Marine Le Pen : la justice, arme ou boulet pour le RN ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] La cour d'appel a tranché. Marine Le Pen est bien condamnée pour détournement de fonds public, mais elle pourra théoriquement concourir à l'élection présidentielle de l'an prochain si elle le souhaite. À l'annonce du verdict et c'est la surprise du jour, avocat de Marine Le Pen comme du Parlement européen semble assez satisfait.
Ils ont détourné et volé l'argent public, l'argent du contribuable européen d'ailleurs l'argent également du citoyen français. Nous le disons depuis des années et ça a été confirmé pour la deuxième fois d'abord par le tribunal et aujourd'hui par la cour d'Af. Nous notons une inflection considérable sur les peines et notamment sur la peine d'inibilité qui pour nous est un point extrêmement important.
La justice condamne Marine Le Pen pour avoir déguisé des salariés du RN en assistant parlementaires européens. 2 millions d'euros en tout détourné à défunt de politique intérieure. Une affaire qui a plongé le mouvement politique dans une de ses plus grandes crises interne.
Etbranlé, le parti d'extrême droite a pourtant tenté de retourner cette affaire à son avantage, [musique] de déplacer le débat sur un autre terrain. J'appelle mes concitoyens, je les appelle à s'indigner. Il y a euh une volonté de la part du pouvoir, de la part de certains juges à ce qu'une candidate qui est donnée vainqueur de l'élection présidentielle ne puisse pas concourir à cette même élection présidentielle.
Une défense mise à mal par des affaires qui s'accumulent. Le Parlement européen soupçonne aussi le groupe auquel appartenait le RN d'avoir privilégié deux agences de communication dirigées par des proches de Marine Le Pen entre 2019 et 2024. L'association de lutte contre la corruption anticorps [musique] soupçonne également le président du RN Jordan Bardella, d'avoir lui aussi occupé un emploi fictif au Parlement européen en 2015.
Alors, à moins d'un an de la présidentielle, ces affaires sont-elles un frein ou un [musique] moteur pour le RN ? Placé en tête des sondages, le parti d'extrême droite a-t-il su les retourner à son [musique] avantage en s'en prenant à la justice ? Et pour en débat de ce soir, nous recevons Hervé Lément.
Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes avocat au barreau de Paris et ancien juge d'instruction.
Vous avez publié le procès du pont Moritti. Cétait aux éditions du C, céit en 2025. Et selon vous, ceux qui cherchaient à faire tomber Marine Le Pen obtiennent le résultat inverse.
Le RN sort renforcé, dites-vous. Les électeurs ont le sentiment d'un acharnement judiciaire. À vos côtés, Patrick Spinozi.
Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
Votre dernier livre, c'est Menace sur l'état de droit. C'est aux éditions àar. Et selon vous, si la justice est fortement critiquée, elle n'en sort pas diminuée pour autant.
L'opinion publique cherche un bouqu émissaire, dites-vous, au dysfonctionnement du politique et les juges sont une cible. Et puis Marine Turquie, bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes journaliste au service enquête de Méia Part. Vous avez révélé avec Ludovic Lamant l'affaire des assistants parlementaires du FN en 2013-2014. Votre livre Marine est au courant de tout et publié aux éditions Flamarion, c'était en 2017.
Et selon vous, le débat ne devrait pas se porter sur l'inigibilité de Marine Le Pen, mais sur la gravité des faits qui lui sont reprochés. Le RN en 2027 pourra compter sur sa base électorale mais aura du mal à convaincre au-delà de ses rangs. Et pour entamer ce débat, c'est avec vous Valérie et la condamnation du jour.
Oui, la cour d'appel confirme que Marine Le Pen est coupable dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Elle est condamnée à 3 ans de prison dont 2 ans avec surcil. Il lui reste donc un enferme qui doit être effectué sous bracelet électronique et puis la cour réduit l'inéligibilité qui passe donc de 5 ans en première instance à 45 mois dont 30 mois avec sur 6 qui nous fait donc 15 mois effectifs en cours depuis le 31 mars 2025 il y a tout juste 15 mois.
Hervé l'ément est-ce que juridiquement elle peut donc se présenter à l'élection présidentielle de 2027 ? Oui, tout à fait. Puisque la Cour d'appel a a décidé euh de réduire l'éibilité euh à ce qui a déjà été fait, si je puis dire, c'est-à-dire que elle peut se présenter à à l'élection euh présidentielle.
Je je crois que c'est euh un arrêt qui est finement ciselé. Les juges ont, j'allais dire, tourné euh cette fois la langue dans leur bouche, mais c'est leurs plumes qu'ils ont qu'ils ont tourné avant d'arriver à cette solution. Et je crois qu'ils ont voulu très clairement dire premièrement que Marine Le Pen est coupable.
Deuxièmement, que ce qu'elle a fait mérite une sanction euh réelle et sérieuse. Et troisièmement que ce n'est pas leur rôle, et je pense que c'est ça le fond la question, que ce n'est pas leur rôle à eux jugent de dire qui peut se présenter à l'élection présidentielle et qui ne peut pas se présenter à l'élection présidentielle. H alors Patrice Pinzi, justement ce fameux bracelet électronique rappelons-le donc un enferme avec bracelet électronique.
Qu'est-ce que ça veut dire exactement ? Parce que quand on est candidat à la présidentielle, est-ce que c'est une entrave insurmontable ou ça peut être une contrainte finalement qu'un candidat éventuellement pourrait contourner ? Alors, il faut savoir deux choses.
D'abord, effectivement aujourd'hui la condamnation est de 1 an de bracelet électronique. Il existe la possibilité de demander le relèvement au bout de 6 mois. Donc il est assez probable que cette condamnation de 1 an de bracelet se transforme en réalité à une condamnation de 6 mois de bracelet. 6 mois de bracelet euh ça nous amène à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine.
Et donc l'entrave, elle est en réalité limitée sur la fin de la campagne. C'est une première chose. Après le bracelet, une fois qu'il est posé, il y a des conditions euh pour celui qui le porte qui sont à négocier avec le jus d'application des peines.
Donc on peut se souvenir par exemple de Nicolas Sarkozy qui lorsqu'il avait un bracelet avait la possibilité une liberté de déplacement entre telle heure et telle heure. Donc évidemment il peut y avoir une entrave mais tout cela est à négocier selon ce qui a été décidé avec leation des peines et il n'y a pas une impossibilité de sortir de de chez soi. Avoir un bracelet avoir un bracelet électronique permet de travailler et d'avoir une activité.
Vous n'êtes pas bloqué chez vous toute la journée. C'est ça. Alors Marine Turquie, on a bien compris donc la condamnation tombée aujourd'hui.
Mais qu'on reprenne pourquoi Marine Le Pen est aujourd'hui condamné, de quoi est-elle coupable ? Ouais, c'est une bonne question parce que j'ai l'impression que très vite on va sur l'application de la peine sans même passer sur les faits. Le cœur de du dossier, c'est quoi ?
C'est des millions d'euros d'argent public. L'argent européen, c'est de l'argent public. C'est notre argent, le vôtre, le mien.
C'est ce qui permet de financer des hôpitaux, des écoles et cetera. Donc là, on a un préjudice qui est qui est qui est euh descendu à 2,8 millions d'euros parce qu'ils ont pris en compte uniquement les contrats euh des personnes qui étaient renvoyé dans dans ce dans ce procès-là, pas les contrats potentiellement litigieux dans leur ensemble. Donc ça veut dire des millions d'euros d'argent public détournés par un parti et au total, il y avait 27 prévenus en première instance et puis certains ont fait appel, on est on est descendu à 11.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que Marine Le Pen a été considérée comme l'instigatrice d'un système de détournement de fonds public et que cette personne souhaite se présenter à l'élection présidentielle. Mais ça pose quand même question est-ce qu'aujourd'hui quand on est candidat ou candidate à élection présidentielle, on peut le faire quand on est condamné pour des faits si graves ?
La cour dans sa décision reconnaît la gravité des faits. Donc ça ça raconte quand même quelque chose si aujourd'hui ce n'est même plus questionné. Et je rappelle quand même que le bracelet c'est de la prison.
C'est la prison à domicile mais c'est de la prison et c'est important de le dire pour celles et ceux qui nous écoutent parce que c'est pas rien le bracelet électronique c'est pas une promenade on peut pas et que donc on soit à discuter si elle peut aller en meeting avec un bracelet électronique à la cheville ça paraît lunaire au regard des millions d'argents publics détournés. ce même parti qui nous explique que la justice est trop laxiste avec les délinquents. Aujourd'hui, euh on a euh un parti qui a pu finalement aller dans les médias euh et euh c'est tout le propre de la délinquence en col blanc, c'est d'avoir accès aux médias et de se plaindre quand même de la décision judiciaire qui avait été rendue euh en première instance et de pendant 1 an faire pression quelque part sur les magistrats et les magistrates et pouvoir dire c'est pas normal et avec l'appui de certains dans la classe politique he Jean-Luc Mélenchon, François Baou, Gérald Dramanin, c'est ça qui que raconte cette affaire je trouve.
Hm. Bien sûr. Et et à Lièvin, le weekend dernier, Marine Le Pen se montrait tout sourire au banquets du rassemblement national serain et et combative convaincue de la supériorité de son parti sur la justice.
Écoutez, voilà un petit message à destination de ceux qui pensent qu'il suffit de nous mettre des obstacles devant nous pour nous décourager. Nous ne nous découragerons jamais. Nous lutterons toujours.
Nous irons jusqu'au bout et nous irons, mes amis jusqu'à la victoire avec vous. Alors, lors de cet événement, Jordan Bardella était présent à ses côtés affichant la continuité du parti. Hervé Lémo est-ce que le message que le Rassemblement national veut faire passer, c'est qu'il est plus solide que la justice ?
Alors moi, je ne sais pas quel est le message du Rassemblement national puisque je je ne je n'en suis pas ni de près ni de loin. Euh je je crois que euh les Français ne sont pas forcément convaincus que l'affaire est aussi grave que ce qu'on a dit tout à l'heure. C'est une vision de l'affaire qui est de dire c'est des millions de détournements dans l'impression qu'on a tapé dans la caisse.
La situation la situation non pas tapé dans la caisse. La situation est un la situation est un petit peu différente. Il s'agit Non non c'est pas factuel.
La situation est un petit peu différente jugement c'est tout même aujourd'hui. L'exemplarité même ne dit pas que madame que Marine Le Pen a tapé dans la caisse. Ah non, il y a eu un système a eu un dispositif de détournement de fond public et qu'elle en est l'instigatrice le mot exact son impulsion déterminant.
Soz gentil soyez gentil de ne pas m'interrompreis pas d'accord avec vous. le ce n'est pas ce que cette affaire n'est pas une affaire de détournement de fond qu'on aurait pris pour aller se se balader ou faire des dépenses personnelles. C'est une affaire qui concerne le fait que des assistants parlementaires ont été utilisés non pas pour le travail d'assistant parlementaire mais le travail pour le parti.
Je ne dis pas que c'est bien, je ne dis pas que c'est légal, mais venir dire c'est des détournements de fonds publics, on a détourné des millions, ça ne correspond pas forcément à la réalité du dossier. Et on verra ce que les Français pensent, ce que dit ce qu'a dit la Cour d'appel. Et moi, je trouve que c'est une décision qui est très importante par rapport à cela euh parce que la Cour d'appel en fait, elle a elle a elle a remis l'église au milieu du village.
Elle a dit "Moi, mon rôle c'est de dire euh il y a une infraction ou pas ?" et elle dit "Oui, il y a une infraction. Euh, je prononce une sanction, c'est son rôle, mais par contre mon rôle c'est pas l'élection présidentielle." Et la question de savoir si ce que Marine Le Pen euh a fait et dont elle a été reconnue coupable euh la disqualifi pour être président de la République, ce sont les électeurs qui vont le dire.
C'est ça la démocratie. Et ce qui était ce qui aurait été choquant, ce qui était gênant avec le jugement de première instance, c'est que c'est les juges qui disaient "Moi, juge, j'estime que tu ne dois pas te présenter". Est-ce que c'est pas ça le problème ?
Parce qu'à la base, on parle d'une affaire judiciaire qui a ensuite dérivé sur un problème politique, mais à la base, il y a une affaire judiciaire. Moi, je j'ai une vision juridique de cette question. Il y a une différence d'appréciation entre des juges de première instance et des juges d'appel sur la nature de la sanction.
Voilà, ça arrive tous les jours. Voilà. Donc euh pour vivre dans la justice euh il faut arrêter de croire que la justice, elle est univoque.
Euh la justice selon les magistrats, il y a des appréhensions qui sont différentes des mêmes faits et il y a des sanctions qui sont différentes des mêmes faits. C'est pour ça qu'il y a la possibilité de faire un appel. Bon, donc les juges de première instance ont considéré que Marine Le Pen était coupable.
Ils l'ont sanctionné et ils ont pensé qu'une peine d'inéibilité de 5 ans était la bonne peine. Elle a fait appel, elle en a le droit. Les jug d'appel ont considéré qu'elle était coupable.
Ils ont considéré que une sanction d'inligéibilité de 15 mois était la bonne peine. C'est leur choix. C'estàd que si on défend à un moment, c'estd que les tout le monde cherche à essayer de politiser la justice.
La justice, elle rend ses décision en fonction de sa propre boussole et elle n'a pas un agenda politique, contrairement d'ailleurs à ce que prétend madame Le Pen dans ses déclarations. Et voilà. Donc il faut et le problème c'est que c'est fascinant parce que alors même que cette décision de la cour d'appel rend une décision qui permet à madame Le Pen de se présenter, on est en train d'instrumentaliser la justice en expliant "Ah, en fait, c'est parce que les juges ont voulu qu'elle se présente qu'ils ont décidé d'eux." Les juges, ils ont rendu une décision et ils l'ont condamné.
Plus sévèrement en première instance, moins sévèrement en appel. Les juges, ils font leur chemin et ils n'ont pas d'agenda politique. Alors, justement, on va voir que c'est quand même resté une affaire politique parce qu'elle a secoué le monde politique cette affaire.
On connaissait he le terme gouvernement des juges. On a découvert et bien les juges qui rend et oui, comme l'a expliqué Jean-Philippe Tanguy, député Ren à l'Assemblée nationale, c'était le 1er avril 2025. Voilà qu'un carton de procureur et de juges prétend sortir du droit pour exercer la vent d'état du système contre son seul opposant, le Rassemblement national et contre sa principale incarnation Marine Le Pen.
Il y a des tyranis qui enferment leurs opposants. Il y a désormais des justes tyran qui exécutent l'état de droit en place publique. des magistrats qui dans ce jugement avoue que la candidature, l'élection de Marine Le Pen serait un trouble à l'ordre public.
Voilà finalement des magistrats qui appliquent la promesse du syndicat de la magistrature, celle de faire barrage par tous les moyens, les pires moyens à Marine Le Pen. Aucun député du Rassemblement national ne laissera diffamer celle qui incarne l'espérance du peuple de France. Marine Le Pen.
Alors aujourd'hui Marine Turquie, le ton est nettement plus calme. Le le récit finalement d'un procès politique des juges rouge aux ordres, la manifestation qui avait été convoquée aux invalides à Paris, on s'en rappelle, tout ça n'a pas fonctionné. Comment vous l'expliquez ?
Je pense que ce qu'on vient de voir et qui a duré quand même un an he ça fait un an que les responsables politiques du RN vont sur les plateaux pour dire combien ce serait une atteinte à la démocratie laissant penser presque que leur parti ne pourrait pas être candidat finalement. c'est leur candidate quand même. Je pense que ce lobbying, ces menaces, ces attaques, elles ont fonctionné.
Je pense qu'elles ont fonctionné puisqueaujourd'hui dans la décision, on a quand même une ligne qui est importante, une ligne du communiqué notamment de la cour d'appel de Paris aujourd'hui qui dit qu'on doit laisser la liberté à lecteur de choisir. Mais l'électeur, il avait son parti. que ce soit Jordan Bardella ou Marine Le Pen, il pouvait voter donc c'est très étrange cette phrase qui à mon avis va faire couler beaucoup d'ancre dans les jours à venir de laisser s'imisser euh cette liberté de choix parce qu'en fait bah le juge, il doit faire quoi ?
Les juges doivent appliquer la loi qui a d'ailleurs été votée, rappelons-le, par les parlementaires. Donc c'est l'application quand même de de lois qui sont issues de la souveraineté populaire. Donc est-ce que cette phrase elle est la bienvenue dans une décision ?
Moi je pense que ce ce lobbying, ces attaques, elles ont finalement fonctionné et encore une fois ce que demandait le RN, c'est une exception. Ils ne veulent pas être traité comme le citoyen ou la citoyenne landa. Je précise que tous les jours les Français et les françaises sont frappé d'interdiction de d'exercer.
C'est l'équivalent de de l'interdiction de l'innégibilité avec exécution provisoire. Donc tous les jours, vous êtes un comptable qui a piqué dans la caisse, vous êtes un patron voyou, vous êtes que sais-je ? Donc on a l'impression que le RN demandait une exception et donc aujourd'hui cette phrase, moi elle m'interpelle beaucoup.
Est-ce qu'il y a pas une démission là-dessus de la justice sur cet élément là précis ? Et puis un petit fossé entre la gravité des accusations que soulligne la cour d'appel dans cette décision et puis les peines qui sont nettement en dea de celle en première instance. C'est une différence d'appréciation effectivement mais pour quelqu'un comme Louis Alliot maire de Perpignan qui est condamné c'est un dolore uniquement du surcis sur la peine et sur l'inibilité.
Patrice Spinosi, le le RN parlait de gouvernement des juges, on a entendu Marine Le Pen parler de dénis, de démocratie, dire que la justice pouvait décider à la place des citoyens français. Euh qu'est-ce qu'il faut comprendre de ces de ces mots, de ce positionnement ? On vient de l'entendre.
Vous avez vu le discours qui a été tenu, c'est un discours d'instrumentalisation politique de l'autorité judiciaire très clairement et c'est un discours très classique dans la mécanique populiste. Vous le trouvez aujourd'hui en France dans le cadre du Rassemblement national. Vous en trouvez euh des expressions aussi d'ailleurs euh dans le cadre euh de la pensée de Jean-Luc Mélenchon lorsqu'il euh subit une perquisition et explique que la République c'est lui.
D'ailleurs, il considère que c'est anormal qu'un juge puisse entraver euh un politique. Donc euh il y a une même logique. Et c'est évidemment ce que vous retrouvez de l'autre côté euh de l'Atlantique euh chez Donald Trump ou par exemple qu'on a vu aussi même chose.
C'estàd que la logique du populiste, c'est quoi ? La logique du populiste, c'est quelqu'un qui parce qu'il est élu considère que il est l'incarnation de la souveraineté populaire et qu'à partir de ce moment-là, aucun obstacle ne peut aller à l'encontre de son action. Donc le populiste, un juge qui va lui rappeler le droit, il considère qu'il n'est pas légitime.
Bien sûr. Alors Marine qui vous disiez que ça a peut-être infusé éventuellement sur les juges, mais on va le voir que ça a pas forcément infusé sur les Français. On va regarder tout de suite un baromètre au doxa.
Regardez finalement ce que c'est indiqué. C'était près de 6 francis sur 10 juge Marine Le Pen traité comme n'importe quel justiciable. Est-ce que ça voudrait dire que cette stratégie de la victime ben elle a atteint ses limites ?
Écoutez, je je ne sais pas. Ce qui est amusant, c'est que ceux qui critiquaient le jugement de premier instance étaient accusé de populisme et ceux qui critiquent maintenant l'arrêt de de la cour d'appel, ils sont sont, semble-t-il, des grands des grands démocrates. C'est c'est assez amusant que selon que on conson est d'accord avec la décision de justice, on a le droit de la critiquer ou pas ?
La vérité c'est que dans une société démocratique, on a le droit de critiquer les décisions de justice. Donc on avait le droit de pas être d'accord avec le jugement du tribunal qui avait prononcé une une éligibilitée exécution provisoire. De même que vous avez le droit de pas être d'accord avec l'arrêt de de la cour d'appel qui a décidé de ne pas interférer dans le jugement de l'élection présidentielle.
Pour moi, la question fondamentale, c'est c'est bien celle-là, hein. On est sur un question une question d'équilibre des pouvoirs. Euh, quel est le On parle de gouvernement des juges, mais là, on n'est pas sur une question de gouvernement des juges, mais on est sur une question de pouvoir des juges par rapport au pouvoir politique.
Ça revient souvent sur le gouvernement des juges, on le connaît dans l'histoire politique française, c'est revenu très très régulièrement. Oui, le gouvernement des juges c'est plus la question de la question des juges qui interviennent pour modifier les lois, pour annuler les lois conseil constitutionnel qu' européenne droit de l'homme et cetera. Il y a quand même une différence, pardon, là-dessus entre critiquer une décision ou l'analyser, la décrypter et ce qu'on vient d'entendre là de Jean-Philippe Tangui avec des mots très véhéments avec l'idée d'une justice qui serait politique et je précise que au sein de l'extrême droite et plus largement beaucoup s'en sont emparés. présidente du tribunal.
C'est pas sans conséquence et je pense qu'aujourd'hui c'est compliqué quand on est magistrat et magistrate de juger ce type d'affaires avec la peur des menaces de l'air de sous-entendre que que la cour d'appel aurait rendu une décision euh plus euh moins sévère, voilà, plus clémente euh parce que elle aura eu peur. Euh moi j'ai une plus haute estime des magistrats que ça. Je je ne pense pas une seule seconde que les magistrats de la cour d'appel ont modifié la décision parce qu'ils parce qu'ils avaient peur.
On va parler de ça justement Hervément dans un instant la parole. On va voir ça avec vous Fanny ces dernières semaines justement la la justice qui a été clairement sous le feu des critiques. Oui.
Dernières attaques en date après l'affaire du meurtre de Liana lors par exemple de manifestation en soutien à la jeune fille on voyait ce genre de pancarte justice complice justice je t'accuse justice réveille-toi. des critiques venues aussi du gouvernement lui-même, y compris le garde des saut Géraldin qui avait dénoncé, je le cite, un des dysfonctionnements accablants et des défaillances graves. Il avait pris des sanctions.
Le premier magistratophe Soulard, président de la Cour de cassation, avait mis en garde contre une mécanique. Ce sont ces mots du bouc émissaire. ces derniers jours sur évidemment un tout autre sujet, ce sont donc les cadres du Rassemblement national qui aussi ont visé la justice.
Ils accuse les juges, je les cite, de décider qui va être le candidat du premier parti de France, du premier groupe à l'Assemblée nationale. Il dénonce un acharnement, un calendrier judiciaire, d'autant que le parti est également inquiété dans une autre affaire, un soupçon de détournement de fond par l'ancien groupe parlementaire auquel appartenait le Rassemblement national, ancien groupe parlementaire européen, identité et démocratie. Dans ce contexte, la justice est donc restée très discrète sur l'identité des juges avant la décision d'aujourd'hui pour éviter pression ou menace.
Rappelons, vous l'avez fait à l'instant, qu'après la condamnation de Marine Le Pen en première instance, la présidente du tribunal Bénédict de Pertui avait été menacée de mort. Elle avait été placée sous protection avec deux de ses ascesseurs. Patrice Spinozi, quand on fait face à autant de critiques avec autant de véhémon doit rendre une décision en tant que juge, quel poids finalement on peut avoir quel poids peut avoir notre décision ?
La décision, elle continue à avoir un poids considérable. C'est c'est ça éprouve en fait et le courage et l'impartialité des magistrats. C'est moi je suis pas là pour défendre les juges hein mais mais il faut bien se rendre compte que la logique de Bouém émissaire elle est très claire.
C'est-à-dire que et comme par hasard elle vient des hommes politiques. C'est-à-dire que les hommes politiques qui constatent que il y a une défaillance de leur capacité d'action au lieu d'en tirer les conséquences propres expliquent qu'en fait ça n'est pas leur faute et que ils n'ont pas pu faire ce qu'ils souhaitaent faire parce que les ju les ont empêché. Donc et les juges comme ils sont tenus de toute façon à l'ation de réserve, ils peuvent pas se défendre.
Donc on tombe sur les juges aujourd'hui qui sont pointés du doigt comme étant les responsables d'une forme d'inertie du politique. Ce qui est totalement erroné. Ce qu'il faut voir, c'est que demain en tout cas si euh des partis populistes arrivent au pouvoir ou s'il y a une systématisation de la pensée populiste en France, on va avancer vers un mode de rapport entre le politique et la justice qui existe encore une fois qui qui est vraiment enfin c'est pas la peine d'aller le chercher bien loin.
Aux États-Unis, on le vit au quotidien et c'est une tension extrême à l'égard de la justice. Rendre une décision de justice va être de plus en plus difficile. Quand vous êtes juge aujourd'hui, objectivement votre travail n'est pas facile.
Vous êtes extrêmement mal payé. Mais je peux juste dire un mot ? Non, non, mais une réalité.
Vous êtes extrêmement mal payé. De vous n'avez aucun moyen. On a moitié moins de juges en France qu'en Allemagne.
Et 3, auparavant vous aviez un peu de considération sociale. Aujourd'hui, si c'est plus du tout le cas. On vous accuse au contraire d'être le point mort de la démocratie.
Un dernier mot peut-être Marine Turquie qui sort fragilisé de cette de cette affaire plutôt l'ERN ou plutôt la justice ? Ce qui est sûr, c'est que le RN, il y aura des conséquences quand même financières et au-delà de ces conséquences financières, il y aura peut-être un accès plus difficile à des prêts bancaires dans le cadre des campagnes. Le RN répète depuis des années, vous le savez, que il a du mal à obtenir des prêts bancaires et que selon lui, c'est pour des raisons politiques.
Nous, on a révélé deux rapports d'inspection ministérielle qui montrent que non, c'est pas pour des raisons politiques, c'est pour des raisons Oui, sur Médiia part pour des raisons tout simplement en raison de leur passif notamment judiciaire et cette affaire ne va pas aider, je pense. Ça fera partie peut-être des conséquences. Et puis l'autre, c'est évidemment un enjeu quand même d'image.
Un élu, un candidat se doit quand même d'afficher une certaine exemplarité en matière notamment de probité. Est-ce qu'aujourd'hui une personne qui est condamnée, qui portera sans doute visiblement un bracelet électronique et on verra ce que décidera le jeu d'application des PNES sur son aménagement, est-ce que cette personne peut être candidate à l'élection présidentielle et donc la fonction suprême ? Ça ça sera le 17 juillet en tout cas ça sera fixé.
En tout cas, merci à vous trois d'être venu ce soir débattre sur le plateau de 28 minutes.
Marine Le Pen