Comment amortir le choc pétrolier ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 9 %Attaque 61 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 11:06OuverteRéponse directe
Comment l'exécutif peut amortir la hausse des prix du carburant pour les Français ?
- 11:56OuverteRéponse directe
Politiquement, on est sur une semaine explosive pour l'exécutif, pourquoi ?
- 13:38OuverteRéponse directe
La colère monte dans le pays, pourquoi cette fracture entre France des villes et France rurale ?
- 18:41OuverteRéponse directe
Est-ce que le fait d'expliquer que la hausse est due à des éléments extérieurs peut amoindrir la mobilisation ?
- 21:16OuverteRéponse directe
Les oppositions demandent des mesures très concrètes, est-ce que le gouvernement peut céder sur la baisse des taxes ?
- 24:02FerméeRéponse directe
Est-ce que Sébastien Lecornu doit baisser les taxes sur les carburants ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24PrésentateurChiffre
« 2,41 euros le litre en moyenne, nouveau record en France pour le prix du diesel. »
- 11:20PrésentateurChiffre
« 12,41 euros le litre en moyenne. »
- 11:34PrésentateurChiffre
« Le Premier ministre décrète 54 milliards d'économies. »
- 12:26PrésentateurFait
« Il n'y aura pas de retour à la normale avant des mois parce que la guerre en Iran va continuer et que la guerre en Ukraine va continuer. »
- 21:38Locuteur non identifiéFait
« Les aides ciblées ne sont pas adaptées à la situation, parce que la liste des personnes à aider aujourd'hui est tellement importante que finalement, personne n'est content de ce qu'a mis en place le gouvernement. »
- 21:49Locuteur non identifiéFait
« Il faudra baisser les taxes à l'identique de ce qu'ont fait certains pays européens, je pense à l'Espagne, mais plus récemment l'Allemagne qui a baissé le prix de l'essence à la pompe. »
- 29:27Locuteur non identifiéChiffre
« 20 centimes de baisse sur le prix de l'essence via une baisse des assises, c'est presque 10 milliards d'euros. »
- 33:14Locuteur non identifiéFait
« J'ai l'impression que le gouvernement est enfermé dans une forme de déni, ne se rend pas compte que la situation qu'on est en train de vivre elle est juste intenable. »
Temps de parole
- Présentateur33 %
- Invité19 %
- Invité 219 %
- Présentateur 218 %
- ?4 %
≈ 15,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous
écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Nos
journaux régionaux, c'est toujours la flambée des prix du carburant qui continue. 2,41
euros
le litre en moyenne, nouveau record en France pour le prix du diesel qui fait la une du progrès. Ce matin, Emmanuel Macron a annoncé vendredi que la France allait convoquer une réunion du G7 consacrée au sujet énergétique afin notamment d'avancer sur une meilleure coordination sur les niveaux de stock coréenne. À la une de la presse régionale également, un nouveau revers pour le gouvernement en Allemagne. C'est à
la
lune des dernières nouvelles d'Alsace. Deux semaines après la victoire de l'AFD en Saxe-en-Altre, la CDU du chancelier Merz a subi hier deux défaites cinglantes à l'occasion d'élections régionales dans le nord-est du pays. À Berlin, ce sont l'extrême droite et l'extrême gauche qui arrivent en tête. Le chancelier s'est exprimé à la suite de l'annonce des résultats et a promis de maintenir le cap de ces réformes alors que l'économie allemande est actuellement grippée.
Une
ville française sous le choc, c'est la lune de la Nouvelle République. À Saint-Pierre-des-Cors, près de Tours, dix membres des forces de l'ordre ont été blessés lors de violences urbaines. Dans la nuit de samedi à dimanche, une vingtaine de véhicules ont été brûlés. Les affrontements impliquant, selon la préfecture, plusieurs dizaines de jeunes ont éclaté après qu'un motard a été blessé à la jambe dans une collision avec un véhicule de police. Le conducteur a été placé en garde à vue. Gros plan sur le vote des seniors. La dépêche du midi se projette sur l'élection présidentielle et se demande qui fera le plein auprès de cet électorat tant convoité.
Les seniors votent en effet davantage que les autres. Ils sont devenus une cible incontournable pour les candidats. La dépêche rappelle qu'ils ont pendant longtemps été acquis au parti modéré, mais qu'ils se rapprochent désormais d'un vote RN et sont de moins en moins attachés au statu quo, au décryptage et analyse dans votre journal ce matin. La reprise économique passera peut-être par l'électrique. C'est ce que veut croire la montagne qui fait ce matin un focus sur la voiture électrique dans le Puy-de-Dôme. Dans un contexte de flambée des prix du carburant dû à la guerre au Moyen-Orient, les professionnels constatent une hausse des ventes de l'électrique.
Nous vendions une voiture électrique par semaine, explique un concessionnaire. Or, depuis la crise, c'est une voiture tous les jours. Entre janvier et le mois d'août, le nombre de ventes d'électriques aurait ainsi bondi de 90% en un an. – Steve, restez avec nous, on va poursuivre cette revue de presse, mais on va aller dans nos régions,
on
va aller à Montpellier. Bonjour Yannick Filippona, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes journaliste à Midi Libre. On parlait dans cette revue de presse, Yannick, de la colère, la colère qui monte dans le pays. On va d'ailleurs en parler dans quelques instants dans notre débat. En fin de semaine, les pêcheurs ont eu des garanties après la rencontre avec la ministre. Quelles sont-elles
? –
Écoutez, après plus de six heures de réunion entre Catherine Chabot et les représentants de
la
façade méditerranéenne notamment, ils ont effectivement obtenu quelques garanties, à savoir avant tout une réponse par rapport à la hausse du gasoil. Donc les aides suivront la variation du carburant. Ça, c'était quelque chose d'important pour aider au pouvoir d'achat des pêcheurs, sachant que le mouvement marais noir baptisé ainsi avait été lancé à cause de cette augmentation. Mais ils ont aussi, Catherine Chabot a annoncé un prêt à taux zéro,
ou
encore l'attribution de quelques licences de pêche pour le thon rouge, une espèce qui est très prisée et qui permet une certaine rentabilité, notamment pour les petits métiers. Et enfin, elle s'est engagée à une réflexion sur le plan Westmed, c'est la Commission européenne qui pilote ce grand plan concernant la pêche en Méditerranée, où notamment le jour du nombre de pêches est extrêmement limité, ce qui pénalise là encore les pêcheurs. La ministre s'est engagée à rediscuter au niveau européen pour les aider. – Et par conséquent, où en est la mobilisation, Yannick
? –
Du coup, suite à ces annonces, le blocus des ports a été levé, que ce soit les dépôts pétroliers de Frontignon ou de Nice, ou le blocus dans les ports de Sète ou Port Vendres. Pour autant, pour avoir eu les pêcheurs encore ce matin, ils restent mobilisés, pour eux c'est insuffisant. Ils attendent toujours des réponses un peu plus précises, ils attendent un grand plan d'urgence pour la Méditerranée,
une
aide aussi aux pêcheurs d'Anguille, ou encore vraiment se pencher sur cette question des chalutiers qui sont extrêmement touchés, et là encore c'est lié au prix de rentabilité et au prix du gasoil. D'ailleurs la ministre est attendue sur le terrain aujourd'hui, d'abord à 7 ce matin, et puis au Gros du Roi cet après-midi, là où il y a le plus de pêcheurs, pour une nouvelle rencontre, de nouvelles discussions.
Pour
les pêcheurs, ils attendent d'autres annonces, ce qui n'a pas l'air d'être la volonté du
ministre,
qui a expliqué avoir déjà fait pas mal de concessions.
– Merci
beaucoup Yannick, merci, on suivra évidemment cette mobilisation, cette colère des pêcheurs, et les annonces éventuelles de la ministre avec vous, la une du midi libre aujourd'hui, c'est un autre sujet, un test pour dépister plutôt Alzheimer, c'est à la une de votre journal. Merci beaucoup Yannick, Philippe, Ona, Steve, on va se projeter sur le week-end qui arrive, c'est un gros week
-end pour deux raisons.
–
On
commence par le pape, parce que la presse régionale parle déjà des préparatifs de cette visite. – Préparatifs qu
'on
peut lire en une du Télégramme ce matin, Léon XIV sera en France donc à partir de vendredi pour son tout premier voyage apostolique dans l'Hexagone. La France n'avait pas reçu le chef du Vatican de manière officielle depuis 2008. Le Télégramme revient sur les dossiers brûlants qui vont accompagner ce voyage, fin de vie, violences sexuelles, et même élections présidentielles, avec peut-être des messages envoyés par Léon XIV contre la tentation du repli. L'un des temps forts sera cette visite, notamment la déambulation à Paris du pape, en plein cœur de la capitale. Ce sera vendredi après-midi, et ce ne
sera
pas très loin du Sénat, Yannick. – Parce que l'autre événement du week-end prochain, ce sont les sénatoriales. J-6, c'est dimanche.
–
Et vous pouvez tout savoir bien sûr en regardant Public Sénat, en lisant notre site internet, mais aussi en achetant la Provence. Aujourd'hui, il n
'y
a rien en une sur la défaite de l'OM, hier contre le PSG, rien. En revanche, dans ses pages intérieures, le journal se penche sur ce scrutin sur lequel mise beaucoup, notamment, le rassemblement national dans la région, enjeux et explications. On suivra tout ça, bien évidemment, en direct, toute la journée de dimanche sur Public Sénat. – Avec vous, à partir de 17h30. – C'est
ça,
exactement.
–
Allez,
on
va continuer à parler de ces sénatoriales, puisque on vous emmène ces derniers jours et jusqu'à la fin de la semaine dans les départements, voir comment se passe la campagne sur le terrain. Direction aujourd'hui le Rhône, où une candidature écologiste de dernière minute pourrait bien changer la donne à gauche, alors que la France insoumise compte sur ce département pour faire son entrée au Sénat. Un reportage de Clément Guignonneau et Céline Schmitt.
–
Dans le Rhône,
ils
pensaient faire l'union à gauche.
–
Cette liste, en 2020, est arrivée en tête dans le Rhône et nous espérons réitérer ce score en arrivant en tête le dimanche 27 septembre.
–
Socialistes et communistes font campagne derrière l'écologiste Thomas Dossu, mais pas question pour autant d'élargir l'union à la France insoumise.
– Aujourd'hui, la France insoumise, en tout cas ses élus, siègent dans l'opposition des villes de gauche à Lyon, à Villeurbanne ou ailleurs, et nous, nos forces de gauche siègent en opposition aux insoumis. Donc il y avait quelque part un caractère illogique de faire liste commune au sénatorial. Moi, mes adversaires, ce n
'est
pas les insoumis, mes adversaires, ce sont les républicains qu'on voit au Sénat d'une dérive extrêmement droitière. Aujourd'hui, l'enjeu, il est là, il est d'envoyer des sénateurs de gauche pour combattre la droite.
–
C
'est sur Gabriel Amar que reposent les espoirs de la France insoumise pour faire son entrée au Sénat.
Le
candidat, actuellement député LFI, nous a donné rendez-vous à Oulun-Pierre-Bénite où il rencontre un collectif d'habitants anti-Pifas.
–
Et à un moment donné, il faut choisir ses priorités. Et moi, je pense que dans la hiérarchie des priorités, il y a vivre en bonne santé.
–
La France insoumise est sortie renforcée des élections municipales dans le Rhône avec des victoires revendiquées à Saint-Fonce, Vénissue et Vaud-en-Velin, une dynamique sur laquelle Gabriel Amar va tenter de surfer pour ses élections sénatoriales, avec déjà la présidentielle dans le viseur. – Être représenté pendant les six prochaines années au Sénat, c'est important quand on s'apprête à gouverner la France. Nous aurons besoin qu'il y ait des relais et des émetteurs qui portent dans l'Assemblée du Sénat ces aspirations qui sont en passe d'être majoritaires dans le pays.
– Mais
c'était sans compter sur une candidature surprise de l'ancien président de la métropole, Bruno Bernard. Une liste écologiste dissidente qui va sans nul doute fragiliser les insoumis et la liste d'union de la gauche.
Au
centre de l'échiquier politique, le sénateur sortant, Bernard Fialaire, joue lui aussi son siège et essaye de réunir les voix des centristes. Il présente une liste sans étiquette.
– On
se situe entre la gauche et LR et on rassemble l'ensemble des formations. Moi, je rappelle, je n'ai jamais eu d'investiture d'aucun parti. Les élections, on les doit à nos électeurs et ce n
'est
pas un appareil politique qui me désigne. –
Il sera concurrencé par un autre centriste, Maurice Iacovella. Du côté de la droite, les candidatures sont nombreuses.
–
Ça, c'est la première vigne qu'on a vendangée le 19 août.
La sénatrice sortante, Catherine Di Folco, repart en campagne. Ce jour-là, à la rencontre de Vignerons. Mais c'est Sébastien Michel, le maire les Républicains d'Eculi, qui mène la liste.
– C
'est assez incroyable déjà.
–
Les grands électeurs feront leur choix, on leur a mes consciences. Nous, bien sûr, on vise les deux sièges parce que c'est important, comme je le disais, de pouvoir incarner à la fois ce renouvellement et cette expérience. Et je pense que le binôme qu'on constitue avec Catherine Di Folco, de ce point de vue, est extrêmement solide. Donc on va se battre de toutes nos forces pour essayer de faire deux sièges. Et si on peut en faire trois, on ne s'en privera pas.
–
Mais difficile de se démarquer quand deux listes ont été investies officiellement par les LR. Le président du département, Christophe Guillotot, a lui aussi reçu l'investiture.
–
J'ai été rencontré sur les deux acteurs de l'autre liste. Je leur ai proposé d'être sur la liste.
Ils
ont refusé. Aujourd'hui, j'ai une liste que je dirais plus
que
j'irais appréciée par les uns les autres. Moi, je ne suis pas là pour me comparer avec qui que ce soit. Les autres listes auront leur voix, les autres listes auront leurs élus. –
Ici, on l
'a
vu dans le Rhône, les Républicains ont fait le pari d'investir deux listes pour ces élections sénatoriales. Mais ils ne seront pas les seuls à convoiter les voix des grands électeurs de droite. Il est également candidat le sénateur sortant, Paul Vidal, qui mène une liste revendiquée sans étiquette. Serge Bérard, le maire de la commune de Brignet, lui aussi est candidat pour le parti Nouvelle Énergie. Enfin, le Rassemblement national a lui aussi décidé de se lancer dans la course, avec à sa tête Laurent Primault, conseiller municipal de l'opposition à Chassieux.
–
Je l'avais plus tôt le soir.
–
Allez, place à notre débat politique. Comment l'exécutif peut amortir la hausse des prix du carburant pour les Français
? –
12,41 euros le litre en moyenne. Les prix flambent et atteignent des records face à la colère. L'exécutif sonne la mobilisation. Sébastien Lecornu réunit ses ministres. Aujourd'hui, Emmanuel Macron s'exprimera, lui, jeudi soir à 20h sur TF1 et France 2. « Quels sont leurs mages de manœuvre ? » alors que le Premier ministre décrète 54 milliards d'économies. On va en parler avec vous. Bonjour Elisabeth Martichon.
– Bonjour Ariane. –
Merci d'être là, éditorialiste politique. Bonjour Arnaud Benedetti.
– Bonjour. – Merci
également d'être là, directeur de la nouvelle revue Politique. Et on retrouve pour cette saison Pablo Piovivien.
– Bonjour. – Bonjour
Pablo. Rédacteur en chef de la revue Regards. On va rentrer évidemment dans le vif du sujet. Mais d'abord, question peut-être un peu plus globale, Elisabeth. Politiquement, on est sur une semaine explosive pour l'exécutif, pour Sébastien Lecornu, pour Emmanuel Macron. – Explosive. Il se trouve qu'Emmanuel Macron, jeudi, a décidé d'expliquer aux Français pourquoi nous subissions les assauts de la hausse du carburant venus de l'extérieur. Sous-entendu, il va falloir faire le gros dos et ça va durer. C'est ça aussi le message, je pense,
principal
du président, c'est que ça va durer. Il n'y aura pas de retour à la normale avant des mois parce que la guerre en Iran va continuer et que la guerre en Ukraine va continuer. Ça va être un message très géopolitique. Répartition des tâches, le Premier ministre, lui, s'occupe du quotidien des Français, essaye de soulager un peu, effectivement, la facture avec aujourd'hui deux réunions, une sur l'approvisionnement, ce qui a effectivement une menace sur l'approvisionnement, et puis une sur les prix, avec l'idée de, comment dirais-je, de cibler davantage une aide ciblée qui est les gros rouleurs. Les gros rouleurs, l'aide aux gros rouleurs, qui n
'a
pas été annoncée comme reconduite la semaine dernière et qui est au sujet sur la table ce matin d'une réunion, en fait, elle arrose tous les gros rouleurs. Et dans les gros rouleurs, il y a des gros, comment dirais-je, contribuables. Et donc l'idée, c'est de resserrer sur la classe moyenne. Je pense que c'est un des soucis majeurs du gouvernement, c'est maintenant d'aider davantage, de mieux cibler sur les classes moyennes. Donc voilà, répartition des tâches, parce qu'en réalité, ça va durer. C'est ça la leçon que les Français vont découvrir, peut-être, évidemment, aujourd'hui.
– Parce
que la colère, elle monte dans le pays. Elle monte, et on en parlait avec Emmanuel Morel, avec une fracture qui se redessine, si tant est qu'elle a été estompée, entre la France des villes et la France rurale, la France périphérique.
–
Oui, parce que si vous voulez, le carburant, c'est d'abord une dépense qui se voit tout de suite, qui s'affiche, il suffit d'aller à la pompe, et vous vous en rendez compte immédiatement. –
Ensuite,
c'est une dépense contrainte,
parce
qu'on le sait très bien, beaucoup de gens n'ont pas d'autre choix que de prendre l'automobile pour vaquer à leurs occupations quotidiennes, amener les enfants à l'école, faire leurs courses, aller au travail, aller se soigner, etc., etc. Des tâches, je veux dire, qui sont absolument essentielles et vitales. Et puis, troisième point, en effet, c'est une dépense qui est un marqueur
des
fractures territoriales et sociales françaises, parce que les fractures territoriales sont des fractures sociales. On l'a vécu au moment de la crise des Gilets jaunes. Alors, la crise des Gilets jaunes,
c
'était un peu différent, parce que la crise des Gilets jaunes, c'était lié à une décision directe de l'exécutif de l'époque, qui avait augmenté la taxe carbone de 5 euros, je crois, en l'occurrence. Là, en effet, c'est, si vous voulez, un facteur exogène, des tensions à la hausse sur le marché du pétrole, qui entraînent, alors lié à un contexte géopolitique, que vous l'avez rappelé, tout à fait singulier, qui entraîne une hausse du litre d'essence et du litre de gasoil. Après, le vrai sujet pour le gouvernement, c'est la question classique, récurrente.
Est-ce qu'il y aura une mobilisation, à un moment donné, multisectorielle, ce qu'on appelle la coagulation d'un certain nombre de secteurs qui sont particulièrement impactés par cette crise ? C'est, vraisemblable, la préoccupation de l'exécutif. Alors,
je
ne
suis
pas sûr que, si vous voulez, l'intervention du président de la République change grand-chose, parce que je ne
suis
pas sûr que les Français attendent beaucoup de l'intervention du président de la République. Ce que vous avez décrit, c'est un schéma de communication, en l'occurrence. Mais ce que veulent, en fait, les gens qui sont aujourd'hui en difficulté, c'est des réponses très concrètes à leurs besoins. Et si on leur dit que
ça
va durer, je ne suis pas sûr que, si vous voulez, ça les satisfasse, forcément. –
Bien sûr que non, mais… – Voilà,
et le deuxième élément, c'est
les
mesures ciblées dont vous parlez,
il
faut éviter que ça soit, je veux dire, une usine à gaz, c'est
-à
-dire très compliquée à comprendre. Alors, ce qui joue en faveur de l'exécutif, c'est quoi, aujourd'hui, pour éviter une crise sociale ? C'est qu'on a une élection présidentielle dans 7 mois, et que le butin…
– C'est loin aussi. –
C'est loin, je suis d'accord, c'est loin. Mais, si vous voulez, on n
'est
pas du tout dans le calendrier de 2018, où il n
'y
avait pas d'élection avec la crise des Gilets jaunes. Donc, ce facteur peut peut-être, peut-être, je dis, ce n
'est
pas du tout sûr, en l'occurrence, faire baisser la tension. – Pablo
? –
Oui, c'est assez juste ce que dit Arnaud. Il n'est pas de coutume dans notre pays, historiquement, de lancer des grandes mobilisations sociales avant une élection aussi importante qu'une élection présidentielle. dans d'autres pays, ça ne marche pas exactement comme ça. Quand on pense au choc pétrolier au Royaume-Uni au début des années 70, ça ne marche pas. Eux, ils ont des élections législatives, etc. Mais ils ont mis tout le monde dans la rue parce que le prix du baril avait doublé, le prix à la pompe avait doublé, le prix d'essence avait doublé. Et ensuite, ça a provoqué des élections législatives qui a dégagé le Premier ministre conservateur.
Nous, en France, ça ne marche pas de cette façon-là. Ce que dit Arnaud, lorsqu'il dit, il n
'est
pas… Je ne
sais
pas si c
'est
un rappel historique, mais en tout cas, c'était son intuition de dire une mobilisation sociale ne va pas de pair avec une année présidentielle. Ça marche lorsque ce sont les centrales syndicales qui peuvent un peu piloter les mouvements sociaux. Aujourd'hui, lorsqu'on parle du retour des gilets jaunes, ce n'est pas la CGT ou la CFDT qui sont à la manœuvre, même si ces deux centrales ont appelé à des journées de mobilisation à la fin du
29
septembre, la semaine prochaine. Donc, il y a des espèces de parallélisme. Est-ce qu'on pourrait avoir une élection présidentielle avec un mouvement social aussi important que celui des gilets jaunes ? Moi, je pense que c'est tout à fait possible. Après, juste un mot sur Emmanuel Macron, le gouvernement et ce qui se passe avec le prix de l'essence. Le problème, c'est qu'on attend d'Emmanuel Macron et du gouvernement qu'ils fassent des propositions politiques. Ce qu'a raconté très bien Elisabeth Martichoux, c'est qu'Emmanuel Macron va faire une explication.
Alors, il va nous expliquer comment il y a le circuit d'approvisionnement, là où ça coince avec l'Ukraine, là où ça coince avec le détroit d'Hormuz, l'Iran, etc. Bon, ça va être super, mais derrière,
on
est là, genre, d'accord, quelle est la proposition politique pour qu'à la fin, les ménages, et notamment les catégories populaires, ne soient pas à l'os avant la fin du mois. Et depuis maintenant plusieurs années, où on nous explique que, ah bah oui, il y a une tendance haussière au prix du baril, et genre, il n'y
a
aucune proposition politique qui est mise sur la table, si ce n'est parfois de atténuer la hausse. Ce sont ça, les aides. –
On va revenir sur les propositions, mais
est-ce que le fait qu'ils disent que ce sont des éléments extérieurs, c'est-à-dire les Gilets jaunes en 2018, Arnaud l'a rappelé, c'était une volonté du gouvernement d'augmenter la taxe. Là, ce sont des éléments extérieurs qui expliquent la hausse des prix du carburant. Du coup, est-ce que ça peut jouer, ça peut amoindrir la mobilisation ? Est-ce que les gens peuvent se dire, après tout, le gouvernement n'est pas
pour
grand-chose
?
– C'est déjà un peu le cas quand même, parce qu'effectivement,
il
y a la dimension, comment dirais-je, on attend le débouché de la présidentielle, donc ça amortit un peu la colère,
on
va dire, que ça la jugule un tout petit peu. Moi, je pense quand même qu'elle est loin, la présidentielle, et qu'effectivement,
si le prix du
litre va jusqu'à 3, et même peut-être au-delà, on ne sait pas, on ne sait pas, tout est possible, ça va être compliqué. –
Mais
effectivement, le fait que ça dure, bon, évidemment, le président, s'il prend la parole, c'est qu'il espère convaincre les Français qu'il va falloir souffrir, et si possible, j'allais dire en silence, ce n
'est
pas très agréable, mais éviter de demander au gouvernement, par une colère sociale, qui creusera encore plus la difficulté économique, d'essayer de, oui, de prendre sur nous, d'une certaine façon. Il y a un manque d'empathie chez le président Macron, je pense fondamentalement. Et aujourd'hui, on voit bien qu'il est, voilà, il est surtout préoccupé par la géopolitique, par la complexité extraordinaire des marchés mondiaux, de l'énergie, tout ça,
il
est, comme on dit dans un bon français, très focus sur ces sujets, qu'il maîtrise par cœur, mais on ne
peut
pas dire qu'il soit vraiment, on le sent très très au chevet des difficultés des Français.
– Mais c'est un manque d'empathie,
ou c'est le fait que lui s'intéresse à la géopolitique, aux grandes
questions, il est dans une
grande sphère ? –
Les
deux ! – Et finalement, très peu à ce que vivent les Français dans leur quotidien, à leur préoccupation
première. – Ça a toujours été son
problème,
c'est qu'il n'a
jamais su établir un lien, vraiment, de proximité avec les Français, depuis le départ. Après, on écrira, je ne
sais
pas quoi, une bibliothèque entière pour expliquer pourquoi, mais c'est le problème de départ. Mais donc, pour répondre à votre question et en finir, je pense que quand même, le fait d'expliquer est utile,
est
utile, parce qu'effectivement, c'est la réalité, ça nous est imposé. Et puis, la deuxième chose, c'est qu
'il
n
'y a
pas d'argent dans les caisses. Et ça, Emmanuel Macron, on est en partie comptable, quand même, mais en partie seulement, mais quand même en partie. Et donc, aujourd'hui, on a une situation qui nous est imposée et une impuissance totale financièrement. Donc, c'est l'impasse, et c'est la difficulté qui va...
–
D'autant, pardon Arnaud, je vous donne la parole, mais d'autant que les oppositions, elles demandent des mesures très concrètes. On va écouter Louis Alliot, le premier vice-président du RN, invité hier sur notre antenne du Grand Jury.
– Les
aides ciblées ne sont pas adaptées à la situation, parce que la liste des personnes à aider aujourd'hui est tellement importante que finalement, personne n'est content de ce qu'a mis en place le gouvernement. Donc, il faudra baisser les taxes à l'identique de ce qu'ont fait certains pays européens, je pense à l'Espagne, mais plus récemment l'Allemagne qui a baissé le prix de l'essence à la pompe. Il faudra bien qu
'on
se mette au diapason de ces pays-là.
– Voilà, ça fait partie du débat. Le RN demande la baisse des taxes, Ségolène Royal, par exemple, aussi demandait hier soir la baisse des taxes. Est-ce que le gouvernement peut céder sur cette question ?
– Moi, je ne
vois
pas comment il fait. C'est-à-dire, je ne
vois
pas comment il ne
peut
pas à un moment donné avoir un geste sur les taxes. Parce que, bon, c'est vrai, vous avez le cas de l'Espagne,
vous
avez le cas du Portugal, vous avez le cas de la Pologne, vous avez le cas de l'Allemagne, tous ces pays, je vais dire, ont possédé à des baisses de taxes. Le problème d'Emmanuel Macron, pour revenir à ce que disait Elisabeth, c'est qu'il a deux sujets. C'est un émetteur qui est très impopulaire, aujourd'hui, donc ça limite, si vous voulez, l'attention que l'on va apporter à sa parole et la façon dont on va juger positivement sa parole. Et c'est un émetteur, c'est un président en fin de parcours. C'est-à-dire qu'il est, encore une fois, je vais dire, à sept mois de son départ de l'Elysée.
Donc le poids de sa parole politique est beaucoup plus faible qu'un président qui rentre, évidemment, dans la fonction après une élection présidentielle. Ce n
'est
pas le cas du tout, aujourd'hui. Et ensuite, il souffre d'un deuxième problème, c'est que son premier ministre, qui jusqu'à présent avait une cote de popularité relativement correcte, est en train lui-même de voir cette cote s'infléchir. Donc l'exécutif est très affaibli pour pouvoir porter un discours qui soit un discours audible pour les Français.
mettant de côté ce problème de communication, en effet, le vrai sujet aujourd'hui, parce qu'il est porté par le Rassemblement national, mais par d'autres, en l'occurrence par Ségolène Royal, la question de la TVA est un sujet qui, je veux dire, pour les classes populaires, est tout à fait audible, ils comprennent très bien ce que ça veut dire, d'autant plus que ça a été fait à l'extérieur. Donc comment fait l'exécutif, on voit bien que le problème budgétaire est énorme, parce que la TVA, en moins, c'est des rentrées fiscales, en moins, en l'occurrence. Mais comment fait-il pour ne pas avoir, à un moment donné, un geste de ce côté-là ? Moi,
je
me souviens du début de la crise des Gilets jaunes, tout le monde nous disait,
à
l'époque, souvenez-vous, en 2018, ils ne vont jamais céder sur les 5 euros d'augmentation. Ils ont fini par céder. Alors, je ne dis pas qu'il y aura un mouvement social, encore une fois, équivalent à celui qu'on a connu lors des Gilets jaunes, mais en effet, si ça dure et si ça augmente, là, il y a des risques.
Est
-ce que Sébastien Lecornu doit baisser les taxes
?
Je pense que c'est très compliqué parce que si on baisse les taxes, effectivement, c'est des rentrées en moins et déjà qu'ils sont en train de chercher comment éviter d'augmenter encore plus notre dette. Si on fait des rentrées en moins, ça veut dire qu'il va falloir faire aussi des dépenses, des économies en moins. Et déjà qu'on est à 54 milliards d'économies, s'ils commencent à demander 70 milliards ou 80 milliards, ça va commencer à devenir impossible à vivre pour les différents ministères ou les différents secteurs de l'administration. Donc, il y a un problème. Mais le problème, il est structurel.
Je veux dire, on peut prendre ça dans tous les sens, y compris baisser les taxes sur les carburants. Bon, pourquoi pas ? Baissons-les, mais ça ne marchera qu'un temps parce qu'une fois que vous avez baissé la taxe, si la tendance continue à être
haussière, vous allez avoir
quand même une augmentation des prix du carburant. Et lorsque vous regardez dans les différents pays qui ont été cités où ils ont parfois baissé un peu les taxes sur les carburants, il y a quand même de la colère parce que les prix augmentent. Ce n
'est
pas un coup de baguette.
Ce n'est pas le blocage des prix. Pas du tout.
Non, et donc, il y a un problème. Mais même le blocage des prix, ça ne marche qu'un temps. Genre, vous le bloquez, mais jusqu'à quand ? Et puis après, si ça continue à augmenter, vous allez avoir une énorme différence entre le prix auquel vous vendez l'essence et le prix auquel vous achetez le baril. Donc, il y a un problème. Donc, le problème, il est systémique. Le problème,
il
est genre comment est-ce qu'on s'organise alors même que, tout à
l
'heure, vous avez dit plusieurs fois, oui, le problème est exogène. Vous avez raison. Mais alors, le problème, c'est que notre énergie et notamment notre pétrole, il vient d'ailleurs. Et ça, on le sait depuis le début. Et les crises pétrolières, on n
'en
est pas à notre première crise pétrolière. Donc, on sait très bien que dès qu'il y a une crise, dès qu'il se passe quelque chose dans le monde, ça va agiter les marchés et notamment les marchés de matières premières et notamment les marchés d'hydrocarbures. Et il peut y avoir des problèmes dans l'approvisionnement, dans les prix, etc. Donc, on le sait. Donc, il faut faire... Et d'ailleurs, c'est pour ça que, pendant un temps, nos politiques se sont prémunies de ça. Ils ont dit, on va essayer d'avoir des énergies qui seront nationales. enfin, l'idée du nucléaire, en partie, il
y
a eu une invention, il y
a
eu une découverte, mais c'était aussi pour assurer une indépendance énergétique. Indépendance énergétique que nous avons d'ailleurs en partie grâce à notre énergie nucléaire. Il y a d'autres éléments. Je veux dire, l'électrification de tous nos transports, etc. participe de notre indépendance par rapport à toutes ces fluctuations que peut avoir le prix du baril. Mais si on n'accélère pas là-dedans, si on continue à dire, bon, de toute façon, la seule priorité, c'est l'armée, parce que, quand vous regardez les budgets, le seul budget qui augmente maintenant depuis 10 ans, c'est l'armée, tout baisse. Et genre, le réchauffement climatique, rien à faire, l'éducation, rien à faire.
Par contre, l'armée, paf, paf, paf, tous les ans,
ça augmente. Le budget de la justice
aussi augmente.
Pas dans les mêmes proportions que le budget des
armées, si je puis me permettre. Tous les ans, il y
a
une nouvelle loi pour en rajouter 36 milliards, 35 milliards, 30 milliards. Pourquoi pas ? Je ne dis pas qu'il ne faut pas augmenter le budget des armées, mais je vois très bien où est la priorité. La priorité, elle n'est pas sur les gens qui roulent et sur les gens qui doivent se déplacer d'un point A à un point B pour aller travailler, pour aller voir leurs enfants ou que sais-je.
La priorité, ce serait de, quand même, avoir une meilleure efficacité pour moins d'argent. Moi, je suis pour l'augmentation du budget des armées dans un monde où Poutine, quand même, a attaqué l'Allemagne à la PSYC il n
'y a
pas longtemps, il y
a
quelques jours. Mais, il faut évidemment faire une réforme de l'État. Et ça, j'espère que ça sera tranché par la présidentielle, mais ça n'est pas certain. Non, il y a peut-être des solutions, quand même, à trouver pour assouplir le prix du carburant. Elle va durer, cette crise. Donc, il faut essayer de trouver d'autres voies d'approvisionnement de façon à fluidiser effectivement le transport, la circulation, diversifier, négocier. Je pense que Macron, qui est effectivement dans des sphères un peu stratosphériques, il essaye quand même, vous savez qu
'il
y
a
une baisse du baril juste avant l'été. On a passé un été qui était quand même soulagé par rapport au printemps. Pourquoi ? Parce que le pétrole a circulé plus rapidement. Donc, il y a ça. Ensuite, il y a peut-être aider les Français, aider le prix de
l
'électricité. Je pense que ça, pour boucler avec ce que vous disiez, peut-être que le gouvernement peut faire un effort pour tous ceux en baisse de taxes sur l'électricité. Parce que dans le fond, là, il combine à la fois la transition énergétique et l'aide aux Français. Mais quid de tous ceux qui ont besoin de leur bagnole pour aller travailler ? Et là, ça va être extrêmement compliqué. Et je pense qu'il va falloir apporter des réponses. Je suis d'accord avec Arnaud. Le gouvernement dit non. Baisse de taxes ou suppression de l'ACE jusqu'à ce qu'il dise oui. Voilà.
Et à un moment, il faudra. Et le gouvernement redit non
ce matin par la voix du ministre de l'Économie, Roland Lescure, qui était l'invité de la matinale de France Inter.
Il y
aura
très vraisemblablement des aides supplémentaires à partir du 1er octobre. Mais ce qu'il n'y aura pas, j'insiste là-dessus aussi, c'est une baisse de taxes généralisée. Juste pour fixer les idées. 20 centimes de baisse sur le prix de l'essence via une baisse des assises, c'est presque 10 milliards d'euros. 9,1 pour être précis. Donc, on est en train de chercher plus de 50 milliards d'euros pour l'année prochaine. Et certains nous disent « Allez en chercher 10 de plus. C'est pas grave.
»
Voilà.
Ce
que dit Roland Lescure, Je
ne suis même pas sûr que leur calcul soit le bon parce que les aides
ciblées vont finir par coûter plus cher qu'une baisse même relative de la TVA.
C
'est un calcul, je veux dire que…
À cause de la
consommation.
Eh oui, bien sûr. Donc, il y
a
un vrai sujet. Le problème, c'est que si vous voulez, ils sont en plus confrontés en effet au mur de la dette. Il faut bien avoir conscience qu'au moment de la présidentielle,
on
sera à 4 000 milliards
de
dettes.
C
'est-à-dire, c'est l'équivalent de 55 000 euros par Français.
Et
ça sera à 120 % de notre PIB. Donc, voilà la situation dans laquelle on
se retrouve. Je rappelle quand même un élément
qui est absolument essentiel et qui a, je veux dire, commencé à évoluer depuis l'été, c'est qu'on a une hausse des taux. On emprunte aujourd'hui beaucoup plus que les Grecs. Donc, avec des taux beaucoup plus élevés que les Grecs. Donc, c'est la situation, je veux dire, à laquelle ils sont aujourd'hui confrontés. mais dire encore une fois qu'ils ne toucheront pas aux taxes, ils ne peuvent pas le dire. Le ministre de l'Économie ne peut pas dire autre chose au moment où il est en train d'essayer d'avoir un budget qui soit voté par l'Assemblée nationale. Ce qui est d'ailleurs un autre sujet auquel va être confronté M. Lecornu. Parce qu'il n
'est
pas à l'abri quand même d'une motion de censure, même si on voit du côté du Rassemblement national, on y va, je veux dire, de manière plutôt je veux dire assez réservée. Parce qu'en fait, le sort cette fois-ci de M. Lecornu dépend du vote du Rassemblement national. Donc bon, il y aura certainement des calculs politiques en vue de la présidentielle. Mais c'est vrai que leur situation apparaît comme ça, à première vue, assez compliquée pour ne pas dire inextricable. Mais c'est l'échec de 10 ans de Macron.
C
'est-à
-dire
qu'ils se sont foutus dans une impasse, mais dans une impasse politique où ils sont incapables d'avoir un discours politique, de donner un minimum d'horizon. Franchement, Elisabeth, je trouve, l'a très bien résumée en disant les différents outils qui étaient à leur disposition, mais en disant de toute façon, ça va continuer d'augmenter et leurs aides, elles sont temporaires, mais comme ça va durer, il y
a
un problème. Donc, ils n'y arrivent pas. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, on a des oppositions qui sont aussi fortes, que ce soit du côté de la gauche ou du côté de l'extrême droite. C'est parce qu'elles, elles font des propositions politiques. Elles, elles disent avec des formes et des horizons qui sont pour le coup très très différents,
mais
eux, ils disent, non, non, en fait, collectivement, parce que nous sommes un peuple, parce que nous faisons de la politique, parce que nous sommes des partis, etc., nous allons vous donner une direction et nous vous disons que, je ne dis pas que, est-ce que c'est faux, est-ce que c'est vrai, etc.,
c'est important, c'est important quand même. – En plus, elles n'ont pas gouverné, surtout. –
En fait,
la
question n'est pas est-ce que c'est vrai ou pas, la question c'est…
–
Crédibilité. – Non mais, ils sont crédibles puisqu'ils sont crédités de plus
de la moitié des Français.
– Ce que va dire Macron, je pense, aujourd
'hui
soir, en filigrane,
c
'est, attention, voilà la situation dans laquelle vous allez vous trouver. Alors après,
vous
pourrez pleurer sur le lait renversé et dire, dites donc, M. Macron, c'est de votre faute. Mais le principe de la réalité, c'est que quand ils arriveront, ils seront aussi aux manettes dans une situation hyper compliquée.
– Comme Macron qui nous a fait des
grands progrès en 2017 mais il
est arrivé au pouvoir et rien du tout. – Donc,
il devrait un tout petit peu faire attention aux oppositions, elle devrait faire attention
à ce qu'elle va mettre aujourd'hui. – La
politique, c'est de la dynamique. –
Juste, on va écouter un dernier son, c'est Manuel Bompard puisqu'on parle des oppositions. Manuel Bompard, le coordinateur de la France Insoumise qui était ce matin sur RTL.
–
J'ai l'impression que le gouvernement est enfermé dans une forme de déni ne se rend pas compte que la situation qu'on est en train de vivre elle est juste intenable et qu'il faut passer de mesures qui sont des mesures spécifiques et qui ont un très faible impact à des mesures globales. On ne peut pas se contenter d'une mesure de baisse des taxes et il faut avoir une mesure qui agit sur les marges et sur les prix.
– Voilà, Emmanuel Bompard qui appelle à aller plus loin. Est-ce que cette situation, politiquement, elle fait le jeu de la France Insoumise et du RN
? –
Bah alors là… – On n
'a
même pas besoin de…
– C'est
open
barf, comment dire ?
– Pardon pour l'expression. –
La
réponse à la question. –
Naturellement, la réponse des populistes de droite comme de gauche, elle est intelligible, elle fait plaisir, elle donne de la perspective, elle vend du rêve en réalité parce qu'une fois qu'elle serait au pouvoir,
il
y aurait une tenaille budgétaire qui serait extrêmement compliquée et qui leur imposerait sans doute de différer un certain nombre de leurs
promesses.
mais les oppositions
s
'opposent. –
C'est d'accord. –
Voilà, et elles sont dans leur rôle et effectivement, comme le disait Pablo, elles présentent une offre politique à quelques mois de la présidentielle, c'est de bonne guerre, avec, et d'un côté et de l'autre, des alternatives qui sont assez construites, plus ou moins cohérentes, mais qui permettent, qui donnent aux Français un choix assez clair.
–
C'est ça, c'est lisible, c'est lisible pour les Français. –
Le
problème, si vous voulez, dans cette affaire encore une fois, moi je pense que la question de la dette,
c
'est une bombe à fragmentation pour la crédibilité du bloc central. Parce qu'Emmanuel Macron a été élu sur ce totem de compétences par rapport à sa challenger à la fin en 2017 et en 2022 et par rapport à d'autres formations politiques, en l'occurrence, les formations politiques qui sont anti-systèmes, enfin qu'on peut qualifier d'anti-systèmes pour aller très vite. Donc c'est ça le sujet aujourd'hui pour le bloc central et pour Emmanuel Macron et pour ceux qui veulent lui succéder. Sont-ils encore crédibles en termes de compétences sur un sujet qui est considéré comme matriciel par une partie d'ailleurs de leur électorat, par une grande partie de leur électorat ? – Et la réponse est non.
–
Voilà,
on va terminer là
-dessus.
–
Assume,
– Assume, – Suite au
prochain épisode. – Merci Arnaud, merci Pablo,
merci Elisabeth pour ce
débat. – Merci à tous
de nous avoir suivis. – On
se retrouve demain. – À la bonne journée.
– Retrouvez
l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. –
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