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interviewBFMTV· 20 septembre 2025 9 min

Coalition des droites: l'interview en intégralité de Marion Maréchal, présidente d'Identité Libertés

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Alors c'est l'empêcheuse de tourner en rond du Rassemblement National et elle continue cette semaine à autonomiser cette parole. L'eurodéputé Marion Maréchal fait sa rentrée politique avec son parti Identité et Liberté entouré de ses alliés européens, notamment une figure de la droite radicale Georges Siméon. Marion Maréchal, bonjour, vous organisez l'événement En Europe, la droite qui gagne, et vous prêchez avec votre parti pour l'union des droites. Alors, pour l'instant, vous prêchez un peu seule, non ?

0:31
Marion Maréchal

Oui, j'ai voulu organiser cet événement avec un certain nombre de nos alliés qui, eux, gouvernent en Europe, qui ont des chefs d'État, des chefs de gouvernement ou qui participent à des gouvernements. Vous l'avez vu, Georgia Meloni elle-même est intervenue par vidéo interposée à cet événement et elle nous a enjoint à suivre son modèle. Son modèle de gouvernement, c'est celui en effet d'une très large coalition de la droite et du centre-droite qui lui permet de faire barrage à la gauche et qui lui permet de mener la politique avec succès que vous constatez sur les sujets économiques, sur la fermeté migratoire.

Et donc moi, le message que je porte, alors vous avez raison aujourd'hui, peut-être un peu seule, mais je suis convaincue que nous ferons bouger les lignes au fur et à mesure, c'est celui de la nécessité d'organiser cette coalition. Parce que je le dis, je suis moi pour la dissolution et le retour aux urnes, mais je considère qu'il n'y a aucun sens à appeler à cette dissolution si on ne se donne pas en amont les moyens de s'assurer, de construire une majorité absolue au lendemain des résultats.

1:25
Présentateur

Alors vous l'avez dit, Georgia Meloni a pris la parole pendant votre meeting. Effectivement, on a l'impression que vous vous mettez dans ses pas, vous êtes un peu la Georgiane. Pendant son discours, elle a parlé de la diminution de 60% de l'immigration illégale, de la politique de la natalité. Ça, c'est des mesures que vous défendez. Quelles sont les mesures effectivement sur lesquelles vous rejoignez Georgia Meloni ?

1:47
Marion Maréchal

Oui, nous avons en effet beaucoup de combats en commun sur la défense de la famille, de la natalité. Vous l'avez dit, dans la lutte contre l'immigration clandestine, la défense de la souveraineté, bien sûr, de nos nations à Bruxelles. Et puis, malgré tout, un modèle économique intéressant, parce que Georgia Meloni, elle prouve que l'on peut à la fois inverser la courbe du déficit tout en augmentant le taux d'emploi et en baissant les charges sur les salaires des classes moyennes. En faisant quoi ?

En réduisant un certain nombre de dépenses dispendieuses d'assistanat ou bien en réduisant également ou en supprimant des subventions, par exemple, dites écologiques sur la transition énergétique qui ne fonctionnent pas. Donc, je ne vois pas pourquoi ce qui fonctionne à Rome ne devrait pas fonctionner à Paris. Et surtout, moi, ce qui m'intéresse, c'est que je vois aujourd'hui beaucoup de dirigeants à droite ériger Georgia Meloni en modèle. J'en suis heureuse. J'étais seule il y a quelques mois. Aujourd'hui, on est très nombreux. Mais je demande à ces dirigeants d'aller au bout du raisonnement et d'aller au bout de ce modèle.

Alors, c'est quand vous dites, justement, aujourd'hui, on est très nombreux.

2:45
Présentateur

C'est quand vous dites, aujourd'hui, on est très nombreux. Justement, on se demande qui roule, finalement, pour votre parti. Où est Jordan Bardella ? Où est Laurent Wauquiez ? Où est même Bruno Retailleau ? Puisque c'est ça, l'union des droites, finalement.

3:00
Marion Maréchal

Oui, vous avez raison. La réalité, aujourd'hui, c'est qu'il y a une déconnexion entre les responsables politiques et les aspirations des électeurs de droite, toutes familles politiques confondues. De très nombreux sondages ont été réalisés. Plus de 70% d'entre eux appellent à cette coalition. Alors, je le précise, la coalition, ce n'est pas la fusion. C'est-à-dire que le but, c'est justement que chacun garde leur singularité, leur spécificité, mais qu'on accepte, même si c'est difficile, de débattre d'un certain nombre de ses propositions, de chercher un compromis sur un projet commun, de différencier l'essentiel de l'accessoire.

Et l'essentiel, il me semble, c'est l'objet de mon discours, c'est de dire qu'aujourd'hui, l'urgence migratoire, l'urgence sécuritaire, qui nous rassemble tous, quand même, soyons honnêtes, pour le coup, entre ces différents partis, devrait nous imposer de nous mettre autour de la table. Et en ce qui concerne les sujets économiques, moi, je ne vais pas vous faire une surprise, je n'ai pas tout à fait le programme économique du RN, je suis, on dirait, plus libérale. Eh bien, discutons-en. Voilà, discutons-en.

Mais je pense qu'aujourd'hui, la menace que représente l'extrême-gauche, le chaos, la violence, et qu'ils appellent de leur vœu dans notre pays, eh bien, doit amener et conduire à une réaction très forte, eh bien, de la droite que nous sommes.

4:09
Présentateur

Une question de Flora Ghebeli sur ce plateau.

4:11
Invité

Bonjour, madame. Vous parlez d'une alliance du centre-droit jusqu'à la droite. Mais si on entend les récentes prises de position des leaders du centre-droit, moi, j'ai entendu récemment Gabriel Attal se positionner en faveur de la GPA, Édouard Philippe sur un libéralisme vraiment débridé, Xavier Bertrand, son combat, c'est carrément contre vous, c'est carrément contre l'extrême-droite, et même Emmanuel Macron, il est assez actif sur la transition écologique dans ses deux mandats. Donc, vous appelez à un rassemblement du centre-droit à l'extrême-droite, mais vous soyez prête à aller vers des idées comme la GPA ou la transition écologique ?

4:44
Marion Maréchal

Alors, je vous mettrais à l'aise, je ne considère pas que Gabriel Attal appartient au centre-droit. Gabriel Attal est un homme qui vient du socialisme. Voilà, comme d'ailleurs Emmanuel Macron, il faut le rappeler, c'est, vous l'avez dit d'ailleurs, un progressiste sur un certain nombre de ces sujets. Et donc, je ne crois pas qu'il y ait quoi que ce soit à faire avec Gabriel Attal, et encore moins, bien sûr, lorsque cet homme défend pour moi ce qui est une ignominie absolue, c'est-à-dire la marchandisation de la femme et de l'enfant.

Et je crois que d'ailleurs sur ce sujet, en ce qui concerne la gestation pour autrui, là encore, il y a quand même globalement une forme de consensus dans les différentes familles de droite pour refuser cette marchandisation de l'homme. Donc, évidemment, vous aurez toujours des réticences des uns ou des autres. Je ne dis pas d'ailleurs que les blocs sont tous unis dans leur manière d'appréhender ces alliances. Mais déjà, le fait de provoquer le débat là-dessus et d'entendre un dirigeant qui est proche de nous, en termes d'idées et qui a des succès économiques, nous appeler à cela, devrait, je l'espère, nous conduire à réfléchir.

Et comme je vous le disais, j'ai vu le regard de ces responsables évoluer. Et donc, je suis convaincue qu'ils iront peut-être jusqu'à l'étape supplémentaire qui est celle d'en tirer les conclusions sur le mode de gouvernement.

5:49
Présentateur

Marion Maréchal, demain auront lieu les funérailles de Charlie Kirk, cet influenceur conservateur qui a été assassiné aux Etats-Unis. Le Rassemblement National sera présent à la personne de Louis Alliot. Pourquoi n'y allez-vous pas ? Pourquoi n'avez-vous pas pensé à y aller ?

6:04
Marion Maréchal

Écoutez, j'ai évidemment pensé à y aller, mais je ne vais pas vous mentir. Enfin, vous êtes-vous au courant, j'ai eu un grave accident de voiture cet été qui fait que je suis un peu limitée encore aujourd'hui dans mes déplacements du fait d'un certain nombre de séquelles. Pas grave, je vous rassure. Mais néanmoins, je serai en communion de cœur et d'esprit parce que ce qui est vrai, c'est que cet acte est un acte extrêmement grave. C'est un assassinat politique, ça n'est pas rien.

Or, je crois qu'il est très important face à un assassinat politique face bloc, que les meurtriers d'extrême-gauche potentiel voient qu'il y a une unité de tout courant confondu pour les condamner et qu'ils constatent en réalité que cet acte ne fait pas taire leurs opposants, mais au contraire, crée des sortes de martyrs qui vont galvaniser leurs troupes. Ce sera la seule moyenne, bien sûr, de faire en sorte que ça ne se reproduise pas. Et c'est pour ça d'ailleurs que je suis, je vous le dis très franchement, très gênée par les 8 mai que j'ai pu entendre dans la semaine passée au sujet de la condamnation du meurtre de Charlie Kirk.

J'ai entendu beaucoup, y compris jusqu'à des responsables politiques, expliquer quand même d'une certaine façon qu'ils l'avaient un petit peu cherché avec ces provocations. Ce discours est insupportable. Et donc, je suis heureuse de constater que le gouvernement américain aille jusqu'à lui faire un hommage national, ce qui est une bonne manière, symboliquement, bien sûr, de marquer la condamnation de cet assassinat politique.

7:25
Présentateur

Virginie Calvels, vous vouliez intervenir ? Oui, madame Maréchal, j'ai une question pour vous. Vous aspirez à l'union des droites. Vous avez dit que vous êtes plutôt revendiquée libérale. On entend à peu près le même discours chez Éric Ciotti, avec beaucoup de volonté de baisse de la dépense publique. En revanche, côté Rassemblement national, on a l'impression qu'on est toujours dans une approche assez sociale étatiste, avec notamment, au sein du Rassemblement national, des personnes qui continuent à prôner la retraite à 62 ans, alors qu'on le sait, l'essentiel de la dépense publique, elle est malheureusement aussi liée au poids des retraites.

Donc comment imagineriez-vous cette plateforme programmatique, alors que sur ces questions qui sont celles qui pèsent le plus dans le budget de l'État et dans l'avenir du pays, on a encore l'impression que vous êtes quand même assez éloigné ?

8:16
Marion Maréchal

– Alors vous mettez le doigt précisément sur la difficulté de la coalition. Je vous l'ai dit tout à l'heure, le but c'est de s'asseoir autour de la table avec des gens avec qui on n'est pas d'accord sur tout. Commençons déjà par dire sur quoi nous sommes d'accord. Nous sommes d'accord pour l'essentiel sur le sujet migratoire, sécuritaire, régalien, c'est déjà très important et il me semble d'ailleurs que c'est le plus important.

Maintenant pour le reste, oui, vous avez raison, il y a aujourd'hui des courants plus libéraux dont je fais partie, des courants plus socio-étatistes au Rassemblement national, mais déjà partons du principe qu'on puisse en discuter, parce que malgré tout au Rassemblement national, soyons quand même honnêtes, il y a des gens qui ont conscience qu'il y a des taux de prélèvement trop élevés, il y a des gens qui ont la volonté là encore de baisser les charges sur les salaires pour rendre du pouvoir d'achat aux Français, il y a malgré tout une prise de conscience sur le fait qu'on ne peut pas continuer avec cette gavigie de la dépense publique, donc il y a quand même des points de discussion et de convergence qui sont possibles.

Maintenant, moi je fais partie de ceux qui sont convaincus en effet qu'on ne réglera pas le sujet de la dépense si on ne s'attaque pas aux dépenses de l'assistanat et si on n'engage pas, il est vrai, une réforme des retraites ambitieuse, parce que tout indique cela. Mais bon, écoutez, moi j'ai bon espoir et je suis convaincue que nous y parviendrons.

9:21
Présentateur

Merci Marion Maréchal, merci, on a bien compris, pour une coalition des droits.