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CANICULE / CES TRAVAILLEURS QUE LES PATRONS LAISSENT CUIRE

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Un malaise machiniste qui vient d'avoir un poutier sur 189. On vient d'appeler les traités. Et reste qui arrive quand on a chaud.

Aujourd'hui donc dans le journal, les luttes, on s'intéresse à celles et ceux qui continuent de travailler malgré la canicule. Conduire un bus, livrer des colis, travailler sur un chantier, dans un entrepôt ou derrière une caisse. Quand les températures explosent, la chaleur n'est plus seulement un inconfort, elle devient un risque professionnel.

Les épisodes de canicule se multiplient, mais les conditions de travail évoluent-elles vraiment ? Les employeurs prennent-ils la mesure de cette nouvelle réalité ? Pour en parler, nous recevons Selma Labib, conductrice de bus de la RATP, également syndicaliste.

Elle va nous raconter ce que vivent les agents sur le terrain et ce que les salariés demandent aujourd'hui pour pouvoir travailler sans mettre leur santé en danger. C'est parti pour l'entretien. Bonjour Selma, merci d'être avec nous.

Salut. D'abord, en fait, dans cette période caniculaire, est-ce que tu peux, pour qu'on comprenne un peu le contexte, nous raconter une journée en pleine canicule ? Est-ce que la chaleur dans les transports en commun est si difficile à supporter ?

Eh bien oui, la chaleur, elle est plus que difficile à supporter. C'est vraiment insupportable et c'est carrément dangereux. En fait, je dirais, une journée au quotidien, nous, on conduit les bus.

Moi, dans mon dépôt, le parc, il est en énorme majorité sans la climatisation. Il n'y a rien du tout. Il n'y a pas de ventilo, il n'y a pas de climatisation, il n'y a rien.

Donc, on prend notre bus, on va au travail. Alors, il y a ceux qui sont du matin, il y a ceux qui sont de nuit, qui peuvent à peu près profiter, on va dire, jusqu'à 9h. Je n'ai même pas envie de dire d'une fraîcheur, vu la situation.

Et puis, après, il y a le reste, l'après-midi, où c'est encore pire. Donc, on est sur ligne et puis, on emmène les gens au travail, là où ils vont, quand ils sortent, parce qu'ils ne sortent pas tant que ça. Mais voilà, les mesures des températures dans les bus, ça monte au-delà des 40 degrés.

En fait, c'est ça la situation dans laquelle on est aujourd'hui. Justement, quels sont les risques, les principaux risques qu'il y a pour vous, conducteurs et conductrices de bus, face à ces fortes températures ? Les risques, enfin, il suffit de regarder.

Alors, la loi, elle ne donne pas de température, elle ne dit pas trop les risques. Mais par contre, l'INRS, l'Institut National de Recherche et de Sécurité, elle le fait. Et elle explique bien qu'au-delà des 30 degrés, il y a des vrais risques.

Les risques de coups de chaleur, de déshydratation. Voilà, on a des collègues qui ont fait des malaises, mais pas que les collègues, c'est les voyageurs aussi, les usagers du bus. Parce que là, quand je vous parle des températures, c'est au poste de conduite.

Mais il faut imaginer derrière, parce qu'il y a le moteur et dans le reste du bus, où les températures, elles sont tout aussi importantes. Et est-ce que, justement, la direction de la RATP adapte les horaires, les pauses et autres pour vous permettre, à vos conducteurs et peut-être aussi aux usagers, de pouvoir traverser ces épisodes de canicule ? Alors, bon, il y a quelques petits trucs qui existent et qui sont, en fait, dus à des bagarres syndicales, à des bagarres des collègues qui ont été menées.

Il y a une note qui existe, mais en fait, le minimum qu'elle dit, c'est avant 11h, 5 minutes de pause obligatoire. Et après 11h, 10 ou 8 minutes selon la longueur de la course. Donc si la course, elle fait moins de 45 minutes, on a 8 minutes, on a droit à 8 minutes au terminus.

Sinon, c'est 10 minutes. Je rajoute quand même qu'au terminus, ce que ça veut dire, c'est que des fois, on a des locaux. Des fois, ils sont climatisés, quand la climatisation marche.

Mais donc, on a la chance d'être 10 minutes dans la clim ou 8. Mais des fois, il n'y a rien du tout. Il n'y a pas d'endroit à l'ombre, il n'y a pas de climatisation, il n'y a pas de fontaine, il n'y a rien du tout.

Et on attend pendant 10 minutes, limite encore plus au soleil que ce qu'on était dans les bus. Et justement, est-ce que tous les bus, vous le disiez un peu tout à l'heure, ne sont pas équipés de la même manière ? Est-ce qu'on a un pourcentage des inégalités, justement, entre les différentes lignes de bus ?

Alors, nous, dans notre dépôt, c'est environ 10% qui ne sont pas climatisés. Ça dépend un peu des bus. On est sur du matériel qui est assez vétuste.

En fait, il y a une opération qui est menée par IDFM, transition, enfin bus 2025, qui essaye de faire en sorte, mais c'était en 2025, vous voyez, on arrive en moitié de l'année 2026, qui faisait en sorte que tous les dépôts aient fait le changement des bus au gaz ou bus électrique. Et nous, on n'a pas encore eu dans notre dépôt ce changement. Et c'est d'ailleurs la grande excuse de notre direction pour expliquer qu'ils ne peuvent rien faire.

Dans d'autres dépôts, il y a la climatisation dans les bus, mais en fait, elle est limitée à 5 degrés en dessous de la température extérieure. Donc imaginez, en ce moment, il fait 40 degrés. Bon, en fait, on est quand même sur des températures à 35 degrés.

Donc ça reste toujours aussi dangereux. Et est-ce que les agents hésitent parfois à exercer leur droit de retrait lorsqu'ils estiment que les conditions, justement, deviennent trop dangereuses ? Alors nous, syndicalement, c'est sûr que...

En fait, là, en plus, les fortes chaleurs, elles arrivent de plus en plus tôt. D'abord, on voit des médias qui ne sont pas les plus révolutionnaires de la Terre. Même le monde, ils font...

Ils ont fait, après les canicules du mois de mai, un truc en disant, voilà, le droit de retrait, la dernière loi, etc. Donc c'est dans l'actualité. Maintenant, on essaye d'inciter, en tout cas, de dire aux agents qu'ils ont ce droit-là.

Mais voilà, c'est toujours une question de rapport de force et de comment on arrive à faire...

À imposer ces droits-là. Le droit de retrait, c'est toujours présenté comme un droit individuel, bien que ça puisse s'appliquer collectivement. Donc c'est les tentatives.

Mais il faut imaginer aussi la réalité de notre boulot. C'est qu'on est quand même derrière nos bus, un peu isolés. Donc tout le problème et tout le travail, c'est comment on recrée du lien aussi entre nous et une solidarité pour réussir à imposer des choses.

Et justement, vous disiez que vous êtes syndicaliste. Quelles sont les principales revendications que vous avez concernant ce sujet ? En fait, pour moi, dans une situation pareille, d'abord, on peut quand même questionner le fait qu'on travaille, tout simplement, même si le problème des canicules, il ne touche pas forcément que le boulot.

Parce qu'en fait, ceux qui sont dans des logements, qui sont des passoires thermiques, en fait, ils en souffrent tout autant. Ceux qui sont dans les écoles, ils en souffrent tout autant, enfin, dans les hôpitaux, partout. Mais on peut quand même déjà s'interroger sur pourquoi on bosse.

Pourquoi on bosse dans des conditions pareilles ? Enfin, je veux dire, qu'est-ce qui justifie ça ? Et qu'est-ce qui justifie ça ?

C'est les profits des grands patrons. Enfin, ce n'est pas autre chose. Ce n'est pas pour autre chose qu'on bosse là aujourd'hui et qu'on crève au boulot.

Parce qu'il y en a qui sont quand même décédés. Je rappelle le jeune de 19 ans pendant la canicule de mai qui est décédé, qui travaillait dans le bâtiment. Donc, voilà.

Il n'y a pas d'autre solution, nous, au stade où on est que la baisse du temps de travail avec ou sans climatisation. C'est la baisse du temps de travail qu'il faut imposer. Voilà, on fait 3, 4 tours.

On travaille pendant 7h30 dehors dans nos bus. Donc, il n'y a pas d'autre solution que ça. Et c'est ça qu'il faut réussir à imposer en réalité.

Et est-ce que la RATP, parce qu'on parle de la RATP là, aurait pu anticiper un peu mieux suite aux différentes revendications que vous avez depuis, j'imagine, une des années ? Qu'est-ce qu'elle aurait pu faire pour éviter que vous soyez, vous, les agents de terrain dans cette situation ? Mais si les patrons, ils protégeaient leurs salariés et ils en avaient quelque chose à faire, franchement, ça se saurait.

Je rappelle qu'on est dans une période d'ouverture à la concurrence. Là, aujourd'hui, je vous parle en tant qu'RATP. Au 1er août, je suis transféré chez Keolis.

Les autres dépôts, aujourd'hui, il y en a une partie qui sont déjà dans la filiale de la RATP, Cap-Ile-de-France, d'autres qui sont chez ATM, la société de transport milanais, d'autres qui sont à Transdev. Donc, c'est une opération de division. Mais donc, est-ce qu'ils auraient pu anticiper ?

Est-ce qu'ils le savent ? Est-ce que...

Mais bien sûr. Enfin, je veux dire, ils ont les remontées, ils voient les malaises des voyageurs, ils voient les malaises des agents. Ils n'en ont rien à faire.

Excusez-moi, je ne peux pas dire ça autrement. Donc, il n'y a pas d'autre solution que prendre nos affaires en main nous-mêmes. Si on attend après les directions...

Et d'ailleurs, petite parenthèse, mais Patrick Martin, le président du MEDEF, il dit, il ne faut surtout pas moins travailler. Vous vous rendez compte, ça va nous empêcher de préparer justement les transitions nécessaires, les adaptations nécessaires. Mais des adaptations nécessaires, on dirait que ça fait deux ans qu'on se tape des grosses chaleurs.

Ça ne fait pas du tout...

Ce n'est pas du tout un sujet nouveau. Ce n'est pas vrai. Et en fait, ça va être de pire en pire.

Donc, face à ça, c'est comme pendant le Covid. Soit on prend nos affaires en main pour ne pas crever au travail parce que sinon, ce n'est pas le patronat qui le fera à notre place. Et quel est le protocole, justement ?

On parle de chaleur, forte chaleur, malaise parfois de certains usagers. Quel est le protocole pour les chauffeurs de bus ? J'imagine que nos téléspectateurs auraient envie de savoir quand il y a quelqu'un qui a un malaise comme ça suite à la canicule ou autre, d'ailleurs.

Alors, quand c'est des usagers qui font des malaises, on arrête le bus, on appelle les secours, on prévient notre régulation et il y a une prise en charge si les usagers le souhaitent par les pompiers. Maintenant, quand c'est des collègues, c'est un peu une autre histoire parce que, normalement, c'est un accident de travail. Je veux dire, on fait un malaise du fait de la situation dans laquelle on est.

Mais tout le monde et toutes les directions ne sont pas...

Je veux dire, elles ne courent pas après les accidents de travail pour donner tous les papiers nécessaires, etc. Même ça, c'est un combat. Même ces accidents de travail, c'est un combat.

Et je vais vous dire, il y a un autre problème. C'est que parfois, le conducteur...

Parce que je vous parle des conducteurs, mais il y a les contrôleurs et il y a les agents de maintenance qui sont dans des ateliers et qui travaillent dans des conditions qui sont aussi terribles. On travaille pendant 7h30, on rentre chez nous et c'est là que le coup de chaleur, il arrive. C'est là que la déshydratation, elle arrive.

C'est là que le malaise, il peut arriver. Et là aussi, c'est une bagarre de le faire reconnaître comme un accident de travail. Justement, on vous échangeait aussi avec d'autres professions.

Est-ce que vous avez le sentiment que ce que vivent les conduires de bus ou les gens de la RATP et finalement, le reflet d'un problème le plus large dans le monde du travail ? Mais bien sûr. Enfin, je veux dire, dans les syndicats, on discute entre nous, partout, on se croise en tant que travailleurs, on discute.

À la PHP, il n'y a pas la clim. Ils mettent des couvertures de survie sur les vitres pour que les patients ne crèvent pas de la chaleur. Excusez-moi avant de crever par les manques de moyens, mais c'est quand même ça, la réalité.

Vous regardez dans l'usine à Poissy, c'est des températures à plus de 40 degrés aussi dans les calibres. Enfin, il faut imaginer, il y a les machines, le travail est pénible, la chaleur des moteurs, c'est tout ça. Des exemples, on en a plein.

Dans les ateliers, je ne sais pas, de la maintenance à la RATP, mais à la SNCF aussi, c'est des températures qui sont...

Et c'est des températures, mais c'est aussi, le travail n'est pas adapté. On continue à demander aux collègues de faire des freins, de faire des radiateurs, de travailler sur des moteurs. Donc, bon, c'est ça la réalité.

Alors, à Rouen, par exemple, à la SNCF, à l'atelier de Quatre-Mars, en fait, ils ont débrayé. Et ça, c'est plutôt très encourageant et c'est vers là qu'il faut aller. Ils ont dit, en fait, ce n'est pas possible, il fait trop chaud, on arrête de travailler.

Effectivement. Et là, prochainement, si ça persiste, parce que c'est quand même prévu, là, d'après Météo France, on a encore plusieurs jours de fortes températures, est-ce qu'il y a des actions prévues ? Là, aujourd'hui, vous êtes sur notre plateau, mais est-ce qu'il y a d'autres choses qui sont éventuellement en cours ?

Comme je vous disais, c'est les droits de retrait, pas que les droits de retrait, c'est toutes les autres possibilités qu'on a, nous, les travailleurs et les travailleuses, pour s'exprimer. Donc, ça peut être un droit de retrait, ça peut être des grèves, ça peut être aller chercher, par exemple, cette baisse du temps de travail. Tout ça, ça demande de discuter entre nous, de se coordonner.

Après, nous, comment vous dire, on ne va pas...

Il faut que ce soit les collègues, les travailleurs et les travailleuses qui prennent leurs affaires en main, qui décident, en fait, et qui se disent, maintenant, on y va. Est-ce que ça se discute ? Oui, ça se discute beaucoup.

Et d'ailleurs, c'est pour ça qu'aujourd'hui, par exemple, la direction de la RATP a sorti une nouvelle même, pour dire, au lieu de 10 minutes, ce sera 15 et 20 minutes pour les lignes de plus ou moins 45 minutes. Parce qu'en fait, ils le savent bien et qu'ils ne sont pas...

Je veux dire, eux aussi, ils savent analyser un rapport de force et ils savent analyser une température, entre guillemets, sociale qui monte. Donc, ils essayent de prendre des précautions qui, de toute façon, ne sont pas suffisantes. Alors, on espère qu'on va réussir à prendre nos affaires en main avant qu'il y ait encore d'autres accidents mortels parce que c'est vraiment nos vies dont il s'agit.

Ce n'est pas uniquement juste nos conditions de travail. C'est vraiment nos vies, celles de nos enfants quand ils vont à l'école, celles de nos grands-parents et nos parents quand ils vont à l'hôpital. C'est de tout ça qu'il s'agit.

Et d'ailleurs, il ne faudrait juste pas que ce soit uniquement à l'échelle des conducteurs de bus, comme on disait tout à l'heure. On est tous concernés, toute notre classe est concernée, que ce soit au travail ou en dehors. Donc, c'est collectivement qu'il faut qu'on réussisse à y répondre.

Et c'est comme ça qu'on réussira aussi à obtenir des choses. Vous en parliez tout à l'heure. Il y a une ouverture à la concurrence pour les transports en commun en Ile-de-France.

Est-ce que justement cette division qui est créée actuellement, elle empêche justement d'entendre la voix des travailleurs parce que tout le monde est un peu éparpillé, tout le monde va essayer de trouver la meilleure solution pour la suite de sa carrière ? Est-ce que ça aussi, c'est un des freins à ce que les revendications des travailleurs soient entendues ? Mais bien sûr.

Enfin, tout le monde le voit, cette opération de...

En plus, on peut dire ouverture à la concurrence, mais quand on voit que sur 16 lots, il me semble, si je dis pas de bêtises, il y en a 12 qui sont transférés dans la filiale de la RATP, c'est clairement une filialisation avec une dégradation extrêmement importante de nos conditions de travail que la RATP a menée. Pas les entreprises du transport capitaliste qui nous exploiteront demain. La RATP, notre employeur encore d'aujourd'hui qui a dégradé, qui nous a supprimé 6 jours de repos et qui fait qu'on travaille une heure de plus par jour aujourd'hui.

Donc d'abord, c'est eux quand même qui sont totalement responsables de ça. Maintenant, bien sûr, c'est une opération de division majeure. Est-ce que c'est la première, je veux dire, quand on regarde ailleurs et qu'on regarde un peu au-delà de la RATP, c'est, je veux dire, le B.A.B. du transport dans la société capitaliste, les transferts, les repreneurs, etc.

Maintenant, comment on lutte contre ça ? C'est vraiment ça le problème. Comment on garde une coordination et des liens entre les travailleurs et les travailleuses des différents dépôts pour justement ne pas subir cette division ?

Parce que, voilà, c'est ça, tous les collègues, ils le voient bien, ils le disent, c'est toujours divisé pour mieux régner, mais ce n'est pas une fatalité. C'est ça qu'on a envie de dire aussi. Ce n'est pas une fatalité, c'est quelque chose qu'on peut contrecarrer, mais par notre activité militante au quotidien.

Et pour, sur ce phénomène de canicule, vous avez le sentiment justement que le monde du travail s'est adapté à ça, mais apparemment pas trop, où justement, il continue toujours de courir derrière le climat et faire en sorte de, toujours privilégier, comme vous le disiez tout à l'heure, ses intérêts, en tout cas les patrons privilégier leurs intérêts et pas forcément le bien-être de leurs salariés. Mais bien sûr, je veux dire, l'exemple que je donnais de Patrick Martin, il est assez évident, mais c'est pas le seul là. Le dernier rapport Oxfam, il dit en gros, pour avoir un minimum d'adaptation à ces changements climatiques, il faudrait 20 milliards d'euros.

Ça se chiffre facilement, 20 milliards d'euros, c'est 17 mois de profit total. Total qui n'est absolument pas, enfin je veux dire, qui a sa part de responsabilité dans cette crise climatique et dans ce réchauffement climatique. Parce que, en fait, il faut quand même revoir le truc à la base, on n'a rien demandé.

Enfin je veux dire, qui pollue les plus grosses entreprises ? On vient nous dire qu'il ne faut pas laisser l'eau quand on se brosse les dents, mais franchement, qui est responsable de la pollution ? Les grands patrons.

Qui nous fait la misère au quotidien ? Les mêmes. Et c'est nous qui payons cette crise climatique aujourd'hui.

Donc bien sûr, franchement, ce n'est même pas un problème du capitalisme, c'est un crime du capitalisme. C'est fort chaleur. Et encore une fois, ce n'est pas une fatalité, et ce n'est pas une fatalité de les subir comme ça non plus.

Et d'ailleurs, on souffre presque moins des fortes chaleurs que de l'exploitation capitaliste sous ces fortes chaleurs-là. Selma Alhabib, merci beaucoup d'avoir été avec nous, nous avoir éclairés sur la façon dont ça se passe à la RATP, mais on a vu que c'était beaucoup plus large et c'est plus globalement le monde du travail et ce monde capitaliste. Donc merci d'avoir été avec nous.

On va suivre ça de près. Merci à vous. Depuis le 11 mai, des ambulanciers sont en grève illimitée.

Des agents de catégorie C parmi les plus bas salaires de la fonction publique hospitalière, dont certains niveaux de gris sont aujourd'hui en dessous du SMIC. Ils réclament notamment une revalorisation de leur rémunération sous une forme de prime de risque. Une mobilisation longue suivie par les syndicats dans un contexte où les négociations avec la direction semblent au point mort.

Bonjour Jérôme Jean-Charles et merci d'être avec nous. J'ai quelques questions à vous poser. Vous êtes en grève depuis le 11 mai.

Comment cette grève s'organise au quotidien ? On est 65 ambulanciers et on se fait des visios comme celle-ci régulièrement. Nous faisons des grèves de manière stratégique.

On ne fait pas grève tous les jours. On cible bien des journées dans la semaine où l'activité est beaucoup plus importante. Ça peut être assez aléatoire.

On tient compte aussi de la conjoncture. Comme aujourd'hui, du moins cette semaine, notamment sur Toulouse, il y a un nouveau logiciel qui est mis en place depuis lundi. Il chamboule pas mal de choses en termes d'organisation, notamment dans cette filière transports patients.

Ça touche les bancardiers et les ambulanciers. C'est vraiment un remaniement au niveau de la distribution des transports. On a fait grève aujourd'hui.

Bien sûr, ça fragilise encore cette activité-là. Malheureusement, on est obligé toujours de passer par ces actions-là pour se faire entendre. Et justement, quelles sont vos revendications exactement ?

Alors, nos revendications, je rappelle, depuis 2022, les ambulanciers ont maintenant ce statut de soignants. Ils ne sont plus des juridiciens. Ils ont été reconnus comme des soignants.

Et depuis 2022, grâce à nos statuts, beaucoup d'établissements ont basculé leurs ambulanciers dans la direction des soins. La transition s'est faite petit à petit. Et sur Toulouse, depuis 2022, nous sommes toujours, nous, dans la direction logistique.

Donc, c'est notre première revendication. Je pense que la reconnaissance passe par là de cette transition, de ce basculement dans la direction des soins. Que vous répond la direction du CHU face à cette grève et vos revendications ?

Alors, par rapport à cette première revendication-là, tout simplement, notre direction répond qu'il ne voit pas l'intérêt pour nous, on va dire, de passer dans cette direction des soins, alors qu'on a prouvé justement par A plus B qu'en termes de formation, en termes de management, on n'avait pas forcément les bons cadres appropriés parce qu'on avait des cadres de logistique. Parfois, c'était même des agents des policiers municipaux. On avait aussi des gendarmes à la retraite.

On a eu des patrons de PTP en cas de proximité. Forcément, ça a créé quand même un décalage assez conséquent. Même en termes de formation, on a prouvé aussi qu'on n'avait pas forcément toutes les formations parce qu'on avait cette étiquette de logisticien.

Ça nous mettait, on va dire, des bâtons dans les roues. Deuxième chose, c'est qu'en fait, on s'aperçoit depuis plusieurs années maintenant, nos activités se sont diversifiées, de plus ou moins sensibles, notamment les transports délégués par le SAMU, les transports de psychiatrie avec des patients de plus en plus désorientés, de plus en plus violents. On a les transports de prisonniers aussi, pareil, qui sont, c'est un transport assez spécifique.

On est dans un milieu carcéral. On a aussi les transports de médecine nucléaire, les transports biatriques qui sont pour les personnes obèses. Donc, en plus des personnes obèses, ces patients-là ont les pathologies qui se rajoutent derrière.

Donc, c'est aussi une prise en charge assez spécifique. Donc, voilà, là, c'est sous nous, on met nous en évidence ces transports délégués par le SAMU. Je pense aussi que c'est une conjoncture au niveau national.

Il y a cette pénurie de médecins, cette pénurie de personnel où aujourd'hui, on sait qu'ils cherchent, voilà, on va dire, comment dire, à se soulager, on va dire, en termes de transport. Donc, il est normal qu'effectivement qu'ils se penchent vers nous. Par contre, aujourd'hui, notre direction répond que non, ce ne sont pas des transports SAMU, ce ne sont pas des transports délégués par le SAMU.

Et c'est effectivement, leur argument, c'est que pour l'instant, il y a zéro transports SAMU qui ont été répertoriés parmi toutes ces activités-là. Ils sont dans la capacité de répertorier ces transports-là. Donc, nous, les seules preuves qu'on apporte sur ces transports SAMU, c'est des photos, des documents qu'on a nous-mêmes conservés à travers nos transports.

On a des observations, des observations comme le SAMU non disponible. Du coup, c'était vous, les Amplois anciens qui le prenaient en charge. Des transports, des… Un autre exemple, c'est comme des exemples de plus en plus qu'on a, c'est que c'est maintenant des médecins issus de ces services de lambda qui nous disent clairement « Écoutez, le SAMU n'est pas disponible, donc je monte avec vous dans votre ambulance afin de surveiller, de prendre en charge d'une manière assez particulière ce patient qui est spécifique. » Le fait de changer de statut qu'on vous mette à… Normalement, on vous aligne à votre fonction, à ce que vous pouvez faire régulièrement, ça permettrait peut-être aussi d'augmenter les salaires parmi les revendications et aussi celles-là, une prime ou une revalorisation de vos salaires ?

En plus de ce statut de soignant, de cette direction de soins qu'on demande, à travers ces activités-là, on s'aperçoit que tous les soignants qui sont issus de ces services, donc on prend leurs patients, on fait la continuité des soins, ces soignants-là sont formés, ils ont des formations adéquates et ils ont les primes aussi qui vont avec. Donc nous, on part du principe que nous, on veut les mêmes formations parce que le patient, c'est le même, les soins ne s'arrêtent pas à partir du moment qu'ils montent dans notre ambulance, ils sont en continu, ils sont toujours branchés, certains, il y a toujours besoin d'une prise en charge continue. Et par la suite, bien sûr, il y a ces primes.

Et donc ces primes, c'est pareil, on s'est aperçu que, notamment dans différents établissements, donc c'est vrai qu'on cite souvent Tours, Angers et bien d'autres encore, on sait qu'il y a plein d'ambulanciers internes qui ont ces primes. Il s'agit de la prime NBI qui est une prime spécifique, notamment pour les ambulanciers SMUR et la prime aussi IFR qui est une prime de risque. Donc on a amené tous ces documents-là, c'est un dossier qui est en place sur la table depuis deux ans auprès de notre direction.

On a essayé de le faire sans syndicat, on a essayé vraiment de construire quelque chose ensemble, mais sauf qu'on nous a bien expliqué que ce n'était pas possible, qu'il fallait passer par les syndicats et puis essayer de se défendre coûte que coûte. Donc malgré ces exemples-là, ce dossier assez important, la direction nous répond non, vous n'avez pas le droit. Concernant la NBI, ils ne tiennent pas compte de la jurisprudence du 19 juillet 2023 où le Conseil d'État a plusieurs fois donné raison aux agents expliqués clairement.

On ne tient pas compte ni du statut, ni du grade, ni de la fonction de l'agent, mais on met bien des missions réellement exercées. C'est-à-dire qu'à partir du moment que je prends l'exemple des transports SAMU, si ces transports SAMU sont bien avérés et qu'on prend en charge ces patients qui sont sensibles et qui se dégradent, on est légitime à avoir cette NBI-là. Et ça a été le cas dans les autres établissements.

Dans les autres établissements, en plus, on s'aperçoit que les ambulanciers internes sont attachés au pôle des urgences ou bien à la direction des soins. C'est qu'il y avait un réel besoin au sein de leur direction. Et je pense que ce besoin est aussi réel à Toulouse.

Sauf qu'il ne veut pas le reconnaître. C'est des transports qui sont faits de manière clandestine, on va dire. Vu qu'ils ne sont pas répertoriés, c'est encore des choses qui se font en off.

Donc voilà, c'est pour nous important surtout de soulever ça. Est-ce que c'est normal qu'un médecin aujourd'hui des services abandonne ses quarantaines de patients pour venir avec nous dans notre ambulance pour nous dire écoutez, il faut que je fasse vite parce que moi, je laisse 40 patients faisons le transport dans les meilleurs délais. Non, ce n'est pas normal.

Ce n'est pas normal. Je pense qu'il faut s'y pencher. S'il y a un besoin réel effectivement de récupérer certains transports du SAMU, il faut s'y pencher.

Il faut qu'on ait les formations nécessaires parce qu'en termes de formation, il y en a pas mal. On n'est pas forcément dans les clous. Mais bon, écoutez, c'est notre combat d'aujourd'hui en tout cas.

Et donc là, pour terminer, dernière question, ça fait plus de six semaines que vous faites grève. Vous êtes 65, vous me disiez tout à l'heure. Quel est le sentiment autour de tous ces grévistes ?

Vous êtes dans une forme d'usure où la détermination est toujours intacte après tout ce temps. Alors, forcément, il y a une fatigue, on va dire, surtout psychologique parce que c'est un combat assez compliqué. Bien entendu, parce que faire grève, c'est pénible, on perd de l'argent.

C'est assez fatigant, une grève, on perd de l'argent aussi. Maintenant, il y a cette cohésion toujours au sein du groupe parce que tout le monde est bien conscient qu'il y a ce glissement de tâches, tout le monde est conscient qu'on nous méprise, tout le monde est conscient que la direction essaye de banaliser nos transports, refuse de voir la vérité en face. Donc, on va dire, c'est ce qui nous fait tenir et puis c'est ce qui va nous faire tenir dans le temps.

Encore une fois, on est parti sur une grève illimitée, on sera là aussi dès la rentrée. Merci beaucoup, Jérôme Jean-Charles. Je rappelle, vous êtes ambulacé interne au CHU de Toulouse.

Merci de nous avoir éclairé sur la situation actuelle de votre profession et on va suivre ça de très près. Merci à vous. Merci à vous de m'avoir écouté.

Les salariés du SAMU social de Paris sont appelés à une grève reconductible depuis ce lundi 23 juin à l'initiative de la CGT. Le syndicat dénonce une dégradation continue des conditions de travail, des risques psychosociaux signalés à plusieurs reprises, mais aussi une baisse des moyens consacrés à l'hébergement d'urgence. Au cœur de la contestation, la suppression annoncée de près de 1 200 nuités d'hôtels destinés aux personnes sans-abri.

Une décision qui, selon les grévistes, fragilise encore davantage les personnes les plus précaires tout en mettant les équipes sous une pression croissante. Un piquet de grève est organisé devant le siège du SAMU social dans le 13e arrondissement de Paris pour réclamer des moyens à la hauteur des besoins. A Lons-le-Saunier dans le Jura, plusieurs organisations se sont réunies dimanche 21 juin à l'appel du Jura antifasciste pour dénoncer le racisme, l'extrême droite et les discriminations.

Étaient notamment présents les militants d'AFA 39, d'Attac, de Nous Toutes 39 et de la France Insoumise, ainsi que des collectifs lycéens contre la guerre. Les participants ont affirmé leur volonté de faire front face à la montée des idées d'extrême droite et ont rappelé que selon eux, la lutte contre le racisme passe aussi par des réponses politiques et collectives. Une mobilisation qui s'inscrit dans un contexte de multiplication des initiatives antifascistes à travers le pays.

Alors merci à Michel Brochot, notre correspondante citoyenne, pour ces images. À Villiers-en-Bière, en Seine-et-Marne, environ 120 militants de l'association L214 ont mené samedi une action dans le plus grand hypermarché Carrefour de France. Les activistes ont défilé dans les rayons en brandissant des portraits d'animaux issus d'élevages fournissant l'enseigne.

L'association dénonce le recours à l'élevage intensif dans la chaîne d'approvisionnement de la grande distribution et affirme que des dizaines de millions d'animaux seraient concernés chaque année. Elle appelle Carrefour à réduire de moitié le nombre d'animaux tués d'ici 2030 et à s'engager dans une transition vers davantage de protéines végétales. Cette action s'inscrit dans une journée de mobilisation menée dans plusieurs magasins Carrefour partout en France.

C'est la fin de ce journal des luttes. Merci à vous d'avoir suivi cette édition. On se retrouve dès la semaine prochaine et ce sera avec ma collègue Amira Benjabala-Jean-Pierre qui revient dans ce journal des luttes et je vous souhaite à tous une très belle journée sur le média et je vous laisse découvrir la suite de nos programmes.