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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 31 janvier 2025 25 min

Budget 2025, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Yannick Jadot

Bonjour Yannick Jadot.

0:04
Invité

Bonjour. Depuis hier, la commission mixte paritaire planche pour trouver un compromis sur le budget 2025. Qu'est-ce que vous dites-vous ? Il ne faut pas que ces sept députés, ces sept sénateurs se mettent d'accord ou au contraire, ils doivent absolument trouver un consensus ?

0:17
Yannick Jadot

Ils doivent trouver un bon accord. Notre pays a besoin d'un budget. Les Françaises et les Français sont angoissés devant cette situation. Et oui, ils doivent trouver un accord, mais un bon accord. Un accord qui serve les Françaises et les Français. On sait combien on est inquiet par rapport à l'école, par rapport aux moyens à l'hôpital. On le voit avec l'épidémie de grippe, combien notre hôpital reste extrêmement vulnérable malgré toutes les alertes du Covid. On voit en Bretagne les effets du dérèglement climatique, comme partout ailleurs dans le monde.

Donc un bon budget, c'est un budget qui traite à la fois les difficultés du quotidien des Françaises et des Français, et c'est un budget qui, enfin, nous engage sur les grands défis que sont le climat, la biodiversité, l'agriculture.

1:05
Présentateur

Justement, les socialistes affirment avoir arraché des concessions, notamment en matière d'écologie. La remise en place, par exemple, de l'agence bio, 300 millions pour la transition écologique. La preuve que, finalement, ça vaut le coup de négocier. Est-ce que les écolos n'ont pas eu tort de refuser de le faire ?

1:24
Invité

Eh bien, on l'a fait. Au début.

1:27
Présentateur

On l'a fait tout le temps. Mais là, c'est vrai que les écologistes, ce ne sont pas les socialistes.

1:31
Yannick Jadot

Non, les écologistes ne sont pas les socialistes. Nous, nous sommes écologistes. On a été à toutes les réunions. On est arrivé à chaque fois avec des propositions. Des propositions sérieuses, responsables. Vous savez que le secteur du bâtiment est en vrac, est en crise. On sort d'une période de grand froid. Il y a 12 millions de Françaises et de Français qui ont eu froid pendant cette période.

1:55
Présentateur

Mais vous voyez bien que Marine Tondelier n'est pas du tout sur la ligne aujourd'hui d'Olivier Faure.

1:59
Yannick Jadot

Oui, mais pardon, le gouvernement ne nous a rien donné.

2:04
Présentateur

Les socialistes, ils ont arraché des choses. Ils ont arraché aussi la surtaxe sur les entreprises, la non-suppression des 4000 postes à l'éducation nationale, le non-des remboursements, des consultations. Ce n'est pas rien, ça vaut le coup.

2:15
Yannick Jadot

Mais tant mieux d'avoir arraché ça. Mais quand nous proposons, vous avez vu aujourd'hui le rapport du Haut Conseil sur le climat installé par le président Macron. Ils disent qu'il faut doubler nos efforts sur la lutte contre le dérèglement climatique et pour l'adaptation au dérèglement climatique. Le gouvernement divise par deux les moyens. Mais justement, vous auriez pu peser. Je vais essayer d'expliquer. On doit changer de véhicule, aider, accompagner les Françaises et les Français dans le changement de véhicule. Le budget divisé par trois. On doit accompagner les Françaises et les Français dans la rénovation thermique de leur logement.

2:55
Présentateur

Un milliard de moins sur la prime rénov.

2:57
Yannick Jadot

On est divisé par deux. On doit aider les collectivités locales à s'adapter au dérèglement climatique. On voit les inondations, les feux de forêt, les canicules, les sécheresses. Budget divisé par deux. Comment voulez-vous que nous, écologistes, qui faisons de la santé, du climat et de l'accompagnement social des transitions nécessaires, on puisse être même à moitié satisfaits du fait que les budgets sont sacrifiés ?

3:25
Présentateur

Les spécialistes disent qu'ils pèsent. Vous auriez pu peser vers dire ce budget ?

3:28
Yannick Jadot

Mais pardon ! On a été dans toutes les négociations. S'ils ne veulent rien nous donner, reconnaissez que ce gouvernement, le Premier ministre, n'arrive même pas à dire le mot climat. Il n'arrive même pas à dire le mot énergie renouvelable. C'est totalement absent de ces discours. Il n'entend pas le besoin de notre pays vers les transitions. Et ce qui est dramatique, c'est qu'en sabrant tous les budgets sur la conversion automobile, en sabrant tous les budgets sur la rénovation thermique, ce n'est pas simplement la France qui sort de l'accord de Paris par la petite porte, parce qu'évidemment, notre trajectoire climatique va être effrayante.

Mais ce sont les secteurs en crise là où les industries et les entreprises ferment. Donc notre projet, c'est un projet de pouvoir d'achat, c'est un projet industriel, en plus d'être un projet climatique. Et là-dessus, ce n'est pas qu'on n'a rien arraché. On a été à toutes les négociations. Oui, mais à l'arrivée, c'est les socialistes qui ramassent

4:26
Présentateur

les quelques victoires sur l'écologie.

4:29
Yannick Jadot

Tant mieux que les 4000 postes ne soient pas supprimés. Mais si François Bayrou, si son gouvernement ne veut rien nous donner sur l'écologie, il y a un problème majeur. On est dans le déni. Vous savez, c'est du trumpisme. On est au niveau du trumpisme aujourd'hui. Qu'est-ce qu'il a fait que le gouvernement fait du trumpisme ? Je parle de Trumpy, je ne dis pas que François Bayrou est Donald Trump. Mais qu'est-ce qu'il a fait Donald Trump quand il est arrivé au pouvoir ? Déjà en 2016, il s'est attaqué à toutes les agences d'État de protection de l'environnement. Vous entendez ce gouvernement ? Remettre en cause l'ADEME. C'est l'agence qui s'occupe du climat.

Remettre en cause, et ils sont en grève, et je les soutiens. L'Office français de la biodiversité. Ils remettent en cause l'ANSES qui dit la vérité scientifique sur notre santé. Ils considèrent aujourd'hui que la vérité scientifique sur le climat, sur la santé, sur la biodiversité,

5:21
Invité

c'est une opinion comme une autre. Ils considèrent en tout cas que ça coûte trop cher.

5:25
Yannick Jadot

Pardon ? Ils considèrent en tout cas que ça coûte trop cher, ces agences, aujourd'hui. Vous savez, en 2022, là où on a les dernières statistiques, dérèglement climatique, 3000 morts en France, 11 milliards de dégâts. Combien de milliards en Bretagne du fait des inondations et bien moi, je préfère qu'on investisse plutôt que des Françaises et des Français meurent ou se retrouvent en situation dramatique et qu'il y ait des dégâts matériels insupportables pour chacune et chacun.

5:49
Invité

En tout cas, Yannick Jadot, lundi, il y aura le vote solennel du budget. La gauche votera contre, mais est-ce qu'elle va d'un bloc voter cette censure, selon vous ? La question se pose encore chez les socialistes. Chez les écologistes, visiblement, ce sera censure quoi qu'il arrive. Ça veut dire quoi ? Qu'il n'y a pas de place en France pour une écologie de gouvernement ?

6:05
Yannick Jadot

Mais si, justement. Mais vous avez dit le mot écologie de gouvernement. Quand vous avez un gouvernement qui ne fait pas d'écologie, quand vous avez un gouvernement qui sabre tous les budgets, qui aide les Françaises et les Français et les protège, qui remet en cause tous les outils de politique publique pour régler les problèmes, qu'est-ce qu'on va faire ? On va dire simplement « Ah ben écoutez, vous avez raison, vous avez vu l'enquête, le dossier de la Direction Générale des Finances Publiques ». Bercy, qui dit quoi ? Qui dit, sur les 20 dernières années, les 0,1% les plus riches, 40 000 foyers, 40 000, attendez, ont augmenté leurs revenus par plus de 2.

6:50
Présentateur

Yannick, j'ai dit

6:50
Yannick Jadot

40% le reste des Français. Mais ça veut dire que vous êtes prêts à assumer

6:56
Présentateur

un nouveau gouvernement, une nouvelle censure, une instabilité politique, malgré les craintes des Français, malgré les répercussions sur l'économie. Vous assumez.

7:06
Yannick Jadot

Mais écoutez, les économistes, y compris de l'OFCE, ils disent avec ce budget, on va avoir de la récession.

7:13
Présentateur

Mais sans budget, c'est l'instabilité économique que les chefs d'entreprise en général n'aiment pas ça, ils le disent déjà.

7:18
Yannick Jadot

Mais moi, je ne souhaite pas l'instabilité. Mais si vous appuyez

7:21
Présentateur

sur le bouton censure, il y aura de l'instabilité.

7:24
Yannick Jadot

Oui, mais c'est la responsabilité du Premier ministre, ce n'est pas la mienne. Mais est-ce que le compromis c'est quand même extraordinaire. Les écologistes, partout ailleurs,

7:30
Présentateur

en Europe, les écologistes, ils font des compromis.

7:33
Yannick Jadot

Mais moi, je fais des compromis tous les jours, madame. Nous faisons des compromis tous les jours. Mais pour faire un compromis, il faut être deux. Nous avançons. On ne demande pas de multiplier les budgets par deux. On demande simplement qu'on arrête de supprimer les règles de protection de l'environnement, ce qu'on est en train de faire dans l'agriculture, alors qu'on sait que les pesticides qui vont être autorisés donnent des cancers aux gamins ou donnent des cancers aux paysans. Vous trouvez que c'est bien de supprimer ça ? Il faudrait qu'on dise nous, on fait des compromis. Ce n'est plus des compromis. Ça veut dire que si les socialistes

8:06
Présentateur

votent la censure, vous dites que c'est fini l'alliance, le nouveau Front populaire à la trappe, à la poubelle.

8:12
Yannick Jadot

Je ne suis pas là-dessus. Ce sera la conséquence ou pas ? Non, mais chacun a son analyse de la situation. Enfin, vous êtes une alliance. Moi, je ne souhaite pas l'instabilité politique dans notre pays. Mais je souhaite qu'on s'occupe des Françaises et des Français. Quand les plus riches, tous les ans, ils accumulent 100 milliards de richesses en plus. Attendez, 100 milliards de richesses en plus. Qu'est-ce qu'on propose ? On ne propose pas de leur prendre les 100 milliards. On propose d'en prendre 20. Ils vont continuer tous les ans à accumuler 80 milliards.

8:40
Présentateur

Vous ne répondez pas à la question ? Le NFP, c'est fini ou pas fini ? C'est ça les compromis.

8:45
Yannick Jadot

C'est ça dont a besoin ce pays. On a l'impression que notre pays est revenu à l'époque de la révolution française entre l'ancien régime et le tiers état où au fond, on n'arrive plus à mettre un peu d'équité fiscale. Mais face à ça, Bernard Arnault va vous dire oui, mais on empêche sous Macron, les 0,1% ont baissé leur taux d'imposition. C'est le Bercy qui dit à 25%. Ça a baissé. Vous savez quand vous touchez dans notre pays plus de 30 000 euros de revenus par an, vous passez une tranche de 30%. Ceux qui gagnent un million payent moins. À un moment donné, pourquoi on ne va pas un peu chercher cet argent-là pour l'hôpital, pour l'école, pour les polices municipales, pour le climat ?

Pourquoi on ne fait pas ça ?

9:27
Présentateur

Il va y avoir une surtaxe temporaire sur les grandes entreprises.

9:30
Yannick Jadot

D'un an ? Oh là là !

9:32
Présentateur

Le grand sacrifice !

9:34
Yannick Jadot

On parle sur les hauts revenus, on parle de 2 milliards. Pardon. Mais vous n'avez pas

9:42
Présentateur

répondu à la question.

9:42
Yannick Jadot

Sur quoi ?

9:43
Présentateur

Si les socialistes votent la censure, est-ce que vous vous dites le nouveau Front Populaire,

9:47
Yannick Jadot

c'est fini ? Mais non. Écoutez, on continuera à travailler. On a gagné hier, vous savez, au Sénat, une proposition de loi, une résolution sur la proportionnelle. Ça aussi, c'est une façon de faire en sorte que la gauche vive pleinement, parfois, de sa diversité. Encore une fois, moi, je suis écologiste, je ne peux pas me satisfaire qu'on soit dans le déni climatique, dans le déni de la santé, dans le déni de l'effondrement de la biodiversité, et surtout, dans le déni de l'accompagnement social, des transitions nécessaires. Parce que les gens continuent à avoir froid, les gens continuent à être piégés par leur bagnole quand ils doivent faire 40 kilomètres et qu'ils payent plein pot l'essence.

10:28
Invité

Pour en finir sur cette censure, Yannick Jadot, si on imagine que la gauche vote la censure, que le RN ne le fait pas, à nouveau, le gouvernement Bayrou serait sous la tutelle du RN, ce serait finalement un gouvernement barnier bis, est-ce que les écologistes n'auraient pas tout à perdre ? On a vu qu'il y avait quand même des chemins de négociation ces dernières semaines. Oui,

10:45
Yannick Jadot

mais ils ne nous donnent rien. Pardon, on est tout le temps, tous les jours dans les discussions avec le gouvernement. quand le gouvernement dit « Ok, on a bien entendu vos demandes, mais désolé, en fait, l'écologie, c'est le ministère qui va prendre la charge la plus lourde de la réduction des dépenses. On ne veut pas toucher aux plus riches, on ne veut pas toucher aux 100 milliards de dividendes, mais par contre, on va sacrifier votre budget, mais attention à la stabilité des institutions. Vous savez, on rentre dans un monde, on est dans un monde très instable, mais avec ce budget-là, c'est la précarisation des Françaises et des Français à tous les étages.

Et à la fin, c'est le RN qui gagne.

11:25
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, il mise, lui, vraiment sur une présidentielle anticipée. D'ailleurs, il a organisé mercredi une grande conférence de presse pour lancer déjà sa campagne. Les Insoumis, donc, sont prêts pour cet objectif. C'est moins le cas du côté des écologistes et des socialistes. Vous qui prenez souvent l'union, est-ce que là, vous vous dites qu'il faut une union de gauche à la présidentielle ? Et est-ce que aussi, derrière cette question, vous aussi, vous vous dites une présidentielle anticipée ? Après tout, oui.

11:53
Yannick Jadot

Non, moi, je ne souhaite pas une présidentielle en 35 jours. Vous savez, ce pays souffre terriblement du fait qu'il n'y ait pas eu de campagne présidentielle en 2022. Vous vous souvenez, le président de la République ne voulait pas débattre. Au fond, le pays n'a pas tranché les grands sujets. C'était la guerre en Ukraine et finalement, on a voté Emmanuel Macron pour éviter Marine Le Pen. mais le pays n'a pas, y compris purgé ses tensions autour d'un vrai débat politique. Une campagne présidentielle en 35 jours, quand il faut aller chercher les signatures, ce n'est pas responsable vis-à-vis de notre pays. Moi, je suis un parlementariste.

12:26
Présentateur

Et l'union de la gauche, ça veut dire tout le monde aligné derrière un candidat, derrière Jean-Luc Mélenchon, peut-être ?

12:30
Yannick Jadot

Non, moi, je ne crois pas. Je l'ai dit et répété. Moi, je ne souhaite pas du tout m'aligner derrière Jean-Luc Mélenchon. Donc, c'est pour ça que je dis qu'il nous faut construire en dehors de Jean-Luc Mélenchon parce qu'il n'y a pas d'électorat irréconciliable, une candidature... Donc, une candidature commune, socialiste,

12:47
Présentateur

communiste et écologiste.

12:48
Yannick Jadot

De la gauche, vous savez, on l'a vu...

12:51
Présentateur

Si Fabien Roussel veut y aller, si François Hollande veut y aller, ça fait déjà quelques noms.

12:55
Yannick Jadot

Je l'ai dit, je l'ai dit, il n'y a pas d'électorat de gauche irréconciliable. Je l'ai vu à la présidentielle, une partie des électeurs écologistes sont allés voter Jean-Luc Mélenchon, malgré la Russie, malgré le reste. Eh bien, une candidature pour gagner la présidentielle et apaiser le pays, le reconstruire et avancer, enfin, sur le progrès écologique et social. Et vous verrez que l'électorat quittera Jean-Luc Mélenchon pour venir avec nous. Et vous,

13:22
Invité

quoi qu'il arrive, 2025 ou 2027, vous n'êtes pas candidat à la présidentielle ? 2025 ou 2027 ? Si, il y a une présidentielle anticipée cette année. Ah, non, non, non, non, non, j'ai d'autres ambitions. Quoi qu'il arrive, j'ai d'autres ambitions, ça ne vous a pas échappé. Ça ne vous a pas échappé.

13:36
Yannick Jadot

Nous sommes toujours

13:43
Présentateur

avec Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris, candidat à la mairie de Paris parce qu'effectivement, avant la présidentielle, il y a ces municipales de 2026. Vous êtes donc officiellement candidat à Paris depuis janvier. Il y a une primaire interne aux écologistes qui doit départager les postulants en mars. Il y a déjà quatre autres candidats. vous ne voulez pas vous y soumettre, mais pourquoi est-ce que vous refusez un processus qui a pourtant été validé démocratiquement par le Conseil politique départemental ? Au nom de quoi vous auriez un passe-droit ?

14:21
Yannick Jadot

Je ne cherche absolument pas un passe-droit. Simplement, quelle est la situation à Paris ? Anne Hidalgo a décidé de ne pas se représenter. Donc, on a une forme de fin de cycle, un cycle fort, mais qui est 25 ans de gestion socialiste à Paris avec le départ d'Anne Hidalgo. On a Rachida Dati qui est en train de rassembler la droite, une droite unie et une droite extrêmement réactionnaire. C'est la droite de la préférence nationale, c'est la droite de la suppression de l'AME, c'est la droite de la ségrégation sociale dans le logement ou des baisses de tous les budgets, y compris de la culture. Donc, est-ce qu'il y a une demande de l'électorat ?

15:02
Présentateur

Je ne veux toujours pas le rapport avec le fait d'activer. Non, si, si, vous avez le verre,

15:04
Yannick Jadot

j'y viens, j'y viens. Et donc, je crois que nous avons une opportunité historique, historique, de gagner la mairie de Paris. Il y a le risque de perdre la mairie face à la droite et il y a l'opportunité historique pour les écologistes de gagner Paris au service des Parisiennes et des Parisiens. Mais pour ça, mon intuition est à les partager quand même par une partie des responsables écologistes, c'est qu'il faut rassembler la gauche et les écologistes. Il ne faut pas créer de la division à travers la primaire au sein des écologistes et à côté de l'autre primaire des socialistes qui est devenue fratricide et après avoir une forme de dispersion à gauche face à une droite unie.

Donc, le chemin que je propose, ce n'est pas de contourner les règles. Je propose que les militants écologistes de Paris valident une équipe avec les candidates et les candidats mais qui soit en capacité maintenant mais avec vous de rassembler.

16:00
Présentateur

Une équipe autour de vous. Vous biaisez quand même ce scrutin. David Bélgar, il dit, ce n'est pas Sanoye, qui est aujourd'hui adjoint à la maire, qui est candidat. Il dit, mais au nom de quoi ? C'est sa notoriété ? C'est ça ? On doit s'effacer devant sa notoriété parce qu'il a été candidat à la présidentielle ?

16:18
Yannick Jadot

Je ne demande à personne de s'effacer. Je demande à tout le monde qu'on soit en capacité de bousculer le jeu à gauche pour gagner la mairie de Paris. On ne l'a jamais fait. Mais attendez, la notoriété, la notoriété, moi je suis quand même un peu stupéfait par ce procès en notoriété. Ma notoriété, je ne l'ai pas acquis chez Hanouna. Je ne l'ai pas volé, je ne l'ai pas acheté. Ma notoriété, c'est quoi ? C'est mes combats écologistes à Greenpeace. C'est le succès aux Européennes. Le succès aux Européennes en 2019, ça a permis la vague verte dans beaucoup de villes françaises, sauf à Paris. Soyez très clair, vous n'êtes plus connu,

16:53
Invité

vous avez une notoriété. Ce que je veux dire,

16:55
Yannick Jadot

c'est qu'on ne va pas revenir, j'espère, chez les écologistes, avec l'idée qu'au fond, avoir acquis, être connu des électrices et des électeurs par ces combats, avoir l'expérience des campagnes, ça devient handicap. On doit quand même apprendre un peu de nos campagnes.

17:12
Présentateur

Vous oubliez un élément, c'est une élection locale. Mais je suis d'accord. Tous les autres candidats sont déjà implantés à la mairie. Vous, vous n'avez jamais été engagé à Paris, vous n'avez jamais été sur une liste, vous n'avez jamais été au Conseil de Paris. Pourquoi est-ce que vous mériteriez d'être l'élu ?

17:28
Yannick Jadot

Parce que le plus, c'est incontestable, y compris les candidats écologistes et les candidates sont des personnes de qualité, qui ont un bilan, qui ont de l'expérience et qui ont de la compétence. Simplement, aujourd'hui, je l'ai dit, il faut aussi, c'est une fin de cycle. Vous entendez quand même ? Donc ça veut dire

17:47
Présentateur

qu'il faut bazarder tous ceux qui étaient déjà implantés à Paris ?

17:50
Yannick Jadot

Non, il ne faut pas bazarder, il faut les utiliser. Mais considérer qu'au bout de 25 ans d'une gestion socialiste, avec la fin de cycle d'Anne Hidalgo, il suffit de reconduire les sortants, je pense que c'est une erreur. Je pense qu'il y a, chez les Parisiennes et les Parisiens, la volonté qu'il y ait une part de renouveau. Et moi, ce que je peux apporter dans cette campagne, avec les écologistes et après avec l'ensemble de la gauche, c'est à la fois cette part de renouveau et puis cette capacité aujourd'hui à bousculer ce que je crains être une spirale de la défaite, c'est la dispersion de la gauche au premier tour face à une droite humaine.

18:24
Présentateur

Donc ça veut dire deux choses. Quoi qu'il arrive, l'inscription pour la primaire, là, ça se termine ce soir. Vous n'allez pas vous inscrire. Si,

18:31
Yannick Jadot

ce que j'ai dit, si les candidats et les candidats pressentis vont à cette primaire,

18:39
Présentateur

ils vont aller jusqu'au bout, ils l'ont déjà dit.

18:41
Yannick Jadot

Je n'ajouterai pas de la division à la division. Est-ce que vous vous retirez ? Donc je ne participerai pas à cette primaire. Mais je ne veux pas...

18:49
Présentateur

Attendez, ce n'est pas la même chose, vous seriez toujours candidat à la mairie de Paris.

18:52
Yannick Jadot

Non, non, mais je...

18:54
Présentateur

Parce que si on a compris que vous n'allez pas participer à la mairie.

18:56
Yannick Jadot

En revanche, je vais vous le dire, je crois que le rassemblement de la gauche et des écologistes est une opportunité à la fois pour ne pas perdre la ville et pour que ce soit... Ne répondez pas à la question. ce n'est pas la réponse. Et donc, je me tiendrai à la disponibilité pour que ce rassemblement se construise et je serai disponible là où on considéra que je serai utile. Donc en gros, vous misez sur les divisions après pour dire je suis le médecin derrière. Vous trouvez que c'est sain ? Dans le moment politique, il faut se rendre compte que ce que c'est la droite à Paris aujourd'hui. Non mais bien sûr, on a l'impression que vous êtes en train de dire... C'est le retour du tout voiture.

C'est le retour du tout voiture.

19:34
Invité

C'est le discours politique qu'on a entendu.

19:35
Yannick Jadot

Mais sur votre stratégie... Non mais sur votre stratégie... Et donc, moi je veux que la gauche et les écologistes soient rassemblés et je suis convaincu que pour les parisiennes et les parisiens, pour leur santé... Vous voyez la dernière enquête... Non mais Yannick Chadot,

19:50
Présentateur

moi je n'ai pas compris ce que vous me dites. Je ne suis peut-être pas très maligne. On est deux. Non, non, on est deux. Ah, vous êtes deux. Ça fait beaucoup. Imaginons, il y a un candidat...

19:58
Invité

Ça fait une majorité sur le plateau.

20:00
Présentateur

Il y a un candidat qui va émerger de cette primaire puisqu'elle va se faire. Donc vous, concernant votre candidature, vous la maintenez ?

20:06
Yannick Jadot

Non, je ne maintiens pas à ma candidature. Mais je veux être disponible, je veux être utile au rassemblement de la gauche et des écologistes. Encore une fois, si les écologistes décident de faire une primaire... Et pardon, j'en ai fait des primaires, je les ai gagnées à chaque fois. Donc je n'ai pas de problème. À la limite, faisons une primaire de toute la gauche et des écologistes.

20:25
Invité

Ça a quand même été un peu dur avec Sandrine Rousseau. Oui, ça a été dur.

20:28
Yannick Jadot

Il y a des traumatismes de ça ? Mais enfin, à part... la primaire socialiste de 2012, donnez-moi une primaire qui n'a pas laissé de traces. À la fois, ça a des qualités. Les militants votent. C'est important. Ils font le choix stratégique. Mais reconnaissons que ça laisse des traces et ça ne lance pas forcément fortement les campagnes. Moi, je me refuse à ce que le spectacle à gauche, ce soit la division, la dispersion face à une droite unie et en disant simplement on a un bon bilan, on va continuer. Sans entendre l'envie de renouveau, sans entendre la nécessité d'ouvrir un nouveau cycle politique autour de l'écologie.

21:08
Présentateur

Juste une petite chose, vous n'êtes pas un homme de promesse parce qu'il me semble que quand vous avez été désigné pour devenir sénateur de Paris, vous aviez fait cette promesse de vous consacrer uniquement à ce mandat. Vous n'aurez tenu que 16 mois. Je rappelle, un mandat de sénateur

21:18
Yannick Jadot

si vous voulez, à un moment donné, à partir du moment où Anne Hidalgo est sortie du jeu sur l'élection municipale de 2026, qu'on a une opportunité historique. Mais pour ça, il faut bouger le jeu à gauche. Le statu quo là, ça va être au mieux. Le statu quo dans les rapports de force, alors les écologistes seront peut-être un peu plus, un peu moins, et ça sera une gestion socialiste, ou au pire, ce sera la droite. Donc je ne me défile pas. Voilà. J'ai choisi de ne pas défiler. Ce n'était pas un choix facile.

Mais je pense, encore une fois, parce que je peux apporter à la fois être ce plus sur on change le jeu à gauche pour y compris ouvrir l'espace d'une victoire écologiste à Paris et on a cette part de renouveau. Donc effectivement, les conditions m'ont fait changer d'avis. C'est comme ça. C'est comme ça la politique. C'est une opportunité pour gagner Paris. Reconnaissez que la capitale de la France écologiste en 2026 avec cette ambiance pourrie d'extrême droite partout, ce serait quand même une belle nouvelle.

22:23
Invité

Et on a compris que ce soir à minuit, vous ne serez plus candidat officiel à la primaire puisque les autres ne vont pas se ranger derrière vous sauf si vous arrivez à les convaincre d'ici minuit. Mais vous resterez à disposition. Il faut toujours essayer. Une dernière question, Yannick Zédo, sur ce mot de la semaine qu'on a entendu. On a parlé de submersion. C'est le mot qu'a évoqué François Bayrou pour évoquer le sentiment traversé par les Français face à l'immigration. Ça a provoqué un tollé à gauche. Sauf que 74% des Français sont d'accord avec lui d'après un sondage Elab.

22:51
Yannick Jadot

Il faut les entendre, ces Français. Regardez ce sondage. Vous savez, c'est intéressant de voir comment à la fois le débat politique se droitise. Y compris la gauche, y compris les militants de gauche. Non mais attendez, comment le débat politique se droitise et comment la société française évolue. Quand vous regardez toutes les enquêtes et je vous invite et j'invite vos téléspectatrices, téléspectateurs ou auditeurs à lire les rapports de la Commission nationale consultative sur les droits de l'homme, la scène CDH, qui est liée au Premier ministre. Ils disent qu'en fait, il y a de plus en plus de tolérance dans la société française vis-à-vis des étrangers.

Il y a de plus en plus le sentiment que l'immigration est un enrichissement culturel.

23:30
Présentateur

Le tiers des Français considère qu'il y a trop d'étrangers en France. Ça, c'est la grande enquête annuelle fracture française menée début décembre par Ipsos pour le monde.

23:37
Yannick Jadot

Je vous invite à regarder comment ça évolue dans le temps. Ce que je veux dire, c'est que la société française devient plutôt l'ordre. Après, il y a une instrumentalisation. J'ai trouvé ça indigne et lâche.

23:47
Présentateur

Parce que François Bayrou, vous dites que c'est un raciste ?

23:49
Yannick Jadot

Son parcours qui a été raciste. Je dis qu'il reprend les discours racistes parce que quand il parle de sentiments de submersion, il ne dit pas. Parce qu'en fait, la France est maintenant au niveau des pays de l'Est sur l'immigration. On est très loin de nos voisins. On en fait moins que tous les autres. Et ce qu'il dit, c'est ce sentiment de submersion. Ça dit quoi ? Ça veut dire qu'en fait, dans notre pays, ce n'est pas une question de flux. C'est qu'il y a trop de Noirs. Il y a trop d'Arabes. C'est ça qu'il dit aux Françaises et Français. 40% en Ile-de-France des médecins hospitaliers sont d'origine étrangère. La moitié des aides à domicile.

Et ce qu'il est en train, il reprend, il capitule, il capitule face à l'extrême droite. Et ça, c'est totalement irresponsable.

24:33
Invité

Merci Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris. Merci d'avoir accepté notre invitation à l'Ix. Merci. Demain à 8h30 dans un instant désinformé avec Renaud Dely.

24:43
Yannick Jadot

On est tous clairs. On est clairs. D'accord.

Budget 2025, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot — Yannick Jadot · Pourquijevote