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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 18 octobre 2020 25 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéNumériqueÉducation & rechercheJustice

Enseignant décapité, réseaux sociaux, renseignement... Le "8h30 franceinfo" de Laurent Nuñez

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse directe

    Un palier a-t-il été franchi vendredi avec ce nouvel acte de barbarie ?

  • 0:21RelanceRéponse directe

    Un palier dans le terrorisme, dans la violence, dans la barbarie justement ?

  • 2:54RelanceRéponse partielle

    Puisque vous évoquez la polémique sur les réseaux sociaux, le renseignement national a produit une note qui relate tous les événements, et pourtant elle minimise l'enchaînement qui a conduit à cet acte terroriste. Est-ce qu'il y a une faille dans le renseignement ?

  • 3:30RelanceRéponse partielle

    Est-ce qu'il y a une faille dans le renseignement ? Est-ce que certains n'ont pas fait leur travail au niveau du renseignement ?

  • 4:44RelanceRéponse partielle

    Le renseignement territorial dresse l'évolution de la tension dans ce collège, dresse le profil des intervenants, dont un fichier S, et pourtant cette note territoriale datée du 12 octobre, quatre jours avant la décapitation, n'est suivie d'aucun effet.

  • 6:11RelanceRéponse partielle

    Il s'agit d'Abdelhakim Seffri, il accompagne le père chez le proviseur, il est connu des services de renseignement, fichier S, ça n'aurait pas dû créer une alerte particulière, Laurent Nunez, est-ce qu'on ne peut pas imaginer qu'on aurait pu l'interpeller, par exemple, au moment où il apparaît sur les premières vidéos ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27Invité politiqueFait
    « Oui, je crois qu'on peut dire qu'un palier a été franchi. »
  • 0:41Invité politiqueFait
    « Oui, un palier a été franchi et je crois qu'il l'a été à trois titres. »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « On est vraiment dans l'essence même de ce qu'est la définition du terrorisme, c'est-à-dire un acte qui vise à semer des troubles graves à l'ordre public par la terreur, avec le procédé utilisé, la décapitation, une mise en scène avec une vidéo postée. »
  • 1:56Invité politiqueFait
    « on peut penser qu'une polémique qui était une polémique politique, qui visait à dénoncer ce qu'était la République française, ce qu'était l'enseignement dans les écoles de la République française, l'enseignement qui tourne autour de la liberté d'expression, on peut penser que cette polémique politique a conduit, en ayant une influence sur un homme qui a très déterminé, on peut penser que cette polémique a conduit à un acte terroriste »
  • 2:33Invité politiqueFait
    « la lutte contre le terrorisme, c'est évidemment l'action au quotidien des services de renseignement, des services de lutte anti-terrorisme, des services répressifs, mais cette action de lutte contre le terrorisme, elle ne doit pas oublier l'action que nous menons également par ailleurs, contre le séparatisme islamiste politique. »
  • 3:39Invité politiqueFait
    « cette note ne minimise pas évidemment l'effet et l'enchaînement qui s'est produit. »
  • 3:44Invité politiqueFait
    « Il dit que la tension était retombée. »
  • 6:31Invité politiqueFait
    « je ne prononcerai pas le nom que vous venez de prononcer, je crois qu'il y a une enquête judiciaire en cours, je m'en tiens à ce qu'a dit le procureur de la République, le procureur antiterroriste hier, qui a confirmé ce que vous dites, et il a évoqué un individu connu des services »
  • 6:45Invité politiqueFait
    « donc, évidemment, cet individu est suivi, il n'était pas porteur de menaces directes »
  • 6:56Invité politiqueFait
    « vous vous doutez bien que si ça avait été le cas, les services de renseignement auraient judiciarisé son cas et l'auraient immédiatement interpellé »
  • 7:09Invité politiqueFait
    « j'insiste bien, de menaces directes contre l'enseignant qui justifierait une intervention immédiate »
  • 7:38Invité politiqueFait
    « le fait de rendre publique la polémique et de livrer en pâture aux réseaux sociaux le nom de l'enseignant, constitue évidemment une menace indirecte »
  • 10:27Invité politiqueFait
    « Il y a des plaintes qui ont été déposées par la principale du collège, par M. Paty, l'enseignant assassiné, qui étaient des plaintes pour diffamation publique. »
  • 10:40Invité politiqueFait
    « Il n'avait pas été relevé des propos suffisamment menaçants pour aller jusqu'à la menace. »
  • 19:31Invité politiqueChiffre
    « il y a eu plus de 20 000 fiches, il y en a encore un peu plus de 8 000 qui sont actives »
  • 19:55Invité politiqueChiffre
    « 32 attentats déjoués depuis 2017 »
  • 21:45Invité politiqueChiffre
    « pour les personnes qui sont inscrites au fichier des personnes radicalisées c'est un peu plus de 20 000 »
  • 21:57Invité politiqueChiffre
    « les fiches actives, les personnes que l'on suit, c'est un peu plus de 8 000 personnes »

Temps de parole

  • Laurent Nuñez64 %
  • Invité15 %
  • Invité 210 %
  • Présentateur9 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Le 8.30 France Info avec Jean-Jérôme Bertelus, chef du service politique de France Info. Bonjour Jean-Jérôme.

0:08
Invité

Bonjour, bonjour à tous.

0:09
Présentateur

Notre invité ce matin est coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme. Laurent Nunez, bonjour. Bonjour. Un palier a-t-il été franchi vendredi avec ce nouvel acte de barbarie ? Un palier dans le terrorisme, dans la violence, dans la barbarie justement ?

0:27
Laurent Nuñez

Oui, je crois qu'on peut dire qu'un palier a été franchi. D'abord, permettez-moi d'avoir évidemment une pensée pour cet enseignant, M. Paty, qui a été lâchement assassiné, une pensée pour lui, pour sa famille, et évidemment pour l'ensemble du corps enseignant. Oui, un palier a été franchi et je crois qu'il l'a été à trois titres. D'abord, évidemment, au regard de la qualité de la victime, qui a été manifestement ciblée, parce qu'enseignant, parce qu'il avait exercé le droit absolu de liberté d'enseigner, de liberté d'expression, et il a été ciblé pour cela.

Au regard de sa qualité, ça me rappelle d'ailleurs le terrible attentat de Magnanville, qui avait également ciblé des policiers frappés à leur domicile. Déjà dans les Yvelines d'ailleurs. On a franchi déjà un palier. Effectivement, c'était déjà dans les Yvelines, mais à ce titre. La deuxième raison qui fait que je peux dire qu'on a franchi un palier, c'est évidemment la barbarie de l'acte. On est vraiment dans l'essence même de ce qu'est la définition du terrorisme, c'est-à-dire un acte qui vise à semer des troubles graves à l'ordre public par la terreur, avec le procédé utilisé, la décapitation, une mise en scène avec une vidéo postée. Donc on est vraiment dans la barbarie la plus totale.

Et puis la troisième raison qui fait qu'on a franchi un palier, c'est qu'on peut penser, même si on verra ce que dit l'enquête, mais on peut penser qu'au moins indirectement, une polémique qui avait été initiée par un certain nombre de parents d'élèves, qui est au final par un parent d'élèves dirigé contre cet enseignant, on peut penser qu'une polémique qui était une polémique politique, qui visait à dénoncer ce qu'était la République française, ce qu'était l'enseignement dans les écoles de la République française, l'enseignement qui tourne autour de la liberté d'expression, on peut penser que cette polémique politique a conduit, en ayant une influence sur un homme qui a très déterminé, on peut penser que cette polémique a conduit à un acte terroriste, et ça c'est un palier évidemment supplémentaire, qui nous montre que la lutte contre le terrorisme, c'est évidemment l'action au quotidien des services de renseignement, des services de lutte anti-terrorisme, des services répressifs, mais cette action de lutte contre le terrorisme, elle ne doit pas oublier l'action que nous menons également par ailleurs, contre le séparatisme islamiste politique.

2:51
Invité

On va y revenir, Laurent Nunez, mais puisque vous évoquez effectivement la polémique sur les réseaux sociaux, à partir de ces vidéos, vous le savez, vous êtes coordinateur national du renseignement, et précisément le renseignement national a produit une note qui relate tous les événements qui se sont déroulés dans ce collège, qui cible les acteurs de cette action terroriste, y compris une personne qui est fichée S, cette note d'acte du 12 octobre, et pourtant elle minimise en quelque sorte l'enchaînement qui a conduit à cet acte terroriste. Est-ce qu'il y a une faille dans le renseignement ? Est-ce que finalement, certains n'ont pas fait leur travail au niveau du renseignement ?

3:38
Laurent Nuñez

Alors d'abord, cette note ne minimise pas évidemment l'effet et l'enchaînement qui s'est produit. Bien évidemment... Il dit que la tension était retombée. Voilà, je vais y venir. Effectivement, cette note, dont je ne conteste pas l'existence puisqu'elle a été rendue publique par la presse, c'est une note habituelle des services de renseignement qui ont été alertés évidemment par la communauté éducative. Vous savez, les gens se parlent, les services se parlent, et donc la polémique, d'abord les incidents qui avaient eu lieu à l'occasion de ce cours, la polémique qui s'en est suivie était évidemment connue, et le ministre de l'Éducation nationale l'a d'ailleurs rappelé hier.

Des dispositifs se sont mis en place, notamment le détachement d'équipes de Valeurs de la République de l'Éducation nationale qui sont intervenues. Un dialogue a été instauré entre l'enseignant lui-même, la communauté éducative de ce collège et des parents d'élèves pour apaiser la situation, et la situation s'était apaisée. sauf avec un parent d'élèves évidemment, mais la situation s'était apaisée.

4:44
Invité

Mais Laurent Nunez, encore une fois, encore une fois, le renseignement territorial dresse l'évolution, on va dire, de la tension dans ce collège, dresse également le profil des intervenants, dont un fichier S, et pourtant, cette note territoriale, datée du 12 octobre, quatre jours avant la décapitation de ce professeur, n'est suivie d'aucun effet.

5:12
Laurent Nuñez

Non, cette note, encore une fois, j'insiste, la note décrit bien le dispositif qui se sont mis en place au sein de l'Éducation nationale et le fait que les enfants se sont apaisés avec la plupart des parents d'élèves pour ceux qui avaient manifesté une réprobation. Je crois qu'il y a eu une explication qui a été donnée par la communauté éducative sur les objectifs qui étaient ceux de l'enseignant, qui s'inscrivaient parfaitement dans le cadre des programmes d'enseignement scolaire et de ce qu'est la liberté d'enseignement et les tensions s'étaient apaisées, c'est ce que indiquait cette note.

Après, comme vous le savez, un des parents d'élèves a persisté, d'ailleurs, il a refusé de rencontrer la communauté éducative et l'enseignant lui-même, c'est ce que le procureur national antiterroriste a rappelé hier. Encore une fois, les tensions étaient apaisées, c'est ce que décrit cette note, mais néanmoins, ce parent d'élèves a continué à poster des vidéos dont on pense qu'elles ont conduit l'auteur de l'acte, inspiré l'auteur de l'acte.

6:11
Présentateur

Justement, Jean-Jérôme Bertelus parlait d'un fichier S, il s'agit d'Abdelhakim Seffri, oui, il accompagne le père chez le proviseur, il est connu des services de renseignement, fichier S, donc, ça n'aurait pas dû créer une alerte particulière, Laurent Nunez, est-ce qu'on ne peut pas imaginer qu'on aurait pu l'interpeller, par exemple, au moment où il apparaît sur les premières vidéos ?

6:31
Laurent Nuñez

Alors, d'abord, évidemment, je ne prononcerai pas le nom que vous venez de prononcer, je crois qu'il y a une enquête judiciaire en cours, je m'en tiens à ce qu'a dit le procureur de la République, le procureur antiterroriste hier, qui a confirmé ce que vous dites, et il a évoqué un individu connu des services, donc, évidemment, cet individu est suivi, il n'était pas porteur de menaces directes, vous vous doutez bien que si ça avait été le cas, les services de renseignement auraient judiciarisé son cas et l'auraient immédiatement interpellé, ça ne fait aucun doute, et dans les vidéos qui ont été diffusées, vous n'aviez pas de menaces directes, j'insiste bien, de menaces directes contre l'enseignant qui justifierait une intervention immédiate, même si, je concède tout à fait, que le fait de rendre publique la polémique et à un moment donné, et c'est ce qu'a fait d'ailleurs le parent d'élèves en question, comme l'a rappelé encore une fois le procureur national antiterroriste, le fait de rendre publique la polémique et de livrer en pâture aux réseaux sociaux le nom de l'enseignant, constitue évidemment une menace indirecte, mais il n'y avait pas de menaces directes, j'insiste évidemment là-dessus, parce que quand c'est le cas, et ça arrive souvent sur les réseaux sociaux, quand il y a des menaces directes, dirigés contre des individus, évidemment que les affaires sont judiciarisées et que les individus sont immédiatement interpellés, évidemment.

Et ça a été encore le cas cette semaine, ça a été le cas cette semaine avec le président d'une structure associative islamiste, politique, qui menace Mme Zorabitan, Ouzined El Razawi, et qui a été... Cette semaine encore.

8:08
Présentateur

Je dois vous interrompre parce qu'on doit faire un point sur l'info, vous connaissez la mécanique de France Info, vous restez évidemment avec nous, on a encore beaucoup de questions à voir ensemble. A 8h41, c'est le fil info de Diane Ferschit.

8:18
Invité

10 personnes toujours en garde à vue après l'attaque contre un enseignant des Yvelines, notamment les parents, le grand-père et le petit frère de l'assaillant, abattus par les forces de l'ordre. Un jeune homme russe, d'origine tchétchène, âgé de 18 ans, un texte de revendication a été retrouvé dans son téléphone portable, selon le procureur national antiterroriste. Des rassemblements sont prévus, un peu partout en France ce dimanche, en hommage à la victime Samuel Paty, place de la République à Paris à 15h, à l'appel de syndicats d'enseignants, mais aussi de l'équipe de Charlie Hebdo. L'enseignant tué avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

Il recevra un hommage national mercredi. Le Premier ministre indique que dans le journal du dimanche, travaillait une stratégie de riposte plus ferme. Quand un enseignant subit des menaces, un conseil de défense présidé par Emmanuel Macron se tiendra en fin d'après-midi. Le gouvernement veut montrer qu'il n'est pas désarmé face à la menace terroriste. En Ile-de-France et dans 8 autres métropoles, première nuit complète sous couvre-feu afin d'endiguer l'épidémie de coronavirus. Un nouveau record de contamination a été atteint hier, près de 32 500 nouveaux cas en 24 heures. La victoire de Marseille face à Bordeaux pour le compte de la 7e journée de Ligue 1 de football.

L'OM l'emporte 3 à 1 et remonte à la 5e place du classement. Ce dimanche, 6 rencontres à suivre. Ça commencera dès 13h avec Strasbourg-Lyon.

9:36
Présentateur

Le 8.30 France Info avec Laurent Nunez et Jean-Jérôme Bertolus.

9:40
Invité

Laurent Nunez, vous parliez à l'instant du contexte de menaces indirectes. La principale du collège où s'est déroulée l'action terroriste, du moins à proximité de ce collège, a fait état d'appels menaçants. Le professeur a lui-même déposé plainte. Alors certes, il n'y a pas eu de menaces de mort directes à son encante. Mais est-ce qu'il n'aurait pas fallu envisager une protection de ce professeur ? Est-ce qu'aujourd'hui, finalement, on ne peut pas regretter que rien n'ait été fait pour le protéger ?

10:17
Laurent Nuñez

Je crois que la question, M. Bertolus, je la poserai de manière différente. Évidemment, c'est un sujet grave et sérieux qui doit recueillir toute notre attention. D'abord, les plaintes. Vous évoquez des plaintes et vous avez parfaitement raison. Il y a des plaintes qui ont été déposées par la principale du collège, par M. Paty, l'enseignant assassiné, qui étaient des plaintes pour diffamation publique. Il n'avait pas été relevé des propos suffisamment menaçants pour aller jusqu'à la menace. Mais cette affaire pose une question, évidemment, c'est une question importante.

Il y a des menaces directes, qui sont des menaces d'actes violents, qui peuvent être proférées, des menaces directes de passer à l'action contre un individu, et ça, ça tombe sur le coup de la loi. Ça permet évidemment aux forces de l'ordre d'intervenir en déférençant la vidéo, en interpellant, plaçant en garde à vue l'auteur de ces vidéos. Là, c'est quand on est confronté à des menaces directes. Mais il y a des situations plus insidieuses, et qui sont celles que manient l'islam politique et le séparatisme, qui sont des menaces, qui ne sont jamais des menaces directes. Ce sont toujours des menaces indirectes, insidieuses.

On va dénoncer des propos qui sont tenus contre le prophète, on les met sur les réseaux sociaux, et on donne, on désigne l'auteur de ce qui serait à l'origine de cette polémique. Et je crois qu'il nous faut maintenant travailler à la façon de mieux appréhender, de mieux cerner ces menaces indirectes. Oui, précisément,

11:43
Invité

c'est ce qui s'est passé, effectivement, Laurent Nunez. Vous décrivez précisément ce qui s'est passé, et le fait que, finalement, même si, objectivement, il n'y avait pas de menaces de mort, il y a eu un enchaînement qui a conduit à une action terroriste précisément très barbare.

11:58
Laurent Nuñez

Oui, tout à fait. Je vous le confirme, mais ce que je vous dis, c'est qu'il n'y avait pas de menaces directes de mort. Il y a un individu qui, s'inspirant de ces vidéos qui visait à alimenter une polémique politique islamiste radicale, un individu qui est passé à l'action, il a commis un acte terroriste. C'est pour ça qu'il faut poursuivre l'action que nous menons maintenant depuis trois ans contre le séparatisme islamiste. On va y revenir.

12:22
Invité

D'un mot, d'un mot. Pourquoi Gérald Darmanin, qu'on a beaucoup... Pourquoi Gérald Darmanin est silencieux, M. Nunez, depuis pratiquement vendredi ? Pourquoi le ministre de l'Intérieur, qu'on a beaucoup vu sur le terrain ces dernières semaines, ces derniers mois, depuis sa nomination, beaucoup vu dans les médias, est silencieux depuis vendredi ?

12:41
Laurent Nuñez

Le ministre de l'Intérieur était aux côtés du président de la République vendredi soir auprès de la communauté éducative du collège. Il était aux côtés du président de la République quand il a prononcé ces mots extrêmement forts. Et vous comprenez que vu les fonctions qui sont les miennes, je peux vous confirmer que le ministre de l'Intérieur travaille avec toutes ses équipes de manière déterminée et acharnée sur ces sujets. Et il est totalement mobilisé sur ces questions.

13:06
Présentateur

Vous avez parlé, Laurent Nunez, des vidéos, des menaces indirectes. Jean-François Ricard qui dirige donc le parquet antiterroriste a tenu hier une conférence de presse. Il a souligné justement le rôle de ces vidéos qui ont circulé via Internet, via les réseaux sociaux. On l'écoute.

13:21
Invité

Dès le 7 octobre au soir, le père de l'une des élèves publiait sur son compte Facebook un récit des faits faisant état de la diffusion d'une image du prophète nu et un appel à la mobilisation contre l'enseignant en vue de son exclusion. Il mentionnait aussi son propre numéro de téléphone.

13:41
Présentateur

Laurent Nunez, dans ce cas-là, c'est ce qu'il dit un peu, on le dit depuis hier, dans ce cas-là, les réseaux sociaux jouent un rôle morbide, jouent un rôle de caisse de résonance assez dramatique par définition par rapport à ce qui s'est passé. Est-ce qu'on peut imaginer faire plus, aller plus loin, les contrôler, les surveiller différemment et est-ce que c'est techniquement et éthiquement possible ?

14:04
Laurent Nuñez

D'abord, la lutte contre le séparatisme islamiste, elle ne fait pas que sur les réseaux sociaux. Depuis trois ans, nous luttons contre les structures associatives qui prêchent un discours de la haine, de la discrimination, de l'éteinte à l'égalité hommes-femmes au nom de la religion qui s'imposerait aux lois de la République. C'est totalement inacceptable et nous luttons depuis trois ans maintenant partout, sur tout le territoire de la République, y compris dans les quartiers, contre ces structures dont de nombreuses d'ailleurs ont été dissoutes, ont été fermées. Il y a de nombreux contrôles qui sont engagés. Cette action, ce sont des actions. J'entends dire, M.

Soti, que le président de la République n'a que des paroles. Non, nous avons des actions depuis trois ans. Vous avez raison de souligner qu'il y a un sujet évidemment avec les réseaux sociaux. Vous avez un certain nombre d'individus qui appartiennent qui appartiennent à la mouvance de l'islam radical, du séparatisme islamiste qui, dans certaines vidéos, joue toujours avec la ligne rouge. Et c'était le cas dans l'affaire malheureuse de Coflan-Santonori, mais c'est le cas aussi dans d'autres affaires où on va dénoncer un comportement qui serait islamophobe, qui serait anti-musulman, alors que les gens ne font qu'exprimer la force et la puissance des valeurs de la République.

Et ces gens sont parfois livrés en pâture avec la communication de leur nom et de leur numéro de téléphone. Et il faut qu'on soit en mesure. Il y a sans doute une réflexion à avoir et je ne veux pas préjuger ce que seront les discussions au Conseil de défense, mais il faudra avoir une réflexion pour être en mesure de caractériser beaucoup mieux ces menaces. On sait les caractériser, mais il faut pouvoir les appréhender. C'est-à-dire qu'il faut poursuivre les auteurs chaque fois qu'il y a divulgation d'informations de la sorte que le nom d'une personne, le numéro de téléphone, ça doit être vu, perçu, parfois, comme une menace. Ça doit pouvoir l'être.

Évidemment, ces gens sont assez habiles et jouent avec la législation et évitent toujours, évidemment, de menacer directement les personnes.

16:00
Invité

Sans préjuger, effectivement, des conclusions du Conseil de défense, vous nous confirmez ce matin que les réseaux sociaux seront effectivement au menu de ce Conseil de défense ?

16:12
Laurent Nuñez

Je ne vous confirme rien du tout. Vous savez, les Conseils de défense sont secrets. Ce que je peux vous dire, c'est que les réseaux sociaux sont déjà au cœur de toutes nos attentions. Vous savez, il y a une plateforme farose à la direction centrale de la police judiciaire qui passe en revue, si j'ose dire, les réseaux sociaux au quotidien et qui engage des actions judiciaires quand il y a des propos hénos, des propos discriminatoires, des propos interdits par la loi.

Évidemment que les services de renseignement travaillent sur les réseaux sociaux, mais l'affaire de Confluence-Saint-Honori nous montre à l'évidence qu'il faut faire encore beaucoup plus et j'insiste, il y a une notion qu'il nous faut savoir mieux appréhender, ce sont des menaces indirectes.

16:47
Présentateur

Comment faire pour lutter notamment et repérer ces individus qui ne sont pas fichés et qui passent à l'acte ? On vous pose la question dans un instant. Laurent Nunez, vous restez avec nous à 9h moins 10. On retrouve Diane Ferschit pour le Filinfo.

16:59
Invité

Des rassemblements prévus dans toute la France après l'assassinat de l'enseignant de Confluence-Saint-Honorin dans les Yvelines. Vendredi, Samuel Paty, tué, pourra pas montrer à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression à Paris. Manifestation prévue à 15h, place de la République en présence du ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer mais aussi du leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon du patron de la République en marche Stanislas Guérini et de celui du PS Olivier Faure. Le journal Charlie Hebdo s'est également associé à cet appel dans le journal du dimanche.

Le Premier ministre prône une riposte plus ferme quand un enseignant reçoit des menaces. Emmanuel Macron présidera ce soir un conseil de défense sur la question. Et du côté de l'enquête 10 personnes sont toujours en garde à vue parmi elles un parent d'élèves et une figure de l'islam radical. Abattu par les forces de l'ordre l'assaillant un jeune homme russe d'origine tchétchène bénéficiait du statut de réfugié politique.

Près de 32 500 nouveaux cas de coronavirus détectés en 24 heures nouveaux records en France alors que le couvre-feu est entré en vigueur vendredi soir dans 8 métropoles ainsi que toute l'île de France Santé et Public France relèvent également 90 décès supplémentaires dus au Covid-19. Le conflit au Haut-Karabakh et l'Arménie et l'Azerbaïdjan s'accusent mutuellement d'avoir violé la nouvelle trêve humanitaire. Elle est entrée en vigueur cette nuit. La semaine dernière déjà un cessez-le-feu avait été conclu mais il n'a jamais été respecté.

18:22
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info avec Laurent Nunez et Jean-Jérôme Bertolus

18:28
Invité

L'individu, le terroriste qui a été abattu n'était pas connu des services de police n'était pas fiché S Laurent Nunez est-ce que qu'est-ce qu'on peut faire face à ces individus qui passent à l'acte et qui sont en dehors de vos écrans radars est-ce que finalement pour est-ce que finalement on n'arrive pas aujourd'hui au bout d'une logique de renseignement au bout de l'action antiterroriste de l'Etat ?

18:54
Laurent Nuñez

Non, je ne crois pas qu'on puisse dire les choses comme cela vous savez depuis les choses ont commencé sous le quinquennat précédent et puis depuis 2017 nous avons singulièrement accéléré les services de renseignement ont été reforcés en effectifs en moyens budgétaires ce qui permet de développer des techniques de renseignement c'est extrêmement important pour suivre les individus Mais précisément

19:16
Invité

Laurent Nunez on a deux attentats à trois semaines d'intervalle deux terroristes qui n'étaient pas fichés encore une fois par vos services J'y viens

19:27
Laurent Nuñez

monsieur Bertolus on connaît de plus en plus de monde vous savez il y a un fichier des personnes radicalisées il y a eu plus de 20 000 fiches il y en a encore un peu plus de 8 000 qui sont actives les services de renseignement font un travail extraordinaire pour suivre ces individus les détecter les inscrire au fichier il y a un travail remarquable qui est fait dans les prisons françaises qui n'avait jamais été fait avant jamais été fait avant ce travail de suivi de renseignement dans les prisons françaises et donc ce qui fait que nous connaissons de plus en plus d'individus qui sont suivis et ça veut dire 32 attentats déjoués depuis 2017 et ça ce sont des actions ce ne sont pas des paroles ce sont des actions et puis vous avez raison j'en viens à votre question je ne veux pas les lutter oui vous avez raison ici on prend l'attaque de vendredi soir la dramatique attaque de vendredi soir sur les six dernières attaques nous étions confrontés effectivement à des individus qui n'étaient pas connus des services et quand on les investigations judiciaires démontrent d'ailleurs qu'ils se radicalisent souvent en un trait de temps en un trait de temps donc très rapidement ils n'ont aucun contact avec des individus présents en Syrie en Irak avec l'état islamique avec d'autres individus connus sur le territoire islamique ils n'ont pas de contact donc ils sont quasiment indétectables et pourtant les services de renseignement détectent ce genre d'individus il y a des attentats déjoués mais il faut poursuivre ce travail mais ce que je voulais vous dire pour répondre clairement à votre question ce que montre l'attaque de vendredi soir c'est encore une fois que la lutte contre le terrorisme elle dépasse de ce cadre des services de renseignement et de lutte antiterroriste et de police judiciaire antiterroriste elle dépasse le cadre de ces services on voit bien que l'action que nous menons contre le séparatisme islamiste c'est aussi une forme de lutte contre des dérives politiques qui peuvent donner lieu et on l'a vu malheureusement vendredi soir à des dérives extrêmement violentes et ça cette action ne concerne pas que les services répressifs elle concerne l'ensemble des services de l'état l'ensemble des élus et l'ensemble des corps constitués de la nation française

21:20
Présentateur

Laurent Nunez est-ce que vous pouvez nous rappeler ce matin sur France Info combien de personnes sont fichées en France pour radicalisme islamiste et combien d'entre elles seraient Tchétchènes ou d'origine Tchétchènes comme l'assaillant de vendredi soir

21:34
Laurent Nuñez

alors ce sont des chiffres qu'on ne donne jamais d'abord pour ce qui est des Tchétchènes pour les personnes qui sont inscrites au fichier des personnes radicalisées c'est un peu plus de 20 000 donc ce sont des personnes qui ont été radicalisées qui ont parfois été évaluées la radicalisation n'a pas été confirmée ou qui ne sont plus radicalisées violentes les fiches actives les personnes que l'on suit c'est un peu plus de 8 000 personnes et parmi ces 8 000 personnes évidemment qu'il y a des membres qui sont d'origine Tchétchènes il y en a un certain nombre pas plus que la moyenne des individus et c'est une communauté qui fait l'objet de toutes les attentions mais comme l'ensemble des individus radicalisés ce que nous suivons ce sont des individus radicalisés c'est-à-dire radicalisés violents c'est-à-dire qu'ils manifestent soit une adhésion une apologie pour l'état islamique ou le djihad violent et qui sont donc susceptibles de basculer dans la violence mais ça ne veut pas dire qu'ils préparent des actions violentes il faut être très précis pour évidemment vos auditeurs et téléspectateurs il faut être très précis dès lors que ces individus fomentent un projet d'action violente sont menaçants évidemment qu'ils sont judiciarisés et interpellés ces 8000 et ces plus de 8000 personnes sont des individus qui sont suivis par les services de renseignement qui sont susceptibles éventuellement de fomenter un projet d'action violente c'est pour ça qu'ils sont suivis mais qui ne l'ont pas fomenté attention on ne peut pas interpeller judiciariser sur une suspicion d'intention il faut vraiment que l'on soit évidemment certains du fait de fomenter un projet d'action violente et ce sont donc un peu plus de 8000 personnes qui sont suivies au quotidien par les services de renseignement

23:17
Invité

Laurent Nunez vous l'avez dit depuis 2015 la législation n'a cessé de se renforcer on pense notamment à la loi de sécurité intérieure de 2017 qui a mis dans le droit commun des mesures d'exception les effectifs n'ont pas cessé d'être renforcés les moyens budgétaires et techniques n'ont pas cessé également d'être renforcés dans la lutte anti-terrorisme aujourd'hui vous avez tous les moyens de lutter contre le terrorisme il ne peut pas y avoir vous ne demandez pas de nouvelles avancées législatives ou de nouveaux moyens sur la lutte

23:53
Laurent Nuñez

anti-terroristes nous disposons de moyens qui ont été singulièrement renforcés depuis le début du quinquennat vous l'avez rappelé en effectif moyens juridiques avec la loi anti-terrorisme qui a fait rentrer dans le droit commun un certain nombre de mesures tirées de l'état d'urgence les moyens techniques sont là il faut continuer ce travail il faut continuer évidemment cette action il y a encore des travaux d'ailleurs qui sont en cours je ne les éluderai pas pour mieux cerner la personnalité de certains auteurs quand ils souffrent de troubles psychiatriques

24:26
Invité

resserrer les bails du filet en quelque sorte

24:28
Laurent Nuñez

les relations améliorées nous y travaillons évidemment sur le fait de l'intérêt ce travail il a lieu il est en cours mais je crois que ce qu'il y a devant nous aujourd'hui et l'attaque de vendredi le montre avec cette espèce de continuum qu'on voit apparaître entre un séparatisme islamiste politique et une action terroriste violente c'est ce qui s'est produit vendredi je crois que le travail qu'il faut poursuivre et qui est évidemment que nous avons entamé en 2017 et qu'il faut poursuivre et renforcer c'est la lutte contre l'islam politique en payant évidemment à ne pas stigmatiser la très grande majorité des musulmans qui sont des citoyens français et qui pratiquent leur foi dans le respect de leur public et des règles de la radio

25:12
Présentateur

merci on doit s'arrêter là merci beaucoup Laurent Nunez d'être intervenu sur France Info merci Jean-Jérôme Bertolus et à bientôt bonne journée à tous merci Jean-Jérôme Bertolus