Hidalgo, Bertrand, Jadot... qui fait peur à Macron ? #cdanslair 21.09.2020
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:54OuverteRéponse directe
Pourquoi un tel empressement des prétendants si loin du scrutin ?
- 0:58OuverteRéponse partielle
Comment la droite peut-elle se placer entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen ?
- 1:03OuverteRéponse partielle
La sociale-écologie peut-elle réunir la gauche ?
- 1:05OuverteRéponse directe
L'échec de la République en marche peut-il fragiliser le président ?
- 17:44OuverteRéponse directe
Anne Hidalgo peut-elle faire peur à Macron ?
- 13:25OuverteRéponse directe
Yannick Jadot est-il seul chez les Verts ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:10Invité politiqueFait
« Xavier Bertrand se pose en adversaire d'Emmanuel Macron et en repart contre Marine Le Pen. »
- 10:27Invité politiqueFait
« Je veux m'adresser à tous les Français. Je vois bien que beaucoup viennent nous rejoindre. »
- 11:56Invité politiqueFait
« Je vois bien que le regard sur moi a changé. J'entends les commentateurs, je vois les réactions chaleureuses des Parisiens. »
- 12:16Invité politiqueChiffre
« Un récent sondage la place en tête des personnalités de gauche favorites pour remporter le prochain scrutin présidentiel à 26%. »
- 31:33InvitéFait
« Une fermeture complète de ce site, c'est un assassinat. »
- 32:10Invité politiqueFait
« J'ai décidé de quitter définitivement les Républicains. »
- 33:37Invité politiqueFait
« Je pense qu'aujourd'hui, il y a un système de gouvernance politique, administratif et budgétaire qui décide à la place des politiques. »
- 34:21Invité politiqueFait
« Trois ans et demi de perdus. »
- 36:16InvitéChiffre
« Il est dans ce trio-là, aujourd'hui, de tête. »
- 36:49InvitéFait
« Il a été un bon ministre. »
- 36:57InvitéFait
« Il sait faire de la politique. »
- 43:40PrésentateurFait
« Xavier Bertrand, sans la gauche, il n'était pas président de région et on n'entendrait plus parler de lui. »
- 45:25InvitéFait
« Ils ont dépouillé Xavier Bertrand en nommant Jean Castex. »
- 45:48InvitéFait
« « C'est François Hollande, la teinture en moins ». »
- 55:22PrésentateurChiffre
« Le parti serait passé de 400 000 militants en 2017 à 20 000. »
Temps de parole
- Présentateur46 %
- Invité22 %
- Invité 218 %
- ?5 %
- Marine Le Pen3 %
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Bonsoir
à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS Internet et réseaux sociaux pour alimenter. Notre discussion, c'est une accélération dans la course à la présidentielle. Ce week-end, en ordre dispersé, les prétendants ont fait un pas de plus. Bertrand se dit plus déterminé que jamais. Hidalgo prendra toute sa part. Mélenchon est prêt, Jadot se prépare, Marine Le Pen veut rassembler les Français. Seul Bernard Cazeneuve a jeté l'éponge ce week-end. Pendant que les ambitions s'aiguisent, le parti du président, lui, s'enfonce dans la crise. Le numéro 2 du parti a claqué la porte aujourd'hui, dénonçant le manque d'idées et il sonne l'alerte pour 2022.
Alors que les régionales approchent et que le Covid rend l'avenir incertain, chaque parti affine sa stratégie de conquête. Alors pourquoi un tel empressement des prétendants si loin du scrutin ? Comment la droite peut-elle se placer entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen ? La sociale-écologie peut-elle réunir la gauche ? L'échec de la République en marche peut-il fragiliser le président ? Bertrand Hidalgo Jadot, qui fait peur à Macron ?
C
'est le titre de cette émission avec nous pour en parler ce soir. Roland Quairol,
vous
êtes politologue, directeur du centre d'études et d'analyse, le CETAN. Je rappelle que vous êtes directeur conseil de Région Magazine. Je cite votre dernier livre, Le Président sur la corde raide, publié chez Calman Lévy. Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match. Vanessa Schneider, vous êtes grand reporter au journal Le Monde, ainsi que pour M Le Mag. Aujourd'hui à la une de votre journal, La République en marche, le grand malaise du parti présidentiel. Nous y reviendrons. Enfin, Nathalie Moret, vous êtes journaliste politique au bureau parisien du groupe Ebra Est-Bourgogne-Rhône-Alpes, qui rassemble plusieurs titres de la presse quotidienne régionale.
– Bonsoir à tous les quatre.
–
Bonsoir.
– Merci de
participer à ce CETAN L'Air en direct. On va parler de ce week-end incroyable où tout le monde a fait un pas de plus vers la présidentielle. Mais quand même un mot pour commencer avec vous, Roland Quairol, sur le président de la République, Emmanuel Macron, qui se fait plutôt discret, lui, en cette rentrée politique, et en particulier dans la gestion de la crise du Covid.
–
Oui, c'est vrai. On a le sentiment qu'il n
'est
pas complètement content de la façon dont ça se passe. On dit qu'il serait même un peu fâché contre certains de
ses
ministres, et contre certains des gestionnaires de la crise. Il se tait et
je
me demande s'il n
'a
pas raison. Parce qu'au fond,
c
'est forcément contre lui que se retourneront les critiques contre le pouvoir. Ça a été vrai pour les masques, c'est devenu vrai pour les tests. Il y a maintenant cette volonté d'aller vers les régions et les territoires et que ce soit là que se prennent les décisions. On ne peut pas à la fois faire ça et venir donner un compte-rendu national.
C
'est le ministre de la Santé qui le fait. Je crois qu'en plus, ça l'arrange politiquement en cette période. –
Pourquoi ?
Parce que les autres parlent beaucoup, comme vous le dites. Donc il faut peut-être laisser un petit peu les choses se décanter. Mais c'est vrai que je crois que c'est une volonté de sa part en ce moment de se faire un peu oublier.
– Pourtant, il avait un grand discours qui était prévu, Bruno Jeudy, sur le séparatisme. C'est le discours qu'on attend quasiment depuis le début du quinquennat.
– Oui, depuis le début du quinquennat.
– On ne le rappelle
pas. Le communautarisme étant devenu le séparatisme, on en attend toujours la définition exacte. Alors il en avait parlé avant le confinement. Et puis le président aujourd'hui n
'est
pas content de ce qu
'on
lui a préparé ou juge que la situation n'est pas la meilleure pour exposer un sujet. où on voit bien que son propos aujourd'hui, c'est de faire les choses les unes après les autres. Le Covid et le plan de relance semblent prioritaires à ses yeux. Et deuxièmement, son autre priorité, c'est aussi de renouer le lien avec les Français et essayer d'éviter les sujets qui divisent, on peut dans une démarche de pacification. Or le sujet du séparatisme, qui selon moi est important, qui est un des éléments qui peut-être mine la société en profondeur, c'est peut-être pas le meilleur pour le faire. Il ne
l'a
pas fait au début du mandat parce que ce n'était pas prêt. Il a beaucoup évolué sur la question. Et puis le résultat des courses aujourd'hui, il pense que ce n
'est
pas l'urgence. Et que l'urgence, c'est Covid, plan de relance. Et il faut bien comprendre que les Français, ce qui arrive, on l'a vu la semaine dernière avec la fermeture de l'Ugine Bridgestone, qui n'a d'ailleurs rien à voir avec le Covid-19, mais qui est une annonce de 900 personnes sur le carreau, voilà, ça c'est beaucoup plus important sans doute.
On pourrait
résumer en disant que les autres sont à l'offensive, lui non. Il n
'est
pas dans ce temps-là, Emmanuel Macron
? Non,
mais comme le disait Bruno Jeudy, il n'a pas intérêt à le faire pour l'instant. Pourquoi les autres sont à l'offensive ? Parce que selon un sondage qui a été publié chez vous d'ailleurs, il y a 71% des Français qui refusent de se satisfaire d'un duel entre Emmanuel Macron, président sortant, et Marine Le Pen. C'est énorme. Donc il y a toutes les chances de penser que les Français aient envie de donner tort à cette espèce de pronostic qui traîne, comme quoi Emmanuel Macron, naturellement, affronterait Marine Le Pen et qu
'il
n'y aurait pas d'autres candidats. Donc il y a une offre possible qui va remplir le Vig, qui va bouleverser cette espèce de duo qui se fait face. Et donc chacun estime pouvoir troubler le jeu et en même temps satisfaire le désir de l'opinion qui refuse ce match. On se souvient, il y avait aussi le match précédent, c'était le match Sarkozy-Hollande à l'époque, qui étaient
tous les
deux dans la
course et les Français
étaient
sur
la même ligne.
Donc 86% à l'époque.
86%. Mais là on est bien en amont. Donc c'est vrai que ce match qui se dessine, les Français n'en veulent pas. Alors ils ne savent pas quelle est l'alternative, mais en tout cas tout peut se poser et Emmanuel Macron n'a surtout pas intérêt, évidemment, à avoir l'air de mettre son grain de sel là-dedans. Même si Nathalie Moret, on sait qu'il y pense et qu'il est un fin stratège politique et qu'il regarde tout cela de très près. On va y venir dans le détail en évoquant tous ceux qui sont d'ores et déjà sortis du bois.
Oui, Emmanuel Macron, s'il se tait pour reprendre la conversation, c'est aussi parce que les thèmes d'actualité, à savoir la sécurité et le Covid, sont les deux angles d'attaque de l'opposition. On le voit avec Marine Le Pen et avec Xavier Bertrand, par exemple. Donc pour lui, le fait de se taire,
c
'est le fait de s'extraire un petit peu du débat et de paraître au-dessus de la mêlée. Et il laisse les oppositions s'opposer tranquillement. C'est vraiment quelque chose qui est, je pense, tout à fait tactique et je pense que ce n
'est
peut-être pas totalement un hasard si le discours sur le séparatisme, qui effectivement ne lui convient pas et pas totalement prêt, etc. Comme c'est aussi quelque chose qui a été beaucoup dans l'actualité depuis dix jours, pour lui, cette façon d'attendre, c'est une façon de s'extraire et de paraître au-dessus de cette mêlée qui, pour l'instant, voit s'opposer les challengers. Même si il y pense. Ce n
'est pas uniquement tactique, moi, je dirais. Ce n'est pas uniquement
tactique parce que sur le Covid, d'abord, on est dans une grande période d'incertitude. Donc c'est très difficile de s'exprimer alors qu'on craint d'autres mesures plus restrictives, alors qu'on annonce chaque jour de plus en plus de contamination. Une personne ne sait exactement. Donc les inquiétudes reviennent. Donc il a tout intérêt à rester en retrait, comme il l'avait fait au début de la crise, d'ailleurs, où il avait beaucoup laissé son Premier ministre, Édouard Philippe, alors se saisir du sujet. Il n'intervenait que pour les annonces les plus importantes.
Et sur le deuxième sujet, le sujet du communautarisme ou du séparatisme, comme on veut l'appeler, c'est un sujet sur lequel il n'est pas à l'aise, Emmanuel Macron. Ce ne sont pas parties des sujets sur lesquels il a réfléchi avant d'être candidat, ni même pendant la campagne. Autant il a des idées sur l'économie, sur les réformes, mais autant sur le régalien et toutes les questions liées à l'immigration, aux tensions sociales. Ce sont des sujets qui ne le... Ce n
'est
pas dans son ADN, ce n'est pas dans ses préoccupations. Donc il a raison d'être prudent, parce qu'il n'a pas construit un discours de longue date, il n'a pas d'instinct là-dessus. Il a des injonctions contradictoires autour de lui, on lui fournit des
éléments de langage, il a la
pression du Rassemblement national, et donc il a tout à fait raison, de son point de vue, à mon avis, à prendre un peu de recul pour ne pas commettre de borde, parce que je crois que son avis n'est pas totalement arrêté et structuré sur la question. Ce n'est pas là-dessus qu'il est attendu
par
ses électeurs
de la
précédente présidentielle, ce n
'est
pas là-dessus qu'il a fait campagne.
Tout dépend de quels électeurs on parle,
parce que si on parle des électeurs qui l'ont élu en 2017 et les électeurs des européennes et ceux aujourd'hui qui le soutiennent, qui sont quand même nettement plus à droite, à mon avis, il est attendu sur cette question par ceux qui aujourd'hui le soutiennent et on voit qu'il a plutôt remonté dans les sondages. Non, il fait de la politique, il pense à 2022. Il suffit de regarder son dernier remaniement. Son remaniement est un remaniement, une équipe qui a été modifiée dans la perspective de 2022. Le fait qu'il remplace Édouard Philippe par Jean Castex, un homme issu de la droite, c'est bien la preuve qu'il essaie de rester, de s'adresser à cette partie de l'électorat.
Gérald Darmanin, au ministère de l'Intérieur, c'est une réponse à sa faiblesse supposée sur la question de la sécurité. Et puis il y
a
aussi le fait qu'il mette des gens qui ont beaucoup plus de poids, alors peut-être pas du poids politique, mais quand vous mettez dans un gouvernement à la fois Éric Dupond-Moretti et Rosine Bachelot, c'est que vous avez envie de vous entourer de gens qui auront de la voix et qui à un moment iront faire de la politique, notamment pour Éric Dupond-Moretti répondre à Marine Le Pen.
Il
sera un sniper en 2022, c'est à peu près certain.
En tout cas, au moment où le gouvernement est empêtré chaque jour dans une crise sanitaire, une crise sociale, les appétits s'aiguisent. Les opposants se rêvent en tombeurs du président. Et ce week-end, ce ne sont pas les régionales qui ont poussé les ténors à sortir du bois, mais bel et bien le début d'une autre bataille, la présidentielle. Romain Bessnenou et Michel Bougy.
Il
a donné ce week-end un sérieux coup d'accélérateur dans la course
aux candidatures pour 2022. Xavier Bertrand, qui n'a jamais caché ses ambitions présidentielles, a clairement annoncé hier son intention de représenter la droite.
Je
ne
suis
plus préparé qu
'il y a quelques mois, pas encore autant que dans 20 mois. Vous savez ma détermination à être candidat, donc je ne
vais
pas me cacher derrière mon petit doigt.
Xavier
Bertrand se pose en adversaire d'Emmanuel Macron et en repart contre Marine Le Pen.
La
présidente du RN, qui elle aussi a commencé à placer ses puences au week-end, affichant sa volonté de rassembler au-delà des clivages politiques. Vous
dites qu'il y a des gens qui
à gauche pourraient s'abstenir.
Moi, je ne veux pas m'adresser qu'aux gens de droite.
Je
veux m'adresser à tous les Français. Je vois bien que beaucoup viennent nous rejoindre. Ils viennent de l'ancienne droite. Ils viennent de l'ancienne gauche. Ils sont déçus de l'ensemble de ces mouvements. Et ils se disent, mais en fait, la solution, elle est là. Elle est dans la nation. Elle est dans la souveraineté. Elle est dans l'indépendance. Elle est dans notre capacité de peuple à se retrouver pour fabriquer un avenir. Je dis que je suis là pour rassembler tous les Français. Voilà. Je suis là pour rassembler les Français.
À
gauche, Jean-Luc Mélenchon doit annoncer sa décision en octobre.
Mais
l'ancien candidat de 2017, qui avait recueilli 19% des voix, dit avoir déjà une légitimité.
Il
se rêve même en candidat commun de la gauche. Interrogé hier, il laisse peu de place au doute sur ses intentions.
Alors tous ces gens qui sont candidats nous disent qu'ils vont bientôt nous proposer un projet. Bon, ben très bien. Moi, j'en ai déjà un à poser sur la table, quelle que soit la candidature insoumise. Et si c'est la mienne, ça sera encore plus simple. Je n
'ai
même pas besoin de vous dire que j'ai à me préparer. Je suis prêt.
Et
tout comme la droite, qui se cherche désespérément un candidat naturel, la gauche, elle, ne manque pas de prétendants au trône.
La
semaine dernière et pour la première fois, Anne Hidalgo ne fermait plus la porte à une candidature présidentielle.
Dans
un entretien au point, la maire de Paris dit ne pas vouloir brûler les étapes, mais ajoute, comme à un premier pas vers 2022,
« Je
vois bien que le regard sur moi a changé. J'entends les commentateurs, je vois les réactions chaleureuses des Parisiens, celles des Français que j'ai croisées cet été. Je prendrai toute ma part dans la bataille qui s'annonce.
»
Et la bataille s'annonce bien pour Anne Hidalgo.
Un
récent sondage la place en tête des personnalités de gauche favorites pour remporter le prochain scrutin présidentiel,
à
26% devant Bernard Cazeneuve, qui vient d'écarter une candidature pour 2022,
devant
Jean-Luc Mélenchon
et
Yannick Jadot. Yannick Jadot, défié par sa base, concurrencé par le maire de Grenoble, Éric Piolle, veut lui aussi rassembler très largement. Un candidat écolo, soutenu par une grande partie de la gauche.
Et
si c'était lui ?
« Il faudra une candidature de rassemblement, c'est ce que je porte. Jean-Luc Mélenchon sera candidat. C'est acquis. Il a son projet. »
«
Et vous ? Et vous ? »
«
Moi, je m'y prépare. Je l'ai déjà dit, je m'y prépare. Dans les semaines qui viennent, je vais aller à la rencontre des Français comme je le fais toujours.
»
Entre rivalité et désaccord, entre ceux qui y pensent et les candidats déjà déclarés, les ambitions présidentielles fleurissent partout, de gauche à droite, à un an et demi du scrutin. « Les départager » sera un casse-tête pour de nombreux partis qui devront peut-être en passer par la douloureuse épreuve des primaires.
– Et
cette question, Yannick Jadot, n'est-il pas un peu seul chez les Verts ? Alors on va reprendre les ambitions des uns et des autres. Commençons par les écolos et par Yannick Jadot.
–
Écoutez, on sait comment ça fonctionne, les Verts. Il y aura finalement sans doute un vote interne de la dizaine de milliers d'adhérents du parti. On se souvient qu'ils ont déjà fait ça une fois dans une primaire et qu'ils ont bazardé Nicolas Hulot qui était très favori des sondages et qu'ils avaient pris Eva Jolie avec le succès qu'on sait. Peut-être que la même histoire va se reproduire. Peut-être que Jadot,
il
est trop dans les médias,
il
a trop la tête enflée, il a fait 16% aux Européennes, c'est trop. Jadot, il veut rassembler, il a même dit qu'il n'était pas contre le système capitaliste. Ça fait quand même beaucoup pour la culture gauchiste verte qui est la culture de la dizaine de milliers de personnes très militante, très ardente, très associative, qui est là et qui
a
bien aimé Jadot. Ils étaient très contents que Jadot s'occupe du parti parce qu'il s'était mis avant un peu en retrait. Mais voilà, il a réussi son coup. Il ne
faut
pas non plus qu
'il
croit que c'est lui forcément maintenant. Et du coup, comme il y
a
eu ces maires qui sont arrivés à la surprise générale dans de grandes métropoles aux municipales, ça c'est des vrais. Éric Piolle, rendez-vous compte, non seulement il est maire de Grenoble, mais il a été réélu maire de Grenoble. Magnifique. Et il le fait avec une vraie politique écolo. Donc s'il y avait dimanche prochain un vote, c'est sûr que Jadot serait battu. Absolument sûr.
On
verra après.
Il
va faire sa campagne. Chacun va faire sa campagne. Il y aura les régionales qui passeront là-dessus. On verra bien. Mais il y
a
cet état d'esprit. Et du coup, Anne Hidalgo, elle se dit, bon, normalement, il n
'y a
pas la place pour à la fois un candidat socialiste, un candidat écolo. On a vu dans les municipales.
Alors,
bien, les municipales ne sont jamais annonciatrices des présidentielles. Jamais. Mais il se passe des choses qu'on peut regarder. Et qu'est-ce qu
'ils
voient ? Que ça a marché dans toutes ces grandes métropoles quand il y avait l'alliance de formation de gauche et notamment le parti socialiste avec les écolos. Donc, elle se dit, moi, je suis socialiste. Et en plus, je suis identifié comme faisant une politique totalement écolo à Paris. Mais voilà, c'est une solution aussi. Et c'en est une. Et c'en est une. Déjà, c'est dur de désigner un candidat écolo. Désigner un candidat commun, ça va être encore plus dur.
En
tout cas, si on parlait des écologistes à l'institution, Éric Piolle est reçu par Gérald Darmanin aujourd'hui pour évoquer les questions de sécurité à Grenoble. Alors, est-ce que c'est une façon de le mettre dans la lumière ? Est-ce qu'il
y a
une habileté politique ? Ou est
-ce
qu'il y
a
vraiment un problème
de
sécurité à Grenoble
? Il y
a d'abord un petit sujet, un gros sujet sécurité à Grenoble qui a d'ailleurs valu déjà une passe d'armes entre Gérald Darmanin et Éric Piolle. Le ministre intérieur reprochant au maire de Grenoble de ne pas assez investir sur la sécurité dans sa ville. Donc, il y
a
un sujet entre eux. Après, qu'il
y ait
un peu d'habileté politique de Gérald Darmanin pour semer la pagaille dans un parti qui nous a habitués à beaucoup de pagaille et je rejoins Roland sur ce point. Oui, ils ne
vont
pas s'en priver. La majorité ne
va
pas s'en priver. Mais c'est vrai que je suis assez d'accord. Yannick Jadot qui pouvait apparaître comme un écolo, j'allais dire, raisonnable, présidentiable, parce qu'il était peut-être une des premières fois que ça... Eh bien, il est en train de perdre pas mal de points à la rentrée et justement parce que les maires, les nouveaux maires apparaissent comme des purs et dans ce parti coupeur de tête, c'est jamais très bon d'être un peu, comment dire, un peu trop dans les médias,
un
peu trop même raisonnable.
On dit juste quand même pour préciser, parce qu'en fait la politique parfois c'est pour être élu, et pour
plaire aux
Français, que 72% des Français ont désapprouvé, on en avait parlé ici même avec vous, Alain Quirole, la sortie sur les sapins, considérant que c'était un arbre mort, ça
c'était la sortie du maire de Bordeaux.
Les sapins, le Tour de France, la 5G, tout ça, et
là
ils ont accumulé quand même, ils ont réussi à se rendre plutôt détestables pendant l'été, les écolos je trouve. C'est un peu dommage parce qu'ils se sont fait élire maire, à la grande surprise générale, lors d'une élection où ils croient qu'ils ont été élus par beaucoup de monde,
ce
qui n'est pas le cas, mais peu importe, ils sont maires.
Alors,
l'information du week-end, parmi ceux qui ont fait un pas en avant, c'est cette phrase d'Anne Hidalgo, « Je prendrai toute ma part », donc elle parle naturellement de la présidentielle en 2022, là pour le coup on change de calibre sans être désagréable avec les autres. Anne Hidalgo, est-ce que vous diriez, Vanessa Schneider, que c'est une candidate qui peut, puisque la question est de savoir qui fait peur à Macron, faire peur à Macron
? – Tout
à fait, moi je le pense. Elle revient de très loin, Anne Hidalgo, c'est une revenante, on la donnait, elle était détestée, rappelez-vous, on disait qu'elle était détestée, elle avait un gros problème d'image dans l'opinion publique, auprès des Parisiens, au sein de sa propre famille politique, où elle était, où vraiment on critiquait sa dureté, son sectarisme, et puis elle s'est retrouvée, alors il y a des circonstances particulières, mais en tout cas très bien réélue, elle a su jongler avec ses problèmes de majorité, des démissions d'adjoints, qui sur le papier auraient beaucoup plus à déstabiliser que ça, mais finalement, voilà, elle s'est imposée. Ce qu'il faut voir aussi,
c
'est que les maires sortants sont quand même auréolés, pendant cette période Covid, d'une image encore plus de gestionnaire qu'auparavant. Déjà le maire, c'est celui sur lequel on s'appuie, mais là, les maires qui ont traversé cette période, l'opinion les voit un peu d'amélioreur. Donc elle est sortie d'une espèce de trou noir, où elle recevait, où on la critiquait à longueur de temps, où elle était détestée, donc elle se dit, pourquoi pas, elle regarde autour d'elle, autour d'elle,
il
n
'y
a qui ? Il
n'y a
pas grand monde, donc ce n
'est
pas le Parti Socialiste et à l'agonie ou presque. En effet, des figures qui pouvaient être, comme Bernard Cazeneuve, n'ont pas l'intention d'y aller. Il y en a d'autres qui ont vraiment complètement tourné la page parmi les anciens leaders socialistes qui ont vraiment changé de vie, tourné la page et qui ne sont plus dans le paysage. C'est une femme
avec
de l'expérience, avec beaucoup, beaucoup d'expérience, qui, maire de Paris, il faut se rendre compte de ce que c'est. C'est beaucoup plus important qu'un gros ministre, par exemple.
C
'est gérer des budgets colossaux, travailler et recevoir des chefs d'État étrangers,
C'est la première fois,
Vanessa Schneider, qu'elle dit aussi clairement que ça l'intéresse ? Oui, c'est la première fois. Alors, c'est aussi parce qu'on lui pose la question, c'est aussi parce que c'est maintenant qu'il faut poser ses pions. Vous disiez tout à l'heure, accélération ce week-end, accélération ce week-end, pourquoi ? Parce que, quelque part, celui qui préempte un petit peu la candidature part avec un coup d'avant.
C
'est la stratégie de Xavier Bertrand, on y viendra peut-être après, mais c'est ça, c'est de dire avant tout le monde, c'est peut-être moi, pour structurer après le débat autour de sa personne. Et troisième atout, donc mère sortante, réélue, femme, et troisième atout, évidemment, c'est sa capacité à dîner avec les écologistes.
À incarner l'écologie. Et
si les écologistes jouent au coupeur de tête et n'envoient pas le bon candidat, ça peut être une candidate de rechange pour les deux camps. Nathalie Morel coche pas mal de cases.
C'est ça que dit Vanessa
Schneider ? Elle cache toutes les cases. Effectivement, c'est une femme de gauche, c'est une femme. Elle est de gauche. Il y
a
une case qui est aussi importante, c'est qu'elle incarne paradoxalement les territoires. Certes, elle est parisienne, mère de Paris, mais elle est née à l'étranger, elle a grandi à Lyon, c'est quelque chose qu'elle redit régulièrement, son attachement à Lyon, son attachement à l'Espagne. Il y a aussi quelque chose qui est très important dans la personnalité d'Addy Hidalgo, elle est mère et surtout, elle déteste Emmanuel Macron. Et ça, c'est un moteur extrêmement puissant.
Pourquoi
elle déteste Emmanuel Macron
? Elle déteste
politiquement Emmanuel Macron ? Parce que politiquement, ils sont sur des lignes totalement différentes, parce qu'elle est vraiment de gauche, elle considère qu'Emmanuel Macron s'est fait élire à gauche et mène une politique de droite, c'est quelque chose qu'elle ne supporte pas. Après, je pense que vraiment, en 2022, sera arrivé le temps d'une femme. Il y avait un grand désir de renouvellement en 2017. En 2022, les gens ne veulent pas de l'affiche Macron-Le Pen. Il faudra de la nouveauté. Il faudra aussi séduire les 10 millions d'abstentionnistes, parce qu'on oublie, en 2017,
il
y avait aussi 10 millions d'abstentionnistes. Si jamais on se retrouve avec une affiche où il y a exactement les mêmes partants qu'en 2017, ce n
'est
pas 10 millions d'abstentionnistes qu'on aura, c'est 15 ou 18. Donc, elle a aussi, à mon avis, cette possibilité d'attirer vers elle des gens qui, pour l'instant, se détournent de la politique. Elle est prise au sérieux par la Macronie,
ou pas ? Oui, oui, elle
est prise au sérieux, parce qu'effectivement, dans ce paysage en ruine à gauche, où il n'y a pas de leader vraiment qui émerge, Anne Hidalgo est une des rares femmes d'expérience réélue à Paris. Il faut rappeler quand même qu'un an avant son élection, elle a été donnée, battue au premier tour par le candidat marcheur. On a vu à l'arrivée que le candidat marcheur n'était plus le même, et qu'à l'arrivée, ils n'étaient pas deuxième, ils étaient troisième, ils n
'ont
même pas réussi à faire élire des conseillers de Paris. Donc, elle leur a mis une raclée, en plus. Donc, du coup, elle a pris du poids politique. Alors, je tempérerais avec deux choses. Un, elle part tôt, parce qu'elle a d'abord dit qu'elle n'irait jamais. Donc là, en fait, elle
a fait
une petite pirouette pendant le week-end. Bon, ça sera oublié dans un an si elle est la candidate. La deuxième chose,
c
'est que moi, je suis un petit peu dubitatif sur les chances d'un maire de Paris aujourd'hui dans une élection nationale. Vu que Bertrand Delanoé avait tenté, avait fait un tour de piste il
y a
quelques années.
Parce que c'est Paris ?
Parce que c'est Paris. Et entre-temps, la fracture entre Paris et la province, on dit les territoires maintenant, s'est beaucoup aggravée. Et franchement, Anne Hidalgo, vue de province, c'est une image assez dégradée, avec ce côté merdé-bobos. Enfin, ça va être une critique qui sera assez dure. Alors après, elle, elle vise, j'allais dire, un électorat de gauche qui trouvera sans doute des qualités. Je pense que sa principale qualité, c'est sa capacité non seulement à faire un deal avec les Verts, mais également avec, même exemplaire, le Parti communiste, de lancer des filets vers la gauche. C'est sans doute la seule qui est capable de rassembler à gauche aujourd'hui. Mais ça ne suffira pas.
Il faudra qu'elle ait une offre de dépassement. Parce que moi, à mon avis, on est quand même dans une ambiance dégagiste et tout ce qui va ressembler encore de près ou de loin au vieux parti. C
'est pour ça qu'à
mon avis, Macron a un peu plus peur d'une candidature Jadot que d'une candidature Hidalgo. Parce qu'il pense qu'à gauche, il y aura plus de foultitudes de candidatures, qu'on n'empêchera pas Mélenchon d'être candidat,
qu
'on peut ajouter une
socialiste, qu'on peut ajouter deux ou trois autres qui vont inévitablement y aller. L'électorat de gauche est en train de se rétrécir.
Qu
'ils occupent à plusieurs le terrain, c'est moins grave.
Que
du côté qui va des Verts à la droite républicaine, ça soit peuplé de gens qui puissent faire autre chose que les voix de leur parti, mais qui puissent s'adresser à l'ensemble de l'électorat...
C'est ce que veut
faire Yannick Jadot.
Ce que veut faire Yannick Jadot et ce que voudrait faire Xavier Bertrand. Là, c'est évidemment plus dangereux pour gagner une présidentielle.
Vous laissez entendre qu
'il
n'y
a pas d'espace politique à gauche
? Pour
le moment, non.
Parce
que ? Parce qu'il n
'y
a plus de gauche en ce moment. Il n
'y
a pas le Parti Socialiste. Vous avez dit qu'il était quoi, agonisant ? Oui,
mais je ne dis pas qu'il n'y a plus de gauche. Moi, je dirais qu'il est en
état de
mort clinique. Je pense qu'il y a une gauche.
La France insoumise, quand vous prenez les popularités des partis, ou même des leaders,
par
rapport à ce qu'ils ont fait aux présidentielles, on n'est plus dans cette période-là. Et pourquoi ? C'est parce que pour l'essentiel, les Verts ont raflé la mise. Donc c'est plutôt là, en ce moment, que les choses se passent.
On en a dit un
mot rapidement, mais on l'a vu, là, Jean-Luc Mélenchon, il donne le sentiment de vouloir cette troisième bataille. Ce sera sa troisième présidentielle. Il n
'y
a aucun suspense. Il ira
le mois
prochain. Il va annoncer sa candidature. Les gens, quand on croise les gens de la France insoumise, ils n
'en
font pas mystère non plus. Donc effectivement, il sera candidat. Après, le seul suspense, c'est de savoir quand est-ce qu
'il
sera candidat. On verra en fonction de
l
'actualité du mois d'octobre, etc. Mais oui, il veut être candidat. Il considère qu'il a fait 7 millions de voix la dernière fois, en 2017, et que le passage pour le deuxième tour, c'est 8 millions. Donc il faut qu'il arrive à aller plus loin que sa base électorale. Là où il fait une erreur, à mon avis, c'est que moi, je considère que sa base électorale s'est rétrécie et qu'il ne part pas de 7 millions de voix, mais qu'il parle de beaucoup plus
bas. Parce
que les écolos, ce que disait à l'instant. Parce
que les
écolos, les écolos. Et puis aussi, il a bénéficié de beaucoup de voix socialistes, en 2017,
qui
étaient déçus pour
des raisons de la
candidature
de Hamon. La perquisition, toute son
attitude au lendemain de 2017, il a perdu des soutiens chez une gauche plus modérée.
Il en a conscience, d'ailleurs. La capacité de
Mélenchon à se réinventer sur une troisième candidature, je crois que c'est un sacré pari. Et moi,
je
suis plutôt sûr. Vous savez, à la troisième candidature,
il
y a deux choix. Il y a ceux qui se font hier président de la République, et puis il
y
a ceux comme François Bayrou, par exemple, qui font deux fois moins de voix que la fois précédente. J'ai l'impression, compte tenu du parcours de ces dernières années de Jean-Luc Mélenchon, dont l'image s'est dégradée, même durcie, et de ce tempérament qui
n'arrive pas
à domestiquer, et son incapacité à rassembler la gauche, je ne vois pas trop comment il peut faire plus la prochaine fois.
On peut refaire une troisième campagne en ayant le même projet à défendre
? Ça peut être
crédité par les Français de dire, « Bon,
ben
voilà, il y a une forme de fidélité à ce qu'on est,
à ces idées.
» Mais il y
a
une forme de réinvention à trouver, et Jean-Luc Mélenchon ne la trouve pas, y compris en essayant de rassembler plus large. Aujourd'hui, il reste recroquevillé sur sa boutique insoumise, et ça me paraît insuffisant.
On entend beaucoup, et vous allez me dire ce que vous en pensez les uns les autres, qu'au fond, ce qui fait le plus peur à Emmanuel Macron, c'est ce candidat, cette candidate qui sort de nulle part.
–
Forcément, il sait ce qu'il a fait lui, donc quelqu'un d'autre pourrait le faire. La vérité, c'est que si on était très malin, à un an et demi de la présidentielle, on pouvait quand même savoir que Macron existait.
Et
quand on faisait des pronostics ici, ce n'était pas absent. Là, tout le monde se dit, qui pourrait refaire le coup de Macron,
à
gauche ou à droite ? Et là, la vérité oblige à dire qu'on a beau chercher, pour le moment, on ne voit pas. Donc on peut se dire, sur le papier, on sait maintenant que dans une présidentielle, c'est possible.
Mais
qui ? Il ne faut quand même pas sortir absolument de nulle part. Donc voilà, l'hypothèse est raisonnable en principe, elle est pour le moment déraisonnable, parce qu'il n
'y
a pas de candidat à la candidature.
– Moi, je ne
suis
pas tout à fait d'accord, parce qu'un an et demi avant l'élection d'Emmanuel Macron, je ne pense pas qu'on disait autour de cette table qu'il avait une
chance de devenir président. – Eh bien, il faudrait que vous réécoutiez les émissions. – Il faudrait que vous réécoutiez les émissions. Là, on est
plus d'un an et demi avant, quand même. Mais après, oui, évidemment, il y aura des surprises. Il y en a eu à chaque fois, en fait, des surprises. Il y
en
a eu en 1995, il y
en
a eu en 2002. À chaque fois, il y
a
une surprise, il
y a
quelque
chose qui vient troubler le jeu. – Non, ce n'est pas le problème de la surprise. – Il n'y en a pas
qu'on les enferme dans des schémas établis. Emmanuel Macron le sait, puisqu'en effet, comme le dit Roland Quairol, il en a été le bénéficiaire de cette envie de bousculer un peu les schémas préétablis et les pronostics. Donc, évidemment, il regarde partout, savoir ce qui se passe. Et il essaye, quand même, avec des arrières-pensées, évidemment, d'instaurer le plus possible des duels avec ceux qui sont, pour l'instant, qui occupent la place d'opposants principales. Voilà, avec la crainte que cette place soit
occupée par… – Je ne sais pas, on entend
parler de Bigard, de Zemmour, d'un général de Villiers qui
sortiraient
à
un moment donné.
–
On a déjà eu des
candidatures qui sortent du serail politique, façon le président l'humoriste ukrainien, ou Bépé Griault. – Bon, ce n
'est
pas très conforme à ce qu'on a vécu jusqu'à présent dans les dix élections présidentielles. Même Emmanuel Macron, il sortait du serail politique, alors il était en embuscade, il est sorti finalement… On aurait fait l'émission deux ans avant, on n'aurait pas pu dire Emmanuel Macron
est là. – Est-ce
qu'on peut dire qu'il y a deux choses différentes ? –
Très vite, on
peut
le
dire. – Il y a une chose, je m'excuse, ça ce n'est pas la première fois que je le dis ici, mais il y a cette fameuse loi, qui est qu'un an et demi avant les présidentielles, toutes, depuis la première, 65, jusqu'à la dernière, et ça vaut pour toutes, à un an et demi, les Français eux-mêmes mettent en tête, dans les sondages d'attention de vote pour le deuxième tour, deux personnes qui ne sont jamais celles qui sont là le jour de l'élection. Ça n'est jamais
arrivé.
Donc que la surprise soit possible, elle est même probable.
Le
problème c'est de savoir s'il y a un élément de surprise absolue dans un individu qui sort de nulle part. Et ça, c'est très différent. Et ça, c'est pratiquement jamais arrivé, je dirais, à part le phénomène Macron. Et quand on dit Zemmour, ça c'est une candidature tout à fait possible. Mais il y a des candidatures de ce type, possibles dans un secteur très précis de l'opinion, qui selon moi ne sont pas des gens qui jouent pour la présidence
de la
République, mais qui peuvent être là.
– Qui peuvent la perturber, qui peuvent la bousculer. – Qui pensent
qu'il
y
a en ce moment dans les milieux de la droite extrême ou de la droite radicale, des gens qui sont mécontents de la candidature de Marine Le Pen, qui pensent qu'il
y a
un espace à occuper autrement qu'elle, qu'elle a fait son temps et que ça ne marchera pas une nouvelle fois, et qui poussent une candidature de Tim Zemmour. Et ça, ça pourrait très bien arriver.
–
Alors en tout cas, ce n
'est
pas la première fois que lui parle de son ambition. Et hier encore, dans le journal Le Parisien, Xavier Bertrand a dit sa détermination pour 2022. Cette fois-ci, le président de la région des Hauts-de-France est attendu au tournant. Il tente de trouver un espace à droite et entre en campagne. D'abord avec une cible, Emmanuel Macron. Magali Lacroze, Christophe Roquet.
– Ça
y est, Xavier Bertrand s'avance. Un pied dans sa région, un œil sur l'élection présidentielle. Cet après-midi, il défend les ouvriers de Bridgestone contre la délocalisation de leur usine. « Main dans la main », dit-il, avec la ministre du Travail. Le président de région vient faire pression sur les grands patrons une semaine après avoir dénoncé leur décision.
– Une
fermeture complète de ce site, c'est un assassinat.
Et
c'est un assassinat prémédité, prévu de longue date. On a affaire à des menteurs parce qu'en novembre 2019, c'était pas là un siècle, à Bercy au ministère, il y
a
eu des réunions et ils nous ont dit les yeux dans les yeux, « Non, non, vous savez, il y
a
des difficultés sur le marché du pneu.
Mais
il n
'est
pas question de fermer.
On
est aujourd'hui en septembre 2020 et visiblement, on a eu affaire à des cyniques et à des menteurs.
» Ça fait longtemps qu'il l'attend, son moment. Dès 2017, il claque la porte de son parti.
«
J'ai décidé de quitter définitivement les Républicains.
»
« Définitivement », dit-il.
«
Je m'étais déjà mis en retrait
depuis
le soir du premier tour de l'élection présidentielle,
quand
j'ai vu que ma famille politique ne voulait pas dire clairement
qu
'il
fallait voter Emmanuel Macron pour faire barrage à l'extrême droite.
» Façon de rappeler qu'avant, le président, lui, l'avait déjà battu l'extrême droite dans sa région. Les Hauts-de-France, c'est sa vitrine politique. Et pour s'entourer, Xavier Bertrand rassemble régulièrement un groupe de réflexion.
«
On serait prochainement dans le Calvados, et puis Hauts-de-France, Hauts-de-France, Hauts-de-France, beaucoup, principalement.
»
qui n'aurait vraiment rien à voir avec un réseau de militants.
« Ce n
'est
pas un parti politique. Chacun est libre. Chacun voit midi à sa porte.
Mais moi, ce que je reproche aux partis, c'est qu
'ils
sont obsédés. J'étais comme ça, je me mettais à la tête d'un parti par la conquête du pouvoir. Les idées, les solutions aux problèmes, ce n
'est
pas la priorité. Aujourd'hui, pour moi, c'est la priorité.
»
Cet été-là, après la crise des Gilets jaunes, après le Tour de France d'Emmanuel Macron, lui aussi a voulu faire son grand débat de citoyens. Il aime être seul en scène. Xavier Bertrand prend ses distances politiques avec Emmanuel Macron.
« C
'est la solidité et l'esprit de responsabilité de nos concitoyens qui a permis de stopper
l
'épidémie.
» «
Dans une époque, c'est le peuple qui tire. C'est les gens.
» «
Exactement.
»
Le voilà son credo. L'expérience du terrain face aux élites, au pouvoir d'en haut, aider aux fonctionnaires qu'il entend dénoncer.
«
Je pense qu'aujourd'hui, il
y
a un système de
gouvernance politique, administratif et budgétaire qui décide à la place des politiques.
Et
qui fait que les vrais patrons, ce sont des gens que vous ne connaissez pas, qui, eux, ne sont jamais soumis aux élections, qui, au final, eux, ne sont pas à portée d'engueulade, ils ne sont pas à portée de baffe. C'est un certain nombre de hauts fonctionnaires qui décident à la place.
»
Le président de la région veut désormais compter, exister dans le débat politique. Alors, pas question de laisser Emmanuel Macron s'emparer des thèmes originellement acquis à la droite.
« Le président de la République essaye aujourd'hui de nous faire croire qu'il a compris
que
ces sujets étaient importants. C'est bien ça. C'est bien ça. Les questions, notamment, de sécurité. Très bien.
Trois ans et demi de perdus. Trois ans et demi de
perdus. On nous annonce une loi sur les séparatismes, et d'ailleurs, le président de la République a visiblement du mal à prononcer le mot « islamisme ». Parce que c'est ça,
quand même, le problème.
Il le sait, Xavier Bertrand, pour le moment, la voie est libre, à droite, sans concurrent désigné ou assumé chez les Républicains. Alors lui, il le dit et le fait dire par ses amis.
« Il
a faim.
Je
vous le dis.
»
«
Il a faim.
»
«
C'est celui qui a le
plus faim. » « Donc c'est le meilleur
pour l'instant.
» « Pour l'instant, c'est celui qui a le plus faim.
»
L'appétit de Xavier Bertrand, sans doute au menu de l'hôtel Matignon ce soir, avec son ancien chef de cabinet devenu Premier ministre, pour un tête-à-tête un peu particulier.
Alors,
il a faim, dans la bouche de Rachida Dati, ça veut dire qu
'il
est déterminé, et en Sarkozy, on dit que c'est celui qui en a le plus envie qui arrive à la fin.
Oui, ça,
ça
fait partie du folklore politico-journalistique français. Ça vaut ce que ça vaut, je ne suis pas absolument sûr que ce soit vrai.
Ça compte pas la détermination ?
La détermination, oui, mais avoir faim. Ceux qui en veulent plus, ce que c'est que cette histoire. Celui qui réussit, c'est celui qui mérite de réussir, parce qu'à un moment, ce qui dit convainc les gens. Mais ça, c'est trop bête de dire ça. Il faut trouver des trucs plus forts. Tu as compris, Coco, il faut avoir faim.
Bon,
c'est un bon candidat, Xavier Bertrand.
C
'est un bon candidat. Quand vous regardez l'état de l'opinion des électeurs de droite aujourd'hui, au fond, sauf si Nicolas Sarkozy décidait de se dévouer une nouvelle fois, où là, il bénéficie d'une aura supérieure à tous les autres,
en
dessous de lui, qu'est-ce qu'on trouve ? On trouve Xavier Bertrand, François Baroin, Valérie Pécresse. Tous les trois, dans des niveaux proches et assez faibles. 12 à 15% les préfèrent, suivi par Rachida Dati et d'autres qui comptent très peu.
Donc,
il est dans ce trio-là, aujourd'hui, de tête.
Il
a été un bon ministre. Qu'on aime ou pas la politique qu'il a menée, la santé aux affaires sociales, il a été techniquement un bon ministre qui savait s'expliquer, qui savait causer avec Bercy, avoir de meilleurs budgets. Il s'intéresse beaucoup à la communication. Il travaille, ce n
'est
pas un de ces hommes politiques qu'on pourrait citer, mais qu
'on
ne citera pas, qui sont toujours avec un téléphone, jamais devant des dossiers. C'est un type qui travaille et il est président d'une région. Il coche un assez grand nombre de cases, d'autant qu'il entend incarner une droite populaire, comme il dit,
ce
qui va assez bien avec la région Nord,
qu
'il a battu, en effet, Marine Le Pen dans sa région, avec le soutien des voix de la gauche. Donc, il sait faire de la politique.
Inconvénient, il
n
'est
pas très connu, assez bizarrement. Ces hommes politiques qui ont été ministres, qui ont été beaucoup dans les plateaux, croient que tous les Français les connaissent bien. Non.
Un
Français sur deux ne peut pas dire qualitativement des choses sur eux. Pas plus sur les autres, d'ailleurs. Barouin, Pécresse, pareil. Donc, il faut d'abord qu'ils aillent... C'est pour ça qu'il a raison de commencer. Il faut qu'ils aillent à la rencontre des Français. Il faut qu'ils parlent, il
faut
qu
'ils
montrent qui ils sont, il faut qu
'ils
fassent du people, et il faut qu'ils enfoncent le coin. Donc, il va cogner de plus en plus contre Macron. Il faut montrer qu'il est, lui, vraiment à droite. On avait dit... La rumeur que font courir ces ennemis au sein des Républicains, c'est en fait, il fait ça parce qu'il espérait être Premier ministre de Macron. Quand l'autre a nommé Édouard Philippe, je pense que tout ça est inventé. Mais voilà, il faut qu'il montre qu'il est contre, et il faut qu
'il
montre que cette droite
populaire,
elle est anti-élitaire, anti-élitiste,
sécuritaire.
Oui, anti-élitiste, sécuritaire, qu'elle fera très attention à l'immigration. Tout ça, dans le respect des valeurs républicaines.
Bruno,
je
dis... C'est important ce que dit à l'instant Roland-Cairol, parce que c'est vrai que depuis qu'il est ressorti du bois, il est beaucoup sur des questions régaliennes, des questions de sécurité. Ce n
'est
pas tellement jusqu'à présent, et vous avez très bien rappelé son parcours de ministre, qui était un ministre plutôt des questions sociales, d'emploi, etc. Il a porté le dossier des retraites,
notamment à l'époque,
à l'UMP, etc. Le régalien, l'autorité,
ce
n
'est
pas là-dessus qu'on l'attend, forcément.
Pas forcément, mais en tous les cas, c'est là-dessus, aujourd'hui, qu'il peut faire la différence avec Emmanuel Macron. Donc il regarde, aujourd'hui, Emmanuel Macron, il est assez difficile à prendre, entre guillemets, sur les questions économiques. En plus, on est dans la crise sanitaire, critiquer le plan de relance, ce ne serait pas tellement bienvenu. Les Français sont satisfaits de la façon dont est géré le chômage partiel, les chefs d'entreprise très contents des prêts. Donc ce n
'est
pas du tout
un
terrain sur lequel Xavier Bertrand peut se lancer. En revanche, la faille, pour l'instant, en tous les cas, il l'a identifié comme telle, Xavier Bertrand, c'est la sécurité,
c'est l
'immigration, c'est le séparatisme ou le communautarisme. Est-ce qu'il est crédible là-dessus ? Ce n
'est
pas effectivement les secteurs où Xavier Bertrand a fait parler de lui ou par le passé s'est distingué. Mais ça lui permet, lui, de se réaffirmer en homme de droite, de s'adresser à cet électorat, qui aujourd'hui, parce
qu
'il y
a
une partie de la droite qui peut-être est tentée par Macron, mais il y a toute une partie de la droite qui n'est pas du tout tentée par Macron, qui n'est pas content de la façon dont ça se passe sur le plan de la sécurité, et ça dépasse largement la droite. Donc du coup, il commence par ce terrain-là où il peut tirer avantage. C'est de bonne guerre, surtout quand vous vous lancez dans une aventure présidentielle, parce que bon, là, il fait pas
mystère. – Voilà, il est candidat.
– Il est candidat depuis 2012, Xavier Bertrand, il faut quand même le rappeler. Xavier Bertrand, il s'est émancipé des leaders de la droite, ce qui lui vaut d'ailleurs plutôt de l'inimitié de leur côté. Nicolas Sarkozy ne l'aime pas, Juppé le méprisait, enfin, le méprisait
pas
trop non plus, et François Fillon a détesté qu'il ne le soutienne pas pendant sa campagne, en tous les cas, pas de manière ostensible. Ça lui vaut d'ailleurs un avantage aujourd'hui, finalement, dans ce que citait Roland, il n'a pas été trop associé à cette défaite de 2017, mine de rien. Et aujourd'hui, dans le paysage où vous faites du, j'allais dire, du neuf avec du vieux, ça peut l'aider. Il est candidat aussi. Moi, je trouve qu'il se lance tôt, parce qu'il prend le risque de polluer un peu sa campagne des régionales. Il se lance pourquoi ? Parce qu'il se doute, comme beaucoup, que François Baroin ne va pas se lancer. Or, c'était le vrai concurrent.
C'était même, selon moi, sans doute le candidat probable. On le laissera s'exprimer quand il le fera. Mais Xavier Bertrand se dit, il ne
faut
pas laisser quelqu'un s'installer. Or, il y
a
quelqu'un que Roland Kérol n'a pas cité et qui, lui, s'y voit, même s'il est peu connu, pas d'histoire, c'est Bruno
Rotaillot,
qui, à l'intérieur du parti, pourrait, j'allais dire, nous faire un coup à la Benoît.
Il enjambe totalement les régionales. Ce n
'est
pas un sujet, les régionales, pour Xavier Bertrand.
On l'a vu dans le reportage.
On
l'a
vu, je termine ma question. On l'a vu dans le reportage.
Il
est très en avance sur le dossier Bridgestone qui se passe sur son territoire, chez lui. Il est en position très favorable pour les régionales en haute France. Xavier Bertrand, alors, ça fait partie des rumeurs, mais on a lu ici ou là, ce week-end aussi, que la Macronie s'organise et pourrait envoyer Gérald Darmanin. Alors, est-ce que ce serait envisageable quelque chose comme ça face à lui dans les hautes frances ? Moi, je n'y crois pas. Parce que, d'abord, Gérald Darmanin, c'est un proche de Xavier Bertrand. Donc, je pense que ça serait quand même très, très difficile pour Gérald Darmanin d'aller contre Gérald... Pardon. Xavier Bertrand. Xavier Bertrand.
C'est quelqu'un qui n'enjante pas les régionales, puisqu'il a clairement dit que si jamais il était battu, il n'irait pas... Voilà,
c'est pas la peine.
S'il ne pouvait pas gagner les hautes frances, il n'irait pas à la présidentielle. Donc, il
ne les enjante pas. Parce
qu'il est assez gonflé.
C'est assez gonflé, mais en même temps, qui peut y avoir contre lui ? Il n'y aura pas Gérald Darmanin. C'est quand même quelqu'un... Enfin, c'est une élection qui va être très nationalisée, où il va y avoir un taux d'abstention colossal. D'accord. La question que tout le monde se pose, et d'ailleurs, elle est posée par Gilbert dans l'Hérault. Xavier Bertrand a-t-il l'étoffe d'un président ?
Il
le pense, en tout cas. Il est député depuis 2002, donc il a quand même une expérience très importante au niveau national. Il est élu local. Il a été patron d'un parti. Donc, très honnêtement, oui, il a sans doute les capacités d'un chef de l'État. Après, est-ce qu'il a la capacité de rassembler toute la droite ? Ça, c'est une autre question. Vanessa Schneider. Moi, je pense que... Xavier Bertrand, en effet, il est candidat depuis très très longtemps. S'il hausse le ton, c'est parce qu'il voit bien que son discours qui était axé sur une droite populaire, sociale, proche des préoccupations des Français, n'imprime pas. C'est-à
-dire,
depuis le temps, il est candidat, il est candidat, il répète qu'il est candidat, il le fait soit par des petites phrases, soit par des propos plus appuyés. Et sa marge de progression n'est absolument pas enregistrée dans aucune enquête d'opinion. Donc, il est bien obligé, là, de hausser le ton et d'aller sur des thématiques un peu plus clivantes pour se faire remarquer et pour s'affirmer en opposant à Emmanuel Macron. Ça, c'est le premier point. Le second, c'est que je pense, au contraire, que son élection dans les Hauts-de-France est loin d'être acquise.
Et que Xavier Bertrand a quand même un énorme problème dont on n'a pas parlé pour l'instant, c'est qu'il se pose en candidat de la droite alors qu'il a été élu dans sa région avec des voix de gauche. Xavier Bertrand, sans la gauche, il n'était pas président de région et on n'entendrait plus parler de lui. Il serait retourné à Saint-Quentin et puis, c'est à causey. Donc, il est président des Hauts-de-France grâce à la gauche qui a appelé à voter pour lui. Est-ce que la gauche refera une seconde fois la même chose ? Ce n
'est
pas sûr du tout. Ce n
'est
pas sûr du tout parce que même s'il se prévaut d'un bon bilan, il met en particulier en avant 20 000 créations d'emplois, la gauche peut être tentée, cette fois, de ne pas le soutenir, d'autant plus, si c'est le candidat de la droite, elle n'aura aucune raison de le soutenir localement. Donc, le calendrier est très, très mauvais pour lui. Et d'autre part, Emmanuel Macron, s'il a envie de se débarrasser de ces petites pousses qu'on voit surgir, que ce soit à droite ou à gauche, qu'est-ce qu'il peut faire ? Il y a une chose très, très facile à faire, c'est de construire des listes en marche contre ces candidats présidents de région.
Ça vaut pour Valérie Pécresse également, mais de construire des listes qui n'ont pas vocation à emporter la région.
Ils sont là pour faire perdre. Mais qui peuvent
tout à fait faire perdre un sortant qui a été élu,
avec qui c'était dans
des configurations très compliquées.
Juste
une dernière question avant d'aller au dernier reportage. Que dit la Macronie sur Xavier Bertrand ? On a quand même vu que le Premier ministre, Jean Castex, était un proche de Xavier Bertrand. Et on a dit, tiens, c'est pour gêner Xavier Bertrand. Giralde Darmanin, proche également de Xavier Bertrand. Est-ce que la Macronie a déjà des éléments de langage pour saper la candidature
de
Xavier Bertrand
? La Macronie a fait deux choses. D'abord, ils ont dépouillé Xavier Bertrand en nommant Jean Castex, dont il espérait peut-être faire son directeur de campagne. Donc, ce n
'est
pas rien. Et puis, Giralde Darmanin, promu ministre de l'Intérieur, qui a dit quand même à plusieurs reprises qu'il ne ferait jamais rien contre Xavier Bertrand.
La deuxième
chose, c'est ce week-end. Qu'est-ce qu'on a entendu ce week-end avec Xavier Bertrand qui fait son tour de
l'Union ?
On a entendu Stéphane Séjourné, un proche d'Emmanuel Macron, député européen, dire « la France n
'a
pas besoin d'un nouveau François Hollande ». On a entendu d'autres dire « c'est François Hollande, la teinture en moins ». Très
méprisant.
Ce sont des mots extrêmement méprisants à
l
'endroit de Xavier Bertrand qui montent quand même. Il y a quand même un peu d'inquiétude, alors peut-être pas de
l
'inquiétude, mais de la fébrilité et la droite qui s'organise. Moi, je crois que la droite est souvent excessive dans ses difficultés et quand la gauche est souvent peut-être, à mon avis, s'illusionne sur ses chances. À mon avis, à droite, s'il trouve un bon candidat pour Emmanuel Macron, c'est très embarrassant.
Du reste, François Hollande a été élu, avec un discours à
l'époque méprisant de tous ceux qui le sous-estimaient. Très vite, Roland Quairole, il faut qu'on aille au
reportage.
Oui,
il y
a
un os pour la droite qu'il va falloir apprendre à ronger. C'est comment... Il y a un espace politique pour la droite qui ne veut pas de Macron. Il
y
a un espace clair.
Comment
on désigne un candidat
?
On a parlé des candidats potentiels. Dans leur statut, on dit qu'on fait une primaire.
La
dernière primaire n'a pas laissé que de bons souvenirs à toutes ces personnes. Alors, comment on fait ? Ça s'introduit l'idée qu'on pourrait peut-être y échapper s'il arrive finalement quelqu'un qui devient le candidat naturel. Très joli mot. Et donc, on n'a plus besoin de processus de départage, comme ils disent, avec leur joli langage de notaire. Est-ce que quelqu'un... Ça veut dire que c
'est
les sondages qui vont décider
à ce moment
-là.
C'est simple.
Donc, pour ça, il faut conquérir les Français. Il faut y aller. Il va falloir que ces messieurs-dames aillent nous convaincre et montent dans les sondages.
Donc, ce que vous avez dit, c'est qu'il a bien fait
partir si tôt. Ah oui, et qu'il faut que les autres partent parce que c
'est ça qui va... D'autant plus qu'il n'a plus de parti.
Sans quoi, ils sont condamnés à des primaires. C'est un autre spectacle.
Alors, mais avant de savoir qui sera peut-être face à lui lors de la prochaine présidentielle, Emmanuel Macron doit déjà s'assurer de savoir qui sera derrière lui. Le numéro 2 de La République en marche a claqué aujourd'hui la porte de son parti. Il dénonce un parti, la REM, qui ne produit plus d'idées nouvelles. Un départ de plus alors que s'installe une sorte de blues des marcheurs. Juliette Perrault avec Aubry Perrault et Dominique Lemarchand.
C
'est un nouveau coup dur pour la majorité
présidentielle. Ce
matin, Pierre Persson, le numéro 2 de La République en marche, annonce au journal Le Monde qu'il quitte ses fonctions à la direction du parti.
Il
ne permet ni de faire vivre nos différentes sensibilités, ni de mener le rassemblement, ni de produire des idées neuves.
Une
critique acerbe au lendemain d'une nouvelle déroute électorale pour la REM. Ce week-end, les élections législatives partielles ont tourné au fiasco. Six scrutins, six échecs et même un siège perdu dans les Yvelines. De mauvais augures pour les futures élections régionales, peut-être. D'ailleurs, lors de leur entrée politique, les cadres du parti ont préféré rester prudents. Leur mot d'ordre, ne pas faire du prochain scrutin un test électoral pour les présidentielles de 2022.
Si les uns et les autres se mettent en tête que l'élection régionale c
'est
la primaire d'une formation politique ou le premier tour de
l
'élection présidentielle, sincèrement, je crois qu
'ils
font une erreur pour le pays. Et nous, c'est pas ça qu
'on
souhaite porter dans cette élection régionale. Je crois que c'est la réussite du pays, c'est la relance économique et donc c'est rassembler et avec cette priorité-là qu'on conduira ces élections.
Sauf que pour les conduire, rien n'est encore vraiment défini. Ni les candidats, ni les potentielles alliances. Un retard à l'allumage qui exacerbe les tensions alors que dans le même temps les défections se multiplient. Parmi ces anciens marcheurs, Blandine Brocard, députée du Rhône, déçue par la tournure qu'a pris le parti.
Une
sorte de « il faut penser comme ça
». Et
ça, c'est dommage. Ça, c'est dommage parce que c'était tout le contraire, justement, En Marche.
C
'est « allez, on met tout sur la table, d'où qu
'on
vienne ». Après, il
y
a la décision politique et effectivement, bon, on se rassemble et on y va ensemble. Mais moi, j'ai pas eu ça. J'ai pas eu ça et je trouve ça dommage.
Une désillusion partagée par certains militants comme ici dans le Val-d'Oise.
Des
marcheurs de la première heure vont debout contre les instances du parti et qui se sentent délaissés.
On
a l
'impression que tout descend du haut, on s'occupe pas de nous. Il arrive un moment où il faudrait que l'équipe de Guérini, de M. Guérini, comprenne que sur le terrain, ça se passe pas si bien que ça.
Il
faudrait reprendre langue avec les citoyens et expliquer bien les réformes et tout ce qui se fait parce que je pense que sans les marcheurs sur le terrain, rien ne se fera.
Des propos qui sonnent comme un avertissement. Les marcheurs du Val-d'Oise pourraient bien refuser de faire campagne pour les élections départementales et régionales.
Nous, on voudrait qu'il y
ait
un projet, on est contre un appareil qui nous infantilise, qui nous transforme en balayeur et en colleur d'affiche. Point. C'est facile d'avoir des adhérents, d'avoir des marcheurs hyperactifs comme on l'a été dans les campagnes nationales et européennes parce qu'on partageait ce projet. Or là, on a l'impression de ne
plus
le partager.
Ce
soir, un bureau exécutif doit se tenir au siège du parti. Objectif affiché pour Stanislas Guérini, remanier son état-major et proposer une nouvelle organisation du mouvement.
Et
cette question, assiste-t
-on
à la fin du mouvement En Marche ? C'est Christophe dans la Vienne qui se pose cette question, Vanessa Schneider. Est
-ce que c'est la fin ? Ça
dépend de ce qu'on entend par la fin.
Est
-ce qu'il y
a
eu un début déjà ? Parce que c'est... Non mais, je dis ça un peu par provocation, mais En Marche n
'a
jamais été véritablement un parti. Ça a été le lieu pour tous les supporters d'Emmanuel Macron, de droite comme de gauche, de se rassembler localement, un peu partout, de faire monter des candidatures et de porter Emmanuel Macron au pouvoir puis de lui apporter une majorité. Depuis, quand Pierre Persson dit maintenant il faudrait à nouveau avoir des idées, j'ai envie de dire les idées de En Marche on ne les a pas entendues dès le début. Ce n
'est
pas nouveau qu'En Marche ne produit pas d'idées. En Marche, dès le début, il y
a
eu un problème
parce
qu'il ne voulait pas faire comme les autres au départ, mais de fait, ne s'est pas organisé localement, a laissé partir les bonnes volontés, c'est-à-dire les gens qui étaient venus sur partie à leurs occupations précédentes, n'a pas fourni de contenu. Donc un parti qui ne peut pas former des candidats, qui ne peut pas proposer de contenu, de réforme, même si on va nous dire dans les autres partis qu'on fait semblant de consulter la base, il y a quand même des choses qui remontent, il
y
a des élus qui font l'intermédiaire. Donc c'est un parti qui est beaucoup une coquille vide, ça c'est vu au municipal, les candidats étiquetés en Marche se sont pris des roustes monumentales pour la plupart, vraiment, ils sont arrivés en troisième, quatrième position dans un certain nombre de villes. Donc finalement, là, la vérité éclate au grand jour. Mais c'est un problème qui n'a jamais
été réglé
par le président Macron. Est-ce que c'est un problème pour le président Macron ?
Je n
'ai
pas l'impression que ce soit un problème, il ne
s
'est jamais soucié de son parti, il s'en soucie guère aujourd'hui. Il est plutôt en train d'essayer de réfléchir un peu à comment
il
va organiser son dispositif politique pour 2022. Alors on nous parle d'une espèce de maison commune, d'une sorte de grand parti de renaissance, c'était le nom de la liste européenne, où il mettrait ensemble les amis de François Bayrou, les divers droites d'Edouard Philippe, ce qui reste de la République en marche. Il sait bien que ce parti seul ne lui permettra
pas une sorte de
coalition des partis amis, mais quand même tourner vers le centre droit. C'est un peu ça le changement. Parce que cette République en marche est un parti fantôme aux élections. Il y
a
des élections internes, il y avait moins de 3% de participation. C'est un parti qui n'existe plus, qui ne se remettra pas des municipales qui ont été pour le coup, parce qu'ils ont cru aux municipales. Un parti qui n
'est
pas enraciné. Ils
seront meilleurs pour les
régionales ?
Non.
Non,
les régionales, il
n
'y
a
aucune région gagnable à ce
jour. Il paraît que
le président de
la
République veut que les ministres s
'engagent. Oui, il
veut que les ministres s'engagent. Il y en a très peu qui ont envie d'être tête de liste régionale. Ils disent tous qu'on sera tête de liste départementale, mais tête de liste régionale. Il y en a peu qui prendront en liste, sauf si le président prenait l'exemple de Jean-Michel Blanquer.
En Lille
de
France
? Il y a eu un sondage qu'il donnait à 20%, ce qui est un assez joli score de démarrage. Il n
'a
pas du tout envie d'être tête de liste régionale, Jean-Michel Blanquer.
En tout cas, on a vu dans le reportage qu'ils ont le blues, les militants. Ils disent on n
'est
pas là, on ne
va
pas revenir pour coller des affiches avec la même énergie que la dernière fois. Déjà, dans le Val-d'Oise, il y en avait une dizaine. Donc, c'est déjà pas mal parce qu'honnêtement, moi sur le terrain, je n'en vois pas beaucoup des militants de La République en marche. Juste un exemple, la semaine dernière,
il
y avait les campus digitalisés de La République en marche.
C
'est comme le campus des territoires qui avait réuni plusieurs centaines de personnes l'année dernière à Bordeaux. Cette fois-ci, c'était en ligne et je les ai suivis en ligne. ces campus, c'était d'une pauvreté que vous ne pouvez imaginer. Je demande pardon aux gens qui y étaient mais franchement, j'ai compté pas plus de 80 personnes sur toute la journée de samedi et dimanche, les mêmes qui étaient dans plusieurs rendez-vous en ligne. Il n
'y
avait aucune proposition, c'était simplement les ministres qui venaient faire
la communication. Donc, il a raison celui qui est
parti, ce parti ne produit
plus d'idées nouvelles. Il a raison.
plus d'idées et il n'y a plus de militants. 80 militants en ligne pour des campus digitalisés, c'est ridicule. Selon
le
canard enchaîné, le parti serait passé de 400 000 militants en 2017 à 20 000. Voilà ce qui explique peut-être votre
campus digitalisé. Je n'ai juste
un bémol, ça peut rebondir parce que moi, je n'oublie pas quand même qu'Emmanuel Macron, il a une base qui est quand même relativement solide et que si jamais il se représente en 2022, évidemment, une grande partie reviendra. Et nous revenons maintenant à vos questions.
Je
ne
peux
rien dire.
Présentement, qu'Hérole, rouspète à ma gauche. Il y aura des questions, on va y revenir sur la Macronique. Xavier Bertrand est-il celui qui incarne le mieux la France des territoires
? C
'est ce qu'il souhaite. C
'est ce qu'il souhaite.
Il souhaite incarner la France des territoires. Il y a plusieurs branches dans la droite française. On a vu que la droite qui s'est positionnée sur les valeurs, Wauquiez, Bellamy, avait été dans le mur. Donc ça,
ça
reste dans l'esprit de beaucoup à droite. Donc lui, il essaye d'occuper un autre créneau. C'est le créneau du concret. Quand Macron serait déconnecté,
les lieux locales
contre les hauts fonctionnaires, etc.
Il joue cette carte-là. Et pour lui rendre, il
a toujours joué, cette carte-là. Ce n
'est
pas nouveau.
Pour
le coup,
ce
n
'est
pas un artifice. Juste d'un mot, Emmanuel Macron lui avait rendu hommage. J'étais présent ce jour-là parce qu'il
avait
dit que c'est le seul qui avait
anticipé
la crise des Gilets jaunes et qu'il avait vu venir.
Allez, on avance. Il
y
a beaucoup de questions. Xavier Bertrand peut-il rassembler toute la droite et l'emporter
?
À partir de maintenant, tout est possible. tout est possible. Il faut, un, qu'il convainque son camp
et,
deux, que son camp gagne. Voilà, c'est ça le scénario. Et on ne sait pas s'il peut convaincre son camp. S'il convainc son camp, il est parmi les candidats qui peuvent gagner. Il avait quitté le parti. Il a quand même des gens qui n'ont pas aimé son attitude lorsqu'il a, en quelque sorte, quitté le parti à la nomination.
Si les sondages commencent à s'emballer. Oui, bien sûr. C'est ça. Il voit déjà venir. Allez, Hidalgo, n'est-elle
pas la meilleure chance de la gauche
?
Moi, je le pense.
Oui, je le pense. Je pense que
c'est la meilleure chance de la gauche. Je pense que c'est quelqu'un qui fait peur à Emmanuel Macron. Si elle se présente, elle ne se présentera pas au titre du Parti Socialiste. Rappelez-vous, pour sa campagne à Paris, ça s'appelait Paris en commun. Ce n'était pas du tout la candidate du Parti Socialiste officiellement. Donc, effectivement, je pense qu'elle peut tout à fait être candidate du Parti Socialiste en ratissant très, très large jusqu'à une partie d'Europe et l'écologie, les Verts. Oui, je pense qu'elle est dangereuse.
Les
électeurs de gauche pourraient-ils re-voter pour Macron
en
2022
?
De moins en moins, on le voit dans les intentions de vote. Les intentions de vote, c'est peu quoi. Sur Emmanuel Macron,
ils sont beaucoup plus
du côté de la droite que de la gauche. Donc,
il
faudra à ce moment-là qu'il y ait en effet de nouvelles propositions de nature à
capter
un électorat de gauche qui est pour l'instant orphelin de candidature.
Jean
-Cairol,
que disent les chiffres ? Non, les chiffres pour le moment montrent qu'ils se sont réduits de moitié depuis 2017 et qu'on ne gagne pas sans une partie d'entre eux. Donc, c'est très compliqué comme équation pour Macron. Il ne peut pas se dire « je joue le centre droit à mort » avec une campagne uniquement au centre droit, on perd. C'est ce qu
'il fait.
Avec un candidat de droite contre lui. Donc, il va lui falloir faire du en même temps.
Il fait d'ailleurs le en même temps. C'est Territoire de Progrès qui s'est réuni ce week-end avec 6 ou 7 ministres et sous la houlette de Jean-Yves Le Drian et d'Olivier Dussopt. Il
n'y a
pas encore une grande popularité. Non, certes. Mais je veux dire, ça a le mérite d'être une bulle
qui au moins existe et qui a
pour vocation d'exister et d'apporter cette aile gauche qui manque. Les écologistes d'Europe Écologie Les Verts pourraient-ils créer la surprise et battre Marine Le Pen au second tour ? Alors là, on est dans la politique fiction. Mais tout est possible. Tout est possible, oui.
Mais tout est possible. D'abord, on est très loin de l'échéance. On n'a pas la liste des participants. On ne sait même pas si Emmanuel Macron ou Marine Le Pen enfin Marine Le Pen elle est candidate. Emmanuel Macron ne l'est pas encore. Donc tout est possible. Tous les cas, ce qui est certain et je rejoins ce que disait Vanessa Schneller tout à l'heure, les Français chercheront une autre issue que la revanche de 2017. Marine Le Pen contre Emmanuel Macron. Avec quand même aussi un bémol, c'est que tout le monde voit Marine Le Pen comme une espèce de candidate qui serait à peu près certaine d'être au second tour en 2022. Je n'en suis pas certain.
On voit bien que son camp beaucoup manœuvre contre elle pour l'empêcher parce
qu'elle ne croit pas en ses chances. Parce
qu'elle ne croit absolument pas en ses chances et parce que Marine Le Pen, il faut bien le dire, elle reste marquée par ce deuxième tour raté et il y a le saut de sorte de saut d'incompétence qui est sur elle.
Jadot veut y aller mais il n'est pas très aidé par ses mères. Non, mais il est aidé par personne au sein de son parti mais ça on l'a suffisamment dit. Chez les Verts, c'est une grande tradition de balle trappe. Dès qu'il
y a
une tête qui sort un petit peu, tout le monde se ligue pour lui couper la tête. Donc non, ça va être évidemment très très compliqué d'autant plus qu'il est sorti là très très tôt. Donc il passe dans les médias quand il fait tout ce qu'il faut faire pour agacer le militant vert qui vote parce que le militant vert vote. Autant je pense que en effet la droite se passera volontiers d'une primaire autant je pense qu'au sein des écolos il
y aura
un vote et ceux qui votent n'aiment pas les vedettes et Jadot joue un peu à la vedette. C'était l'époque Nicolas Hulot qui en avait fait les frais vous le rappeliez tout à l'heure Roland Carole. Mélenchon voudra-t-il se présenter à la présidentielle ? Vous avez l'air de dire les uns les autres que
c'est oui. C'est probable.
Oui c'est probable. Si la République en marche se désagrège sur qui pourra compter Emmanuel Macron pour le soutenir pendant la campagne présidentielle
?
Écoutez, moi je crois que tout ça n'a pas beaucoup d'importance. Je vais vous dire je ne
veux
pas verser ma larme aussi sur la République en marche qui n'existe pas. Ce qu'ont dit mes trois camarades je suis d'accord avec eux complètement. Ce que je crois c'est que c'est le destin de tous les partis majoritaires sous la 5ème République. Depuis 1958 on ne sait pas à quoi sert le parti au pouvoir. Et on a le même problème. Le blues des gaullistes a été suivi par le blues des Giscardiens qui a été suivi par le blues des socialistes et c'est maintenant le blues des macronistes. On sait à quoi sert un parti d'opposition. Ça fait un programme contre le gouvernement ça prépare les prochaines élections ça désigne des candidats pour les prochaines élections y compris pour la présidentielle.
Et les militants sont contents de faire tout ça. Mais tout ça n'existe plus quand on est au pouvoir. C'est le pouvoir qui prend les mesures c'est le gouvernement et les cabinets ministériels qui font les textes et même les assistants parlementaires sont plus intéressés par le choix des candidats pour les prochaines législatives que les militants. Il n'y a plus rien à faire et ils ont toujours ce blues terrible, terrible, terrible et chaque fois les chefs de parti c'est-à-dire les vrais chefs de parti ceux qui sont au pouvoir s'en fichent parce qu'ils savent bien que ce n
'est
pas avec ça qu'on gagne une élection.
Cette question Marine Le Pen est plus souvent d'accord avec la gauche qu'avec la droite. pourquoi la classe-t-on toujours à droite ? C'est vrai qu'économiquement
elle
est assez étatiste
?
Oui,
elle
est plutôt étatiste. Elle a tellement été dans une entreprise de dédiabolisation aussi qu'elle mène depuis qu'elle a pris la suite de son père qu'elle s'est beaucoup déportée vers sinon la gauche en tous les cas des propositions sociales et puis elle est élue du Nord on disait souvent qu'il y avait le Front National du Nord et le Front National du Sud et aujourd'hui c'est le Front National ou le Rassemblement National du Sud ou ceux qui en sont proches qui la critiquent.
Et puis le Rassemblement National a fait quand même un revirement stratégique il
y a
quelques années déjà qui était de s'acquérir les classes populaires ou les milieux les classes intermédiaires mais en voie de déclassement en gros pour faire simple et caricaturer l'ancien électorat du PC et des communistes qui se sont déportés plus des abstentionnistes sur RN et du coup elle a adapté son discours en faisant en effet un discours beaucoup plus protectionniste étatique pour les Français uniquement. Au dernier moment ce trop-plein de candidats ne pourra-t-il pas profiter à un outsider
?
Bon bah ça on va l'attendre.
Ah oui parce qu'une chose embêtante dans les élections c'est que le total fait toujours 100%. C
'est ça et
Marion Maréchal
se demande Karine.
Elle ne sera pas candidate en 2022 mais elle s'emploie à diminuer les chances de sa tante.
Edouard Philippe ne serait-il pas le candidat le plus raisonnable qui rallierait un grand nombre de non-concitoyens
visiblement une
philippiste ? Je pense que pour l'instant ce n'est pas un concurrent pour Emmanuel Macron c'est plutôt un remplaçant si jamais Emmanuel Macron n'irait pas.
C'est une hypothèse
?
Souvenons-nous
François Hollande n'a pas pu se représenter. On ne sait pas. Merci à vous tous et c'est la fin de cette
émission qui sera rediffusée ce soir à 22h50 tout de suite c'est à vous.
Marine Le Pen