Électricité, hôpitaux, trains… la France va-t-elle tenir ? - C dans l’air - 24.06.2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 30 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:08OuverteRéponse directe
G.Musquet, est-ce que ça va s'améliorer ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Ca peut durer jusqu'à la mi-juillet ?
- 4:58ComplaisanteRéponse directe
On n'est pas pour autant qu'il faut arrêter les efforts en matière de pollution ?
- 5:23OuverteRéponse directe
Ce qui est record avant tout, c'est le nombre de sollicitations que nous avons reçus aux appels du 15 ?
- 7:33OuverteRéponse directe
On est au tout début d'une tendance de long terme ?
- 8:59OuverteRéponse directe
Le gouvernement est mobilisé. Il y a une cellule interministérielle ce soir. Est-ce qu'il y a une forme d'inquiétude au sommet de l'Etat ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:48G.MusquetFait
« On a un plateau. On a encore cette masse d'air chaud qui stagne sur l'Hexagone et qui se comprime. »
- 3:31C.RouxChiffre
« 94 millions d'habitants devraient endurer des températures supérieures à 35 degrés en Europe. »
- 4:14G.MusquetFait
« Le continent européen se réchauffe 2 fois plus vite que les autres zones du monde. »
- 5:23J.-F.CibienFait
« Ce qui est record avant tout, c'est le nombre de sollicitations que nous avons reçus aux appels du 15. »
- 6:06J.-F.CibienFait
« Pendant l'été, on a un nombre de lits plus restreint. Là aussi, c'est la 1re fois qu'on peut constater quelque chose. »
- 6:51J.-F.CibienFait
« On a les mêmes complications dans les chambres. On a fait un gros travail en 2003 avec la Journée de solidarité. »
- 8:59F.GemenneFait
« Nous discutons de l'adaptation uniquement quand on est au pied du mur, quand la crise survient. »
- 10:26S.QuéménerFait
« Il n'y a pas de volonté de faire de catastrophisme de la part du gouvernement. »
- 11:47S.QuéménerFait
« Quand monsieur Jouzel explique qu'il n'avait lui-même pas anticipé qu'en Bretagne, les températures allaient être aussi importantes, quand on entend quelqu'un du Giec prononcer ces mots, on se dit que c'est un épisode extraordinaire. »
- 12:31F.GemenneFait
« Sur cette affaire de brevet, ce qui est sidérant, c'est de voir à quel point nous dépensons des sommes très importantes, justifiées, pour améliorer l'apprentissage des élèves... »
- 15:16G.MusquetFait
« On n'a plus de territoires refuges dans l'Hexagone, et encore moins dans les territoires d'outre-mer, où on a aussi des vagues de chaleur. »
- 16:44C.RouxFait
« Le gouvernement assure que l'hôpital tient, tout comme le réseau électrique. Mais les 1res alertes sont bien là: une augmentation assez significative des appels au Samu, des infrastructures électriques qui cèdent ou qui doivent tourner au ralenti face à des températures record. »
- 18:57C.RouxChiffre
« 35 départements sont placés en rouge. Le Lot-et-Garonne est déjà concerné. 90 ha de pin ont brûlé. »
- 21:07J.-F.CibienFait
« On sait qu'il peut y avoir parfois des moments de saturation. Le moment principal, ce sera dans les prochains jours, les personnes âgées et les personnes vulnérables qui vont décompenser et qui vont avoir des insuffisances rénales et cardiaques. »
- 22:33J.-F.CibienFait
« Il va falloir réfléchir rapidement ensemble sur comment ventiler, climatiser. »
- 24:37C.RouxFait
« Aujourd'hui, c'est la nouvelle journée la plus chaude jamais enregistrée en France. Il y avait un précédent record hier. »
- 28:51C.RouxFait
« La question est sur nos infrastructures. Privant d'électricité et donc de ventilateurs, de frigos et de clim, de nombreux habitants du Finistère. »
- 29:34F.GemenneFait
« On a la chance, en France, d'avoir des réseaux électriques les plus performants du monde. On a des entreprises comme Enedis et RTE qui sont chargées de l'entretien du réseau et qui font globalement un travail exceptionnel. »
- 30:18C.RouxFait
« On dit que ça va tenir, mais on voit bien qu'un réacteur d'une centrale nucléaire dans le Tarn-et-Garonne est à l'arrêt. »
- 35:31F.GemenneChiffre
« 4 % des foyers ont des climatiseurs fixes, qui seraient les systèmes de climatisation optimaux. »
- 38:21C.RouxChiffre
« Au moment du coup de feu, le thermomètre affiche plus de 45 degrés. »
- 41:19G.MusquetFait
« C'est une des conséquences sociales aussi de cette crise. Les Espagnols ne s'y sont pas trompés. Ils ont créé le congé climatique, justement pour accompagner, à défaut de l'industrie, les travailleurs. »
- 42:48S.QuéménerFait
« Quand on voit comment les positions politiques ont bougé en une semaine, c'est impressionnant. »
- 43:33C.RouxFait
« M.Tondelier dit que cette mesure de congé climatique sera déposée sous forme de proposition de loi. E.Ciotti dit qu'il dépose une proposition de loi pour rendre obligatoire la climatisation dans les écoles, les collèges et lycées, les établissements de santé et les Ehpad. »
- 44:40C.RouxFait
« Le ministre du Travail dit qu'on ne va pas mettre le pays à l'arrêt en imposant une température au travail. »
- 45:20C.RouxChiffre
« 1400 contrôles ont eu lieu sur les conditions de travail, avec 75 mises en demeure, pour des employeurs qui faisaient travailler leurs employés dans des conditions trop difficiles. »
- 49:27C.RouxChiffre
« 43 noyades depuis samedi. Aujourd'hui encore, 3 jeunes ont perdu la vie dans un pays où 11 millions de personnes ne savent pas nager. »
- 52:20C.RouxChiffre
« Alex exerce ce métier depuis 50 ans et alerte. Il manque 5000 professionnels dans un secteur en difficulté de recrutement. »
- 55:07J.-F.CibienChiffre
« Hier, sur le bord de ma terrasse, j'ai vu plus de 50 degrés sur mon thermomètre. »
- 56:27G.MusquetFait
« Il faut vraiment rester vigilant et solidaire sur ces questions pour éviter des mortalités évitables. »
- 57:08C.RouxFait
« On peut plus ou moins supporter la chaleur ? »
- 57:52F.GemenneFait
« La température létale avec 100 % d'humidité, c'est 35 degrés. On tient à peu près 6 heures. »
- 58:36C.RouxFait
« Est-ce qu'on finit par s'accoutumer à ces fortes températures ? »
- 1:03:24S.QuéménerFait
« On a fait baisser les émissions de gaz à effet de serre. On est plutôt des bons élèves, si on regarde l'ensemble des pays. »
Temps de parole
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Nouveau Elseve Glycolic Gloss ... - C.Roux: Bonsoir. Bienvenue. Un transformateur qui explose dans le Finistère et prive jusqu'à 120 000 personnes d'électricité. Une centrale nucléaire à l'arrêt, des producteurs en réaction réduite, des trains annulés... Partout en France, les infrastructures sont mises à l'épreuve. Les services de santé évoquent un pic inédit jamais observé de recours aux soins d'urgence dans le cadre d'une canicule. La vigilance rouge est étendue demain à 72 départements. Dans la capitale, le plan canicule extrême a été activé. On attend 41 degrés. Sans surprise, les incendies commencent à mobiliser les sapeurs-pompiers. 35 départements sont en alerte. Face à cette situation de crise, le gouvernement se veut rassurant et multiplie les messages de prévention. Les prévisions tablent sur une canicule qui pourrait repartir après des baisses de températures attendues peut-être pour ce week-end. Avec nous pour en parler, G.Musquet, météorologue, spécialiste de la prévention des risques majeurs. Avec nous, S.Quéméner, rédactrice en chef
à "La Tribune Dimanche". Voici cet article à lire sur le site de votre journal. Avec nous, J.-F.Cibien. Vous êtes médecin urgentiste au CHU d'Agen-Nérac en Lot-et-Garonne et vice-président du syndicat Samu-Urgences de France. Dans un instant, F.Gemenne, spécialiste du changement climatique, va nous rejoindre. Bonsoir à tous les 3. Merci de participer à ce "C dans l'air". On va commencer avec cette carte de France qui fait une comparaison des températures à Paris, à Nantes
et ailleurs avec des températures dans d'autres pays étrangers beaucoup plus habitués que nous à ces fortes chaleurs. Par exemple, il fait 41 degrés à Paris, l'équivalent de Dubaï. A Lyon, 40 degrés, c'est l'équivalent de ce qu'on peut trouver à Phoenix. 39 degrés à Toulouse, ce sont les températures en Inde, à New Delhi. G.Musquet, est-ce que ça va s'améliorer? Je disais qu'on attendait peut-être quelque chose de mieux ce week-end. J'entendais dans l'après-midi qu'on entrait dans le dur. Que faut-il comprendre? - G.Musquet: On a un plateau. On a encore cette masse d'air chaud qui stagne sur l'Hexagone et qui se comprime. Chaque jour, comme les nuits sont très courtes,
à peine 8 heures de nuit et 16 heures de jour, on reprend 1 à 2 degrés le matin. Samedi et dimanche, un peu vendredi aussi, on devrait avoir des masses d'air qui vont entrer en conflit. Ca veut dire des orages et malheureusement aussi de la grêle. Ca va ramener un peu de fraîcheur, mais ça va concerner essentiellement les façades ouest, la Normandie, la Bretagne. Ca va arriver par le nord. Il n'y aura pas forcément tout de suite les départements du sud et de l'est de la France. - C.Roux: 94 millions d'habitants devraient endurer des températures
supérieures à 35 degrés en Europe. C'est une canicule qui touche toute l'Europe. La ministre de la Transition écologique a été un peu inquiétante ce matin. Elle nous a dit que ça allait peut-être se calmer ce week-end, mais qu'on allait peut-être avoir une reprise de la canicule jusqu'à la mi-juillet. Ca peut durer jusqu'à la mi-juillet? - G.Musquet: Il va y avoir, je pense, une petite accalmie. Mais il y a une probabilité qu'on reparte sur des événements chauds. On attendra avec beaucoup d'attention les résultats des travaux de Météo-France. Il faut que chacun reste dans son rôle, comme le disait la ministre, et qu'on accompagne... - C.Roux: Elle citait Météo-France. - G.Musquet: Il y a une probabilité d'avoir des épisodes très chauds qui repartent.
Le continent européen se réchauffe 2 fois plus vite que les autres zones du monde. On a la fonte des neiges, dont on parle depuis des décennies. On pensait aux ours blancs. C'est moins de neige, donc plus de chaleur et moins d'air frais qui arrive du nord pour nous réchauffer. C'est aussi moins de ciel assombri par les pollutions. Cette pollution qui a disparu fait qu'on a aussi ce rayonnement solaire qui arrive directement et qui renforce ces îlots de chaleur avec ces anticyclones de plus en plus fréquents. - C.Roux: C'est pas pour autant qu'il faut arrêter les efforts en matière de pollution. - G.Musquet: Il faut préserver nos poumons. - C.Roux: On parle des particules fines
qui attaquent nos poumons. On continue ce point sur la situation en France. On va parler dans un instant de la mobilisation du gouvernement. Je voudrais revenir sur cette donnée de Santé publique France qui dit que la canicule a été identifiée comme l'épisode le plus sévère jamais connu en cette période de l'année, avec un passage aux urgences record pour des phénomènes climatiques liés à de la chaleur et de la canicule. - J.-F.Cibien: Ce qui est record avant tout,
c'est le nombre de sollicitations que nous avons reçus aux appels du 15. 15-20 % sur une partie sud-ouest et sud-est du pays. On a des pics à plus de 40 %, avec là aussi, comme l'a décrit Santé publique France, un nombre de consultations plus important, mais surtout un nombre d'hospitalisations. Alors qu'on va rentrer dans la période de vacances, ce nombre va commencer à poser des problèmes. Pendant l'été, on a un nombre de lits plus restreint. Là aussi, c'est la 1re fois qu'on peut constater quelque chose. Normalement, on a un délai d'une dizaine de jours avant de voir les patients. Là, certainement, de par les différences de températures qu'il y a eu d'une part, et, d'autre part, les plateaux avec l'absence de baisse de températures la nuit... Vous l'avez très bien décrit, ce sont des nuits très courtes. Le taux d'hospitalisation est très conséquent et avec des personnes âgées, des enfants de bas âge et beaucoup de pathologies chroniques qui sont en train de décompenser, en particulier les allergies. On commence à avoir des problèmes pulmonaires.
Ca arrive un peu plus tôt que ce qu'on avait anticipé. - C.Roux: Santé publique France parle d'un épisode qui a entraîné un pic inédit, voire jamais observé, de recours aux soins d'urgence. Le 22 juin, 650 passages aux urgences, 490 consultations SOS Médecins pour des pathologies liées à la canicule. - J.-F.Cibien: En sachant qu'on travaille ces indicateurs, ce qu'on ne faisait pas en 2003. Tous les patients référencés chez SOS Médecins ou dans nos Samu SAS, le 15 ou aux urgences, ils sont répertoriés avec des indicateurs pour qu'on puisse les classer. - C.Roux: F.Gemenne nous a rejoints. Bonsoir. - F.Gemenne: Pardonnez-moi. - C.Roux: Vous êtes pardonné. Vous êtes spécialiste du changement climatique et coauteur du 6e rapport du Giec. Je rappelle votre livre.
On parlait de la situation absolument exceptionnelle et de ces températures, avec cette petite anxiété collective qui monte quand on regarde les prévisions. 72 départements demain seront en alerte rouge. - F.Gemenne: Bien sûr. Et surtout, on ne voit pas vraiment la fin. On est au tout début d'une tendance de long terme par rapport à laquelle il va sans doute falloir tout changer, tout revoir: les hôpitaux, l'architecture, l'urbanisme, la climatisation... - C.Roux: On n'est pas encore à ce stade. On est collectivement dans une forme de gestion d'urgence. Collectivement, on se projettera au moment de la présidentielle sur ce qu'il faudra changer à long terme: les infrastructures, l'électricité, les lignes
qu'il faut enterrer parce qu'elles ne tiennent plus... Mais dans cette gestion d'urgence, on a l'impression d'être collectivement démunis. On regarde chaque jour le thermomètre. - F.Gemenne: Et on est pris de court. Nous discutons de l'adaptation uniquement quand on est au pied du mur, quand la crise survient. D'un coup, tout le monde en parle, c'est la conversation du pays. On se dit "il aurait fallu faire ceci, si on avait su"... Mais on le savait, en réalité. On avait tous ces rapports, toutes ces projections. On avait eu un 1er coup de semonce il y a un mois. On considère tous ces événements comme exceptionnels, hors normes. Les températures retombent,
on n'en parle plus et on se retrouve 1 ou 2 mois plus tard sur des plateaux de télévision comme le vôtre à se dire: "Oh là là, si on avait su, qu'est-ce qu'on aurait pu faire?" - C.Roux: Le gouvernement est mobilisé. Il y a une cellule interministérielle ce soir. Le plan Orsan 2 a été déclenché pour les hôpitaux. Est-ce qu'il y a une forme d'inquiétude au sommet de l'Etat? Quels mots vous mettez sur ce que vous avez pu récolter comme informations? Le gouvernement doit improviser et gérer la situation de tension. - S.Quéméner: Il n'y a pas de volonté de faire de catastrophisme de la part du gouvernement.
On a attendu une partie de la journée de samedi pour savoir si la Fête de la musique allait être annulée ou non. Finalement, S.Lecornu a décidé d'interdire l'alcool dans les centres-villes mais pas de renoncer à cette fête. C'est un gouvernement qui a beaucoup appris de la gestion du covid. Ca y ressemble beaucoup, d'un point de vue politique. Il y a une forme d'entrave venant de la population, qui ne peut plus se déplacer comme elle veut, où les enfants ne sont pas à l'école, les parents ne peuvent pas travailler parce qu'il faut garder les enfants... C'est assez similaire. L'idée est d'exposer pas à pas de nouvelles décisions à même de répondre aux urgences. Samedi, on n'annule pas la Fête de la musique et on déclenche un plan sanitaire.
Après, il n'y a pas de réponse de long terme. Ca se passe à un niveau en dessous. Mais il peut y avoir des décisions annoncées sur la question du brevet. - C.Roux: Pour l'instant, il est maintenu. Les syndicats disent que c'est une décision dangereuse. - S.Quéméner: Il avait déjà été déplacé il y a quelques années. C'est des réponses comme celle-là qu'on attend aujourd'hui. Mais le gouvernement n'a, pour l'instant, pas fait de réponse systémique. L'urgence climatique était très présente au début du 1er quinquennat d'E.Macron. Mais d'autres urgences, comme crises géopolitiques, pouvoir d'achat...
Tout est lié, évidemment. C'est toujours resté une urgence, mais pas la première des urgences. Les Français ont compris qu'il fallait s'adapter, mais il n'y avait pas l'anticipation d'une situation si violente. - C.Roux: Pas de panique, mais un peu de sidération sur l'ampleur de cette canicule, à la fois dans sa durée et dans les températures qu'on va atteindre et qu'on a déjà atteintes. - S.Quéméner: Quand monsieur Jouzel explique qu'il n'avait lui-même pas anticipé qu'en Bretagne, les températures allaient être aussi importantes, quand on entend quelqu'un du Giec prononcer ces mots, on se dit que c'est un épisode extraordinaire. Ce sera l'ordinaire, la norme des années qui viennent, il y a quelque chose de très violent qui est lié au fait que nous sommes proches du solstice et que les jours sont très courts... Les nuits, pardon.
- F.Gemenne: Sur cette affaire de brevet, ce qui est sidérant, c'est de voir à quel point nous dépensons des sommes très importantes, justifiées, pour améliorer l'apprentissage des élèves: dédoublement de classe, des remédiations... Nous allons leur faire passer l'épreuve qui va certifier leurs études dans les pires conditions de concentration. La chaleur a des effets très délétères sur nos capacités cognitives. Je veux juste prendre l'exemple de la Corée du Sud, pays derrière lequel nous sommes en pâmoison face au performances des élèves. Là-bas, ils ont un examen qui détermine l'accès des étudiants aux établissements supérieurs. Pendant les tests de langue de ces examens, on cloue les avions au sol. Les avions ne peuvent pas survoler les centres d'examen pour que les
élèves ne soient pas déconcentrés par le passage d'un avion dans le ciel. Vous voyez le gouffre. - C.Roux: Ce sont des élèves qui vont se retrouver dans des salles à 20, 30, où il peut faire jusqu'à 35 degrés. Ca affecte la concentration. - F.Gemenne: Et qui n'auront pas bien dormi et qui n'auront pas pu réviser. - C.Roux: Ca affecte les capacités de concentration et de bien répondre aux questions. - J.-F.Cibien: Dans les territoires d'outre-mer, c'est quand même la France, vous avez une adaptation. On commence à travailler un peu plus tôt. Là, on est toujours dans la réaction, dans ce pays. Ca fait 9 ans qu'on est dans la réaction. Soyons prospectifs. Il y a quelque chose d'assez imprévu qui arrive, mais qui était quand même assez prévisible.
Il va falloir qu'on puisse se mettre tous autour de la table pour le vivre ensemble et programmer, demain... - C.Roux: Tout le monde en a conscience aujourd'hui. Mais on a aussi l'impression que ce gouvernement, parce qu'il faut prendre des décisions sur la Fête de la musique, sur le brevet, sur l'accès aux sources d'eau plus facilement et plus sécurisées, parce qu'il y avait une quarantaine de noyades... C'est une gestion d'urgence, de crise. On n'est pas dans le plan d'adaptation pour dans 10 ans. - S.Quéméner: La ministre de la Transition écologique a très bien résumé ça. On est face à un mur d'investissements. Est-ce qu'on peut lancer de tels investissements à si peu de temps d'une campagne présidentielle? Ca va être compliqué. Tous ces débats vont avoir lieu maintenant.
On prépare le budget 2027. Est-ce que S.Lecornu va réussir à dégager un peu de marge sur ce sujet? C'est là qu'il peut jouer. - C.Roux: Question. - G.Musquet: On est sur un épisode qui se concentre sur la façade ouest... Les territoires de la façade ouest, qui sont habituellement des territoires refuges, on a ces masses d'air chaud comprimées. C'est en fonction du relief, des influences maritimes qui n'arrivent pas. Cette façade est celle qui subit de plein fouet cet épisode anticyclonique où les températures, comme à Cognac, par exemple, sont les plus extrêmes.
On n'a plus de territoires refuges dans l'Hexagone, et encore moins dans les territoires d'outre-mer, où on a aussi des vagues de chaleur. 37 degrés de température corporelle, c'est aussi pour les Antillais, les Guyanais, qui eux aussi souffrent de ces épisodes de chaleur. - C.Roux: Avec des canicules de la même manière? - G.Musquet: Ce sont des vagues de chaleur. En Guyane, territoire tropical avec une forêt connue comme très humide, on a des vigilances rouges aux feux de broussailles en septembre. La Nouvelle-Calédonie, pareil, avec des feux d'eucalyptus, de forêts. La Réunion, pareil. On a une manière de vivre et de s'adapter
dans les territoires d'outre-mer... Je commençais le lycée à 7h30 du matin. - C.Roux: Vous arrêtiez à quelle heure? - G.Musquet: 16h grand maximum, 17h. - C.Roux: Pas beaucoup moins. - G.Musquet: Pour les exercices que j'ai pu mener avec différentes collectivités... La mairie de Bordeaux s'en est inspirée. Elle a repéré 80 sites dans la ville où les élèves pourraient composer pour leurs examens ou aller en cours en toute quiétude et avec de la fraîcheur. L'école, ce n'est pas forcément que l'école. Ca peut être une entreprise, un musée, une salle qui prête ses locaux pour permettre à nos enfants d'étudier dans de bonnes conditions. - C.Roux: Le gouvernement assure que l'hôpital tient, tout comme le réseau électrique. Mais les 1res alertes sont bien là: une augmentation assez significative
des appels au Samu, des infrastructures électriques qui cèdent ou qui doivent tourner au ralenti face à des températures record. - Discrète jusqu'ici, presque absente, la voici désormais en première ligne. Ce matin, pour sa 1re interview à la radio en 8 mois au ministère de la Transition écologique, M.Barbut n'est pas venue avec des bonnes nouvelles. - M.Barbut: La semaine prochaine, on devrait connaître une pause relative. Météo-France nous indique qu'il y a de fortes probabilités pour qu'à partir de la semaine d'après, nous revenions à des chaleurs extrêmes qui pourraient nous amener jusqu'au 14 juillet.
- La France va donc encore suffoquer. Aujourd'hui déjà, la canicule a gagné l'extrême nord du pays. 4 nouveaux départements en vigilance rouge, 58 au total. Ce sont donc 44 millions d'habitants qui croulent sous une chaleur écrasante. A 5h ce matin, il faisait déjà 29 degrés à La Rochelle, 27 à Bordeaux et 26 à Paris et à Dieppe. - C'est compliqué. J'ai du mal à dormir. Je suis assez... Je bouge partout. - J'ai pas de clim. J'ai rien de tout ça. Pas de rideaux. Juste les volets fermés nuit et jour et les fenêtres ouvertes. - 4e jour consécutif de vigilance rouge
et déjà des inquiétudes: le système électrique va-t-il tenir? Hier soir, 2 explosions ont eu lieu au sein d'un poste électrique dans le Finistère. - Il y a plein de morceaux qui volent partout. Ca monte à des hauteurs pas possibles. C'est impressionnant. - Un incident sans doute dû à la chaleur, selon RTE. 38 000 foyers sont toujours privés d'électricité. Dans l'agglomération de Quimper, cet habitant compte les heures. - Pas de ventilateur, donc aucune façon pour moi d'essayer de me rafraîchir. Entre ça et ma seule façon de cuisiner qui est une plaque électrique... Je n'ai pas mangé depuis hier soir. - L'autre alerte vient des pompiers. La chaleur aggrave le risque de départs de feu. 35 départements sont placés en rouge.
Le Lot-et-Garonne est déjà concerné. 90 ha de pin ont brûlé. Partout, les pompiers sont sur le qui-vive. - Il va falloir surveiller les prochains coups de vent, de mistral ou de brises soutenues. C'est ce qui va conditionner les prochaines étapes de montée en puissance du dispositif préventif et, malheureusement, s'il le faut, du dispositif de lutte. - Alerte aussi sur les centrales de froid. Dans les tours vitrées du quartier de La Défense, le travail est rendu possible par la plus grande climatisation d'Europe.
- Chez moi, il fait un peu trop chaud, du coup, je viens au bureau parce que c'est climatisé. Comme je peux gérer la température, je suis à l'aise. C'est confortable, vers 24 degrés. - Si l'usine qui alimente la climatisation n'arrive pas à fournir suffisamment de glace dans ses bassins, 3500 entreprises pourraient être privées de froid dans leurs bureaux. Le directeur de l'usine appelle les travailleurs à mieux piloter la température. - Tout le monde doit contribuer. On produit tout ce qu'on peut produire avec des équipements qu'on a et qu'on maintient. L'usager doit aussi adapter sa consommation à cette météo un peu extraordinaire.
La clim à 20 degrés, c'est du luxe. C'est peut-être d'autres clients qui n'ont pas la puissance dont ils auraient besoin en bout de réseau. - Et dont ils auraient surtout besoin dans les hôpitaux. Sur les réseaux sociaux, coups de gueule d'un kiné en oncologie. Il en appelle directement au président. - Conditions de travail et d'accueil difficiles, mais la situation semble sous contrôle. Augmentation des passages aux urgences entre 15 et 20 %. Mais ce sont les jours à venir que les soignants redoutent. - On sait qu'il peut y avoir parfois des moments de saturation.
Le moment principal, ce sera dans les prochains jours, les personnes âgées et les personnes vulnérables qui vont décompenser et qui vont avoir des insuffisances rénales et cardiaques. Ca met plusieurs jours à arriver. - Les examens du baccalauréat sont reportés pour 10 000 élèves. L'épreuve du brevet est en revanche bien maintenue, avec des pauses d'hydratation autorisées. - C.Roux: On va revenir sur tout ce qui a été évoqué dans ce reportage. Vous réagissez à ce coup de colère de ce kiné en service d'oncologie. On parle de gens très affaiblis. Ca augmente la mortalité des patients? - J.-F.Cibien: Bien évidemment. Vous avez déjà une chose: vous êtes déshydraté. Vous perdez votre appétence à boire. Et surtout, quand vous restez...
Là, on parlait d'une chambre. Quand vous restez sur un brancard une nuit... Il y a 4 ans, une étude faite sur une nuit d'un mois de décembre montrait que pour un patient âgé avec plusieurs pathologies, comme une insuffisance rénale et une hypertension artérielle, on augmentait le risque pour ce patient par rapport à un patient hospitalisé dans une chambre. Et c'était en décembre. Avec ces températures, ce serait encore plus catastrophique. On a les mêmes complications dans les chambres. On a fait un gros travail en 2003 avec la Journée de solidarité.
Il y a eu des investissements sur le Ségur. Il va falloir réfléchir rapidement ensemble sur comment ventiler, climatiser. - C.Roux: Comment les gens font dans les hôpitaux? - J.-F.Cibien: C'est le système D. Vous avez des brumisateurs, du personnel qui passe, des linges humides, les douches pour les patients autonomes... Pour les patients en psychiatrie, c'est parfois aussi un peu compliqué. Sur la psychiatrie, c'est assez compliqué. On a beaucoup de structures assez anciennes en termes d'architecture.
Et avec des patients parfois à l'isolement. Pour leur donner à boire, c'est parfois compliqué, sachant qu'on manque de personnel en psychiatrie, comme dans tous les services de notre pays. - C.Roux: Quand on entend les membres du gouvernement dire de manière assez rassurante que l'hôpital va tenir, qu'est-ce que vous en pensez? - J.-F.Cibien: L'hôpital a toujours tenu. On l'a prouvé pendant la covid. Mais à quel prix? Le "quoi qu'il en coûte", ce n'est pas que de l'argent. Ce sont des femmes et des hommes au service de nos concitoyens. - C.Roux: C'est dur. - J.-F.Cibien: On a plus qu'un genou à terre. Je vous donne un exemple. Les assistants de régulation médicale,
aujourd'hui, ce sont les personnes qui décrochent les appels quand vous faites le 15. On s'est organisés avec nos collègues libéraux. C'est le Samu SAS. Libéraux et hospitaliers travaillent ensemble. On peut y arriver. Ces personnes, ça fait 18 mois qu'on demande au gouvernement de les recenser. Ils sont recensés en urgence parce qu'on ne sait pas combien ils sont et on ne sait pas comment ils vont pouvoir tenir pour assurer la qualité de service. On a 15, 20, 40 % d'augmentation des appels. On doit répondre. - C.Roux: C'est ce qui vous inquiète, ne pas pouvoir faire face à la demande? Une information vient de tomber...
Aujourd'hui, c'est la nouvelle journée la plus chaude jamais enregistrée en France. Il y avait un précédent record hier. On bat le record d'hier, triste record. Météo-France... On vous disait qu'il fallait suivre leur modélisation. Météo-France vient de doucher nos espoirs et annonce que la canicule se poursuivra ce week-end. - G.Musquet: Les événements qui se tiennent, la Pride, ces manifestations, comme la Fête de la musique, qui amènent du monde, qui renforcent le ressenti de la chaleur,
les réseaux, dont on parlait à l'instant et qui sont mis à rude épreuve... Tout cela, c'est de la gestion au jour le jour. Pour revenir sur la question politique... Le gouvernement actuel est tributaire des décisions que les 15 gouvernements précédents n'ont pas prises. L'usine qu'on a vue... Il y a 95 ans, des ingénieurs ont décidé de créer une stratégie industrielle pour refroidir et réchauffer ce pays. On ne peut pas, juste sur le budget 2027, imaginer un plan sur 100 ans. Vous voyez à quel point il va falloir,
politiquement, tenir la corde. On a déjà du mal à se projeter sur la prochaine présidentielle. - C.Roux: Sur la semaine prochaine! - G.Musquet: Imaginez demander au prochain gouvernement de rattraper ce qui n'a pas été fait sur ce mandat et les mandats précédents. - C.Roux: Quand vous apprenez que ça va durer ce week-end et peut-être même jusqu'aux alentours du 14 juillet, qu'est-ce que vous redoutez pour l'hôpital? Quel est le scénario que vous craignez le plus? Encore une augmentation des appels auxquels on ne pourrait pas répondre? - J.-F.Cibien: On va arrêter de faire de la politique-fiction et arrêter d'inquiéter nos concitoyens. Nous allons faire notre travail. - C.Roux: Personne n'en doute.
- J.-F.Cibien: Nous allons continuer, avec tous les citoyens. Là aussi, il y a les festivals, comme Solidays, la finale du Top 14 ce week-end... On va continuer à vivre. Mais on va s'adapter. J'aimerais voir un peu moins de gens courir. On vous dit de ne pas courir. J'aimerais que les gens s'hydratent, qu'on s'occupe de nos anciens, de nos plus jeunes. J'aimerais qu'on arrête de consommer des boissons énergisantes en guise de réhydratation. Ca a entraîné quelques décès. On l'a vu sur la 1re vague il y a 3 semaines. Derrière, à nous de planifier et d'organiser. - C.Roux: Dans cette période très courte, vous êtes tous d'accord sur l'idée qu'il va falloir tirer des leçons de tout ça et mettre en place des plans durables. Si on raisonne à échéance de 2 semaines,
votre message est de dire que tout va tenir, que l'hôpital tiendra et qu'il faut faire passer des messages de prévention. On fait passer un message diffusé par le gouvernement sur les gestes-clés. Vous avez parlé des boissons énergisantes. C'est important de le rappeler. - J.-F.Cibien: C'est la 1re fois qu'on voit des messages pédagogiques. La prévention dans ce pays, qui est le parent pauvre de la médecine... La prévention est la base du vivre-ensemble et des bons gestes. - C.Roux: Il y a eu quelques déprogrammations ciblées dans les hôpitaux. - J.-F.Cibien: Enfin, le plan Orsan a été déclenché.
Ca fait une semaine qu'on demande d'anticiper. On savait déjà, grâce à nos collègues de Météo-France, que lundi allait être la journée la plus chaude. Il faut déprogrammer. Puisque les financements hospitaliers sont liés à l'activité, je peux vous garantir qu'il vaut mieux faire une ablation de dents de sagesse que de s'occuper d'une personne âgée polypathologique. Il va falloir réfléchir sur les modalités de financement de l'hôpital public. - C.Roux: L'hôpital tiendra.
La question est sur nos infrastructures. Privant d'électricité et donc de ventilateurs, de frigos et de clim, de nombreux habitants du Finistère. Question. - F.Gemenne: On a la chance, en France, d'avoir des réseaux électriques les plus performants du monde. On a des entreprises comme Enedis et RTE qui sont chargées de l'entretien du réseau et qui font globalement un travail exceptionnel, y compris pour rétablir l'électricité quand il y a un problème. Cela étant dit, ils se posent la question de l'enfouissement des lignes électriques. Beaucoup de lignes sont encore en plein air.
On les voit à l'écran derrière vous, Caroline. Il va falloir de plus en plus enfouir ces lignes pour les rendre plus résilientes. La question de la résilience des infrastructures de réseaux est vraiment clé, sur l'électricité, les trains, les routes. - C.Roux: On dit que ça va tenir, mais on voit bien qu'un réacteur d'une centrale nucléaire dans le Tarn-et-Garonne est à l'arrêt. D'autres réacteurs, dont la puissance a été abaissée... La canicule pourrait affecter la production des centrales du Blayais, en Gironde. On baisse le niveau de puissance des réacteurs pour anticiper
une éventuelle surchauffe? - G.Musquet: Pas forcément. Je regardais le mix énergétique. Au pic de la journée, quand on regarde ce qui nous alimente en électricité, parce qu'on ne peut pas forcément toujours la stocker, 15 % de l'énergie entre 13h et 14h30, c'est le solaire. Il fait beau! Les centrales solaires tournent à plein régime. La planification se fait en fonction du mix, de la quantité de d'électricité dont on dispose. L'éolien, on n'a pas beaucoup de vent en ce moment. C'est à peine 10 % au pic des journées. On est bien redirigés sur les réseaux. - C.Roux: Il n'y a pas de risque sur les réseaux? - G.Musquet: Pas sur la surconsommation.
Mais le risque sur l'accident, c'est autre chose. Les lignes à 400 000 V et à 225 000 V, on ne peut pas les enterrer. Quand on regarde sur la Bretagne et la région Sud, la Provence, la Côte d'Azur, elles sont en bout de ligne. Si vous avez un feu au-dessus d'un massif forestier au-dessus duquel passent ces lignes, on n'est pas à l'abri qu'une sous-région se retrouve coupée et entraîne le reste du réseau dans un effet domino. C'est ce qui s'est passé en Espagne. Il y a eu un incident sur une sous-région et ça a fait tomber tout le réseau du pays. On ne va pas être des oiseaux de mauvais augure, mais il y a une question de responsabilité de nous, consommateurs.
Il faut couper les énergies dont on n'a pas besoin et les sources de consommation. Il faut réduire la consommation au niveau des clims. Je sais que c'est difficile, mais il faut avoir le plus faible delta possible entre la température extérieure et la température de réglage de la clim. Ne les mettez pas à 15 degrés, pour la faire courte. - F.Gemenne: Et on risque l'hypothermie. - G.Musquet: Exactement. Les vigilances sur les feux de forêt touchent le réseau électrique. Les vigilances sur les orages aussi. En 10 minutes, les agriculteurs peuvent perdre leur exploitation agricole. Ma crainte, c'est les accidents. On a des forces rapides, spéciales, chez Enedis et RTE.
Elles sont hyper efficaces. Le problème, c'est qu'on n'est pas juste sur la Bretagne ou la Normandie. On est sur un risque qui concerne tout le territoire. - C.Roux: Je voudrais juste vous montrer ces images d'un supermarché d'Angers. Il y a une véritable ruée sur les climatiseurs. Le PDG de Carrefour déclare que les ventes ont été multipliées par 1000. Si on annonce des coupures d'électricité, ça peut se transformer en situation de tension. - J.-F.Cibien: Sur les centrales nucléaires de production d'énergie, s'ils baissent leur capacité, c'est par rapport à la nécessité de refroidir. Il faut l'expliquer à la population. En termes de sécurité... - C.Roux: On n'arrive plus à refroidir. - G.Musquet: On peut aussi brûler la biodiversité. - S.Quéméner: C'est la réponse qui a été faite par le gouvernement ce matin. Ils ont dit qu'il n'y avait pas de tension
sur le réseau électrique. Quand les Français qui sont confrontés à cet épisode, qui ne s'attendaient pas à ce point, entendent qu'il faut qu'un réacteur soit mis à la l'arrêt et qu'il n'a pas assez d'eau pour le refroidir, ça crée quelque chose... Certains parlent de "panicules". Il faut vite un ventilateur, une clim... Il y a un phénomène qui se produit. On est plutôt un peuple très informé. On est le pays des accords de Paris. On a beaucoup parlé de la crise climatique en France. De grandes voix se sont exprimées sur le sujet pendant des années. J.Chirac avait expliqué au sommet de Johannesburg que "la maison brûle et nous regardons ailleurs". On n'est pas un pays de climatosceptiques. Il y en a, mais de moins en moins. On a franchi une telle stupeur... L'héritage de 2003 est qu'on pensait qu'il fallait protéger les aînés. C'était surtout des plus de 70 ans qui étaient décédés.
On a la culture du verre d'eau aux grands-parents, de la pièce réfrigérée dans les Ehpad, mais on n'a pas la culture de ce qui nous arrive, c'est-à-dire des jeunes qui font des malaises, les personnes qui courent... On pensait qu'on était plus forts et on se découvre pas si forts. - C.Roux: Le débat sur la climatisation est tranché. Regardez cette carte sur le taux de climatisation selon les pays. Il y a des pays qui ont plus la culture de la chaleur, notamment au sud de l'Europe. ... - F.Gemenne: Même ce taux de 25 %, c'est souvent des climatiseurs mobiles. 4 % des foyers ont des climatiseurs fixes, qui seraient les systèmes de climatisation optimaux. On comprend que les gens se ruent dans les supermarchés et achètent des appareils mobiles, mais les moins chers
sont souvent les moins efficaces. - C.Roux: Il y en a qui se rafraîchissent au bureau et d'autres qui n'ont pas le choix et pour qui la canicule tourne à l'épreuve physique. Nous avons suivi une cuisinière qui passe de l'ambiance étouffante de son appartement aux 45 degrés des fourneaux du restaurant dans lequel elle travaille. - Le soleil n'est pas encore levé au-dessus des immeubles, mais le réveil est difficile pour cette femme, qui s'apprête à entamer sa journée de travail dans les cuisines d'un restaurant parisien. - Il fait chaud, ce matin. Il fait déjà 31 degrés avec la clim. Réveillée à 2h. Il faisait 35.
J'ai rallumé la clim et j'ai ouvert toutes les fenêtres. On étouffe. Ca fatigue. Même des petits coups de mou et parfois des oublis. Je devais faire plein de trucs hier et j'en ai oublié la moitié. - Les corps soumis à rude épreuve, faute d'une adaptation collective. Hier, Cindy a tenté d'acheter un nouveau ventilateur, mais pénurie en magasin. - On est nuls. On a l'impression de repartir dans le covid. Il manque tout dès qu'il y a un petit changement. On veut faire bien, mais on fait mal. Je mets la clim pour refroidir, mais ça réchauffe l'air dehors. C'est du bonheur individuel. On pense à nous avant de penser à tout le reste. - Bientôt 6h, l'heure de partir pour le travail. Pas question de faire les 6 km de trajet à vélo,
comme d'habitude. - En plein soleil qui tape, manque d'attention et ça va vite. J'ai pas envie de me faire renverser ou de renverser quelqu'un, ou même de faire un malaise, tout bêtement. - Direction les transports en commun, ventilateur sous le bras pour rafraîchir la cuisine surchauffée qui l'attend. Le bus qui arrive a beau être récent, la climatisation à bord peine à faire baisser le mercure. - C'est un hammam. On est tous ensemble, bien collés et en train de transpirer. Je ne sais pas à combien ils mettent la clim. Le fait que le bus ouvre tout le temps la porte,
c'est peut-être plus difficile à contrer aussi. Les fenêtres sont ouvertes aussi. - Une fois sortie, quelques instants de répit avant d'atteindre le restaurant, où ses collègues s'activent déjà sous 30 degrés au comptoir. Ces derniers jours, l'équipe a adopté un nouveau rituel pour démarrer la journée. - On ouvre toutes les fenêtres, les portes-fenêtres au maximum. On laisse tout coupé au niveau des lumières, des spots, même extérieurs. On limite la dépense énergétique et que ça chauffe pas pour rien. - La salle pour les clients sera ensuite climatisée,
mais pas la cuisine au sous-sol où Cindy installe son ventilateur et allume les hottes pour créer des courants d'air. - Notre patron nous autorise à être en t-shirt, mais légalement, normalement, on n'a pas le droit. Il faut une veste de cuisine qui protège de la chaleur. Il vaut mieux se brûler que de faire un malaise, se cogner et ne plus se réveiller. - Voici le patron, A.Fontaine, qui a adapté son menu pour limiter autant que possible le fonctionnement des fourneaux. - Aujourd'hui, c'est qu'on a beaucoup de plats froids. Mais les touristes qui viennent avec une idée de la France ne vont pas déroger, qu'il fasse chaud ou froid. - Au moment du coup de feu, le thermomètre affiche plus de 45 degrés.
- Un plat du jour en urgence. - Pas de quoi perturber l'équipe, qui envoie les assiettes à la chaîne. - C'est le métier, la passion du travail. Je pourrais pas rester dans un bureau, assise, à faire un travail de bureau. J'aime bien être debout, dans l'action. Mais il faut s'organiser. On pourrait faire beaucoup mieux. Comment? Je sais pas. Ce n'est pas qu'à moi de chercher et de trouver. C'est comme la grippe. C'est un problème qui arrive à un moment donné et une fois que c'est fini... Mais si on l'oublie trop vite, tous les étés, on subit la même chose. - L'attente de voir les responsables politiques se saisir du sujet dans la campagne présidentielle qui s'ouvre pour pouvoir continuer de servir aux touristes
en plein été des ris de veau et des pommes de terre maison. - C.Roux: Votre Regard sur ce reportage? Travailler avec 45 degrés? - J.-F.Cibien: Vous voyez qu'on est à la limite du soutenable. Vous voyez aussi quelqu'un qui a du mal à dormir. On accumule la fatigue. Aussi, on vit la même chose. Certes, on ne travaille pas devant des fourneaux. Mais quand vous travaillez 24 heures d'affilée, le lendemain matin, pour rentrer chez vous... Nous, on n'a pas tous des moyens de locomotion, des transports en commun. Quand vous rentrez avec votre véhicule, c'est un peu difficile. On a parlé des microsiestes. Là aussi, il faut qu'on arrive à organiser ce changement climatique.
- C.Roux: Organiser notre rythme de travail autrement... Justement, la CGT de Stellantis à Mulhouse appelle à la grève. Elle estime qu'il fait trop chaud pour travailler. - G.Musquet: C'est une des conséquences sociales aussi de cette crise. Les Espagnols ne s'y sont pas trompés. Ils ont créé le congé climatique, justement pour accompagner, à défaut de l'industrie, les travailleurs. Ils peuvent disposer de jours pour garder leurs enfants, pour réparer leur maison... Cette crise nous touche d'un point de vue physiologique et physique, mais elle touche aussi nos familles.
C'est ce que je disais sur l'outre-mer. On a cette culture dans nos territoires tropicaux d'adaptation des rythmes, même si on est de plus en plus confrontés à des températures extrêmes. On ne voit pas les milliards d'euros pour climatiser tout le monde d'ici quelques jours. Le principal vecteur aujourd'hui de réussite, pour traverser cette épreuve, c'est la solidarité envers nos aînés, la solidarité des entreprises et l'adaptation. Une petite séquence qui m'est arrivée... On s'est moqué de moi car j'avais raconté sur une autre chaîne que j'avais faite 2 siestes avant-hier.
Mais en fait, aujourd'hui, beaucoup d'entreprises me disent, et les ressources humaines, les responsables! Ils me disent que c'est aujourd'hui un facteur de recrutement. Quand des employés n'ont pas accès à des salles de sieste ou de repos, ça coince un peu. C'est, sur des épisodes De chaleur ou des épisodes neigeux, de permettre aux entreprises et aux salariés de disposer de moyens pour éviter de se déplacer, ou de rester dans l'entreprise et de pouvoir se reposer. - S.Quéméner: C'est intéressant de voir le débat politique autour du fameux congé climatique. Quand M.Tondelier, la patronne des Verts, a posé la question sur la table, elle s'inspirait de l'exemple espagnol.
Il y a cette idée de la décroissance, qu'on va travailler moins... C'était une façon de dire qu'il fallait travailler moins. Mais quand on regarde ce qui se passe aujourd'hui, on peut voir cette question différemment. Ca peut faire l'objet de discussions au sein des entreprises. Ca ne devient plus un sujet risible. C'est un vrai sujet de débat, quand des personnes ne peuvent pas aller travailler parce que la crèche n'est pas climatisée et qu'il faut garder son enfant. - C.Roux: Puisque l'on parle des propositions politiques, M.Tondelier dit que cette mesure de congé climatique sera déposée sous forme de proposition de loi. E.Ciotti dit qu'il dépose une proposition de loi pour rendre obligatoire la climatisation
dans les écoles, les collèges et lycées, les établissements de santé et les Ehpad. - F.Gemenne: Mais il va falloir financer, aussi. C'est une bonne chose de vouloir rendre ça obligatoire, mais... Dans l'école de mes enfants, on fait une cagnotte et on se cotise pour offrir la climatisation à l'école. Il faut mettre les sous, derrière. Je crains que ce genre de proposition un peu populiste et le fait que nous nous soyons moqués collectivement de la proposition des écologistes sur le congé climatique témoignent en effet de notre impréparation. Si nous avions anticipé la canicule, aujourd'hui, cette proposition ne nous paraîtrait plus hors sol. - C.Roux: Elle a été beaucoup critiquée, y compris au sein
du gouvernement qui a balayé l'idée très rapidement. Le ministre du Travail dit qu'on ne va pas mettre le pays à l'arrêt en imposant une température au travail. On voit bien qu'il y a encore cette volonté de dire qu'il faut continuer à travailler, que le congé climatique, c'est pour aller vers la décroissance. - F.Gemenne: C'est pour ça que la grève chez Stellantis est intéressante. A ma connaissance, ce sera la 1re grève climatique. - S.Quéméner: Quand on voit comment les positions politiques ont bougé en une semaine, c'est impressionnant. On a le RN qui ne remet plus en cause le travail du Giec, comme c'était le cas à une certaine période. On a M.Tondelier qui dit ce matin qu'elle n'est finalement pas contre la climatisation, ce qui était un des gros chiffons rouges pour Les Ecologistes.
Il y a une forme de convergence, imposée par le réel. - G.Musquet: Par les lois de la physique, les lois de l'économie. On perd des points de productivité chaque année à cause de la chaleur. Il faut adapter le rythme du travail. - C.Roux: Certains seront peut-être obligés d'arrêter de travailler dans les tours de La Défense. Il y a 3600 entreprises qui pourraient ne pas avoir d'activité pour un problème de climatisation. Le bassin de glaçons n'arrive plus à rafraîchir les tours de La Défense. On parlait du travail, mais il y a des contrôles, notamment dans le bâtiment. 1400 contrôles ont eu lieu sur les conditions de travail, avec 75 mises en demeure, pour des employeurs qui faisaient travailler leurs employés dans des conditions trop difficiles.
Je voudrais vous montrer un extrait de la BBC. Le climat et la météo française font la une de l'actualité internationale. - C'est une très belle plage. Beaucoup de nos téléspectateurs la connaissent sans doute. Elle se trouve juste à côté de Bordeaux. C'est le Cap-Ferret, une péninsule plutôt huppée. De l'autre côté du bassin se trouve Arcachon. Cette région est connue pour les huîtres, le vélo, le vin... Mais presque personne n'y est venu ces 2 derniers jours parce qu'il fait beaucoup, beaucoup trop chaud. La nuit dernière encore, il faisait autour de 30 degrés à minuit. Je n'avais connu cela qu'à Dubaï, auparavant. - C.Roux: C'est un cas spécifique de la France qui fait la une
de l'actualité internationale. - F.Gemenne: Le fait que la situation française fasse la une de l'actualité internationale... - C.Roux: J'exagère, ils ont peut-être d'autres sujets, mais on n'en parle. - F.Gemenne: C'était l'ouverture des journaux de CNN ce matin. Idem pour la télé suédoise... Il y a en France quelque chose d'absolument marquant. Il y a très peu d'endroits dans le monde en ce moment où il fait plus chaud qu'en France. Il y a la vallée de la Mort et les pays du Golfe, mais à part ça... Donc c'est véritablement marquant. - C.Roux: Question.
- G.Musquet: Regardez ce qui se passe après le covid. Là, les entreprises reviennent sur le télétravail. Il y a des mouvements de balancier. Mais tout le monde ne peut pas télétravailler. - F.Gemenne: Et beaucoup de gens veulent venir au bureau pour profiter de la climatisation car il fait trop chaud chez eux! - J.-F.Cibien: Et n'oubliez pas la vie sociale... On a discuté avec des personnes qui nous ont conviés pour venir à l'émission, qui ont passé le week-end chez eux à tourner dans leur appartement. Le fait d'aller vers l'autre, outre la climatisation, ça permet de sortir... Dans le reportage, regardez l'appartement dans lequel vit la personne qui travaille en cuisine. C'est important, là aussi.
Vous sortez de votre environnement, vous allez chercher le frais, mais aussi l'humain. Il faut se rappeler ce qu'on a vécu pendant le covid. Aller vers l'autre, il ne faut pas l'oublier. Le balancier est là. On a peut-être mis 4-5 ans par rapport au télétravail, mais je pense que ça va aller plus vite pour la déclimatisation. - G.Musquet: Il ne faut jamais oublier que la solidarité est importante. Je croise beaucoup de collègues très fatigués. Demain, je vais m'occuper de 4 à 6 enfants qui vont être amenés au travail par des collègues.
Je vais faire un atelier météo avec eux. Je vais faire: "Tonton Gaël fait la météo avec des petits entre 6 et 12 ans." C'est ma part de solidarité pour ces pères et mères de familles qui ne peuvent pas faire garder leurs enfants. C'est ma manière à moi de contribuer à les soulager un peu. - C.Roux: Tonton Gaël! - J.-F.Cibien: Est-ce qu'on peut cloner tonton Gaël, en toute humilité? - C.Roux: On a de nombreux parents qui se demandent ce qu'ils vont faire demain.
Peut-être venir avec les enfants au travail, justement... Plus sérieusement, c'est une hécatombe, 43 noyades depuis samedi. Aujourd'hui encore, 3 jeunes ont perdu la vie dans un pays où 11 millions de personnes ne savent pas nager, selon une enquête de Santé publique France. Les maîtres-nageurs sonnent l'alerte. - En pleine canicule, la Méditerranée, meilleure amie des Marseillais. De bon matin, ils étaient déjà des dizaines à se rafraîchir sur cette grande plage proche du centre-ville. - Qu'est-ce qui vous a fait venir à la plage ce matin? - La chaleur, la canicule, surtout pour le petit. On n'a pas de climatiseur. C'est insupportable. - Dans l'eau, de nombreux jeunes enfants et des parents conscients des risques. - On entend beaucoup parler de noyades depuis mi-juin.
Du coup, on est un peu plus vigilants que d'habitude. On met les brassards et la bouée quand il y a trop de vagues. Et je suis toujours à côté d'elle. Je ne la laisse pas seule dans l'eau. Ca va trop vite. - Le long de la plage, ces sauveteurs patrouillent. Le courant et l'hydrocution liée à un choc thermique sont les principaux dangers. - Il y a 2 petits, là-bas au fond... Ca va, ils ne sont pas trop en difficulté. On reste vigilants. - Hier, le gouvernement a annoncé la mort de 40 personnes par noyade depuis le début de la canicule. La majorité des victimes: des jeunes ayant fréquenté
des lieux de baignade interdits ou sans surveillance. En France, le niveau de natation est en baisse depuis plusieurs années. A Marseille, 1 enfant sur 2 ne maîtrise pas les bases à l'entrée en 6e. La ville tente de rattraper ce retard. - Oui, c'est bien! On fait les plus grosses bulles possibles dans l'eau! Pour qu'ils aient moins peur de perdre les appuis... Un enfant peut se noyer dans 20 cm d'eau. Il faut qu'il puisse rapidement reprendre ses repères. - Grâce à cette association, plus de 2000 enfants issus des quartiers populaires apprennent à nager chaque année. Une fierté, pour son fondateur.
- Quand on prend un jeune qui ne sait pas nager, on lui apprend à nager, on le forme, il devient sauveteur, puis maître-nageur. Et après, on le voit en train de donner des cours de natation... La boucle est bouclée. Apprendre à nager, c'est apprendre à se sauver. On y est. Il faut éviter les noyades. La prévention, l'apprentissage, les cours, ça fera qu'il y aura moins de noyades cette année. - Les cours de natation, le nerf de la guerre. Mais comment faire quand les maîtres-nageurs manquent à l'appel? Alex exerce ce métier depuis 50 ans et alerte. Il manque 5000 professionnels dans un secteur en difficulté de recrutement.
- J'ai regardé la liste des métiers en tension en Ile-de-France. J'ai pas trouvé maître-nageur. J'appelle les pouvoirs publics à ouvrir les financements de toute urgence, pour sécuriser plus de lieux de baignade. - L'an dernier, la France a connu un été record en termes de noyades: 1418, dont 409 décès, principalement dans les régions les plus touristiques comme la Côte d'Azur et le Sud-Ouest. - C.Roux: Ca faisait partie des priorités de R.Maracineanu, ancien ministre des Sports, qui avait lancé un plan pour accélérer l'apprentissage de la natation. - S.Quéméner: Evidemment, ça prend du temps à se mettre en place et pour que tous les enfants y aient accès. Mais c'est une urgence. La Fédération des maîtres-nageurs sauveteurs alerte tous les ans, en général au mois d'août, en disant que les enfants ne sont pas assez formés. Les chiffres de Marseille, on les entend depuis des années. On a toujours l'impression qu'on fait moins qu'avant. Une génération a été beaucoup mieux formée aux dangers de l'eau qu'aujourd'hui. Il y a un manque de financements, les cours privés qui coûtent très cher, ce qui empêche l'accès... - C.Roux: Logiquement, on apprend à l'école, non?
- S.Quéméner: Pas obligatoirement. - G.Musquet: Encore faut-il que les établissements aient accès aux transports pour pouvoir amener ces enfants... Il y a des établissements qui ont perdu des budgets pour payer les bus pour amener les enfants à la piscine. - C.Roux: Là, on parle quand même de 43 noyades en une semaine... - F.Gemenne: Je suis très étonné par ce chiffre. Je n'imaginais pas qu'on ait une telle mortalité par noyade en période de canicule. Ca ouvre le débat sur l'accès aux points d'eau. Si tant de gens se noient, c'est parce qu'ils vont souvent dans des points d'eau non autorisés, notamment dans les fleuves, avec des courants... Il faut un débat sur l'accès aux piscines. Enormément de piscines municipales sont fermées en ce moment.
Je ne sais pas vraiment pourquoi, manque de rénovation ou de moyens... Mais ne faudrait-il pas ouvrir les piscines de certains hôtels aux riverains lors des périodes de canicule? La question mérite d'être posée. - C.Roux: Il y a aussi beaucoup de cas d'hydrocution. - J.-F.Cibien: Il faudra analyser les données de Santé publique France. On a un recensement exhaustif en France sur le nombre de noyades. On travaille avec nos collègues pompiers et le Samu pour faire remonter ces chiffres. Derrière, on analyse tous les dossiers. L'hydrocution, c'est simple. Vu la différence de température qu'il y a, même si l'eau est parfois à 30 degrés... Hier, sur le bord de ma terrasse, j'ai vu plus de 50 degrés sur mon thermomètre.
Je n'avais jamais vu ça. Il y a la température du soleil, mais aussi la réverbération au niveau de la pierre... Donc avant d'entrer dans l'eau, on prend le temps de se mouiller la tête. On prend le temps qu'il faut. On ne plonge pas directement, car il y a un risque d'hydrocution. - C.Roux: Je peux poser une question bête? - J.-F.Cibien: Il n'y a pas de question bête. - C.Roux: Est-ce que ça peut se produire quand on prend d'un coup un bain trop froid ou une douche glacée? - J.-F.Cibien: C'est exactement la même chose.
Vous avez un risque de passage en fibrillation ventriculaire, mais aussi un risque de bas débit cardiaque avec des convulsions. Attention en particulier chez les enfants. Quand un enfant a de la température, on met l'enfant dans un bain à 2 degrés en dessous de sa température corporelle. Ca aussi, ce sont des messages de prévention qu'il va falloir faire passer. Avant, on peut lui mettre un linge humide, commencer avec un brumisateur... - C.Roux: Le message est passé. - G.Musquet: Sur l'hydrocution, les gens ne comprennent pas... Ce n'est pas le choc thermique qui tue, c'est le malaise qui suit et qui entraîne la noyade. Les véhicules aujourd'hui sont de vrais dangers
pour les enfants. Ca peut paraître bête, mais soyez vigilant quand vous quittez votre véhicule. On a même maintenant des applications de navigation routière qui demandent de vérifier si vous n'oubliez pas vos enfants à l'arrière. Lisez les rapports de police et des pompiers. Ca arrive beaucoup plus vite qu'on ne le pense. Il faut vraiment rester vigilant et solidaire sur ces questions pour éviter des mortalités évitables. - C.Roux: Nous en venons à vos questions. Question. - J.-F.Cibien: Ca dépend du taux d'humidité. - C.Roux: Ca dépend aussi des personnes? On peut plus ou moins supporter la chaleur?
- J.-F.Cibien: Il y a déjà une accoutumance. Quand vous avez de grandes variations de températures, c'est plus compliqué. Après, on a des modèles mathématiques sur les coups de chaleur. A partir d'un certain nombre de degrés, environ 41 ou 41,5 degrés, les protéines vont fondre. Ce sont des choses que vous ne récupérez pas. Il y a une défaillance polyviscérale, les patients sont en réanimation. Au-delà de 42 degrés, c'est encore plus compliqué. Je parle de température corporelle.
- F.Gemenne: Je pense que la question portait sur la température extérieure... - C.Roux: Oui, quelle température le corps humain peut-il supporter? - J.-F.Cibien: Au temps pour moi. J'ai le prisme médical... - F.Gemenne: La température extérieure, c'est une question de taux d'humidité. La température létale avec 100 % d'humidité, c'est 35 degrés. On tient à peu près 6 heures. Heureusement, on est encore loin de ces 100 %, mais... - G.Musquet: Pas en zone tropicale, attention! En Guyane, Guadeloupe, Martinique, on a ces problématiques. - C.Roux: Est-ce que le corps humain finit par s'habituer?
On a compris que cette canicule allait durer au-delà du week-end. C'est ce que disait Météo-France il y a quelques minutes. Est-ce qu'on finit par s'accoutumer à ces fortes températures? - J.-F.Cibien: Il y a une adaptation, mais je n'irais pas jusqu'à parler d'accoutumance. Au bout d'un moment, il y a une zone de rupture. Il y a les températures et surtout l'humidité. Il y a tout un environnement à adapter. Il faut arrêter de parler dans ce pays, et décider ce qu'on veut faire dans l'intérêt du vivre-ensemble. - C.Roux: Question. - F.Gemenne: Poser la question, c'est y répondre!
- C.Roux: Exactement. Question. - S.Quéméner: Justement, on va regarder quels sont exactement les termes utilisés par M.Tondelier dans la proposition de loi qu'elle veut faire déposer à l'Assemblée nationale sur cette question. Je suis certaine qu'on va regarder d'un oeil très différent cette proposition. Après, en Espagne, il y a certains degrés de température où ça peut être déclenché. - F.Gemenne: C'est surtout à la suite des inondations, en Espagne. Les gens ont été piégés dans leur véhicule alors qu'ils allaient travailler, alors qu'ils auraient pu rester chez eux.
- C.Roux: Question. - G.Musquet: On peut, on a des restrictions en termes d'atteinte au domaine naturel, dans la biodiversité animale et végétale. Nos centrales sont quand même très bien conçues. Ma crainte, ce n'est pas la centrale en tant que telle. On a un mix énergétique, des barrages hydroélectriques, un pays puissant... Le danger, pour moi, c'est la surconsommation inutile. Et aussi l'accident électrique. - C.Roux: On n'a pas beaucoup parlé des incendies, mais ils ont débuté, avec un risque de vent sur des paysages
absolument desséchés. C'est peut-être ce qu'il faut craindre dans les jours qui viennent, le vent, la grêle, les orages et les incendies? - G.Musquet: Tout à fait. Pour éviter de mettre en danger les secouristes, les pompiers... Ces pompiers subissent les mêmes température que nous plus leur équipement, plus le rayonnement infrarouge, la chaleur émise par le feu... Parfois, on ne peut pas les envoyer plus de 3, 4 ou 5 minutes, parce qu'ils sont eux-mêmes en danger
- C.Roux: Donc, de la vigilance. Question. - S.Quéméner: Depuis quelques jours, ils sont pour dans les écoles et les hôpitaux. Auparavant, c'était un refus catégorique d'utiliser ces appareils qui, selon eux, contribuaient à réchauffer le climat. - F.Gemenne: C'est un débat très polarisé. Ce n'est pas la panacée universelle, mais ça fait partie des solutions d'adaptation. - G.Musquet: Et quand c'est planifié, comme par la Compagnie de chauffage urbain parisienne... 95 ans d'existence, des ingénieurs qui ont décidé de planifier le chauffage et la climatisation dans notre pays, ce qu'encourage d'ailleurs le réseau scientifique et technique du ministère de l'Ecologie... Leurs agents proposent un plan sur plusieurs décennies. - F.Gemenne: Beaucoup de gens voulaient le supprimer il y a quelque temps, mais on en voit aujourd'hui toute l'utilité. - C.Roux: Question. - F.Gemenne: Grève! A Stellantis, c'est pour ça qu'ils font grève. On ne leur donne pas d'eau, on ne modifie pas les horaires de travail...
Je conseillerais à cette dame de faire grève, tout simplement. - G.Musquet: On a des comités d'entreprise et des syndicats. Leur boulot, ce n'est pas uniquement de travailler sur les conditions sociales, mais aussi sur la sécurité des travailleurs. - C.Roux: Ca peut se régler dans l'entreprise avec un dialogue intelligent. - F.Gemenne: Il faut mettre les employeurs face à leurs responsabilités. - J.-F.Cibien: Et face à leurs obligations! - C.Roux: C'est inscrit dans la loi. Elle peut faire valoir ses droits, cette personne qui nous écrit.
Question. C'est toujours le même débat. "Nous, on a fait des efforts, mais..." - S.Quéméner: On a fait baisser les émissions de gaz à effet de serre. On est plutôt des bons élèves, si on regarde l'ensemble des pays. Mais on est aussi l'un des pays géographiquement soumis le plus au changement climatique. - F.Gemenne: Le ministère le plus important pour le climat, c'est le Quai d'Orsay. - C.Roux: Question. - G.Musquet: Bien sûr. Je suis avec une de mes six stagiaires
de 2de et de 3e. Mon boulot, c'est aussi de transmettre la passion du métier et leur proposer de trouver des solutions aux problèmes que nous avons créés et que nous n'avons pas réussi à résoudre. - F.Gemenne: C'est tout l'enjeu de l'adaptation, s'adapter à un climat qui change. - C.Roux: Merci à tous les quatre. Il est l'heure de retrouver A.-E.Lemoine et l'équipe de "C à vous". - A.-E.Lemoine: Bonsoir. Un "C à vous" sur la canicule, avec une climatologue, un agroclimatologue, une journaliste météo, un docteur
Michel Raison