Laurent Martin de Frémont : "On va tenter une fois encore de maintenir la République debout
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse partielle
Comment les forces de l'ordre se préparent ?
- 0:16OuverteRéponse directe
Dans quel état d'esprit sont les policiers avant cette nouvelle mobilisation ?
- 0:39OuverteRéponse directe
Ça change quoi pour le maintien de l'ordre ?
- 1:21RelanceRéponse directe
Est-ce que vous n'avez pas la crainte qu'ils risquent de ne pas se greffer à celle autorisée ? Et donc, possiblement, ça peut être compliqué à maîtriser pour vous ?
- 1:54FerméeRéponse directe
Il manque de force de l'ordre, selon vous, pour ce nouveau samedi de mobilisation ?
- 2:37RelanceRéponse partielle
Ça veut dire que les manifestants, demain, ne seront pas en sécurité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:11Invité politiqueChiffre
« qu'il manquait 300 effectifs sur les Alpes-Maritimes. »
- 2:16Invité politiqueChiffre
« au bas mot, c'est 500 effectifs dont nous avons besoin, dont minimum 400 à Nice »
- 3:21Invité politiqueFait
« quand vous dites « la police tue », déjà, vous n'êtes pas crédible. »
- 3:33Invité politiqueFait
« C'est là que ça devient dangereux. »
- 5:11Invité politiqueFait
« les policiers, je peux vous dire qu'ils punissent autant les exactions d'une ultra-gauche extrêmement violente que de l'ultra-droite qui peut être extrêmement violente. »
- 5:15Invité politiqueChiffre
« il y a eu 11 interpellations. »
- 5:25Invité politiqueFait
« qu'on irait chercher tous les fauteurs de troupes de l'ultra-droite. »
- 6:37Invité politiqueChiffre
« il nous faut des forces mobiles aujourd'hui pour pouvoir gérer ce qui va se passer à très très court terme »
- 6:48Invité politiqueChiffre
« À moyen terme, c'est 500 effectifs sur les Alpes-Maritimes, mais c'est une exigence. »
Temps de parole
- Laurent Martin70 %
- Présentateur24 %
- Présentateur 23 %
- ?3 %
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Une nouvelle manifestation, cette fois déclarée et autorisée par la préfecture des Alpes-Maritimes, est prévue demain à Nice. Comment les forces de l'ordre se préparent ? Laurent Martin de Frémont, secrétaire départemental de Unité Police, est l'invité d'ici matin. Bonjour Laurent Martin de Frémont. Bonjour. Dans quel état d'esprit sont les policiers avant cette nouvelle mobilisation
?
Épuisés, éreintés, fatigués, on attend la suite. Je crois vous avoir dressé un tableau qui n
'est
pas forcément très reluisant, mais on va tenter, une fois encore, de maintenir la République debout.
Alors, contrairement à samedi dernier, on l'a dit, cette manifestation, elle est autorisée avec un parcours précis. Ça change quoi pour le maintien de l'ordre ?
Ça change qu'on a des interlocuteurs et que c'est toujours plus facile d'avoir des interlocuteurs parce que vous avez ce sentiment que les manifestants vont manifester en ordre serré avec un parcours défini
et
que pour les forces de l'ordre, de manière générale, c'est toujours plus facile de s'adresser à un service d'ordre que de s'adresser à quelque chose de fantôme et qu'on espère que les choses, je dis bien on espère, parce que vous savez, il faut toujours rester humble, toujours faire preuve d'humilité en matière de maintien de l'ordre. On espère que ça se passera bien avec des effectifs sensiblement...
D'autant plus qu'il
y a des appels sur les réseaux sociaux pour une manif déguisée par... Est-ce que vous n'avez pas la crainte qu'ils risquent de ne pas se greffer à celle autorisée ? Et donc, possiblement, ça peut être compliqué à maîtriser pour vous ?
Oui, non mais vous avez raison, c'est le samedi de tous les dangers, de tous les dangers parce qu'on a un cumul d'événements avec Halloween ensuite et qu'effectivement, cette manifestation, et cet appel à la manifestation déguisée, nous laisse malgré tout inquiets, donc il va falloir être extrêmement vigilants avec des effectifs sensiblement égaux en termes de nombre, voilà ce que je peux vous dire à cet instant.
Il manque de force de l'ordre, selon vous, pour ce nouveau samedi de mobilisation ?
Ah, c'est pas selon moi, oui, c'est une certitude, il manque des forces de l'ordre.
Vous
savez qu'avant ces événements, nous avions, notamment chez vous, ici à Azur, nous avions l'habitude de vous dire régulièrement, et c'était pas galvaudé, c'était réel, qu'il manquait 300 effectifs sur les Alpes-Maritimes. Avec les événements qu'on rencontre aujourd'hui, je vous le dis, au bas mot, c'est 500 effectifs dont nous avons besoin, dont minimum 400 à Nice
pour
être extrêmement sécures, pour pouvoir permettre aux collègues de se reposer, parce que j'attire votre attention quand même sur le fait que les collègues viennent bosser sur leur repos, ils viennent bosser sur leur congé, ça, il faut en être conscient. Ça veut dire
quoi,
Laurent Martin de Frémont ? Ça veut dire que les manifestants, demain, ne seront pas en sécurité ? Ça veut dire que les riverains ne seront pas en sécurité ?
Non, c'est pas ce que je veux dire. Ce que je veux dire, c'est que les policiers vont être extrêmement fatigués, et vous savez que dans les tenues, il y a des hommes et des femmes, normalement constitués. À partir de là, l'humain, quand il est extrêmement fatigué, est-ce
que cette fatigue, elle amène à des dérives ? Est-ce que les policiers qui sont accusés par les manifestants de gazer trop rapidement, certains parlent même de violences policières, est-ce que ça,
c'est...
Mais
oui, bien sûr.
Il n'y a pas
de dérive,
selon vous
? Non, mais pardonnez-moi, pardonnez-moi ça, c'est les élucubrations des dirigeants de la France insoumise auxquelles vous faites référence. Vous savez, déjà, quand vous dites « la police tue », déjà, vous n'êtes pas crédible. Quand vous entendez ces dirigeants politiques dire « la police tue », le problème, c'est qu
'ils
persuadent certains de nos concitoyens. C'est là que ça devient dangereux. Non, vous faites référence à...
Non, moi, je fais
référence à des lycéens que nous avons vus pendant les manifestations, des manifestants...
Oui, politisés, oui. ...qui
nous
ont dit qu'ils avaient été gazés très rapidement et parfois interpellés de façon violente.
Oui, bien sûr, oui. Et la police mange aussi les lycéens. Non, tout ça, madame, je regrette de vous dire que quand un policier se lève le matin, la première idée qu'il a, c'est de sauver les personnes, c'est de protéger les biens. Ça, c'est la réalité. Vous savez, madame, ça fait 30 ans que je fais ce métier. Je n'ai jamais, je n'ai absolument jamais rencontré de collègues qui pensaient à gazer, qui pensaient à violenter, qui pensaient... Encore une fois, ça,
ce
sont les élucubrations et les fantasmes des dirigeants de la France insoumise. Ça, c'est vrai. Vous faites allusion à des lycéens qui ont parfaitement le droit, bien entendu, de manifester, mais on a quand même constaté aussi qu'il y
en
avait beaucoup qui étaient aussi politisés.
C
'est le moins qu
'on
puisse dire. Vous êtes journaliste et vous l'avez remarqué aussi.
Les forces de l'ordre, qui sont aussi montrées du doigt depuis samedi, on vous accuse d'avoir été conciliante avec des groupes d'ultra-droite. Que répondez-vous
? Je
réponds que, décidément, on est responsable de tout. Dites-moi, la couche d'ozone, ça va être la police aussi bientôt. On est responsable de tout dans ce pays. Ce qui est terrible, c'est que cette France extrêmement majoritaire, qui soutient sa police à 80%, c'est vrai qu'on l'entend moins que ceux qui râlent. C'est vrai que ceux qui râlent, ils font beaucoup de bruit. Non, les policiers, je peux vous dire qu'ils punissent autant les exactions d'une ultra-gauche extrêmement violente que de l'ultra-droite qui peut être extrêmement violente. Et je note d'ailleurs que la semaine dernière, il y a eu 11 interpellations. Ça, personne ne peut le nier. C'est factuel.
Et vous avez le procureur de la République de Nice, d'ailleurs, qui a clairement édicté la chose suivante, à savoir qu'on irait chercher tous les fauteurs de troupes de l'ultra-droite.
Et d'ailleurs, ce matin, le
préfet signale 40 personnes également auprès du procureur de la République qui feraient partie de cette mouvance d'ultra-droite.
Bien sûr, on fera notre boulot, soyez-en sûrs.
Alors, on l'a dit, demain, cette manifestation à Nice. Et puis, on a aussi de nouveaux blocus en prévision dans les lycées dès lundi. Ça aussi, ça va rajouter une charge de travail. On l
'a
compris, les policiers sont déjà extrêmement fatigués. Si ça dure des jours et des jours, comment vous allez gérer ça ?
C
'est l'énorme inquiétude. Et vous avez raison de soulever ce point-là parce qu'il y a effectivement la reprise des cours lundi, enfin des cours ou des grèves et des manifestations. Et puis, dans la foulée, 3-4 jours plus tard, on a une manifestation géante. C'est celle du 5
novembre.
Les événements s'enchaînent. Je vous promets que moi, les collègues que nous rencontrons sont des collègues qui sont exténués. Vous me posez une question, finalement, à laquelle je suis bien incapable de vous répondre. La seule chose que je peux vous
dire, c'est que nous sommes extrêmement inquiétés.
Vous demandez quoi, par exemple, aujourd'hui au gouvernement ?
Alors, évidemment, dans la précipitation, il nous faut des forces mobiles aujourd'hui pour pouvoir gérer ce qui va se passer à très très court terme, c'est-à-dire la semaine prochaine. Mais,
à
moyen terme, il ne peut plus y avoir de réflexion. À moyen terme, c'est 500 effectifs sur les Alpes-Maritimes, mais c'est une exigence. Aujourd'hui, on ne peut pas continuer à faire tourner les fonctionnaires de police et à les faire travailler 15, 20, 30 jours d'affilée. Comment on va faire ? Ça, c'est une vraie question. C'est une vraie question à laquelle on n'a pour le moment pas la réponse. Et moi, je ne peux préjuger de rien. Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Quel sera l'état physique
de
nos collègues dans quelques jours et qu'on n'est pas à l'abri de voir des collègues extrêmement fatigués au point que des arrêts maladie tombent ? Je n'en sais rien. Je ne connais pas, je ne sais pas dans quel état physique seront nos collègues. Mais l'administration et le gouvernement doivent prendre en compte qu'on ne va pas pouvoir continuer comme ça pendant des semaines. C'est une certitude.
Merci beaucoup, Laurent Martin de Frémont, secrétaire départemental d'Unité Police.