Les 4 vérités - Valérie Pécresse
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce une bonne idée de passer par le référendum?
- 1:28OuverteRéponse directe
Sur le fond, il faut quand même prendre des décisions très courageuses.
- 2:11OuverteRéponse directe
En touchant à notre modèle social?
- 2:52OuverteRéponse directe
Est-ce une bonne idée de remettre une taxe d'habitation pour les collectivités locales?
- 3:36OuverteRéponse directe
Quel que soit l'impôt, il ne faut pas en augmenter?
- 4:20OuverteRéponse partielle
Vous souhaitez faire plus d'économies?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44V.PécresseFait
« C'est un pari périlleux. Il y a le risque d'un vote sanction de ce gouvernement. »
- 2:11V.PécresseChiffre
« F.Bayrou, dans son discours de politique générale, a dit: "Les normes, les surnormes, ça nous coûte 3 % du PIB français." »
- 4:20J.-B.MarteauChiffre
« Vous avez économisé 760 millions d'euros en 3 ans. »
- 4:20V.PécresseChiffre
« J'ai fait plein d'économies. 20 % d'économies, volontairement, en arrivant. »
- 5:04V.PécresseChiffre
« J'ai donc été contrainte et forcée de geler 750 millions d'euros de projets. »
- 7:16V.PécresseChiffre
« J'ai fait 400 millions d'euros d'économies. »
- 8:43V.PécresseChiffre
« Ils sont 9 millions dans les transports tous les jours. »
Temps de parole
- ?100 %
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- L.Ekland: Mais ne pas le dire trop fort, non plus! - J.-B.Marteau: Vous n'allez pas trouver grand-chose sous mon matelas. - L.Ekland: Merci beaucoup. C'est l'heure du rendez-vous politique. Jean-Baptiste, vous rejoignez V.Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. Bonjour et bienvenue. - J.-B.Marteau: Bonjour, V.Pécresse. Bienvenue. Vous avez été ministre du Budget. L'idée de F.Bayrou a dû vous interpeller. Il envisage l'idée d'un référendum. Est-ce une bonne idée de passer par le référendum? - V.Pécresse: C'est un pari périlleux. Il y a le risque d'un vote sanction de ce gouvernement. Moi, je ne fais pas vraiment confiance à la gauche ou au RN
pour prendre une posture de responsabilité sur ce référendum. Je pense qu'ils appelleront à un vote sanction. S'il y avait un "non", si ce référendum se soldait par une gifle électorale, ça affaiblirait considérablement la France et ça pourrait même accélérer notre faillite financière. Les marchés vont nous regarder. Si les Français disent "non" à la baisse des dépenses, qui est quand même très impopulaire, le risque, c'est la hausse des taux d'intérêt et la faillite. - J.-B.Marteau: Malgré tout, le Premier ministre parle d'un plan complet de retour à l'équilibre et parle d'un volet production et d'un volet finances publiques.
Il dit que les deux sont indispensables. Sur le fond, il faut quand même prendre des décisions très courageuses. - V.Pécresse: En 2022, j'avais dit que la caisse était cramée. Personne ne m'avait écoutée à l'époque. C'est dommage d'avoir raison trop tôt. Mais aujourd'hui, il est temps. Il faut arrêter de procrastiner. La baisse des dépenses, c'est maintenant qu'il faut le faire. L'Etat doit d'abord balayer devant sa porte et donner l'exemple. C'est dans l'Etat qu'il faut remettre les choses dans l'ordre. - J.-B.Marteau: En touchant à notre modèle social? - V.Pécresse: Il faut d'abord mettre fin à tous les abus. Mais surtout, ce que les Français attendent, c'est que l'Etat se réorganise. A la région Ile-de-France, j'ai supprimé 15 structures quand je suis arrivée.
J'ai fait des économies drastiques parce que mes transports et mes lycées étaient dans un état apocalyptique et de délabrement. Il fallait les renforcer. J'ai fait des choix. Aujourd'hui, il faut protéger, éduquer et soigner. Ce sont les trois priorités. Tout le reste doit être requestionné. Il faut arrêter les doublons, les surnormes. F.Bayrou, dans son discours de politique générale, a dit: "Les normes, les surnormes, ça nous coûte 3 % du PIB français." Ce sont des dizaines et des dizaines de milliards d'euros chaque année. Pourquoi on ne le dénorme pas? Pourquoi on ne libère pas aussi les énergies? Il y a tout un plan à faire. - J.-B.Marteau: Il y a aussi les collectivités locales
qui semblent être dans le viseur du gouvernement. Il y a notamment l'idée de certains de remettre une taxe d'habitation pour pouvoir permettre aux collectivités locales d'être un peu plus indépendantes et de faire face aux baisses du budget. Est-ce une bonne idée? - V.Pécresse: Aujourd'hui, la hausse des impôts, c'est non. Il faut vraiment que l'Etat fasse des économies. Ce mot "économies" n'est pas un mot tabou. La baisse des dépenses commence d'abord par questionner les dépenses. - J.-B.Marteau: Quel que soit l'impôt, il ne faut pas en augmenter? - V.Pécresse: Non. Ce serait un contre-message terrible. Bien sûr, je pense, comme les collectivités locales, qu'enlever le lien entre les habitants et les communes
n'a pas été une bonne décision, mais on y reviendra. L'Etat ne peut pas se défausser sur les autres. Il ne faut pas faire les poches des Français. Il faut que l'Etat fasse la cure d'amincissement chez lui, pas chez les Français. - J.-B.Marteau: L'Etat va aussi regarder du côté des collectivités locales. Vous avez déjà fait beaucoup d'économies l'année dernière, contraints par le budget de l'Etat, la baisse des indemnités versées aux régions. Vous avez économisé 760 millions d'euros en 3 ans. Vous étiez contraints de faire ça.
Vous souhaitez faire plus? - V.Pécresse: Vous avez dit plusieurs choses, mais je dois m'arrêter. J'ai fait plein d'économies. 20 % d'économies, volontairement, en arrivant. J'avais besoin de cet argent pour le réinvestir dans les transports et les lycées. Ensuite, j'ai fait des économies contraintes et forcées. C'était cette année. L'Etat, ce n'est pas des indemnités qu'il me verse. Ce sont les recettes fiscales que je dois avoir! C'est la loi. Recettes fiscales que l'Etat m'a confisquées. Il ne m'a pas compensée. Il nous a confisqué nos recettes. J'ai donc été contrainte et forcée de geler 750 millions d'euros de projets. C'est très douloureux pour les porteurs de ces projets. J'ai fait des choix.
J'ai décidé que tout ce que je cofinançais avec l'Etat, l'Etat allait le faire tout seul: logement, énergies renouvelables... - J.-B.Marteau: Si on doit faire 40 milliards d'euros d'économies supplémentaires l'année prochaine, vous allez peut-être devoir, de nouveau, geler des projets au niveau régional? - V.Pécresse: Ma région est celle qui dépense le moins dans le fonctionnement, dans les fonctionnaires. Ce que je demande, c'est qu'on questionne l'organisation des collectivités locales. Est-ce normal qu'en Ile-de-France, on ait 5 niveaux d'administration locale?
5 niveaux! Les communes, les territoires, les départements, la métropole et la région, 5 niveaux! On est champions du monde de la bureaucratie! Il n'y a pas un autre pays au monde où il y a autant de niveaux! Il faut supprimer les échelons! Il faut avoir le courage de le faire. J'ai toujours dit qu'on n'avait pas la place en Ile-de-France pour des territoires qui sont des intercommunalités, des départements et des métropoles. Il faut fusionner la métropole et la région. C'est une évidence! - J.-B.Marteau: L'initiative Choose Europe for Science est lancée aujourd'hui à la Sorbonne pour tenter
de faire venir en France les chercheurs américains licenciés par D.Trump en partie. Faut-il leur dérouler le tapis rouge? - V.Pécresse: Bien sûr! C'est la réponse la plus douloureuse à D.Trump, la plus douloureuse et la plus impactante. C'est lui piquer ses cerveaux. Nous devons ouvrir les bras et attirer à nous tous les chercheurs, américains, français, étrangers, qui sont aux Etats-Unis et qui ne veulent pas que le fruit de leurs recherches aille au gouvernement de monsieur Trump. - J.-B.Marteau: On fait comment pour les attirer? Il faut beaucoup d'argent pour ça. Les caisses sont vides, paraît-il. - V.Pécresse: Vous avez raison. C'est pour ça qu'on vous dit que, de temps en temps, il faut savoir choisir.
Il faut savoir arrêter les dépenses qui ne sont pas essentielles pour se concentrer sur l'essentiel. La région fera un projet qui s'appelle les réfugiés de la science et nous aiderons à déménager les chercheurs qui voudraient venir s'installer en Ile-de-France dans les domaines qui sont cruciaux pour nous: santé, santé mentale, IA, alimentation, pollution, longévité... C'est très important de dire qu'il faut choisir. Je vous ai dit que j'allais fermer 15 structures. Ca a été douloureux, ça a manifesté... Est-ce que vous, qui habitez en Ile-de-France, vous vous souvenez des 15 structures que j'ai fermées?
- J.-B.Marteau: Pas forcément. - V.Pécresse: J'ai fait 400 millions d'euros d'économies. C'est petit, mais à l'échelle de l'Etat... J'ai déménagé en banlieue. - J.-B.Marteau: Le siège du conseil régional. - V.Pécresse: Vous ne pensez pas qu'il y a un certain nombre de ministères qui pourraient déménager de l'autre côté du périphérique? Il n'y a pas de petites économies. Il n'y a que l'incapacité à en faire. - J.-B.Marteau: Aujourd'hui, c'est le début d'une grande semaine de grève à la SNCF. Est-ce qu'il faut s'attendre à une semaine compliquée pour les usagers? - V.Pécresse: Depuis des années, je plaide pour qu'il y ait un service garanti aux heures de pointe. Je n'arrive pas à comprendre comment une entreprise,
une belle entreprise de services publics, peut bloquer les Franciliens, leur pourrir la vie en bloquant leurs transports. C'est quelque chose qui me fait mal. Je plaide pour une loi sur un service garanti aux heures de pointe pour permettre aux Franciliens et aux Français d'aller travailler. Mais d'abord, les Franciliens. Ils sont 9 millions dans les transports tous les jours. - J.-B.Marteau: Le droit de grève est déjà encadré depuis la réforme de N.Sarkozy. - V.Pécresse: Avec un service minimum. Je plaide pour un service plein en heures de pointe. Pour quand les Français vont travailler. Le Premier ministre nous parle du droit au travail et du fait qu'on ne travaille pas assez.
Aller travailler un jour de grève, c'est un parcours du combattant. Ce dont ces projets de loi témoignent, c'est la fatigue, la lassitude... - J.-B.Marteau: Un mot sur Les Républicains, votre famille d'origine. Dans 10 jours, les adhérents devront choisir le prochain président du parti, B.Retailleau ou L.Wauquiez. Quel regard avez-vous sur cette campagne parfois très dure, avec des propositions provocantes de part et d'autre? - V.Pécresse: Pourquoi Les Républicains vont choisir et qui?
L'objectif de cette élection est de donner de la force à B.Retailleau. Aujourd'hui, il s'est imposé, par son charisme et son action... Il s'est imposé comme une boussole au gouvernement. C'est une boussole qui marque l'ordre, le retour à l'ordre, le retour à l'ordre aux frontières, dans la rue, dans les comptes... Cette boussole de retour à l'ordre, c'est la bonne direction, pour moi. Il faut donner de la force à nos convictions. Donc donner la présidence du parti à B.Retailleau, c'est donner de la force à nos idées, notre message. - J.-B.Marteau: Il pourrait rester au gouvernement à long terme s'il est élu président du parti? - V.Pécresse: Cette décision a été prise collectivement par Les Républicains.
Valérie Pécresse