Laurent Saint-Martin annonce "15 milliards d'euros" d'investissements étrangers "pour 56 projets" en France
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Est-ce que ce record va être battu aujourd'hui ?
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Il y a quoi par exemple ? Est-ce que vous pouvez nous donner quelques exclus ?
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Est-ce que c'est vous justement, vous à Business France, qui mettez l'accent sur tel ou tel secteur, qui insistez pour faire venir telle ou telle entreprise ?
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Et est-ce que vous faites en sorte d'éviter aussi certaines concurrences avec des entreprises françaises pour ne pas se tirer une balle dans le pied ?
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Mais vous parlez d'emplois justement. 35 emplois en moyenne par projet seulement pour la France. Par exemple, je vais citer l'Espagne, c'est 299 finalement. En France, ces projets ne créent pas tant d'emplois que ça ? Comment ça se fait ?
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Et à quel prix ? Parce qu'on sait qu'il y a des subventions qui sont versées. Combien d'argent public versé pour attirer cet argent privé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Nous allons dépasser les 15 milliards d'euros d'investissements annoncés pour 56 projets aujourd'hui »
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« Fertigui qui est sur les engrais demain avec un enjeu de décarbonation qui va être très important pour 1,3 milliard d'euros »
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« une formidable entreprise d'Estonie qui s'appelle Skeleton qui va investir dans le sud-ouest de la France sur les batteries plus performantes »
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« la France est pour la cinquième année consécutive le pays européen, le leader en termes d'investissement direct étranger »
- 3:14PrésentateurChiffre
« Les 15 milliards d'euros aujourd'hui annoncés vont permettre la création, le maintien de plus de 10 000 emplois »
- 3:20PrésentateurChiffre
« Les trois quarts des projets industriels qui vont être annoncés vont concerner des villes de moins de 20 000 habitants »
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« une capacité de l'État à accompagner les investisseurs internationaux dans leurs projets »
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« Business France est présent dans près de 55 pays avec des bureaux qui ont pour mission effectivement d'aller au contact des entrepreneurs étrangers pour les convaincre d'investir en France »
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France Inter, Mathilde Munoz, le 5-7.
On va additionner les milliards aujourd'hui au château de Versailles. Emmanuel Macron a invité près de 200 chefs d'entreprise étrangers à participer au sommet Choose France, le septième du genre, destiné à attirer les investissements industriels étrangers en France. Bonjour Laurence Amartin.
Bonjour.
Vous êtes le directeur général de Business France, c'est la structure publique qui est chargée de la promotion économique de la France, ancien député pour La République En Marche. Alors, 13 milliards d'euros d'investissements étrangers avaient été annoncés l'an dernier. Est-ce que ce record va être battu aujourd'hui ?
Oui, le record va être battu aujourd'hui. Nous allons dépasser les 15 milliards d'euros d'investissements annoncés pour 56 projets aujourd'hui qui vont être célébrés en quelque sorte et surtout qui vont représenter une grande diversité de secteurs d'activité et une grande diversité de territoires bénéficiaires de ces investissements. C'est surtout ça qui est important pour notre pays.
Il y a quoi par exemple ? Est-ce que vous pouvez nous donner quelques exclus ?
Écoutez, vous allez avoir des très beaux projets et à la fois importants en montant mais aussi en sens, c'est-à-dire par exemple Fertigui qui est sur les engrais demain avec un enjeu de décarbonation qui va être très important pour 1,3 milliard d'euros. On continue les efforts aussi dans la vallée de la batterie qui est notamment tout ce dont on a besoin pour la chaîne de valeur sur le véhicule électrique. Donc là vous allez avoir une formidable entreprise d'Estonie qui s'appelle Skeleton qui va investir dans le sud-ouest de la France sur les batteries plus performantes.
Donc vous avez des secteurs d'activité très industriel, vous aurez aussi des secteurs d'activité de service et surtout vous en aurez pour tous les territoires français. Et je le rappelle, la semaine dernière nous avons eu par le baromètre Erstein-Young le fait que la France est pour la cinquième année consécutive le pays européen, le leader en termes d'investissement direct étranger.
Et parmi les autres secteurs bénéficiaires, il y a la santé avec des investissements de Pfizer et AstraZeneca, le numérique aussi avec Microsoft, Amazon, IBM. Est-ce que c'est vous justement, vous à Business France qui mettez l'accent sur tel ou tel secteur, qui insistez pour faire venir telle ou telle entreprise ?
À Business France, nous allons davantage chercher les projets qui sont en adéquation avec notre propre stratégie nationale qui est celle de France 2030. Et ce sont effectivement les grands secteurs d'avenir avec deux grandes priorités, la décarbonation et notamment la décarbonation industrielle et l'innovation.
Et est-ce que vous faites en sorte d'éviter aussi certaines concurrences avec des entreprises françaises pour ne pas se tirer une balle dans le pied ?
Alors nous observons effectivement tous les secteurs d'activité pour regarder comment dans les enjeux de souveraineté française et européenne, puisque souvent cela se joue à l'échelle continentale, il peut y avoir des effets de concurrence. Mais vous savez, la concurrence n'est pas systématiquement et nécessairement mauvaise. Nous avons aussi besoin d'investissements étrangers pour revitaliser et diversifier notre tissu industriel français. Je rappelle aussi très important que un tiers de l'exportation française, donc ce qui participe à notre balance commerciale, est permise par les investissements directs étrangers. Donc on a besoin d'investissements du monde entier pour créer de l'emploi.
Les 15 milliards d'euros aujourd'hui annoncés vont permettre la création, le maintien de plus de 10 000 emplois. Les trois quarts des projets industriels qui vont être annoncés vont concerner des villes de moins de 20 000 habitants. Donc ce sont des territoires qu'on revitalise et c'est de l'emploi industriel qui se recrée en France. Enfin, on n'ouvre plus d'usines qu'on en ferme. Enfin, on embauche davantage d'emplois industriels qu'on en supprime. Et ça, c'est une vraie révolution industrielle en France.
Mais vous parlez d'emplois justement. 35 emplois en moyenne par projet seulement pour la France. Par exemple, je vais citer l'Espagne, c'est 299 finalement. En France, ces projets ne créent pas tant d'emplois que ça ? Comment ça se fait ?
En France, il y a beaucoup aussi d'extensions de sites. Et comme il y a plus de projets d'investissement, si vous avez une moyenne, effectivement, elle va être inférieure en nombre d'emplois par projet. Mais le nombre d'emplois global, plus de 10 000 créés, est supérieur à nos voisins. Et c'est bien ça qui est important. Il ne faut pas minimiser les investissements qui viennent consolider, qui viennent étendre, qui viennent moderniser les investissements déjà existants parce que c'est ça qui pérennise l'emploi. Oui, mais vous allez rire, j'imagine,
qu'il y ait des créations de sites aussi. Parce que finalement, il n'y en a pas tant que ça, des créations de sites.
Il y en a, je vous ai cité Fertigui notamment.
27 seulement sur les 122 projets depuis que Choose France existe.
Mais maintenir et consolider l'emploi existant, c'est là où probablement la France a failli pendant tant de décennies en délocalisant ces industries. Enfin, nous vivons une époque où la France attire les investissements et nous vivons une époque où les investisseurs consolident leurs investissements et leur emploi en le maintenant en France.
Et à quel prix ? Parce qu'on sait qu'il y a des subventions qui sont versées. Combien d'argent public versé pour attirer cet argent privé ?
Il y a, je l'ai cité dans le plan, notamment France 2030, une capacité de l'État à accompagner les investisseurs internationaux dans leurs projets. Nous ne le faisons pas plus que d'autres pays qui peuvent attirer les investissements internationaux. Je pense évidemment notamment à nos grands concurrents continentaux que peuvent être les États-Unis ou la Chine. Nous ne le faisons pas plus, nous le faisons surtout en accompagnement prioritaire et stratégique. On a besoin d'investir avec, à côté, et ce ne sont pas finalement de la chasse à la prime, c'est du co-investissement aussi de l'État français aux côtés des acteurs internationaux. Mais c'est quoi le ratio ?
Il faut mettre combien sur la table pour faire venir des entreprises étrangères ?
Alors, il n'y a aucune clé de répartition unique. Tout dépend du projet. Il y a beaucoup de projets qui ne nécessitent pas de subvention d'État. Mais il y a aussi, c'est ça qu'il faut comprendre, un système dans lequel il fait bon entreprendre et investir en France. Vous ne le faites pas pour aller chercher de l'argent public. Vous le faites d'abord parce qu'il y a un bassin d'emploi, parce qu'il y a des hommes et des femmes qualifiés sur notre territoire, parce qu'il y a un marché européen et la France en est une très belle porte d'entrée, parce qu'il y a des partenariats technologiques.
Tout ça compte autant, si ce n'est beaucoup plus, que la capacité de l'État français à accompagner financièrement ces projets.
Alors, dans ce beau tableau, il y a quand même des trous dans la raquette. Il y a quand même des pays qui ne viennent jamais ou très peu en France. Je pense à la Chine, à l'Inde. C'est votre travail justement à Business France d'aller chercher ceux qui ne viennent jamais ?
Absolument. Business France est présent dans près de 55 pays avec des bureaux qui ont pour mission effectivement d'aller au contact des entrepreneurs étrangers pour les convaincre d'investir en France. L'Inde sera mis à l'honneur cette année sur cette édition de Choose France.
Avec quoi comme projet ? Par exemple ?
Il y aura des annonces qui seront faites de toute façon sur l'ensemble des pays que vous avez cités. Et tout l'enjeu, vous avez raison, c'est de voir comment avec Business France et nos bureaux, nous pouvons aller davantage faire connaître l'opportunité d'investissement européenne et française et ça marche. Ce qu'il faut retenir, c'est que ça se voit, ça se sait. L'image de la France quand on parle économie, quand on parle business, quand on parle industrie, a radicalement changé ces dernières années. Donc ça, c'est quand même très très positif pour le moral des Français et surtout, surtout à la fin pour la prospérité économique de notre pays et l'emploi.
Merci Laurent Saint-Martin, directeur général de Business France. Vous étiez l'invité du 5-7 à quelques heures donc de ce sommet de Chousse France au château de Versailles.