Insoumis au gouvernement, présidence de l'Assemblée... Le "8h30 franceinfo" d'Aurore Bergé
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Bonjour Aurore Berger. Bonjour. Le scrutin pour l'élection du nouveau président du groupe Renaissance à l'Assemblée aura lieu demain, samedi. Gabriel Attal, le Premier ministre, fait figure de grand favori. Est-ce que ça vous satisfait si le candidat y doit ?
Déjà ce qui est bien c'est que nous on est une élection. Parce que vous savez dans la plupart des groupes on est élu par acclamation, sans vote et donc sans vraie démocratie. C'est le cas et au sein de la France Insoumise et au sein du Rassemblement National. Nous il y aura un vote. Un vote mais une élection mais un candidat ? Ce sera le seul candidat ? Je ne sais pas, ça dépendra. On saura aujourd'hui à midi si j'imagine Gabriel Attal évidemment sera candidat. Ce qui est évidemment légitime. Il a été et il est aujourd'hui encore le chef de la majorité, ce qu'on appelle la majorité présidentielle. Et il a porté nos couleurs pendant toute la campagne des législatives.
Est-ce que d'autres souhaitent y aller ? Je crois qu'il y a un certain nombre de talents dans le groupe. Tant mieux, je trouve que c'est plutôt rassurant. Gérald Darmanin par exemple. Gérald Darmanin, Elisabeth Borne. D'autres parlementaires aussi qui n'ont pas forcément eu des fonctions ministérielles. Ce qui est important c'est que 1 août c'est une élection. Ce qui est important c'est qu'il y a des talents qui sont nombreux dans le groupe. Ce qui est important c'est qu'on a aussi en effet plusieurs ministres, anciens premiers ministres même, qui composent ce groupe et qui en feront un groupe très fort. Moi je suis surtout extrêmement attachée à l'unité de ce groupe.
Je crois que ce qu'on a réussi dans les 7 dernières années et encore plus dans les 2 dernières années de majorité relative, c'est préserver l'unité du groupe. Moi j'ai eu l'honneur d'en être présidente. Je vous assure que c'est très important.
On en reparlera Aurore Berger, mais est-ce qu'on peut être premier ministre et en même temps président de groupe ?
On est dans une situation, comme vous le dites vous-même, un petit peu inédite, qui fait que nous sommes toujours un gouvernement, un gouvernement qui exerce la plénitude de ses fonctions, tant que nous ne sommes pas un gouvernement démissionnaire. Et ensuite il y a des règles qui sont fixées tout simplement dans notre démocratie, dans notre constitution, par le règlement intérieur de l'Assemblée, qui font qu'un gouvernement démissionnaire, quand il contient des députés, ces députés ont le droit de pouvoir siéger pendant un délai très limité et de pouvoir cumuler ses fonctions.
Mais c'est un délai très limité, ce qui veut dire qu'évidemment, un gouvernement démissionnaire qui gère les affaires courantes, comme on dit, n'a pas vocation à durer. Il a vocation à assurer une transition, transition pendant laquelle, je l'espère, une coalition... Vous n'êtes pas encore démissionnaire. Le gouvernement n'est pas démissionnaire. À partir du moment où on le sera, évidemment, c'est une vocation de durée de vie qui doit être courte.
Gérard Larcher, le président du Sénat, lui, dit qu'il souhaite le maintien à Matignon de Gabriel Attal, au moins pour enjamber la période des Jeux Olympiques, de rester et d'attendre peut-être le mois de septembre, avant de créer un nouveau gouvernement, de nommer un nouveau gouvernement. Qu'est-ce que vous pensez des propos du président du Sénat ?
Ce que je sais, c'est qu'on n'est absolument pas habitué, en vérité, dans notre pays, à avoir besoin de créer des coalitions. Je le disais, l'édito de nos amis belges, par exemple, qui, avec un peu d'humour, m'a donné des conseils sur comment on crée des coalitions, en vérité, ça prend un peu de temps. Ça ne prend pas 48 heures. Ça ne fait même pas une semaine qu'on a été élu ou réélu. On dit qu'il faudrait immédiatement qu'on sache qui à Matignon, qui pour former le gouvernement et avec quelle coalition. Et donc, quand vous avez fait campagne les uns contre les autres et pour un projet, évidemment, arriver à créer des coalitions, c'est-à-dire du compromis, ça prend un petit peu de temps.
Ce qu'il faut, c'est que ça ne prenne ni 48 heures, ni 3 mois, parce que sinon, je pense que personne n'y comprend rien.
Mais la différence, Orberger, c'est qu'à l'étranger, quand un parti est arrivé en tête, c'est lui qui est chargé de nouer des alliances et de faire une coalition. Ce n'est pas le président d'en haut qui dit...
Ce n'est pas totalement grave, ça dépend des démocraties. En général, vous nommez des négociateurs en chef, vous nommez des gens qui sont justement en charge de trouver les voies et moyens de créer ces coalitions. Et puis, ça peut se faire aussi par le bas, c'est-à-dire par les députés eux-mêmes, parce que c'est à nous, en vérité, de prendre notre destin en main en disant est-ce que oui ou non, on est en capacité de créer cette coalition ? Ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a plus que deux blocs qui sont en capacité de permettre que ces coalitions existent.
Heureusement, le risque du Rassemblement national est complètement écarté, évité, pour cette fois-ci, ça ne veut pas dire qu'il le soit définitivement. Donc, ça veut dire, soit le nouveau Front populaire arrive à faire la démonstration à la fois de son unité, arrive à nous dire enfin qui serait la fameuse personne à Matignon, ce qu'ils n'ont toujours pas été capable de faire, arrive aussi à s'élargir, parce qu'à moins de 200 députés, en vérité, on est extraordinairement fragiles. Ils nous disaient, nous, minoritaires, à 250, et ils s'estiment majoritaires à moins de 200. Vous voyez quand même le paradoxe.
Et puis, il y a le bloc central, c'est-à-dire ce qui est aujourd'hui la majorité présidentielle avec trois groupes et l'identité de ces trois groupes, mais qui peut aussi réussir à s'élargir. Et je vois qu'il y a quand même des mains qui se sont tendues. Je vois Olivier Marlex, je vois Xavier Bertrand, je vois même Laurent Wauquiez qui dit que même s'il ne veut pas participer à un gouvernement, il est prêt à avoir un pacte législatif. Donc, tant mieux, c'est des mains qui se sont tendues.
Oui, ce qui n'est pas tout à fait la même chose, ça n'élargirait pas beaucoup le bloc central. Juste sur le nouveau Front populaire, vous évoquez cette option. Ça veut dire que si le nouveau Front populaire arrive à se mettre d'accord de façon imminente sur le nom d'un premier ministrable, Mathilde Panot, l'insoumise, disait hier sur France Info que ça allait être le cas, vous allez nommer ce premier ministre proposé par le NFP.
Ce n'est pas moi, Laurent Berger, qui nomme et qui se soit à Matignon, évidemment. Encore une fois, c'est quoi derrière la solidité de cette coalition ?
Mais donc, vous ne nommerez pas le premier ministre qui le propose ?
Ce n'est pas à moi de nommer ou de ne pas nommer. Ce que je sais, c'est qu'encore une fois, ça ne fait même pas une semaine et que nous avons deux blocs qui potentiellement peuvent arriver à former un gouvernement et avoir la majorité la moins relative possible, puisqu'on en est là aujourd'hui, puisque personne ne sera jamais en majorité absolue au regard de la composition de l'Assemblée nationale ou alors il faudra, je pense, encore plus de temps. Donc, est-ce qu'ils arrivent à faire la démonstration de cette solidité ou est-ce qu'il y a une alternative qui, à la fin, a plus de députés et donc a une majorité qui est plus solide, qui est plus stable, qui est plus cohérente ?
Mais si le nouveau Front populaire propose déjà un nom pour un premier ministre, on sait qu'il y a une coalition qui s'affiche relativement unie. En face, vous vous appelez à l'ouverture, à droite, à des modérés de gauche, mais pour l'instant, ça n'a pas lieu. Si la gauche, elle, a nommé son chef de file et que vous, vous n'avez rien à présenter en face, pourquoi le président de la République ne nommerait pas un premier ministre du nouveau Front populaire ?
Mais le président de la République l'a dit d'ailleurs dans sa lettre aux Français, il est garant, évidemment, de nos institutions, garant du respect de notre constitution. Et donc, il s'y tiendra, il l'a toujours évidemment respecté à la lettre. C'est d'ailleurs ce qu'il a fait avec le choix de la dissolution, c'est de dire aux Français de choisir eux-mêmes. Ce que je sais aussi, en tant que responsable politique, ministre et aujourd'hui réélu député, c'est que si demain, un gouvernement venait à être formé avec en son sein ne serait-ce qu'un seul député ou même un seul secrétaire d'État de la France insoumise, nous déposerions immédiatement une motion de censure.
Et je crois que nous ne serions pas les seuls. Ce qui veut dire que ce gouvernement a une durée de vie de quelques jours à peine, voire de quelques heures. Et donc, ce qu'on dit aussi au Nouveau Front Populaire, c'est prenez garde. Prenez garde parce que si vous voulez faire un forcing, si vous voulez absolument nommer des ministres insoumis dans ce gouvernement, alors qu'on voit bien les difficultés que ça causerait et l'instabilité que ça générerait, peut-être qu'il y a d'autres voies et moyens.
Encore une fois, je vois aussi d'autres socialistes, je pense à Carole Delga, qui elle-même a appelé à ce qu'un autre gouvernement peut-être puisse être formé avec en son sein des gens de l'actuelle majorité. Donc vous voyez, les choses sont en train de bouger, rien n'est figé aujourd'hui. Et c'est ça sur quoi on doit travailler.
Aurore Berger, vous restez avec nous, ministre toujours chargé de l'égalité. Hommes, femmes, députés réélus à Renaissance des Yvelines. On vous retrouve dans un instant, juste après le Filinfo à 8h40. Valentine Letesse. Des orages localement forts circulent toujours de l'Occitanie à l'Auvergne-Rhône-Alpes. Nouvelle vigilance orange aux orages de 14 à 22h pour les habitants de l'Ain, de Savoie et de Haute-Savoie. La clarification de Marine Le Pen sur la position de son parti. Tout gouvernement composé de ministres de la France insoumise ou des écologistes sera censuré par le Rassemblement national. Le Covid tue toujours.
D'après l'Organisation mondiale de la santé, la maladie fait encore 1700 morts par semaine dans le monde. Les données de l'OMS montrent une diminution de la couverture vaccinale chez les plus à risque. Troisième victoire de Binyam Guirmet sur le Tour de France. L'Erythréen s'impose à Villeneuve-sur-Lotte sur la douzième étape. Le Slovène Primoz Roglic perd lui plus de deux minutes au général après une grosse chute dans le final. France Info.
Le 8h30 France Info. Agathe Lambret, William Gué-Costard. Toujours avec Orberger, ministre chargée de l'égalité, femme, homme, député Renaissance des Yvelines. Orberger, à l'instant, vous disiez que vous déposeriez une motion de censure contre le gouvernement du Nouveau Front Populaire s'il y avait ne serait-ce qu'un secrétaire d'État insoumis. Mais ça vous a moins dérangé pendant les législatives de gagner des sièges grâce aux voix des insoumis qui se sont désistés pour vous. Mais aujourd'hui, un seul insoumis secrétaire d'État, c'est non jamais.
Moi, j'ai tenu une position qui a toujours été extrêmement cohérente, qui n'était ni RN ni LFI. Je l'ai dit pendant la campagne, je l'ai dit après la campagne, je l'ai dit avant la campagne. Et je maintiens. Je maintiens parce que je suis ministre. Je suis ministre aussi en charge de la lutte contre l'antisémitisme.
Et je sais les centaines de messages que je reçois de nos compatriotes juifs qui, depuis le 7 octobre, subissent ce regard d'antisémitisme qui est absolument insupportable et qui considèrent malheureusement à raison que la France insoumise a attisé cet antisémitisme, voire a légitimé cet antisémitisme et a fait campagne d'ailleurs aux élections européennes uniquement sur le seul sujet de Gaza. Donc oui, moi, je suis cohérente.
Le sujet de faire campagne sur le sujet de Gaza, c'est antisémite ?
Le sujet de pointer une cible dans le dos de nos compatriotes juifs en disant que parce que vous êtes juif, vous seriez co-responsable de la situation à Gaza, oui.
Mais ils n'ont jamais dit une chose pareille. Oui, c'est antisémite.
On peut retrouver beaucoup de déclarations. Je pense par exemple aux déclarations qu'ils ont faites eux-mêmes sur un candidat socialiste aux Européennes, il s'appelle Raphaël Glucksmann, où il traitait Glucksmann, je cite, de sioniste pour ne pas dire juif. Donc vous voyez bien, et d'ailleurs lui-même avait eu à dénoncer malheureusement ses propos antisémites. Néanmoins, les autres mis faisaient partie de cette coalition.
Est-ce que vous niez le fait que le nouveau Front Populaire est arrivé en tête de ces élections et que c'est la coalition majoritaire ?
Je ne nie pas ce qui est un fait. Un fait, c'est-à-dire qu'ils ont plus de députés aujourd'hui que les autres forces politiques. Après, en nombre de voix, ils ne sont pas arrivés en tête, et vous le savez. Et même en pourcentage de nos électeurs, ils ne sont pas arrivés en tête. C'est là où tout est beaucoup plus compliqué, en vérité, dans ces élections législatives.
Il n'y a pas un manque d'humilité de votre part, c'est ce que dit un député Renaissance cité par Le Monde. On manque d'humilité, on a pris une tôle et on n'est pas maître de la situation. Et vous, quand on vous entend, on a l'impression que vous n'avez pas vraiment perdu.
Si, mais je suis très lucide sur le fait qu'on a perdu cette élection, j'ai aucun problème à le dire.
Mais c'est vous qui avez quand même décidé qui va être Premier ministre, qui va être la coalition.
Nos institutions disent que c'est au président de la République d'à un moment déterminer celui ou celle qui est en capacité de former un gouvernement. D'habitude, il y a une majorité absolue ou une majorité relative tellement large qu'il y a une évidence qui s'impose. Il y a une évidence qui s'est imposée les 3-4 derniers quinquennats. Là, on voit bien que c'est différent. Et pourquoi c'est différent ? Déjà, eux-mêmes, le nouveau Front populaire, n'est même pas capable de nous dire qui il faudrait nommer. Donc maintenant, on nous dit que ce n'est pas au président de la République de décider.
Et dans le même temps, on nous dit qu'en fait, c'est à lui de départager les différents partis politiques au sein du nouveau Front populaire. Et de dire qui ? De Mérite Tandelier ? De Jean-Luc Mélenchon ? Non, le nouveau Front populaire va proposer un nom. C'est ce qu'ils disent. Très bien, mais ils le disent depuis presque une semaine. Mais si vous en avez un berger... Aujourd'hui, je vois qu'ils se répartissent au point. C'est ce qui a été expliqué par certains députés. Je ne sais pas, peut-être qu'un sénateur voit un demi-député pour savoir combien de points chaque groupe pèse. Tout ça n'est pas très sérieux.
Ce que je sais, c'est qu'il y a la nécessité de former un gouvernement qui garantit à notre pays une stabilité. Ça ne veut pas dire que j'en partagerais forcément les valeurs, les convictions, les idées que je n'y opposerais pas. J'ai aucun problème à être demain une députée d'opposition si on devait former et si un gouvernement du nouveau Front populaire devait être formé. Par contre, en tant que députée et en tant que responsable politique, je pose des limites. Et je dis très clairement, et je crois que le groupe Renaissance est totalement uni et déterminé sur ce point-là.
Encore une fois, s'il y avait un député insoumis, un membre de la France insoumise qui devenait membre du gouvernement, par souci de clarté vis-à-vis des Français, de conviction et de cohérence, alors ce gouvernement serait immédiatement censuré. Ça veut dire qu'il tomberait. Ça veut dire qu'il ne permettrait pas d'avoir une stabilité pour notre pays.
Alors, vous ne voulez pas d'un gouvernement avec des insoumis ? En tout cas, la CGT Cheminot, elle, appelle à manifester le 18 juillet. Ce sera le jour de la séance inaugurale à la Nouvelle Assemblée. Une manifestation pour ne pas se faire voler la victoire, c'est ce qu'ils disent, pour que le NFP puisse gouverner. Vous craignez un blocage d'ampleur, surtout juste avant les Jeux Olympiques ?
Non, mais en vérité, ce n'est pas comme ça que nos institutions fonctionnent. Donc, ce n'est pas l'une des branches d'un syndicat qui doit dire ce qui doit se passer dans le pays.
Non, mais il a le droit de le réclamer et de manifester.
C'est un droit constitutionnel de pouvoir manifester, évidemment. Est-ce que le faire le jour de la séance inaugurale de l'Assemblée, où là, tous les députés vont pouvoir voter pour élire la nouvelle ou le nouveau président de l'Assemblée nationale, c'est approprié ? Chacun jugera. Je crois que les Français appellent surtout au calme.
Il n'y a pas que la CGT Cheminot qui dit ça.
Appellent à la stabilité et n'appellent pas, encore une fois, à bordélisation dans notre pays. J'entends un ancien député insoumis qui appelait carrément à marcher sur Matignon. Non, en fait, tout ça, ça a des relents qui sont absolument insupportables. Ce n'est pas comme ça qu'on prend le pouvoir dans notre pays. On prend démocratiquement. Et donc, ça veut dire qu'on doit démontrer qu'on est la coalition la plus stable, la plus solide, la plus nombreuse, la plus cohérente pour y parvenir.
Mais vous avez perdu l'élection. Vous voyez l'état dans lequel est le pays ? Vous ne nous dites pas un insoumis secrétaire d'État. Il y a Gérald Darmanin, lui, qui va carrément jusqu'aux écologistes. Il ne dit pas un seul écologiste dans le nouveau gouvernement.
Mais ce n'est pas ce que j'ai dit. Ce n'est pas ce que j'ai dit.
Donc, vous nous dites que vous êtes unis déjà. On entend différentes qualités. Non, mais je crois qu'il y a une ligne rouge qui est très clairement... Il n'y a pas un peu de sectarisme et puis un petit côté un peu mauvais perdant.
Attendez. Moi, je viens sur votre plateau pour vous dire plusieurs choses. La première, c'est qu'évidemment, je suis très lucide sur l'état du pays et très lucide sur le fait que nous avons perdu cette élection. Et je l'ai déjà dit et je le redis. Donc, je suis très lucide sur ça et encore heureux, j'allais dire, de pouvoir être lucide sur ces faits. Ensuite, je suis aussi lucide sur la situation à l'Assemblée nationale. Les mêmes qui disaient que nous étions minoritaires à 250 députés s'estiment majoritaires à 180 députés. Est-ce qu'on ne peut pas considérer que c'est quand même un paradoxe ?
Les mêmes qui nous disaient qu'on va immédiatement proposer un Premier ministre au bout d'une semaine n'ont pas encore proposé de candidat pour Matignon. Pourquoi ? Parce que même en leur sein, même en leur sein, je vois par exemple une sénatrice, Mélanie Vogel, qui est très au fait de ces sujets-là, dit qu'en fait, une coalition, ça prend du temps. Ça prend du temps. Ou alors, ça veut dire qu'on fait une coalition à l'emporte-pièce qui ne tiendra pas plus de 48 heures et un gouvernement qui sera dans l'instabilité absolue. Mais vous proposez une coalition sans écologie,
si on écoute Gérald Darmanin, sans insoumis. Évidemment qu'on propose nous-mêmes. Comment avoir une majorité, alors, à ce moment-là ? Si vous voulez faire une coalition pour doubler le nouveau Front populaire, comment faire sans personne ?
Je ne vais pas m'allier à la France insoumise. C'est la moindre des choses. Mais les écologistes, d'accord. Mais alors, comment vous faites pour avoir une majorité ? Tout simplement. Je pense que chacun... La question, ce que j'ai déjà dit, c'est qu'il y a deux blocs qui peuvent avoir une majorité relative. Pas absolu. Personne ne pourra compter jusqu'à 289 députés.
Bien sûr, mais ce sera très relatif si vous vous privez à la fois des insoumis et des écologistes.
Elle peut être plus nombreuse que 180.
Non ? Mais les LR vous ont dit non, Aurore Berger, non ? Vous voulez faire une coalition avec les Républicains ? Pour l'instant, ils disent non, à part une ou deux voix.
Ce que je sais, encore une fois, c'est qu'il y a deux forces qui peuvent prétendre demain, peut-être, à gouverner notre pays. Donc, soit c'est le nouveau Front populaire, mais le nouveau Front populaire, il ne gagnera pas un seul député. Nouveau Front populaire, il n'y a pas une personne supplémentaire qui se joindra à leur voix. Ça, on l'a entendu, Aurore Berger, mais vous, vous faites comment ? Nous, ce qu'on fait, c'est que justement, on travaille à la capacité d'avoir une coalition. Et oui, encore une fois, je le redis, et je pense que chacun peut l'entendre, ça prend plus que 48 heures.
Parce que je crois qu'on peut trouver, au sein des Républicains, parce qu'il y a des voix qui se sont exprimées en ce sens, et pas des moindres au sein des Républicains, de responsables politiques, de responsables de groupes, d'anciens membres de gouvernement, de présidents de régions, ça compte un petit peu. Un Premier ministre, les Républicains, c'est possible pour vous ?
Je pense que la question, c'est déjà de savoir sur la base de quel projet vous êtes prêts à vous allier, et de dire aussi aux Républicains que si nous, nous n'arrivons pas à former une coalition qui va, en effet, de la droite de gouvernement jusqu'aux sociaux-démocrates, alors ils prendront le risque aussi que le programme du Nouveau Front Populaire soit appliqué. Et je ne crois pas que les Français aient fortement envie d'avoir des milliards de hausses d'impôts supplémentaires dès cet été. Je ne crois pas que nos artisans et nos commerçants pourraient supporter le poids d'avoir un SMIC à 1 600 euros dès cet été. Parce qu'il y a ce qu'on dit en campagne pour espérer gagner.
Et puis il y a la réalité à un moment de notre pays, de notre économie, de notre stabilité économique et les risques que ça ferait courir au pays. Et j'assume de dire que le programme du Nouveau Front Populaire, je ne suis pas la seule à le dire, de nombreux économistes l'ont dit, c'est faire courir un risque au pays. Donc après la question, elle n'est pas pour moi. Mais si, je n'ai pas de problème à répondre là-dessus. Juste que la principale question que vous avez, ce n'est pas d'abord de dire qui est à Matignon, c'est d'abord de dire pour quel projet. C'est ça d'abord une coalition.
Toutes les démocraties qui fonctionnent avec des coalitions se réunissent pour dire d'abord quels sont les compromis qui sont possibles. Ceux à quoi on est prêt chacun à renoncer. Et vous discutez en ce moment. Et les efforts, mais évidemment qu'on discute. Il y a des discussions avec qui ? Avec des socialistes, des LR ? Évidemment qu'il y a des discussions avec celles et ceux qui ont été élus à l'Assemblée nationale. Parce que c'est comme ça que les discussions doivent se passer entre députés. Parce que c'est uniquement nous qui pourrons ou qui ne pourrons pas créer demain une coalition qui peut être non pas en majorité absolue, puisque personne ne peut l'être.
Mais la majorité relative la plus importante pour garantir de la stabilité au pays. Encore une fois, un gouvernement nouveau Front Populaire avec des insoumis. C'est la garantie immédiate de l'instabilité dans notre pays. Et je ne crois pas que ce soit forcément ce que les Français aient envie d'avoir alors qu'ils aspirent, je crois, plutôt au retour au calme et à la modération.
Aurore Berger, on vous retrouve dans un instant juste après le fil info à 8h50 avec Valentine Lottesse. L'inflation ralentit encore en juin à 2,2% sur un an, indique l'INSEE. La hausse des prix des services et des produits manufacturés sont en grande partie compensées par une baisse des prix de l'énergie et de l'alimentation. Quatre migrants sont morts en large de Boulogne-sur-Mer dans une tentative cette nuit de traverser de la Manche. D'autres tombés à l'eau ont pu être sauvés, indique la préfecture maritime. Au sommet de l'OTAN, Emmanuel Macron refuse de répondre aux questions sur la situation politique en France.
Mais le chef de l'État rassure ses alliés sur la continuité des engagements français à l'international. Déjà plus de 400 km de bouchons ce matin sur les routes de France. Deuxième week-end de vacances d'été dans le sens des départs. C'est rouge, selon Bison Futé, aujourd'hui sur un large car nord-ouest. Orange, partout ailleurs. France Info
Le 8.30 France Info Agathe Lambret William Gué-Costa Toujours à Coror Berger, ministre chargée de l'égalité femme-homme, députée Renaissance des Yvelines. Yel Brun-Pivet est candidate à sa succession à la présidence de l'Assemblée. Est-ce que c'est une candidature qui pourrait faire consensus aujourd'hui ?
Je crois que c'est possible. Je crois que c'est possible parce que, encore une fois, nous sommes en majorité relative. Quand vous êtes en majorité absolue, c'est simple. Eh bien, évidemment, la personne issue du bloc de la majorité absolue devient président ou président de l'Assemblée nationale. En majorité relative, ça veut dire qu'il faut aller convaincre, au-delà de vous-même, les autres blocs de pouvoir voter pour vous.
Et je crois qu'elle a démontré dans la présidence qui a été la sienne les deux dernières années à la fois sa liberté et la manière avec laquelle elle a su créer des compromis au sein de l'Assemblée nationale puisqu'on était déjà dans cette configuration de majorité relative, c'est-à-dire travailler en transpartisan, ce qu'on a fait sur de très nombreux textes à l'Assemblée nationale. C'est peut-être aussi ça qu'on va devoir inventer, forme de parlementarisme auquel on n'est pas totalement habitué et qui est, je crois, nécessaire.
C'est-à-dire que les initiatives viennent d'abord de l'Assemblée nationale et du Sénat, viennent d'abord du Parlement pour être acceptés et pour pouvoir dégager des majorités.
C'est comme si l'élection n'avait pas eu lieu, en fait.
Il y a une élection. De toute façon, le président de l'Assemblée nationale... On reconduit, il y a le bon pivet au perchoir, on refuse un Premier ministre de gauche à Matignon. L'élection du président ou de la présidente de l'Assemblée nationale, ce n'est pas une nomination, c'est une élection. Ça se passe comment ? Il y a trois tours de scrutin si vous n'arrivez pas à vous mettre d'accord dès le premier. Donc, je pense qu'au premier tour, chaque groupe ou chaque force politique présentera un candidat.
Je crois que c'est assez naturel, évidemment, pour le groupe Renaissance, que ce soit Yael Brun-Pivet, qui soit notre candidate et je l'espère aussi pour les autres forces de la majorité du Modem et d'Horizon. Et donc, après, est-ce que d'autres veulent se joindre à nos voix ? Est-ce que, encore une fois, comme on le fait dans le cadre d'une coalition ? C'est-à-dire que et la droite de gouvernement et de sociodémocrates souhaitent que Yael Brun-Pivet puisse au troisième tour l'emporter. L'avantage de ça, c'est que c'est la vie démocratique et que ça s'appelle une élection et que c'est l'élection qui le départagera.
Il y a un nom qui circule pour le perchoir, c'est peut-être François Hollande. Est-ce qu'une figure un petit peu de grand sage, ancien président de la République de retour à l'Assemblée nationale, elle pourrait, elle, faire peut-être plus consensus que celle de Yael Brun-Pivet ?
Encore une fois, c'est une élection. Donc moi, je suis fidèle à la famille politique qui est la mienne et donc évidemment, dans les trois tours de scrutin, je voterai pour la candidate que nous présentons si elle atteint le troisième tour de scrutin. Donc je voterai Yael Brun-Pivet. Je ne vais certainement pas voter pour quelqu'un qui n'est pas dans cette dynamique-là. Après, je ne sais pas. Ce qui fera le plus grand consensus, ça devait être l'ancien président de la République ou l'ancienne présidente de l'Assemblée. Je pense qu'Yael Brun-Pivet a évidemment toutes ses chances et que c'est très légitime qu'elle présente sa candidature.
Aurore Berger, le Rassemblement national, avant ses législatives, avait deux vice-présidences à l'Assemblée. Est-ce qu'aujourd'hui, il faut l'empêcher d'accéder à nouveau à ces postes à responsabilité ? C'est un débat
qu'on aura en réunion de groupe et qu'on tranchera collectivement dans notre groupe et au sein de la majorité avec le Modem et avec Horizon. Est-ce qu'on souhaite une représentation institutionnelle de l'Assemblée ? C'est-à-dire que toutes les forces soient représentées ? Ce qui était le cas depuis deux ans puisque toutes les forces étaient représentées du Rassemblement national jusqu'à la France insoumise.
On vous l'avait reproché.
Moi, j'avais assumé il y a deux ans qu'il ne fallait exclure personne parce que c'était les Français qui avaient fait des choix même si je les conteste, même si je les combats et avec force quand il s'agit et du Rassemblement national et de la France insoumise mais j'avais considéré que chacun devait pouvoir être représenté dans ce qui est le bureau de l'Assemblée nationale. On aura ce débat collectivement. Eric Dupond-Moretti a franchi ce débat. Le ministre a dit
qu'il faut faire barrage.
Mais il n'est pas député.
La voix qui compte,
c'est la voix des députés parce que c'est les députés qui comptent. C'est les députés qui votent et donc ce seront les députés qui décideront et nous déciderons de manière démocratique au sein de notre groupe parce que nous, nous votons, nous débattons et donc si la majorité des députés considère qu'il ne faut aucun représentant ni du Rassemblement national ni de la France insoumise et bien moi, je me soumettrai à un choix qui est un choix majoritaire tout simplement.
On voit à quel point il y a différentes lignes au sein de la Macronie. On parlait tout à l'heure de Gabriel Attal la présidence du groupe. Gabriel Attal qui n'a pas caché tout le mal qu'il pensait de la dissolution ces derniers jours. Ce qui se joue en ce moment, c'est quoi ? C'est l'entrée dans l'après-Macron ?
Mais je pense que c'est un petit peu tôt en vérité. Déjà parce que le président de la République, contrairement à des fantasmes, des rumeurs que j'entends ou qu'on lit sur les réseaux sociaux, sur une démission du président de la République qui est quand même l'un des thèmes qu'on a eu pendant cette campagne initiative, tout ça n'existe pas. Il est très absent
pour l'instant. Par exemple, il n'a pas évoqué la situation au sommet de l'OTAN où il se trouve en ce moment à Washington.
Oui, alors en fait, quand vous êtes au sommet de l'OTAN, vous avez peut-être d'autres choses à évoquer qui, je crois, sont absolument détaillants. Je ne crois pas que vous ayez un président de la République d'être absent parce qu'il siège au nom des Français et au nom de la République française au sommet de l'OTAN dans un monde qui n'a jamais été aussi menaçant et aussi percuté par des crises existentielles. Les jours qui ont précédé, il n'y a pas eu de prise de parole
hormis une lettre.
Et il s'est exprimé par une lettre envoyée aux Français. Donc je crois que ce qui se joue, ce n'est pas de savoir qui sera notre candidat en 2027, parce que je pense que les Français s'en fichent éperdument aujourd'hui. Ce qui se joue aujourd'hui, c'est de savoir quelle est la coalition qui peut être formée dans notre pays, qui est cohérente, cohérente sur le fond, sur cette doctrine qui permet de donner de la stabilité à notre pays, qui permet de continuer à avancer sur les enjeux économiques déterminés.
Sur le macronisme Norbert Berger, il y a Sacha Houllier, ancien président de la commission des lois. C'est une figure de la halle gauche de votre groupe qui quitte ce groupe pour en créer un autre. C'est quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? C'est une clarification ? Gilles Lejean dit que c'est fini le macronisme.
Gilles Lejean n'a pas été réélu député. Et malgré toute l'amitié que j'ai pour Gilles Lejean...
Parce que vous avez investi un candidat face à lui alors qu'il était un historique de la macronisme.
Notre candidat investi a gagné. Donc vous voyez à un moment, il faut écouter les députés. Vous nous dites depuis maintenant une semaine, depuis cette élection législative, que le Parlement n'a jamais été aussi fort. Que le Parlement ne sera jamais aussi fort sans doute que dans cette perspective d'une majorité relative. Écoutez les députés. Écoutez ceux qui peuvent aujourd'hui créer, former des coalitions et permettre de la stabilité et de la cohérence pour notre pays. C'est ça que je souhaite en vérité. Je crois qu'on a besoin d'apaisement et donc on a besoin d'installer cette culture de compromis qui n'est pas de la compromission.
Il y a des sujets essentiels sur lesquels personne ne peut transiger et sur lesquels nous en termes de valeur on ne transigera pas. Moi mon obsession ce n'est pas de savoir si je vais rester ministre. Moi je suis très heureuse et très honorée d'avoir été réélu et largement député de la nation.
Et donc si je dois être une députée de la majorité parce qu'on sait trouver une coalition qui a du sens et qui est cohérente et bien je serai une députée de la majorité et si on n'y arrive pas et que du coup ça veut dire que c'est un gouvernement une ouvre au fond populaire et bien je serai une députée d'opposition qui ne leur cèdera rien et qui ne laissera rien passer parce que je crains que si on laisse passer des choses à la fin tout cela tout ce dont on parle ne fasse qu'un seul gagnant ou une seule gagnante qui s'appellerait demain Marine Le Pen et ça n'est pas ce que je souhaite pour notre pays.
Merci Aurore Berger ministre chargée de l'égalité homme-femme député réélu Renaissance des Yvelines d'avoir été avec nous dans le 830 France Info Merci Aurore Berger
Aurore Bergé