Bayrou : le tonton flingueur #cdanslair 08.02.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 13 %Attaque 56 %Défensif 31 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 41 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteÉludée
Comment expliquer ce revirement du maire de Pau ?
- 0:31OuverteÉludée
Gabriel Attal se réjouit-il secrètement de ne pas avoir à composer avec François Bayrou ?
- 0:46OuverteÉludée
Les ambitions éliséennes des uns et des autres ne risquent-elles pas de fracturer la Macronie ?
- 1:25OuverteÉludée
Que s'est-il passé ? Pourquoi François Bayrou n'est-il pas entré au gouvernement ?
- 5:02OuverteÉludée
Est-ce qu'apparemment ce serait mal passé avec Gabriel Attal ?
- 7:54OuverteÉludée
Est-ce que les Français l'attendent comme le Messie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:07PrésentateurFait
« Je n'entrerai pas au gouvernement. »
- 33:44InvitéChiffre
« c'est la première fois dans notre baromètre Figaro Magazine Epoca que Edouard Philippe se fait devancer par Marine Le Pen »
- 35:52InvitéFait
« Déclaré avant les autres dès le mois de mars 2021 »
- 37:39PrésentateurChiffre
« j'ai fait reculer le front national de 15 points entre les deux élections régionales »
- 46:50PrésentateurChiffre
« Total a annoncé un nouveau record de 21 milliards de dollars en 2023 »
- 49:24InvitéChiffre
« le groupe paiera 320 millions d'euros d'impôts en 2023 »
- 49:40InvitéChiffre
« 7,5 l'année dernière 5% cette année »
- 50:03InvitéChiffre
« en tout 5 milliards d'euros »
- 55:05PrésentateurChiffre
« la France c'est le pays où il y a le plus de redistribution sociale 33% du PIB »
- 55:50PrésentateurFait
« la création de nombreux emplois quand même ces derniers temps »
- 1:02:47PrésentateurChiffre
« je veux que les gens voient qu'on a doublé le budget de la justice »
- 1:02:52PrésentateurChiffre
« on a doublé le budget de l'intérieur »
- 1:03:50InvitéFait
« C'est un ancien Premier ministre en charge de 12 millions de voyages par jour à la tête de la RATP »
Temps de parole
- Présentateur59 %
- Invité32 %
- ?3 %
- Invité 22 %
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Bonsoir à toutes et à tous. Je n'entrerai pas au gouvernement. Ainsi s'achève le psychodrame François Bayrou qui, en début de semaine sur le plateau de France 2, ne faisait pas mystère de son envie très forte d'entrer au gouvernement pour finalement enclaquer la porte hier soir avant même d'y être entré. Comment expliquer ce revirement du maire de Pau ? Est-ce un coup dur pour la majorité ? Gabriel Attal, au contraire, se réjouit-il secrètement de ne pas avoir à composer avec un François Bayrou au caractère bien trempé et de 38 ans son aîné ? François Bayrou qui vise désormais très clairement la présidentielle de 2027.
Question, les ambitions éliséennes des uns et des autres ne risquent-elles pas de fracturer la Macronie ? C
'est
le sujet de cette émission, ce C'est dans l'air, intitulé ce soir Bayrou, le tonton flingueur. Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Bruno Jeudy. Vous êtes directeur délégué et éditorialiste à La Tribune dimanche. Alix Bouillaguet, éditorialiste politique à France Télévisions. Laure Salvin, directrice générale de l'Institut de sondage Vériant. Je cite votre dernier baromètre des codes de confiance pour le Figaro Magazine, selon lequel Marine Le Pen est seule en tête. Et enfin Mathieu Souquier, vous êtes politologue, expert associé auprès de la Fondation Jean Jaurès. Merci de participer à cette émission en direct. Alors Bruno Jeudy, que s'est-il passé ?
Est-ce que vous avez compris pourquoi finalement François Bayrou n'est pas entré au gouvernement
? C
'est une drôle de séquence Axel. C'est vrai qu'en début de semaine, sans doute qu'il y
a
eu un rebondissement politique qui était
probablement
quand même inattendu, espéré par l'intéressé François Bayrou. Il y
a
eu cette relaxe dans l'affaire des assistants parlementaires, pour lesquels sont partis la plupart des élus qui étaient poursuivis ont été condamnés. Mais lui a été relaxé. Et ça a ouvert en quelque sorte une page politique inattendue dans cette séquence qui a commencé le 9 janvier, avec la nomination par Emmanuel Macron de Gabriel Attal à Matignon. Et ce remaniement au fond qui dure et qui n'en finit pas quelque part, Emmanuel Macron, Gabriel Attal se sont fait un peu piéger, parce qu'en le faisant durer, on a eu la séquence justice et la relaxe de François Bayrou. Et François Bayrou, qu'a
-t
-il fait
? C
'est là où c'est inattendu, c'est que lundi soir, mardi matin,
il
est allé dans les médias et il a dit en gros je suis candidat pour être ministre de l'éducation nationale, puisque
c
'est quelque chose qui m'intéresse, c'est la priorité de la nation. Et on a bien compris qu
'il
y avait un problème avec madame... C
'est de
son initiative, c'est pas forcément orchestré par l'Elysée ou Matignon.
Non,
absolument, il s'est vu ministre de l'éducation nationale, mais à ses conditions, c'est-à-dire avoir les mains libres, ne pas devoir passer sous les fourches codines, d'abord du programme du président de la République sur l'éducation, qui n'est pas tout à fait celui que François Bayrou défendait lui pendant la campagne présidentielle de 2022, il s'était opposé d'ailleurs sur ce point-là, et puis surtout avec la ligne fixée par Gabriel Attal sur l'éducation, lors de son passage au ministère, et là, s'en est suivi, vous avez parlé de psychodrame, de 48 heures, presque maintenant, trois jours, trois journées un peu folles, où François Bayrou est allé de média en média en expliquant qu'on ne pouvait pas se passer de lui, et dans les coulisses de l'exécutif, d'abord avec Emmanuel Macron, puis hier avec Gabriel Attal, ça ne
s
'est pas passé de la même manière. Alors en même temps... Mais on lui a proposé l'éducation nationale, on n'arrive pas à savoir.
–
Alors, ce qui est certain, c'est qu'il y
a
l'affaire, ils ont essayé de le contourner, c'est-à-dire que François Bayrou a fait monter les enchères, il voulait y aller à ses conditions, avec des ministres ou des secrétaires d'État, évidemment tout ça... François Bayrou est une personnalité qui prend de la place, d'abord il a une place prééminente, puisque c'est l'allié d'Emmanuel Macron depuis 2017,
il
a cru sans doute qu'il obtiendrait ce qu'il voulait. Et Emmanuel Macron,
pour
le coup, en pack avec Gabriel Attal, eh bien, lui ont plutôt dit non, ou c'est lui qui a vu que ça ne passerait pas.
Et donc, François Bayrou, il a fait du judo hier, plutôt qu'attendre la nomination et ne pas voir son nom, mais il est allé dans les médias pour dire, « On m'a humilié, je ne suis pas content », ce qu'il a fait hier soir devant les députés et ce matin sur une radio, France Info, et ça a donné ce psychodrame, on en parlera, mais voilà, ça dit beaucoup à la fois de la majorité, ça dit beaucoup du parcours d'un homme, celui de François Bayrou, 72 ans, ministre de l'Éducation entre 93 et 97, relaxé aujourd'hui, en quête de revanche, en quête aussi de reconnaissance dans cette majorité.
Alors, le parquet a fait appel, ça c'est le cauchemar peut peut-être reprendre pour François Bayrou, puisqu'il dit que
c
'était la fin d'un long cauchemar de 7 ans, il se trouve que le parquet a fait appel de sa relaxe. Alix Bouillaguet, on sait que François Bayrou avait rendez-vous hier dans le bureau de Gabriel Attal, alors est-ce qu'apparemment ce serait mal passé ? Et pour dire les choses autrement, est-ce que le jeune Gabriel Attal a finalement eu la peau du vieux crocodile Bayrou
? Oui,
il me semble, c'est vrai qu'on entend assez peu ça, mais on a longtemps dit, enfin depuis la nomination de Gabriel Attal, que Gabriel Attal n'était finalement qu'une marionnette ou un clone d'Emmanuel Macron, et que c'était la voix de son maître. Il me semble que dans cette partition, effectivement, il y
a
peut-être eu un pack, mais dans la première partie de conciliation, quand François Bayrou est allé voir Emmanuel Macron, Emmanuel Macron a été beaucoup plus évasif,
c
'est-à-dire qu'il voulait un titre de numéro 2 du gouvernement,
c
'est
-à
-dire juste en dessous de Gabriel Attal lui-même, il voulait un grand ministère, soit l'éducation nationale ou un ministère d'État, à sa main, peut-être décentralisation, territoire, etc. Emmanuel Macron ne lui a pas dit non. En clair,
il
lui a dit, écoute, réfléchissons, continuons, va voir Gabriel. Et effectivement, Gabriel Attal, quand il y
a
eu, effectivement, mis sur le... concrètement, toutes les demandes, parce qu'il voulait un ministère pour lui, et plus quatre autres ministères pour les élus Modem. Donc la liste de course, elle commençait à être longue, et effectivement, Gabriel Attal a bloqué. C
'est ça l
'humiliation dont il dit avoir été victime hier
soir ? Oui, parce qu'on sait très bien qu'il n'a pas été très peu consulté pour la nomination de Gabriel Attal, qu'il a été consulté à la dernière minute, qu'il y
a
eu des leurs, et que pour la première fois, il n'a sans doute pas été dans le secret des dieux avec Emmanuel Macron, et que quand il l'a été, d'une part, c'était trop tard, et d'autre part, il plaidait pour la nomination de Julien de Normandie, parce qu'il estimait que Gabriel
Attal n'avait pas l
'expérience.
Et
là, il se fait remettre à sa place, quelque part, par un petit jeune de 34 ans. Après, pourquoi est-ce qu'il fait ça ? Qu'est-ce qu'il fait qu'il y
a
quand même une différence de tonalité entre le communiqué hier soir, où les mots sont très graves, des accords politiques profonds, méthode rédhibitoire, enfin, les mots « claque », ce matin, effectivement, une confusion, ou en tout cas « mezzo voce », qu'est-ce qui fait que hier soir, il est humilié ? C'est qu'il faut se dire qu'il y a quand même 7 ans de frustration. Il y a 7 ans où cet homme, qui a toujours été habitué à être quand même au premier plan, se retrouve en coulisses, est resté un mois ministre, et effectivement, vit un cauchemar.
Et donc, il retrouve une liberté d'action, d'ambition, et là, il abuse sans doute de cette liberté, en se disant « tout le monde m'attend comme le Messie », et il se rend compte que non, il se prend un mur, on ne
l
'attend pas comme le Messie.
Alors, Laure Salvin, pour reprendre la question d'Alex Bouillaguet, est-ce que les Français l'attendent comme le Messie ? Quand il dit « je n'entrerai pas au gouvernement », est-ce que François Bayrou était attendu par les Français ?
Alors,
je
crois que les choses sont claires. François Bayrou n'était vraiment pas attendu. Il peut être écouté, respecté, il fait partie des figures de la politique française traditionnelle, mais vous avez seulement 14% des Français qui, aujourd'hui, veulent qu'ils jouent un rôle à l'avenir dans la politique française.
Il
n'y
a que 14% qui lui voient un avenir politique.
14%, donc effectivement, on ne
peut
pas dire que c
'est
une majorité. C'est peu, c'est moins, par exemple, qu'Elisabeth Borne, c'est moins que Nicolas Sarkozy, c'est moins que Bernard Cazeneuve, c'est au même niveau que François Hollande. Enfin bon, voilà, donc ça ne fait pas partie des personnalités de premier plan, en tout cas attendues par les Français. Donc je pense aussi qu'il y a un certain paradoxe pour les Français à entendre le coup d'éclat, le coup de sang, je ne sais pas comment il faut le qualifier, de François Bayrou, et de voir l'impact que ça a, notamment au point de vue politique et médiatique, et eux, finalement, ce qu'ils attendaient
de
cet homme politique-là. Je pense qu'il
y
a autre chose aussi qui doit certainement marquer l'opinion depuis hier, c'est ce paradoxe aussi entre, d'un côté, ces mots très violents et très virulents à l'égard du gouvernement actuel, crise profonde, effectivement, les mots étaient très choisis, crise profonde, je ne suis pas d'accord avec la politique qui est menée, avec la façon de faire de la politique, je suis en désaccord, et en même temps, il reste dans la majorité, et il continue à soutenir, effectivement, le président.
C
'est quand même un petit peu complexe quand on parle de positionnement politique. Et puis, je pense aussi qu'il y a un impact, certainement, qu'on mesurera dans les prochains mois, une forme un peu de trivialisation de la vie politique, si vous voulez. On a l'impression que ce gouvernement-là, avec ce gouvernement-là, on choisit, on s'auto-proclame, on s'auto-exclus, on dispose. Voilà, avant même, effectivement, que l'autorité, quelque part, le président ou, à minima, le Premier ministre, fasse ses choix. Et les Français sont très légitimistes.
Ils sont quand même, on le répète peut-être pas suffisamment, ils sont quand même attachés aux institutions, à la hiérarchie, même s'ils les critiquent dans leur fonctionnement. Il ne faut pas abîmer un certain nombre de choses. Et là, je trouve, effectivement, que ça affaiblit, cette séquence, le gouvernement, le président.
C'est brouillon,
cette séquence brouillonne, peut-être se dire.
Cette séquence
brouillonne, oui. Et ce côté, finalement, je joue seule contre les autres. J'ai un groupe parlementaire, mais, finalement, je l'ai... Pas
de discipline.
Exactement. Et puis, je pense qu'il y a, effectivement, peut-être, ce registre de l'émotion qui a gagné, là, dans cette séquence, alors qu'on attend plutôt de l'apaisement, aujourd'hui, et
que
les Français sont plutôt en attente d'apaisement de la part des politiques.
Mathieu Souquier, Laure Selvin disait à l'instant, seuls 14% des Français souhaitent voir François Bayrou jouer un rôle plus important dans l'avenir politique du pays. Est-ce qu'il ne se voit pas plus gros qu'il ne l'est, François Bayrou ? Est-ce qu
'il
n
'a
pas fait un petit péché d'orgueil, pour dire les choses simplement ? Moi, j'allais dire, c'est presque pas si mal, 14% compte tenu de ce qu'est le parcours de François Bayrou, pardon pour lui, mais le dernier acte de François Bayrou, quand même, c'est la présidentielle de 2007. Alors, il a joué un rôle clé dans celle de 2017, parce que précisément, il a apporté un soutien décisif à Emmanuel Macron, à un moment décisif. Mais le véritable dernier acte politique, quand même, de François Bayrou, c'est la présidentielle de 2007. Et donc, beaucoup de gens
ne s'en souviennent. Plus de
18%. Oui, alors c'était plus qu'un coup d'éclat. C'était presque un succès. Et donc, ça n'était pas rien, mais ça a déjà 15 ans. Et puis, le passé ministériel de François Bayrou, par ailleurs, il remonte considérablement. On a ressorti quelques images de son passage rue de Grenelle au ministère de l'Éducation nationale ces derniers jours. Mais on voit bien que c'est un peu le monde d'avant. Donc, 14%, je ne trouve pas ça si catastrophique. Non. Ce qu'il faut noter, c'est qu'effectivement, François Bayrou fait partie de ceux relativement nombreux qui se sont immédiatement élevés contre le choix de Gabriel Attal à Matignon.
François Bayrou, mais aussi Édouard Philippe, mais aussi Bruno Le Maire, mais aussi Gérald Darmanin. En gros, tous ceux qui se prépositionnent pour 2027 et qui ont compris qu'avec la nomination de Gabriel Attal à Matignon, Emmanuel Macron faisait plus que de désigner un premier ministre. Il désignait presque une forme d'héritier ou en tout cas un rival supplémentaire pour tous ceux qui sont déjà installés. Et donc là, il y
a
eu une espèce de ressucé de tout ça où on voit bien que Gabriel Attal, en dépit de sa popularité, quelques jours après seulement sa nomination à Matignon, enchaîne les crises. C'est-à
-dire
que ça rappelle que le pouvoir, en été, c'est de la gestion de crises successives. Il a eu les agriculteurs, il a eu sa ministre de l'Éducation nationale qui, objectivement,
quand
même, a contribué à tirer une balle dans le pied de ce nouveau gouvernement. Et puis du coup, là, il y a deux ou trois jours de sketchs, pardon, j'y mets des guillemets, mais de sketchs de François Bayrou sur « je veux revenir, je dois revenir, je peux revenir et finalement, je ne reviens pas ». Donc les désaccords en politique, ça arrive régulièrement. Ce qui est plus inhabituel, c'est d'en faire état en décrochant son téléphone, en appelant l'AFP et en disant explicitement pourquoi il y a un désaccord politique avec des angles, effectivement, d'attaque et de critique qui sont assez sévères et assez lourds et qui affaiblissent encore davantage le gouvernement.
Parce que c'est François Bayrou qu'il a joué un rôle décisif en 2017 et parce qu'encore une fois, la double critique,
c
'est-à-dire le centre de gravité politique de ce gouvernement qui se déporterait trop vers la droite, c'est en tout cas ce que dit François Bayrou, plus la déconnexion, comme le rappelait Bruno Jeudy, entre nos gouvernants et l'opinion, ce qui est une réalité. Ça, pour le coup, c'est une critique qui porte. D'accord. Alors, toujours pas de remaniement, mais une certitude, ce sera François Bayrou qui a refusé d'y entrer en évoquant une dérive et une technocratie gestionnaire et sa probable candidature en 2027. Sujet de Romain Bessnenou, Christophe Roquet et Magali Lacroze.
Différence d'approche, gouffre, crise de confiance, distance.
Le
communiqué de François Bayrou, publié hier soir, n'est pas tendre avec le gouvernement.
Le
président du Modem a refusé un poste de ministre et assume aujourd'hui
qu'il
prend ses distances avec le pouvoir qu'il estime déconnecté.
Je
ne laisserai pas faire un certain nombre de dérives qui sont fondées sur l'ignorance par les responsables du sommet de ce que vivent les Français à la base.
Crise
de confiance, crise sociale, crise dans l'éducation. François Bayrou, le tonton flingueur, avance ses pions pour 2024.
Je
n'ai jamais renoncé
à aucun des devoirs qui sont les miens, aucune des responsabilités qui sont les miennes. Je suis un élu de la province la plus lointaine de France.
Une
course en solitaire pour le centriste, réputé imprévisible et têtu.
A
-t-il été trop gourmand avec le remaniement ? En tout cas, les négociations ont échoué et son propre parti semble sonner. A l'image de Jean-Louis Bourlange, figure du Modem, en opposition frontale avec son patron. Je crois qu'il nous a mis globalement dans une situation tout à fait préoccupante parce que soit on démissionne tous, mais ça veut dire qu'on est en désaccord, soit on reste, on a des ministres au gouvernement alors même que le président dit nous avons un désaccord profond. Comment peut-on être pris au sérieux
? Pour
le camp présidentiel, le coup est rude.
Car
François Bayrou, c'est l'allié historique d'Emmanuel Macron, parfois encombrant, certes, mais précieux.
J
'ai décidé de faire à Emmanuel Macron une offre d'alliance.
C
'est sans doute un geste d'abnégation, mais ce sera aussi, je le crois, un geste d'espoir pour notre pays.
Leur alliance, scellée en février 2017, propulse le jeune candidat en marche vers des sommets et conforte son statut de favori.
Merci
à vous.
Aujourd
'hui, le groupe Modem, c'est 51 députés à l'Assemblée nationale, indispensables à la majorité déjà relative.
Pas
de rupture prévue pour l'instant, mais la droite parle déjà de revers sérieux pour le gouvernement.
J
'ai envie de lui dire bienvenue dans l'opposition, M. Bayrou, ça fait
à
peu près 7 ans, maintenant que de manière inconditionnelle, il soutient l'action politique du président de la République, du président Macron, et tout d'un coup, il découvre que tout ça est en désaccord profond avec la ligne, c'est ce qu'il a dit, des accords sur la ligne Macron-Atal.
C'est une crise politique majeure. Une crise politique ? Bien sûr. Déjà que le gouvernement n'a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale. Ce qui veut dire qu'il ne peut pas mettre en œuvre les réformes dont le pays a besoin. Mais là, en plus, c
'est
l'un des piliers de sa majorité qui montre très clairement qu'il n'est plus en face,
qu
'il n'est plus d'accord avec le gouvernement.
Pour
tenter d'éteindre l'incendie, le gouvernement devrait annoncer rapidement les suites du remaniement après un mois d'attente. Parmi les pistes évoquées, les sorties de Laurence Boun et Agnès Firmin-Lebaudot, respectivement à l'Europe et à la santé. Nicole Belloubet, ancienne garde des Sceaux, serait pressentie pour l'éducation nationale. François Bayrou, lui, à défaut d'entrer au gouvernement, retournera peut-être au tribunal puisque le parquet de Paris vient d'annoncer faire appel de sa relax dans l'affaire des assistants parlementaires du Modem.
Alors, pour une autre jeudi question de Dominique dans le Haut-Rhin, le comportement de François Bayrou va-t-il provoquer l'implosion du Modem ? Comme on l'a dit, le Modem, c'est 51 députés à l'Assemblée nationale
qui
appartient à la majorité. Donc, c'est capital pour la Macronie. C'est le deuxième parti de la majorité relative, vous avez raison. S'agissant du Modem, je ne pense pas que ça ira à l'implosion. Il y
a
un congrès en mars, il sera sans doute un petit peu plus... Est-ce qu'il partage la colère de François Bayrou, les membres du Modem ? Parce qu'on a vu ce matin que Jean-Louis Bourlange était furieux contre Bayrou.
Il
dit, mais il affaiblit la majorité et il discrédite le Modem. Alors, il y a deux, trois personnalités qui ont réagi assez vite. Jean-Louis Bourlange, pour nos téléspectateurs, c'est pas forcément une personnalité très connue. Il est président de la commission des affaires étrangères et il est surtout personnalité respectée à l'intérieur de cette famille du Modem, des chrétiens démocrates.
C
'est un peu un historique et il a fait son communiqué et il a effectivement, il s'est opposé à la démarche de François Bayrou disant, il ne nous a pas consultés, il décrète la participation sans le soutien. En gros, il n
'est
pas d'accord. Mais vous avez Marc Fénaud qui est ministre de l'agriculture et qui ne va pas démissionner et qui va participer au gouvernement et qui cet après-midi dans un tweet que j'ai vu avant l'émission dit, le Modem a toujours été dans la majorité, il n'a jamais manqué à Emmanuel Macron et il sera là. Donc, le ministre de
l
'agriculture on ne s'était pas trop arrêté pendant l'affaire de l'immigration. La loi sur l'immigration, le jour de ce moment où on a cru que la loi n'allait peut-être pas être votée, il y
a
eu ce moment compliqué pour Elisabeth Borne qui est allée défendre le texte largement amendé par les sénateurs de droite. Il y
a
une réunion de crise à l'Elysée, François Bayrou arrive, il contribue à mettre un peu la panique ce soir-là en disant, mais mes troupes ne vont pas me suivre. En clair, les modems ne voteront pas le texte. Or, au même moment, il y avait une réunion des députés modems qui, eux, avaient l'intention de voter le texte. Hormis le président de groupe qui est un très proche de François Bayrou, M. Matéi, les députés avaient envie de... Donc, il y a aussi peut-être...
Il
s'est un peu éloigné...
C'est un leader sans groupe, quoi.
Mais il s'est un peu éloigné aussi de sa base et lui qui parle de rupture entre le bas et le haut, eh bien, s'agissant de son parti du modem, je ne
suis
pas toujours sûr que François Bayrou soit si en face que ça avec sa base. En fait, Alix Bouillaguet, François Bayrou, c'est un solitaire, un homme solitaire. C'est pour ça, d'ailleurs, que l'élection présidentielle lui va bien, parce que c'est un homme face au peuple.
Là,
il est à l'aise. Mais ce n
'est
pas un chef de bande, comme on dirait.
Il y a une phrase dans le livre de Simone Veil qui s'appelle « Une vie » où elle parle, c'est d'ailleurs un passage qui est parfois assez cruel sur François Bayrou, mais elle raconte quelque chose qui est vrai, c'est qu'il a été appelé. Un jour, il sera président. C'est comme ça qu'il vit ce... Et donc, il est sur son chemin pour... Il croit
en son destin.
Il croit en son destin. Et effectivement, quand je vois Jean-Loup Bourlange qui s'étonne et qui dit comment on n'a pas été consulté et tout, mais enfin, François Bayrou n'a jamais consulté personne. Peut-être si Marielle de Sarnez, qui aujourd'hui n'est plus là, qui était son ombre et avec qui, effectivement, il partageait sans doute toutes les décisions. Mais pour le reste, François Bayrou, il fait qu'avelle est seule. Il croit en son destin. Il croit en lui. Moi, je ne pense pas que ça va être le grand soir du modem. Mais il y a quand même des petits signes. Et quand même, cette loi immigration, elle a contrarié, on l
'a
vu, l'aile gauche, comme on dit, du gouvernement, mais elle a aussi contrarié quand même pas mal de centristes qui se sont dit, attendez, on n'a pas fait tout ce chemin-là pour finalement être la jambe droite du gouvernement. Donc, peut-être que ce sera un tout petit peu plus compliqué sur certains textes
qui
viennent.
pour Gabriel Attal. Yannick Angiron, de l'Orsalvin, qui pose la question. François Bayrou a raison. La fracture entre Paris et la province est réelle. Le président l'ignore-t-il sciemment ? Est-ce que sur sa critique, il n'a pas appuyé là où ça fait mal, François Bayrou, en ce matin, dénonçant la déconnexion d'un gouvernement parisianiste ? Il a parlé d'un gouffre entre Paris et la province. Il dit, il y a la France qui se bat en bas
et
la France qui décide en haut.
C'est vrai que c'est une des critiques fortes qui est adressée à ce gouvernement, notamment spécifiquement le gouvernement de Gabriel Attal. Je pense que c'est un des enjeux aussi du remaniement, c
'est
de savoir si effectivement il va réussir à être un petit peu moins parisianiste qu'il ne l'est à l'heure actuelle. C'est vrai que les Français considèrent effectivement qu'Emmanuel Macron et ses proches d'ailleurs d'une manière générale n'ont pas eu cette expérience et cet ancrage territorial. C'est un parti politique aussi assez récent qui n'a pas fait quelque part ses preuves au niveau local. Et d'ailleurs, on l'a vu en dernières élections législatives aussi.
Donc effectivement, François Bayrou, en appuyant sur ce point-là, il sait très bien qu'il va raviver à la fois aussi des critiques qui sont exprimées à l'égard du gouvernement, mais aussi des tensions quelque part entre les petits et les gros, l'élite et le peuple. Et c'est vrai que, notamment avec la séquence aussi d'Amélie Oudea Castera, ça a ravivé ça aussi, cette idée effectivement qu'on avait des gouvernants qui étaient complètement déconnectés
de la réalité. Castera qui s
'étonnait que les jeunes aient des baskets alors qu
'ils
ne faisaient pas du sport. Parce qu'elle ne sait pas que les jeunes, les adolescents aujourd'hui sont en basket. En des baskets, voilà. Mathieu Souquier, alors du coup, on en arrive à la formation de ce gouvernement, ça fait des jours et des jours qu'on nous annonce l'imminence de ce gouvernement. Pourquoi est-ce un casse-tête à ce point ? Est-ce que François Hollande était très étonné que ça prenne autant de temps ? Je partage l'étonnement de François Hollande, effectivement. Alors non seulement ça prend du temps, mais en plus, il y
a
une forme que c'est beaucoup plus compliqué que prévu. Ce n
'est
pas uniquement une non-priorité qui aurait été renvoyée à plus tard. Ce sont des équilibres politiques qui sont manifestement difficiles à opérer. Alors ça dit encore une fois que le président de la République est aujourd'hui un homme politique affaibli. Puisque précisément, un remaniement qui est non pas un remaniement technique, mais où il s'agit quand même de constituer en fait le second rang du gouvernement, pose des difficultés. Alors on a vu que...
C
'est les secrétaires d'État, ça devrait être plus simple, vous l'avez dit, c'est moins visible. Ça devrait être tout à fait simple et je dirais quasiment invisible puisqu'on sait qu'en Macronie en particulier, il est peu de ministres qui comptent et qu'en réalité, la composition d'un gouvernement à la fin, c'est bien souvent la désignation de personnalités qui auront vocation à demeurer quasiment inconnues aux yeux du grand public. On a un certain nombre de ministres ou de secrétaires d'État qui sont sortis il y a quelques semaines dont les Français ignoraient quasiment l'existence. Donc on a du mal effectivement à comprendre cela.
Ça dit encore une fois que le président de la République est sans aucun doute affaibli. Ça dit que le Premier ministre, Gabriel Attal, a bénéficié en fait d'un très court répit. Ça dit que la désignation d'Attal est la première formation gouvernementale quand même qui est une espèce de synthèse entre le Macron de 2017 avec la personnalité de Gabriel Attal et le Macron de 2022, c'est-à-dire un attelage politique qui penche de plus en plus à droite, que cette synthèse, elle est en réalité difficile à faire.
Et ça dit que Gabriel Attal qui devient, comme je le disais tout à l'heure, plus qu'un Premier ministre, une espèce de rival potentiel ou d'héritier potentiel, devient la cible de beaucoup de monde aussi. C'est-à-dire qu'au sein
de
la majorité, on a compris que... Quand on réussit, on est jalousé et quand on est jalousé, il y
a
des gens qui vont mettre des pots de banane en politique ? Ce qui est sûr, c'est qu'un certain nombre de personnalités, comme je le rappelais tout à
l
'heure, de la majorité, se sont émues du choix de Gabriel Attal. François Bayrou a utilisé l'argument de l'inexpérience. Je pense qu'il y a une part d'hypocrisie là-dedans. Oui, il y a une faible... Il
y
a une moindre expérience de Gabriel Attal par rapport à d'autres personnalités, mais je ne suis pas sûr quand même, alors qu'il est ministre depuis un certain nombre d'années, que ce soit véritablement la première critique qu'on puisse lui faire. Voilà, je ne
suis
pas sûr que ça... La réalité, c'est qu'on pense à 2027 et on veut qu
'il
y
ait
le moins de... Trois ans et demi avant 2027, tout le monde est focalisé sur 2027. Au sein de la majorité, et on voit que par ailleurs, le choix par exemple de Rachida Lassi a excité l'opposition. Donc entre une majorité qui voit Gabriel Attal d'un mauvais œil pour parti et l'opposition surexcité avec le choix de Dati, on voit bien que la voie de passage pour Gabriel Attal ne sera pas si simple que ça. Est-ce que Bruno Jeudy, d'ailleurs, ça exaspère Emmanuel Macron de voir toutes... Au fond,
toutes
ces personnalités de la Macronie jouer leur carte personnelle en vue de 2027 et en se disant je vais être trahi de plus en plus ? Emmanuel Macron est dans une situation inédite sous la Ve République puisqu'il est le premier président de la République à ne pas pouvoir se présenter à nouveau à la fin d'un mandat et d'un deuxième mandat puisque la Constitution l'interdit. Donc il est dans une situation où de toute façon on sait que les deuxièmes mandats sont compliqués. Il
y a
une espèce de malédiction pour tous les présidents de la République qui ont pu faire deux mandats. Ils n
'ont
pas été si nombreux que ça par ailleurs. Et surtout, Emmanuel Macron, compte tenu de cette donne, cette nouvelle donne institutionnelle, peut-être même que les Français n
'ont
pas exactement vu ou n'imaginent pas ce que ça va provoquer comme dégâts d'une décision qui remonte à 2008, c
'est
la réforme constitutionnelle de 2008 qui s'applique pour la première fois à ce jeune président de la République. Il
a
dit que c'était une idiocy d'ailleurs. Oui, bien sûr. Et il sait depuis le début que, au fond, et ce remaniement, c'est le but, c'est de se donner de l'oxygène politique,
c
'est-à-dire de garder des capacités pour conduire le pays. Parce que il s'est repoussé le moment où tous ceux qui vont vouloir prendre sa place vont lutter, y compris dans son propre camp. Donc,
il
y a Édouard Philippe,
Bruno Le Maire,
Gérald Darmanin,
Et
maintenant,
il y a Gabriel Attal.
Et évidemment, Gabriel Attal qui, Mathieu a raison, a été porté un peu par le président de la République. La nomination de Gabriel Attal était sans doute la meilleure solution pour le président de la République. C'est pour ça d'ailleurs qu'il l'a un peu préservée de façon à se donner de l'oxygène politique pour pouvoir un peu encore continuer à réformer. Et c'est vrai que là, avec cette séance remaniement qui était plutôt réussi dans sa première partie, il est en train de gâcher un peu cet oxygène politique qu'il a gagné.
Parce
qu'au fond, Gabriel Attal qui est maintenant en premier ministre depuis le 9 janvier, a quand même plutôt réussi à se sortir de l'affaire de la crise agricole même s'il faut être prudent, ça reste quand même sous surveillance. Mais en fait, ça n'est quand même pas si mal sorti. En 15 jours, une crise comme ça, l'Algérie, c
'est
pas si mal. Bon, après,
il
y
a
eu cette histoire d'Amélie... Parce qu'on est dans cette situation-là parce qu'il y
a
l'histoire Amélie, Oudea, Castera au début. Sinon, ce remaniement... Alors, choisir 10 ministres délégués et 5 secrétaires d'État, franchement, ça ne vaut pas d'en parler très longtemps. Je suis assez d'accord avec Mathieu. Remplacer Madame Boone par Madame X, bon,
contre
Madame Boone, ça ne changera rien pour les Français à leurs problèmes quotidiens. Alix Bouillaguet,
il
y a toujours le cactus Amélie, Oudea, Castera parce qu'hier, on disait, c'est François Bayrou qui va remplacer Amélie, Oudea, Castera. Donc, où est-ce qu'on en est ce soir ?
A priori, c'est Nicole Belloubet qui pourrait récupérer ce poste-là. Alors, petite ironie de l'histoire, c'est que c'est déjà elle qui avait remplacé François Bayrou en 2017 à la justice.
Alors, Nicole Belloubet, c'est l'ancienne ministre de la justice sous le...
Gardesseau, elle a été Gardesseau...
2017
à
2020, c
'est une femme issue
de la gauche.
Elle est issue de la gauche, elle a été recteur de Toulouse,
avant de démissionner, c'était la... Ce qui
est très original dans... C'est pour ça que je trouve ça quand même assez amusant parce que François Bayrou nous explique que sur le fond, sur l'éducation nationale, il n'était pas raccord avec le projet de Gabriel Attal. Le projet de Gabriel Attal, c'est la restauration de l'autorité, c'est l'uniforme à l'école, c'est le choc des savoirs Retour aux fondamentaux. Il se trouve que Nicole Belloupé, elle a écrit une tribune en 2016 où elle parlait justement, elle dénonçait ce qu'elle appelait à l'époque les fariboles sur la restauration de
l
'autorité ou le port de la blouse. C'est-à-dire que elle disait tout ça, c'est... Si je peux me permettre, bullshit, c'est des mots, mais c'est pas ça qu'il faut faire.
On appelle ça
de la plasticité idéologique.
Ce qu'il faut faire, c'est laisser du temps, il faut de
l
'autonomie aux jeunes, il faut le droit à l'erreur. Elle était vraiment Najat Vallaud-Belkacem.
Vous
voyez ? Donc le rapport entre le
projet
de l'école de la gauche de Najat Vallaud-Belkacem et celui de Gabriel Attal, c'est pas vraiment le même. Ça
veut dire quoi ? Ça veut dire que les hommes politiques et les femmes, elles sont capables de changer
ce
qu'ils pensent en fonction de... Ça
veut dire qu'il ne
faut
pas faire d'ombre. Je le dis aussi simplement que ça. Nicole Belloupé, elle va faire son travail,
elle va
appliquer ce qu'on va lui demander de faire et c'est vraiment sans être
méprisant de ma part. Il y a Gabriel Attal
qui a fixé un
projet et qui a
envie que ce projet soit mis en attaque. Bruno,
je
dis, est-ce que pour répondre aux angoisses de Mathieu Soukir, je plaisante, est-ce que vous avez des infos sur l'heure et la composition du nouveau gouvernement ? Je crains, Axel, que l'annonce soit après l'émission. Mais quel est lieu ce soir ? Prolongeons. C'est ce que Matignon laisse entendre qu'au retour, Gabriel Attal était dans le Pas-de-Calais aujourd'hui pour une visite sur le terrain, toujours dans cette région sinistrée qui a été inondée, enfin qui a connu pas mal de... Donc il a fait un aller-retour Paris
-Pas-de-Calais
et normalement ils attendent son retour à Paris pour annoncer, lancer le communiqué qui va fixer, il
y
a à peu près une quinzaine de ministres qui vont être nommés, une dizaine de sortants et cinq... Clément Beaune ou Olivier Dussopt ? Alors Olivier Dussopt qui a été relaxé dans l'affaire du marché public en Ardèche. Il y
a
une forte envie du président de la République de reprendre en considération le cas Olivier Dussopt est-ce qu'il rentrera dans ce gouvernement c'est moins sûr ? Est-ce qu
'il
sera plutôt nommé sur un autre poste ? L'aile gauche s'agissant de Clément Beaune du ministre des Transports sortant je crois que sa carrière ministérielle va prendre fin en tous les cas. Parce qu'il a manifesté trop de mauvaise humeur
sur la loi d'immigration ? Il fait
partie de ces ministres qui n'ont pas été là, présents pour le président de la République quand il
y
a eu ces difficultés autour de la loi et l'immigration et un peu comme Rima Abdulmalak Clément Beaune va payer l'addition sur cette affaire-là. Après il y
a
aussi besoin de régénérer il y a beaucoup de ministres sortants au fond qui ne se sont pas imposés et qui ne vont pas être reconduits. En revanche sur la santé ça ne devrait pas enfin sur la santé puisqu'il y
a
eu aussi une bataille qui a été un peu moins visible que pour l'éducation nationale sur la santé ce serait plutôt un proche d'Edouard Philippe qui s'appelle Frédéric Valtou qui devrait prendre le poste de ministre de la santé auprès délégué auprès de Madame Vautrin. Edouard Philippe qui attend son heure qui lui aussi a les yeux fixés sur 2017 il voit qu'il
y
a de plus en plus de prétendants sur la ligne de départ que disent d'ailleurs en vue de 2017 27 pardon que disent les opinions alors on est à 3 ans et demi quand même
Oui
oui alors juste peut-être quand même malgré tout pour finir sur ce remaniement-là effectivement ça n'aurait pas dû être un sujet
la
nomination de secrétaire d'Etat etc en fait le fait mettre plus d'un mois ça devient un sujet je pense y compris d'opinion parce que je pense que les Français on est pourquoi ils n'arrivent pas à constituer son gouvernement donc quand même je pense qu'il y a ça et puis il
y a
une question effectivement de rééquilibrage aussi alors à la fois politique c'était un gouvernement très guerrier qui avait été mis en place d'ailleurs un gouvernement très politique est-ce qu'il va être rééquilibré sur le côté plus technique ce que Emmanuel Macron nous avait plutôt habitué à faire avec des ministres très techniques très consciencieux très experts et beaucoup moins politiques sur Edouard Philippe et bien vous le disiez en introduction c'est la première fois dans notre baromètre Figaro Magazine Epoca que Edouard Philippe se fait devancer par Marine Le Pen quand même dans l'opinion des Français c'est-à-dire qu'elle atteint le premier niveau et juste derrière Edouard Philippe donc
quelque
part il est un petit peu bousculé aussi c'est peut-être symbolique mais de dire bouge-toi un petit peu aussi Edouard Philippe il ne se positionne pas énormément en ce moment il est plutôt discret il souhaite être discret contrairement à d'autres personnalités par exemple comme Xavier Bertrand qui lui se dit tiens il faut maintenant qu'il faut que je commence à préparer 2027 Je
te montre aussi votre baromètre c'est qu'il
y a
Bruno Le Maire en embuscade qui est aussi assez haut dans le placement de tête Bruno
Le Maire et puis Gérald Darmanin aussi qui fait partie des dix premières personnalités préférées des Français
Alors
vous en parliez à l'instant après François Bayrou un deuxième candidat à droite Xavier Bertrand le président des Hauts-de-France qui a reçu aujourd'hui Gabriel Attal dans un pas de calais à nouveau sous les eaux une équipe de C dans l'air a pu le suivre c'est un sujet de Léa Dermidjian Maxime Liogier et Juliette Perrault
Et
on voit Xavier Bertrand et le président de la région Une poignée de mains furtives et pas vraiment chaleureuses
Cet
après-midi Xavier Bertrand accueille sur ses terres le Premier ministre venu rencontrer des sinistrés
Le
président des Hauts-de-France se tient juste à côté et ne sait visiblement pas trop quoi en penser Politesse républicaine une fois dehors le ton est moins polissé
Le
vrai drame c'est qu'il faut vous rendez compte que ça remonte à Paris que ça remonte à un ministre que ça remonte au Premier ministre pour qu'on ait les réponses c'est pas normal et encore une fois moi je ne demande pas à ce qu'on nous laisse nous les élus avec tous les pouvoirs mais le préfet il sait faire
il
nous entend pourquoi c
'est
obligé de remonter à Paris après ça redescend avec du retard
Le
sentiment de se faire un peu voler la vedette aussi 4 jours après avoir annoncé être candidat pour la prochaine élection présidentielle
comme
un air de déjà vu pour Xavier Bertrand
3
ans seulement après son échec cinglant Salut
jeune homme
Déclaré avant les autres dès le mois de mars 2021 le président de la région Hauts
-de
-France avait fini par rejoindre la primaire des républicains sûr de ses chances de victoire
Vous
savez pertinemment aujourd'hui que je suis le seul qui peut me qualifier pour le second tour
Mais
quelques semaines plus tard c'est la chute brutale Valérie Pécresse est finalement désignée candidate Xavier Bertrand annonce qu'il renonce à son destin national
Il
est évident qu'à partir de maintenant c'est ma région ma région d'Haute-France celle dans laquelle j'habite je vis
pour
laquelle je m'attre
3
ans plus tard retour aux vieilles ambitions avec une vieille recette jouer la carte du candidat proche des français Monsieur le préfet vous jouez vous oui allez
ce
matin dans les Hauts-de-France Xavier Bertrand inaugure un établissement agricole rénové par la région
on
vous laisse encore une chance
l
'ambiance se veut décontractée
pas
besoin d'aller plus loin
est
-ce que ça annonce le match pour la présidentielle là
?
ça annonce un match qu'on a gagné celui-là voilà voilà toujours faire confiance aux jeunes toujours s'entourer des jeunes et on peut les applaudir nos jeunes
une visite très locale ponctuée tout de même de quelques commentaires sur la politique nationale
arrêtons d'en demander plus à nos agriculteurs en France qu'on en demande à l'agriculture dans d'autres pays européens la politique c'est comme l'amour
la
déclaration c'est bien mais il
faut
aussi des preuves d'amour
il
y
a
les paroles beaucoup en politique et puis il y a les actes
des actes et un combat contre les extrêmes en particulier le rassemblement national Xavier Bertrand se voit comme l'un des seuls
remparts moi
je suis pas à me dire bon l'extrême droite va gagner c'est pas grave si parce que je les connais dans ma région
vous
savez on est deux à avoir battu madame le pen
monsieur
macron et moi
sauf
que moi j'ai fait reculer le front national de 15 points entre les deux élections régionales alors je me battrai pour que l'exaspération et la colère retombent et qu'on n
'ait
pas cette victoire de l'extrême droite qu'on nous annonce comme inéluctable non c'est pas le cas
Xavier Bertrand réussira-t-il à transformer l'essai ou se fera-t-il doubler encore une fois son concurrent direct est tout trouvé un certain Laurent Wauquiez considéré comme le candidat naturel des républicains pour 2027
alors
Alex Bouillagues ça y
est
c'est parti pour Xavier Bertrand qui est officiellement dans la voie du nord c'est à dit qu'il avait bien l'intention d'être candidat en 2027 on l'a vu là d'ailleurs accueillir Gabriel Attal on va voir la photo Gabriel Attal dans les Hauts-de-France puisque le premier ministre a fait le déplacement à la rencontre des sinistrés du Pas-de-Calais
et c'est vrai que j'ai la même impression que ce qui s'était passé au match allé parce que c'était le premier déplacement de Gabriel Attal il y a un mois et on avait vu aussi surgir comme ça Xavier Bertrand qu'effectivement il prend aussi un terrible coup de vieux mais il n
'est
pas le seul on voit qu'il y a beaucoup de personnels politiques de candidats de présidentiables qui prennent un coup de vieux à côté de Gabriel Attal je ne
suis
pas en train de dire Gabriel Attal c'est la météore qui va finir forcément à l'Elysée en 2027
il bouscule le jeu mais
il bouscule le jeu et puis il me semble que Xavier Bertrand il est quand même sur un concept il est résilient parce que c'est la république des territoires la décentralisation à bas le parisianisme c'est quelque chose qu'il porte depuis longtemps y compris dans sa région mais en fait aujourd'hui tout le monde est sur ce créneau là tout le monde François Bayrou Edouard Philippe même Laurent Wauquiez avec dans sa région lui aussi où il explique que c'est un laboratoire qu'il y
a
plein de choses qui peuvent être faites ils sont tous sur le travail la fermeté régalienne la décentralisation et puis il
y
a Marine Le Pen elle aussi elle est sur la ruralité elle est sur les classes moyennes et il y a même aujourd'hui le gouvernement Emmanuel Macron et Gabriel Attal qui ne parle que de ruralité avec Rachida Dati qui doit comme ça diffuser même de la culture dans tous les petits coins de France et puis ses classes moyennes ses baisses d'impôts donc le créneau qu'il occupait ben maintenant ils sont plusieurs
Mathieu Souklier quand vous voyez les ambitions présidentielles donc il ne se cache pas pour 2027 de Xavier Bertrand un peu comme pour François Bayrou d'ailleurs on pourrait dire que
peut
-être qu'il se voit plus d'avenir Xavier Bertrand que les Français ne seraient prêts à lui prêter alors longtemps en politique la détermination l'obstination et même une forme d'entêtement étaient considérés comme une qualité Jacques Chirac François Mitterrand etc. ont accédé au pouvoir après un certain nombre de campagnes perdues ça faisait partie en fait d'un cursus honorum politique là j'ai peur qu
'on
soit précisément dans une époque politique différente où l'entêtement reste de l'entêtement et comme le disait Alix on est très rapidement ringardisé les choses vont beaucoup plus vite et on voit bien qu'aujourd'hui Gabriel Attal ou Jordan Bardella on la carte à travers leur jeune âge la modernité qu'ils incarnent voilà de nouvelles figures politiques qui sont extrêmement populaires en dépit de leur manque d'expérience politique Cet entêtement de Xavier Bertrand il frise le manque de lucidité quant à son avenir politique ? ce qui est sûr ce qui
est sûr c
'est que sa déclaration de candidature a été entourée d'une forme d'indifférence polie voire d'ironie un peu moqueuse je n
'ai
pas le sentiment en tout cas je n'ai entendu aucune déclaration consécutive à celle de Xavier Bertrand se réjouissant se félicitant enfin de toute façon mettre ce sujet là sur la table aujourd'hui constitue un timing un peu hors sujet c'est de toute façon un peu baroque que de le poser comme ça alors juste peut-être un dernier point c'est vrai que la force de Xavier Bertrand c'est que personne à droite ne s'est imposé je ne
sais
pas si c'est une force mais en tout cas il peut faire cela parce que personne n'occupe l'espace de façon décisive et peut-être une deuxième chose il est pour partie banalisé à l'aune de ce que disait Alix il a encore une singularité politique à droite qui frappe il est le seul qui désigne encore l'extrême droite comme l'ennemi principal il est celui qui constitue de dire alors parce qu'il l'a effectivement battu qu'il est un des rares à l'avoir battu directement parce qu'il est un élu des Hauts-de-France ou évidemment qui est une base arrière une base électorale désormais extrêmement puissante extrêmement stable de l'extrême droite dans notre pays il est à droite une des rares figures qui dit encore l'ennemi principal l'adversaire c'est l'extrême droite et ça ça lui donne une couleur politique un tout petit peu différente me semble-t-il des autres alors Bruno je dis quel est son qu'est-ce qu'il faut quel est son adversaire enfin sa difficulté Xavier Bertrand est-ce que c'est Laurent Wauquiez parce qu'il est en concurrence avec Laurent Wauquiez pour représenter LR en 2027 ou est-ce que c'est simplement que les électeurs de LR il n
'y en
a plus beaucoup ou pas suffisamment pour pouvoir rêver de la présidentielle
je
vois trois difficultés pour lui la première c'est une forme d'usure Xavier Bertrand est candidat à la présidentielle depuis 2012 il a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2017 au lendemain de 2012 avant de la retirer ensuite il a annoncé sa candidature pour la présidentielle de 2022 il est passé par la casse primaire il ne voulait pas y aller il y est allé il avait quitté le parti il est revenu donc il s'est beaucoup abîmé dans ses différents épisodes politiques donc il
y a
une forme d'usure y compris sur l'image qu'il renvoie c'est un petit peu l'éternel candidat et qui à l'arrivée n'est jamais candidat enfin il n'est pas sur la ligne de départ d'une présidentielle c'est quand même une différence avec François Bayrou qui lui a été trois fois candidat mais il était vraiment candidat donc il y
a
une forme d'usure la deuxième chose c'est à
dire
qu'il est isolé au sein de sa famille politique il a une incarnation c'est vrai Mathieu Soukart a raison c'est quand même un des derniers à affirmer son opposition à l'extrême droite à Marine Le Pen qu'il a battu qu'il a combattu et même d'une certaine manière dans le Pas-de-Calais on avait vu ça dans des élections départementales même fait reculer un peu sur un territoire qui par ailleurs se revigore sur le plan économique mais il est isolé dans sa famille politique parce qu'aujourd'hui les LR sont beaucoup plus à droite que lui Eric Ciotti qui est le président du parti s'est déclaré en faveur de Laurent Wauquiez alors Laurent Wauquiez est beaucoup plus mal coté y compris dans les sondages d'opinion que Xavier Bertrand qui reste quand même la personnalité de droite qui est quand même encore un petit peu repérée par les Français mais il est isolé et quand vous êtes isolé dans votre propre famille politique c'est quand même difficile il
n'y a
pas beaucoup de relais même s'il y
a
eu une vague think tank pour l'aider mais enfin bon on
ne
sait pas trop où il en est je pense que ça c'est quand même une difficulté parce que c'est quand même difficile de reconquérir de conquérir quand vous partez de pas grand chose donc pour Xavier Bertrand et puis après c'est le positionnement de Xavier Bertrand droite modérée en dehors du macronisme qui est à
l
'avenir il ferait mieux de rallier Macron plutôt que de
s
'évertuer pendant tout le premier mandat tout le monde s
'est
demandé s'il n'aurait pas fait même un premier ministre d'Emmanuel Macron au fond le créneau qu'il choisit en dehors du macronisme
j
'ai peur que j'ai peur surtout que Edouard Philippe occupe mieux ce créneau que Bruno Le Maire l'occupe mieux que Rachida Dati qui a franchi le Rubicon à son tour l'occupe mieux et qu'au fond Xavier Bertrand et d'une certaine manière Valérie Pécresse soient restés en dehors de ce camp politique alors que leur propre camp est en train plutôt de regarder vers Marine Le Pen Laure Salvin on voit un LR qui rêve toujours de reconquérir l'Elysée en 2027 est-ce que la réalité c'est qu'elle est plus proche
du
parti socialiste d'Anne Hidalgo et de ses 1,75% que de l'Elysée
? Oui
je crois qu'aujourd'hui clairement il n
'y a
pas suffisamment d'incarnation d'une personnalité politique à droite qui serait suffisamment consensuelle pour remporter l'Elysée je pense aussi que ce qui est intéressant chez Xavier Bertrand et il
y
a plusieurs à mon avis erreurs tactiques dans son annonce c'est d'abord qu'il reprend effectivement la République des Territoires de la précédente élection toujours un petit peu particulier quand même de reprendre des choses finalement qui n
'ont
pas marché donc voilà et puis je pense aussi qu'il est sur un espace politique extrêmement bouché aujourd'hui c'est-à-dire qu'il a une image assez consensuelle Xavier Bertrand il plaît contrairement aux autres hommes politiques les républicains un centre, centre gauche donc il a quelque part une plasticité idéologique ou en tout cas une plasticité politique beaucoup plus importante que Laurent Wauquiez ou Nicolas Sarkozy mais en même temps il y a beaucoup de monde sur ce territoire-là et juste dernier point il était avant que Rachida Dati arrive au gouvernement la personnalité malgré tout LR préférée des Français voilà donc
il
y a quand même des questions qui se posent sur son sujet
et
maintenant la personnalité LR préférée parce que Rachida Dati n'est plus au LR
alors ça reste effectivement vous
avez raison ça reste Xavier Bertrand
alors les profits qui fâchent maintenant Total a annoncé un nouveau record de 21 milliards de dollars en 2023 c'est un chiffre qui fait polémique au moment où le gouvernement cherche désespérément de nouvelles ressources de revenus c'est un sujet de Laura Radeau et Ilana Azinko
Voilà un chiffre qui donne le tournis 19,8 milliards d'euros
c
'est le montant des bénéfices de Total Energy en 2023
un
nouveau record pour le géant pétrolier qui double ses profits en deux ans et qui provoque la fureur de la gauche et des écologistes
Total
c'est une machine à cash sur le pétrole et sur notre capacité à vivre demain il faut aujourd'hui qu'on arrête cette machine à cash
c'est
-à
-dire
qu'il faut les remettre prennent cet argent le remettre au pot commun pour permettre la sortie des fossiles Je suis vraiment choquée que le gouvernement laisse faire et se prive d'une source de rémunération quand dans le même temps ils vont aller faire les poches des français en augmentant le reste à charge pour les médicaments en continuant de couper dans nos services publics en sabotant la protection sociale et notamment les congés maladie
Total
Energy en caisse
et
c'est le gouvernement qui paye les pots cassés accusés de pencher trop à droite et de ne pas suffisamment taxer les super profits des entreprises du CAC 40
le
pouvoir d'achat des français pourtant l'une des priorités de Gabriel Attal depuis sa nomination sur le marché de Caen ce jour-là le Premier ministre est interpellé à plusieurs reprises
les
gens ne s'en sortent plus et cherchent à tout prix à convaincre grâce au président de la République on a aussi obtenu un accord au niveau mondial le CDE au niveau européen pour qu'il
y ait
une imposition minimale des grandes entreprises partout dans le monde mais mauvaise nouvelle pour les automobilistes
les
prix à la pompe repartent à la hausse ces derniers jours et le plafonnement du litre à 1,99€ prolongé en 2024 par Total Energy leur paraît bien dérisoire Regardez je suis presque à 2€ le litre mais je ne comprends pas s'ils ne font pas de ristour on se raconte bien à 3€ le litre
Tout
le monde fait des profits sur tout le monde
et
puis c'est nous les consommateurs qui traquons Total Energy pointé du doigt pour ses activités polluantes et ses bénéfices records
alors
la direction fait feu de tout bois pour tenter de désamorcer les critiques
Patrick
Pouyanné le PDG l'a fait savoir hier le groupe paiera 320 millions d'euros d'impôts en 2023
et
compte distribuer une partie de ses profits à ses employés
Nous
avons aussi un partage de la valeur avec les augmentations qui ont été délivrées que vous avez vues 7,5 l'année dernière 5% cette année un intéressement participation de plus de 9000 euros pour nos collaborateurs la prime de partage de la valeur entre 2 et 4 000 euros
Outre
une grande partie du gâteau destiné aux actionnaires Total Energy s'engage également à réinvestir un tiers de ses profits dans les énergies bas carbone le solaire l'éolien les biocarburants
en
tout 5 milliards d'euros
encore
largement insuffisant pour ce spécialiste de la transition écologique
Ce
qui est très important c'est que ces bénéfices sont aussi investis dans la décarbonation du mix énergétique des pays du sud On sait que Total Energy est notamment très présent en Afrique c'est le principal sponsor de la Coupe d'Afrique des Nations dont on vient de parler Si Total Energy plutôt que d'investir dans des projets d'hydrocarbures comme ICOP pouvait investir véritablement sur la transformation énergétique du continent africain là je crois qu
'on
ferait un
très grand panneau
La responsabilité pour vous
Là je pense que c'est une grande
responsabilité c'est la responsabilité de toutes les
multinationales
Total Energy ce fleuron économique français qui cristallise toutes les tensions sera une nouvelle fois sous les projecteurs en 2024 L'entreprise fête cette année son centenaire au moment même où ses activités sont passées au crible d'une commission d'enquête du Sénat
Alors
question téléspectateurs Laure Salvin Pourquoi Macron refuse-t-il encore et toujours de taxer les super profits de Total Energy La question des inégalités est particulièrement aiguisée en ces temps de pouvoir d'achat serré
? C
'est vrai que la question effectivement des inégalités remonte dans les préoccupations des français Il y a de plus en plus de français qui ont le sentiment que ce sont toujours les mêmes qui payent un fort sentiment d'injustice à l'égard de la situation actuelle Le pouvoir d'achat vous l'avez dit dans le reportage c'est la priorité numéro un des français à l'égard du gouvernement C'est aussi dans une étude qui a été réalisée il y a peu de temps auprès de français sur l'image des entreprises c'est aussi l'attente numéro un des français à l'égard des entreprises c'est-à-dire qu'elles agissent elles aussi pour favoriser le pouvoir d'achat des français donc effectivement là quand on entend les super profits de Total je pense que c'est absolument inentendable pour les français qu'il n'y ait pas un geste en retour il y a
il
y a la rispone mais bon pas
plus de 2 euros
c'est une garantie pas plus de 2 euros le litre
exactement puis elle est considérée comme pas suffisante en effet il y a des hausses de salaire au sein de l'entreprise Total je pense que les français sont ravis mais effectivement tout le monde ne travaille pas donc effectivement s'il n
'y
a pas ne serait-ce que quelque chose de symbolique qui est mis en place par l'entreprise ça va être compliqué de continuer à défendre effectivement la non-taxation des super profits
Mathieu Souquier Total premier profit de France est-ce que le deuxième péché de Total c'est que ce sont des profits faits sur le pétrole oui c'est ça sur le dos du climat sur le dos des générations futures dans nos sujets précédents on évoquait des figures qui d'une certaine façon incarnent le monde d'avant politique et là une entreprise comme Total semble incarner un peu le monde d'avant économique le capitalisme d'hier celui qui précisément fait des profits faramineux sur le dos de l'environnement et par ailleurs comme vous le disiez lors à l'instant il y
a
un lien évidemment total à faire entre les profits faramineux qui sont aujourd'hui annoncés et les coûts à la pompe c'est-à
-dire
que les français ne sont pas idiots ils voient bien que ce qui leur coûte plus cher aujourd'hui rapporte davantage aux actionnaires de Total on se réjouit pour les salariés du groupe mais ça ne pèse pas lourd en l'occurrence derrière cette question il y a effectivement la question sociale la question du pouvoir d'achat telle qu'elle avait été posée de façon écrasante au moment de la présidentielle et c'est pas si vieux que ça et à laquelle objectivement assez peu de réponses ont été apportées plus le temps passe plus va se poser pour Emmanuel Macron la question de son bilan et de son héritage dans la question du bilan c'est-à-dire que restera-t-il de 10 années de macronisme à ce stade on pourrait être tenté de répondre effectivement la fin du chômage de masse ou en tout cas le fait que nous soyons collectivement rapprochés d'une forme de plein emploi alors certes mais on voit bien que là la tendance s'est arrêtée elle s'est même inversée le chômage remonte un
peu
de 7,2 à 7,4 et imaginons que le chômage continue de remonter pendant un an deux ans que sais-je on voit bien que c'est le bilan sur la partie emploi qui serait terriblement asséché mais à côté de la partie emploi il est assez pour l'instant c'est assez peu dit en France sous Emmanuel Macron les inégalités se sont creusées
et puis
il
y a
cette image qui lui colle à la peau de gouvernement des riches effectivement et depuis le début Emmanuel Macron avec la suppression de
l'ISF et c
'est
documenté c'est-à-dire que les inégalités sociales se sont accrues ce qui par exemple constitue une vraie différence avec le quinquennat de François Hollande où le chômage n'avait pas reculé où il n'avait commencé de reculer que très faiblement et tardivement grâce à la politique fiscale et sociale menée par François Hollande pendant les 5 années de François Hollande les inégalités ne s'étaient pas accrues en France contrairement à ce qui s'était passé par exemple en Angleterre ou par exemple en Allemagne là précisément avec Emmanuel Macron les inégalités se sont accrues et peut-être pire la pauvreté a significativement augmenté avec un nombre de pauvres une proportion de pauvres qui a significativement augmenté et par ailleurs une intensité de la pauvreté qui s'est aggravée c'est-à
-dire
qu'il y a plus de pauvres proportionnellement aujourd'hui qu'en 2017 et ces pauvres sont plus pauvres et ça sans doute un jour cette réalité devrait rattraper Emmanuel Macron c'est ça Bruno Jeudy qui laisse à chaque fois pantois c'est que la France c'est le pays où il y a le plus de redistribution sociale 33% du PIB et pourtant il y a toujours la pauvreté qui est là et qui est le paradoxe d'un pays qui est probablement un des états-providences les plus développés dans le monde occidental et en même temps avec un niveau de pauvreté qui continue de progresser Mathieu Véry
et des critiques
contre la cistana néanmoins de plus en plus en disant au fond moi j'en profite jamais de ces aides donc Emmanuel Macron essaie de trouver un équilibre dans ses politiques publiques entre le social mais aussi l'idée que la France reste un pays attractif c'est aussi une de ses grandes pour lui c'est une de ses grandes verté que la France soit redevenue une place forte en termes d'attractivité économique la création de nombreux emplois quand même ces derniers temps les opérations vers le secteur de la tech qui ont plutôt fonctionné et donc Emmanuel Macron pense qu'il faut que la France reste attractive et que ça fait partie d'un moment où elle doit se renforcer sur ce plan là au détriment sans doute de ce fameux ruissellement qui n'a jamais eu lieu c'était les premières explications qui étaient livrées à l'époque pour dire oui pour l'instant mais il y aura un supprimer l'ISF pour que ça ruisselle ça n'a pas été le cas et bon on va pas rentrer mais les théories économiques là-dessus disent que ça ne peut pas fonctionner bon pour les français en tous les cas l'inégalité elle est sans doute un peu durement ressentie mais
il y a quand même une petite inquiétude qui commence à naître du côté de l'exécutif sur ce fameux réarmement économique c'est vrai qu'Emmanuel Macron en parle beaucoup de cette croissance du plein emploi du travail or c'est vrai que quand on se projette sur l'année qui vient les chiffres du chômage sont
remontent légèrement
exactement Bruno Le Maire va bientôt annoncer la révision à la baisse des présidents de croissance pour 2024 on a toujours 10 milliards d'économies à trouver pour garder notre objectif de réduction de déficit et ils hésitent alors là c'est presque un choix politique entre soit faire des gels de crédit donc par décret discrètement parce qu'il n
'y
a plus d'argent donc on va geler des crédits ça a un avantage c'est que ça ne se voit pas ou alors carrément faire un budget rectificatif qui devrait être fait avant les européennes donc autant vous dire que ça c'est un choix qui est extrêmement politique parce que s'ils vont et s'ils choisissent cette option là ils savent très bien que ça
risque
de peser sur les élections
ça
peut sur les élections les cueils c'est le rassemblement national
allez
tout de suite on revient à vos questions alors question de Patrick en Meurthe et Moselle François Bayrou ne souffrirait-il pas d'un excès d'orgueil Bruno Jeudy l'orgueilleux est-ce que c'est son image allez on va le dire oui oui c'est son image mais c'est quelqu'un c'est une histoire François Bayrou c'est une histoire il a beaucoup agacé dans sa carrière il s'est heurté à Nicolas Sarkozy pendant de longues années après s'être heurté au RPR de Jacques Chirac c'est quelqu'un qui s'est imposé dans la classe politique qui s
'est
même imposé dans la vie enfin voilà c'est une histoire personnelle il était bègue à 18 ans il est devenu député alors c'est un point commun
qu'il a avec Joe
Biden d'ailleurs qui lui aussi a été bègue et a surmonté cela au point que on le présente parfois comme Joe Bayrou il paraît oui parce que c'est lui qui a raconté après l'élection de Joe Biden en privé aux journalistes il disait mais en gros j'aurais le même âge que Joe Biden lors de sa première de son élection à la Maison Blanche lui aura 76 ans en 2027 et il espère bien être candidat pour la quatrième fois et ça lui a valu par les journalistes le surnom de Joe Biden ou François voilà donc bon en se disant qu'après le jeunisme qui a caractérisé ces années Macron on aurait peut-être envie d'un gouvernement plus senior non
?
alors question suivante Louis en Vendée le refus de François Bayrou soulage-t-il Gabriel Attal qui peut ainsi davantage s'affirmer face au président Alex Bouillaguet
clairement clairement parce que effectivement il a quand même fait acte d'autorité et d'autonomie sur ce dossier-là et puis honnêtement le pouvoir de nuisance de François Bayrou dans un gouvernement avec un grand ministère je pense pour Gabriel Attal ça aurait été compliqué à vivre il a déjà Bruno Le Maire il a déjà Gérald Darmanin qui on s'en souvient c'était auto-renommé renommé donc il n'avait pas besoin effectivement de François Bayrou donc je
pense que François
Bayrou
inversement on peut se dire aussi que si Gabriel Attal était capable de donder les fauves y compris avec François Bayrou dans le gouvernement à 34 ans ça aurait été aussi peut-être pas si mal donc et à contrario rien
ne garantit que
François Bayrou à l'extérieur du gouvernement surtout après la séquence qu'on vient de traverser sera particulièrement bienveillant et conciliant avec le Premier ministre il va empoisonner parce qu'il a bien l'intention de se présenter en 2027 donc d'exister et donc de marquer sa différence vis-à-vis de la politique du gouvernement On peut imaginer que comme tous les autres rivaux putatifs de Gabriel Attal ils ne vont pas lui faciliter la tâche pendant les trois années qui alors je ne sais pas combien de temps d'ailleurs Gabriel Attal va rester il y a l'échéance des européennes qui sera quand même un bon crash test on verra tout ça mais oui il fait peu de doute c
'est de ne pas lui faciliter la tâche Est-ce qu'il
le sait ça qu'en vue 2027 beaucoup secrètement souhaitent qu'il trébuche Gabriel
Attal ?
De toute façon c'est loin Gabriel Attal il arrive à Matignon
en
général Matignon au bout de 2-3 ans on est quand même assez essoré donc pour Gabriel Attal tout ça est assez loin Non je crois surtout que pour répondre à la question précédente c'est Nicolas Sarkozy qui donne toujours ce conseil à Emmanuel Macron quand il fallait garder ou pas Edouard Philippe ou le faire revenir à
le
gouvernement il dit toujours il vaut mieux les avoir avec soi que contre soi et je pense que même si Nicolas Sarkozy déteste évidemment par-dessus tout François Beyrou c'est toujours un problème de les avoir à l'extérieur quand même c'est des adversaires potentiels qui se alors pas contre Emmanuel Macron pour le coup mais contre Gabriel Attal Alors Jean dans l'Essonne Laure Salvin la position de François Beyrou est respectable mais à force de jouer les faiseurs de roi ne risque-t-il pas d'affaiblir son propre parti est-ce que le modem est un parti bien identifié ?
Oui
il reste bien identifié d'ailleurs effectivement attractif j'ai envie de dire un petit peu comme tous les autres partis politiques donc vous avez à peu près 20% des français aujourd'hui qui ont une bonne image du modem mais aussi du parti socialiste entre 20-22% ça dépend il n'y
a
que le RN qui dépasse les 30% de bonne image dans l'opinion donc effectivement ça reste un parti quand même qui est écouté encore une fois qui compte mais il n
'y a
pas vraiment de désir de désirabilité du modem aujourd'hui chez les français
Xavier Alix Bouillaguet ne vaut-il pas mieux des ministres sans expérience qui veulent faire avancer le pays que des vieux loups immobilistes ?
Oui alors là il vaut mieux des gens bons plutôt que des gens pas bons mais je pense quand même qu'il y a des vertus à l'incarnation que parfois avoir
faire avancer des choses
oui avoir une puissance de frappe que sa parole soit écoutée je pense que ça fait partie de la politique et que c'est peut-être ce qui a manqué parfois sous le gouvernement d'Elisabeth Borne cette incarnation ce souffle cette envie d'y croire
c'est surtout le choix d'Emmanuel Macron il s'est rendu compte qu'avec des ministres nobody ces politiques n'étaient pas défendues y compris quand il avait des résultats sur certains secteurs là il a donné des consignes très précises au ministre régalien il leur a dit maintenant je veux que les gens voient qu'on a doublé le budget de la justice qu'on a doublé le budget de l'intérieur que les choses se voient et que ça se... On appelle être plus politique Cette crise révèle-t-elle le mal politique français c'est qu'aucun parti n'a la majorité absolue et tous jouent de leur pouvoir de nuisance est-ce que l'absence de majorité finalement à
l
'Assemblée nationale ça crée cette impression de brouhaha ? Non
?
On est dans cette situation de tripartition politique dont on ne sort pas pour l'instant ce qui veut dire que pendant très longtemps on a vécu sur une bipartition c'était simple il y avait la gauche et il y avait la droite deux parties de la gauche ou deux parties de la droite qui s'alliaient pour accéder au pouvoir avec une majorité courte majorité bien souvent mais qui permettait de gouverner François Mitterrand la première fois a été élu avec une faible majorité mais il a gouverné là aujourd'hui la majorité est par définition relative parce que vous avez au mieux un tiers de l'opinion qui vous soutient et au Parlement ça peut du coup devenir très compliqué Merci beaucoup d'avoir participé à cette émission Vous restez sur France 5 à suivre c'est à vous avec Anne-Élisabeth Lemoyne Bonsoir Anne-Élisabeth au programme
Bonsoir Axel C'est un ancien Premier ministre en charge de 12 millions de voyages par jour à la tête de la RATP depuis qu'il a quitté Matignon son défi à améliorer l'offre de transport de la première région de France et l'assurer notamment pendant les Jeux Olympiques Jean Castex est très discret dans les médias mais il est ce soir notre invité à ses côtés l'actrice Judith Godrech qui porte plainte contre deux réalisateurs phares du cinéma français elle nous explique pourquoi
Voilà
c'est à suivre sur France 5 je précise que sur France 2 grande soirée électorale autour de Caroline Roux c'est juste après le journal d'Anne-Sophie Lapix donc à 20h40 et nous on se retrouve demain soir pour un nouveau C'est dans l'air Bonne soirée sur France 5 Merci