je
me confie à moi-même. C
'est vrai ? Non,
mais je n'aime pas trop faire de confidence. Je ne parle pas beaucoup.
C
'est d'ailleurs un des reproches que me fait Pénélope régulièrement, mais je ne parle pas beaucoup. J'ai tendance à garder mes problèmes pour moi.
Et vous n
'avez
pas des ulcères
?
Pour le moment, non.
Et
vous avez eu donc 5 enfants, les 4 premiers très rapprochés
?
En 7 ans. Les 4 premiers, je n
'ai
pas eu beaucoup le temps de les voir grandir parce que j'étais député. C'était du 7 jours sur 7. J'étais parisien alors que ma famille était dans la Sarthe. Donc au fond, ils ont été élevés par leur mère.
Et
votre femme, elle vous a toujours soutenue ?
Toujours. Et
puis
elle était très impliquée dans les campagnes. Elle distribuait les tracts. Elle m'accompagnait dans les réunions, etc.
Elle ne fait plus ça ?
Non.
Non, c'est bon. Elle a la souper. 20 ans après la naissance de leur premier enfant, les fillons ont eu l'heureuse surprise de devenir parent pour la 5e fois d'un petit Arnaud. Un bonheur dont il profite pleinement. Donc c'était, on va dire, une surprise ? Oui,
absolument.
Vous
aviez quel âge ?
47 ans.
Ça
a changé des choses dans votre existence ?
Oui. Là, je me suis dit, ce n
'est
pas possible. Je ne peux pas le laisser grandir sans le voir. Donc d'abord, je m'en suis occupé beaucoup plus. Et puis surtout, j'ai ramené la famille à Paris.
Et votre fils, il ne déboulait pas en baby-gro au milieu de la Réunion ?
Bien sûr que si. Il attaquait les gardes républicains avec son pistolet à eau.
Mais non.
Mais sûr que si.
C'est trop mignon.
C'était
devenu la mascotte de Matignon. Parce qu'il n
'y a
pas eu très souvent des enfants en bas âge à Matignon.
Est-ce qu'on est père de la même façon à 147
ans qu'à 25 ?
Il le sait très bien d'ailleurs.
Est
-ce qu'il abuse ? Bien sûr.
Genre, vous lui passez tout
?
Presque.
Ah
oui ? Un peu trop. Mais sa mère compense, donc tout ça, ça se passe très bien.
Ah bah oui, comme ça, vous passez pour le gentil, elle pour la merdeuse. Absolument.
Donc
au milieu de réunions extrêmement sérieuses,
je
reçois des textos. Est-ce que je peux m'acheter le dernier jeu qui est sorti ?
Et si
je n
'ai
pas répondu dans les trois minutes, alors, alors ?
Et
vous êtes gaga
?
Un peu, oui, un peu.
Je
ne veux pas non plus qu'il en tire trop de conséquences.
Pour ceux qui ne le savent pas, il
pourrait
que ça a 14 ans qu'il va le découvrir. On a vu il
y a
trois ans, c'était plié votre affaire.
En
tout cas, il est parfaitement équilibré,
il
travaille bien,
et
donc tout va bien.
Cinq enfants, c'est énorme quand même.
Alors maintenant, en plus, il y
a
des petits-enfants, alors là, c'est vraiment le bordel.
Et alors la cuisine, il paraît que le week-end, on n
'a pas
trop le choix, c'est vous qui cuisinez ?
Enfin, ils n'ont pas trop le choix.
Non, ils ne s'en plaignent pas. Non, pas
exactement, j'allais dire, c'est plutôt l'inverse. Susceptible en plus. C'est plutôt l'inverse.
Susceptible.
Je
suis même capable
de faire... Susceptible ? Oui,
je suis même capable...
Non, mais oui ou
non ?
Oui, oui, bien sûr.
D'accord.
J'aime bien faire des plats, y jeter de la cuisine traditionnelle, des boeufs bourguignons, des sautées de veau, des choses comme ça.
Le week-end, quand on peut, on se retrouve tous dans la Sarthe et c'est lui qui cuisine. Il y passe beaucoup de temps, il fait beaucoup d'efforts et il aime bien après qu'on le complimente aussi sur ce qu'il a fait. Il est très inquiet de savoir si ça nous a plu, si c'était bon, si c'était pas trop cuit, bien assaisonné, etc.
Il paraît
que vous faites souvent les
pâtes à la saucisse, le dimanche.
C'est
-à-dire qu'ayant une femme qui n'est pas très intéressée par la cuisine et qui ne fait pas de course, il arrive souvent qu'il n
'y ait
pas grand-chose dans le réfrigérateur. Donc je prends ce qu'il y a et je fais des pâtes à la saucisse.
Et
vous mettez quoi dedans ?
De la saucisse, de la tomate, des piments.
C
'est encore un moyen de décompresser
?
Oui, bien sûr. Parce que quand on fait la cuisine,
on
ne pense pas à autre chose.
Mais en fait, votre réponse au stress de votre travail, c'est quand même de parsemer vos temps libres de choses qui vous apaisent.
Je ne peux absolument pas comprendre les gens du matin jusqu'au soir. Je pense que ce sont des obsédés
et
donc ce ne
sont
pas des gens équilibrés.
Il y
en
a beaucoup ?
Oui, il y en a énormément. Parce que souvent, les gens sont étonnés que je puisse avoir d'autres activités ou d'autres passions.
Alors, j'ai un cadeau pour vous.
Parce
qu'il paraît que vous vous plaidez d'un truc,
c
'est qu'il n
'y a
pas assez de grosses casserolles chez vous.
Exact.
Moi,
mon surdent chez les agriculteurs, vous ne savez pas, vous ne
se
prenez pas encore assez
bien. Ça,
c'est super ça.
C
'est Tata Caca. Tata Caca fait des cadeaux et là,
ça,
c
'est vachement bien.
Voilà,
pour votre cuisinière.
Super.
Ça va, c'est la bonne taille et tout ? C
'est
très
bien.
Ça vous manquait
?
Ça, pour faire la cuisine pour 8, 9, 10, ça va. Après,
il
va en faudra une
autre. C
'est ce qu
'il fallait.
C
'est marrant, quand vous parlez de choses qui vous plaisent, vos passions, vous êtes plus vous-même.
Ben, c'est normal quand on parle de ses passions,
non ?
Oui, mais vous pourriez être comme ça aussi pour tout.
Parce
que vous êtes passionné par la politique, par exemple, maintenant, aussi.
Oui,
mais c'est pas pareil. La politique, c'est la vie des gens. La cuisine, ça regarde que moi et si je rate mes plats, ça n'a pas beaucoup d'importance. La politique, c'est plus sérieux.
François Fillon rencontre Philippe Seguin en 1982 lorsqu'ils sont tous deux députés. Nait alors une amitié et un respect profond pour cet homme politique attachant, disparu en 2010.
C
'était votre deuxième mentor ?
Oui. On était trois ou quatre autour de lui qui étions convaincus qu'il avait un destin national et qu'il était destiné à être président de la République. Parce qu'en plus, c'est un personnage.
C
'est
-à-dire qu'il a une épaisseur,
il est truculent,
il a
une espèce de...
Vous voyez que
c'est
bien aussi d'être attachant et
de lâcher. Oui, mais en même temps,
s'il y a quelqu'un qui ne s'est jamais livré personnellement
aux caméras de
télévision, c
'est
possible, mais
je
ne
suis
pas sûr que vous auriez réussi.
Vous
lui avez rendu un super bel hommage.
Une
voix chaude
aux
timbres brûlés s'est éteinte. Dans ses éclats et ses soupirs,
elle
nous parlait toujours de la France. Appalant,
une
silhouette imposante s'éloigne, laissant dans son sillage un parfum
de
gitane
et
de combat pour la République.
Le
jeudi 7 janvier, Philippe Séguin nous a quittés.
pour
moi, il n'y a pas d'honneur plus cruel
que
celui qui me porte aujourd'hui à célébrer sa mémoire.
Et
pourtant, en ces heures si tristes,
je
me souviens de ses yeux malicieux,
de
ses fulgurances intellectuelles,
de
sa gravité perfectionniste,
de
ses colères grondantes
qui
pouvaient être suivies d'un rire éclatant.
Vous
êtes encore très touché.
Oui, oui,
parce que je pense que c'est comme perdre son père, franchement.
Vous vous êtes tout dit avant qu'il parte
? Non,
parce qu'il est parti
soudainement. Il n'était pas
malade
?
Alors, on se doutait quand même que ses excès finiraient un jour par l'emporter.
Il buvait,
il fumait,
il parlait
fort. Il
piquait des colères
absolument invraisemblables. C'est tout complètement votre proposé.
Oui, mais c'est peut-être pour ça qu'on était complémentaires. Mais je l'ai vu encore peu de temps avant sa mort. Je ne pensais pas du tout qu'il allait disparaître comme ça, donc on ne s'est pas dit de tout
dire. On ne
s
'est
pas dit au revoir ?
Non.
Mais il connaissait votre attachement pour lui
?
Oui, bien sûr.
C
'est difficile de faire l'éloge de quelqu'un qu'on a aimé
?
C'est difficile, c'est émouvant. Mais en même temps, c'est plus facile d'écrire sur quelqu'un qu'on a aimé que sur quelqu'un qu'on ne connaît pas ou de faire l'éloge
de
quelqu'un qui ne le mérite pas.
Oui, c
'est vrai,
parfois on est oublié. J
'aime bien les vêtements.
Vous
les choisissez tout seul ?
Ah oui, ça absolument.
Et ça vous fait plaisir quand on vous trouve bien habillé,
élégant ? Oui, ce qui m
'agace, c'est quand je baisse dans les... Il
y a
un classement récent où le ministre de l'Intérieur était devant moi, donc je lui ai fait part de mon mécontentement. Cazeneuve ? Oui, il était le premier dans le classement de la magazine il
y
a quelques semaines.
Ah bon
? Vous
n'êtes pas d'accord
?
Je lui ai envoyé un message pour lui demander de quoi il avait menacé les journalistes pour...
de
quelle perquisition.
Je
peux parler d'un sujet qui fâche. Vos sourcils.
Qu
'est-ce qu'ils ont mes sourcils ?
Mais vos sourcils ont une
vieille... Non mais je
ne
me
regarde pas.
Oh, ce n
'est
pas vrai. Après tout ce que vous venez de me dire, vous ne me regardez pas
? Je
suis la seule et vous parlez vos sourcils au monde ? Je
ne
parle
pas tant que ça.
Vous n'avez jamais pensé à vous épiler un peu
?
J'aime bien les choses naturelles. Voilà. Bon,
on
ne
prendra
pas de
votre sous-de-bras,
d'accord. Parmi les personnalités dont je m'inspire...
Oui, j'arrive
au faire
marrer.
Il y en a plusieurs qui avaient la même caractéristique, n'est-ce pas ? Qui ? Georges Pompidou. Il est sans doute celui qui a fait le plus de choses pour le pays. Voilà, c'est un bel exemple.
Sauf qu'à l'époque, les journées n'auraient jamais osé lui parler de ses sourcils.
Non, ça c'est vrai.
François Fillon a été Premier ministre durant la totalité du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Un record de longévité.
En
fait, on a trouvé un équilibre progressivement, chacun faisant des efforts de son côté. Et à la fin du quinquennat, honnêtement, la répartition des rôles était meilleure qu'au début. Et d'ailleurs, c'est pour ça qu'on a tenu aussi longtemps. Tout le monde décrit nos relations comme des relations absolument épouvantables et très difficiles. En vérité, ce n
'est
pas vrai. Si on regarde tous les premiers ministres de la Ve République, tous les couples exécutifs de la Ve République, ils ont tous eu des relations difficiles. Mais vous
pouvez lui dire,
je ne
suis
pas d'accord.
Bien sûr. D'ailleurs, si c'était si dur, je ne serais pas resté 5 ans. Il y a une chose que tout le monde ignore, c'est que le premier ministre, une fois qu'il est nommé, il ne peut plus être démis de ses fonctions par le président de la République. Ah bon
? Une
fois qu'il est nommé, il est nommé.
Et
il ne peut partir que soit parce qu'il démissionne, soit parce que la majorité parlementaire vote
la
censure contre lui. Sauf que moi, ayant eu une majorité parlementaire qui m
'a
toujours soutenu à 100%. Il
faut
bien réfléchir quand on choisit son premier ministre.
Absolument. Il y a eu dans l'histoire, paraît-il, des présidents de la République qui ont demandé à leur premier ministre de signer une lettre de démission aux
Blancs. Et de garder
au coffre, comme ça, je suis
-ci, il les
gonfle trop.
Je ne sais
pas si c'est vrai ou si ce n
'est
pas vrai, mais cette rumeur a couru.
Suite à l'échec de Nicolas Sarkozy en 2012, François Fillon a décidé de se présenter pour la première fois à la présidence de la République. Imaginons que je suis une bonne fée et que je vous autorise à appeler,
si
vous êtes président de la République, une personne, mais parmi les vivants et les morts.
Qui
avez-vous envie d'appeler
? J'ai
ma petite idée.
On n'a le droit qu'à un seul. Philippe, Philippe Séguin.
Non,
Philippe Séguin, ça serait drôle, oui, bien sûr. J'entends déjà le rire Tony Truant.
Ou
alors, la dérision.
C
'est-à-dire, tu es vraiment sûr que ça valait le coup.
Bon,
ben voilà, c'est fini. Ce n'était pas trop difficile
?
Non.
Je
considère a priori que toute émission...
Vous ne devriez pas exciter
?
Oui, donc...
Ah,
super !
On aurait
dû commencer comme ça. Merci beaucoup, François Fillon. Merci.
Ça passe vite.
Ben oui !
Sous-titrage Société Radio-Canada