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interviewLa France insoumise· 8 avril 2020 56 min

Non assistance à personne en danger : l’État responsable - Commission d'enquête Covid-19

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

laure annie thébaud mony mille merci d'avoir accepté cette audition c'est vraiment un plaisir de vous recevoir pour parler de la crise de coronavirus convient actuellement donc vous êtes sociologue de la santé vous êtes directrice de recherche honoraire à l'institut national de la santé et de la recherche médicale vous êtes aussi présidente de l'association henri pézerat vous avez fait beaucoup de recherches et vous vous êtes battus pour la reconnaissance de maladie professionnelle notamment sur l'amiante mais aussi le chlordécone ou encore le nucléaire notamment en lien avec les sous traitants du nucléaire et vous avez fait une thèse d'état sur les stratégies sanitaires concernant les maladies infectueuses et la malnutrition alors je vais vous laisser d'abord faire un propos introductif et puis après j'aurai des questions à vous poser merci encore de prendre ce temps pour nous merci donc un tout petit point effectivement sûr mais les travaux qu'ils me montrent a mené par exemple à écrire une tribune sur la situation actuelle concernant coronavirus c'est que j'ai travaillé avec des équipes qui ont été pionnières dans le dépistage est là le traitement de la tuberculose dans les années 70 dans des situations si difficile que l'inde où l'algérie ou la maladie était endémique donc c'est à partir de ces travaux la queue je j'ai réfléchi à ce qui se passe en france et donc ma critique de ce qui se passe actuellement et part de cette expérience et puis il y aura un deuxième point qui est donc avec des aussi des préconisations parce que je pense que tout ce qu'on a appliqué à l'époque s'appliquerait mais alors c'est d'une actualité brûlante aujourd'hui et puis dans un deuxième point je viendrai sur les questions de santé au travail et des droits des travailleurs par rapport à la situation présente donc sur brièvement sur la la stratégie choisie en france la stratégie choisie en france c'est de faire tous passés par les hôpitaux de ne pas faire de dépistage à partir notamment du réseau des généralistes qui notre système de soins de première ligne ou des centres de santé ou de tout ce qui est soit de première ligne c'est là où aurait dû être implanté très tôt la pratique des tests la mise en évidence des quarts contaminé avec une surveillance médicale rapprocher à domicile évidemment hors contact il ya tous les moyens possibles donc je vais pas venir sur les moyens le fait de mettre en arrêt maladie tous ceux qui sont malades sont symptomatiques et les contacts connu pour être positif à partir donc de tests qui aurait pu être fait ou qui pourraient encore être fait parce que c'est pas trop tard sauf que manifestement bien que y ait un arrêté autorisant les labos de ville à faire les tests pour le moment ces labos manque de réactifs et là je voudrais insister quand même s'il est un peu une parenthèse sur le fait que des labos publics de médecine vétérinaire ont proposé leurs services pour justement sortir ces réactifs et aider à une accélération de la production de test est manifestement c'est pas le choix qui a été fait et ça c'est totalement incompréhensible de mon point de vue c'est là on a une une carence énorme sur cette question du dépistage surtout dans les conditions et je vais réunir les conditions suivantes alors ensuite donc il ya le dépistage ensuite il ya le traitement le traitement le choix qui a été fait c'est de ne prendre en charge que les cas graves de laisser les autres à domicile avec du paracétamol et je rentrerai pas dans la controverse avec le ce qui se passe autour de ce qu'a fait le professeur raoul je veux simplement souligné que quand on a des molécules qui sont susceptibles d'agir que des premiers signes montrent que le traitement par plaques est nulle ou hydro hydroquinone ce traitement semble donner des résultats au lieu de dire que et de disqualifier celui qui apporte cette première information la stratégie devrait être de mettre en place dans plusieurs hôpitaux dans plusieurs régions ce traitement qui semble apporter des effets je suis allé sur le site marseillais est là manifestement ils ont continué donc à traiter et ils ont en tout cas très peu de décès il n'ya pas les détails sur mais en fait il semble quand même que ce soit une une possibilité en tout cas compte tenu du fait que cette molécule est connu que on connaît très bien les effets adverses c'est un médicament qui tu es dans une molécule qui était dans la miba qui imaginent pendant trois ans vécu dans un pays où j'étais obligé de prendre de la nivaquine jeu les donner à mes enfants on savait quels étaient les effets secondaires on savait qu'elle était plus les précautions à prendre donc il n'y a pas de raison de refaire un essai thérapeutique dans les mêmes conditions que pour des molécules qui ne sont pas connus et à ce moment là on met ça en place avec toutes les précautions pour que les effets adverses soit identifié les conditions du traitement et que ça permette déjà d'apporter un minimum de solutions et d'ailleurs je voudrais évoquer ici un jugement du tribunal administratif de guadeloupe que je pourrais vous en voyez après où le juge a donné dont a donné droit dans un référé à des commandes non seulement de test mais à des commandes d'hydroquinone donc en fait je pense que il faut absolument envisager cette question là non pas dans un sur la régissent de controverses mais sur un régis de face à l'adversité on met en place ce qu'il faut pour traiter mais on le fait pas non enfin on le fait avec des protocoles comparatif entre hôpitaux on peut pas demander aux professeurs out de dire je vais en traiter quelques uns et les autres je les traite pas et je regarde ce que ça ce que ça va donner du point de vue de tirer de l'éthique c'est pas possible quoi donc moi ya cet aspect là qui pour moi reste un point sur lequel on pourrait probablement avancer plus vite alors je reviendrai dans des questions sur ses seins sur ces aspects là ce que je voudrais évoquer maintenant c'est la question des droits des travailleurs dans la situation présente moi je suis très inquiète des des conditions de travail alors je vais distinguer les soignants les secteurs essentiels à la vie les secteurs non essentiels du côté des soignants la situation est absolument catastrophique et je sais que dans certains journaux maintenant la gestion de la pénurie alors moi c'est ce que j'appelle une pénurie socialement et économiquement construite depuis dix ans parce que c'est bien de ça dont il s'agit mais quand même mais quand même manifestement les mesures n'ont pas été prises pour que tous les soignants et quand je dis tous les soignants c'est pas seulement à l'hôpital et c'est déjà inadmissible qu'à l'hôpital les gens mais pas ceux qui leur faut il n'est pas le seul qui leur faut aussi en termes de médicaments qu'on soit à court de médicaments la réquisition elle devrait être immédiate je comprends même pas qu'elle n'ait pas déjà été fait depuis quinze jours depuis le début du confinement mais les autres secteurs qui m'apparaissent en déficit cruel est inadmissible c'est lisse le samu c'est les généralistes les infirmières les autres corps de métier dont les soins sont indispensables et je sais par exemple que des traitements de de kinésithérapie pour déi malades atteintes de la maladie de parkinson sont interrompus faute de moyens de protection efficace et puis vous avez le mot scandale des états de ces c'est inadmissible que l'on puisse lire dans le monde le témoignage de florence aubenas qui est absolument impressionnant est impressionnant sur le courage de tous mais moi je suis pas il faut garder une lucidité le courage il et c'est cette une obligation pour les soignants d'être dans cette situation si un jour ensuite il ya des comptes qui sont demandés c'est eux qui seront en première ligne pour non-assistance à personne en danger et là il ya quelque chose qui me paraît d'une gravité extrême vis-à-vis de des administrations et du pouvoir politique qui ont pris les décisions de confiner mais s'en donner les moyens et ça c'est pas admissible confiné s'est révélé personnes de ce qu'il reste quand on vieillit c'est à dire le contact avec les proches et le contact avec les proches auraient pu être maintenue si les moyens avaient été mis je vais prendre une comparaison quand on a une très grave intervention cardiaque le malade est en réanimation on a la possibilité d'aller rendre visite aux malades avec les précautions qui s'imposent si dans chaque ehpad il y avait eu les moyens mis à disposition du personnel et des des familles les les résidents ne se retrouverait pas dans cette situation d'isolement qui est terrible et surtout les soignants serait pas dans une dans un désespoir pour certains total face à la situation donc ça c'est pour tout ce qui concerne les soignants d'ailleurs joué à ce sujet souligne est quelque chose que florence aubenas dit dans ce reportage qui est très important elle dit il ya une infirmière qui dit ou une aide soignante qui dit oui mais on n'est pas des vrais soigneur nous parce que les ehpad sont des lieux de relégation et ça c'est terrible alors le deuxième secteur dont je voudrais parler c'est les secteurs essentiels à la vie c'est-à-dire tout ce qui est commerce alimentaire alors là évidemment la grande distribution toutes les chaînes dites logistique avec le transport la manutention etc où on sait que les précautions n'ont pas été prises alors probablement en partie à cause de la pénurie probablement en partie de la responsabilité de l'employeur j'ai été scandalisé des propos de muriel pénicaud lorsqu'elle a dit que l'obligation de sécurité du chef d'entreprise n'était qu'une obligation de moyens ce n'est pas acceptable d'entendre des choses pareilles dans une situation comme celle qu'on connaît des personnels de grande distribution sont atteints ou sont décédés déjà dû coronavirus cette situation n'est absolument pas acceptable donc les précautions n'ont pas été prises la fermeture des marchés en plein air m'a beaucoup surprise parce que il me semble plus facile d'organiser une avec même mis compris éventuellement des volontaires le fait de respecter la distance sont dans un marché ouvert en faisant en sorte que les producteurs puissent continuer à vendre leurs produits que dans toute la chaîne salariés et avec beaucoup d'intérimaires avec beaucoup dans tout ce qui est logistique dans tout ce qui est mise en rayon etc il me semble que la prévention est plus facile à faire sur un marché ouvert occasionnellement deux fois par semaine où que ce soit dans des villages même dans des pays et l'idée des banlieues où le marché est le lieu où les gens vont faire leurs courses parce qu'il ya des gens qui n'ont pas la possibilité d'aller dans la grande distribution et d'avoir privilégié là encore la grande distribution tu penses que c'est un choix qui ne se justifiait pas du point de vue sanitaire au contraire qu'ils mettaient une fois de plus en danger les plus fragiles des salariés qui sont actuellement soumis à l'obligation de travail et de ce point de vue là le droit de retrait doit rester absolument une une possibilité pour les salariés de refuser d'être exposée au corner virus puisque les conditions ne sont pas réunies et à ce sujet je pense que là aussi il devrait y avoir une obligation de tests de façon à ce que lorsque je pense à l'exemple de vitrolles ou dans un supermarché de salariés se retrouvent malades dont un est en réanimation c'était il ya deux jours et l'autre à des symptômes également grave les salariés ont posé leur droit de retrait ce droit de retrait devra aller jusqu'à la possibilité de se faire tous testés tous testés de telle sorte qu'ils sachent ainsi son symptôme aussi s'ils n'ont pas de symptômes s'ils sont quand même positif et de s'assurer qu'aucun de ceux qui sont positifs sont encore au boulot asymptomatiques ou pas parce que c'est pas acceptable de laisser travailler les personnes dans cette insécurité qui prend compte tenu de la situation un tour absolument dramatique donc ça ça vaut pour tous les secteurs dans lesquels les gens sont obligés de travailler alors c'est la même chose dans les commerces c'est la même chose aux fins amazon etc alors maintenant je vais venir aux secteurs non essentiels ou aux productions non essentiels à l'intérieur de la grande distribution parce que dans le même supermarché de vitrolles les salles à les les salariés qui demandaient le droit de retrait on demandait aussi que soit arrêté les productions les la vente d'électroménager et de textile enfant ce qui n'est pas immédiatement essentiel à l'alimentation et à l'heure actuelle ils ne l'ont pas obtenue cette situation l'a également l est pas admissible il faut si le gouvernement veut être cohérent nous met tous en confinement on va jusqu'au bout c'est-à-dire qu'on arrête en art et airbus on arrête les industries de l'armement on arrête etc j'écris ces deux exemples là il y en a beaucoup d'autres les secteurs non essentiels doivent être arrêtés et en matière de suivi médical il doit y avoir il y aurait dû y avoir dans la loi d'urgence sanitaire un article qui organise le suivi médical renforcé de tous ceux qui sont obligés d'aller bosser que ce soit dans le secteur de la santé que ce soit dans les secteurs comme la grande distribution comme les secteurs année alimentaires partout où les travailleurs sont obligés d'aller travailler ils doivent être testés et ce test doit être renouvelée régulièrement surtout si on sait que des cas positifs sont identifiés et je ne comprends absolument pas que l'obligation de travailler pour un certain nombre de travailleurs n'est pas apte et a sorti immédiatement de cette disposition parce que là on est là encore dans de la mise en danger d'autrui et dans de la non-assistance à personne en danger et j'insiste là dessus voilà un grand merci je pense que il ya beaucoup de préconisations que vous avez donnée dans lequel nous aussi on se retrouve notamment sur les secteurs non essentiels on avait demandé que les délices qui soit fait qu'on laisse pas le marché l'employeur décidé lui même s'il devait continuer ou pas on appris nous l'exemple du livreur de fucci par exemple qui continue à travailler et puis je pense que c'est aussi très important je veux juste souligner avant de poser ma prochaine une question de réaffirmer que le droit de retrait doit être respectée notamment vu le nombre de soignants ou de travailleurs que ce sont les secteurs essentiels grande distribution alimentation énergie et autres parce que c'est un droit de retrait qui est aujourd'hui assez stigmatiser on parlait même combien vaut qu vocabulaire guerrier en ce moment de de désertion pour pour pour certaines personnes donc je pense que c'est important de le dire et le redire moi j'aimerais bien que vous développiez maintenant vous dites cela populaire la santé de la population contient un facteur de classe là on voit qu'aujourd'hui ceux qui sont obligés d'aller travailler c'est souvent les travailleurs qui ont le moindre connaissance le moins de salaires aussi des éboueurs je pense aussi enfin quand on s'aperçoit aujourd'hui que ce sont eux qui font tourner le pays dans ses fonctions essentielles et aussi sur les questions de confinement où là aussi il ya des questions de classe qui se pose est ce que vous pouvez développer un peu ce point là alors sur l'obligation de travail effectivement un peu tout toute la division du travail qu'on dont on a vu la mise en place depuis une trentaine d'années avec le développement de la sous-traitance du travail temporaire et puis de deux statues qui vont de pire en pire qui est long de l'interview dans un premier temps jusqu'à libéralisation c'est à dire des travailleurs devraient du vrai faux travail indépendant parce que il ya toujours une fugue l'ordination alors on le voit dans les chantiers du bâtiment on le voit avec tout ce qui est les livreurs etc on se retrouve avec cette situation ceux qui sont obligés de travailler sur leur lieu de travail sont ses salariés dans des statuts précaires je prendre l'exemple de là aussi un exemple qui parle beaucoup de la grande distribution et puis un deuxième exemple qui est celui de la maintenance industrielle et en particulier dans l'industrie nucléaire je connais bien dans la grande distribution les statuts des caissières de supermarchés sont des statuts de travail à temps partiel de cdd c'est ce sont des postes de travail ou ce qui leur est demandé c'est d'être à disposition avec des horaires qui changent de semaine en semaine etc et il est évident qu'elles elles sont pas de télétravail possible pas de choix et il ya de très grandes difficultés à faire respecter même à la clientèle les distances de sécurité donc par la force des choses elles sont très exposés et dans la grande distribution vous n'avez pas que ça vous avez toute la filière depuis les les transports avec les livreurs mais il est toute la manutention en à londres puis le transport puis la livraison il ya eu tout le scandale quand même deux des chauffeurs routiers qui se sont retrouvés sans le minimum vital pour être un peu en sécurité dans la manière dont il travaille avec l'impossibilité de trouver où se restaurer ou faire ses courses où loger c'est sont des conditions qui sont absolument inadmissibles et pourtant on a besoin évidemment du transport des marchandises donc pourquoi les premiers auxquels le gouvernement aurait dû penser c'est ce sont ces catégories là je prends que ces deux aspects là mais toujours dans la grande distribution il ya aussi tous ceux qui font la mise en rayon qui a pris une allure folle avec la manière dont certains c'est plus de supermarchés ont été dévalisés dans la dernière quinzaine il est évident que les précautions n'ont pas été prises surtout avec la pénurie de masques et de gels hydroalcooliques et c'est donc c'est une filière où j'irai plus on descend dans l'échelle hiérarchique plus les conditions sont précaires et dangereuses du point de vue de la contamination à laquelle on est exposé si je prends les centrales nucléaires et la maintenance la maintenance et les indispensables là actuellement il ya certaines centrales à l'arrêt pour avec des arrêts pour maintenance et les salariés de la sous-traitance se plaît de devoir travailler dans les conditions habituelles c'est à dire des espaces confinés où ils ont au moins le double risque confinement plus radioactivité des vestiaires dont la propre t laisse à désirer des sanitaires également et un désintérêt une fois de plus pour ce que j'appelle souvent les travailleurs extérieurs invisible c'est à dire ceux dont on ne parle pas quand on parle ddf on parle des agents et des f et on loupe le fait qu'il continue à travailler pour ceux qui ne font pas de télétravail et parmi ceux qui font du télétravail il ya ce qu'on appelle les chargés d'affaires les chargés d'affaires c'est ceux qui encadrent la maintenance et du coup les salariés sous traitants se retrouve sans interlocuteur ou avec beaucoup moins d'interlocuteurs or ce qu'il faut savoir c'est qu'en l'arrêt de tranche les interlocuteurs eux mêmes les chargés d'affaires sont souvent submergé de travail il y avait eu des d'ailleurs des rapport de l'office parlementaire d'évaluation des choix technologiques qui avaient pointé 7 cette situation et de ce point de vue là je suis extrêmement inquiète de la disposition des 60 heures parce que ce soit pour les sous traitants ou pour les agents edf qui encadre la maintenance les obliger à travailler 60 heures par semaine c'est extrêmement problématique du point de vue du risque de contamination du coronavirus mais pas seulement c'est aussi un risque du point de vue de la sûreté nucléaire parce que quand on met des sous traitants dans une situation où ils doivent travailler dans les conditions que l'on connaît de la maintenance des centrales les laisser 60 heures au travail amis c de la folie de la folie du point de vue de leur santé de la folie du point de vue de la sûreté des installations parce qu'on peut pas demander à quelqu'un qui est puisée qui travaillent la peur au ventre à la fois sur le risque infectieux est à la fois sur le risque radioactif d'avoir la même liberté d'esprit pour faire son boulot que quelqu'un qui travaille 35 heures et qui sait que il est correctement protégés alors sur le confinement là on est dans une situation où ça devenait la seule solution j'en ai parfaitement compte aux consciences et qu'on ne fasse pas dire que je suis contre le confinement c'est pas vrai je pense qu'à un moment donné il faut mettre tout le monde à l'abri quand on veut pas fait entendre mais il ya d'autres exemples et je vais prendre celui de l'allemagne et celui de l'islande mais aussi d'une petite ville italienne qui a très peu fait parler d'elle qui sont qui connaît aussi le confinement mais qui a adopté cette disposition de faire les tests est confiné ceux qui sont atteints quand je dis ceux qui sont atteints c'est pas seulement ceux qui présentent des symptômes toute personne testés positifs auraient dû être confinés immédiatement c'est comme ça qu'on arrête comprend la chaîne de contamination ça n'est pas en confinant tout le monde en en laissant une partie travaille et que je dirais que là on prend du retard mais c'est pour ça que je je plaide énormément pour l'arrêt des activités non essentielles parce que c'est le seul moyen qu'on arrête cette chaîne de contamination maintenant mais c'est pas le choix qui a été fait par l'allemagne c'est pas le choix qui a été fait par l'islande et en italie l'une des premières communes qui a été atteinte une toute petite commune de lombardie où tous les lycées les 3000 habitants ont été testées une première fois bon ils ont été en confinement sur ses 3000 il y avait je crois entre 250 et 300 sur l'ours à quelques pas sur les 3300 personnes 3% a été testé positif donc ça fait de l'ordre de 300 après deux semaines de confinement et d'isolement les chercheurs ont constaté que la transmission avait été réduite de 90% c'est à dire qu'ils ont re-tester ou 15 euros et que tout ce qui était encore positif était sans symptômes et devait rester en quarantaine c'est à dire que le fait de tester systématiquement dans une période de pandémie ça permettrait rapidement de mettre à l'abri les plus virulents on arrive à des gens qui ont une charge virale probablement moins importante et contre laquelle il arrive mieux à se défendre et progressivement m'arrête la chaîne de contamination est en fait c'est cette démarche là je ne comprends pas qu'elle n'ait pas été mise en place dès le début quand l'allemagne a commencé en décembre pourquoi n'avons nous pas fait la même chose et quand les cas avery ont commencé à apparaître pourquoi cette démarche là n'a pas et n at elle pas été celle de la france en faisant les généralistes les premiers acteurs de du dépistage et la possibilité ultérieure de compter sur eux pour pour le suivi le suivi des cas le suivi des contacts un généraliste qui connaît ses patients il connaît la famille y connaît leur travail chaque généralistes pourraient faire ce travail avec ses propres patients en lien avec des labos de ville encore faudrait-il que les labos de ville puisse faire le test est donc le confinement est devenu indispensable parce que tout ça en amont n'avait pas été fait et ça n'était pas quelque chose de d'exorbitant du point de vue du coup le coût actuel est infiniment plus important c'est à dire réservé toute action médicale d'ensemble à l'hôpital s'est mobilisé les moyens alors avec en plus l'arrivée à saturation à laquelle on arrive actuellement qui est extrêmement inquiétante et là on arrive alors à cette situation où il faut déplacer des balades moi j'ai une question par rapport à ça pourquoi ne pas avoir déplacé et fait venir des des soignants dans les régions de l'est et en région parisienne plutôt que de déplacer les malades ce qui a un coût énorme mais qui a aussi surtout pour les patients et ne facteur supplémentaire de d'inquiétude et autant se faire soigner près de chez soi sicaud logiquement on est quand même là où on vit autant se faire emmener en hélicoptère à 800 km je suis pas sûr que ça aide du point de vue de la mobilisation du patient pour se défendre face à cette situation qui est très stressant d'être avec d'être en réanimation merci merci beaucoup j'avais lu une expression qui me fait penser à ce que vous dites c'est que le confinement c'est la seule solution qui reste notamment parce qu'on n'a pas appliqué ce que recommandait l'organisation mondiale de la santé utiliser des prix des pistes et il disait il y avait un article c'est plus lisez le confinement c'est un peu la stratégie du pauvre en fête et notamment cela revient à la pénurie qui a été construite socialement et économiquement qu'est ce que ça dit vous vous avez suivi à plusieurs catastrophes qui ont lieu dans notre pays alors par au même niveau mais je pense à lui brise hall à la pollution au plomb lors de notre dame l'incendié à notre dame qu'est ce que ça dit de la capacité de gestion de crise d'un pays on vous avait dit tout à l'heure pourquoi est-ce que la france n'a pas fait comme l'allemagne dès décembre de pouvoir produire des choses et même maintenant on n'est pas encore à la réquisition des moyens de production qu'est ce que ça dit sur notre manière à la fois de prioriser des objectifs sanitaires sur des objectifs économiques et delà de la possibilité d'avoir un état qui sait gérer une crise réellement alors c'est vrai que ce baradel gelé en tête depuis le début de fin de depuis que les décisions étaient prises de confinement de mais surtout avant le discours le discours qui a précédé était un discours qui se voulait constamment rassurant on rassure pas lorsque les mesures qui sont en crise apparaissent incohérents par rapport à la gravité de la situation en fait dans les trois catastrophes je dirais que le ce qui m'a frappé à chaque fois c'est cette volonté de dire tout va bien on gère tout va bien en gère il ya 400 tonnes de plomb qui tombe sur notre nomme il ya un an on sait que quand le plomb les chauffer à très haute température il se pulvérisent en poussière donc tout ce qu'on a péniblement aider à mettre en évidence c'est à dire qu'il y avait une une il y avait cet incendie mais il y avait une catastrophe sanitaire qui l'accompagnait ça a été on s'est heurté au déni des autorités sanitaires qui disait en germe et on gère pas il n'y a pas de risque immédiat alors cette ce discours là on l'a entendu encore plus salubre isole un épisode des centaines de molécules chimiques brûle dont on sait les effets à long terme à moyen et long terme et le seul discours qu'on entend pas de risque immédiat c'est absolument insupportable il là on est dans une alors je pense qu'il y a plusieurs plusieurs explications qui se combinent je dirais qu'il ya [Musique] leitmotiv surplombant qu'ils aient essayé de minimiser au plan économique les conséquences d'une crise quelle qu'elle soit c'est à dire il faut pas que cette crise atteignent un point où ça nous obligerait à repenser au niveau économique ce qui se passe c'est à dire quand il on a envie de continuer la fuite en avant du système capitaliste et au libéral tel qu'il est et cette crise là est une parenthèse et au lieu d'admettre que ces trois crises qui ont atteint autres pays en moins d'un an sont symptomatiques des contradictions du système économique et de cette rationalité économique qui fait que les problèmes de santé publique sont toujours mine enfin ce qui est prioritaire c'est la poursuite de l'économie et au détriment s'il le faut de la santé et de la santé publique alors c'est un raisonnement qui tirait habituel depuis près de deux siècles donc on n'est pas dans quelque chose d'extraordinairement nouveau et on a maintenant heureusement des historiens qui travaille à mettre en évidence cette continuité de la suprématie des des objectifs économiques sur toute autre considération mais ces crises devrait surtout leur accumulation devrait obliger alors là à tous les niveaux de la société je parle pas seulement d'un gouvernement c'est au niveau de l'ensemble de à la fois des corps constitués des syndicats des associations de tout ce qui peut y avoir comme possibilités de réflexion collective pour repenser situation dans laquelle la santé la vie est mise au centre parce que depuis pratiquement 50 ans on a vu émerger cette ce raisonnement selon lesquelles tout devait être évaluée à l'aune de la valeur économique y compris le coût de la vie humaine on a transformé ce qui a était de l'ordre de de l'entretien de la vie en particulier la santé l'éducation l'organisation du territoire en découd qu'il fallait à tout prix c pour faire fonctionner l'économie et ce à un moment donné c'est plus possible on arrive avec ses crises à la prise de conscience que les choses doivent changer et que la vie la santé doivent être mises au coeur de la réflexion économique et politique évidemment merci une autre question vous êtes directrice de recherche qu'est ce que ça dit cette crise aussi sur la recherche quelles préconisations au fait dessus sur notamment aussi le besoin de recherche publique l'observatoire de la transparence les politiques de médicaments disait que sur la question des tests c'étaient les petits laboratoires de recherche publics qui nous avait permis d'avancer vite quand les trois grosses firmes mondiales elle était incapable de le mettre en place rapidement même si on n'a pas tous les tests qu'il faudrait c'est ce qu'on disait tout à l'heure qu'est ce que ça dit sur cette recherche vous dites souvent que quand souvent vous dit que il ya il ya une instrumentalisation de la science à des fins de bénéfices privés qu'est-ce qu'il faut qu est ce que ça dit et qu'est-ce qu'il faut changer sur cette question là alors là je vais plaider pour quelque chose que qui me tient beaucoup à coeur parce que le chercheur dans la recherche publique sur fonds publics je n'ai jamais touché un sou de l'industrie pour mes recherches et je plaide pour que l'on revienne sur le financement de la recherche privée pour consacrer vraiment une recherche publique qui a les moyens donc le lin peau recherche qui finalement sert énormément les entreprises est au détriment de tous nos labos de recherche publique et on voit dans la crise actuelle que y compris je sais qu'il ya eu des articles sur le fameux conseil scientifique qui donne ses conseils à l'exécutif sur la gestion de la crise actuelle les conflits d'intérêts sont les géants dans la recherche pourquoi parce que il ya aussi des chercheurs en recherche publique qui n'arrivent pas à faire leurs recherches faute de financement mais cette situation est inacceptable gicl j'ai écrit un livre qui s'appelle la science a servi et qu'il traite en santé publique deko lucide collusion que j'appelle mortifère entre les chercheurs et les industriels on l'a vu pour l'amiante on l'a vu pour le plus pour la radioactivité et on le voit je pense pour le coronavirus on n'a pas encore fait complètement l'analyse il est clair que si on veut avancer y compris par rapport à la situation dans laquelle on est sur le plan des pesticides sur le plan des substances chimiques sur le plan dit les nanoparticules des champs électromagnétiques il faut une recherche publique indépendante des opérateurs sinon on arrive une fois de plus à la construction d'une incertitude indéfiniment reconduite qui sert à la fois financièrement et dans leur objectif d'empêcher la réglementation les industries les plus puissantes au détriment d'ailleurs des petits laboratoires effectivement en recherche publique pour appuyer sa on m'avait donné un chiffre sanofi qui reçoit chaque année en crédit impôt recherche dont vous parliez à l'instant 150 millions d'euros là est en train de se faire glorifier notamment par le gouvernent monde parce qu'il donne un million cinq cent mille à hauteur de 5 millions cinq cent mille euros de comprimés de chloroquine donc un million cinq cent mille par rapport à 150 millions sachant qu'ils ont abandonnée alzheimer qu'ils ont supprimé deux mille postes de recherche et que en plus les 1 million 500 mille sont défiscalisées ça donne une bonne idée de ce que ça fait deux et aussi du court terme du cou qui prévaut au détriment de l'intérêt général dernière question peut-être qu'il était importante vous avez dit tout à l'heure c'est pas une parenthèse qu'on est en train de vivre c'est pour nous c'est extrêmement important que on disait qu'on redit ce qui aura pas de retour à la normale parce que la normale c'est ce qui a permis en fait qu'on se retrouve dans ces crises multiples que vous avez noté est ce que pour vous le coronavirus c'est inédit est ce que est ce que ça ressemble à d'autres choses tout à l'heure vous parliez de l'algérie et de l'inde mais est-ce que sur quoi est ce que cette crise est inédite et et qu'elles sont vous avez déjà cité plusieurs plusieurs choses qu'il faut absolument changer mais qu'est ce qu'elle est quel est l'enseignement fondamental qu'il faut en tirer et comment est ce qu'il faut le faire aussi je dirais qu'elle est inédit parce que là tu as absolument tous les pays et toutes les classes sociales quand même malgré tout et même si les inégalités criantes sont là pour nous rappeler qu' on est dans un monde éminemment inégalitaire où ce sont là encore les plus pauvres et les plus démunis qui vont payer le plus lourd tribut à cette pandémie et c'est ça aussi c'est quelque chose sur lequel j'irai depuis 50 ans tous les travaux vont dans le sens de dire il faut arrêter il faut là aussi m la réduction des inégalités de santé au coeur des politiques publiques en matière économique comme en matière de politique de santé oms ans tirera pas autrement et de ce module à cette crise elle est inédite parce que en fait elle s'est servi de tout ce qui avait été mis en place avec la mondialisation je vais prendre le transport aérien il est certain que le transport aérien l'accélération du transport aérien x x a entraîné très très rapidement la propagation de cette épidémie dans tous les pays alors que une certaine arrogance axe occidental a fait qu' il n'y a pas eu du tout de mesures moi je sais pour est rentré en février je suis arrivé à roissy avait aucune aucun contrôle aucune précaution alors qu'il y avait certainement cinq ou six avions qui arrivaient en même temps et que tout le monde était à attendre à la douane évidemment sans aucune distance de sécurité et surtout sans aucun contrôle il y avait des contrôles aux frontières je tirais des contrôles au faciès ça y est on appelait mais des contrôles sur les coronavirus il n'y en avait pas et je me suis fait la réflexion parce que février s'était déjà largement la crise en chine comment se fait-il que dans les aéroports européens on n'est pas mis en place de ce point de vue là y compris pour rassurer les voyageurs qui arrive est un mode de fonctionnement qui auraient permis d'identifier et éventuellement des personnes atteintes en leur proposant des modalités d'entrée qui soit à la fois humainement compatible avec le fait que quand on arrive c'est pas très agréable de se mettre en quarantaine mais il ya des moyens de faire ça surtout si on s'y prend au début là manifestement s'est laissé déborder complètement c'est à dire c'est le court terme c'est on verra bien et jusqu'à présent les crises sanitaires c'est celle qu'on connaît avec l'amiante c'est celle qu'on connaît avec alors des événements tels que tchernobyl tels que lubrizol ou notre dame plus proche de nous ce sont des catastrophes ou les zélés les effets sont diluées dans le temps surtout arrive avec ce qu'on appelle un délai de latence important et pour lesquelles on ne met rien en place alors ça c'est aussi une des choses sur laquelle je voudrais insister c'est ce que j'appelle l'effacement des traces c'est à dire que plutôt que de regarder ce qui se passe lorsqu'on a le l'incendié de notre dame où lorsqu'on allume grisolles on ne met en place aucun suivi médical ni des premiers concernés c'est à dire les travailleurs les pompiers les travailleurs qui sont intervenus qui interviennent tous par exemple autour de notre dame tous les travailleurs des commerces etc il ya aucun suivi digne de ce nom qui a été mis en place donc on ne sera pas à la différence de des états unis où wall trade center lorsque il ya eu les attentats du world trade center des équipes de santé publique américaines ont mis en place un suivi pour les pompiers pour les intervenants et pour les résidents ce qui fait que près de vingt ans après on a la possibilité de savoir quelles sont les conséquences sanitaires de cette attente un du point de vue d'un certain nombre de pathologies en rapport avec les expositions et ça c'est une des caractéristiques aussi de la gestion courte court terme qui est une manière de minimiser de rendre invisible de ne pas avoir à s'occuper des conséquences et de creuser encore plus les inégalités face au cancer et je vais reprendre les chiffres du cancer parce qu' une des choses qui n'a pas été dit sur le corona virus c'est que quand même parmi les plus vulnérables il ya tous ceux qui ont une une pathologie sous jacente en france nous avons 400 mille nouveaux cas de cancer par an ça veut dire que quand on est nouveaux cas de cancer on est obligatoirement soumis à des traitements qui affaiblissent les défenses immunitaires combien de ceux qui sont malades aujourd'hui du coronavirus ont le cancer ont une pathologie préexistante liée là aussi à des négligences coupables par rapport à des risques connus et je parle de ce que qu'ils sont dans la liste dans les listes reconnu du centre international de recherche sur le cancer donc on est et l'inégalité face au cancer dans les années 80 un ouvrier avait déjà à quatre fois plus de risques de mourir de cancer qu'un cadre supérieur en 2008 c'est la dernière année où on a sept cette information un ouvrier avec dix fois plus de risques qu'un cadre supérieur l'inégalité elle est associé à l'exposition tant qu'on n'agit pas sûr et on revient du coup à la même situation que par rapport au corona virus dans le corps en un virus le dépistage c'est la possibilité de savoir qui est en contact deux en milieu de travail on ne devrait plus avoir un seul travailleur en contact avec l'amiante ça fait 20 ans qu'on a fait interner l'amour or donc tous les secteurs d'activité où l'amiante est présent encore puisque on a énormément utilisé l'amiante les travailleurs ne sont pas protégés comme il devrait l'être merci pour cette audition très éclairante et je pense que c'est important de finir avec cette nécessité de remettre notre manière de vivre ensemble sur du long terme en préservant avant tout la vie et la santé comme vous le disiez notamment au vu des enjeux écologiques qu'il a aussi touché les plus vulnérables et qui vont faire là aussi une accumulation de crise donc si on continue avec les recettes qui ont qui nous ont amenés dans la situation de catastrophe que nous vivons mondialement on va encore reproduire ça de plus en plus fréquemment et avec avec des cats et des conséquences dramatiques pour la bille beaucoup de gens merci beaucoup annie thébaud mony merci merci mathilda

Non assistance à personne en danger : l’État responsable - Commission d'enquête Covid-19 — Mathilde Panot · Pourquijevote