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Podcast / conversationfranceinfo (sur YouTube)· 7 septembre 2026 8 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Immigration : François Hollande est-il en train de virer à droite ?

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Chapitres

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Temps de parole

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François Hollande

Avant de vous entendre débattre, messieurs, écoutons François Hollande. C'était ce matin sur France Info, François Hollande sur la question de l'immigration qui veut durcir certaines règles. Sur le regroupement familial, il y a des situations qui sont abusives. Par exemple, on a des des situations de mariage à l'étranger, même avec des mineurs, qui ne sont pas acceptables. Donc, il est normal que l'on puisse ajuster au fur et à mesure du temps, quand il y a des abus, les règles et les critères pour le regroupement familial. Le regroupement familial, c'est un droit fondamental.

On doit vivre en famille, mais dans des dans des conditions où les femmes sont traitées correctement, dans le respect de la loi. Et dans le deuxième cas, où les les personnes qui viennent rejoindre le le le conjoint parlent français. Ce sont des règles qui ont déjà été posées et qu'il faut appliquer strictement. Arnaud Benedetti, est-ce qu'elle vous surprend cette proposition de durcissement des règles du regroupement familial de la part de François ? Bah, elle ne surprend pas quant à la nature profonde, la nature politique, j'allais dire, de François Hollande, qui est un pragmatique et qui a été toute sa vie politique un un pragmatique.

Elle peut paraître, en effet, surprenante dans le contexte de cette pré-campagne électorale dans laquelle il semble s'être lancé. Mais, en fait, qu'est-ce qu'il fait, d'une certaine ? Il triangule, c'est ce qu'on appelle la triangulation. C'est-à-dire que il sait très bien qu'aujourd'hui, il y a une demande dans de larges segments électoraux d'un d'une d'une d'une politique de fermeté, en tout cas, en matière ou, en tout cas, une politique de régulation en matière migratoire. Il l'entend, donc il se positionne par rapport à la gauche sur un axe assez différencié, parce que, finalement, très peu de leaders de gauche, aujourd'hui, tiennent des discours de ce type.

Donc, il se différencie, il prend ses distances. Ça, c'est un un un premier point. Et le deuxième point, tout se passe comme si, finalement, il était, peut-être, en train d'essayer d'enjamber la primaire. Alors, la primaire à laquelle il a dit qu'il irait à laquelle il irait voter mais euh dont il n'attend pas grand-chose en tout cas au regard de son de son du constat qu'il fait de la situation. Et donc François Hollande là, c'est ni de droite ni de gauche, de droite et de gauche, Serre-Che minot, comment il faut qualifier ce que représente aujourd'hui François Hollande sur l'échiquier ?

En tout cas clairement que ce soit à travers ses différents déplacements, le livre qui vient de sortir qu'il appelle unir nouveau monde nouvelle gauche, il s'adresse absolument pas au Parti socialiste en tout cas pas seulement et Arnaud Bely il l'a l'a très bien dit. Alors au-delà de la triangulation ce qu'il met en avant c'est il dit "Je prends en compte les inquiétudes des Français." Donc il a upgradé mis à jour le logiciel qui lui a permis de gagner en 2012. Ce n'est absolument pas la même situation. Alors qu'est-ce qu'il prépare François ?

Clairement il le dit "Je voterai à la primaire parce que je suis membre du Parti socialiste." On sait pas trop pour qui mais il va sans doute le dire certainement pas pour Olivier Faure ni pour Raphaël Glucksmann mais en tout cas il se prépare à l'après. Et l'après c'est ? Il dit "Quel que soit le vainqueur de la primaire du PS, de Place publique et on va dire du camp social-démocrate en général, s'il n'y a pas de dynamique pour le vainqueur, moi j'ai autre chose à proposer." Et clairement il est obligé d'occuper un espace beaucoup plus large. Alors à droite peut-être pas mais en tout cas centre-droit certainement.

Il veut parler à tout le monde parce qu'il ne pourra pas gagner sur la seule base des socialistes. En plus on verra combien il y a de votants et cetera et cetera. Et puis après il y a des choses qui ne devraient pas surprendre. Alors sur l'immigration on peut effectivement s'étonner parce qu'il y a pas que le resserrement du regroupement familial. Il veut l' application du pacte asile et immigration une partie alors que toute la gauche européenne ou française était vent debout contre cette proposition.

Mais je vais pas m'étaler sur le sujet de l'immigration mais économiquement parlant lorsqu'il reparle de la TVA sociale, bah il avait déjà en fin de mandat de quinquennat entre les les années 2015-2017 déjà utilisé cette cette arme-là après l'avoir fait abandonner après Nicolas Sarkozy. Donc voilà, il s'adapte à ça en disant "C'est pour faire augmenter les salaires et c'est une une application qu'on pourrait voir chez Edouard Philippe, voir chez Gabriel Attal en disant on enlève des cotisations sociales et on fait un transfert par la TVA sociale. Sauf et je termine par là, que la TVA sociale à gauche, c'est aussi un tabou.

On l'avait vu à l'époque de la législative après l'élection de Nicolas Sarkozy. Donc, il joue un petit peu avec ça en triangulant comme dit Arnaud Benedetti, mais surtout il sait que si vraiment il est candidat, on le saura a priori en décembre, il ne peut pas le faire sur la seule base du avait perdu d'être élu en 2012. Vous allez voir que ça fait réagir le parti socialiste et particulièrement le parti du patron pardon du parti socialiste qui lui-même est candidat à la primaire socialiste Olivier Faure parce que n'a pas voulu laisser passer ce matin ce qu'a dit François Hollande de durcir les règles du rapprochement familial et la comparaison qu'il fait est assez importante. Regardez.

Il prend sa place et il a choisi un autre chemin qui n'est pas le mien. Son chemin est celui euh d'une alternative plutôt au centre pour ne pas dire à droite et moi je ne me suis pas engagé au parti socialiste pour maintenant compris que vous parliez de François Hollande. Mais je vais terminer ma phrase pour vous dire que ? Non, j'ai dit que il cherchait en fait aujourd'hui sa voie avec une alliance entre droite et moi je ne me suis pas engagé au parti socialiste pour appliquer 14 ans après le programme de François Fillon. C'est assez intéressant, il dit pas qu'il est de droite François Hollande, mais en même temps il le compare à François Fillon.

Oui, alors j'irai pas jusqu'à cette comparaison parce que quand on se souvient du programme de François Fillon en 2017, il me semble qu'il avait pas grand-chose à voir avec le programme de François Hollande. Mais ce qui est sûr mais ce qui est sûr c'est que François Hollande considère que si il y a un trou de fourmi pour reprendre son expression, je crois exacte, pas trou de souris, trou de fourmi, c'est que il va falloir élargir la base tout simplement.

Vous l'avez dit euh, euh, de manière tout à fait claire, c'est-à-dire qu'en fin de compte, il considère que le le réduit du Parti socialiste n'est pas suffisant pour pouvoir aujourd'hui être un candidat de rassemblement dans l'état d'équilibre des forces politiques qui est celui de ce bloc central dont on parle. Parce que d'une certaine manière, il s'adresse beaucoup plus au bloc central qu'à la gauche à partir [raclement de gorge] de ses de ses propos. Donc encore une fois, il essaie vraisemblablement de contourner la difficulté de la primaire. Il n'y croit pas de toute façon.

Il n'y croit pas parce que tout simplement il considère que le Parti socialiste n'aura pas la capacité de mobilisation, ne serait-ce que pour le corps électoral de la primaire qu'il avait pu qu'il avait pu avoir quand lui avait gagné la primaire en 2011 lorsqu'il avait été candidat à la présidentielle. mais on parle quand même d'un ancien président de la République qui est socialiste, qui décide de ne pas participer à une primaire, mais qui va peut-être se présenter euh finalement face à la personne qui sortira de cette primaire. Parce que vous avez bien compris que la tectonique des plaques n'avait pas fini de bouger aujourd'hui tant au centre gauche qu'au centre droit.

Et véritablement aujourd'hui, lui en plus avec le capital qui est le sien d'ancien président de la République, un ancien président de la République n'a pas le même statut politique que d'autres candidats. Donc il est dans une logique de rassemblement [grognement] et en tout cas, il pense que là, il y a peut-être une voie sur laquelle il peut s'engager. Serge Chimino, rapidement, est-ce qu'il a la capacité euh François Hollande à rassembler euh le centre droit parce qu'il y a déjà du monde sur cette ?

Oui, mais Arnaud Belyti le vient vient de le dire, c'est que il y a des compétitions parallèles qui se passent entre la droite et le bloc central, euh à gauche également avec au moins cette primaire sans parler des écologistes, de Fabien Roussel qui vient de se déclarer, j'en passe et des meilleurs, François Ruffin dont on ne sait pas ce qu'il fera plus tard, hein, Dominique de Villepin qui essaie d'approcher. Donc ils seront pas aussi nombreux en décembre lorsque François Hollande décidera ou pas de se déclarer. En tout cas, il mise d'une manière, allez, un petit peu cynique, sur l'échec du vainqueur de la primaire.

Après, juste rapidement, lui-même quand il a gagné la primaire et qu'il a été président de la République, il disait qu'il n'y croyait pas. Et il y croit encore moins, et vous l'avez dit Arnaud, c'est qu'on ne connait pas encore le corps électoral. À l'époque, c'était 2 euros et pas 15 euros pour pouvoir voter. Mais plus sérieusement, euh, il attend ce moment-là, et clairement, s'il sort du bois définitivement, ce ne sera pas pour faire le programme de 2012, mais bien un programme un peu plus large, et qui sait, il y aura peut-être des candidats du bloc central qui auront peut-être disparu d'ici là.