GAËTAN DUSSAUSAYE est face à SANDRINE ROUSSEAU sur FRANCE INFO !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 57 %Défensif 23 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:02FerméeÉludée
Gaëtan Dussaucet, vous applaudissez le gouvernement avec ce couvre-feu décidé à Paris, Lyon, Lille, Nice ?
- 2:08OuverteRéponse partielle
Ce couvre-feu, finalement, s'il est localisé, est-ce qu'il ne peut pas faire un peu baisser la tension, apaiser ?
- 2:58FerméeRéponse directe
Est-ce que vous y êtes favorable [à l'armée] ?
- 7:22FerméeRéponse directe
Est-ce que vous y êtes favorable [à l'armée] ?
- 9:42OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il faut faire, selon vous, pour cette manifestation [Gilets jaunes] ?
- 10:08FerméeRéponse directe
Est-ce qu'il faut interdire cette manifestation ou pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:42Invité politiquePromesse
« On débarrasse ses casseurs en les mettant en prison. »
- 4:44Invité politiquePromesse
« Il les mettra en prison en instaurant des peines planchées. »
- 4:52Invité politiqueFait
« Quand dans les rues de Brest, il y a eu plusieurs milliers de pavés qui ont été, qui auraient pu chacun tuer un policier, Mme Rousseau, quand vous avez des milliers de pavés qui sont jetés sur les forces de l'ordre, vous allez en prison. »
- 5:10Invité politiquePromesse
« Et vous pouvez débarrasser aussi la France de ses casseurs en actionnant la responsabilité financière de ses casseurs. »
- 6:15Invité politiqueFait
« Vous savez ce qui s'est passé à Sainte-Solines ? Les camions des gendarmes ont été attaqués à la disqueuse. »
- 6:21Invité politiqueFait
« Il y a des cocktails molotovs qui ont été jetés sur des policiers et des gendarmes, dans l'intention de les tuer, de les brûler vifs. »
- 8:35InvitéFait
« Le gouvernement de Sébastien Lecornu propose quoi ? De s'attaquer à la prime d'activité sur les Français qui travaillent et qui gagnent peu avec des bas salaires. »
- 8:40InvitéFait
« D'aller geler les pensions de retraite sur les Français qui ont travaillé à partir de 1 200 euros. »
- 16:17Locuteur 5Chiffre
« On parle d'au moins 300 à 400 commerces au bas mot. »
- 17:26Locuteur 5Chiffre
« Il pouvait y avoir jusqu'à 10 ou 15 points en même temps avec des groupes de parfois de 100, 200 personnes. »
- 18:30Locuteur 5Chiffre
« Il y avait, de toute façon, quelques milliers de casseurs. »
- 27:53Invité politiqueFait
« Les casseurs, on les connaît. Ce sont les mêmes depuis dix ans. »
- 28:46Invité politiqueFait
« Les pilleurs, ce sont en particulier, le ministre l'a dit, des jeunes issus des banlieues, des quartiers sensibles. »
- 30:21PrésentateurFait
« On utilise le terme ultra pour faire très peur parce que vraiment, la gauche, ça fait peur, mais ultra-gauche, ça fait ultra peur. »
- 34:50Invité politiqueChiffre
« Il y a aujourd'hui 9 millions de pauvres dans le 7e pays. »
- 37:07Invité politiqueFait
« Ça profite au Rassemblement national et à l'extrême-gauche qui veulent transformer le débat en guerre de tranchées. »
- 37:15Invité politiqueFait
« Commander un pays, c'est pas seulement rétablir l'ordre. »
- 39:21Invité politiqueFait
« Des sujets de pouvoir d'achat auxquels Édouard Philippe a envie de répondre par le travailler plus, travailler plus pour gagner beaucoup plus. »
- 40:52InvitéFait
« Le budget qui va venir est une saignée sociale, une saignée fiscale. »
Temps de parole
- Invité22 %
- Présentateur21 %
- Locuteur 521 %
- ?15 %
- Gaëtan Dussausaye13 %
- Locuteur 34 %
≈ 48,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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que la population les soutient dans leur immense majorité.
Gaëtan Dussaucet, vous applaudissez le gouvernement avec ce couvre-feu décidé à Paris, Lyon, Lille, Nice, localisé bien sûr par les préfets
?
Ce sont des réponses de terrain, décidées par des personnes qui arrivent à voir si oui ou non la menace est assez importante, mais qui sont des réponses d'urgence. Il faut aussi qu'on apporte les solutions, qui sont des solutions de moyen et de long terme,
et des solutions qui
soient structurelles. Bien
sûr, ce sont des réponses
politiques, mais des réponses politiques non seulement
d'abord
sur la colère qui existe, la colère sociale qui est liée au sein des Français, qui est tout à fait légitime, mais aussi et surtout des réponses de fermeté, d'un point de vue pénal, sur ceux qui viennent casser. Parce que la liberté de manifester, c'est évidemment un grand oui, c'est une liberté constitutionnelle, c'est une liberté au fondement de nos institutions, de notre démocratie. Mais la liberté de casser, non, ça n'existe pas. Et là, je suis désolé, mais tous ceux qui viennent défiler en disant « oui, mais il y
a
des revendications et autres », je suis désolé, mais ce n'est pas les outils de travail du CAC 40 qui ont été attaqués, c'est les outils de travail de petits commerçants, de petits artisans, de petits entrepreneurs de nos centres-villes, qui essayent de faire ce qu'ils peuvent, qui ne comptent pas leurs heures pour essayer de travailler, essayer de créer de la richesse, d'embaucher des personnes autour d'eux. Et c'est eux qui ont été les premières
victimes, justement, de ces agressions. On va répondre
sur les annonces, puisqu'il y a des réponses sur les petits commerçants, notamment tous ceux qui ont été ravagés. Mais restons un instant sur le couvre-feu.
Oui,
pour enrichir votre débat, peut-être on va donner la parole à les Français. Nous sommes allés à Denain, l'une des villes de France, dans le nord, vous voyez où ces mesures de couvre-feu ont été prises. Et vous allez voir que les habitants, eh bien, sont sceptiques quant à l'efficacité de ce dispositif.
Je
pense que c'est utile pour Denain,
pour
avoir déjà des règles
normales,
et que ça redevient normal.
Il
faut arrêter de casser. C'est une sécurité pour les jeunes si on fait le couvre-feu.
Moi,
je le prends comme ça, c'est pour les
protéger, c'est pas pour leur frappetit. Le couvre-feu, moi, c'est normal, un enfant de 14 ans n'a plus arrêté dans les rues.
Il
doit être séduit à faire ses devoirs, à ses jeux, ou quoi que ce
soit.
Oui, il a tout d'accord.
Voilà,
c'est mitigé, Sandrine Rousseau. Ce couvre-feu, finalement, s'il est localisé, est-ce qu'il ne peut pas faire un peu baisser la tension, apaiser ? On se rend compte, avec Maxime Laurent, qui était Place de la République, que le retour au calme, en tout cas, ça n
'a rien à
voir avec la nuit précédente. Mais le retour au calme était déjà avant le couvre-feu. Donc on peut imaginer qu'en effet, le couvre-feu a sans doute sanctuarisé la zone. Mais le retour au calme était déjà avant. Moi, je voudrais juste poser quelque chose, parce qu'on parle beaucoup des casseurs, et j'entends que c'est un sujet. Et je voudrais aussi soutenir les commerçants, parce qu'en plus, les commerçants de centre-ville subissent la concurrence d'Internet, des livraisons, etc. Et donc c'est très dur, en fait, aujourd'hui, d'être commerçant de centre-ville. Donc vraiment, il n'y
a
pas de sujet. On ne doit pas se tromper
d'adversaire. On appelle aussi les plateformes à
ne pas revendre en ligne. Oui,
et là, on se
trompe d'adversaire. Vraiment, il n'y
a
vraiment pas de sujet. Mais par contre, moi, je voudrais quand même poser la question politique de ces manifestations, parce qu'elles étaient extrêmement nombreuses.
Il
y avait 800 000 personnes, à minima, parce que je ne
vois
même pas comment ils ont réussi à tout compter, puisque tout le monde n'est pas rentré dans le cortège. Donc, à minima, il y avait 800 000 personnes qui demandaient l'augmentation du pouvoir d'achat, etc.
Moi, je voudrais juste refaire un
tout petit peu un bilan. C'est
qu'on a eu les
manifs climat. Derrière, on a eu la Convention citoyenne sur le climat. Il n'y
a
eu aucune réponse législative, ni dans les budgets. On a eu les gilets jaunes. Après, il y a eu les États généraux. Après, il n'y a eu aucune réponse. On a eu les retraites. Et il y a eu un 49-3. On a eu du plomb. Et il y
a
eu une pétition de plus d'un million six personnes, je crois. Et il n
'y
a pas eu de réponse, si ce n'est du plomb 2, qui aggrave la situation.
On a eu Sainte-Soline.
On a eu une deuxième. On a eu des bassines supplémentaires. On a eu la mort de Naël. Derrière, on a le permis de tuer. En fait, il y a eu le NFP. Oui, il y a eu le NFP qui a été un moyen de vote. Donc, en fait, les gens ont manifesté. Les gens ont pétitionné. Les gens ont voté. Et il n'y a jamais, jamais de réponse politique. Et
en fait, à un
moment donné, c'est ça, la violence aussi. Et c'est ça, la violence du pouvoir politique, que de ne pas entendre. Et de ne pas considérer l'ensemble de ces manifestations et l'ensemble des formes de cette manifestation de la colère. Ce pouvoir macroniste auquel votre champion, Édouard Philippe, a participé s'achève sur dix ans, c'est vrai, de mouvements sociaux forts et puissants. Sandrine Rousseau vous dit qu'il n'a jamais pu déboucher politiquement. Il a toujours été sourd, Emmanuel Macron, et peut-être le Premier ministre des débuts, Édouard Philippe, à cette colère. –
Je
pense qu'il y
a
deux choses. La première, c'est de dire qu'il faut débarrasser la France de ses casseurs. Voilà, c'est
ce
que dit Édouard Philippe. Il faut d'abord débarrasser la France de ses casseurs.
Encore une fois, on
a le droit de ne
pas
être d'accord
les uns avec les autres.
On débarrasse ses casseurs en les mettant en prison. Il les mettra en prison en instaurant des peines planchées. Si vous voulez, quand vous jetez un cocktail Molotov, Mme Rousseau, pour tuer un policier, quand dans les rues de Brest, il y
a
eu plusieurs milliers de pavés qui ont été, qui auraient pu chacun tuer un policier, Mme Rousseau, quand vous avez des milliers de pavés qui sont jetés sur les forces de l'ordre, vous allez en prison. On peut débarrasser la France de ses casseurs en mettant en place des moyens de reconnaissance, avec la reconnaissance faciale par vidéoprotection,
ou avec des moyens d'identification,
juste je vais poursuivre. Et vous pouvez débarrasser aussi la France de ses casseurs en actionnant la responsabilité financière de ses casseurs. –
Ça a été mis
en place
pendant les Jésus-Olympiques avec une loi spéciale.
–
D'abord, absolument,
nous débarrasser de ses casseurs pour
qu'on puisse
exprimer nos désaccords démocratiques différemment.
Ensuite, la deuxième chose que je voulais dire, la deuxième chose que je voulais dire, Mme Rousseau, c'est que ce discours d
'extrême-gauche que je viens d'entendre, juste si je peux aller au bout de ma phrase, Mme
Rousseau, vous permettez, Mme Rousseau, si jamais
je peux aller
au bout de ma phrase… – Ou c'est juste les
jeunes, en fait ? –
C'est les
agriculteurs aussi ou c'est juste les jeunes ?
– C'est pas seulement vos
propositions qui sont dingues, c'est votre méthode qui est extrêmement agressive.
Laissez-moi finir ma phrase, s'il vous plaît. – Oui, mais je peux répondre. – Et donc, je vous répondrai tout à l'heure. – Vous
terminez et vous répondrez. –
J
'ai jamais vu d'agriculteurs, moi, dans le ministère, jeter des cocktails moloteurs sur les policiers
à Mme Rousseau. Et donc la deuxième chose que je voulais dire, c'est que le discours d'extrême-gauche de la France insoumise,
le discours d'extrême-gauche de la France insoumise, ou Mme Rousseau à l'instant, qui relativise systématiquement les violences contre les policiers, qui arme au plan idéologique ces casseurs d'extrême-gauche, on parlait de Sainte-Solines à la fin, il
y
a quelques minutes, vous savez ce qui s'est passé à Sainte-Solines ? Les camions des gendarmes ont été attaqués à la disqueuse. Il
y a
des cocktails molotovs
qui
ont été jetés sur des policiers et des gendarmes, dans l'intention de les tuer, de les brûler vifs. Et donc cette violence d'extrême-gauche qui ravage ce
pays, il est temps d'y
mettre un terme.
Et le discours
qui est celui de
Jean-Luc
Mélenchon, soutenu et allié à la jeune garde, et à des groupuscules de zadistes, il faut en
débarrasser le pays. – Je ne peux
pas laisser dire
ça sur Sainte-Solines. – Non, non, non, non, non, non, non. – Bien sûr que c'est vrai. – Attendez, juste, oui, d'accord, mais là, sur
Sainte-Solines, ça n'est pas vrai.
– Bien sûr que c'est vrai, ça a été établi par la commission d'enquête. – Il y a une commission
d'enquête du gouvernement, de l'Assemblée nationale, qui explicite vraiment les conditions du
maintien de l'ordre. Et d'ailleurs, il y avait un problème stratégique. Maintenant, moi, je voudrais savoir, à
Sainte
-Solines, sur la 69, à Sainte-Solines, ou sur la 69, ou à Notre-Dame-des-Landes, s'il vous plaît, on ne va pas faire le débat à la 69, ni de Sainte-Solines. – Sur Notre-Dame-des-Landes, on a obtenu un dénouillé politique. – S'il vous plaît, il n'y avait pas
de violence
à Notre-Dame-des-Landes. – Vous entendez, si vous parlez en
même temps.
– Non, mais ce n'est pas de violence
à Notre-Dame-des-Landes,
en fait. – Bien sûr, aucune violence. – Ce soir, il y a des outils
institutionnels
qui sont utilisés.
Le couvre-feu, vous avez des élus, par exemple, le maire de Paris-Centre, qui s'interroge, pourquoi pas l'armée ? Est-ce que vous y êtes favorable ?
– Non, absolument pas. L'armée, c'est fait pour tirer sur des gens, et sur des ennemis à l'extérieur, ce n'est pas fait
pour être dressé. – Donc la réponse est
proportionnée, selon vous,
du gouvernement ? – Non, mais en fait,
si vous voulez, le problème sur les couvre-feux, c'est que c'est une mesure qui est fort sympathique, peut-être nécessaire à certains endroits, mais il
y a
un moment donné, on va faire un couvre-feu. On va le tenir un jour, deux jours, trois jours, peut-être que la tension va redescendre, et puis après. –
Très,
parce que, c'est pas les premières émeutes, en 10 ans de pouvoir macroniste, désolé, c'est pas les premières émeutes, on se souvient des émeutes en 2023, on se souvient des années
d'émeutes également pendant le PSG. – Donc fondamentalement, vous êtes d'accord avec Mme Rousseau,
il faut une réponse politique. – Mais il faut les deux, en
fait, il y a un
moment donné, et c
'est
d'ailleurs, je pense que ça permettra
un peu de hauteur. – La vôtre, c'était quoi ? Le
Bonunet aurait dû partir ?
– Si vous me permettez, en fait, je pense qu'il y a deux réponses à apporter. D'abord, il faut essayer de retisser un lien de confiance avec les Français. Le pouvoir macroniste n'a cessé de les mépriser pendant 10 années, c'était les gaulois réfractaires, c'était les fainéants, ceux qui ne sont rien, c'est traverser la rue pour trouver un boulot, etc. Tout ça, ça a généré une colère, une frustration qui est immense dans un pays où, en fait, les Français n'arrivent plus à finir les fins de mois et se disent « mais personne ne m'écoute, personne ne m'entend, personne ne fait rien pour essayer de nous aider ».
Même encore là, dans le dernier budget, le gouvernement de Sébastien Lecornu propose quoi ? De s'attaquer à la prime d'activité sur les Français qui travaillent et qui gagnent peu avec des bas salaires, d'aller geler les pensions de retraite sur les Français qui ont travaillé à partir de 1 200 euros, donc tout ça, ça crée des colères qui sont insupportables. Mais pour qu'elles puissent s'exprimer démocratiquement et pacifiquement, alors il
y a
la deuxième mission, c'est celui de la remise en ordre du pays. Parce qu'on ne peut pas laisser
comme cela
des experts. Eh bien, il faut d'abord qu'on arrive, un, à renforcer les moyens de nos forces de l'ordre, à renforcer les moyens d'enquête et ensuite qu'on ait un arsenal judiciaire qui soit efficient. On ne peut pas se permettre d'avoir des gens qui, aujourd'hui, sont devenus des experts de la case,
des experts des émeutes. Vous êtes
d
'accord là avec Maëlle Descalan ? D'accord, mais
Édouard Philippe vient piocher dans le programme du Rassemblement national à 6 mois d'une élection présidentielle alors que ses amis sont au pouvoir depuis 10 ans. Je pense qu'il avait le numéro direct d'Emmanuel Macron et de croire pouvoir essayer de convaincre le président de
la
République pour essayer de faire quelque chose. Donc nous, on fera ce qui n'a jamais été fait
en l'espace de 30 ans. On renforcera évidemment l'arsenage judiciaire. Vous voyez les images de la mairie de Marseille.
Dans quelques instants, on écoutera sur France Info et on vous rendra la parole, bien évidemment. Juste après, le maire de Marseille, Benoît Payan, qui reçoit le ministre Laurent Nunez de l'Intérieur. Quelques mots, Antoine. Oui, j'avais une question pour vous trois. On va faire un petit tour de table. Il y a une nouvelle mobilisation qui est annoncée samedi, samedi 24 octobre, samedi qui arrive, à l'appel à la coordination des Gilets jaunes. Qu'est-ce qu'il faut faire, selon vous, pour cette manifestation ? Et pour surtout que les scènes de chaos qu'on a vécues, tristes scènes de chaos qu'on a vécues dans le pays,
à travers tout le pays et notamment aussi à Paris, ne se reproduisent pas. Est-ce qu'il faut interdire cette manifestation ou pas, Maël de Caen ?
Alors si jamais les services de la police estiment qu'il y
a
des débordements graves qui peuvent être, enfin se produire à l'occasion de cette manifestation des Gilets jaunes, oui, il faut l'interdire. Dans le cas contraire,
il
faut l'autoriser. Manifester, c
'est
un droit qui est constitutionnel. Et en parallèle, il faut déployer de la force. Mais est-ce qu
'on ne voit pas les libertés en
interdisant cette manifestation ?
Non, mais le droit de manifester est encadré par la loi, donc il faut l'autoriser, sauf s'il y a des débordements graves qui peuvent se produire, et auquel cas il faut l'autoriser, mais en déployant considérablement plus de force que ça a été le cas samedi dernier. Il n
'y en
avait pas assez clairement. C'est à la fois un défaut d'anticipation du gouvernement d'une part, et d'autre part aussi, il faut le dire, le produit de semaines d'épuisement des policiers et des gendarmes qui sont sur tous les fronts, qui sont insultés le matin sur le plateau de télé par Mme Rousseau et ses amis, qui l'après-midi sont caillassés par tous les casseurs professionnels, et qui ensuite sont au four et au moulin. Donc il faut par principe autoriser les manifestations, sauf si jamais il y
a
des suspicions très graves de débordements, auquel cas il faut l'encadrer. – Sandrine Rousseau va vous répondre, vous insultez les...
– Non mais enfin, c'est incroyable, c'est-à-dire que votre... – Autorisez pas la manifestation. –
Vos propos, visiblement avec le Rassemblement national, il y a quand même une proximité entre se débarrasser des casseurs, mais en fait on ne
se
débarrasse pas des gens comme ça.
– Si on les met en prison.
– Non mais en fait, il y a aussi une justice qui doit passer dans les règles, etc. et qu'en fait on n
'est
pas dans une... –
Mais
moi je voudrais juste
alerter sur le
fait que dans des moments comme ça, il y a une espèce de surenchère verbale qui aussi nous conduit tout droit vers une régression de notre état de droit sur lequel il faut être
très vigilant. – Donc la manifestation de samedi pour l'autoriser. – Il faut absolument autoriser cette manifestation. – On va laisser finir madame. – Et
il est très important d'avoir ça en tête parce que si on commence à se dire qu'on tape l'ultra-gauche systématiquement, qu'on interdit les manifestations, alors on rentre petit à petit dans un régime autoritaire dont il... enfin vraiment, oui
il y a eu des incidents, ça
n'est pas une raison pour revoir tout
le monde. – Je vous interromps,
le ministre de l'Intérieur et le maire de Marseille sur France Info.
–
D'abord je veux dire que je remercie le ministre d'être venu ce soir
et
d'avoir bousculé son emploi du temps, d'être venu en urgence ici.
J
'avais des questions à lui poser, on a eu des explications,
j
'ai eu des réponses
sur
toutes les questions.
– Que
je lui ai posé,
des
questions qui sont
très
claires et des réponses qui ont été
tout
aussi claires.
Mais
on a surtout
fait
le choix de parler de ce qui allait se passer dans les jours,
dans
les semaines qui viennent, parce qu
'on
sait que la situation
est
une situation qui peut recommencer
à
Marseille comme dans le pays.
Et
avec le ministre de l'Intérieur, nous avons vu quel dispositif, quel type de dispositif, il ne nous appartient pas de le commenter maintenant, vous le comprenez, nous pouvions mettre en place et nous allions mettre en place, l'État allait mettre en place, évidemment, sous l'égide du Premier ministre, dès demain pour
éventuellement
pallier
à
des troubles à l'ordre public ou à des émeutes telles qu'on a pu les constater, les pillages qu'on a pu constater. Je veux une fois de plus redire mon indignation totale de ce qui s'est passé,
de
ce que j'ai pu voir dans ma ville, de ce que j'ai pu voir dans le pays,
ma
solidarité totale
avec
les commerçants qui ont été pillés, avec nos forces de l'ordre dont j'ai déjà dit qu'elles n'étaient pas de la chair à canon, nos lycéens, nos policiers, nos pompiers, qui ont agi avec courage, détermination
et
avec
sang
-froid.
Il
appartient désormais
que
ce qui s'est produit
cette
semaine,
il
appartient désormais
à
celles et ceux qui sont en charge du maintien de l'ordre dans ce pays, de l'ordre républicain dans ce pays, de l'idée que je me fais de la République,
de
prendre toutes les dispositions. Et je crois que la discussion qu
'on
vient d'avoir a été franche, salutaire. Je veux remercier le ministre,
je
veux le faire au nom des Marseillais, parce que
Marseille
devrait être protégée
à
la hauteur qu'elle mérite, à la hauteur de la deuxième ville de France, parce que c'est un symbole pour la France.
Le
ministre de l'Intérieur,
quand
il était beaucoup plus jeune, a eu à diriger la police dans cette ville. C'est une ville qu'il aime, c'est une ville qu'il connaît.
Et
donc je sais que je peux compter sur lui,
je
peux compter sur sa détermination,
je
peux compter aussi
sur
les forces de l'ordre qui seront là
en
nombre
pour
pouvoir assurer notre sécurité.
D
'abord, permettez-moi d'abord de dire un mot pour saluer M. le maire de Marseille, qui m'accueille ce soir, lui dire que je lui avais dit que je viendrais et répondrais à un certain nombre de ses questions. Je suis venu
un
peu plus tard que ce qui était prévu, parce que nous avons eu aujourd'hui autour du Premier ministre des réunions importantes, notamment une réunion ce matin de la cellule interministérielle de crise. à l'issue de laquelle il a communiqué.
Et
puis ensuite, dans l'après-midi, c'est ce qui a fait que j'ai décalé mon déplacement ici à Marseille, auquel je tenais beaucoup. Mais nous avons eu une réunion cet après-midi avec les services de renseignement pour faire un point de situation. Et donc c'est pour ça que je suis venu un peu plus tard que prévu, mais je tenais à venir pour rencontrer M. le maire, pour qu
'on
puisse revenir ensemble en présence du préfet des Bouches-de-Rhône, du directeur général de la Gendarmerie nationale, du directeur de la Chambre des Générales, de la Police nationale, qui m'accompagne ce soir, puisqu'on va aller à
l
'évêché après, pour remercier les forces de sécurité intérieures. Je suis venu ici pour répondre en toute franchise, en toute amitié, en transparence aux questions que me posait M. le maire de Marseille sur la gestion des événements de samedi. Question légitime que se pose le maire, comme d'autres maires en France, comme d'autres maires en France, compte tenu des dégâts qu'il y a eu. Et à Marseille, ils ont été particulièrement importants. J'ai aussi, évidemment, à mon tour, une pensée
pour
les nombreux commerçants dont les commerces ont été vandalisés ou voire pillés pour une grande partie, une grande proportion importante d'entre eux. On n'a pas encore tout à fait le chiffre exact, mais ici, on parle d'au moins 300 à 400 commerces
au
bas mot. Donc voilà, je veux avoir une pensée pour eux. Et on a évoqué ce qui s'était passé samedi, ici à Marseille, avec ces groupes, d'abord avec une manifestation qui a eu lieu le matin, spontanée, non déclarée, de la mouvance ultra-gauche. Et puis ensuite, beaucoup de délinquants qui sont venus en plusieurs points dans la ville de Marseille. Évidemment, c'est extrêmement compliqué à gérer quand on a des groupes très mobiles et les forces de sécurité intérieure ont fait un travail remarquable, n'empêche qu'il y
a
eu les débordements qu'il y a eu. Et donc, on a évoqué les jours qui viennent. Et les jours qui viennent, c'est évidemment potentiellement samedi. Donc on ne sait pas encore ce qui va se passer. À Marseille, d'ailleurs, comme sur l'ensemble du territoire national. Et évidemment, on déploiera un dispositif policier très important et qui sera de toute façon plus nombreux que ce qu'il était samedi dernier. M. le maire, je vous l'ai dit et je le redis, qui sera plus nombreux et dont l'emploi se fera beaucoup en mobilité, en extrême réactivité, compte tenu du fait qu'on a des groupes de casseurs qui sont passés à l'action en de nombreux points. En de nombreux points, M.
le préfet me disait qu'il pouvait y avoir jusqu'à 10 ou 15 points en même temps avec des groupes de parfois de 100, 200 personnes. Donc c'est évidemment extrêmement difficile à contenir. N'empêche qu'il faut quand même qu
'on
relève ce défi. En tout cas, c'est le mandat que m'a donné le président de la République et que m'a donné le Premier ministre. Voilà ce que je voulais vous dire en quelques mots. Moi, je vais ensuite aller Véché saluer les forces de sécurité intérieure, c'est-à-dire les policiers ici de la direction interdépartementale de la police nationale des Bouches-du-Rhône,
et
puis des membres des forces mobiles qui ont été engagés, notamment escadrons de gendarmerie mobile et compagnies républicaines de sécurité.
Voilà. M. le ministre, est-ce que vous confirmez les chiffres de M. le préfet qui
disait
qu'il y avait eu plus de 30 000 pilleurs casseurs ? Non, je... Des chiffres que, M. le maire, vous avez
dit qu'ils
étaient farfelus. Est-ce que
vous en voyez, M.
le
maire
? Là-dessus, je me suis exprimé ce matin sur France Inter. Il y a eu une manifestation dans Marseille spontanée. Il y
a
eu un certain nombre de casseurs. C'est toujours difficile d'évaluer, d'estimer. Le chiffre qu
'a
donné M. le préfet, c'est une estimation. Moi, j'ai parlé de quelques milliers de personnes ce matin. Voilà. Je crois qu'il faut en rester là. Je ne souhaite pas qu'on rentre dans une querelle de chiffres. Moi,
j
'ai... Voilà. Le préfet a donné une estimation. Il y avait, de toute façon, quelques milliers de casseurs. C'est énorme. C'est énorme. Oui. Alors, c'est pas de mon ressort, mais je crois que M. Papin... Enfin, le Premier ministre a fait un certain nombre d'annonces ce matin. Et puis, M. Papin a eu un échange avec un certain nombre de commerçants en visioconférence dans l'après-midi. Voilà.
Ce
n'est pas dans mon domaine, dans mon ressort. Mais évidemment, le Premier ministre l'annonçait ce matin qu'il y
avait
un certain nombre d'aides sur le
développement. Vous en parleriez
? Évidemment.
Je
crois comprendre, mais je laisse M. le maire le dire, que M. le maire s'est entretenu avec M. le préfet et qu'il y
a
un certain nombre d'une réflexion sur la question. Mais le Premier ministre a souhaité, il a demandé,
et
nous avons... D'ailleurs, j'adresse ce soir un télégramme à l'ensemble des préfets pour, effectivement, en fonction sur certains secteurs, où il y
a
pu y avoir des troubles à l'ordre public pour certains secteurs, certaines heures également de la journée, évidemment, plutôt le soir et la nuit, on peut, nous, on souhaite évidemment qu'il y
ait
des mesures de couvre-feu, effectivement. Mais après, les préfets voient ça avec chaque maire, puisque pour partie, ces attributions peuvent avoir l'orée du maire ou du préfet, selon le cas.
Vous croyez que c'est nécessaire, en tout cas, M. le ministre, que c'est nécessaire d'avoir des couvre-feu
? Ça fait partie des mesures de police administrative qui sont nécessaires, au même titre que, je crois que le Premier ministre l'a dit, et je l'ai évidemment relayé à l'ensemble des préfets, je vais regarder ça, au même titre que, pour les manifestations qui, dans les jours à venir,
et
qui ne seraient pas déclarées par des organisateurs sérieux, qui ont un service d'ordre, et notamment des organisations syndicales, le principe, ce sera plutôt d'interdire, compte tenu des risques de troubles à l'ordre public que nous avons vus. Voilà, il y a tout un tas de mesures, de police administrative qu'on peut prendre, et qui permettent de garantir l'ordre public et la sécurité.
Sur
ces
nouveaux modes d'action,
demandez-vous, le président de la République, comment ça pourrait se traduire très concrètement ? Quelle réduction va être emportée
?
Le président de
la
République a demandé que ce qui s'est passé samedi dernier ne se reproduise plus. C'est déjà ça. Et il m'a chargé de réfléchir à la doctrine d'emploi. Finalement, pas tant de maintien de l'ordre, puisque dans ce qu'on a vécu ici, on n'était plus sur des violences urbaines, des émeutes,
d
'essayer de les contenir. Et je vais y réfléchir évidemment avec les directeurs généraux, premier volet. C'est de la doctrine opérationnelle. Ça veut dire qu'il faut qu
'on
soit plus mobile, plus réactif. Mais les policiers, les gendarmes le sont déjà. Mais il faut encore cranter un cran, aller au-dessus. C'est manifeste. Puis ensuite, il
y
a une réflexion. Un plan d'action, ce n
'est
pas que de la doctrine opérationnelle. Il y aura forcément un plan d'action aussi. Et j'en ai déjà parlé avec le Premier ministre sur des mesures de police administrative supplémentaires qui permettent d'assurer ici une meilleure répression des émeutiers, une meilleure prévention. Voilà, il y a tout un tas de mesures de police administrative auxquelles nous réfléchissons et que nous rendrons publiques maintenant très vite.
Écoutez,
je ne peux pas parler sur Marseille. C'est très variable en fonction des territoires. Il
y a
des endroits où ça ne concerne que les mineurs et d'autres endroits où ça peut concerner tout le monde. Voilà, en tout cas, ce sont des mesures de police administrative qui visent à éviter des troubles à l'ordre public et dont nous considérons qu'elles sont absolument nécessaires dans certains territoires.
Non,
enfin, bon, il y a eu, je l'ai dit, je me suis exprimé ce matin sur France Inter, le président de la République s'est exprimé, on a eu une mobilisation qui a dépassé ce à quoi nous nous attendions.
En
volume de manifestants, d'une part, mais pas que, c'est surtout en volume de mobilisation de la mouvance d'ultra-gauche ou de l'extrême-gauche radicale
qui
s'est mobilisée de manière plus importante que ce que nous avions prévu et dont le...
C
'était vrai aussi à Marseille, ici, dont le but était de prendre à partie les forces de sécurité intérieure ou de s'en prendre au bâtiment public
pour
l'ultra-gauche et pour l'extrême-gauche radicale. Et puis, on a vu un volume important de pilleurs, de casseurs arriver sur un certain nombre de grandes villes, dont Marseille, dont Paris. Et donc, voilà, c'est surtout ça ce qui s'est passé. Et il était très compliqué de contenir tous ces groupes qui se sont déployés en plusieurs points dans les grandes agglomérations ou même dans les villes moyennes. Et ça a été, évidemment, extrêmement difficile à contenir, ce qui explique le nombre de commerces pillés importants ou de bâtiments publics attaqués importants. Mais les forces de sécurité intérieure, je veux le redire, ont fait un travail formidable. Il y
a
eu de nombreuses exactions qui ont été évitées grâce à leur engagement. Et je ne voudrais pas que dans ces débats... Moi, je suis un ministre de l'Intérieur responsable. J'assume ma responsabilité. Mais je ne voudrais pas que dans ces débats... Là, ça fait quelques minutes qu
'on
se parle. Personne ne dénonce, personne ne parle des casseurs, des pilleurs. Il ne faut pas oublier que ce qui génère ces troubles à l'ordre public, c'est une mouvance d'ultra-gauche ou d'extrême-gauche radicale qui passe à l'action violente, qui n'est pas un mode d'expression acceptable dans notre démocratie. Et puis, des casseurs et des pilleurs qui sont venus en nombre pour dévaliser les commerces. Ce n'est pas ce que je vous ai dit. Ce n
'est
pas ce que j'ai dit. Il faut bien distinguer les deux publics. Vous avez les casseurs-pilleurs qui sont des délinquants, qui vont profiter d'un certain nombre de manifestations,
de
regroupements pour passer à l'action violente et piller les commerces. Et puis, vous avez des mouvances plus politiques qui, elles, mais qui sont également dans l'expression radicale et dans la violence, mais qui ciblent plutôt, plutôt, les bâtiments, les mairies, M. le maire, les mairies, les commissariats, et d'autres types de bâtiments publics. Voyez ce qui s'est passé avec l'office de tourisme à Lyon ou encore avec la mairie de Limoges qui a été incendiée.
Est-ce que vous répondez à ces commerçants qui s'organisent pour sécuriser leur commerce ? C'est-à-dire, ici, à Marseille, il y en a d'autres. Est-ce que vous,
ministre
de l'Intérieur, vous leur dites, ne vous inquiétez pas, l'État vous protège ?
Je leur redis que nous sommes là pour les protéger et que le préfet des Bouches-du-Rhône, l'ensemble des forces de sécurité intérieure, sont là pour les protéger. Et nous allons, évidemment, continuer cette action. Il faut faire confiance aux forces de sécurité intérieure.
Voilà. C
'est bon pour vous. Merci beaucoup. Merci. Merci.
Et
voilà, donc, pour cette prise de parole entre le ministre de l'Intérieur et le maire de Marseille, qui l'a attendu. Et il a eu sa visite manifestement. Les ponts sont possibles. Et il a eu des réponses.
Et visiblement, ça s'est plutôt bien passé, cet échange avec le ministre de l'Intérieur et le maire de Marseille. Parce qu'on a eu, il y a quelques instants, enfin, il y
a
quelques minutes, Bonapoyen à l'antenne sur France Info Canal 16. Il était plutôt un petit peu remonté pour parler
poliment. Là, il est content des
échanges. Voilà, il dit qu'il est content des échanges. Laurent Nunez confirme qu'il y
aura
un dispositif policier plus important à Marseille.
Est-ce que c'est
dès samedi pour cette manifestation ? Et ce qui parle plus globalement, pour l'instant, ce n'est pas très clair. On attend des précisions. Et puis surtout, l'annonce,
c
'est qu'il n'y a pas de couvre-feu à Marseille. Contrairement à d'autres villes, Lyon, Paris, Lille, Nice, à Marseille, pour l'instant, pas de couvre-feu.
Rappelons que c'est le
préfet.
C'est le
préfet
décidé en lien
avec
le maire.
Et pendant que vous parliez, la ville de Bordeaux s'est ajoutée aux villes qui possèdent un couvre-feu qui concernera les mineurs entre 22h et 7h. On vous rend la parole entre cette parenthèse du ministre à
l'intérieur. Vous étiez aux
affaires. La prochaine manifestation, pour terminer la question d'Antoine, vous l'autorisez ou pas
? Samedi
prochain,
à l'appel des Gilets jaunes.
Je vous le rappelle, le droit de manifester dans notre pays est un droit constitutionnel, un droit très important. Et donc, nous, au Rassemblement National, on fait d'abord confiance, un, à nos services de renseignement, qui sont capables d'évaluer la menace. Deux, à nos
forces de l'ordre... Là, ils ont failli,
de la bouche même du garde des Sceaux.
Oui, mais bon, permettez-moi quand même d'avoir quelques doutes sur l'expertise du garde des Sceaux en la personne de Gérald Larmanin, qui nous a chanté d'ailleurs les louanges de Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, en nous disant que c'était un très bon ministre. Quand on voit le fiasco qui a été le maintien de l'ordre et la lutte contre les casseurs à la fois le samedi 17 et le dimanche 18, désolé, c'est pas ce qu'on appelle un grand ministre bien droit dans ses fonctions.
Et pourtant, on s'étonne, ils
doivent rester, selon vous ?
Juste pour vous répondre sur la question de la manifeste... Il doit rester.
C
'est pas
ça. En tout cas, vous ne demandez pas
leur
départ, ça peut interroger. Dans une démocratie saine et normale,
normalement, face à ce genre de fiasco, le ministre intérieur remet sa démission et ensuite, le président de la République
et
le Premier ministre, ce qu'il a fait en effet, ensuite, juge
si oui ou non, il est
encore apte de pouvoir faire ou non. Si vous voulez remplacer M. Laurent Nunez par un macroniste bis qui appliquera exactement la même politique, c'est-à-dire une politique zéro et néant pendant six mois en matière de sécurité, ça ne sert strictement à
rien. Finalement, c'est les économistes qui réclament la
démission de Laurent
Nunez. On sait que le
prochain rendez-vous, c'est un rendez-vous électoral, un rendez-vous où les Français pourront trancher ce débat et ce sera évidemment tout l'enjeu de l'élection présidentielle. Sur la question de la manifestation, pour en revenir, nous, on fait confiance aux renseignements qui sont capables d'évaluer les menaces, aux forces de l'ordre, dont c'est l'une des missions aussi, l'une des missions principales, c'est de protéger ceux qui manifestent vis-à-vis des personnes violentes qu'il y a en dehors de ces manifestations. Et
ensuite, la
troisième chose, c'est
aussi
nos hauts fonctionnaires dans les préfectures qui sont capables de prendre des décisions
au bon moment
ce sont
des
hauts serviteurs de
l
'État.
Je voudrais
vous entendre sur les casseurs parce qu'on a les premières comparutions immédiates. Quelle est votre lecture ? Il y a énormément d'images qui ont circulé qui ont véritablement choqué les Français. Qu'est-ce qui s'est passé selon vous ? Mais surtout, qui a pillé selon vous
? Il
y a deux choses très différentes. Vous avez les casseurs et les pilleurs. Les casseurs, on les connaît. Ce sont les mêmes depuis dix ans. Ils sont, le ministre l'a rappelé, d'ultra-gauche ou d'extrême-gauche radicale. Je ne
vois
pas très bien la différence entre les deux. Ce sont les mêmes qui vont de ZAD en ZAD et qui cherchent à assassiner des policiers.
Il
faut le dire aussi. Donc
ça, c'est l'ultra
-gauche
que pointe le gouvernement, selon vous. On
l'a vu aussi sur vos images. Moi, je l
'ai
vu à Brest. Vous avez des tags à peu près partout. Ce sont des tags d'ultra-gauche qui portent des slogans. Et
c'est l'ultra-gauche qui
dévalise les
magasins ?
Alors ça, ce sont les casseurs. Les casseurs politisés. Ils sont là pour casser en particulier des policiers et des gendarmes et pour brûler des bâtiments publics pour engager une forme de chaos et de révolution. Je mentionne quand même que ces casseurs ont leurs représentants politiques. Vous connaissez les liens qui existent, par exemple, entre le mouvement de la jeune garde et la France insoumise. Il y a une tendresse et des excuses de la part de l'extrême-gauche en direction de ces casseurs. Ensuite, vous avez les pilleurs.
Les pilleurs, ce sont en particulier, le ministre l'a dit, des jeunes issus des banlieues, des quartiers sensibles et qui vont derrière les casseurs pour ravager ces magasins et profitent, si vous voulez, de
l
'effondrement
de l'or
pour piller. Mais il y a bien deux types de délinquants qui sont très différents. Les uns très violents, très politisés et les autres qui foutent le boxon dans notre pays. Et il faut mettre les uns comme les autres hors d'état de nuire, simplement, de manière très démocratique en les mettant en prison.
Deux choses. Déjà,
vous
êtes
en prison,
mais Cyril...
Oui, tous ceux
qui violent la loi, madame Jérôme, je vais faire attention en sortant. Tous ceux qui violent la loi doivent aller en prison. Je sais que ça va être très bizarre pour une écologiste comme vous. Si vous
pouviez, vous me mettrez en
débat sur les liens que fait Mme
de
Calais. J'ai l'impression
que vous pouvez faire alliance dès le premier tour, réfléchissez, parce qu'en fait,
vous
êtes quand
même très proches. Ce qui est impressionnant, c'est que
pour une députée de la République, il soit anormal de
mettre en prison les gens qui violent la loi et qui cherchent à s'inspirer des policiers.
Non mais, vraiment, je vous invite à la modération, vraiment, parce qu'en fait, là, vous êtes dans un extrémisme qui...
Est
-ce que pour vous, jeter
un cocktail Molotov
sur un policier, ça ne doit pas conduire par la casse primaire, Mme Rousseau ? Moi, je
prends la déclaration de la procureure de Paris qui a vu toutes les personnes en comparution immédiate et qui dit on ne peut pas affirmer, je ne peux pas affirmer aujourd'hui qu'il s'agit de l'ultra-gauche. C'est une procureure, c'est la procureure de Paris qui dit, en fait, il ne se revendique pas spécifiquement d'une mouvance politique, et donc,
on
ne peut pas affirmer qu'il s'agit d'ultra-gauche. Après, vraiment, moi, j'ai l'impression qu'on utilise le terme ultra pour faire très peur parce que vraiment, la gauche, ça fait peur, mais ultra-gauche, ça fait ultra peur. Vous voyez, il y a un truc comme ça vraiment qui est incroyable et par ailleurs, sur les casseurs, moi, je
pense que... Les pilleurs, la distinction de Mme de
Calan, c'est les casseurs et les pilleurs.
En fait, des
casseurs ou des pilleurs, il y en a dans chaque événement, c'est-à-dire qu'il peut y en avoir... Pardon, mais parce que tout à l'heure, vous me disiez non, mais je sais, c'est les gens des quartiers nord, mais en fait, on n'en sait rien. Enfin, je veux dire,
c'est vraiment des présupposés. qui l'a dit, Mme Rousseau. C'est des
présupposés qui
sont... Les Français, ils ont des yeux pour voir.
Je le pose, racistes et qu'à un moment donné, on ne peut pas, dans ce moment-là, attiser cela. Attiser cela.
Donc moi, je
vous dis, les casseurs, je pense que ce sont des gens qui viennent comme ça à chaque fois qui a un peu de chaos.
C
'est-à-dire que c'est à la fois à la sortie des matchs de foot, à la fois au premier de l'an, à la fois... En fait, c'est des gens qui profitent de chaque événement dont ils savent qu'ils peuvent se fondre dans la foule pour
casser. Mais il faut faire quoi de ces gens-là, quand même ? C'est pas spécifiquement lié
à une manifestation ou à une autre puisque après plusieurs manifestations sportives, il y a eu des cassages
au premier de l'an sur les gens de l'Ice. Qu'est-ce qu'on fait rapidement pour les
trois ? Qu'est-ce qu'on fait
pour casser... Ça n'a pas de lien direct
avec la politique
que
nous menons et avec les revendications des manifestations qui sont d'avoir un vrai pouvoir d
'achat.
Mais
on entend bien, mais qu'est-ce qu'on fait de ces gens-là ?
Non mais ces gens-là n'ont pas à casser des vitres. Donc en fait, ce sont des justiciables. Enfin voilà, il n'y
a
pas de sujet plus que ça. Donc
ils doivent être
jugés et punis s
'ils sont condamnés
? De la même manière que tout le monde.
C
'est pour ça que moi je leur dis même
à eux
arrêtez en fait, arrêtez
de le faire parce que vous êtes en train de casser
votre avenir de manière... Parce que vraiment vous allez prendre des peines très lourdes parce que là tout le monde est enflammé donc vraiment arrêtez de faire ça.
Gaëtan Duceau, c'est peut-être sur le
profil des casseurs, des pilleurs. Qu
'est
-ce que vous répondez au Rassemblement national ? Vous avez eu une espèce d'alliance de circonstances à la fois entre des militants on en déplaise à Mme Rousseau mais des militants qui sont en effet d'extrême-gauche, d'ultra-gauche dont le projet est un projet révolutionnaire, un projet de chaos et qui est un projet politique. Ils ont leur relais dans l'hémisphère électorale de la vie politique française à travers la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. J'ai repris encore un certain nombre de déclarations qui ont été ceux des cadres de LFI. Jean-Luc Mélenchon qui nous disait il y
a
des années abatté la citadelle, encore Thomas Porte la sauvagerie policière française est sans limite, Alma Dufour la faim justifie les moyens. Donc on a des personnes qui en fait passent leur temps parce que c'est un projet politique ce projet de chaos de jeter de lui sur le feu.
Et puis à côté de ça vous avez... Et
de l'autre côté vous avez ensuite une délinquance du quotidien qui
s'immisce dans ces scènes de liesse et
qui viennent profiter pour casser, pour piller, pour aller détrousser des commerçants entiers des produits entiers pour ensuite les revendre sur des plateformes de
vente en ligne, etc. Les casseurs, pardon, ils existaient avant
LFI, non ?
En plus, il y en a eu dans chacune des manifestations. Mais en plus, je reviens aussi dans chaque manifestation
il
y a aussi des débordements. On va pas y arriver. On les a terminés, monsieur Dussaud. Alors, juste
pour terminer là-dessus, on peut aller regarder un petit peu dans le rétroviseur de la vie politique parce que c'est très intéressant. Moi, je me souviens qu'en 2017, Emmanuel Macron venait d'être élu et il y avait à ce moment-là des manifestations contre, souvenez-vous, la loi travail XXL. Et à l'époque, Jean-Luc Mélenchon lui-même était dégagé des manifestations par ses casseurs et cette extrême-gauche qui était ultra-violente et qui disait Jean-Luc Mélenchon n
'est
pas un camarade, etc.
Qu'est-ce qui s'est passé entre-temps ?
Mais parce que Jean-Luc Mélenchon, aujourd'hui, il a fait
élire
M.
Delogu qui a été condamné pour des faits de
violence contre un proviseur et une CPE dans un établissement
scolaire de Marseille. Il a pactisé avec
des
gens qui ont été
condamnés pour des faits de violence. C'est devenu un projet politique pour Jean-Luc Mélenchon. En effet, il a particulièrement changé en l'espace de 10 ans et on en voit les résultats aujourd'hui.
Vous
avez un député qui a été condamné pour violence en réunion. Enfin, je veux dire...
Non, ça, c'est Raphaël Arnaud qui est aujourd'hui député de la France Assamuse avec qui vous avez pactisé. C'est
celui qui avait aussi une librairie négationniste qui a été condamné M. Bocaliti pour violence en réunion.
Donc, je veux dire qu'il faut arrêter. Là,
j
'ai l'impression... Vous mède d'accord. Non, mais là, j'ai l'impression... Vous allez chercher les dossiers de 300 ans. Vous ne parlez pas tous
en
même temps. Non, mais moi,
je vais vous dire... Enfin, là, vraiment, je voudrais juste qu'on revienne parce que c'est une réalité parallèle.
C
'est-à
-dire
que là, on a eu des gens qui demandaient juste à pouvoir payer leur logement un peu l'essence, etc.
Regardez
les écrans, Mme Rousseau. En fait, ce que les Français ne supportent plus, c'est que si vous voulez... Si vous, si moi, demain, on va casser une vitrine, si on jette un pavé sur un policier, nous, on va être jugés en comparution
illégale. Et moi, ce que je ne supporte pas, c'est
qu
'il y a aujourd'hui 9 millions de pauvres
dans
le 7e pays. Regardez ces écrans. Dans le 7e pays. Ils
ravagent, pour finir ma phrase, il y
a
des gens qui ravagent nos centres-villes et il
y
a une forme d'impunité.
On l'a dit tout à l'heure. Mais moi, je vais vous dire ce que je ne supporte pas. C'est une bonne question là. Ce que je ne supporte pas. Après chaque manifestation, c'est pas vrai. Si il y a une impunité, non, il y a des... Et Edouard Philippe, le candidat à l'élection présidentielle, lui, il propose que ce pays soit commandé. Et
vous êtes bien la seule, Mme Rousseau,
vous êtes bien la seule à ne pas voir que ces casseurs sont d'une tragauche et sont là Non, ils ne sont pas d'une tragauche. Non, ils ne sont pas d'une tragauche. Moi, j'ai une vraie question. Non, juste, ça n'est pas vrai qu'il y a
une impunité.
Au contraire, il y a
des
peines qui sont bien plus
lourdes après ces événements-là que
dans la
moyenne des
autres actes. Donc,
en
fait, ce n'est
pas vrai qu'il y a une impunité.
Et
par ailleurs,
vous mélangez absolument tout. S'il vous plaît,
je vais essayer d'être plus calme que vous tous parce que là, on ne comprend plus rien, on n'entend rien, ce n
'est
pas très audible. Une question importante, question politique, à qui ça profite finalement ? Est-ce que ça profite au Rassemblement national ? Est-ce que ça profite à LFI ? À qui profite ? J
'ai envie de dire à qui profite le crime ? À qui profite ce qui s'est passé samedi ? Les manifestations d'extrême
droite où ils sont en rang ou pas habillés tous en noir où les policiers n'interviennent pas, là, évidemment, ça ne génère pas tous les plateaux qu'on peut générer avec les images qu'on a eues depuis hier. Moi, je regrette ces images-là. Je pense que vraiment, cette manifestation était une manifestation qui était joyeuse solidaire,
forte, etc. Et en fait, on est en train de parler
que de ça, mais ça arrange aussi le pouvoir qui, dans ces cas-là, n'a pas de remise en question à avoir,
ne s'interroge pas
sur
la
finalité politique des revendications. Et ça profite évidemment...
On va en parler, mais c'est une question importante. Ça profite
évidemment...
Ça profite.
Non, mais le
Rassemblement
national souffle sur les braises comme si c'était anodin de dire que... Enfin, c'était des casseurs d'ultra-gauche, etc. Vraiment, moi, je voudrais
qu'on reprenne un peu de la réunion. On laisse Maël Decalin répondre et après, nous irons place de la République. oui, ont été violents. Maël Decalin en
40 secondes. En 40 secondes, ça profite à tous ceux qui veulent polariser le débat. Ça profite au Rassemblement national et à l'extrême-gauche qui veulent
transformer le débat
en guerre de tranchées.
Ce
que dit Edouard Philippe, c'est que ce pays doit être commandé. Commander un pays, c'est pas seulement rétablir l'ordre. On en a beaucoup parlé et il faut rétablir l'ordre. C'est pas seulement débarrasser la France de ses casseurs. Commander
le pays, c
'est
aussi lui offrir des perspectives.
C'est aussi lui offrir des perspectives sur
le plan du pouvoir d'achat. Emmanuel Macron ne commande pas aujourd'hui.
Je pense que le pays n'est plus commandé comme il devrait. On fait
un tour,
place de la République et on vous redonne la parole juste après. Nous sommes dans une démocratie. C'est promis. On va près de la République retrouver notre
envoyé
spécial Maxime
Laurent parce que Maxime,
vous êtes au moment où le couvre
-feu démarre. Madame Rousseau, on vous rend la parole juste après. Maxime Laurent.
Oui, tout à fait, le couvre-feu qui est en train de démarrer ici. Il y a beaucoup plus de gendarmes qu'au début de la soirée. Un dispositif très impressionnant des portes de l'ordre ici. Elles ont prévenu plusieurs fois dans un mégaphone qu'il fallait bien quitter la place de la République, place de la République qui est en train de terminer, de se vider à l'instant où je vous parle actuellement. Il y a des gendarmes tous les 10 mètres à peu près sur cette place pour éviter qu'elles soient occupées à nouveau par des gens ce soir. Alors, les pourtours de la place de la République pour le moment sont toujours occupés par des gens. Les cafés sont toujours ouverts, les restaurants aussi.
Et on sent une certaine forme d'apaisement effectivement par rapport aux derniers jours ici avec aucune violence à signaler pour le moment.
Maxime Laurent, direct de la place de
la
République, Maldequin. Je vous pose une question. Je reprends avec vous. Il y a quand même 4, 500 000, 800 000, les Mme Rousseau, personnes qui ont défilé dans la rue avec des revendications. Absolument. Est-ce que finalement, si on les avait écoutées plus tôt, on ne se serait pas épargné ce week-end de chaos ?
Non, mais il
y
a deux choses très différentes. La première, c'est que les manifestants doivent être respectés. Leurs revendications, ils ont le droit de les porter. Ça ne veut pas dire qu'ils ont un droit absolu à ce que tout ce qu'ils proposent et ce qu'ils demandent soit mis en œuvre, sans quoi on met le pays à feu et à sang. Donc il y a des revendications qui
ont été
exprimées. Je pense en particulier aux lycéens qui demandent des
choses. Qui n'ont jamais
été reçus par le Premier ministre. Qui demandent des choses. Moi, je ne défends pas le Premier ministre. Je suis le porte-parole d'un candidat à l'élection présidentielle.
Mais il devra l'être parce que Jean-Pierre Carandou nous a dit tout à l'heure que ce n'était pas forcément d'actualité. Il peut y avoir
dans les manifestations, en particulier sur les lycéens, je pense à la médecine scolaire, à la santé mentale des jeunes. Je pense pour des centaines de milliers de Français, des sujets de pouvoir d'achat auxquels Édouard Philippe a envie de répondre par le travailler plus, travailler plus pour gagner beaucoup plus. Donc oui, il peut y avoir des revendications qui sont légitimes. Oui, les malheureux manifestants qui à Brest comme ailleurs se sont fait pourrir leur journée par ces casseurs d'ultra-gauche doivent être bien énervés.
Vous avez un gage ? Alors, dites pas l'ultra-gauche. Évidemment, on va écouter
Gaëtan.
Je pense
qu
'il faut nommer les choses, Madame Rousseau. Vous êtes bien la seule
ici à penser que les manifestants étaient là
pour
poser des
autres que l'on a de Dalai Lama, c'est des mêmes des urnes à gauche. Juste pour bien comprendre, la question de
la
réponse politique,
elle
est
fondamentale. Rarement, on a vu en France un mouvement social et des crises aussi puissantes arriver si proches d'une élection.
Est
-ce qu'il faut répondre maintenant ou est-ce qu'il faut attendre les urnes ? Je suis très frappée de voir que le site internet du Rassemblement national dit « Attendez, adhésion, vous avez fait toute une série de visuels pour dire « Rendez-vous dans les urnes »
?
»
Les
Français attendent des réponses maintenant puisqu'ils sont dans la rue maintenant. Est-ce que ça ne raconte pas tout simplement qu'ils n'attendent plus rien de ce qui arrive de l'élection pourtant maîtresse ? Est-ce que ça n'acte pas d'une forme d'impuissance politique ?
Oui, qu'il y ait un besoin d'une réponse dans l'immédiat de maintien de l'ordre et d'être capable de sécuriser l'espace public, de sécuriser les outils de travail,
et dégroutent
des
manifestants ? Sur le mouvement social puisqu'on évolue dans le débat. On avance.
En fait, c'est juste que les Français savent pertinemment, et ce n
'est
pas le Rassemblement national qui le dit, ni Marine Le Pen ni Jordan Bardella, c'est les Français savent pertinemment qu'ils n'ont plus rien à attendre du pouvoir qui est en place. Le budget qui va venir est une saignée sociale, une saignée fiscale. Emmanuel Macron ne compte plus prendre une seule décision pour essayer d'améliorer le quotidien des gens. Donc tout le monde sait qu'en
fait, la page du macronisme est définitivement tournée. Et donc le prochain rendez-vous forcément c'est dans 6 mois les élections présidentielles. Que les Français descendent dans la rue si proche d
'une échéance comme si au fond le bulletin dans l'urne ne servait plus à rien.
Non
?
Mais si justement,
c
'est là nous on dit
aux Français parce que attendez... Ils sont quand même
impatients
pour maintenant.
Oui mais si vous me le permettez, en fait là
ce que l'on
voit actuellement sur les images, ce n
'est
pas la majorité des Français. C'est-à-dire que la majorité des Français sont
calmes,
silencieux, subissent la politique injuste d'Emmanuel Macron qui est menée maintenant depuis 10 ans et qui a été supportée par Édouard Philippe et Gabriel Attal et attendent des réponses politiques. Mais ils savent bien que le rendez-vous pour pouvoir apporter ces réponses
-là,
ce sera l'élection présidentielle.
Et ce sera donc en 2020. La loi Casseur-Payeur vous la votée au
Sénat
? Bien sûr et
on fera tout ce qu'il faut pour essayer d'améliorer et de renforcer parce qu'il
y a
quand même une double responsabilité qu
'il
ne faut pas oublier. On a évidemment énormément dénoncé ici sur ce plateau la responsabilité de l'extrême-gauche qui partage ce projet de violence. Mais il y
a
aussi une responsabilité qui est celle de l'impuissance qui a été organisée
par les Macronistes. La loi Casseur-Payeur doit très peu près avoir une mesure
qui
pourrait être votée
avant l'élection.
Absolument. Édouard Philippe, hier soir à la télévision, a redemandé qu'on engage la responsabilité financière des casseurs mais il y ajoute aussi la responsabilité financière des parents des casseurs mineurs qui ne
peuvent pas se dédouaner, qui ne peuvent pas se donner.
Eh bien, il y a des allocations familiales qu'on peut saisir.
Il
y a des minima sociaux qu'on peut évidemment saisir. Quelqu'un qui est au minima sociaux et qui trouve le temps d'une agence bancaire, oui, il faut évidemment aller se
dire sur la
sanction des parents. Non. Je ne voterai pas la loi Casseur qui dit que toute personne présente dans une manifestation où il y a eu de la casse, même si la personne n'est pas elle-même casseur, peut devoir financer et rembourser les dégâts. Non,
en
fait. Non, ça c'est une atteinte manifeste à nos libertés publiques. Et moi,
j'avais fait pari
au début de la présidentielle qu'Édouard Philippe prendrait la part encore plus à l'extrême droite que le Rassemblement national. Force est de constater après ce débat que c
'est le cas.
Et je suis vraiment extrêmement inquiète.
Myriam,
pour conclure.
Merci à vous. On s'arrête là. Est-ce qu'on retourne voir la place de la République ?
Place de la République où ça y est, le couvre-feu est en vigueur.
Sous
-titrage
Société
Radio-Canada
Gaëtan Dussausaye