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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 10 octobre 2023 6 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseSécurité

Dominique Trinquand : "À Gaza, la défense est préparée avec beaucoup d'armes"

Au micro : Mathilde MunozSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:29OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est pour préparer le terrain à une opération terrestre ?

  • 1:07OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il est réellement possible de cibler le Hamas sans toucher les civils ?

  • 1:56OuverteRéponse directe

    Les terroristes du Hamas comptent se servir des otages pour mettre en péril cette offensive israélienne. Est-ce que c'est un chantage qui peut marcher ?

  • 2:47OuverteRéponse directe

    Mais est-ce que le Hamas a encore des moyens militaires ou est-ce qu'il a tout donné ce week-end ?

  • 3:35OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a un risque que cette guerre s'élargisse à d'autres belligérants par le jeu des alliances ?

  • 5:01OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a un risque d'un nouveau front au nord d'Israël avec le Hezbollah ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:11InvitéChiffre
    « C'est 6 000 habitants au kilomètre carré, c'est l'un des territoires les plus peuplés du monde. »
  • 2:27PrésentateurChiffre
    « Un soldat israélien est échangé contre plus de 1 000 prisonniers. »
  • 2:33PrésentateurChiffre
    « Et il y en a 5 000 actuellement dans les prisons. »
  • 5:14PrésentateurChiffre
    « la guerre de 2006, qui, certes, avait fait reculer Israël, mais reculé par l'intervention de la Finule, où Espagnols, Italiens et Français avaient déployé 12 000 hommes. »

Temps de parole

  • Présentateur71 %
  • Invité29 %

3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Mathilde Munoz, le 5-7.

0:08
Invité

Il est 6h21, notre invité ce matin est un général, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU. Bonjour Dominique Trinquant. Bonjour. Ces dernières 24 heures, les frappes israéliennes sur Gaza se sont intensifiées. Des tours, des mosquées, des banques, des immeubles résidentiels ont été détruits. Israël annonce aussi un siège complet de Gaza. Pas d'électricité, pas d'eau, pas de gaz. Tout cela, c'est pour préparer le terrain à une opération terrestre ?

0:31
Présentateur

Oui, probablement, il semblerait qu'en Israël la pression soit tellement forte, et on peut la comprendre, après le nombre de gens qui ont été assassinés et les otages qui ont été emmenés, la pression est tellement forte que le gouvernement de M. Netanyahou se voit contraint d'agir et d'agir fortement. Au passage, c'est le signe d'un échec de sa politique. Lui, qui était orienté vers la Cisjordanie et la colonisation, est obligé de s'occuper de Gaza, où il pensait qu'une trêve était en place et qu'il ne risquait rien.

1:01
Invité

Et Benjamin Netanyahou ne s'en cache pas, il promet, dit-il, de réduire en cendres tous les endroits où le Hamas est basé. Est-ce qu'il est réellement possible de cibler le Hamas sans toucher les civils, vu la densité de population dans la bande de Gaza ? C'est 6 000 habitants au kilomètre carré, c'est l'un des territoires les plus peuplés du monde.

1:17
Présentateur

Bien sûr, je pense qu'il y aura beaucoup de pertes civiles. Ce qu'il faut voir derrière, c'est que le Hamas, mouvement terroriste, il ne faut pas le cacher, c'est un mouvement terroriste qui a commis des crimes contre l'humanité en massacrant des civils parce qu'ils étaient juifs. Eh bien, c'est l'aboutissement d'années et d'années de propagande et d'une jeunesse désœuvrée qui n'a rien à faire, à qui on donne des armes et à qui on instruit depuis qu'ils sont tout petits qu'il faut massacrer Israël et massacrer les Israéliens. Donc, on va certainement tuer beaucoup de civils dans cette opération, mais je ne suis pas sûr que ça coupe les racines du mal.

1:56
Invité

Et en parlant de civils, les terroristes du Hamas comptent se servir des otages. Il y a des civils, on le sait, parmi visiblement une centaine d'otages israéliens, pour mettre en péril cette offensive israélienne. Est-ce que c'est un chantage qui peut marcher ?

2:09
Présentateur

Alors, écoutez, c'est une décision difficile, politique à prendre par le gouvernement. Est-ce qu'on va attaquer, quitte à perdre des civils ? Le Hamas a déjà dit qu'il y avait des otages qui avaient été tués déjà dans les bombardements. Le Hamas a pris ses otages pour se protéger. Pour en faire des boucliers humains. Voilà. Et puis aussi, monnaie d'échange. Je rappelle qu'un soldat israélien est échangé contre plus de 1 000 prisonniers. C'est Gilad Chalit. Et il y en a 5 000 actuellement dans les prisons. Donc, le Hamas a fait ça.

Maintenant, peut-être que le gouvernement israélien décidera de ne pas rentrer dans ce chantage, auquel cas il devra assumer la responsabilité de la mort de ses otages.

2:47
Invité

Mais est-ce que le Hamas a encore des moyens militaires ou est-ce qu'il a tout donné ce week-end ? En gros, est-ce que les otages sont sa dernière arme, entre guillemets ?

2:54
Présentateur

Non. Alors, je pense qu'il a beaucoup d'armes. Je pense qu'il s'est préparé à une opération israélienne. C'est pour ça que le combat va non seulement faire des pertes chez les Gazaouis, mais aussi dans l'armée israélienne. Nous ne l'aurons pas. La dernière opération qui a été lancée à l'intérieur a provoqué beaucoup de morts dans la colonne qui a été envoyée. Donc, ils ont toujours des armes. On peut se poser des questions sur les roquettes. C'est-à-dire qu'ils ont fait l'effet de saturation pendant les deux premiers jours. Est-ce qu'ils peuvent faire ça pendant très longtemps ? Je ne sais pas.

Mais en tout cas, à l'intérieur de Gaza, je pense que la défense s'est préparée avec beaucoup d'armes.

3:29
Invité

Pour le moment, c'est un combat incontraint, si j'ose dire. Mais on voit que les Etats-Unis envoient de l'aide militaire à Israël. Est-ce qu'il y a un risque que cette guerre s'élargisse à d'autres belligérants par le jeu des alliances ?

3:40
Présentateur

Alors, la difficulté, c'est que ceux-ci arrivent probablement aussi parce que les Palestiniens voyaient qu'ils étaient marginalisés. Avec les accords d'Abrahams, qui étaient entre Israël, les Émirats, le Bahreïn, le Maroc, le Soudan, on voyait qu'on ne parlait plus du tout de la Palestine. Et là, il y avait des accords qui étaient en cours, probablement avec l'Arabie Saoudite.

4:03
Invité

Et ça, c'était intolérable pour le Hamas ?

4:04
Présentateur

C'est intolérable parce qu'ils étaient totalement marginalisés. Mais ils ont pour eux ce qu'on appelle la rue arabe. C'est-à-dire que les gouvernements voulaient traiter avec Israël, mais dans la rue arabe aujourd'hui, les gens applaudissent. Et applaudissent à cette victoire contre Israël qui reste l'ennemi de la rue arabe. Et singulièrement, des frères musulmans, puisque le Hamas est très lié aux frères musulmans. Or, au Qatar, en Égypte, sous la houlette du maréchal Sissi, qui a écrasé les frères musulmans, il y a quand même une forte mouvance frères musulmans.

4:39
Invité

Ce que vous nous dites, c'est que dans les pays arabes, on fait vraiment le distinguo entre le soutien à la Palestine, mais l'hostilité envers le Hamas. C'est ça. Donc, c'est des pays qui sont tiraillés. Leur position n'est pas claire, finalement, vis-à-vis de...

4:50
Présentateur

Ça n'est pas clair, parce que, si vous voulez, le discours du Hamas n'est pas audible. Quand on vous dit que le seul objectif, c'est de détruire Israël, il y a un moment où vous dites, pardonnez-moi de parler anglais, so what ? Qu'est-ce qu'on fait ?

5:01
Invité

Est-ce qu'il y a un risque d'un nouveau front au nord d'Israël avec le Hezbollah ?

5:05
Présentateur

Alors, c'est le danger. Je pense que le Hezbollah n'a pas intérêt. Pourquoi ? Souvenons-nous de la guerre de 2006, qui, certes, avait fait reculer Israël, mais reculé par l'intervention de la Finule, où Espagnols, Italiens et Français avaient déployé 12 000 hommes. C'était considérable. Et il y a beaucoup de difficultés, actuellement, au Liban. Donc, le Hezbollah n'aurait pas intérêt. C'est-à-dire, maintenant, le chapeau de ces deux mouvements, le Hamas et le Hezbollah, c'est l'Iran. Et si l'Iran considère que l'attaque contre Gaza est trop dangereuse, il peut décider de l'ouverture d'un second front au nord, ce qui serait très dommageable pour Israël. Pour l'instant, ça n'est pas le cas.

5:44
Invité

Donc, l'acteur essentiel, c'est l'Iran ?

5:47
Présentateur

Oui, c'est l'Iran. Alors, l'Iran est derrière, est en soutien, il ne le dit pas officiellement. Les Américains eux-mêmes disent, on n'a pas de preuves. Mais enfin, c'est un faunet qui est difficile de cacher.

5:59
Invité

Merci beaucoup, Dominique Trinquant, pour votre expertise. Et j'envoie à votre livre qui sort après-demain, qui s'appelle « Ce qui nous attend, l'effet papillon des conflits mondiaux ». On vient d'en parler, de ce risque d'effet papillon, en tout cas, aux Proches et au Moyen-Orient. Il sera publié après-demain chez Robert Laffont. Merci beaucoup, Dominique Trinquant, invité du 5-7. Merci beaucoup, Dominique Trinquant.