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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 21 avril 2023 9 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalInstitutions & élections

Lutte contre l'immigration illégale : Un scandale démocratique révoltant

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueFait
    « Je suis révolté que nous soyons aujourd'hui devant ce scandale démocratique, qui consiste à voler aux Français leurs voix, en prétendant qu’on tient une ligne, alors qu'on défend l'opposé. »
  • 0:41Invité politiqueFait
    « Ces murs sont souvent nécessaires pour empêcher que des flux migratoires illégaux ne passent à travers les frontières. »
  • 1:23Invité politiqueFait
    « Cette demande ne vient pas de nulle part. Elle est née pendant la crise migratoire organisée par le dictateur Loukachenko en Biélorussie. »
  • 2:03Invité politiqueFait
    « Ce sont nos frontières, parce que nous avons évidemment l'espace Schengen, mais aussi parce que même sans l'Union européenne, nous sommes un continent, nous sommes une unité géographique. »
  • 2:40Invité politiqueFait
    « C'est la raison pour laquelle, depuis le début du mandat, nous soutenons, avec notre délégation, la montée en puissance de l'agence Frontex. »
  • 4:37Invité politiqueFait
    « Les élus macronistes, ici, au Parlement européen, sont plus à gauche que leur propre groupe ; plus à gauche que leurs alliés sur la question migratoire. »
  • 7:24Invité politiqueFait
    « Ceux qui ne veulent pas financer les murs ne devraient pas vouloir non plus financer l'agence Frontex. »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

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François-Xavier Bellamy

Je suis révolté que nous soyons aujourd'hui devant ce scandale démocratique, qui consiste à voler aux Français leurs voix, en prétendant qu’on tient une ligne, alors qu'on défend l'opposé. Bonjour à tous ! Cette semaine, je voudrais revenir sur le vote le plus important. Je vous en ai déjà parlé, le vote le plus significatif que nous ayons eu hier, nous votons sur le budget 2024 de l'Union européenne, dont le vote sur le budget est arrivé petit à petit au cours des dernières semaines. Un débat qui s'est fait de plus en plus criant sur la question du financement des infrastructures physiques aux frontières extérieures de l'Union européenne.

Pour le dire autrement, dans certains pays européens qui ont des territoires limitrophes avec des pays tiers, il faut parfois, pour protéger les frontières, construire des murs. Ces murs sont souvent nécessaires pour empêcher que des flux migratoires illégaux ne passent à travers les frontières. Et de manière tout à fait frappante, la Commission européenne refuse depuis des années de contribuer financièrement à la construction de ces infrastructures, qui peuvent représenter parfois des budgets importants, considérant que financer des murs, c'est mal, c'est coupable.

C'est aussi la position qui a été défendue dans le cadre de ce vote par un certain nombre de nos collègues d'extrême-gauche, de gauche, mais aussi de façon tout à fait frappante, par nos collègues français de la délégation macroniste, qui insistait pour que la résolution budgétaire refuse explicitement tout financement européen pour construire des murs. Cette demande ne vient pas de nulle part. Elle est née pendant la crise migratoire organisée par le dictateur Loukachenko en Biélorussie, qui avait lancé littéralement vers les frontières européennes, vers les frontières de la Pologne notamment, des migrants illégaux, avec pour objectif de déstabiliser nos pays.

Et à ce moment-là, les pays ciblés par cette tentative, La Pologne, mais aussi beaucoup parmi les pays baltes - au total douze Etats membres de l'Union européenne - avaient écrit à la Commission pour demander un soutien pour financer ces frontières. Ces frontières physiques, elles ne sont pas seulement celles de la Pologne, de la Lituanie, de l'Estonie. Elles ne sont pas seulement celles de la Bulgarie, ou de la Grèce aux frontières avec la Turquie.

Ce sont nos frontières, parce que nous avons évidemment l'espace Schengen, mais aussi parce que même sans l'Union européenne, nous sommes un continent, nous sommes une unité géographique, nous sommes une unité économique, qui est évidemment en tant que telle, la cible de ces flux migratoires illégaux. Ceux qui rentrent illégalement en Espagne ou en Pologne ne veulent pas s'établir dans ces pays. Ils veulent aller en Allemagne, en France, ils veulent aller au Royaume-Uni. On voit bien que ce n'est pas, d'ailleurs, le sujet de l'Union européenne en tant que tel.

C'est le sujet de l'Europe, et c'est la raison pour laquelle l'Europe doit agir pour faire en sorte que nous puissions aider ces pays de première entrée à se renforcer face à ces flux migratoires illégaux.

C'est la raison pour laquelle, depuis le début du mandat, nous soutenons, avec notre délégation, la montée en puissance de l'agence Frontex, agence de gardes côtes de gardes frontières, agence européenne qui a été durement attaquée par la gauche, et dont le directeur a été contraint à la démission ; la France, le gouvernement français ne faisant rien pour le soutenir, parce qu'il était accusé d'avoir fait son travail, c'est à dire d'avoir reconduit des migrants illégaux, empêché des migrants illégaux de rentrer sur le sol européen.

C'est aussi la raison pour laquelle il faut évidemment aider ces pays de première entrée à construire les infrastructures dont ils ont besoin pour pouvoir se protéger. Et dans certains lieux, cela veut dire, évidemment, des murs. Bien sûr, le but n'est pas de mettre des murs partout. Il y a beaucoup d'endroits où ils n'ont tout simplement pas de sens. Mais il faut des murs partout là où c'est nécessaire, pour empêcher que ces flux migratoires illégaux ne se multiplient. Nous sommes à la veille de ce défi.

Il n'est pas derrière nous, il est devant nous, et déjà nous voyons que la déstabilisation profonde de la Tunisie, la situation en Libye, les conséquences de la guerre en Ukraine sur l'alimentation des pays d'Afrique, vont augmenter les flux migratoires de manière à peu près certaine dans les semaines et les mois qui viennent.

Donc, si nous ne voulons pas devenir demain les cibles d'une immigration illégale que nous ne pourrons pas maîtriser, si nous ne voulons pas devenir les cibles de ces tentatives de déstabilisation organisées hier par la Biélorussie, mais aussi par la Turquie, de ces attaques terroristes qui ont bénéficié de la porosité de nos frontières au cours des dernières années, nous devons construire ces murs, et soutenir les pays qui en ont besoin. Et la délégation macroniste en a fait son cheval de bataille. “Pas un seul euro pour les murs”, disait-elle.

Les mêmes qui se disent pro-européens expliquent aux douze Etats membres qui ont demandé ce soutien, qu'ils peuvent bien aller voir ailleurs, et qu'on les laissera faire tout seul le travail, dont on reconnaît absolument qu'il est nécessaire, mais qu'on ne veut pas les aider à financer. Nous avons déposé un amendement dans le cadre de ce projet de budget pour autoriser le financement par l'Union européenne de ces murs, et cet amendement a été adopté avec une assez large majorité. Fait marquant, cette majorité comprenait des députés socialistes mais aussi des députés nombreux du groupe Renew, auquel appartiennent les élus d'Emmanuel Macron.

Pour le dire autrement, les élus macronistes, ici, au Parlement européen, sont plus à gauche que leur propre groupe ; plus à gauche que leurs alliés sur la question migratoire ; plus à gauche que beaucoup de gouvernements européens, qui sont pourtant socialistes, ou incluent des socialistes ; plus à gauche que le ministre écologiste de Finlande, qui a signé pour la construction de centaines de kilomètres de murs à la frontière de son pays.

Il y a aujourd'hui, je crois, il faut le dire, une incohérence scandaleuse, une contradiction absolument inadmissible entre le discours du président de la République - il y a encore quelques jours, souvenez vous, parmi les nombreuses promesses qu'il vous a faites, il a dit que nous allions ensemble renforcer la politique de protection de nos frontières contre l'immigration illégale. Ici, ses députés font le contraire... Et moi, je suis révolté que nous soyons aujourd'hui devant ce scandale démocratique, qui consiste à voler aux Français leurs voix, en prétendant qu’on tient une ligne, alors qu'on défend l'opposé.

Je n’ai, d'une certaine manière, aucun reproche à faire à des élus d'extrême gauche qui m'expliquent que les frontières sont moralement scandaleuses, qui sont officiellement “no border”, qui veulent que nous n'ayons aucune défense face à l'immigration illégale. C'est leur droit le plus sûr, le plus complet, le plus entier de défendre leur position dans l'hémicycle du Parlement. Je combattrai cette position, et j'expliquerai mes arguments, mais je leur reconnais le droit de ne pas avoir la même idée que moi.

En revanche, je suis écœuré que, lorsque le président de la République, lorsque son ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, prétende promettre aux Français qu'ils vont renforcer l'Europe face à l'immigration illégale, qu'en leur nom, qu'au nom des Français, on fasse l'inverse ici ! Que la délégation macroniste soit suffisamment de gauche pour faire tomber toute cette résolution budgétaire du Parlement européen, pour voter contre la totalité de ce projet de budget, au motif que nous avons gagné cette bataille sur la protection des frontières. Il faut que les élus d'Emmanuel Macron en rendent compte.

Et si nous vivons en France une crise démocratique aussi grave, c'est d'abord, d'abord, sans doute, à cause de ce genre de comportement. D'abord, à cause de la défiance que fait naître ce type de comportements, devant un défi aussi important, devant un sujet aussi crucial pour l'avenir de l'Europe. Chacun a le droit d'avoir les positions qu'il veut, mais chacun doit les assumer. Pour notre part, nous continuerons de travailler et nous avons, avec cette bataille, gagné un fondement maintenant sûr, pour faire en sorte que sur ce sujet, nous puissions développer une stratégie cohérente et globale.

Ceux qui ne veulent pas financer les murs ne devraient pas vouloir non plus financer l'agence Frontex. Ceux qui ne veulent pas financer les murs, en fait, disent en réalité qu'ils ne veulent pas que l'Europe se protège et qu'elle maîtrise ses frontières. Ceux qui ne veulent pas financer les murs doivent assumer devant les Européens, assumer devant les Français qu'en réalité ils ne veulent pas que nous puissions demander, décider, de qui rentre dans l'Europe, et de qui n'y rentre pas. C'est tout l'enjeu de ce débat. Nous continuerons de tenir notre ligne, celle que nous avons défendue pendant la campagne européenne.

Nous vous avions promis de nous battre pour ce que nous appelions la “double frontière”, pour une frontière européenne commune qui nous permette de mieux maîtriser nos propres frontières nationales, avec une vraie politique nationale d'immigration qui garantisse aux Français leur droit de décider qui vit en France et qui ne peut pas y rentrer. Eh bien, c'est cette politique que nous sommes en train de réussir à mettre en œuvre, malgré l'opposition de nos collègues macronistes.

Et j'espère que sur la négociation du pacte asile et immigration, nous pourrons revenir vers vous bientôt avec des nouvelles solides de cette coopération européenne sérieuse qui nous permettra, je l'espère, de garantir demain la souveraineté de nos pays sur la question migratoire. C'est l'un des enjeux les plus essentiels pour notre avenir. Ils méritent d'être pris au sérieux, et c'est ce que nous continuerons de faire avec toute notre délégation. Merci beaucoup à très bientôt.