Interview Jean Paul Delevoye - Université Fédérale Février 2014
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Attaque 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:41Invité politiqueChiffre
« il y a 350 milliards d'euros qui se sont retirés du financement de l'économie parce que ils ont quitté l'ancien et ne se mettent pas dans le nouveau »
- 4:33Invité politiqueFait
« le succès des auto-entrepreneurs on est d'accord ou pas c'est tout simplement quand les gens disent mais si je suis en train de de de de de survivre et bien ma survie je vais la faire par l'obligation que je vais être d'être moi-même acteur »
- 6:01Invité politiqueFait
« ce que j'appelle c'est pas un choc de compétitivité c'est un choc culturel »
- 6:44Invité politiqueFait
« on voit bien que c'est une mécanique d'exclusion et on voit bien que pour l'emploi c'est aussi l'exclusion de celles et ceux qui ne sont pas formés »
- 8:05Invité politiqueFait
« on ne souffre pas d'un excès de politique on souffre d'un excès de politicien »
- 11:01Invité politiqueFait
« nous allons passer d'une société de la performance à l'épanouissement »
- 11:41Invité politiqueFait
« il faut passer du bien la société du bien à la société du lien »
Temps de parole
- Jean-Paul Delevoye100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
bien bonjour désolé de ne pas pouvoir être parmi vous sur un sujet qui est particulièrement important c'est est-ce que nous sommes dans une évolution vers une nouvelle société qui va imposer de nouvelles réponses la question que vous posez sur l'état de de la société en réalité c'est pas uniquement l'état de la société française ma conviction c'est que nous ne sommes pas en crise parce que si nous étions en crise en sortant de la crise on retrouverait la situation excantée c'est la troisème fois dans l'histoire de l'humanité que le mariage entre un changement d'énergie un changement de mode de communication va complètement bouleverser la géopolitique mondiale la répartition dans les territoires des lieux d'activité les trois grandes questions politiques qui vont se poser c'est un le VI isement et la possibilité des chocs intergénérationnels de la localisation mondiale des lieux de production des lieux de commercialisation des lieux de transformation et donc c'est le le choc des territoires et le troisième qui est le plus compliqué qui vous concerne assez directement c'est le le 21e siècle le siècle de la mobilité et comment faire vivre ensemble des hommes et des femmes de plus en plus hétérogènes et on pourra peut-être y revenir si nous sommes en métamorphose et non pas en crise la destruction de l'ancien précède la construction du nouveau et donc il y a l'angoisse de celles et ceux qui subissent la disparition d'Ancien Système et on voit notamment sur sur problématique de l'industrie et il n'y a pas encore l'espoir de l'émergence d'un nouveau et on est donc dans cette phase de transition qui pose un vrai problème de de de recul des financements l'épargne en Europe il y a 350 milliards d'euros qui se sont retirés du financement de l'économie parce que ils ont quitté l'ancien et ne se mettent pas dans le nouveau que tous les systèmes de réflexion politique de réflexion syndicale c'est comment préserver l'ancien tout en négligeant pas d'investir du futur et comme il c'est la disparition aussi des idéologies politiques et bien les gens finissent par ne plus croire en rien c'est-à-dire qu'ils sont prêts à croire en tout et les politiques apparaissent plus aujourd'hui comme une stratégie permanente de conquête de pouvoir qu'un pouvoir au service d'un projet de société et et quand il n'y a plus de champ d'espérance collec qui en plus s'alimente par une manque d'espérance individuelle la porte est ouverte pour C ceux qui gèrent les peurs et les peurs peuvent encore se se corriger même si elles sont préoccupantes et on pourrait y revenir ou celles et ceux qui gèent les humiliations or nous avons un système aujourd'hui collectif mais pas uniquement qu'en France qui fait que quand vous êtes à bac + 5 paysosmique vous êtes pas malheureux vous êtes humilié quand vous êtes viré à 40 ans sans perspective d'alternative positive vous êtes humilié et et et quand vous êtes parents que vous financez les études de vos enfants ou que vous êtes retraité que vous n'avez pas de quoi vivre vous êtes humilié et donc la révolte ou la colère ou l'angoisse des humiliés est quelque chose d'immaîtrisable parce qu'elle se nourrit par une désespérance collective donc il est urgent de retrouver le moyen pour chacun de réinventer une espérance individuelle au profit d'une espérance collective qui dans quelle société voulons voulons-nous vivre nous avons devant nous un vrai défi de réveil de la citoyenneté d'autant plus que les ruptures auxquelles nous sommes que nous voyons apparaître les possibilités de rupture le tissu social est extrêmement tendu et les frontières sont fragiles entre le légal et l'illégal entre le contribuable et l'impôt entre les citoyens et le politique fait que nous sommes dans une période où où la souffrance individuelle et collective va faire émerger de façon extrêmement rapide la notion de Bou émissaire et va voir que l'on va transférer toutes nos angoisses sur le Juif sur l'arabe sur le chômeur sur le patron sur le capital sur le syndicat et chacun pourra être à son tour un jour procureur et un jour Bou émissaire et donc nous devons être extrêmement attentifs à tout ce qui aujourd'hui dans une société en en manque de vision en manque d'espérance quand il y a pas de vision il y a pas de projet quand il y a il y a pas de projet il y a pas d'adhésion et quand il y a pas d'adhésion il y a une espèce d'instabilité où on a tendance à agresser l'autre plutôt que de construire ensemble vous êtes bien placé vous qui êtes sur le terrain pour voir cet extraordinaire paradoxe français c'est-à-dire que il y a en même temps sur le terrain une force une initiative qui quelquefois est presque nourrie par la hargne ou par la colère le succès des auto-entrepreneurs on est d'accord ou pas c'est tout simplement quand les gens disent mais si je suis en train de de de de de survivre et bien ma survie je vais la faire par l'obligation que je vais être d'être moi-même acteur et non pas consommateur d'une république qui ne m'apporte pas une une satisfaction et l'on voit bien qu'il y a sur le terrain énormément de fertilité énormément de créativité énormément de solutions et que quand vous additionnez tous ces optimismes locaux toute cette force locale que vous amenez cela à Paris vous arrivez à un pessimisme national deuxème élément c'est que évidemment notre organisation centrale est très verticalisée était est très perplexe voire très interrogative devant ces innovations qui ont pour but évidemment de les contester parce que évidemment l'échec scolaire amène toute une série d'innovations mais qui conteste le système scolaire qui a abouti à cet échec on voit bien que le système de de protection sociale est aujourd'hui en interrogation parce que tout simplement tout a été basé pour la maîtrise des budgets pour la maîtrise des procédures pas pour les comportements positifs des individus et que l'on voit bien que ce que j'appelle c'est pas un choc de compétitivité c'est un choc culturel il faut que nous inversion et notre lecture du temps le futur n'est pas la projection du présent mais la contestation du présent notre culture de la mise en avant des potentiels des individus la capabilité et et non pas les échecs alors qu'en France si tu eschou à l'école tu es nul si tu as fa parti tu es nul si tu as pas de Rolex tu es nul vous êtes dans au Canada c'est exactement l'inverse en France tout est normé ça permet simplement de dire que vous êtes dans la norme ou vous êtes pas dans la norme et sous couvert de politique d d'inclusion et y compris sur le plan social et bien on continue à défiler sur la mixité social alors qu'en fin de compte on sait que dans chaque quartier où il y a les concentrations les plus élevées des échecs il y a la localisation de l'échec et l'évasion de la réussite qu'au niveau de l'école c'est une école pour les élites et pas une école pour les pour les échecs on voit bien que c'est une mécanique d'exclusion et on voit bien que pour l'emploi c'est aussi l'exclusion de celles et ceux qui ne sont pas formés donc nous sommes nous sommes en train de nous déculpabiliser en permanence en défilant derrière des politiques et des slogans d'inclusion quand en réalité nous mettons en place des politiques d'exclusion et avec le la surprise de voir que celles et ceux qui sont exclus par leur colère par leur violence sont en train d'exprimer leur désespérance et l'on voit bien qu'il y a donc là aussi un choc culturel c'est de ne pas gérer quelqu'un qui est en dehors de la norme pour compenser cette différence normative mais c'est d'accompagner quelqu'un à surmonter une difficulté et Onon voit bien que l'on est dans un système pour plaire au pouvoir pour plaire aux élites alors que le vrai génie de la France c'est de pouvoir non pas le contester ce pouvoir mais le nourrir par les débats et par la différence et enfin au nom de la norme la France ne sait pas vivre avec les différences là aussi on on déculpabilise notre conscience judéoch- chrétienne en disant mais moi j'ai j'ai des compensations pour les chômeurs j'ai des compensations pour les handicap P en réalité on fait sentir d'une façon extraordinaire le poids de la différence or quand on exacerbe les différence on écrase l'individu quand on la quand on quand on la valorise on transcende l'individu et qu'aujourd'hui nous avons absolument besoin d'être dans un vivre ensemble collectif dans lequel on voit bien qu'il va falloir passer d'un système de cohésion sociale à un système de vitalité sociale ce qui m'a fait dire que l'on ne souffre pas d'un excès de politique on souffre d'un excès de politicien et que paradoxalement les citoyens sont extraordinairement intéressés par la politique il voit bien qu'aujourd'hui ils ont besoin d'un projet de société euh ils sont tout à fait prêts à manifester une solidarité y compris de proximité avec un paradoxe c'est qu'ils sont prêts à s'engager euh pour des actions de solidarité tout en ayant la capacité de laisser complètement isolé quelqu'un qui est précarisé et de voir une solitude et un isolement à 5 ou 10 m de son habitation le drame du 21e siècle c'est c'est c'est l'isolement alors que la chance du 21e siècle c'est la mobilité donc nous avons devant nous euh la disparition et la fragilité d'un système et l'émergence d'extraordinaire vitalité citoyenne sur le plan local et donc permettre à chacun d'être acteur sur son territoire est un élément déterminant de la stabilité démocratique et les élus doivent accepter le fait que tout endroit d'écoute dans une société qui se parle de plus en plus avec les réseaux sociaux et qui s'écoute de moins en moins de toutes C de toutes ces lieux d'accompagnement des personnes à surmonter le difficulté de tous ces lieux où il peut y avoir des débats citoyens les citoyens veulent être aujourd'hui des coproducteurs du futur le réflexe numéro 1 des élus locaux mais quelquefois aussi le réflexe numéro 1 des présidents d'association c'est de jouir du pouvoir et de ne pas exercer le pouvoir et l'on voit bien que nous sommes dans un moment tout à fait intéressant de changement culturel c'est que dans l'entreprise on cherche en permanence la meilleure compétence et celui qui est à la tête de l'entreprise cherche à être challengé par le fait qu'il a des gens autour de lui qui sont bien plus compétents que lui dans les sphères de pouvoir et souvent politiqu dès que quelqu'un de compétent apparaît on estime que c'est un concurrent il faut l'éliminer donc on voit bien qu'aujourd'hui il faut que les citoyens challengent les politiques et donc on a aussi besoin de retrouver le sens du débat de la conduite du débat du partage que nous n'avons pas et enfin ensuite la décision politique sppte et je crois que c'est intéressant de voir que y compris vous les les centres sociaux vous devez être attentif à est-ce que vous n'êtes pas aussi en train d'essayer de de jouir du pouvoir plutôt que de l'exercer et d'être attentif que vous êtes pas au-dessus mais au centre d'un besoin nouveau d'une écoute citoyenne d'un débat citoyen et d'une force de proposition et non pas de contrepouvoir de complémentarité et il est évident que les monarques doivent être éclairés mais éclairés par les les expressions citoyennes ma conviction c'est que nous allons passer d'une société de la performance à l'épanouissement et qu'aujourd'hui comme les la croissance sera faible on aura de moins en moins de salaire de moins en moins d'acquisition matérielle comment vivre plus heureux avec plus d' matériel et que la notion du bien-être passera par la notion de l'échange et de la proximité ce qui est aussi le cas des sciences sociaux on va passer de la société d' l'acquisition à la société du partage comment organiser le partage du logement de la voiture le montant en gardant le fils handicapé de mes voisins moi j'avais en tant que président des maires de France lancé avec atthanas périfant la fête des voisins tu était ravi du succès parce qu'on voit bien que les gens ont besoin de proximité pour lutter contre un sentiment de solitude quand vous êtes dans dans l'échec et puis enfin il faut passer du bien la société du bien à la société du lien et on voit bien qu'il faut favoriser sur les territoires ces lieux où l'on construit des liens c'est me semblet-il une des vocations que vous pourriez avoir au niveau des centres sociaux
Jean-Paul Delevoye