Pascal Martin, sénateur et sapeur-pompier engagé - Vidéo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:16OuverteRéponse directe
Est-ce que vous arrivez à boucler les semaines à venir ou c'est par moments un peu difficile ?
- 6:09OuverteRéponse directe
Comment vous le vivez au quotidien ?
- 9:40OuverteRéponse directe
Monsieur le ministre, que proposez-vous pour améliorer la sécurité au quotidien des sapeurs-pompiers ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:07InvitéChiffre
« Dans notre pays, 85% des secours sont assurés par des pompiers volontaires qui donnent de leur temps libre. »
- 2:46PrésentateurChiffre
« On a aujourd'hui, en France, un peu moins de 200 000 sapeurs-pompiers volontaires. Il en manque 50 000. »
- 3:07InvitéChiffre
« Ils ne sont pas rémunérés, mais gratifiés autour de 9 euros par heure d'intervention. »
- 9:01InvitéChiffre
« En 2024, chaque jour, quatre sapeurs-pompiers ont fait l'objet d'agressions. »
- 11:17InvitéChiffre
« Chacun des 76 centres de secours de Seine-Maritime va recevoir 5 gilets par lame. »
- 11:23InvitéChiffre
« 75% des agressions sont commises par les victimes elles-mêmes ou par leur entourage. »
Temps de parole
- Présentateur40 %
- Invité28 %
- ?9 %
- Locuteur 108 %
- Locuteur 64 %
- Locuteur 43 %
- Locuteur 72 %
- Locuteur 22 %
- Locuteur 32 %
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Courage
et dévouement, sauver ou périr, ce sont les devises des sapeurs-pompiers, c'est très fort comme devise. C'est une raison d'être qui va jusqu'à donner sa vie si malheureusement il fallait la donner pour sauver une personne.
Je m
'appelle Pascal Martin, je suis sénateur de la Seine-Maritime, je siège au groupe de l'Union centriste
au
palais du Luxembourg. J'ai à cœur de m'occuper avec d'autres des questions relatives à la sécurité civile, à la question du volontariat, de la disponibilité des sapeurs-pompiers volontaires, de leur formation. Toutes ces questions-là me passionnent. Donc là aussi c'est magnifique,
des
véritables jouets.
Et
si ces sujets passionnent le sénateur, c'est parce qu'il a lui-même été officier de sapeur-pompier professionnel pendant 35 ans. D'abord en Seine-Maritime, puis dans les Yvelines.
C'est la fête des sapeurs-pompiers
qui
a lieu au mois de décembre, avec des sapeurs-pompiers du corps de Poissy. Là, j'ai 33 ans. Et puis là, c'est une autre photo, là aussi, que j'aime beaucoup, puisque c'était le stage de capitaine à Rennes. C'était en mars 86.
Je
suis ici, nous étions une petite vingtaine où nous avons, pendant un an, été ensemble. Beaucoup d'émotions parce que moi, j'ai énormément aimé mon métier. Vous arrivez le matin, vous ne savez pas de quoi la journée sera faite. C'est travailler avec des sapeurs-pompiers qui, tous les jours, se forment, qui s'entraînent.
C
'est une réalité que beaucoup de Français ignorent. Dans notre pays, 85% des secours sont assurés par des pompiers volontaires
qui
donnent de leur temps libre.
La
doctrine opérationnelle en France, c'est une complémentarité
entre
une présence de sapeurs-pompiers professionnels
et
militaires dans les grands centres urbains
et
une présence de sapeurs-pompiers volontaires dans les communes rurales ou semi-rurales qui assurent la sécurité des personnes des biens 24 heures sur 24.
Mais
aujourd'hui, la France rencontre une crise de l'engagement.
On a aujourd'hui,
en
France, un peu moins de 200 000 sapeurs-pompiers volontaires.
Il
en manque 50 000.
Pour
comprendre pourquoi,
nous
avons rendez-vous dans la commune des Grandes Ventes. 1800 habitants et un centre de 30 pompiers,
tous
volontaires.
Ils
ne sont pas rémunérés, mais gratifiés autour de 9 euros par heure d'intervention.
Ils
ont donc tous un métier à côté du volontariat.
Est-ce que vous arrivez à boucler les semaines à venir ou c'est par moments un peu difficile
? C
'est du heure par heure. On ne peut pas savoir à l'avance, dans la journée en semaine, si on va assurer les camions.
Le
week-end, les gens ne travaillent pas,
pas
tout le monde. Donc on arrive à avoir du vendredi soir au lundi matin l'effectif global pour assurer l'ensemble des véhicules.
En
semaine, c'est du, on va dire, si
je
peux dire ça, du goutte à goutte. Ils finissent de travailler ou ils vont faire les courses, ils reviennent,
ils
se rajoutent eux-mêmes sur la table d'appel.
Avec
un impératif, pour déclencher une simple ambulance, il faut au minimum 3 pompiers,
avec
3 qualifications différentes. Si ce n'est pas le cas, c'est une autre caserne, forcément plus éloignée, qui doit répondre à l'intervention.
Pour
bien fonctionner, il faudrait ici 10 pompiers de plus. Mais là encore, le chef de centre est limité.
Pour
être volontaire, il faut habiter à moins de 8 minutes de la caserne, compliquée, avec des petits villages très espacés.
Donc
comme vous voyez, oui, on est bien dans le côté rural,
donc
des arbres tout aux alentours, de l'espace vert. Et sur donc les 8 minutes
qui
sont les 8 minutes
qui
permettent au recrutement de sapeurs-pompiers volontaires, c'est uniquement les grandes
ventes, torsiles
et torsiles grandes. Au plus haut ou brutement ? Au-delà, on dépasse les 8 minutes. C'est ça.
Certains voudraient passer ce délai de 8 à 10 minutes, ce qui allongerait forcément le temps de réponse pour les victimes.
Mais
la crise de l'engagement, ce n'est pas qu'une question de géographie.
Pour
l'équité des secours, un pompier volontaire doit avoir les mêmes heures de formation qu'un professionnel. Il faut aussi concilier le travail, les astreintes
et
la vie personnelle.
Bonjour.
Enchantée. Pascal Martin.
Un
jeu d'équilibriste auquel se livre Justine Bouffard depuis maintenant 19 ans. Elle concilie le volontariat et un métier très prenant.
Je
travaille auprès d'enfants déficients intellectuels
sur
le pôle ado. Donc je coordonne tout le pôle adolescent et tout le travail d'orientation dans le champ du handicap.
Avec
elle,
c
'est
toute une famille qui s'engage.
Quand
le bip est sonne, moi je me réveille et je vais lui faire un bisou avant qu'elle parte. Le fait d'être engagée et d'avoir des contraintes dans notre vie familiale permet d'apprécier les petits temps et moments en famille. Beaucoup plus où on se crée des vrais temps. Et on est aussi capable, à un moment donné, de dire qu'on a aussi besoin, à un moment donné, de faire un break en famille.
Peut-être une question à votre mari. Comment vous le vivez au quotidien ?
J
'ai déjà une grande fierté pour ce qu'elle fait. Elle sent des mouvements pour les autres. Dans le côté contraignant, il y a
les
astreintes, les gardes.
Mais
aussi le côté, quand le bip sonne, que ce soit en pleine nuit ou même en journée, on ne sait pas sur quoi elle part.
Et
puis,
que
ce soit un feu ou même pour sauver des gens, on ne sait pas sur quel style de personne on tombe.
Il
n
'y
a pas d'intervention anodine ? Non, toutes les interventions ne doivent être jamais sans risque. Exactement.
Il
y a forcément eu des doutes, mais Justine a toujours été encouragée à continuer.
Je sais que je ne
serais
pas arrivée à 19 ans d'engagement si je n'avais pas le soutien énorme
de
mon mari. On fait des compromis dans notre vie personnelle, forcément.
Mais
à côté de ça, je pense que c'est aussi une leçon de vie. Tous les jours, j'essaye en tous les cas de faire comprendre à mes enfants. Qu'il y
a
des sacrifices, parfois, au détriment de nous, mais pour aider les autres.
C
'est une organisation de chaque jour, de chaque minute, de chaque instant. C'est de la compréhension de la part de son mari, de ses enfants. Il faut encourager cet engagement citoyen, bénévole, désintéressé, solidaire, qui fonde encore une fois l'unité de notre République.
Justement, pour rendre l'engagement plus facile en journée, la mairie de la Neuville-Chandoiselle a signé une convention avec les pompiers. Jean-Marie, agent des services techniques, peut partir en intervention sur son temps de travail.
Je vais avec le camion à la caserne, si je suis en extérieur, ou si je suis aux ateliers, je referme la porte
et je
pars en courant que nos ateliers sont à environ 150 mètres de la caserne. J'ai une petite caserne qui fait à peu près 200 départs par an. Alors automatiquement, si je fais peut-être 20 ou 25 départs à l'année, en plus, c'est déjà
un
bon pourcentage de plus.
L'an dernier, les interventions ont représenté 35 heures du temps de travail de Jean-Marie à la mairie.
On
contribue par ce petit geste à l'amélioration de la qualité des secours sur notre commune et dans les zones de premier appel. Donc c'est intéressant de ce point de vue-là. Pour le SDIS, ça permet de compléter les équipages de façon plus aisée. Et pour l'agent, c'est d'être valorisé dans ces deux missions.
Il
faut aussi
bien comprendre que ça ne peut marcher que dans les centres où l'activité opérationnelle n'est pas trop soutenue. On ne peut pas non plus voir l'agent partir trois fois par jour en intervention. Ça posera un problème pour l'employeur qui est la mairie.
Mais
l'engagement volontaire peut aussi être grévé par les violences. En 2024, chaque jour, quatre sapeurs-pompiers ont fait l'objet d'agressions.
En
mai dernier, en Haute-Savoie, un volontaire a été la cible d'une tentative d'homicide insoutenable pour Pascal Martin, qui a tenu à interpeller le gouvernement.
La parole est à notre collègue Pascal Martin pour le groupe de l'Union centriste.
J
'aimerais revenir
sur
l'agression inqualifiable dont a fait l'objet un sapeur-pompier volontaire samedi dernier
à
Evian-les-Bains, en Haute-Savoie. Cet homme, aujourd'hui grièvement blessé, a été délibérément fauché par une voiture alors qu'il tentait d'arrêter un rodéo urbain. Monsieur le ministre,
que
proposez-vous pour améliorer la sécurité au quotidien des sapeurs-pompiers ? Je vous remercie.
Alors évidemment, les peines pénales ont été augmentées, vous l'avez justement rappelé.
Il
faudra naturellement que les tribunaux et les magistrats appliquent les sanctions. Fermement.
En
attendant, en Seine-Maritime, il n'y a qu'un mot d'ordre, l'intransigeance, avec des dépôts de plaintes systématiques à chaque agression
et
de nouveaux équipements de protection.
Alors
ce que j'ai dans les mains, c'est un gilet par l'âme. C'est un équipement de protection individuel pour les sapeurs-pompiers de la Seine-Maritime.
Donc
c'est une protection qui va être faite pour les agressions à l'arme blanche et les agressions avec des armes à feu légères. On est sur un gilet multipoche
pour
permettre la mise en place du matériel pour les sapeurs-pompiers. Et à l'intérieur, une protection avant et arrière. Moi je voulais essayer ce gilet pour voir un
peu...
Alors c'est vrai que sur une
veste... C
'est lourd
? Oui
quand même, quand on rajoute ça au reste. Mais en même temps, on sent tout à fait
la
protection dans le dos,
sur
le devant. Le prix d'un tel équipement
? Le
prix, on est à peu près à 500 euros l'unité. 500 euros l'unité.
Un
budget.
A
terme, chacun des 76 centres de secours de Seine-Maritime va recevoir 5 gilets par lame. Avec pour objectif de le porter sur les interventions délicates d'assistance à personne. Car 75% des agressions sont commises par les victimes elles-mêmes ou par leur entourage.
Pour
l'établissement du ligne d'attaque sur division d'alimentation, prise d'eau, le fourgon, hors connaissance.
Eux ne pensent pas encore à tout ça. Mais ils ont un rêve,
servir
à leur tour.
Ils
ont entre 12 et 16 ans et sont jeunes sapeurs-pompiers.
C'est bon.
Ils
viennent à la caserne de la Mairet tous les samedis.
Les jeunes sapeurs-pompiers, c'est des jeunes qui décident de s'engager pour apprendre le métier de sapeur-pompier. Il y a de
l
'incendie, protection des personnes et des biens. Ils apprennent vraiment les manœuvres de base d'un sapeur-pompier, ce qu
'ils
vont pouvoir être amenés à faire sur intervention.
Et cela crée aussi des vocations précieuses. Dans le groupe, une large majorité veut être plus tard pompier volontaire.
J
'aime bien aussi avoir notre métier à côté et
ne
pas le faire tout le temps, mais j'ai très envie de faire pompier volontaire. Parce qu'on est vraiment tous ensemble, on partage tout ensemble.
Il
n
'y
a pas de différence, on s'aide tous entre nous et
on
est vraiment ensemble.
On
a quelques pépites de jeunes qui vont s'engager dans les prochaines années et c'est encore une fois très encourageant. Je suis persuadé qu
'avec
de la pédagogie, avec de l'information, on ne fait jamais trop de pédagogie ni d'information. On pourra aller chercher de nouvelles recrues. Et puis pour le reste, nous continuerons à être modestement les porte-parole des sapeurs-pompiers volontaires au Sénat.
Et
votre engagement, encore une fois,
il
fait chaud au cœur. Voilà, bravo encore.