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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 31 décembre 2024 21 min

Pour Alexis Corbière, le Nouveau Front populaire "doit préparer" l'après Macron "par une candidature unique et non des démarches individuelles"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Alexis Corbière, Emmanuel Macron présente ses huitièmes voeux aux français ce soir. Est-ce que vous espérez que ce seront ses derniers voeux comme président ?

0:15
Alexis Corbière

Oui, mais déjà, voir le bilan, 7 ans, un septennat. Je crois que la reine d'Angleterre, quand elle avait des problèmes, elle avait parlé d'une anus horribilis, je ne sais plus en quelle année, là on est sur un septennatus, je ne sais pas si le mot existe. Après la mort de Lady Diagneter. Voilà, pardon, c'était grave, mais assez horribilis, je veux dire, la situation dans laquelle la France aujourd'hui se trouve, et en particulier, on va tirer le bilan dans les 20 minutes qu'on en sent, peut-être si on peut, de cette année 2024, la situation politique est extrêmement énervée, on est dans une crise profonde.

0:45
Présentateur

Pour bien vous comprendre, vous dites oui, vous espérez que ce seront ses derniers voeux, c'est-à-dire que vous demandez qu'il démissionne, vous espérez qu'il démissionne ?

0:52
Alexis Corbière

Je pense qu'il pourrait partir. Moi, on va en parler, je ne vais pas, comment dirais-je, attendre, s'il vous plaît, monsieur le président, je veux dire, c'est un des problèmes de la Ve République, il est irresponsable, dans le sens où il n'a pas de responsabilité à rendre. Je peux dire, il faudrait que vous partiez, s'il décide de rester, il restera. Il m'est arrivé aussi dernièrement, d'autres forces politiques l'avaient proposé, ont pu discuter même de sa destitution, mais, allez, je vais vous répondre directement, s'il venait à partir, je pensais qu'on parlait plutôt de ça à la fin, nous, mon camp politique, la gauche doit préparer ce départ. On va en parler aussi.

Parce que c'est important. Ce que je veux dire, c'est que, je rentre dans la discussion, si M. Macron venait à ne pas aller jusqu'au bout de son mandat, ce qui n'est pas impossible, ce qui n'est pas impossible, même si je le demande ou pas, il est possible que la crise est telle, le blocage est tel qu'au bout d'un moment, le départ du président de la République soit un élément de blocage, qui ne sera même pas demandé par un homme comme moi, mais peut-être par toute une série d'acteurs politiques, voire même des milieux économiques, de la presse.

J'ai même vu qu'un grand quotidien comme Le Monde, et je connais mon petit monde politique, commence à révéler toute une série de choses qui montrent bien que de l'entourage même de M. Macron, il y a un élément de saturation. Donc ce que je dis, on va en parler, c'est que s'il venait à partir, par contre, ce qui est important, c'est que mon camp prépare cet échange sérieusement, c'est-à-dire par une candidature unique du nouveau Front populaire, et non pas par des démarches individuelles comme je l'entends actuellement, et je vais citer directement, notamment mes anciens amis insoumis, même s'ils sont toujours amis politiquement, mais ils m'ont exclu, Jean-Luc Lanchon qui dit, si M.

Macron s'en va, et il le souhaite, je suis candidat, et puis les autres, ils ont le droit de se rallier à moi. Non, non, non, il ne faut pas le préparer comme ça, parce que s'il y a une prochaine élection présidentielle, nous pouvons la gagner, à condition, au premier tour, de regrouper, et au deuxième tour, d'élargir. On va revenir sur l'avenir.

2:33
Invité

Ça, ça décide une discussion stratégique sérieuse entre nous. On va y venir sur l'avenir de la gauche, Alexis Corbière, si vous le voulez bien.

2:39
Alexis Corbière

C'est un mec qui de suite m'a amené sur le sujet.

2:41
Invité

Désolé de vous décevoir, Alexis Corbière, Mais il semble peu probable quand même que le chef d'État annonce sa démission, en tout cas ce soir, lors de son allocution à 20h. Vous me brisez le cœur. Quand même, vous en attendez quoi de s'évoquer ? Qu'est-ce qu'il doit dire aux Français, Emmanuel Macron ?

2:55
Alexis Corbière

Déjà, je pense que cet homme a un rapport éthique à la démocratie qui est très faible. Parce qu'il y a eu des élections, c'était son choix, c'est même un mauvais choix, de dissoudre l'Assemblée nationale au mois de juin. Et la règle, lorsqu'on a, comme certains attachements, à une éthique de gouvernement, une éthique démocratique, c'est de respecter ce qui sort des yeux. Et j'estime que le choix de Michel Barnier, puis le choix de François Bérou, est la démonstration qu'il souhaite garder le pouvoir, quoi qu'il arrive. Et ça, c'est pas bien. Donc ce que vous dites, c'est qu'il aurait fallu un Premier ministre de gauche.

3:25
Invité

On revient toujours.

3:26
Alexis Corbière

Il me semble qu'au moins, il aurait dû être son premier choix, de considérer que c'est au sein de la coalition arrivée en tête, qui est le nouveau Front populaire, qu'un Premier ministre, ou une Première ministre, que nous avons proposé à Mme Lucie Casté.

3:37
Invité

Ce n'est pas le cas. Ce n'est pas le cas. On ne va pas refaire l'histoire. Cela démontre que le macronisme,

3:41
Alexis Corbière

ce qui est la marque du macronisme, c'est en quelque sorte, déjà, un courant politique qui est apparu dans un moment de crise en 2017, d'effondrement de la vieille scène politique, mais qui pense qu'il peut, en quelque sorte, tordre le bras aux électeurs, et leur imposer, quoi qu'il arrive, quel que soit ce qu'il vote. Pour bien vous comprendre, vous n'attendez rien de ce que va dire Emmanuel Macron. J'ai lu d'ailleurs dans la presse que cette fois-ci, il va être, paraît-il, surplombant. Alors que la dernière fois... Prendre de la hauteur, nous dit-on à l'Élysée.

4:06
Invité

Présider, ne plus gouverner. Voilà.

4:08
Alexis Corbière

C'est-à-dire qu'il veut nous faire croire que le choix de François Béroud n'est pas son choix.

4:13
Présentateur

C'est une prérogative présidentielle, c'est écrit dans la Constitution.

4:16
Alexis Corbière

Oui, mais on sait très bien que c'est son choix et son unique choix qui amène à ce que soit M. François Béroud qui soit Premier ministre. Ce n'est pas le choix des électeurs. François Béroud est un homme respectable, mais est un courant politique, le ONM extrêmement minoritaire dans le pays, démocratique qu'un homme et François Béroud. C'est la seule responsabilité de M. Emmanuel Macron. Pourquoi ? Car il pense que M. Béroud, tout comme M. Barnier, va continuer fondamentalement la même politique que souhaite M. Macron.

C'est-à-dire les mêmes choix économiques, une politique d'austérité, le maintien de la réforme des retraites à 64 ans qui est une mauvaise chose et que je souhaite voir abroger au plus vite car les Français le réclament. Et donc, il faut... C'est ça qui est un élément de la crise. C'est-à-dire que chacune de ces nominations n'est pas un apaisement. Normalement, au nouveau gouvernement, on appelle ça l'état de grâce, ça calme un peu la situation. Mais comme M. Macron fait chaque fois des choix éthiques, démocratiques, contraires au sort des urnes, il accélère la crise. C'est pourquoi votre première question est pertinente.

Il est possible, quel que soit ce que disent les uns et les autres, que cet entêtement l'amène au bout d'un moment à ce que la situation soit bloquée. Parce qu'il peut même dissoudre peut-être au mois de septembre prochain et prendre une raclée électorale amplifiée et au bout d'un moment, tout le monde va dire écoutez, ce qui doit embrasser, c'est votre départ.

5:25
Invité

Alexis Corbière, pardon, est-ce que ce n'est pas une bonne chose de votre point de vue qu'il décide de prendre du recul de la hauteur qu'il préside plutôt que de gérer les affaires courantes et de se mêler un peu de tout comme il le faisait depuis 2017 ? Vous qui êtes critique

5:35
Alexis Corbière

de la cinquième en plus... Non mais parce que tout ça n'est pas vrai. Je veux dire, il est en cuisine. Sinon, M. Bérou s'en va immédiatement. M. Bérou et la démonstration... Il va continuer à mettre la main à la pâte, c'est ce que vous dites. Évidemment, c'est M. Bérou qui est là. M. Bérou, pardon, je vais dire un mot, ça n'existe pas à proprement parler. C'est le choix obstiné, irraisonnable de Emmanuel Macron. Alors, pourquoi annonce-t-il ça ? C'est qu'il comprenait que la foudre, la colère politique du pays remonte sur lui. Donc, il va nous dire maintenant c'est pas moi, c'est M. Bérou. On nous a même inventé l'histoire. Fût-elle vrai en partie que M. Bérou aurait été...

Ce serait imposé à Emmanuel Macron. Vous n'y croyez pas ? Mais parce que qu'est-ce que c'est qui est vendu derrière ça ? Pardon, dans l'exploitation triviale mais une forme de cohabitation. En gros, c'est pas vraiment le choix du président. Il a un peu écouté les urnes alors que c'est pas une cohabitation. Michel Barnier, c'était pas le choix du président. C'est une colocation.

6:24
Présentateur

Mais c'est pareil le choix. Emmanuel Macron et lui ont même eu un petit peu maille à partir sur un certain nombre de sujets internationaux sur lesquels Michel Barnier voulait aller. Emmanuel Macron disait non,

6:33
Alexis Corbière

c'est mon domaine réservé. Mais je ne dis pas qu'ils sont les hommes les plus proches. Mais je veux dire ce dont nous parlons, nous parlons politique. Politiquement M. Barnier, politique qui vise à baisser les recettes depuis des années, à faire moins payer d'impôts pour les plus riches, à considérer qu'il va y avoir une politique de relance en raison du ruissellement, une accumulation de richesses qui va se réinvestir dans l'économie, ce qui n'a pas eu lieu. D'affaiblissement des services publics, d'imposer, je dis bien d'imposer. Là aussi, je ne voudrais pas qu'on le banalise dans notre échange politique.

Imposer par 49.3 une réforme des retraites qui fait travailler 30 millions de Français deux ans de plus est quelque chose qui est antidémocratique. Donc, je vais être positif. Ceci dit, j'aimerais qu'il nous annonce qu'il va effectivement revenir sur la réforme des retraites. J'aimerais qu'il nous annonce qu'il va défendre enfin l'école publique et créer des embauches. J'aimerais qu'il nous annonce qu'il va défendre l'hôpital public. Et je profite de ce micro-là, je m'emballe un peu. Ce soir, je pense à tous ceux qui vont travailler ce soir aussi le 31 décembre et notamment dans les hôpitaux. Je veux dire, on est un beau pays, on est un grand pays.

On va parler de Mayotte dans lequel il y a du service public, il y a des gens qui en vérité ne sont pas aidés depuis 7 ans par la politique d'Emmanuel Macron.

7:46
Invité

Alors justement, en parlant de Mayotte, si vous le voulez bien, Alexis Corbière, le Premier ministre François Bayrou s'est rendu dans l'archipel hier et il a dévoilé son plan Mayotte debout avec toute une série d'annonces pour tenter d'améliorer évidemment la situation sur place. Est-ce qu'il vous a convaincu, le Premier ministre ? Ce sont des annonces qui sont assez concrètes.

8:04
Alexis Corbière

Oui, alors sujet dédicat. Premièrement, j'ai une pensée là encore parce que la situation est terrible. Je veux dire, franchement, je dis la presse et vos collègues qui sont sur place, les journalistes qui font le travail. Le gouvernement ne dit pas le contraire. Non, mais j'entends bien. Mais déjà, commençons par être modeste. Moi, je suis à Paris, comme vous, donc sur le terrain, c'est dur. Il y a des choses qui ont été faites. Je ne dis pas qu'il n'y a rien qui est fait. Mais indiscutablement, ce qui remonte, c'est que déjà, il y a un certain retard quand même.

Dans d'autres régions de France, on n'imagine pas qu'il faudrait 15 jours, 3 semaines pour que des choses assez évidentes comme la venue d'un Premier ministre qui annoncent un plan soient débloquées. Ensuite, il y a des annonces. Écoutez, j'écoutais même sur votre radio avant que j'entrais en studio. Les élus sur place qui ont quand même des doutes sur l'efficacité réelle quand il dit à compter du 13 janvier la rentrée scolaire dans beaucoup de situations, ça risque d'être une rotation, etc. Mais surtout, il y a un état. C'est une longue histoire, l'histoire de Mayotte et de l'archipel des Comores.

C'est-à-dire d'une situation où les gens qui habitent sur place et d'un département français n'ont pas accès à l'eau avant même la catastrophe. D'accord ? Après, il y a d'autres effets d'annonce. Je vais vous dire une chose. Tiens, je pose la question parce que j'ai lu et je n'ai pas bien compris. M. François Béroux annonce un PGE prêt garanti par l'État en disant que sur 30 ans, si on... Pour les particuliers qui veulent faire reconstruire la maison éventuellement. D'accord. Après, avec un taux zéro sur 5 ans. D'accord. Et il dit que si on emprunte 1000 euros les 5 premières années, on ne remboursera pas puis après, on remboursera 5, 6 euros par mois. J'ai fait le calcul.

25 ans, parce que je ne veux pas être trop technique, fois 12, ça fait 300 mensualités. C'est-à-dire que si l'État prête 1000 euros, il faudra rembourser 1800 euros. Moi, je trouve que franchement, pour quelque chose qui est une mesure d'urgence, ce n'est pas très généreux en vérité. Si quand vous empruntez 1000, vous devrez rembourser 1800, on est quand même dans des taux de remboursement extrêmement forts. Donc, je trouve que quand on regarde dans le détail... Ce n'est pas à la hauteur pour vous ça ? Il faut des aides massives immédiates.

9:56
Présentateur

Mais vous pensez à quoi très concrètement, Alexis Corbière ? Qu'est-ce que concrètement il aurait dû annoncer, François Bayrou ?

10:01
Alexis Corbière

Il aurait dû annoncer les moyens plus importants, que l'armée vienne sur place, que l'armée vienne plus tôt. L'armée va venir sur place. Oui, mais d'accord, il va plus 3 semaines pour reconstruire, que des moyens plus importants de reconstruction soient faits, de durs, que des moyens plus importants humains soient envoyés sur place, qu'une aide internationale soit mobilisée, une aide internationale. Pourquoi ? On n'a pas les moyens ? Non, je pense qu'on est en train de le démontrer. Nous n'avons pas les moyens. Je répète que dans cette île, c'est seulement avant même la catastrophe, 40% de la population qui bénéficiait de l'eau. Il y a des moyens d'urgence.

Nous parlons d'un territoire français qui est extrêmement en situation difficile. Avant même, il y a des moyens.

10:35
Invité

Mais pardon, Alexis Corbière, est-ce qu'il faut être dans la critique un peu permanente, comme vous faites, j'ai désolé de le dire comme ça, quand on voit que François Bayrou annonce quand même une volonté de rétablir l'électricité pour la fin janvier, une remise en état de l'eau avec l'aide de l'armée justement. Et je m'en félicite, très bien. Le déploiement de 200 antennes Starlink pour rétablir la communication d'urgence, l'envoi de policiers supplémentaires pour lutter contre les pillages, par exemple, ça, ça va quand même dans le bon sens.

10:55
Alexis Corbière

Non, mais très bien. Non, mais tout ça, c'est pour ça que j'ai commencé la discussion en disant que je prends tout ça avec une certaine modestie. Tout ça, c'est très bien. Maintenant, regardons la situation qui est que, de mon point de vue, ça arrivait un peu tard, que ça pouvait être plus important et que, de toute manière, ayant en tête que, comment dirais-je, l'investissement public sur cette île était extrêmement en retard et qu'il y a une situation... Et ça, c'est pas forcément de la faute de François Bayrou ? Si, c'est de la faute de François Bayrou ou au moins d'Emmanuel Macron depuis 2017.

Comme parlementaire plusieurs fois dans les différents groupes dans lesquels j'ai été, nous avons alerté sur une situation notamment de la population qui n'a pas accès à l'eau et je vois que, par contre, la discussion qu'on veut introduire, la discussion politicienne de l'immigration, de rendre les immigrants...

11:31
Présentateur

Alors, justement, j'allais vous poser la question parce que vous citiez un élu tout à l'heure. Nous avons eu le conseil, vous auriez pu aussi le citer sur ce sujet. Il fait partie de ceux qui demandent l'interdiction des bidonvilles à Mayotte. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? C'est aussi une proposition

11:50
Alexis Corbière

de François Bayrou. Et ça me semble impossible. C'est-à-dire que, si ce dont on parle, c'est dans la situation de crise humanitaire, c'est-à-dire que nous sommes tous frères et sœurs en humanité, j'espère que tout le monde le comprend et est d'accord en ce 31 décembre. C'est-à-dire qu'il y a 150 000, 200 000 personnes qui sont en situation de dénuement. Est-ce que ce dont nous parlons... Est-ce que ce dont nous parlons sérieusement, c'est d'annoncer que nous allons, dans cette situation de crise, la France expulser 200 000 personnes ? C'est ça que... Parce qu'il y en a, il faut être concret. C'est facile de dire, il ne faut pas reconstruire.

Mais Mayotte peut continuer à vivre dans ces conditions. Il faut réfléchir, effectivement, à un développement beaucoup plus harmonieux avec l'archipel des communs. Parce que ce dont nous parlons, c'est une longue histoire. Ça veut dire quoi ? Un développement plus harmonieux ? Parce que c'est une longue histoire. Pourquoi nous en sommes là ? Déjà, c'est une histoire, c'est une île qui a été vendue et achetée par le roi de France en 1841. Donc, il y a un fait colonial extrêmement fort. Mais qui a voulu appartenir à la France.

Mais la manière dont le processus, y compris, a eu lieu, normalement, y compris les Nations Unies, ont rappelé que ça aurait dû être le vote global d'indépendance qui ne morcelait pas l'ensemble de l'archipel. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut décoloniser Mayotte ? Ça veut dire qu'on ne peut concevoir le développement de Mayotte que dans un développement commun avec l'archipel des communs. Il y a déjà de l'aide publique de la France. Mais c'est un département français. Certes, mais on ne peut... Parce que ce qu'on appelle, ce que vous appelez un migrant et quelqu'un qui habite à 50 kilomètres, qui a de la famille...

Ce ne sont pas toujours ce qu'on entend quand on écoute les témoignages sur place, quand même. Ça dépend lesquels. De toute manière, ce que je suis en train de vous dire n'est pas de l'idéalisme, c'est du réalisme. On ne parle pas d'une immigration des gens qui viennent de loin. C'est un même peuple. C'est la même histoire. Les gens, ils ne viennent pas de l'étranger. Ils viennent d'un archipel dans lequel c'est des familles communes, des langues communes, des cultures communes, des religions communes. Et les gens, ils viennent là parce qu'ils ont des cousins, des grands cousins. Vous savez qu'il y a des gens qui ont quitté Mayotte pour aller à Comores actuellement se protéger.

Donc, si on a une vision, comment on dirait, un peu métropolitaine de l'immigration, on ne comprend pas la difficulté. Donc, c'est pour ça qu'on va faire une pause.

13:39
Présentateur

Exactement. On va continuer cet échange juste après le fil info, 9h moins le quart. Maureen Suignard. Nous sommes déjà à 40% des bidonvilles reconstruits, voire plus. C'est en effet ce qu'a affirmé sur France Info ce matin le président du conseil départemental de Mayotte, deux semaines après le passage du cyclone Chido. Nous ne devons pas reconstruire Mayotte sur le même modèle. On attend des actions concrètes pour éradiquer ces bidonvilles, dit-il encore, alors que le Premier ministre a formulé hier sur place sa volonté d'empêcher leur reconstruction. Le chef de l'État aura peut-être un mot pour Mayotte ce soir.

Emmanuel Macron prend la parole à 20h, édition spéciale dès 19h30 sur France Info pour suivre ses voeux présidentiels. 5 millions de dollars. Voici ce que Donald Trump devra verser à une autrice qu'il a agressée sexuellement dans les années 90. Il l'a ensuite diffamée 20 ans après. La justice vient de confirmer sa décision. Le président américain élu dénonce une affaire bidon selon ses termes. Et puis le secteur s'inquiétait après la période du Covid, mais les cinémas ont attiré beaucoup de monde cette année. Plus de 181 millions d'entrées vendues en 2024. Un très bon cru se félicite le président du CNC par intérim, le Centre National du Cinéma.

et l'image animée, un million d'entrées de plus que l'année dernière. France Info

14:58
Invité

Le 830 France Info, Antoine Comte,

15:02
Présentateur

Adrien Bec.

15:04
Invité

Alexis Corbière, vous êtes toujours avec nous dans le 830 de France Info. Une loi d'urgence sera présentée en Conseil des ministres ce vendredi 3 janvier avec une présentation du texte, visiblement au Parlement, dans les 15 jours. En tout cas, c'est ce qu'a annoncé François Bayrou. Pour Mayotte, l'objectif c'est de mettre en place un établissement public de reconstruction de l'île sur le modèle, ce que dit François Bayrou, de la reconstruction de Notre-Dame. Est-ce que vous voterez cette loi ? On sait que le Parti Socialiste le fera.

15:33
Alexis Corbière

On va voir le détail de la loi. Moi je pense que beaucoup de choses en réalité, on est dans un état de catastrophe naturelle et même plus important encore qui ne nécessite pas en réalité que ça passe par la loi. Mais par décret, beaucoup de choses peuvent être mises en place. Et après, je vois bien, peut-être que j'ai l'esprit mal placé, la petite manœuvre qui consiste à dire évidemment que comme il y a une loi d'urgence, qu'il faut penser à nos amis maorais, auxquels en vérité ils ne pensent pas depuis des années, évidemment, on n'a plus le droit de censurer le futur gouvernement.

Donc je pense que l'action publique peut très bien avoir lieu sans passer par cette loi de toute manière et quand même même...

16:06
Présentateur

Ça ne peut pas être utile d'un établissement public ? On a vu que ça a pu accélérer la reconstruction de Notre-Dame quand même.

16:12
Alexis Corbière

J'estime que hier ce qui a été dit par M. Bérou en vérité est extrêmement flou. Ce qui est précis, c'est le nombre de bâches qui va arriver. Très bien, je m'en félicite. Enfin, ça ne va pas être dans la loi. Donc il n'est pas évident

16:22
Invité

que vous votiez cette loi ? Vous allez voir.

16:23
Alexis Corbière

Et surtout, ce que je suis en train de vous dire, c'est que ça n'empêchera pas que si le Premier ministre lorsqu'il prend la parole, il faudra qu'il invite à un vote de confiance et que je n'accepterai pas qu'un gouvernement se mette en place sans vote de confiance et qu'il vote soit que dans le débat budgétaire qui va suivre, si c'est le même budget qui est porté par M. Bérou et je crois comprendre que c'est le même budget, le même maintien de la réforme des retraites, vous avez devant vous un homme qui, comme parlementaire, appellera à censurer ce gouvernement, bien évidemment. C'était la question que j'allais vous poser.

16:50
Présentateur

Donc vous venez d'y répondre. Est-ce que néanmoins, à propos, on parlait de la gauche au début de cette émission, est-ce que vous estimez que les prochaines échéances vont se jouer entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ?

17:03
Alexis Corbière

Je souhaite que ça se passe entre notre camp, celui du nouveau fonds populaire, dont fait partie Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Donc Jean-Luc Mélenchon, dirait certains. Oui, mais ne ramenons pas, là encore, que les choses soient claires. Et si Jean-Luc Mélenchon m'écoute, j'ai eu été un de ses amis, il est très fâché aujourd'hui, après moi, très bien. J'aborde la discussion sans sectarisme ni exclusif. Jean-Luc Mélenchon est une composante de la gauche, un élément de réponse. Il doit aider à un processus d'union.

C'est un homme intelligent, précisément, un homme intelligent, mais si le processus d'union, tel qu'il l'a dit autour de toi, derrière toi, quoi qu'il arrive, on va dans le mur. Donc il ne doit pas être

17:42
Invité

le candidat. Il ne doit pas être le candidat, Jean-Luc Mélenchon. Ce n'est pas exactement

17:44
Alexis Corbière

ce que je suis en train de dire.

17:45
Invité

Je suis en train de dire

17:46
Alexis Corbière

que nous devons mettre en place un processus de discussion pour arriver à un candidat commun dans lequel Jean-Luc Mélenchon peut peut-être... C'est quoi un processus de discussion ? Écoutez, on est arrivé la dernière fois, lorsque le nouveau Front Populaire s'est mis en place, à proposer une candidature à Matignon qui s'appelait Madame Lucie Casté, femme intelligente, compétente, donc on peut soit, il y a la méthode Casté, c'est-à-dire les partis, les formations se mettent d'accord sur un candidat, soit pourquoi pas des processus de désignation un petit peu plus démocratique. Une primaire ?

Oui, des désignations militantes, des consultations et je veux dire, voyons, qu'est-ce que c'est qui empêchait, moi j'étais ardent, opposant à la primaire à une époque où il n'y avait pas de programme commun de la gauche. Quand vous mettiez M. Emmanuel Valls, on voit ce qu'il est devenu et M. Mélenchon dans une même primaire, c'est mentir aux gens parce que M. Valls et M. Mélenchon n'avait pas le même projet. Là, désormais, nous avons un projet commun qui s'appelle le programme du nouveau fond populaire. Donc on peut, au sein de ce programme, désigner un candidat, une candidate.

Au sein de la France insoumise, il y a des gens tout à fait compétents, même s'ils m'ont maltraité, il y a des femmes, des hommes qui pourraient être candidats. Pourquoi faut-il absolument que ce soit Jean-Luc Mélenchon ? Jean-Luc a beaucoup de qualités mais je répète, la stratégie doit être regroupée au premier tour l'ensemble de la gauche et des écologistes et après élargir. Vous lui souhaitez quoi qui nous aide à faire mieux ? Qu'il nous aide à faire mieux ? Qui était le sens de son message ? Mais faire mieux, ça ne veut pas dire faire derrière moi quoi qu'il arrête.

Ça ne veut pas dire je vais tordre le bras à tout le monde et ça ne veut pas dire danser le tango avec François Hollande qui amène à ce que M. Hollande dit il n'y aura pas de candidat commun, il y aura deux candidats, c'est bien normal et Jean-Luc Mélenchon dit moi je serai candidat quoi qu'il arrive. Mais moi je pense que nous pouvons faire mieux et dire à tous ces gens qui ont beaucoup apporté mais qui sont là depuis fort longtemps nous aident à avoir une candidature commune pour être au second tour et l'emporter au second tour

19:31
Invité

Le temps file un petit mot sur cette étude de la Dresse c'est le service statistique du ministère de la Santé qui nous dit que les français vivent plus longtemps en bonne santé à 65 ans une femme peut espérer vivre en moyenne jusqu'à 77 ans et jusqu'à 75 ans et demi chez un homme ce sont des chiffres qui sont supérieurs à la moyenne européenne c'est une bonne nouvelle. Oui mais la réforme des retraites doit faire baisser

19:51
Alexis Corbière

j'en suis persuadé de cette situation parce que ce qui use c'est le travail et je demande à voir d'ailleurs

19:55
Présentateur

Mais ça ne va pas précisément en brèche l'idée qu'il faut partir plus tôt à la retraite De fait on est mieux que la moyenne européenne

20:02
Alexis Corbière

Mais cette idée incroyable qui vise à enchaîner chaque être humain à son outil de production qui dire que comme on vit plus longtemps il faut travailler plus longtemps Non mais l'un des arguments

20:09
Présentateur

des opposants c'est de dire on vit plus longtemps mais pas en bonne santé On a la preuve du contraire

20:14
Alexis Corbière

C'est l'adresse Je les crois mais selon les milieux sociaux la situation est complètement différente et je suis persuadé que l'espérance la durée de vie d'un cadre est totalement différente de celle d'un ouvrier Vous savez quoi j'ai rien contre les cadres mais ma préférence va d'abord aux ouvriers employés ceux qui souffrent au travail et si effectivement il y a une catégorie sociale et je m'en félicite qui vit plus longtemps ce que je sais c'est qu'il y a notamment ceux qui travaillent dur sont cassés plus tôt et moi j'ai aussi les milieux populaires au coeur mais je leur souhaite à tous un bon réveillon et une belle année 2025 de victoire de conquête et de démocratie et de 6ème république

20:46
Présentateur

et bonne fin d'année à vous merci Alexis Corbière député du groupe écologiste de Seine-Saint-Denis d'avoir été l'invité du 830 France 1

20:53
Alexis Corbière

et fondateur de l'après

20:54
Présentateur

de Seine-Saint-Denis

Pour Alexis Corbière, le Nouveau Front populaire "doit préparer" l'après Macron "par une candidature unique et non des démarches individuelles" — Alexis Corbière · Pourquijevote