Jeanne-Françoise Hutin, lettre ouverte au Président Emmanuel Macron
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 1:23OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron vous a-t-il répondu après votre lettre ouverte ?
- 1:47OuverteRéponse directe
Et donc vous lui remettrez en main propre votre Légion d'honneur ?
- 2:54OuverteRéponse partielle
Jeanne-François Zutin, vous a-t-il glissé un autre message, au-delà du fait que vous allez avoir un rendez-vous avec lui, sur le contenu, sur les arguments, sur le fond du sujet ?
- 8:05OuverteRéponse partielle
Les évêques doivent-ils, à votre avis, rendre leur Légion d'honneur, en particulier ceux qui l'ont reçu récemment sous la présidence d'Emmanuel Macron ?
- 10:21OuverteRéponse directe
Vous auriez préféré que le pape Léon XIV fasse une visite pastorale et pas une visite officielle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22PrésentateurFait
« Elle avait déjà prévenu le président de la République en mai 2024 que si l'euthanasie était légalisée, elle lui rendrait la légion d'honneur »
- 1:01Invité politiqueFait
« Si la loi sur la fin de vie passe, je ne pourrai plus adhérer à cet ordre de la Légion d'honneur. »
- 1:29Invité politiqueFait
« J'ai eu un coup de téléphone. Nous allons nous rencontrer. Je n'ai pas encore la date, mais j'ai eu une première réponse par l'intermédiaire d'un ministre. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Je compte à cette occasion lui remettre en main propre la Légion d'honneur. »
- 1:59Invité politiqueFait
« Il souhaite que nous l'échangions sur ce sujet. Et bien sûr, je suis prête à échanger avec lui pour lui rappeler toutes les raisons, les raisons profondes qui m'ont poussé à faire ce geste. »
- 2:22Invité politiqueFait
« De voir que dans mon pays, une loi vient s'ajouter à toutes les autres lois pour donner la mort aux personnes qui sont désespérées. »
- 2:34Invité politiqueFait
« Parce que les personnes qui demandent la mort, c'est parce qu'elles ont un gros problème, une tristesse, un désamour, une solitude. »
- 3:14Invité politiqueFait
« c'est de constater qu'il avait promu cette loi après des conseils donnés par le Conseil constitutionnel, sans en tenir compte. »
- 3:24Invité politiqueFait
« Parce que le Conseil constitutionnel a parlé, mais ce qu'il a dit ne sera pas inscrit dans la loi. »
- 4:01Invité politiqueFait
« Cette loi qui remet en question toute notre culture, bien avant la culture judéo-chrétienne, depuis les Grecs, depuis toujours. »
- 4:13Invité politiqueFait
« quand on dit que la mort est un soin, c'est quelque chose d'absolument inadmissible. »
- 4:18Invité politiqueFait
« dire qu'une personne désespérée, quand elle va dire « je veux mourir », est dans une rationalité que l'on peut constater, c'est inadmissible. »
- 4:36Invité politiqueFait
« Et vous savez bien, et on le voit dans notre monde aujourd'hui, que lorsqu'on n'est pas dans la recherche de la vérité, on aboutit à la catastrophe. »
- 6:06Invité politiqueFait
« Le Président Mitterrand a vu le courage et l'audace d'abolir la peine de mort. Quel drame de voir que, quelques dizaines d'années après, on réintroduit cette peine de mort. »
- 7:53Invité politiqueFait
« il faut oser dire aussi que ça va faire des économies à la sécurité sociale. Et ça, il faut oser le dire que c'est aussi pour une question de budget. »
Temps de parole
- Invité politique79 %
- Présentateur21 %
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Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. RCF Notre-Dame 8h11 sur RCF Notre-Dame, l'heure de l'invité de la rédaction et c'est ce matin avec vous Louis Dauphren. Bonjour Louis. Bonjour. Elle avait déjà prévenu le président de la République en mai 2024 que si l'euthanasie était légalisée, elle lui rendrait la légion d'honneur, dont Emmanuel Macron lui avait remis les insignes d'officier en 2019. Jeanne-Françoise Hutin, 85 ans, est une figure connue et engagée en particulier sur cette terre de Bretagne. Elle a fondé et présidé l'Association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste.
Elle est présidente d'honneur de la Maison de l'Europe de Rennes et Haute-Bretagne, veuve de François-Régis Hutin, ancien président du journal Ouest France, si influent là-bas. Jeanne-Françoise Hutin a beaucoup milité pour la construction européenne et pour des oeuvres éthiques et éducatives. Elle a également fait de la politique, conseillère régionale, candidate aux élections européennes. C'était en 89 sur la liste de Simone Veil. Si la loi sur la fin de vie passe, je ne pourrai plus adhérer à cet ordre de la Légion d'honneur. Voilà ce qu'elle avait assuré en 2024.
Et Jeanne-Françoise Hutin a renouvelé sa résolution dans une lettre ouverte publiée vendredi dernier dans La Croix, alors que la loi venait d'être promulguée. Bonjour Jeanne-Françoise Hutin. Bonjour Monsieur. Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin. Emmanuel Macron vous a-t-il répondu après votre lettre ouverte ?
Écoutez, j'ai eu un coup de téléphone. Nous allons nous rencontrer. Je n'ai pas encore la date, mais j'ai eu une première réponse par l'intermédiaire d'un ministre. Donc normalement, il devrait me dire que j'irai le rencontrer.
Et donc vous lui remettrez en main propre votre Légion d'honneur ?
Je compte à cette occasion lui remettre en main propre la Légion d'honneur. Il m'a demandé, il souhaite que nous l'échangions sur ce sujet. Et bien sûr, je suis prête à échanger avec lui pour lui rappeler toutes les raisons, les raisons profondes qui m'ont poussé à faire ce geste. En fait, c'est vrai que c'est une loi. Toute ma vie, j'ai été dans un milieu où on a cherché à dire que ce qui était important, c'était de respecter la vie, la vie de chacun, la vie de tout homme. De voir que dans mon pays, une loi vient s'ajouter à toutes les autres lois pour donner la mort aux personnes qui sont désespérées.
Parce que les personnes qui demandent la mort, c'est parce qu'elles ont un gros problème, une tristesse, un désamour, une solitude. Et donc, c'est aux personnes désespérées qu'on va donner la mort. C'est inadmissible, et c'est ce que j'ai écrit au président, et que je lui redirai si nous nous rencontrons, comme il me l'a fait dire hier.
Jeanne-François Zutin, vous a-t-il glissé un autre message, au-delà du fait que vous allez avoir un rendez-vous avec lui, sur le contenu, sur les arguments, sur le fond du sujet ?
Non, il ne m'a pas donné de message, et c'est vrai que la question qui m'a vraiment fait me lever immédiatement, c'est de constater qu'il avait promu cette loi après des conseils donnés par le Conseil constitutionnel, sans en tenir compte. Parce que le Conseil constitutionnel a parlé, mais ce qu'il a dit ne sera pas inscrit dans la loi. Donc ça, c'est inadmissible, et ça rend toutes les propositions de proposés par le Conseil constitutionnel fragiles, et on n'est pas sûr qu'elles soient véritablement appliquées si elles ne sont pas inscrites. Donc en fait, ce passage par le Conseil constitutionnel m'a particulièrement révolté, parce qu'on n'est pas sûr qu'il sera appliqué.
Donc je vais dire au Président, bien sûr, les raisons pour lesquelles cette loi est absolument inadmissible, cette loi qui remet en question toute notre culture, bien avant la culture judéo-chrétienne, depuis les Grecs, depuis toujours. Cette loi aussi qui est basée sur des mensonges, quand on dit que la mort est un soin, c'est quelque chose d'absolument inadmissible. Et d'autre part, dire qu'une personne désespérée, quand elle va dire « je veux mourir », est dans une rationalité que l'on peut constater, c'est inadmissible. Cette loi, vraiment, est basée sur un mensonge.
Et vous savez bien, et on le voit dans notre monde aujourd'hui, que lorsqu'on n'est pas dans la recherche de la vérité, on aboutit à la catastrophe. Donc cette loi me semble tellement grave que je ne sais pas ce que va faire le Président, mais je vais lui redire que, même s'il va sans doute m'expliquer pourquoi il a avancé dans ce sens, je vais lui redire que non, ça n'est toujours pas admissible, par la majorité des Français, par tout le corps enseignant, par tout le corps médical et de soignants, par les familles.
J'ai des témoignages bouleversants ces jours-ci, de familles qui, justement, veulent s'occuper de leurs parents jusqu'au bout, et criant que leurs parents nous disent « oui, mais on peut peut-être mourir pour vous laisser la paix, etc. » Donc je vais essayer de dire au Président, peut-être que ce n'est pas ce qu'il peut faire, mais cette loi, elle est inadmissible, non seulement pour un chrétien, bien sûr, parce que c'est contraire à tout ce que l'Évangile nous apprend, mais aussi pour un Français qui se targue d'avoir une culture humaniste et qui, depuis des siècles, essaie de développer le soin, le soin vraiment, empêcher la mort. « Tu ne tueras pas » existe en France.
Le Président Mitterrand a vu le courage et l'audace d'abolir la peine de mort. Quel drame de voir que, quelques dizaines d'années après, on réintroduit cette peine de mort. On ne dit pas, on dit que c'est un soin, et ça c'est gravissime, mais c'est quand même donner la mort aux gens qui sont très malheureux. Et là, je ne comprends pas la Présidente de l'Assemblée nationale, je ne comprends pas tous ces gens qui ont promu cette loi. Ont-ils été dans les services ? Connaissent-ils des gens qui sont les vrais gens, je vais dire ?
Il peut y avoir des intellectuels, il peut y avoir des gens qui réfléchissent du haut de leur bureau, mais ont-ils vu des personnes qui sont vraiment, qui souffrent, qui sont malheureuses ? Vous savez, j'ai entendu des tas de choses. J'ai entendu quand même une dame qui me disant, vous savez, mes enfants habitent Marseille, elle t'arène. Mes enfants habitent Marseille, vous vous rendez compte ? Je leur impose de venir jusque chez moi, mais je les embête. Vraiment, il faut que je disparaisse. Une autre dame qui me dit, oui, je coûte cher, on ferait mieux de payer les lunettes, mes petits-enfants.
Une autre dame qui me dit, vous savez, vous savez, ils vont venir me dire à moi que je peux recevoir cette piqûre, mais je ne saurais pas comment leur répondre, parce que je sais bien qu'ils me donneront des arguments que je ne pourrais pas réfuter. Je crois que cette loi, c'est vraiment inadmissible en notre pays. Ça, je vais le dire au Président. Et je vais lui dire que quand il m'a remis l'ordre de l'adjour d'honneur, il m'a dit des choses qui m'ont fait penser que c'était vraiment un humaniste. Et là, je vois que, je ne sais pas pourquoi, c'est vrai qu'il faut oser dire aussi que ça va faire des économies à la sécurité sociale.
Et ça, il faut oser le dire que c'est aussi pour une question de budget.
Jeanne-François Zutin, les évêques doivent-ils, à votre avis, rendre leur Légion d'honneur, en particulier ceux qui l'ont reçu récemment sous la présidence d'Emmanuel Macron ?
Écoutez, moi, je n'ai rien à leur dire. Mais quand j'ai eu cette idée, j'en ai parlé à mon évêque et à d'autres évêques. Et ils m'ont dit, oh, c'est dangereux, etc. Mais personne ne m'a suivi. Et personne ne m'a suivi. Évidemment, je pense que les déclarations qu'ont fait le Mgr Ulrich, etc. sont tellement belles. Je ne vois pas comment ils peuvent garder cette décoration. Je ne sais pas ce qu'elle représente pour eux. Pour moi, la Légion d'honneur représente un esprit, un esprit, la conscience de l'importance du respect de toute personne. Notre honneur, c'est le respect, c'est le respect de l'autre.
Et je ne vois pas, je n'ai rien à dire aux évêques, mais bien évidemment, ça me semblerait normal. Mais je n'ai rien à leur dire. C'est à eux. C'est un choix personnel. C'est un choix de conscience. Parce qu'il m'est reproché d'avoir fait ce choix. Mais c'est en toute conscience que j'ai beaucoup prié. J'ai réfléchi, j'ai prié, j'ai consulté, je suis allé voir. Et c'est vraiment en toute conscience que j'ai écrit ceci au président de la République. Parce qu'il est urgent de faire quelque chose. Je ne sais pas ce que peut faire le président de la République. Mais il faut véritablement, au moins, au moins c'est sur le principe que je veux dire. Ce n'est pas sur les modalités.
Mais au moins qu'on ait la liberté de conscience. Que les petites sœurs des pauvres puissent accueillir des gens sans leur proposer la mort. Que des médecins, que des infirmiers, que des soignants, que des familles aussi puissent dire à leurs parents « Mais non, on est là, on t'aime, etc. » Et on n'aurait même pas le droit, entre le moment où la personne dit « Je vais mourir » et dans les 48 heures avant qu'elle reçoive la piqûre létale, on n'a pas le droit d'intervenir auprès de ces personnes. C'est inadmissible. Qu'on est tenu de la liberté de conscience dans notre pays.
Jeanne-François Huitain, le pape Léon XIV va bientôt venir en France. Vous auriez préféré qu'il fie une visite pastorale et pas une visite officielle ?
Je pense qu'il fera une visite pastorale aussi. Je ne peux pas penser que ce sujet ne sera pas abordé. J'aimerais beaucoup aller à Metz, quand il va aller à Metz, pour montrer l'importance du vivre ensemble. J'aimerais beaucoup. J'aimerais que, je ne pense pas qu'il puisse venir sans parler de ça. Et je ne sais pas si son programme est complètement fait. C'est peut-être difficile, mais il en a déjà parlé au président. Tout au moins, c'est ce qu'on a su par les médias. Mais je pense que, je suis très heureuse que Leon XIV, pour lequel une admiration sans borne, vienne chez nous. J'étais triste que le pape François ne vienne pas. Mais que Leon XIV vienne, je suis très heureuse.
Mais je pense et j'espère qu'il laissera un message dans ce sens.
Je vous remercie beaucoup d'avoir été des nôtres ce matin. Jeanne-Françoise Hutin, présidente d'honneur de l'Association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste. Rappelons-le, présidente d'honneur de la Maison de l'Europe, de Rennes et Haute-Bretagne. Et figure importante en Bretagne en particulier. Et donc, je rappelle que vous êtes l'auteur de cette lettre ouverte au président de la République qui a été publiée dans le journal La Croix vendredi dernier, après la promulgation de la loi légalisant l'euthanasie. Je vous remercie d'avoir été des nôtres ce matin, Jeanne-Françoise Hutin, et de nous avoir fait partager votre courage et votre franchise.
Merci, M. Dubreuil. Merci. Merci.
Merci.