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interviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 16 mai 2022 36 min

18/20 spécial : Élisabeth Borne nommée Première ministre

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Le 18 de l'heure, édition spéciale. La suite évidemment de cette édition spéciale après la nomination d'Elisabeth Borne, première ministre en remplacement donc de Jean Castex. Ils sont à Matignon tous les deux en train de s'entretenir. On attend leur sortie de Matignon et vous savez quelle est la règle. L'ancien Premier ministre, la nouvelle Première ministre feront une déclaration chacun à leur tour. Et puis ensuite officiellement donc c'est Elisabeth Borne qui sera Première ministre. On va prendre une première question juste avant. Yaël Gauch, je voudrais que vous nous lisiez un tweet. Ce qui vient d'arriver c'est celui du Président de la République.

Il dit des choses, celui de l'Elysée en tout cas.

0:38
Invité

Et qui s'adresse à Elisabeth Borne. Cher Elisabeth Borne, écrit le Président, Madame la Première ministre, écologie, santé, éducation, plein emploi, renaissance démocratique, Europe et sécurité, ensemble avec le nouveau gouvernement, nous continuerons, écrit Emmanuel Macron, d'agir sans relâche pour les Françaises et les Français. C'est intéressant, c'est l'ordre des thèmes tels qu'Emmanuel Macron les énumère. Écologie, santé, éducation en trio tête, plein emploi ensuite, renaissance démocratique, Europe, sécurité et le mot ensemble qui est la bannière commune de la majorité pour les législatives.

1:14
Présentateur

Alors vous avez parlé de la priorité de ce qui est mis en tête, c'est l'écologie. Ça tombe bien parce que c'est la question de Réjeanne. Bonsoir Réjeanne, soyez la bienvenue. Merci, bonsoir. On vous écoute Réjeanne.

1:24
Auditeur

Merci pour vos émissions. Et bien justement, la question concerne effectivement l'écologie, savoir de quelle manière Mme Borne va pouvoir faire en sorte que l'écologie et les agriculteurs biologiques soient réellement la priorité du gouvernement et pas que dans les mots, parce que malheureusement depuis 5 ans, ce n'est que dans les mots, ne serait-ce que la mise en place de haute valeur environnementale qui ne veut rien dire, le fait qu'il y a une pétition sur change.or par rapport à la chasse, parce qu'il y a une surpopulation de gibiers, etc. et que personne ne dit rien, personne ne fait rien parce que la FNSA est très puissante et est amie des chasseurs.

Et c'est insupportable pour tous les paysans biologiques de France qui veulent une agriculture vivante, vivante pour tout le monde et qui ne soit que dans le bien-être de tous les paysans.

2:19
Présentateur

Réjeanne, merci beaucoup pour cette entrée en matière, Réjeanne. Donc est-ce qu'on sait quelles sont les positions et où va Elisabeth Borne en matière d'écologie pour répondre à toutes vos questions jusqu'à 20h et suivre ensemble cette passation de pouvoir ? Bruno Cotterest nous a rejoint. Bonsoir, M. Cotterest. Vous êtes politiste et chercheur au CEVIPOF et puis Thomas Legrand également est là. Bonsoir, Thomas. Bonsoir. On ne présente pas sur France Inter. Yael Gauze est resté. Merci beaucoup. Très concrètement, sur la question de Réjeanne, Bruno Cotterest, qu'est-ce qu'on sait au regard de ce qu'elle a fait lorsqu'elle était ministre de l'écologie ?

Qu'est-ce qu'on sait de la puissance écologique, on va le dire comme ça, d'Elisabeth Borne ?

2:57
Invité

C'est vrai, quand elle était arrivée à ses fonctions au ministère de la Transition écologique, il y avait déjà une loi qui était en cours, qu'elle a continué. Elle a pris un certain nombre de mesures, loi contre le gaspillage aussi. Donc c'est une personnalité qui, de ce point de vue-là, effectivement a sans aucun doute des convictions, mais ce n'est pas le portefeuille gouvernemental où Elisabeth Borne s'est le plus imposé il y a passé une année. Donc beaucoup d'acteurs ont dit qu'elle n'avait pas eu assez de temps pour mettre en œuvre les principales mesures. Donc effectivement, la question de Réjeanne est très importante.

C'est-à-dire que le chef de l'État, a non seulement à indiquer que ça serait la priorité, la question de l'écologie, mais aussi, il y a toujours en toile de fond, que sont devenues les préconisations de la Convention citoyenne sur le climat. Et donc elle va devoir, elle, tout de suite, affronter ses principaux enjeux avec des attentes extrêmement fortes qui ont été soulevées par le chef de l'État lui-même. Il va falloir que très rapidement, elle rentre dans le vif du sujet et de manière à incarner très rapidement par des mesures.

4:00
Présentateur

Il y a Elgoz, on avait Cyril Dion, tout à l'heure, vous y étiez, qui disait, moi, si je dois citer une chose, quelque chose qui sort de cette année et demie passée à l'écologie, ça me le faut à le faire.

4:09
Invité

La Convention climat, elle en reparle off the record, comme on dit avec des journalistes qu'elle voit régulièrement depuis cette campagne présidentielle plus législative. Elle considère que la Convention climat, ça n'a pas marché. Elle a conscience que ça n'a pas marché parce que le champ était trop large, le champ CHAMP. On avait la loi anti-gaspillage, la loi mobilité, il y avait tout ça en même temps. Ça faisait trop de choses à digérer en même temps par rapport aux 150 citoyens de la Convention. Elle espère à l'avenir que les conventions citoyennes seront plus resserrées, moins vastes, moins techniques pour qu'il y ait peut-être plus de résultats à la fin.

Mais là, on va voir, on va voir vraiment parce qu'effectivement, on peut dire que le président de la République s'est fait élire sur l'écologie. Son dernier discours avant le second tour, c'était mon quinquennat sera écologiste ou ne sera pas. Donc tout ce qu'a fait Elisabeth Borne avant, tout ce qu'a fait le premier quinquennat avant, on peut toujours dire que ce n'est pas assez, ce n'est pas assez. D'ailleurs, il y aura toujours des écologistes pour dire qu'il faut aller plus loin. mais effectivement, il va falloir aller beaucoup plus loin. Deux fois plus vite, dit Emmanuel Macron. Mais il va falloir changer de paradigme.

Et donc, effectivement, là maintenant, le discours de politique générale va être très important et la nomination de deux ministres directement liés à elle. On va voir. Alors,

5:26
Présentateur

à l'instant, sortent Jean Castex et Elisabeth Borne, si bon, qui sont tous les deux sur les marches, en train de sortir, sur les marches de Matignon, applaudis, comme on l'entend. Eh oui, ils se sont entretenus pendant 25 minutes dans le bureau du Premier ministre, désormais de la Première ministre. Effectivement, vous entendez les applaudissements et même les vivas derrière moi dans cette cour de Matignon, les applaudissements des parlementaires, des membres de cabinet, des employés de tous les services de Matignon qui sont ici. Il y a beaucoup de sourires et de l'émotion, bien sûr, sur les visages. Les deux premiers ministres sont au micro et c'est Jean Castex qui va s'exprimer le premier.

6:07
Élisabeth Borne

Madame, Madame la Première ministre, chère Elisabeth, mes chers concitoyens, mesdames et messieurs, je suis, chère Elisabeth, particulièrement heureux de t'accueillir ici à l'hôtel Matignon, siège de la chefferie du gouvernement dans un moment toujours solennel et je tiens à le dire d'emblée particulièrement émouvant pour moi.

Je voudrais d'emblée, si tu me le permets, exprimer toute ma gratitude et ma reconnaissance après ces mois qui, depuis juillet 2020, m'ont conduit à la tête du gouvernement de la République à faire face avec le peuple français à une série d'événements tout à fait exceptionnels, difficiles, douloureux et je voudrais d'abord exprimer évidemment ma reconnaissance au président de la République de m'avoir fait l'honneur et donné la possibilité d'exercer cette très haute fonction et j'allais dire tout simplement de servir mon pays. Je voudrais dire aussi au peuple de France combien je sais que les mois écoulés marqués par une crise sanitaire inédite ont été difficiles.

Combien cela a engendré de décès, de souffrances, combien nous avons dû prendre sous l'autorité du chef de l'État des mesures difficiles. Mais je veux ici saluer la résilience de nos concitoyens, la solidarité qu'ils ont exprimée au-delà des contestations qui se sont faits jours, mais dans l'ensemble, nous avons ensemble fait face. J'ai essayé avec le gouvernement, avec l'ensemble des services publics de mener le bateau dans ces circonstances tout à fait exceptionnelles avec, je le redis, un seul objectif, protéger, apaiser, expliquer, rassembler, fédérer.

Ces remerciements, je les dois aussi, évidemment, à l'équipe gouvernementale dont tu faisais, chère Elisabeth, partie, et au-delà de cette équipe, à mon cabinet, bien sûr, au service exceptionnel qui, tu le verras, travaille ici à Matignon, mais tu les connais déjà, pour l'essentiel, et au-delà, à l'ensemble des agents et fonctionnaires de l'État et du service public, pour ceux qui en doutaient, ça n'a jamais été mon cas, la France a montré qu'elle disposait d'un État et d'agents du service public formidable.

Bien sûr, bien sûr, comment ne pas évoquer d'abord celles et ceux qui concourent à notre service public de santé, public et privé, d'ailleurs, qui, depuis le premier jour, ont fait face avec un courage et une abnégation absolument exceptionnel à toutes les vagues de la pandémie. Combien de fois me suis-je rendu à leur côté dans les services de réanimation, d'urgence, dans les hôpitaux, dans les établissements de santé, dans les centres de vaccination ? Je veux leur redire en votre nom la gratitude infinie de la nation pour ce qui s'est passé.

Nous avons, mon gouvernement, attenté, à la demande du chef de l'État, d'en tirer déjà, ça s'est appelé le Ségur, toutes les premières conséquences pour remettre à niveau ce service public dont la pandémie a rappelé une nouvelle fois le caractère absolument indispensable. Et je sais, chère Élisabeth, que tu auras à cœur de poursuivre cette action. Ma reconnaissance s'exprime également aux membres du Parlement et notamment à la majorité parlementaire qui m'a toujours été fidèle d'une grande loyauté qui a pris ses responsabilités et je crois dans le plus grand respect et de l'État de droit et des prérogatives de la représentation nationale.

La crise sanitaire, vous le savez, n'a pas été le seul événement auquel nous avons dû faire face. Plus près de nous, évidemment, la guerre aux portes de l'Europe en Ukraine qui n'a pas fini de faire peser toutes ses conséquences y compris ici dans notre pays et je sais que c'est une des priorités que tu auras à cœur de traiter. Mais je veux avoir une pensée particulière en ce moment aussi pour les victimes des attentats terroristes qui ont meurtri notre pays alors que je me trouvais ici à l'hôtel Matignon. Je pense bien sûr à Samuel Paty et l'attentat de Conflans Saint-Honorine mais je pense aussi à Stéphanie Monfermé et l'attentat terrible dans ce commissariat.

Je pense aussi aux victimes aux trois victimes en Notre-Dame des Ganges à Nice. Je pense aussi à ce policier assassiné en Avignon. Tout cela marque beaucoup la nation et renforce notre détermination et je sais combien tu la partages à lutter sans relâche contre le séparatisme et le terrorisme. Je me suis donné sans retenue à cette belle et haute fonction en veillant toujours à ce que je crois fondamental à ces valeurs que nos concitoyens attendent par-dessus tout au-delà des décisions qu'il nous faut prendre. L'engagement, la sincérité, le bon sens et la proximité. La société souffre. Certains de nos concitoyens rencontrent des difficultés. Ah, le peuple français est un peuple exigeant.

tu le sais, il ne prend rien pour argent comptant. Il soupèse tout, mais il sait faire face. C'est un grand peuple, un peuple politique. La fonction, chère Elisabeth, n'est pas davantage exempte d'exposition et de critique. On dit même qu'elle a été créée pour ça. Hélas, chère Elisabeth, je crains qu'une de ces critiques te soient épargnée, celle relative à ton accent. Personne n'est parfait. N'oublie pas, quoi qu'il en soit, qu'en réalité, il y a ce qu'on entend beaucoup, qui s'exprime fort et haut.

Et puis, il y a ces millions et ces millions de nos concitoyens que l'on n'entend jamais ou si peu et qui sont là, qui observent, qui agissent, qui mènent leur vie, faites comme les autres, de heurts et de malheurs. Il faut veiller à ne jamais les oublier. Ils ne se penchent pas forcément sur les réseaux sociaux. Ils n'occupent pas forcément les chaînes d'information continue, mais ils sont là et ils sont la colonne vertébrale de la France. Cette France qui est confrontée, tu le sais, à d'immenses défis. La crise sanitaire n'est pas tout à fait terminée. La crise en Ukraine et toutes ses conséquences sont là.

La question du pouvoir d'achat, sur laquelle je le pense, mon gouvernement a déjà beaucoup agi, va t'occuper pour renforcer et amplifier les dispositifs que nous avons pris, loin de toute mesure de démagogie et de facilité qui n'auraient pour conséquence que d'affaiblir durablement notre économie et d'appauvrir davantage encore à l'arrivée les plus vulnérables d'entre nous.

J'ai confiance chère Elisabeth, d'abord, permets-moi de te le dire en toi car je te connais, je te vois agir, tu étais au gouvernement avant que je n'en devienne le chef, mais depuis juillet 2020, j'ai pu, je veux le dire à la nation, observer tes immenses qualités de droiture, d'intégrité, de compétence, de volontarisme, ton aptitude certaine à relever les grands défis que le président de la République a soumis au peuple français à l'occasion de l'échéance majeure qu'à l'élection présidentielle, la transition écologique, l'égalité des territoires, l'aspiration à la justice et à l'égalité, toutes ces valeurs que tu as ancrées en toi-même et depuis longtemps.

Surtout, j'ai confiance dans le peuple de France, dans les grands talents que celui-ci recèle pour qu'ensemble, de façon solidaire, déterminée par notre travail, par nos efforts partagés, nous puissions faire face à ces grands défis. Je serai autant que tu le souhaites à tes côtés, ma chère Elisabeth, comme je l'ai dit et annoncé, je ferai en ce qui me concerne un pas de côté en sortant de la vie politique nationale dans laquelle je ne suis finalement entré qu'un peu par effraction en juillet 2020. Je continuerai bien sûr à servir notre pays. Il y a tellement de façons de servir son pays quand on l'aime en dehors de la politique.

à toi-même, au gouvernement de la République et à l'ensemble de nos concitoyens à notre pays, à l'Europe aussi, je souhaite de tout cœur bonne chance. Je souhaite le meilleur car je n'en doute pas nous en sommes capables. Je vous remercie.

18:15
Présentateur

voilà discours d'une petite quinzaine de minutes de Jean Castex très applaudi par celle qui va lui succéder Elisabeth Borne bien sûr et puis par les invités qui sont dans la cour de Matignon les membres des cabinets les parlementaires qui sont là Jean Castex qui sourit n'avait pas écrit ce discours en tout cas il n'avait pas de notes à la main contrairement à Elisabeth Borne la nouvelle première ministre qui continue de l'applaudir elle tient son discours à la main elle va déplier son papier dans quelques instants et s'exprimer à son tour au micro Elisabeth Borne nouvelle première ministre d'Emmanuel Macron Monsieur le Premier ministre

19:08
Invité

cher Jean merci tout d'abord pour ton engagement sans faille au service de notre pays au service des françaises et des français tout au long de ces derniers mois merci aussi pour tes mots et puis merci pour les nombreux combats que nous avons menés ensemble précisément au service des français alors je suis sûr que beaucoup de françaises et de français ont comme moi un pincement au coeur au moment où tu t'apprêtes à quitter tes fonctions parce que tu as su conquérir le coeur des français en sillonnant sans relâche notre pays en allant à leur rencontre tu le sais je crois tu as certainement battu tous les records sur le nombre de déplacements d'un premier ministre mais ça nous a permis de découvrir au-delà de tes grandes qualités d'écoute et d'apprécier tes qualités humaines toute ta sincérité et toute ta capacité je veux dire d'empathie vis-à-vis de nos concitoyens alors tu l'as tu l'as rappelé quand tu as pris tes fonctions il y a bientôt deux ans les défis étaient immenses d'abord la crise sanitaire était toujours là dans notre pays et on nous annonçait une crise économique et sociale sans précédent grâce à ta détermination à ton engagement je pense qu'aujourd'hui on peut le dire les résultats sont là nous avons pu protéger les entreprises le taux de chômage est au plus bas depuis 15 ans nous avons agi pour le pouvoir d'achat même si tu l'as dit il nous faudra continuer à agir tout au long des prochains mois je voudrais dire à quel point j'ai apprécié de travailler à tes côtés pendant ces 22 mois alors nous avons évidemment des différences mais je pense que nous avons aussi beaucoup de choses en commun d'abord nous partageons la conviction que les politiques publiques doivent se bâtir dans le dialogue le dialogue avec les élus avec les partenaires sociaux avec les associations avec lesquelles nous avons travaillé sans relâche tous ces derniers mois et puis même si nous venons de familles politiques différentes je pense que nous sommes également attachés à l'intérêt général à la cohésion de notre pays à l'égalité des chances et ça j'ai pu le mesurer notamment dans les projets que nous avons portés ensemble pour la jeunesse alors vous pouvez compter sur moi pour poursuivre dans cette voie face aux nombreux défis que tu as rappelés qui sont devant nous je pense notamment à la situation internationale mais aussi aux défis climatiques et écologiques sur lesquels il faut agir plus vite et plus fort et je suis convaincu que nous pourrons le faire en associant encore davantage les forces vives de nos territoires parce que c'est bien au plus près des français qu'on trouvera les bonnes réponses et c'est bien tout le sens aussi de la nouvelle méthode voulue par le président de la république alors comme vous l'imaginez je suis évidemment très émue ce soir et je ne peux pas m'empêcher d'avoir une pensée pour la première femme qui a occupé ses fonctions Edith Cresson et peut-être je voudrais dédier cette nomination à toutes les petites filles en leur disant allez au bout de vos rêves et rien ne doit freiner le combat pour la place des femmes dans notre société Monsieur le Premier Ministre cher Jean je pense sincèrement que vous êtes une personne rare parce que vous privilégiez toujours le collectif et que vous incarnez ce qu'est un ministre ce qu'est un Premier Ministre c'est-à-dire quelqu'un qui sert son pays donc merci très sincèrement et bravo

23:42
Élisabeth Borne

voilà on a entendu

24:11
Présentateur

un bon courage de loin de Jean Castex après ce discours d'Elisabeth Borne le premier discours de cette première Première Ministre et une dernière bise Simon Le Baron sur le perron oui Jean Castex qui s'est avancé effectivement vers toute son équipe tous les membres de son cabinet qui scandent son nom à l'instant vous l'avez peut-être entendu derrière moi Castex Castex des applaudissements nourris en effet des vivas des houras il y a des membres du cabinet de Jean Castex qui sont penchés aux fenêtres aussi puisque de chaque côté de cette cour de Matignon il y a des bureaux beaucoup prennent des photos on voit des visages émus évidemment je vous le disais tout à l'heure beaucoup des membres de ce cabinet de Jean Castex ne vont pas rester ici à Matignon c'est la fin aussi pour eux et Jean Castex va prendre le temps de saluer un petit bain de foule privé ici dans la cour de Matignon en effet avec les membres de son cabinet les employés de tous les services qui travaillent au service du Premier Ministre et puis Jean Castex va passer dans quelques minutes une fois qu'il aura serré les mains et fait des bises il va passer le Porsche de l'hôtel de Matignon il va entrer dans sa voiture peut-être saluer des Français s'il y en a qui sont là sur les trottoirs à la sortie de Matignon et puis il va partir ensuite pas tout de suite pour ces Pyrénées-Orientales mais d'abord pour une soirée privée nous disent les proches de Jean Castex une soirée privée ce soir avec des amis dans un lieu tenu secret à Paris merci beaucoup Simon Le Baron merci vraiment Thomas Le Grand il y a deux choses que je retiens des premiers mots d'Elisabeth Borne désormais Premier Ministre d'abord l'hommage à Edith Cresson

25:46
Invité

c'est important oui donc elle assume le fait que elle a été nommée aussi parce qu'elle était une femme et que ce symbole est important c'est quand même étonnant que ça reste un symbole important parce que les choses ont beaucoup évolué quand on se replonge dans les archives de l'époque d'Edith Cresson et toute cette misogynie qui avait entouré sa nomination les choses ont heureusement

26:09
Présentateur

bien changé elle dit misogynie politique et pas misogynie des défoncés

26:13
Invité

oui bien sûr on se souvient machisme de la classe politique même de la presse le titre du quotidien de Paris qui était un quotidien à l'époque qui paraissait donc tous les jours comme tous les quotidiens un quotidien plutôt de droite avait titré Matignon et François avait titré la touche-arme de François Mitterrand donc les choses ont évolué elle prend acte mais évidemment c'est pas c'est pas le principal c'est un c'est un quelque chose qu'il faut marquer quand même

26:41
Présentateur

Bruno Cotteresse il y a autre chose que je retiens elle lui dit à un moment nous avons eu nos différences mais nous avons aussi des points communs nous venons de familles politiques différentes une manière de marquer encore une fois on en parlait tout à l'heure en première or qu'elle vient quand même de la gauche elle vient du parti socialiste pas tout à fait mais en tout cas de la gauche et qu'elle entre avec donc cette jambe gauche c'est aussi peut-être ce qu'elle nous dit un peu en creux non ?

27:06
Invité

oui en tout cas c'est le message qu'elle veut faire passer elle a parlé des combats communs avec Jean Castex autour de la cohésion sociale de l'égalité de l'égalité des chances et c'est vrai que c'est un peu normalement un des objectifs qui était visé par Emmanuel Macron qui était d'envoyer un message à l'écur de centre-gauche et les deux premiers ministres d'Emmanuel Macron avaient été issus des rangs des républicains donc là il y avait un message alors c'est vrai qu'Elisabeth Borne n'est pas non plus la personnalité qui peut emblématiquement représenter le plus une personnalité qui serait directement issue des rangs du parti socialiste par exemple là c'est pas le cas mais c'est vrai qu'elle veut tout de suite marquer sa sensibilité sur les questions d'égalité des chances de cohésion et la feuille de route qui lui a signé par le chef de l'état on l'a rappelé tout à l'heure sur les premiers objectifs indiqués par Emmanuel Macron on sent dans ce champ là qui est effectivement la question de l'école la question de l'hôpital la question de l'écologie alors curieusement la question de l'écologie est assez peu intervenue dans la prise de parole de Jean Castex un peu plus chez Elisabeth Borne mais pas beaucoup pour le moment

28:09
Présentateur

non c'est vrai que c'est vrai que c'est aussi ce qui marque il a beaucoup parlé santé Jean Castex c'est elle qui a remis l'écologie devant il y a deux c'était plutôt intéressant

28:18
Invité

c'est intéressant parce que Jean Castex il est arrivé par effraction il le dit lui-même à Matignon c'était pas l'objectif initial d'entrer comme ça dans la politique nationale il était là pour déconfiner vous vous souvenez c'était le monsieur déconfinement de Matignon sous les ordres d'Edouard Philippe à l'époque donc il a été extrêmement marqué évidemment par cette période c'est lui qui a dû gérer non pas un déconfinement mais un reconfinement qui a duré Jean Castex qui continue actuellement évidemment à saluer

28:44
Présentateur

je regarde les images pour ne rien vous cacher juste pour voir si on fait une petite intervention avec Simon le Baron mais finissez votre phrase et Simon arrivera derrière

28:52
Invité

donc on voit ce qui a marqué ce quinquennat là et ce mandat là de Matignon pour Jean Castex l'hôpital le Ségur il faut aller plus loin

29:00
Présentateur

on va y revenir dans un instant ça y est chacun part dans sa direction Simon très exactement maintenant et oui Elisabeth Borne vient d'entrer effectivement à l'intérieur de cet hôtel de Matignon qui est le sien désormais en tout cas elle va l'occuper pendant plusieurs mois peut-être plusieurs années puis Jean Castex vient d'adresser un dernier signe de la main aux invités présents dans cette cour de l'hôtel de Matignon il a passé le Porsche Jean Castex et immédiatement les portes de cet hôtel de Matignon les portes du Porsche de l'hôtel de Matignon se sont refermées derrière lui ce sont deux ans deux ans de fonction de premier ministre qui se terminent pour Jean Castex 682 jours exactement pour l'ancien maire de Prades ici à l'hôtel de Matignon qui prennent fin par ce dernier signe de la main et ces applaudissements nourris de ces équipes et des employés de Matignon Merci Simon pendant qu'Elisabeth Borne est rentrée dans ce qui est désormais son bureau à l'intérieur de l'hôtel Matignon on va voir d'abord ce qu'elle y fait je vous poserai la question dans un instant est-ce que c'est maintenant que se poursuivent les coups de fil pour un futur gouvernement juste un mot avant Bruno Cotteret ce qui frappe aussi dans le discours de Jean Castex c'est qu'il dit des choses pour le mandat d'Elisabeth Borne il a parlé des crises successives et au fond ce que ça veut dire aussi c'est attention cette place à Matignon Elisabeth Borne c'est une succession de crises qui peut-être mettront le programme prévu bien à mal c'est bien ce qui s'est passé pour Jean Castex

30:27
Invité

Oui alors c'est vrai que c'est souvent un type de discours qu'on entend chez les anciens premiers ministres lorsqu'ils passent le témoin au nouveau effectivement ils sont sortis de l'enfer de Matignon même si Jean Castex savait qu'il n'avait pas connu l'enfer mais c'est vrai qu'il a consacré une partie très importante de son discours à la fois à son rôle de gestionnaire de crise avec un hommage extrêmement appuyé aux services de l'Etat aux fonctionnaires aux services publics et là aussi c'est un répertoire classique chez les anciens premiers ministres parce que la fonction de premier ministre ramène à s'appuyer évidemment sur les services de l'Etat sur l'ensemble des fonctionnaires c'est le rôle du premier ministre il est celui qui conduit la politique de la nation il est effectivement de ce point de vue là très souvent en action en cohésion avec l'ensemble des services de l'Etat et c'est vrai que c'était une partie très importante de son discours les crises la crise Covid qui n'est pas terminée l'action de l'Etat les Français doivent savoir nous dit-il que l'Etat dispose d'un corps de fonctionnaire compétent dévoué donc c'était le message qui était passé et les fractures moi j'ai été frappé par une de ces dernières phrases n'oublie pas donc tutoiement Elisabeth Borne qu'il y a ceux qu'on entend beaucoup et puis il y a ces millions de concitoyens qui mènent leur vie de heurts et de malheurs qui ne s'épanchent pas sur les réseaux sociaux mais ils sont la colonne vertébrale de la France autrement dit il a conscience Jean Castex et il le dit Elisabeth Borne qu'on sort d'une élection présidentielle très particulière avec un RN à 42% Marine Le Pen a complètement explosé les records sur le vote d'extrême droite donc c'est pas la même France qu'en 2017 c'est une autre France qu'il va falloir apaiser réparer si tant est que ce soit possible malgré des réformes lourdes à venir

32:07
Présentateur

Thomas Legrandiriez-vous puisque ça a mis trois semaines quand même cette nomination d'Elisabeth Borne on disait au début que c'est elle qui est sortie du chapeau l'une des premières mais trois semaines pour une réelle nomination diriez-vous que le gouvernement est prêt au moment où on se parle et que désormais c'est une histoire de demain après demain grand maximum que l'espèce de décorum qu'on a pu voir précédemment les allers-retours de voitures devant Matignon etc que tout ça nous sera épargné ou pas du tout on est parti aussi pour plusieurs jours d'attente

32:35
Invité

l'expérience du vieux reporter devenu vieil éditorialiste m'amène à vous dire que l'histoire du fameux gouvernement resserré qui est toujours prêt au dernier moment ça capote toujours un peu parce qu'il faut respecter les équilibres parce qu'on s'aperçoit qu'il y a peut-être un conflit d'intérêts ici et puis il y a toujours quelqu'un très proche du président qui lui dit tu ne peux pas faire ça tu ne peux pas nommer un tel ou tu ne peux pas oublier un tel donc ça capote toujours et comme c'est un rubis cube il faut que ça s'emboîte et ça met toujours plus longtemps on espère enfin on espère on ne va pas en mourir non plus qui a un conseil des ministres on connait à peine le nom des ministres qui sortent donc on ne va pas mais qui a un conseil des ministres avec le nouveau gouvernement mercredi c'est-à-dire après-demain j'en suis pas sûr c'est un peu court mais ce qui va être très intéressant c'est les deux ministres de l'écologie parce qu'il y a deux là c'est une on va voir est-ce que c'est des ministres d'état

33:34
Présentateur

c'est la question que j'allais vous poser moi j'aimerais comprendre comment on va se découper donc ce gouvernement avec ce premier ministre chargé de la planification écologique ça veut dire c'est quoi comme branche qui sort de ça

33:43
Invité

là le d'accord quand il y a la guerre par exemple le premier ministre ou le celui qui fait office de premier ministre parce que ce n'est pas les mêmes institutions est aussi ministre de la guerre souvent on se souvient que Raymond Barr pendant la crise économique était aussi ministre de l'économie là le ministre le premier ministre est ministre de l'écologie c'est ce que nous a annoncé Emmanuel Macron avant le premier tour et il va nommer deux ministres alors selon les institutions c'est toujours le président qui nomme les ministres sur proposition du premier ministre en fait c'est le président qui choisit tout et il sera très intéressant de voir comment sera articulé ce gouvernement et notamment cette branche entre ces deux ministres de l'écologie la planification écologique et puis la planification territoriale écologique autour du premier ministre

34:33
Présentateur

donc ça peut ressembler à quoi ça Bruno Cotteres en fait les deux les deux fils qui vont partir depuis ce premier ministre en charge de la planification écologique par rapport au grand ministère de l'écologie et de la transition qu'on avait oui l'idée

34:45
Invité

l'idée est d'avoir beaucoup plus de coordination dans l'action de l'état sur la question de l'écologie c'est à dire de ne pas avoir un ministère spécialisé sur cette question mais sans aucun doute transversal avec la position du premier ministre en super coordinateur de la politique climatique et de la politique écologique et aussi symboliquement de symboliser fortement pour tous les ministres et pour tous les départements ministériels l'injonction climatique écologique avec un agenda presque quotidien du premier ministre s'il est en charge en particulier de cette planification écologique ça veut sans dire des choses très importantes

35:23
Présentateur

et ben voilà on a tous rendez-vous même heure même endroit dans un jour deux jours trois jours on verra bien quelques temps avec le premier gouvernement du deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron merci beaucoup merci vraiment à tous de votre participation je voudrais saluer au passage Céline Quiribi qui s'occupait des moyens techniques de Simon Le Baron depuis la cour de Matignon et je vous présente

35:42
Locuteur

et je vous présente et je vous présente de la cour de Matignon et je vous présente de la cour de Matignon