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interviewBFMTV — BFM Politique· 15 septembre 2024 44 min

Éric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis et président de la Commission des finances - 15/09

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

BFM TV, BFM Politique, Néla Latrousse. Bonjour Éric Coquerel. Bonjour. Merci d'avoir accepté l'invitation de BFM Politique, le rendez-vous d'actualité du dimanche midi proposé en partenariat avec la Tribune Dimanche. A mes côtés, Amandine Attalaya et Ludovic Vigogne pour vous interroger. Bonjour à vous deux. Bonjour à tous. Et derrière les écrans, les téléspectateurs, grâce à ce QR code qui va apparaître à la droite de l'écran, pourront aussi vous poser leurs questions. Nous les relayerons à ces questions et je pense qu'elles seront nombreuses.

Éric Coquerel, parce que l'on a tout entendu cette semaine sur la santé financière de la France, que le déficit sera plus important que prévu, qu'il va falloir faire des choix. Quand on parle de choix, on entend parler plutôt, on entend sacrifice sur les impôts, sur les salaires, sur les retraites et chacun se demande ce qui va lui tomber dessus un peu l'an prochain. Est-ce que d'abord la situation de la France financièrement est si catastrophique que ça ?

1:01
Éric Coquerel

Elle n'est pas si catastrophique que ça. La France n'est pas en faillite. D'accord ?

1:06
Présentateur

Sur une échelle de 1 à 10.

1:07
Éric Coquerel

La France n'est pas en faillite. 5, 6 ? C'est-à-dire que la France a de quoi, par exemple, aujourd'hui, assumer de payer ce qu'on appelle la charge de la dette, c'est-à-dire les intérêts, chaque année. D'accord ? La question qui nous est posée, c'est plutôt, au nom de cette dette, le déficit qui a augmenté, qu'est-ce qu'on nous propose comme politique ? C'est ça qu'on doit regarder.

1:27
Présentateur

Ça, on va y venir, mais juste au regard de tous les chiffres qui ont été balancés dans le débat public cette semaine, les 100 milliards d'économies à faire, par exemple, d'ici à 2027, vous vous rassurez les gens qui nous écoutent, vous dites, ça va ?

1:40
Éric Coquerel

Non, je ne vous dis pas ça va, je vous dis que ça ne peut pas être le seul critère qui nous permet de juger de la santé d'un pays. La question des déficits. On doit regarder, par exemple, la croissance, elle faiblit. On doit regarder, moi, ce qui me semble être la dette la plus importante, qui est la dette écologique, c'est-à-dire qui, elle, va frapper nos enfants, nos petits-enfants, et qui ne pourra pas être négociée ni autre, et qui a évidemment un lien avec les investissements nécessaires que nous ne mettons pas. Donc, c'est plutôt ça que je regarde.

C'est-à-dire que la politique qui nous est proposée depuis des années, c'est ça qui m'inquiète, c'est une politique qui vise à dire on baisse les dépenses publiques et on fait des cadeaux fiscaux au public. Et du coup, on a un déficit, je vous réponds juste. Ce qui me pose problème, c'est d'où vient ce déficit ? Ce n'est pas tant le chiffre en lui-même, la France a de quoi, je vous le dis, payer aujourd'hui, par exemple, au mois d'août, il y a eu...

2:28
Invité

J'ai du mal à comprendre ça parce que Jean-Luc Mélenchon compare la situation de la France à celle de la Grèce en 2010.

2:35
Éric Coquerel

Non, ce que Jean-Luc Mélenchon...

2:36
Invité

C'était une situation absolument catastrophique qu'il y a nécessité que l'on intervienne.

2:40
Éric Coquerel

Ce que Jean-Luc Mélenchon dit, c'est qu'il y a des critères, à un moment donné, qui permettent de dire tiens, on va, pourquoi pas, faire intervenir le FMI en France, etc. Moi, je crois que l'utilisation de ces chiffres, c'est plutôt fait pour nous faire avaler des politiques de rigueur, des politiques de baisse de dépense publique, plutôt que le chiffre en lui-même. Le chiffre en lui-même, encore une fois, au mois d'août dernier... Donc la Commission européenne

3:00
Invité

ne va pas intervenir en France, le FMI non plus, on rassure ceux qui nous écoutent. Au mois d'août dernier,

3:06
Éric Coquerel

on a fait une levée des emprunts par rapport au marché financier. Il y a eu deux fois plus de personnes qui ont voulu prêter à la France que des emprunts que nous souhaitions avoir. Et on a, encore une fois, fait des emprunts à un taux inférieur à l'inflation. Ça veut dire que la France est considérée en réalité, y compris par les marchés financiers, comme un des 15 pays les plus sûrs, tout simplement parce qu'il y a plein de critères. Je vous en donne un, simplement. Rien que l'État a un patrimoine de 20 000 milliards d'euros. Donc, arrêtons de laisser penser que nous serions tout d'un coup en déficit.

C'est comme si, moi, je vous disais quelqu'un qui a une richesse énorme et qui a une dette, mais qui a cette richesse sur laquelle il s'appuie, il risque d'être en faillite. Bien évidemment, non. Il a cette richesse qui existe. Donc, ça, c'est l'effet objectif. Mais ce qui est vrai, c'est qu'au nom de cette dette, on nous promet des politiques qui sont des politiques toujours plus de dépenses publiques. Et là où ça pose problème, c'est que les politiques qu'on veut nous imposer, l'an prochain, on nous parle de 30 milliards de baisse de dépenses publiques qu'il faudrait faire pour répondre, pour baisser le déficit.

4:08
Présentateur

30 milliards ? C'est du sang et des larmes, juste pour comprendre.

4:11
Éric Coquerel

Je vais vous répondre. On va rentrer dans le détail après, Éric Ocrette. Si vous allez les chercher sur les raisons qui créent les déficits depuis des années dans ce pays, c'est-à-dire la baisse des recettes, et notamment la baisse des recettes à travers les cadeaux fiscaux aux plus riches de nos concitoyens. On reviendra à des chiffres tout à l'heure. C'est faisable.

Mais si, comme aujourd'hui se prépare à le faire le gouvernement, vous allez le faire sur les dépenses publiques, sur la protection sociale, là, non seulement c'est un problème parce que nous ne répondrons pas aux besoins des Français en matière écologique, d'éducation, de santé, mais en plus de ça, figurez-vous, quand vous baissez les dépenses publiques, il faut bien que les téléspectateurs le comprennent, vous avez un effet récessif sur l'économie. D'accord ? C'est-à-dire qu'en réalité, vous prenez l'activité économique.

4:50
Présentateur

Pour vulgariser, on dépense moins, vous dites, on crée moins de croissance.

4:53
Éric Coquerel

Ah ben c'est clair.

4:54
Présentateur

Mais juste, sur un point, la comparaison que fait Jean-Luc Mélenchon avec la Grèce, en disant attention, il peut se passer la même chose, ce n'est pas une comparaison sur l'état des comptes. Il n'est pas en train de dire que Bruno Le Maire ou qu'Emmanuel Macron ont maquillé les comptes de la France.

5:07
Éric Coquerel

La comparaison qu'il fait, c'est les menaces que l'on nous... que ce soit la Commission européenne. Oui, ça j'ai bien compris

5:12
Présentateur

avec Ocrel.

5:13
Éric Coquerel

C'est ça la comparaison, c'est les menaces qu'on nous fait et au nom de ces menaces, on va produire des politiques de solidité qui ne vont faire qu'aggraver les problèmes. Ça j'ai bien compris,

5:20
Présentateur

mais pour vous, les comptes ne sont pas faux, comme ça a été le cas en Grèce en 2010.

5:23
Éric Coquerel

Ah non, mais c'est plus compliqué. On va arrêter la comparaison avec la Grèce. Non, les comptes ne sont pas faux, les comptes ne sont pas faux, mauvaises. C'est ça qui aujourd'hui est au cœur. Je le redis, si on veut baisser les déficits et permettre d'investir, on doit d'abord faire en sorte que l'État ait à nouveau plus de recettes. Cette année, les déficits augmentent parce qu'on a moins de recettes.

5:47
Invité

On est malgré tout dans une situation d'endettement massif. Bruno Le Maire rappelait qu'au moment des crises, que ce soit le gilet jaune, le Covid, la crise énergétique, tous les partis ont réclamé des mesures de pouvoir d'achat, y compris la France insoumise, supplémentaire. Est-ce que vous n'êtes pas aussi un peu responsable de la situation dans laquelle on est ? Est-ce que ce n'est pas trop facile de mettre tout sur le dos d'Emmanuel Macron et de Bruno Le Maire ?

6:10
Éric Coquerel

Écoutez, ils ont une politique économique qui mène. Ce n'est pas nous qui la menons. Cette politique économique, par exemple, et ils l'assument. Bruno Le Maire, ce que j'aime bien, c'est qu'il ne se cache pas derrière en expliquant qu'il fait l'inverse de ce qu'il applique. Bruno Le Maire et Emmanuel Macron ont l'idée que l'objectif central, c'est d'attirer les capitaux. Donc, vous faites des cadeaux fiscaux au capital comme jamais on n'a fait dans ce pays.

6:35
Présentateur

Et vous venez de nous dire que ça fonctionne puisqu'il y a des investisseurs qui sont prêts à acheter la dette française.

6:39
Éric Coquerel

Il faut bien se rendre compte d'une chose, juste à titre d'exemple. Les 500 plus grosses fortunes de ce pays, entre 2017 et 2024, elles ont vu la part de leur patrimoine doubler par rapport à la HHS nationale. On est passé de 20 à 45 %. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, ça veut dire que 45 personnes dans ce pays ont 45 % du patrimoine national. Ça, c'est le résultat de la politique d'Emmanuel Macron par différentes mesures fiscales qui ont avantagé le capital. Ce que nous dit Bruno Le Maire, c'est que ces gens-là, en réalité, vous savez, c'est la fameuse phrase du chancelier allemand Helmut Schmidt des années 80.

Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois de l'après-demain. Sauf que ça, on n'en voit pas de traces. On ne voit pas de traces.

7:20
Invité

Le chômage qui a baissé.

7:21
Éric Coquerel

Le chômage a peut-être baissé, mais il reste un chômage de masse, quoi qu'on nous dise. L'emploi n'a pas une création d'emplois aussi mérifique qu'on nous dit si on retire les apprentis qui sont en augmentation et puis différentes mesures qui, à mon avis, améliorent les chiffres. Donc, on n'a pas un effet. Et d'ailleurs, vous avez aujourd'hui des institutions comme France Stratégie qui travaillent pour Matignon, donc ils ne travaillent pas pour France Insoumise, qui vous expliquent que cette politique dite du ruissellement, on n'en voit pas d'impact en termes d'activité et en termes d'emploi. Donc, il n'y a rien à sauver

7:52
Présentateur

dans le bilan de Bruno Le Maire ?

7:53
Éric Coquerel

Comment ?

7:53
Présentateur

De ce que vous dites, il n'y a rien à sauver

7:55
Éric Coquerel

dans le bilan de Bruno Le Maire ? Moi, je m'oppose fortement. Je pense qu'il faut une politique qui fait trois choses. Un, par des réformes fiscales, fait en sorte de revenir sur ces cadeaux fiscaux qu'on a fait. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, ça nous coûte environ 60 milliards d'euros par an. S'il n'y avait pas eu ces 60 milliards, aujourd'hui, figurez-vous, on serait en dessous du 3% de déficit. Mais alors, je me permets, Michel Barnier a dit qu'il voulait davantage... Laisse-moi juste aller jusqu'au bout de mon raisonnement. D'accord ? Une politique fiscale.

Et deux, on fait en sorte d'avoir une politique qui transfère à nouveau la part des richesses produites du capital vers le travail en augmentant les salaires, en augmentant les pensions des retraités, en augmentant tout ce qui découle du travail. Voilà ce qu'il faut faire. Ça aura un effet bénéfique sur l'activité économique parce que les gens qui n'ont pas beaucoup d'argent y consomment. Et ça aura en plus un effet bénéfique, y compris peut-être à terme sur les déficits.

8:41
Présentateur

Emmanuel Macron, la politique mise en œuvre à vos yeux, nous mène à là où on en est. Michel Barnier a été nommé. Amandine...

8:48
Invité

Oui, parce que si je poursuis votre logique, Michel Barnier dit qu'il veut plus de justice fiscale. Alors, il n'a pas précisé. Mais si, par exemple, il souhaite davantage d'impôts sur les plus riches ou sur les plus grandes entreprises, qu'est-ce qui vous empêche de travailler avec lui ?

9:03
Éric Coquerel

Simplement, il ne le fera pas. Je vous l'annonce à l'avance.

9:06
Invité

Vous savez ?

9:07
Éric Coquerel

Oui, je prends l'engagement devant vous qu'il le fait.

9:10
Invité

Mais alors, comment vous comprenez plus de justice fiscale

9:12
Éric Coquerel

dans sa bouche ? Je pense que... Vous savez, on a... Le macronisme...

9:15
Invité

Ça peut aussi être baissé les impôts des plus modestes.

9:17
Éric Coquerel

Le macronisme a commencé... Le macronisme a commencé... La première loi qu'ils ont fait, c'est d'attaquer le code du travail. Ils nous ont dit c'est pour plus de protection des salariés. Donc, à chaque fois, ils nous annoncent des choses et ils font l'inverse. Moi, je pense qu'une chose, c'est que si Emmanuel Macron n'a pas nommé Lucie Castet et le nouveau Front populaire, coalition, arriver en tête aux législatives... C'est parce qu'il veut poursuivre cette politique. Il veut poursuivre cette politique. Et si M. Barnier est nommé aujourd'hui, c'est parce que M. Macron a l'assurance qu'il va poursuivre cette politique en faveur de tambour du capital, des plus riches.

Donc, je vous le dis à l'avance, il n'y aura pas dans les propositions que fera M. Barnier avec le prétexte de dire on ne touche pas aux impôts comme si toucher aux impôts des plus riches était touché aux impôts de tous les Français. Il n'y aura pas de proposition. Par contre, j'ai une crainte. C'est que, par exemple, on augmente la TVA. C'est-à-dire qu'on aille, en réalité, augmenter l'impôt le plus injuste de façon à trouver certaines liquidités dont on a besoin. Mais moi, je vous le dis à l'avance, vous verrez, M. Barnier ne proposera pas les mesures que nous défendons au niveau du nouveau Fonds populaire.

10:20
Présentateur

Mais vous avez échangé avec lui, déjà ?

10:22
Éric Coquerel

Non, mais c'est une logique. C'est une logique. M. Barnier...

10:26
Présentateur

Est-ce que vous l'avez eu au téléphone ? Est-ce qu'il a essayé de vous joindre ? Non, je n'ai pas eu M. Barnier au téléphone. Parce que je précise que vous êtes président de la commission des finances de l'Assemblée et qu'en règle générale, bon, le budget ne peut pas être voté contre vous ou dans votre dos. Est-ce qu'il a déjà pris contact avec vous, lui ?

10:38
Éric Coquerel

Son directeur du cabinet a pris contact mais c'était pour m'interroger sur les délais de dépôt du budget devant le Parlement mais il n'y a rien de plus. Donc aucune idée de l'objet pour l'instant. M. Barnier, je veux dire, on est ce que la politique nous fait, ce que les combats qu'on mène toute sa vie. M. Barnier a toujours été, y compris quand il était commissaire européen, le défenseur d'une politique qui est aussi une politique de l'offre, de la compétitivité, qui n'est pas une politique de la demande, qui n'est pas une politique qui favorise les revenus du salaire. Donc, il m'étonnerait fort, alors même que M.

Macron n'a pas voulu nommer Lucie Castel pour appliquer la politique que nous vous proposons, notamment celle, par exemple, d'aller chercher de l'argent là, sur ce qui nous coûte trop cher dans ce pays, c'est-à-dire les plus hauts revenus du capital, il m'étonnerait fort de partir sur une espèce de fiction ou est-ce que si M. Barnier faisait la politique du nouveau populaire, vous travailleriez avec lui ? Ah si, bien sûr, s'il applique la politique du nouveau populaire qu'il applique notamment cette taxation, il n'y aurait pas de raison qu'on vote contre ces propositions. Mais je vous le dis à l'avance, ce n'est pas ce qui se passera. C'est intéressant,

11:39
Invité

s'il veut taxer les plus riches, vous voteriez dans son sens. S'il prend des mesures

11:43
Éric Coquerel

qui sont celles qu'on applique, on va voter ses amendements. L'ouverture de votre part, j'avais vu jusqu'à là. Mais je vous le dis, oui d'accord, mais ne retenez pas ce bout de phrase en disant qu'Éric Coquerel a expliqué qu'il allait voter les propositions de M. Barnier. Non, je note l'ouverture. Je vous dis simplement que M. Barnier ne le fera pas.

11:59
Invité

Vous le dis, on est dans une période de préparation budgétaire, vous avez demandé à Matignon de vous remettre des documents à ce sujet. Est-ce que vous les avez reçus ? Est-ce que vous les avez en votre possession ?

12:08
Éric Coquerel

Non, on n'a pas reçu ce qu'on appelle les lettres de plafond. Je prends juste 30 secondes pour expliquer ce que c'est un peu compliqué.

12:13
Présentateur

Ça peut sembler comme ça.

12:14
Éric Coquerel

Normalement, fin juillet, on reçoit ce qu'on appelle un document qui est un tiré à part, qui est le résumé de toutes les économies demandées à chaque ministère mais quand même un peu détaillées pour la loi de finances de l'année suivante. Comme vous le savez, Emmanuel Macron n'a pas nommé le nouveau Front populaire et là, il a commencé à laisser un gouvernement démissionnaire pendant 52 jours en réalité quand même faire de la politique. On va mettre ça à côté. Donc, on n'a pas eu ce tiré à part. Par contre, il y a eu des lettres de plafond envoyées au ministère.

C'est-à-dire qu'on n'a rien reçu, nous qui nous permettent nous parlementaires de commencer à travailler mais les ministères ont bien reçu des lettres de plafond qui leur proposent aujourd'hui à ce stade 15 milliards d'économies et M. le maire pense qu'il va falloir plus.

12:54
Présentateur

Peut-être que je vais essayer d'être encore plus vulgarisatrice si vous me permettez, les lettres de plafond. Je ne suis pas assez. C'est chaque ministère à qui on dit vous ne pouvez pas les dépasser à l'année prochaine. C'est tant de dépenses.

13:03
Éric Coquerel

C'est votre enveloppe. Et comme nous n'avons pas eu des tirs à part, on dit maintenant la plaisanterie a suffi. Donc, donnez-nous les lettres de plafond. Donc, les ministères

13:09
Présentateur

savent ce qu'ils peuvent dépenser mais vous, en tant que président de la commission des finances, vous ne savez pas quel est l'enveloppe ?

13:12
Éric Coquerel

Non, je sais la somme globale. On nous a quand même envoyé la somme globale. On sait qu'il y a 15 milliards en moins. Certains ministères qui sont sacrément amputés déjà mais on n'a pas le détail. Or, je vais vous expliquer pourquoi c'est important d'avoir le détail. Vous allez comprendre tout de suite.

13:24
Présentateur

Vous ne les avez pas aujourd'hui à l'heure où on se parle. On est dimanche 15 septembre 12h16.

13:28
Éric Coquerel

Vous n'avez aucun document. Vous connaissez la situation catastrophique du logement en France, le fait qu'il n'y a jamais eu autant de demandes de logements sociaux et aussi peu de constructions. Donc, ça nous intéresse de savoir si la question du logement, par exemple, est impactée par la baisse de dépenses publiques qu'on demande à la commission de l'intérêt. Ça, nous ne l'avons pas. Et donc, ce que nous avons dit avec Charles de Courson, qui est mon rapporteur général, c'est que si nous ne l'avons pas demain soir, nous irons à Matignon, puisque c'est à Matignon, chercher ces lettres de plafond.

14:01
Invité

Vous en avez le droit ? Vous en avez le droit ?

14:04
Éric Coquerel

Alors oui, on a le droit théoriquement d'avoir tous les documents qui permettent de faire un budget. Alors là, je vous passe les détails sur la manière dont on peut imaginer ce que sont ces documents, puisque ce qu'on nous dit à chaque fois, et là, c'est le serpent qui se prend la queue, c'est que vous comprenez, M. Barnier peut peut-être modifier ces documents, ces lettres de plafond, et donc, si on vous les donne, ce n'est pas forcément ce qui sera appliqué. Oui, d'accord.

Enfin, là, on n'est plus qu'à quelques jours, quoi qu'il en soit, ce sera même dû être hier, de la transmission d'un budget pour qu'on ait un budget à la fin de l'année, par exemple, au Conseil des Finances Publiques de M. Pierre Moscovici pour qu'il le regarde. Il y a un cheminement

14:38
Présentateur

qui est prévu par la loi. À mon avis,

14:39
Éric Coquerel

c'est l'aide de plafond, moi je vous le dis, on ne va pas tellement s'en éloigner, donc nous, disons, nous, parlementaires, nous avons le droit de les consulter.

14:45
Présentateur

Et ça va se passer comment ? Si vous n'avez pas les documents demain soir, vous allez arriver à Matignon, vous allez sonner, et le Premier ministre doit vous ouvrir ?

14:53
Éric Coquerel

Peut-être pas le Premier ministre, je ne vais pas demander que le Premier ministre, il y a des gens qui travaillent à Matignon, mais on va demander que Charles de Courson et moi, on va demander à avoir ces documents.

15:00
Invité

Mais vous avez eu des contacts avec Matignon à ce sujet ?

15:03
Éric Coquerel

Oui, ils le savent, ils savent qu'on les veut, donc peut-être que l'année d'histoire, on les aura.

15:06
Invité

Vous serez reçus ou pas ? Ils vous ont répondu, à priori.

15:08
Éric Coquerel

À mon avis, on sera reçus, après on verra bien la réponse, mais il faut bien comprendre que...

15:13
Présentateur

Mais comment ça se passe ? Je me mets honnêtement dans la tête d'un téléspectateur qui nous regarde, qui se dit Éric Coquerel va aller « Moi, je viens chercher des documents ». Et vous avez le droit d'ouvrir les bureaux et de chercher des documents ?

15:28
Éric Coquerel

On a le droit. Encore une fois, ça dépend là aussi de la manière dont on considère ces documents. Moi, théoriquement, je peux aller chercher tous les documents qui font en sorte qu'ils ont un lien avec le budget en tant que président de la Commission des financements. Là, on peut nous dire « Oui, mais vous comprenez ces documents, en réalité, ils vont être changés, etc. » On verra bien ce qu'on nous dit. Mais très sincèrement, d'un point de vue politique, je le dis au Premier ministre, je profite d'être ici, je lui dis « Il faut que lundi, ils nous les transmettent. » Je pense qu'il faut de la transparence.

Il peut après accompagner en disant « Attention, ce ne sont peut-être pas les lettres de place-fond finales qui seront envoyées. » Ou alors, il nous dit une chose. Moi, je veux bien. C'est une autre réponse. Il nous dit « Je les déchire. Et ça n'a plus aucun rapport avec le budget qui vous sera proposé. » Mais ça, je ne le crois pas non plus. Je pense que ça va servir de base de travail au budget de M. Barnier.

16:14
Invité

Ce budget, ça a pris du retard. On le sait tous et vous le dites. Est-ce que vous pensez il est extrêmement compliqué à faire ? On connaît la situation de l'Assemblée nationale. Est-ce qu'il est possible que ce budget ne soit pas voté ? Édouard Philippe, par exemple, dit que ça semble être une possibilité et que la France peut aller dans le mur.

16:35
Éric Coquerel

Alors, deux choses. Déjà, il va passer en commission des finances, ce budget.

16:38
Présentateur

Que vous présidez. Que je présidez.

16:40
Éric Coquerel

Et comme on a fait un gouvernement des perdants, c'est-à-dire un gouvernement des minoritaires, il est possible que ce gouvernement n'ait pas de majorité pour permettre qu'il sorte un pacte de ma commission.

16:51
Présentateur

Vous allez tout réécrire ?

16:52
Éric Coquerel

On va essayer de le réécrire profondément. D'accord. Et figurez-vous que déjà l'an dernier, il y avait déjà une majorité pour ça. Dans ma commission, on a voté pour 15 milliards de taxation du capital, notamment avec l'aide du Modem. Ça a été rayé d'une plume par le 49-3. Mais je pense qu'on va aller plus loin cette fois-ci. C'est-à-dire qu'on va avoir, à mon avis, un budget qui va sortir, qui va s'approcher, par exemple, de certaines propositions du nouveau Front populaire. Là, à partir de là, le gouvernement a deux choix. Qu'est-ce qu'il dit ? Il dit que je suis dans une situation politique différente parce que je n'ai pas de majorité. Donc, j'entends ce que me dit le Parlement.

Ça serait peut-être un respect de démocratie parlementaire qui ne serait peut-être pas si mal. Et ce budget, je le prends modifié. On verra bien ce qui se passe. Deuxième choix, je ne veux pas entendre parler des modifications. Et de ce point de vue-là, je remets au vote le budget non modifié, mon budget initial. Et là, il y a plusieurs cas de figure. 49-3. C'est-à-dire, on le passe sans vote. Motion de censure, on verra bien ce que fera l'Assemblée, notamment le Rennes. Et puis, l'autre possibilité, c'est de continuer avec le risque, effectivement, d'être battu.

Ce que j'espère, ce que je suis, pour battre ce budget parce qu'il ne correspond pas au vote des Français, il ne correspond pas aux besoins des Français. Et dans ces cas-là, le gouvernement a plusieurs possibilités. Il peut faire voter une loi spéciale, ça s'appelle une loi spéciale, qui reprend le budget de l'an dernier. Je dis ça pour rassurer un peu les gens parce qu'on n'en est pas chaud d'un, vous savez.

18:11
Invité

Les fonctionnaires seront payés,

18:15
Éric Coquerel

qui leur permettent, j'allais dire, d'aller jusqu'au bout, mais qui, inévitablement, indiquera qu'ils sont dans la passe, dans une situation de crise parce qu'ils ont voulu appliquer à l'Assemblée nationale une politique qui est minoritaire dans le pays. Encore une fois, ça dépend aussi de ce que fait Mme Le Pen. On verra bien si elle protège et elle défend finalement les tenants du système et une politique qui n'est vraiment pas en faveur de la plus grande masse de nos concitoyens.

18:41
Invité

Alors, on ne sait pas encore quelle sera l'identité du ministre de l'économie qui aura à défendre ce budget sur les bancs de l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, Michel Barnier est en train de composer son gouvernement. Est-ce qu'il y a une personnalité qui trouvait basse à vos yeux, qui vous rassurait pour le ministère de l'économie et des finances, qui vous amènerait à réviser votre jugement ?

18:57
Éric Coquerel

Non, parce que je pense que... Vous ne voulez pas

18:59
Invité

être Charles de Courson, par exemple ?

19:00
Éric Coquerel

Charles de Courson ne sera pas ministre. Non, je ne crois pas. Il n'y aura pas une personnalité pour une bonne raison, c'est qu'encore une fois, la question n'est pas la personne. La question, c'est le programme, le projet. Donc le programme et le projet, je vous l'ai dit tout à l'heure, je ne crois pas, tout d'un coup, qu'on va avoir des inclinaisons vers une politique de la demande, vers une politique de relance des salaires, etc. Donc la question n'est pas la personne. Moi, j'essaye toujours d'avoir un rapport courtois et républicain avec les ministres des Finances, je l'ai eu avec Bruno Le Maire, qui me sont proposés. Ce qui ne m'empêche pas de me opposer frontalement à leur politique.

Et je pense que là, ça sera pareil.

19:33
Invité

Mais si vous rencontriez Michel Barnier, ce serait peut-être plus simple. Pourquoi est-ce que les communistes et les écologistes y sont prêts et pas vous ? Vous me parlez,

19:41
Éric Coquerel

moi, président de la Commission des Finances ?

19:42
Invité

Je parle des Insoumis, de la France Insoumise.

19:44
Éric Coquerel

Écoutez, la question de ils sont prêts, encore une fois, pour l'instant, ce que je constate, c'est que nos partenaires que les ont rencontrés ont été dire nous ne sommes pas d'accord avec votre nomination et nous ne sommes pas d'accord avec la politique que vous avez appliquée. Alors est-ce qu'il faut se déplacer pour le dire ? C'est un sujet, mais on dit la même chose. C'est ce qui m'apparaît important et d'ailleurs, c'est tellement vrai que nous allons tous voter la motion de censure qui sera déposée une fois que M. Barnier aura fait son discours de politique générale.

20:12
Présentateur

Éric Coquerel, vous restez avec nous. Dans quelques instants, on va rentrer dans le détail. Pouvoir d'achat, salaire, retraite, suite du débat dans quelques instants dans BFM Politique. Toujours avec Éric Coquerel, président de la Commission des Finances à l'Assemblée nationale et député insoumis de la Seine-Saint-Denis, invité de BFM Politique en partenariat avec la tribune dimanche. Je reviens sur ce que vous nous disiez il y a quelques instants, Éric Coquerel. Le budget tel qu'il sera réécrit par les députés pourra ressembler peu ou prou à ce que propose le nouveau Front populaire, c'est-à-dire qu'est-ce qu'il y aurait dedans ? Taxation des hauts patrimoines ? Retour de l'ISF ?

21:13
Éric Coquerel

Oui, je pense qu'on peut voter, on peut aller jusqu'à là, on peut voter le retour à l'exit taxe dans la version première, on peut voter une taxe sur les superdividendes, on peut voter, ça c'est autre chose, ça c'est par décret, je parle des recettes pour l'instant, on peut voter une taxe sur les transactions financières, si je vous dis ça, c'est que ma commission les a votées l'an dernier, je vous rends compte, et là cette fois-ci on a un rapport de force plus important.

Donc voilà, je pense qu'on peut, je ne dis pas que tout le programme du NFP, mais je pense qu'on peut décliner pas mal de mesures du programme du NFP, parce que mine de rien quand même dans l'Assemblée nationale, il y a quand même à mon avis une majorité de députés qui trouvent que trop c'est trop.

21:54
Présentateur

En général, quand on parle d'économie, de recettes, il y a un sujet qui revient invariablement sur la table, c'est celui du modèle social, c'est Bruno Le Maire je crois qui cette semaine devant vous évoquait le fait que les dépenses sociales représentaient pour 50% des dépenses publiques, est-ce qu'il y a des économies à faire de ce côté-là ? Je pense par exemple à la droite qui dit économie facile, l'aide médicale d'État,

22:18
Éric Coquerel

à peu près

22:19
Présentateur

un milliard d'euros.

22:20
Éric Coquerel

Non, quand la droite dit ça, il n'y en a pas pour autant, enfin bon, qu'importe, il y en a pour beaucoup moins, mais quand la droite dit ça, c'est surtout un clin d'œil idéologique et raciste par rapport au programme du Rassemblement national pour dire on peut faire aussi bien. Parce que ce n'est pas parce que vous allez supprimer l'AME que vous allez récupérer beaucoup d'argent, par contre vous allez mettre en péril peut-être beaucoup de Français parce que je vous rappelle que les virus et les microbes ça ignore et la couleur de peau et votre statut c'est une aide qui est réservée

22:45
Présentateur

à une partie des migrants. C'est une aide

22:47
Éric Coquerel

qui sert à soigner, à donner des soins à des gens qui sont sur le territoire et je pense que toute la population a intérêt à ce que ça perdure. Je dirais que c'est quand même quelque chose qui a un peu à voir avec notre devise liberté, égalité, fraternité. Donc je pense que tout ça c'est à la fois inutile, démagogique et raciste.

23:08
Présentateur

Vous dites c'est un clin d'œil au Rassemblement national, l'argument de la droite notamment au Sénat c'est de dire que le coût augmente d'année en année ils évoquent plus 12% entre 2022 et aujourd'hui ils disent le nombre de bénéficiaires c'est plus 43% depuis 2019 et dans le même temps près d'un Français sur deux renonce à se soigner. C'est ça l'argument qui est avancé par la droite.

23:29
Éric Coquerel

Mais vous ne pouvez pas dire parce que plus d'un Français sur deux refuse à soigner qui pose le problème de l'état de l'hôpital public l'état du système de santé en France qui avant que des politiques notamment proposées par la droite sévissent étaient le meilleur système de santé au monde. Vous ne pouvez pas dire pour ça que les responsables c'est les quelques centaines de milliers de personnes dont très peu l'utilisent en réalité qui n'ont pas qui ne sont pas régularisées en ce pays. Vous voyez bien le décalage. La réalité pourquoi notre système de santé est dans cet état ?

parce qu'on a décidé d'appliquer à quelque chose qui devrait être fondamentalement un bien commun et quelque chose qu'on assure à tout le monde. C'est un peu la suite de ce qui s'est fait après le Conseil de la résistance. On a décidé d'appliquer des mesures qui en réalité favorisent les profils, les cliniques privées, etc. Donc c'est ça sur lequel il faut revenir. Arrêtons de laisser penser que c'est quelques centaines de milliers de personnes qui vivent sur le territoire quand ce sont les responsables.

24:25
Invité

Sur le thème de l'immigration, la piste d'un ministère de l'immigration a été évoquée et peut-être envisagée. Ça n'est pas très clair. S'il voit le jour, vous en penserez quoi ?

24:37
Éric Coquerel

J'y serais fondamentalement opposé parce qu'en fait tout ça revient à quoi ? Ça revient à dire que le problème dans notre pays serait l'immigration et même les étrangers et puis même peut-être les descendants d'étrangers.

24:47
Invité

Ou ça revient spécifiquement à s'y pencher parce que c'est une préoccupation majeure des Français et que beaucoup d'entre eux 10 millions ont voté pour leur assidure.

24:55
Éric Coquerel

Il y a le pouvoir d'achat

24:58
Invité

et l'immigration.

24:59
Éric Coquerel

Et 11 millions d'électeurs rassemblement national qui y attachent l'importance. C'est ce qu'on entend à longueur de temps sur les médias ce qui fait que comme vous avez une certaine influence quelqu'un qui allume sa télé dans des zones rurales où il n'y a même pas d'étrangers etc. se dit mince c'est vraiment le problème numéro 1. Alors je vous le dis je l'assume le problème numéro 1 dans ce pays n'est pas la question de l'immigration.

Et quand vous parlez à des secteurs même éclairés du patronat il vous explique même qu'au terme de main d'oeuvre la France en réalité n'a pas suffisamment d'immigrés et de migrants ou en tout cas et nous ce que nous disons c'est que les gens qui travaillent dans ce pays parce qu'il y a un emploi qui est disponible mais qui sont non régularisés donc ils peuvent être exploités donc ils peuvent baisser le prix du travail pour tout le monde doivent être régularisés et c'est ce que demandent aussi justement certains secteurs économiques parce que c'est pas possible. Donc arrête. Quand vous regardez à l'étranger

25:50
Invité

que vous voyez par exemple l'Allemagne qui avec une coalition plutôt à gauche serre la vis avec un retour des contrôles aux frontières.

25:59
Éric Coquerel

Vous savez qui serre la vis après ne pas avoir serré la vis pendant des années donc on n'est pas dans la même situation que notre pays. Aujourd'hui la France est loin et très loin il faut le savoir d'être un des pays qui accueille le plus en Europe c'est absolument pas vrai. Tous les chiffres le montrent donc je vous le dis je vous le répète le problème aujourd'hui en France c'est plus ce que nous coûte à hauteur de dizaines de milliards d'euros le capital je l'ai dit tout à l'heure que les migrants dans ce pays. Ceux qui nous disent ça sont ceux qui veulent qu'on ignore le problème c'est-à-dire qu'on ignore où partent les richesses de ce pays et qu'on a un problème de système.

Donc au lieu de regarder les financiers ils nous disent de regarder les migrants c'est vieux comme le monde et comme le capitalisme.

26:40
Présentateur

Quand on parle du système social Eric Coquerel on entend dire aussi qu'il y a un problème de soutenabilité à long terme parce qu'aujourd'hui c'est un système social où c'est les actifs de moins en moins nombreux qui payent un modèle où il y a un vieillissement de la population des retraites qui pèsent pour un certain nombre de dépenses. Est-ce qu'il faut mettre les retraités à contribution par exemple ?

26:59
Éric Coquerel

Ils sont déjà à contribution je vous fais remarquer.

27:01
Présentateur

Évidemment je veux dire augmenter les cotisations ou comme ça a été proposé ne plus réindexer sur l'inflation pour les retraites les plus importantes.

27:11
Éric Coquerel

Je vais vous répondre globalement déjà. D'accord ? Oui il y a une population qui vieillit mais en même temps nous produisons plus de richesses. En même temps sur le temps long nous avons une productivité beaucoup plus importante. Autrement dit la question c'est qu'est-ce qu'on fait de cette richesse produite ? C'est pas on produit plus de richesses mais finalement de façon à ce que certains en profitent et toujours les mêmes on va aller faire en sorte qu'il y ait moins de protection sociale. Vous avez noté que ce n'était pas ma question. Ma question c'était est-ce qu'il faut mettre la contribution les retraités ?

Parce que notre pays était en ruine à la sortie de la deuxième guerre mondiale et on a fait un système de protection sociale qui est unique au monde qui est la sécurité sociale ou presque unique au monde. D'accord ? Le système des retraites. Est-ce que notre pays à votre avis en termes de richesses produites avait les moyens ou pas de le faire ? Bien évidemment il l'avait moins qu'aujourd'hui. Donc aujourd'hui nous avons les moyens et ça dépend.

27:58
Présentateur

Il y avait eu un gouvernement de l'Union Nationale aussi ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

28:01
Éric Coquerel

La question n'est pas là je vous parle d'un point de vue économique. Je vous dis que nous produisons suffisamment de richesses pour assurer le fait que même s'il y en a plus aujourd'hui les retraités continuent à partir à un âge décent qui leur assure de pouvoir bénéficier de leur retraite en bonne santé et d'être payés par exemple ce que nous proposons à minimum pour les retraites complètes au niveau du SPIC. Nous avons suffisamment de moyens et la question c'est de savoir où vous mettez les moyens. Donc votre réponse c'est non.

28:25
Présentateur

Mettre à contribuer sur les retraités juste votre réponse c'est non.

28:28
Éric Coquerel

Non, non. Et je vous réponds juste une chose. C'est que vous me dites que la protection sociale coûte très cher en France. D'accord ? C'est des dépenses publiques et autres.

28:35
Présentateur

Non, je vous dis que le modèle c'est des gens qui travaillent qui sont de moins en moins nombreux pour financer la protection.

28:40
Éric Coquerel

Vous savez que sur cette question de dépenses publiques de dépenses sur la protection sociale il y en a beaucoup plus en France par exemple qu'aux Pays-Bas. Mais aux Pays-Bas il y a beaucoup plus de dépenses privées qui servent exactement à la même chose. Ça veut dire que les gens en réalité payent pour justement assurer des fois de manière inégale leur système de santé ou autre. Donc c'est ça qu'il faut regarder. Nous, nous avons décidé d'avoir un système public un système égalitaire un système qui ne laisse personne sur le côté où on ne dit jamais à personne tu ne peux pas payer donc tu ne rentres pas dans tel ou tel hôpital.

Eh bien ce système-là nous avons, je vous le dis au terme de richesse les moyens de nous le payer à partir du moment où on répartit la richesse autrement.

29:20
Invité

Est-ce que c'est vraiment raisonnable de vouloir abroger la réforme des retraites adoptée l'an dernier qui repose sur l'âge de départ à 64 ans comme vous voulez le faire alors que le régime est en déficit que le déficit devait encore s'aggraver d'ici 2030 ? Oui, bien sûr. Est-ce qu'on a les moyens de le faire ?

29:33
Éric Coquerel

Est-ce que c'est raisonnable d'avoir un système qui fait en sorte qu'on va revenir sur l'âge de la retraite en 1910 alors qu'on produit je ne sais pas combien de plus de richesses dans ce pays ? Est-ce que c'est raisonnable de revenir au temps en arrière sur des conquêtes sociales qui ont été gagnées à des moments, encore une fois, où le pays était beaucoup moins riche qu'aujourd'hui ? Moi, je ne crois pas. Je crois que les gens ils ont le droit après 40 années de cotisation ils ont le droit d'avoir une retraite en bonne santé et si aujourd'hui l'espérance de vie augmente eh bien ça a un lien avec le fait que les gens partent en bonne santé.

Donc je vous le dis oui, je pense que c'est raisonnable je pense que ce qui n'est pas raisonnable c'est par exemple d'avoir un système qui va pousser les gens à travailler jusqu'à 64 ans ce qui veut dire que en 2027 ce n'est pas mes chiffres c'est les chiffres du corps en 2027 on pense que le corps c'est le conseil

30:21
Présentateur

d'orientation des retraites

30:22
Éric Coquerel

le conseil d'orientation des retraites excusez-moi d'utiliser des acronymes en 2027 si on applique cette réforme des retraites on va gagner environ 10 milliards d'euros d'accord ?

Mais ça va coûter 4,5 milliards d'euros pour une bonne raison c'est qu'il y a des prestations sociales qui vont devoir être utilisées pour payer les gens qui ne sont pas qui ne sont pas encore en retraite mais qui n'ont plus de travail parce qu'on sait aussi comme ça que le travail des seniors ça ne va pas se faire sur un claquement de doigts donc je vous dis tout ça n'est pas raisonnable il faut regarder de manière plus globale les choses il faut aller chercher les finances et on sait où les trouver pour faire en sorte que les gens continuent à partir à un âge décent et ça aura beaucoup d'avantages y compris pour l'économie

31:00
Invité

Le Rassemblement National propose d'abroger cette réforme dans le cadre de sa niche parlementaire le 31 octobre est-ce qu'il faut que les députés du nouveau Front Populaire s'associent à cette démarche ?

31:09
Éric Coquerel

Alors vous posez un problème je ne vais pas le contourner c'est un problème de donner une victoire sociale à un mouvement qui par ailleurs sur sa politique propose une politique économique qui n'est pas très différente finalement de M. Macron et de lui donner cette caution-là donc c'est un problème pour nous qui se pose et nous ce que nous regardons aujourd'hui c'est de faire en sorte que d'ici la fin de l'année on puisse assurer de l'abroger mais avec nos propres mesures que nous allons proposer nous avons déjà demandé par exemple à M.

Barnier de faire une séance extraordinaire dans laquelle nous mettrions l'abrogation de la réforme des retraites après tout on peut peut-être espérer qu'il ait un réflexe démocratique en se disant que les partis qu'ils proposent ont été largement majoritaires législatives

31:50
Invité

donc sur la proposition du RL c'est sûr à 100%

31:53
Éric Coquerel

vous ne voterez pas et les filles vont déposer dans sa propre niche à la fin du mois de novembre avec tout l'accord de ses partenaires sa propre abrogation de la réforme des retraites et enfin il y a une troisième façon de faire donc on vient comprendre vous dites

32:06
Présentateur

nous on va déposer le texte fin novembre dans le projet de loi financier et social par un moment

32:10
Éric Coquerel

on peut aussi faire en sorte

32:12
Présentateur

au moins de geler cette réforme j'essaye d'éclairer pour ceux qui nous regardent ce que vous êtes en train de dire ce qu'on va faire c'est qu'on va proposer de l'abroger fin novembre et c'est ce qui nous permettra de ne pas le voter

32:21
Éric Coquerel

on l'abrogera de manière qu'il soit soit par les amendements au projet de loi de finances vraisemblablement on est plutôt parti là-dessus même si nous n'avons pas pris notre décision définitive mais je vais vous dire une chose parce que les communistes

32:35
Invité

sont ouverts à le voter

32:36
Éric Coquerel

le leurre du rassemblement national qu'est-ce que vous dites aux communistes laissez-moi finir le leurre du rassemblement national c'est qu'ils vont proposer ça imaginons dans leur niche et vous savez qu'après il faut que ça soit mis au calendrier au Sénat où ils n'ont pas de groupe donc en réalité si par exemple cette loi a été votée dans la niche du rassemblement national il n'y aurait en réalité aucune assurance qu'elle soit discutée après au Sénat puisque M.

Larcher a lui-même dit que ça ne serait pas le cas et comme le rassemblement national n'a pas de groupe imaginez que ça serait encore plus difficile donc la meilleure manière de faire c'est de se donner deux possibilités la niche que nous allons proposer ou le moins qu'on peut dire c'est que nous avons une légitimité parce que les formations politiques qui étaient du côté des salariés des syndicats des mobilisations c'est les nôtres pour la faire passer à l'Assemblée nationale et puis une séance de rattrapage qui sera peut-être la plus efficace si ça ne passe pas c'est par des amendements au projet de loi de finances de la sécurité sociale parce que ça le Sénat est obligé de les examiner et qu'à la fin ça revient à l'Assemblée donc d'ici la fin de l'année je vous le dis nous abrogerons c'est très fort

33:36
Présentateur

donc on a compris vous ne voterez pas avec le Rassemblement National il y aura votre propre texte Amandine nous disait les communistes eux disent pourquoi pas voter avec Marine Le Pen qu'est-ce que vous leur dites ?

33:44
Éric Coquerel

ils ont dit ça quand ?

33:46
Présentateur

Fabien Roussel

33:47
Éric Coquerel

j'attends de voir ce que dit le groupe communiste je ne suis pas certain que ce soit la position du groupe M. Roussel ne fait pas partie du groupe il n'est plus député effectivement

33:55
Invité

mardi le bureau de l'Assemblée Nationale se prononcera sur la demande d'institution du président de la République qui est réclamée par la France Insoumise est-ce que c'est du cinéma sachant que ça n'a aucune chance d'aboutir ?

34:08
Éric Coquerel

ah non non ce n'est pas du cinéma du tout d'abord vous dites ça n'a aucune chance d'aboutir il y a tout combat pour gagner un combat il faut l'entraver vous êtes d'accord ?

34:17
Invité

beaucoup de vos même compris vos partenaires ne soutiennent pas votre démarche

34:20
Éric Coquerel

alors attendez l'inquié aussi puisque pour l'instant nous allons proposer ça au bureau de l'Assemblée Nationale ils comprennent bien au bureau de l'Assemblée Nationale parce qu'ils n'ont pas la légitimité nous n'allons pas proposer la destitution nous allons proposer que la destitution soit discutée en commission des lois pour l'instant les écologistes nous disent oui le parti communiste le groupe communiste nous dit oui et les socialistes nous disent nous n'avons pas encore donné notre réponse François Hollande par exemple dit non oui mais François Hollande alors c'est un peu la vérité et sans les socialistes vous avez remarqué une chose c'est que François Hollande n'est pas la direction du parti socialiste sans les socialistes on est d'accord

34:53
Invité

Eric Coquerel ça passe pas si c'est le cas

34:54
Éric Coquerel

oui mais laissez-nous tenter laissez-nous tenter de nous couvrir de nos partenaires non pas de destituer le président de la république mais simplement qu'on puisse avoir la discussion en commission des lois là où tous les groupes sont de manière

35:05
Invité

donc voilà ce que nous proposons

35:07
Éric Coquerel

on verra bien ce qu'ils décident mais je vais vous dire une chose à travers outre le fait que je pense qu'il y a des étapes qui peuvent être franchies et que après tout si l'Assemblée nationale qui quelque part j'allais dire a eu un message pour le moins méprisant de la part du président de la république en décidant de nommer un groupe ultra minoritaire à la tête du gouvernement c'est-à-dire il ne se soucie pas du tout de ce qu'est l'Assemblée nationale de sa représentation nationale et par-delà c'est le suffrage universel je trouve que l'Assemblée nationale aurait j'allais dire il y a un côté défendre l'honneur de l'Assemblée nationale parce que ce qu'a fait le président de la république c'est absolument antidémocratique je ne sais pas si vous vous rendez compte c'est la première fois sous la cinquième république qu'un président de la république fait ça et donc à partir de là c'est normal que d'une manière ou d'une autre on le met en question lui ça passe par ça et si après tout si jamais il perd sur le budget s'il ne veut pas nommer un gouvernement populaire il estime que la solution soit la démission où j'ai cru comprendre que certains même dans son camp estiment que finalement ça ne serait pas plus mal et bien nous ça nous va et je pense que c'était important de porter la responsabilité du président de la république

36:12
Invité

Vous croyez qu'il peut y avoir des élections anticipées comme Marine Le Pen semble le penser qu'Emmanuel Macron ne puisse pas aller au bout de son mandat comme Edouard Philippe semble le penser

36:22
Éric Coquerel

Aujourd'hui le moins qu'on puisse dire c'est que le problème c'est Emmanuel Macron il a décidé la dissolution quand même à un moment quand même assez extraordinaire quelques semaines avant les Jeux Olympiques bon après il nous a fait l'enterner pendant 52 jours sans gouvernement il nomme un gouvernement minoritaire donc il met le pays dans une impasse et d'ailleurs à mon avis il révèle aussi une crise de régime terrible qui est celui de la 5ème république raison pour laquelle vous le savez dans le programme nous mettons la 6ème république par la constituante c'est-à-dire par le peuple mais le président de la république je veux dire ça devient si rien ne passe si le budget ne passe pas si on arrive à ne pas voter le budget enfin le battre plutôt il y a un moment donné où on ne peut pas dissoudre l'assemblée par le fait que ça ne peut pas être fait pendant un an donc à un moment donné oui la question se posera c'est la démission

37:08
Invité

d'Emmanuel Macron la prochaine fois bien évidemment la question se posera et donc faisons un peu de politique fiction Emmanuel Macron tombe il y a une présidentielle anticipée qui est votre candidat ?

37:18
Éric Coquerel

écoutez moi du côté je veux donner mon point de vue parce qu'on n'a pas discuté tout ça c'est vous qui êtes l'invité donc ça tombe bien vous le savez ça fait pas mal de temps que je pense que Jean-Luc Mélenchon était notre meilleur candidat y compris pour les années à venir alors ça serait encore plus vrai aujourd'hui c'est-à-dire si les élections présidentielles arrivaient maintenant voilà quel est mon choix mais quoi qu'il en soit vous verrez je pense que le candidat que nous choisirons parce que ça dépend aussi de la décision de Jean-Luc il l'a toujours dit notamment en lien avec avec sondage avec certaines choses est-ce qu'il se sent encore capable donc il l'avait toujours dit aujourd'hui j'ai l'impression que oui et moi je le crois aussi mais nous aurons de toute façon un candidat qui sera capable d'aller au deuxième tour et qui sera capable de présider ce pays voilà ce qui m'importe

38:02
Invité

Jean-Luc Mélenchon doit être le candidat de tout le nouveau front populaire

38:05
Éric Coquerel

écoutez là c'est des questions on verra bien comment ça se passe on n'en est pas là j'imagine vous avez préparé la suite si la question se repose à ce moment-là vous vous réinviterez et on en discutera

38:15
Présentateur

mais il peut être le candidat du nouveau front populaire il peut y avoir un candidat unique

38:18
Éric Coquerel

moi je souhaiterais en tout cas qu'on ait un candidat unique la question alors voilà je souhaiterais qu'on ait un candidat unique du nouveau front populaire le nouveau front populaire étant une alliance et une unité sur un programme de rupture j'insiste là-dessus parce que c'est pas l'unité pour l'unité c'est un programme de rupture et à partir de là il faudra choisir le meilleur candidat possible

38:35
Présentateur

et pour vous c'est Jean-Luc Mélenchon ?

38:37
Éric Coquerel

je trouve je ne sais pas si vous l'avez écouté hier encore à la fête de l'humanité faire son discours je trouve qu'aujourd'hui c'est encore celui qui a le plus de possibilités de remporter l'élection et qui a la meilleure vision de ce que devrait faire notre pays voilà je vous réponds aujourd'hui à l'instant

38:53
Invité

un autre homme pourrait lui faire concurrence vous voyez où je vais en venir monsieur Ruffin qui a beaucoup fait parler de lui ces derniers jours parce qu'il s'en est pris violemment à la France Insoumise à Jean-Luc Mélenchon il y a beaucoup de récits et d'anecdotes on peut peut-être commencer par le fait qu'il dénonce une stratégie communautariste de la part de Jean-Luc Mélenchon puisqu'il dit avoir eu honte d'avoir à donner pendant sa campagne législative sa dernière campagne des tracts différents un tract avec le visage de Jean-Luc Mélenchon pour les Noirs et les Arabes et un tract sans Jean-Luc Mélenchon pour les autres

39:27
Éric Coquerel

s'il a fait ça c'est qu'il a fait des diffusions de tracts non bien sûr que non s'il a fait des diffusions de tracts de ce type ça m'embête un peu qu'il ait fait des tracts différents selon les électorats auxquels il s'adresse

39:41
Invité

donc c'est lui

39:41
Éric Coquerel

le communautariste en tout cas c'est lui qui d'une certaine manière est en train de nous dire qu'il y a des tracts qu'il a distribués qui seraient des tracts entre guillemets comme il dit au faciès je vais revenir sur cette expression abominable et puis de l'autre côté des tracts où il conviendrait de mettre parce que d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon c'est pas seulement Jean-Luc Mélenchon c'est notre programme et notamment notre combat antiraciste sous la table pour ne pas choquer certains électeurs dont ils subodorent que ça pourrait faire en sorte qu'ils ne votent pas pour nous soit en quoi ils se trompent parce que les électeurs à qui ils s'adressent comme ça par exemple les électeurs du Rassemble national éventuellement peuvent lui taper sur l'épaule en disant François t'es un mec bien et il vote RN après c'est ce qui est arrivé à François et c'est ce qui est arrivé aussi aux législatives un peu à Fabien Roussel

40:25
Invité

je comprends bien dans votre réponse vous semblez dire qu'il cherche les voix François Ruffin du Rassemblement national c'est ça ? parce qu'on a vu la réponse de Manuel Bompard qui je cite le titre du blog dit Ruffin, Zemmour même combat

40:37
Éric Coquerel

alors je vais revenir je vais revenir globalement parce que je pense que François s'égare et ça me pose problème parce que je l'estime je le respecte d'accord je l'ai dit je le répète je vais donner une anecdote c'est moi qui en 2017 avait dit à Jean-Luc Mélenchon de l'investir alors qu'il ne voulait pas être investi par France Insoumise seul c'est le seul à qui nous avons fait ce... donc voilà mais aujourd'hui il s'égare pourquoi il s'égare ?

c'est que d'abord première chose il divise au mauvais moment parce que moi je me rappelle que la dernière fois que François a pris la parole fin juillet c'était pour dire la gauche est nulle sous-entendu moi je ne suis pas nul mais la gauche est nulle elle n'est même pas capable de trouver le nom d'un Premier ministre ça tombait bien c'était exactement le récit que voulait mettre M.

Macron sur la table patatras quelques heures après on propose du Cicastet bien et là cette fois-ci il nous dit lui qui est le chantre d'une unité trouve le moyen de nous attaquer de manière frontale et de manière j'allais le dire calomnieuse dans la manière dont on nous attaque donc déjà c'est ça qui me pose problème après je réponds sur le fond aujourd'hui considérez que quand vous vous occupez de toutes les discriminations toutes les inégalités toute la rupture de l'égalité des droits qui fondent notre citoyenneté et notre nation que subissent plusieurs millions de nos concitoyens qui part ailleurs parce que il n'y a pas d'un côté un combat qui serait un combat antiraciste et pas un combat social sont en réalité une des composantes essentielles aujourd'hui de ce qu'on appelle la classe ouvrière en tout cas des travailleurs je vous réponds considérez que parce qu'un mouvement de gauche dont c'est le rôle s'occupe de ça ce qu'on bat le racisme c'est du communautarisme excusez-moi je crois entendre le printemps républicain c'est-à-dire ceux là-même qui depuis des années nous disent au nom d'un principe universaliste qui serait théorique ceux qui dénoncent le racisme ou ceux qui en sont victimes et le disent finalement ce sont les racistes parce qu'ils nous renvoient à des différenciations de couleur de peau c'est malheureusement ce qui se passe dans ce pays aiguillonné par l'extrême droite et donc ça c'est un comment dire penser que quand on fait ça c'est du communautarisme je trouve que moi ça dépasse mon autre moment si nous ne prenons pas cette question essentielle le racisme c'est un phénomène social c'est un phénomène global si nous ne le prenons pas en compte alors en réalité nous trahissons les promesses mêmes de la République

42:56
Invité

mais pour vous François Ruffin a toujours sa place au sein du nouveau Front Populaire

42:59
Éric Coquerel

il faudrait quand même qu'il revienne alors attendez je vous le dis franchement il faudrait quand même qu'il revienne fondamentalement sur ce qu'il vient de dire moi ça me pose problème vraiment problème je le souhaite je le souhaite moi je fais de la politique c'est pour essayer de convaincre les gens alors y compris les camarades qui à un moment donné s'égarent la seule petite chose qui m'inquiète c'est que depuis quelques années je regarde ceux qui commencent à s'égarer est-ce que vous lui demandez des excuses et en général ça ne s'arrête pas

43:21
Présentateur

oui ou non vous lui demandez des excuses François Ruffin

43:23
Éric Coquerel

j'aimerais bien au moins qu'il reconnaisse qu'il a été trop loin qu'il revienne sur ces questions j'ai compris pour l'instant il ne le faisait pas et en plus c'est une vision du monde du travail merci Eric Ocrel le monde du travail aujourd'hui ce n'est pas des bastions ouvriers qui seraient des bastions de personnes entre guillemets blanches qui risqueraient de voter entre nous l'ERN d'abord c'est souvent l'abstention mais tous les gens qui sont dans les quartiers

43:43
Présentateur

vous reviendrez dans BFM politique ils sont en première ligne et on aura le temps de parler de nouveau de l'antiracide merci d'avoir été l'invité de BFM politique merci Amandine merci Ludovic et tout de suite affaire suivante