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ChroniqueSébastien Gobert· 10 septembre 2025 9 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

La Pologne abat des drones russes: l'escalade?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Sébastien GobertChiffre
    « 458 drones et missiles russes lancés sur l'Ukraine dans la nuit du 9 au 10 septembre. »
  • 2:00Sébastien GobertFait
    « La Pologne a abattu au moins h drones russes qui ont pénétré son espace aérien. »
  • 3:00Sébastien GobertFait
    « C'est la première fois qu'un pays de l'OTAN abat des projectiles russes sur son territoire. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

458 drones et missiles russes lancés sur l'Ukraine dans la nuit du 9 au 10 septembre. au moins une personne décédée dans l'oblast de Gitomir et dans tout le pays comme Alvif où j'ai passé la nuit des sirènes, des explosions et des tirs de DCA constants. Mais pourtant cette nouvelle attaque russe contre l'Ukraine, ce n'est pas ce qui fait les gros titres ce matin.

Ce qui crée l'événement plus que ces bombardements russes sur l'Ukraine auquel on est habitué pour le meilleur et pour le pire, c'est le fait que la Pologne a abattu au moins h drones russes qui ont pénétré son espace aérien. Et c'est évidemment majeur puisque c'est la première fois qu'un pays de l'OTAN abat des projectiles russes sur son territoire. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo où l'on tente d'y voir un peu plus clair dans cette affaire puisque je vois déjà des gros titres sur la guerre, sur l'escalade mais dans une situation comme ça on ne peut pas être trop simpliste.

Alors évidemment là j'enregistre cette vidéo à chaud. Il y a des détails qui émergent au fil de la matinée, mais c'est d'abord et avant tout pour expliquer pourquoi est-ce que selon moi ce n'est pas une escalade. C'est d'abord et avant tout un test et pour vous proposer deux enseignements que l'on doit tirer de cette nuit.

Alors ce qui s'est passé c'est que dans le cadre de l'attaque aérienne nocturne de la Russie contre l'Ukraine, au moins h drones ont pénétré l'espace aérien polonais. Donc h drones, ça c'est l'estimation de Volodimir Zelenski, le président ukrainien. Le premier ministre Donald Tusk lui parle d'un nombre énorme de drones, huge number, mais sans préciser un nombre exact.

Bon, de toutes les manières, je n'entre pas trop dans les détails ici. Ça, ce sont des informations que vous pouvez avoir en tous les cas, il semble clair de par la nature des projectil que on ne peut pas savoir si ils visaient une cible en Pologne ou si tout simplement ils opéraient une manœuvre pour contourner les défenses aériennes ukrainiennes et repartir en Ukraine. Mais ce qu'il faut déjà voir, c'est que la violation de l'espace aérien polonais, ça n'est pas quelque chose de nouveau.

Il faut se rappeler le premier choc, ça a été en novembre 2022 quand un missile de la défense aérienne ukrainienne avait été détourné et s'était écrasé dans un village tuant deux fermiers polonais. Et ça c'est une situation qui s'est répétée de nombreuses fois ces trois dernières années, même si elles n'ont pas fait de victime. Et des projectiles donc qu'il soit ukrainien ou la plupart du temps russe volent très souvent au-dessus de la Roumanie et des États-Baltes.

Et évidemment aussi l'espace aérien de la Moldavie est violé assez régulièrement mais la Moldavie ne fait pas partie de l'OTAN. Donc c'est un cas un peu à part. Donc sur le fait que des drones aient violé l'espace aérien polonais, finalement il n'y a rien de nouveau.

Là ce qui est différent, c'est que l'aviation polonaise les a abattu. Et dans la foulée, les autorités polonaises ont aussi fermé une partie de leur espace aérien, plusieurs aéroports dont ceux de Varsovie et rappeler une partie de leur réserviste. Et donc c'est clairement inédit.

C'est quelque chose qui ne s'est pas passé depuis 2022 en Pologne. Mais est-ce que pour autant on peut considérer ça comme un acte de guerre comme l'ont déclaré directement plusieurs élus américains afin de faire pression sur l'administration Trump ? Moi mon analyse c'est que ce n'est absolument pas le cas.

D'abord parce que on ne sait pas si ces drones visaient quelque chose en Pologne ou en Ukraine comme j'ai dit. Deuxièmement parce que encore une fois les incursions de projectiles russes ou ukrainien en Pologne ça n'est pas nouveau. Troisièmement parce que si la Russie voulait sérieusement attaquer militairement la Pologne, elle s'y prendrait avec un peu plus que une dizaine de drones.

Elle enverrait au moins quelques missiles étant donné que la Pologne est aujourd'hui une des premières armées de l'Europe continentale. Quatrièmement, les attaques hybrides de la Russie contre la Pologne mais contre les Étatsmembres de l'Union européenne et de l'OTAN. Ça fait des années que ça dure et ça fait des années que l'on vit dans ce climat d'adversité et de confrontation qui est très largement entretenu par la Russie.

Et donc il ne faut pas voir ici une escalade puisque'en fait l'escalade c'était vraiment le 24 février 2022 quand la Russie a décidé de recourir à la force militaire pour atteindre ses objectifs stratégiques et pour nier la souveraineté d'un état indépendant. Et là en fait on est plutôt dans la continuité de ce que la Russie a lancé en 2022. Et donc plutôt que de multiplier les cris d'or frais et de redouter la guerre comme un concept absolu, il vaut mieux accepter le fait que l'on est déjà dans ce contexte de confrontation depuis déjà de nombreuses années.

Donc moi, j'y vois clairement quelque chose d'inédit, mais je n'y vois pas une escalade. Par contre, c'est clairement un test et ça a plusieurs niveaux. Premier niveau, c'est le test du trop plein de la confiance russe.

On a vu après les sommets en Alaska et en Chine que Vladimir Poutine est vraiment regonflé, il est désinhibé parce que maintenant il est non seulement assuré de la faiblesse de Donald Trump mais en plus de ça du soutien renforcé de la Chine qui va lui permettre de lever des fonds sur son marché financier en achetant des actions d'état chinoises et qui va aussi lui acheter du gaz à travers la construction du temps désiré gaz auoduc force de Sibérie. Et là, ça fait 10 jours que l'on voit Vladimir Poutine encore une fois désinhiber, qui réitère ses ambitions maximalistes, même en s'en moquant, en invitant, par exemple Volodimir Zelenski à Moscou, sachant très bien que ça n'est pas faisable et en lançant des attaques spectaculaires contre l'Ukraine. Je rappelle entre le 7 et le 8 septembre, un nouveau record a été établi, 810 projectiles russes lancés contre l'Ukraine, des drones et des missiles dont un qui s'est abattu sur le bâtiment du cabinet des ministres en plein centre de Kief.

Et on peut aussi citer cette attaque hier dans la région de Donevk sur un rassemblement de retraités qui étaient en train de recevoir leur pension et c'est une attaque qui a fait au moins 24 morts et 19 blessés. Le deuxème test, c'est celui de la réactivité des forces de l'OTAN dans le cadre du lancement des manœuvres Russoaux Béarus Zapad 2025. Là, évidemment, rien d'exceptionnel, hein.

L'exercice Zapad est annuel. Zapad, voulant dire en Russe ouest, Occident. Mais dans le contexte de l'invasion généralisée de l'Ukraine, évidemment, ça prend une dimension toute particulière.

Et hier, la Pologne a annoncé fermer sa frontière avec le Belarus pendant la durée des exercices, justement pour éviter tout débordement ou toute provocation. Mais cette provocation, elle est venue par les airs. Moscou testant explicitement depuis des années la détermination des forces de l'OTAN.

Et là, après les 3 années qui viennent de s'écouler, qui ont quand même été marqué par un atentisme des forces de l'OTAN, je suis à peu près persuadé qu'il y a pas mal de surprises à Moscou, mais aussi évidemment dans les chancelleries européennes et à Washington. Et là justement, c'est un 3è test, c'est celui de l'autonomie stratégique des Européens, en l'occurrence des Polonais. Puisque on se rappelle en 2022, quand les deux fermiers avaient été tués donc par ce projectile ukrainien, les leaders du G7 qui étaient réunis au sein du G20 à Bali s'étaient très vite réunis pour émettre des déclarations qui avaient minimisé la gravité de la situation.

C'était évidemment une époque où personne n'était prêt à gérer ce genre d'événement, mais c'était aussi l'époque où les garanties de sécurité américaine sur le continent européen paraissaient extrêmement solide. Alors que avec Donald Trump et son administration au comportement ératique, il n'y a vraiment plus rien de sûr et on ne peut plus imaginer que le département de la guerre, donc qui n'est plus le département de la défense américain, prenne des mesures concrètes pour protéger la Pologne et plus généralement le flanc oriental de l'OTAN. Les États-Unis évidemment sont toujours présents.

Leur désengagement ne peut pas être instantané et ils mettent toujours à la disposition des Européens leur renseignement, leur logistique, leur expertise militaire. Mais par contre, leur détermination politique, elle n'est plus là. Et ils ont répété clairement qu'ils n'étaient plus disposés à utiliser les outils de la puissance dont il dispose pour protéger les Européens.

Et donc là où les Américains exhibent leur flottement et leurs faiblesses, et bien les Européens doivent démontrer leurs forces et leurs détermination. Aujourd'hui, ça s'est passé en Pologne, mais ça pourrait tout aussi bien se passer en Roumanie demain, puisque on avait suivi ces dernières années un débat assez épuisant autour d'un projet de loi permettant aux systèmes de défense aérien nationaux d'abattre des projectiles russes sur leur territoire. Ce projet de loi, il a été effectivement adopté et donc techniquement à n'importe quel moment la Roumanie peut abattre des drones ou des missiles russes sur son territoire.

Alors tout cela étant dit, moi je n'imagine pas qu'il va y avoir des conséquences concrètes, des conséquences directes à cette nuit en Pologne, hormis évidemment une agitation politique puisque on voit déjà à Varsovie que le Premier ministre Donald Tusk et le président Carole Navroty sont à couteau tiré pour se présenter comme les plus grands défenseurs de la nation. Par contre, selon moi, cette nuit doit être porteuse de deux enseignements. D'une part, analyser comment est-ce que les Polonais ont intercepter ces drones puisque on est bien au courant maintenant du différentiel de prix entre des drones à quelques milliers d'euros et des missiles d'interception à quelques millions d'euros qui plusaient tiré par des chasseurs à plusieurs dizaines de millions d'euros.

Et donc si jamais cet exercice venait à se répéter, les Polonais et les Européens en règle générale doivent vraiment continuer à renforcer leur capacité de réponse asymétrique. Deuxième enseignement, c'est que maintenant que cette ligne rouge d'abattre des drones sur un territoire d'un pays de l'OTAN a été franchi, alors autant aller au bout de la logique et déplacer les systèmes de défense aériens européens sur le territoire ukrainien. ce qui donnera encore plus de profondeur stratégique par rapport au projectiles venus de l'Est qui protégera d'autant plus l'espace aérien polonais de même que les villes ukrainiennes.

Et pour ça évidemment, je vous renvoie à l'initiative Skyshield et à la pétition qui circule actuellement. Et sur ce, merci d'avoir regardé cette vidéo à chaud jusqu'au bout. Je file et je vous retrouve très vite.