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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 22 avril 2024 26 min

Violence des mineurs, Rima Hassan convoquée, discours d'Emmanuel Macron à la Sorbonne... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Manuel Bompard, Gabriel Attal est en déplacement aujourd'hui à Nice pour inaugurer un internat éducatif. C'est une expérimentation destinée notamment à couper les jeunes de leur mauvaise fréquentation, c'est ce que dit le Premier ministre. Sur le principe, est-ce que vous y croyez, vous, à ce dispositif ?

0:18
Manuel Bompard

Mais d'abord, il faut dire que l'internat, c'est au service d'un projet éducatif, c'est pas un lieu de privation de liberté. Donc après qu'on propose à des parents, s'ils le souhaitent, et s'ils le souhaitent en accord d'ailleurs souvent avec leurs enfants, de s'inscrire dans ce projet éducatif, pourquoi pas ? Mais là, en l'occurrence, cette mesure, comme un certain nombre de mesures sur lesquelles j'imagine on va revenir, participe d'une opération de communication totale. Jeudi, c'était l'anniversaire des 100 premiers jours de Gabriel Attal à Matignon, il n'a strictement rien fait.

Pour la vie des Françaises et des Français, que les gens qui nous écoutent le comprennent quand même, quelles sont les décisions de M. Attal qui ont eu un impact sur leur vie depuis qu'il est arrivé au pouvoir ? Attendez, il y en a eu deux mesures qui ont un impact. Premièrement, il a accepté l'augmentation du prix de l'électricité de 10%, c'était au 1er février de cette année. Deuxièmement, il a pris la décision de doubler les franchises médicales, c'était au 1er avril de cette année. Le reste, c'est du bruit, de la communication. Il est arrivé en disant, avec moi ça sera de l'action, de l'action, de l'action. En vérité, on a seulement de la communication.

1:21
Invité

Pour vous poser une question précise sur ces internats éducatifs, est-ce que c'est une réponse à la violence et à la délinquance ?

1:27
Manuel Bompard

Non mais attendez, il dit lui-même que c'est sur la base du volontariat. Oui, c'est si les parents acceptent. Donc à partir de ce moment-là, qu'est-ce qui change par rapport à l'existant ? Puisque à l'existant, il existe des internats et c'est sur la base du volontariat. Donc je ne vois pas qu'est-ce que ça change par rapport à la situation actuelle.

1:42
Présentateur

Parce qu'à 13 ans, on n'a rien à faire dans la rue. La journée, c'est ce que dit Gabriel Attal. Alors à partir de la rentrée prochaine, les collèges seront ouverts de 8h à 18h pour donner la possibilité aux élèves de faire leur devoir ou d'avoir accès à des activités avant de rentrer à la maison. Ce sera là aussi sur la base du volontariat, dans les quartiers sensibles en priorité. C'est une bonne mesure. Là aussi, est-ce que vous dites quand même que ça va dans le bon sens ? Avoir les établissements ouverts de 8h à 18h.

2:06
Manuel Bompard

Mais avec quels moyens ? Avec quel personnel pour encadrer les élèves quand ils vont arriver à 8h et quand ils vont rester jusqu'à 18h ? Sachant qu'on a voté un budget, enfin voté, c'est passé par 49.3, un budget au mois de novembre dernier dans lequel on a supprimé par exemple plus de 1000 postes d'assistant d'éducation supplémentaire qui vont encadrer les élèves au collège de 8h à 18h. Là aussi, vous voyez le problème, c'est l'écart entre la communication et la situation concrète. M. Attal a commencé en disant, en laissant entendre que le collège serait obligatoire de 8h à 18h. Ça a soulevé une vague de protestations, en particulier dans la jeunesse.

Et parmi les personnels de l'éducation nationale qui ont dit on va faire ça avec quels moyens ? Finalement, il reprend la parole après pour dire non, non, c'est sur la base du volontariat. Le problème en fait avec les opérations de communication, c'est que ça ne correspond pas en fait à ce qu'il est possible de faire concrètement. Moi, j'aimerais qu'on soit un peu plus sérieux dans les annonces qu'on fait pour pouvoir répondre effectivement aux difficultés qu'il peut y avoir aujourd'hui. Or, il me semble que là, on est seulement dans des mesures qui sont des effets d'annonce.

Il ouvre une concertation, lui-même le dit, qui comme par hasard va se terminer au lendemain des élections européennes. Je vais vous dire le fond de ma pensée. Le fond de ma pensée, c'est que Gabriel Attal est là pour agiter la galerie jusqu'aux élections européennes. Et en vérité, il prépare un programme de raquette sociale vis-à-vis des Français. Mais il ne veut pas l'annoncer avant les élections européennes parce qu'il a peur que ça a un impact sur l'éducation. Mais il y a un problème de fonds.

3:33
Invité

Il y a des annonces, il y a des annonces à le fond qui ont été faites, notamment par exemple pour ce qui concerne les parents. Travaux d'intérêt général pour les parents d'enfants délinquants. Responsabilité financière des parents en cas de dégradation. Amende pour les parents qui ne se rendraient pas à la convocation d'un juge pour enfants. Est-ce que c'est de nature à mobiliser les parents concernés selon vous ?

3:52
Manuel Bompard

C'est ça la question qui est la seule question importante. Est-ce que c'est efficace ? Est-ce que ça fonctionne ? Il existe déjà aujourd'hui des mesures d'accompagnement éducatif qui peuvent être décidées par la justice quand un mineur est mis en cause et qu'on considère que ses parents n'ont pas exercé le rôle qui était le leur. Attendez, il existe déjà ces mesures. Or, qu'est-ce qui s'est passé ?

Vous avez l'ensemble des magistrats, des personnes qui travaillent sur ce sujet, qui disent qu'il y a un énorme problème, c'est que ces mesures d'assistance éducative, elles ne peuvent pas être appliquées parce qu'il n'y a pas suffisamment de moyens pour les associations qui sont censées les appliquer, par exemple. Donc, je veux dire, à un moment, il faut être un petit peu concret. Par exemple, la suspension des allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire. Ça a déjà été expérimenté. Ça a été mis en place sous Nicolas Sarkozy. Le résultat concret, ça a été une augmentation de l'absentéisme scolaire. Donc, ça ne fonctionne pas. Donc, moi, je veux bien comme ça...

Là, il n'en est pas question. Non, mais d'accord, mais pour vous donner un exemple, pour vous donner un exemple concret, il y a des mesures de même nature qui ont déjà été mises en place. L'objectif, c'était de réduire l'absentéisme scolaire. Ça a produit le résultat exactement inverse. Donc, on ne va pas continuer encore dans la mauvaise direction. Moi, je vous ai dit quel était mon avis sur les mesures qui ont été annoncées par M. Attal. Voilà, de mon point de vue, ce qu'il faut faire.

5:06
Présentateur

Mais qu'est-ce que vous proposez alors ?

5:07
Manuel Bompard

Ah, j'allais y venir. Voilà, de mon point de vue, ce qu'il faut faire. Si vous voulez réduire les difficultés, notamment liées à la violence, il faut davantage de présence humaine. Donc, il faut davantage d'assistants d'éducation. Donc, il faut davantage de psychologues scolaires. Par exemple, pour détecter les situations de harcèlement, quand elles arrivent, il faut les détecter. Pour la détecter, il faut de la présence humaine. Il faut des AESH pour prendre en charge, notamment les élèves en situation de handicap. Il faut de la police de proximité pour détecter les situations de violence avant qu'elles dégénèrent.

Voilà, il me semble, la manière concrète avec laquelle on peut réduire et lutter contre les problèmes de la société.

5:42
Présentateur

Il y a une autre proposition, celle faite aussi par Gabriel Attal. Et la droite, les LR et le RN n'est pas contre. Au contraire, ils le demandent. Ouvrir le débat sur l'excuse de minorité. En France, entre 13 et 17 ans, on n'est pas un délinquant comme les autres. Devant la justice, un mineur voit sa responsabilité atténuée. Là-dessus, est-ce qu'il faut y réfléchir ?

5:59
Manuel Bompard

D'abord, il faut dire que l'excuse de minorité, ça n'existe pas. Tout le monde utilise ce terme. On parle d'atténuation de peine pour des mineurs. Non, mais d'abord, c'est important parce qu'on donne l'impression que ça reviendrait à excuser des actes parce qu'ils ont été commis par les mineurs. Depuis, le général de Gaulle, ça a été confirmé par M. Bananterre, on considère en France, et moi je m'inscris dans cette vision, qu'on ne juge pas les mineurs comme les majeurs, pour une raison simple, c'est que leur capacité de discernement est en construction. Et donc, quand on juge un mineur, on favorise davantage la dimension éducative, pédagogique que la dimension répressive.

6:29
Présentateur

Mais qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent qu'aujourd'hui, les jeunes sont violents de plus en plus jeunes, et c'est de plus en plus grave ?

6:35
Manuel Bompard

D'abord, je leur réponds que ce n'est pas vrai, puisque si vous prenez par exemple les chiffres du ministère de la Justice, le nombre de mineurs mis en cause dans des affaires judiciaires, par exemple, a été réduit de 25% entre 2019 et 2022. Pour autant, il y a des situations, il y a des difficultés, il y a des questions, et il y a eu des drames, notamment ces dernières semaines, je ne les conteste pas. Mais il existe déjà aujourd'hui la possibilité pour un juge de lever l'atténuation de peine pour un mineur, si on considère qu'en vérité, il était suffisamment mature, responsable de ses actes. Donc, encore une fois, je le regrette, mais j'ai l'impression qu'on fait beaucoup de bruit, que M.

Attal est devenu en quelque sorte ministre de l'Agitation Nationale, mais qu'il n'apporte aucune réponse concrète aux difficultés auxquelles on est confrontés aujourd'hui.

7:16
Invité

Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise, on vous retrouve juste après le fil info, il est 8h40, Mathilde Romagnan. Près de 2 millions d'Européens ont été touchés par les inondations l'an dernier. Le bilan de l'Observatoire européen Copernicus, alerte sur les risques climatiques en Europe. L'année passée a été marquée par des épisodes de sécheresse et d'inondations hors normes, et de chaleur aussi. Les températures ont été supérieures à la moyenne 11 mois sur 12. Plusieurs membres du gouvernement sont à Nice aujourd'hui. Le Premier ministre et ceux de la justice et de la jeunesse.

Ils visiteront un collège, un lycée-collège, dans le cadre de l'expérimentation des internats éducatifs, mesure de l'exécutif pour lutter contre la violence des jeunes. Le projet de loi sur la fin de vie arrive aujourd'hui à l'Assemblée Nationale. Dans un premier temps, une commission spéciale va mener des auditions pendant un mois et éplucher le texte avant de le présenter dans l'hémicycle. En clôture de la 30e journée de Ligue 1 de football, hier le PSG a écrasé Lyon, 4 buts à 1. Paris se rapproche du titre de champion de France.

8:22
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia.

8:30
Invité

Toujours avec le coordinateur de la France Insoumise, Manuel Bompard, le Premier ministre la semaine dernière a dénoncé des groupes plus ou moins organisés qui cherchent à faire un entrisme islamiste à l'école et qui y prônent les préceptes de la charia. Est-ce que c'est un constat que vous partagez ?

8:46
Manuel Bompard

Non, pas du tout. Je pense que l'essentiel, l'immense majorité des musulmans de ce pays, ils ont tout simplement envie de pouvoir vivre leur religion en tranquillité. C'est parce que le Premier ministre dit qu'il y a des groupes qui... Oui, mais alors qu'est-ce qu'il dit précisément ? Enfin, je veux dire, il y a des groupes, il y a de qui parle-t-il précisément. S'il y a des gens qui veulent faire ça, il existe déjà un cadre légal aujourd'hui pour les empêcher de le faire et pour les sanctionner.

Mais je dis attention à en permanence pointer du doigt, cibler du doigt en France les personnes de confession musulmane, alors qu'une immense majorité d'entre eux ont envie, comme tous les Français, de pouvoir vivre tranquillement, participer à l'école de la République, respecter les lois, c'est ce qu'ils font. Et donc je trouve qu'en permanence, essayer de les pointer du doigt ou les cibler, ça ne va pas. La laïcité, c'est une valeur très importante.

Mais la laïcité, il faut faire attention à que ça ne devienne pas, et je crois que c'est trop souvent le cas maintenant pour une grande partie des jeunes, en particulier dans ce pays, quelle que soit leur confession religieuse, c'est ressenti seulement comme une succession d'interdits. Or la laïcité, ce n'est pas ça. La laïcité, c'est d'abord un projet d'émancipation, c'est d'abord quelque chose qui permet à chacune, à chacun, de pouvoir avoir une religion ou ne pas en avoir dans sa société, c'est la liberté de conscience, c'est d'abord ça la laïcité.

Je pense qu'il faut davantage faire un travail pédagogique d'explication de ce qu'est la laïcité, plutôt que d'essayer de pointer du doigt en permanence une partie de la population française.

10:06
Invité

Je veux venir au propos de Gabriel Attal, donc il n'y a pas pour vous d'antrisme islamiste à l'école ?

10:11
Manuel Bompard

C'est un phénomène qui n'existe pas. Mais je ne dis pas qu'il ne peut pas y avoir des personnes qui cherchent à essayer, comme ça a toujours été le cas dans toutes les religions, de faire primer la loi religieuse sur la loi de la République, et il faut les empêcher de le faire. Mais quand on lance des accusations aussi graves, il faut donner des faits, il faut dire de qui on parle, et si on a des groupes comme ça et qu'on les a identifiés, il faut les poursuivre, il faut les réprimer. Donc sinon il ne faut pas parler.

Si vous voyez ce que je veux dire, parce que sinon c'est encore une fois une manière d'agiter la galerie et de donner leur présence qu'on fait quelque chose alors qu'on ne fait rien. Comme le dit par exemple Jean-Luc Mélenchon ? Il y a en France, malheureusement, dans le débat public, oui, ces dernières années, le fait en permanence sur n'importe quel des sujets, d'essayer de faire croire que c'est les musulmans de ce pays qui sont responsables de tous les maux. Et moi je n'accepte pas cette logique-là. Comme je l'ai dit tout à l'heure, je pense qu'au contraire une grande partie des musulmans de ce pays, l'immense majorité d'entre eux ont envie de vivre tranquillement dans notre pays.

11:05
Présentateur

Sans parler de l'immense majorité des musulmans en France qui vivent leur religion tranquillement, comme vous le dites, sur ces groupes en particulier, le fait d'agresser quelqu'un parce qu'il ne respecte pas un précepte religieux, ça doit être une circonstance aggravante. C'est ce que dit Gabriel Attal. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?

11:21
Manuel Bompard

Mais j'imagine que c'est déjà le cas. Parce que d'abord, il faut quand même rappeler, parce qu'il ne faut pas donner l'impression qu'on ne fait rien face à des actions comme ça qui sont inacceptables. Si on s'en prend à une personne de manière délictuelle parce qu'on considère qu'il ne respecte pas tel ou tel précepte religieux, alors la justice prévoit déjà de sanctionner la personne qui est responsable de ça. Oui, mais à force de dire que telle chose, telle chose, telle chose va être une circonstance pénalisante ou atténuante, je veux dire, il ne va plus y avoir d'autonomie du juge dans sa capacité à gérer chaque situation de manière individuelle.

Moi, je suis attaché au principe d'individualisation des peines. Je pense que c'est un principe essentiel de notre justice. Donc après, qu'il regarde s'il veut des aménagements. Mais franchement, je ne vois pas ce que ça va apporter de plus à la situation dans laquelle on est aujourd'hui.

12:10
Invité

Manuel Bompard, Jean-Luc Mélenchon s'est attiré de nouvelles critiques pour ses propos tenus vendredi dernier après l'interdiction d'une réunion dans l'enceinte de l'université de Lille. Est-ce qu'il était nécessaire de filer la métaphore sur la Shoah, les criminels nazis, de traiter les préfets ou le président de l'université de Lille de capitulard ?

12:30
Manuel Bompard

D'abord, peut-être, ce qu'il faudrait qu'on commence par dire, c'est que l'annulation de la conférence qui a été prévue à l'université de Lille la semaine dernière est scandaleuse. Ensuite, le fait que la préfecture du Nord ait décidé d'interdire la conférence que nous avions organisée dans une salle privée comme solution de recours est un événement grave et, à ma connaissance, inédit ces dernières années dans le cadre d'une campagne électorale.

12:59
Invité

Emmanuel Macron, d'ailleurs, a dit qu'il fallait que Jean-Luc Mélenchon puisse s'exprimer.

13:02
Manuel Bompard

Quelle hypocrisie ! Si Emmanuel Macron considère que Jean-Luc Mélenchon doit avoir la possibilité de s'exprimer, alors expliquez-moi pourquoi le préfet du Nord, qui est sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, et donc, il me semble, sous l'autorité du président de la République, a décidé de l'interdire. Vous n'avez pas répondu à ma question qui portait sur les propos de Jean-Luc Mélenchon. Je pense que, quand même, on est dans une situation où le cadre démocratique élémentaire, celui qui nous permet de faire campagne, est menacé.

Donc, entendez que je commence par répondre d'abord ça, avant de venir sur les petites polémiques que certains essayent de mettre en place pour détourner l'attention.

13:37
Invité

Jean-Luc Mélenchon est ce soir, par exemple, à Sciences Po Paris, pour une conférence. Mais donc, sur les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon. Emmanuel Macron à la Sorbonne, jeudi, ça ne vous a pas échappé. Voilà, on va vous en parler. Mais sur Jean-Luc Mélenchon, donc sur ses propos, parce qu'il a été très critiqué, il faut le dire, le préfet président de l'université, il est un capitulaire.

13:53
Manuel Bompard

Mais il n'y a pas de problème à répondre à ses propos, mais permettez-moi de commencer par la réponse que je vous ai faite pour le reste. Jean-Luc Mélenchon n'a jamais, contrairement à ce que j'ai lu, comparé le président de l'université à Eichmann, ou je ne sais quoi. Il a fait la régie de la métaphore.

14:07
Invité

Les passesses de la police française

14:08
Manuel Bompard

qui ont conduit à la rafle du Veldiv,

14:10
Invité

tout ça à propos de l'admission de cette réunion.

14:12
Manuel Bompard

Il a dit, en citant les travaux de Hannah Arendt, il a alerté sur le fait que parfois, par respect des ordres qui sont donnés, on accepte petit à petit des remises en cause de liberté fondamentale. Mais la question, c'est est-ce que cette comparaison avait lieu d'être ? Et qu'il faut le refuser. Oui, puisqu'on est précisément dans une situation dans laquelle vous avez un président d'université qui, sous la pression des oppositions politiques, décide d'empêcher une formation politique d'opposition de pouvoir s'exprimer.

Non, je ne dis pas que c'est maladroit, je dis que c'est scandaleux, scandaleux de nous avoir empêché de tenir cette conférence et que ça devrait alerter tous les démocrates dans ce pays. Et ils devraient plutôt s'alerter de ça plutôt que d'aller participer aux polémiques ridicules que les uns et les autres essayent de lancer sur Jean-Luc Mélenchon. Mais on en a l'habitude.

15:01
Présentateur

Rima Hassan, juriste franco-palestinienne, est en septième position sur votre liste aux européennes, Manuelle Bompard. Elle est convoquée à la fin du mois à la police dans le cadre d'une enquête pour apologie du terrorisme. Est-ce que vous avez des précisions sur ce qui lui est reproché ?

15:14
Manuel Bompard

Non, j'ai vu une convocation dans laquelle on lui dit qu'elle est convoquée pour une audition par la police. Je trouve ça, mais stupéfiant. Et là aussi, je pense que ça devrait alerter tout le monde. En vérité, ça, comme l'interdiction des conférences à laquelle je faisais référence tout à l'heure, s'inscrit dans un même contexte, d'une dérive de plus en plus autoritaire, d'un autoritarisme maintenant qui vient sur, y compris, ce qu'on a le droit de penser. Or, je crois que ça...

15:42
Présentateur

C'est-à-dire, en fait, si on continue votre logique, ça vient d'où, cette dérive autoritaire ? Elle est voulue par le président de la République ?

15:48
Manuel Bompard

Je crois qu'il y a une volonté du pouvoir en place aujourd'hui de criminaliser les oppositions. Il y a une volonté de faire taire ceux qui défendent la voie de la paix. C'est très grave ce que vous dites là ce matin. Oui, ce qui est très grave, c'est ce qui se passe. Ce qui est très grave, c'est ce qui se passe. Oui, j'assume de dire que c'est très très grave ce qu'il se passe. Et il y a une volonté de faire taire, de museler notamment les voix qui dénoncent le massacre en cours à Gaza aujourd'hui. Et en permanence, de venir essayer d'expliquer que si vous portez la parole de la paix, c'est que vous êtes antisémite. C'est-à-dire que dorénavant, l'ONU est antisémite, le pape est antisémite.

Il faut arrêter avec ça, en vérité. On doit pouvoir dénoncer les actions inacceptables de l'armée israélienne à Gaza sans être poursuivie par la police ou par la justice.

16:33
Présentateur

Pour que les auditeurs et les spectateurs puissent comprendre, parmi les déclarations qui sont reprochées à Rima Hassan, elle a déclaré aux médias en ligne le crayon, elle avait répondu vrai à l'affirmation le Hamas mène-t-il une action légitime ? Elle a répondu vrai. C'est ce qui lui est reproché ?

16:49
Manuel Bompard

Non, alors je ne sais pas si c'est ce qui lui est reproché puisque en l'occurrence dans la convocation... Parmi les déclarations qui posent problème. Oui, mais en l'occurrence, dans la convocation, il est fait état d'une période de date qui ne correspond pas à la publication de cette interview. Pour le reste, cette interview, c'est assez scandaleux d'ailleurs. C'est une interview qui a duré une heure et demie, il y a un extrait d'une minute qui a été sorti et qui fait abstraction de toutes les autres réponses de Rima Hassan.

En particulier, par exemple, des réponses où elle a dit très clairement que les actions commises le 7 octobre étaient des actes terroristes et qu'il fallait les condamner et qu'elle les condamnait elle-même. Or là, elle parle en l'occurrence en faisant référence à deux résolutions de l'organisation des Nations Unies, deux résolutions de l'ONU, qui reconnaissent de manière générale la légitimité des groupes palestiniens dans la lutte pour l'autodétermination du peuple palestinien. Mais bien évidemment qu'elle ne parle pas des actions commises par le Hamas le 7 octobre, bien évidemment. Et d'ailleurs, elle les a condamnées. Elle a dit que ces actions étaient des actions terroristes.

Elle a dit qu'elle pleurait chaque mort civile, qu'il soit d'ailleurs israélien ou palestinien. Donc lui faire ce reproche-là sur la base d'une interview tronquée est totalement scandaleux. Rima Hassan n'a jamais fait d'apologie du terrorisme et c'est stupéfiant, scandaleux de s'attaquer à elle sur ce motif infamant.

17:58
Présentateur

On se pose quand même la question aujourd'hui, Manuel Bompard, cette question palestinienne au centre de votre campagne électorale pour les Européennes, c'est une stratégie ou alors vous la subissez ?

18:08
Manuel Bompard

Mais d'abord, il faut dire que l'élection européenne est une élection dans laquelle il y a des grandes questions internationales qui sont posées. Mais vous ne faites pas que sur ça ? Non, pas du tout. En tout cas, on vous entend quasiment que sur ça. Non mais d'accord, mais si vous voulez m'interpeller par exemple sur le fait que le PDG de Renault se distribue un salaire qui est équivalent à 1700 fois le SMIC et que nous proposons dans le cadre des élections européennes de limiter les écarts de revenus de 1 à 20. Non mais je vous parle d'autre chose, puisque vous voulez que je vous parle d'autre chose.

Mais pour le reste, oui, j'assume de dire que dans les élections européennes, le Parlement européen a un rôle à jouer pour faire en sorte que s'arrête immédiatement le génocide en cours à Gaza. Par exemple, c'est au Parlement européen qu'on peut décider de décréter un embargo sur les armes. C'est au Parlement européen qu'on peut décider de suspendre l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël. C'est au Parlement européen qu'on peut décider d'infliger des sanctions au gouvernement de M. Netanyahou. Donc c'est un des sujets de la campagne des élections européennes. Mais bien sûr, ce n'est pas le seul.

En allant voter aux élections européennes le 9 juin, vous pouvez aussi refuser le programme de raquette sociale que propose Emmanuel Macron. Vous pouvez lutter contre les accords de libre-échange. Vous pouvez lutter pour l'harmonisation sociale par le haut. Vous pouvez lutter contre la fraude et l'évasion fiscale. Et vous pouvez défendre la voie de la paix, de la paix à Gaza ou de la paix en Ukraine. Et on va continuer de vous écouter juste après le fil d'info.

19:25
Invité

Il est qu'on va aborder juste après le fil d'info puisqu'il est 8h52. Mathilde Romagnon. À partir d'aujourd'hui, une commission spéciale de l'Assemblée nationale examine le projet de loi sur la fin de vie. Elle mènera cette commission des auditions pendant un mois avant de présenter le texte devant l'hémicycle. Au cœur des débats, l'aide à mourir encadrée par des conditions strictes. Le procès en appel de l'attentat de Nice s'ouvre aujourd'hui devant la cour d'assises spéciale de Paris. Deux des huit accusés de première instance sont rejugés pour une participation à une association de malfaiteurs terroristes criminels.

L'attentat avait fait 86 morts sur la promenade des Anglais le 14 juillet 2016. Les Français se vaccinent plus, mais il y a des progrès à faire contre certaines infections comme la rougeole. C'est le bilan de Santé publique France. La couverture vaccinale reste élevée chez les nourrissons, mais elle est insuffisante chez certains adultes. L'autoroute A13 sera rouverte à la circulation en milieu de semaines dans le meilleur des cas, annonce ce matin de la direction des routes d'Île-de-France. Depuis vendredi, l'autoroute de Normandie est fermée à la circulation entre Paris et Vaucresson à cause de fissures sur la chaussée.

20:37
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Bracchia.

20:43
Invité

Emmanuel Bonparc, coordinateur de la France Insoumise, vous demandez à la Commission des comptes de campagne, avant les européennes, d'examiner les interventions d'Emmanuel Macron sur l'Europe. Est-ce que le discours qu'il prévoit jeudi à la Sorbonne, vous en parliez, est-ce que ce discours est un acte de campagne selon vous ?

20:57
Manuel Bompard

D'abord, je veux dire que notre signalement à la Commission nationale des comptes de campagne faisait suite au fait que sur le compte officiel de l'Élysée, sur les réseaux sociaux, était publiée une vidéo dans laquelle Emmanuel Macron faisait la campagne de Valérie Ayet. Or, en 2019, déjà, Mme Loiseau, qui était tête de liste macroniste à l'époque, avait été pointée du doigt par la Commission nationale des comptes de campagne pour l'utilisation des moyens présidentiels. Donc c'est pour ça, c'est pour cette raison que j'ai saisi la Commission nationale des comptes de campagne.

Pour le reste, j'observe que ça ne pose apparemment pas de problème au Président de la République de faire une conférence dans une université. Donc je trouve ça... Mais arrêtez, vous savez qu'il peut y avoir des conférences dans l'université. Non, non, non, c'est que j'observe qu'il y a un deux poids, deux mesures, puisque manifestement, certains ont le droit de faire des conférences dans les universités. Mais le motif invoqué, vous le savez, c'est de trouver l'ordre public. Et d'autres n'ont pas le droit. Oui, enfin, je ne suis pas sûr que la conférence d'Emmanuel Macron à la Sorbonne ne donne pas lieu à un certain nombre de manifestations d'opposition.

Donc je ne suis pas sûr que le motif invoqué en ce qui concerne Jean-Luc Mélenchon ne pourrait pas l'être pour la conférence de Jean-Luc Mélenchon.

21:56
Invité

Est-ce que c'est un discours présidentiel ou c'est un discours de campagne ? Est-ce que c'est un meeting ?

22:00
Manuel Bompard

C'est clairement un discours de campagne. Enfin, je veux dire, c'est présenté comme tel, y compris par l'équipe de campagne Macroniste qui dit, vous allez voir ce que vous allez voir. Emmanuel Macron va rentrer en campagne et ça va tout faire changer. Donc eux-mêmes assument que c'est un discours de campagne. Or, maintenant, allons sur le fond. J'observe que ce n'est pas le premier discours de la Sorbonne. Il y en a déjà eu un. Oui, en 2017. Et qu'à l'époque, il donnait rendez-vous en 2024 et il disait, vous allez voir, en 2024, l'Europe sera unie sur l'État de droit et l'Europe sera unie sur le marché unique qui fonctionnera mieux. On est en 2024.

Vous avez l'impression que les questions d'État de droit ont avancé en Europe. Quand vous avez, par exemple, une agence européenne comme Frontex qui a été pointée du doigt pour utiliser des pratiques illégales de refoulement en mer. D'ailleurs, l'ancien directeur de Frontex est aujourd'hui sur la liste de M. Bardellas qui devrait faire réfléchir tout le monde. Et vous avez l'impression que le marché unique fonctionne mieux. Quand vous voyez, par exemple, les distorsions de concurrence et la concurrence déloyale auxquelles sont confrontées nos agricultrices et nos agriculteurs.

Donc, ce que j'observe surtout, c'est que depuis le dernier discours de la Sorbonne d'Emmanuel Macron, rien n'a changé. Donc, il ne faudra pas croire ce qu'il va dire pendant cette intervention.

23:00
Présentateur

Manuel Bompard, les multiples enquêtes d'opinion réalisées en vue des européennes donnent un Jordan Bardella en tête de loin, de très loin, plus de 30% quand vous, vous êtes à 6 ou 7 avec Manon Aubry.

23:11
Manuel Bompard

Non, on n'est pas à 6 ou 7, Salia Braclia. On est à 8 ou 9.

23:14
Présentateur

Bon, 8 ou 9, il a plus de 30.

23:16
Manuel Bompard

Oui, mais c'est bien de dire la réalité des sondages tels qu'ils sont aujourd'hui.

23:19
Présentateur

Est-ce que ça veut dire que lui, Jordan Bardella, comprend mieux les Français que vous ?

23:25
Manuel Bompard

D'abord, ça veut dire que, je vous rappelle quand même qu'une élection européenne, comme toute élection, c'est le résultat qui fait le résultat de l'élection. Ce n'est pas les sondages. Vous voyez bien les dynamiques. Ce n'est pas les sondages, les dynamiques. Vous voulez qu'on parle du fait qu'à deux mois de la dernière élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon était annoncé à moins de 10% dans les sondages et qu'il a fini à 22%. Donc moi, j'ai toujours considéré que ce n'est pas les sondages à deux mois de l'élection qui font le résultat. Je dis aux gens qui nous écoutent, par contre, c'est clair.

Si vous n'allez pas voter aux élections européennes, parce que souvent, il y a beaucoup de gens qui pensent que ça ne sert à rien, il ne faudra pas s'étonner à la fin que ce soit l'extrême droite qui soit en tête et les macronistes qui puissent continuer à dérouler leur politique. Donc je dis en particulier à la jeunesse, aux catégories populaires, je leur dis, emparez-vous de cette élection.

24:08
Invité

Mais les catégories populaires, précisément, elles sont aujourd'hui beaucoup au Rassemblement national.

24:12
Manuel Bompard

Non, les catégories populaires, puisque vous citez des sondages, regardez-les en entier, elles disent tous la même chose, c'est que le premier comportement électoral aujourd'hui des catégories populaires, c'est l'abstention. Donc je m'adresse aux gens et je leur dis, c'est le 9 juin, vous avez jusqu'au 3 mai pour vous inscrire sur les listes électorales, emparez-vous de cette élection, dites votre mot, ne laissez pas l'extrême droite et les macronistes confisquer cette élection et montrez qu'il existe une autre alternative en votant pour la liste conduite par Manon Aubry, tout simplement.

24:39
Présentateur

Il y a une autre élection qui fait déjà parler et pourtant elle a lieu dans 3 ans. Les proches de François Ruffin ont commandé un sondage qu'ils testent dans l'hypothèse d'une candidature unique à gauche en 2027. Résultat, François Ruffin serait mieux placé que Jean-Luc Mélenchon face à Marine Le Pen. Il devancerait aussi Édouard Philippe comme candidat de la majorité. Est-ce que clairement pour vous le futur s'appelle François Ruffin ?

25:01
Manuel Bompard

Écoutez, c'est difficile de commenter un sondage auquel moi personnellement je n'ai pas eu connaissance de ce sondage dans son intégralité. Donc difficile de le commenter. Si ce sondage dit qu'un candidat issu de la France insoumise peut remporter les dernières élections présidentielles, j'en suis très content. Mais comme vous l'avez dit vous-même, c'est dans 3 ans. Donc pour l'instant, la première étape si on veut remporter les élections présidentielles en 2027, c'est de faire le score le plus haut possible aux élections européennes.

25:26
Présentateur

Mais ça veut dire aussi que Jean-Luc Mélenchon n'est pas forcément une évidence maintenant.

25:29
Manuel Bompard

Mais Jean-Luc Mélenchon a dit lui-même, j'aspire à être remplacé. Mais vous comprendrez quand même que ce n'est pas les sondages qui vont décider du choix de notre candidat. Ça ne l'a jamais été, ce n'est pas aujourd'hui, ça va commencer. Par contre, je dis aux gens qui nous écoutent un chiffre très simple. Si un électeur sur deux qui a voté pour Jean-Luc Mélenchon à la dernière élection présidentielle va voter aux élections européennes, nous ferons quasiment 20% des voix aux élections européennes. Donc mobilisez-vous, ne laissez pas justement les sondages vous démoraliser. Allez vous inscrire sur les listes électorales, donnez-vous rendez-vous le 9 juin.

Plus on est fort et plus justement on pourra gagner ensuite l'élection présidentielle. Emmanuel Bompard, merci d'avoir été avec nous. Merci à vous.