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InterviewRTL — L'invité de 7h40 (sur Podcast)· 27 octobre 2026 8 minComplaisantActualité / polémiqueÉducation & rechercheSolidarités & familleInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

"Une peur qui se mêle à la colère" : sur RTL, ce politologue assure qu'il est "particulier d'avoir un mouvement aussi massif et multiforme aussi proche d'une élection"

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36OuverteRéponse partielle

    Ces annonces sont-elles insuffisantes ou arrivent-elles trop tard pour calmer la colère ?

  • 1:07OuverteRéponse directe

    La manière de faire a-t-elle pu surprendre ?

  • 1:36OuverteRéponse directe

    Au fond, ce gouvernement a-t-il les moyens de répondre aux angoisses sur l'avenir de cette génération ?

  • 3:06OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui est si particulier dans ce mouvement social aussi proche d'une élection présidentielle ?

  • 4:44OuverteRéponse directe

    Est-ce symptomatique de notre époque, cette peur, et spécifique à la France ?

  • 6:23OuverteRéponse directe

    Comment en revenir à cette polarisation affective ? Comment refaire l'union-nation ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:28InvitéChiffre
    « Quand on était en 1982, vous aviez 75% des jeunes de moins de 25 ans qui travaillaient, qui avaient un emploi stable. Aujourd'hui, c'est plus que 43%. »
  • 4:02InvitéChiffre
    « On voyait, finalement, que vous aviez 66% de la population française qui, en première émotion déclarée, disaient qu'ils étaient soit inquiets, soit angoissés. »
  • 4:11InvitéChiffre
    « C'est une augmentation de 25 points en l'espace de 5 ans. »
  • 4:23InvitéChiffre
    « Aujourd'hui, c'est 80% de la société française. En 2023, c'était 59%. »
  • 5:24InvitéChiffre
    « ça augmente le vote pour Jean-Luc Mélenchon de 9 points, et le vote pour Marine Le Pen de 10 points. »

Temps de parole

  • Invité71 %
  • Présentateur27 %

≈ 6,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Présentateur

L'invité d'RTL Matin maintenant. Les annonces du gouvernement hier n'auront pas suffi à désamorcer la crise avec les lycéens. Ils appellent à poursuivre la mobilisation aux côtés notamment des gilets jaunes, de syndicats. Bonjour Antoine Bristiel.

0:17
Locuteur

Bonjour.

0:17
Présentateur

Vous êtes directeur de l'Observatoire de l'Opinion de la Fondation Jean Jaurès, enseignant en sciences politiques à l'école polytechnique et auteur des Entrepreneurs de la Peur parue chez la TES. Remplacement annoncé de Parcours Sub, des classes de 28 élèves maximum en seconde, 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur, 4 milliards d'euros de prêts aux régions pour rénover le bâti scolaire. Ces annonces, elles sont insuffisantes ou elles arrivent juste trop tard pour calmer la colère

0:41
Locuteur

?

0:41
Invité

Alors, il y a eu des réponses. Il y a

0:44
Locuteur

eu

0:44
Invité

des réponses qui ont été faites de la part du gouvernement qui reprenaient certaines des revendications du mouvement lycéen.

0:50
Locuteur

Mais

0:50
Invité

quand on entend néanmoins les lycéens s'exprimer, les représentants des différents mouvements lycéens s'exprimer hier,

0:55
Locuteur

c

0:56
Invité

'est plutôt l'idée qu'il faudrait continuer la mobilisation, accentuer la pression sur le gouvernement et en obtenir davantage.

1:04
Présentateur

La manière de faire, elle a pu surprendre Antoine Bristiel. Ces annonces, elles ont fuité via des influenceurs qui ont été convoqués par Matignon avant même les syndicats lycéens. On avait déjà vu ça

1:14
Locuteur

? Alors

1:15
Invité

non, de mémoire, on n'avait pas vu ça. C'est vrai que c'est assez étonnant d'utiliser des influenceurs pour diffuser des messages.

1:22
Locuteur

Ce

1:22
Invité

que l'on perçoit, c'est qu'il y

1:23
Locuteur

a

1:23
Invité

une difficulté pour le gouvernement actuellement de pouvoir s'adresser à la jeunesse. Donc ils essayent de trouver des canaux différents pour pouvoir passer leur message. Mais est-ce que l'effet recherché s'est réalisé ? J'en suis pas certain.

1:36
Présentateur

Un débat doit aussi avoir lieu à l'Assemblée cet après-midi sur l'avenir du processus d'orientation des lycéens. Au fond, est-ce que ce gouvernement a les moyens aujourd'hui de répondre aux angoisses sur l'avenir de cette génération, sa quête de sens ?

1:48
Invité

C'est vrai que c'est là où certainement la mobilisation s'est déplacée ces dernières semaines. Parce qu'au départ, c'était sur des revendications extrêmement concrètes de la vie de tous les jours. Le fait d'avoir des chaises dans ces salles de classe, de ne

2:01
Locuteur

pas

2:01
Invité

avoir un plafond qui tombe sur la tête. Mais finalement, effectivement, il

2:04
Locuteur

y

2:04
Invité

a un déplacement des revendications sur quelque chose de beaucoup plus large et sur une inquiétude assez manifeste des jeunes de trouver leur place dans la société. Dans une tribune qu'on avait écrite avec le haut-commissaire au plan Clément Bonne, on disait que c'était une jeunesse en quête de place. Parce que justement, il y a cette difficulté pour la jeunesse actuelle de pouvoir s'insérer dans la société à un moment où les crises se multiplient.

2:28
Locuteur

Et

2:28
Invité

pour vous donner juste quelques chiffres, quand on était en 1982, vous aviez 75% des jeunes de moins de 25 ans qui travaillaient, qui avaient un emploi stable. Aujourd'hui, c'est plus que 43%. Et vous avez une multiplication comme ça des difficultés de la jeunesse de pouvoir s'insérer concrètement dans la société. Et du coup, un vrai pessimisme sur l'avenir. Et ça, effectivement, ça explique le fait que désormais, les revendications ont muté assez largement par rapport à ce qu'elles étaient au départ.

2:57
Présentateur

Et cette colère lycéenne, ce n

2:58
Locuteur

'est

2:58
Présentateur

plus la seule à s'exprimer. Les Gilets jaunes appellent à la mobilisation encore samedi prochain, avant une autre journée de manifestation et de grève annoncée le 5 novembre. « C'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans un tel état d'ébullition ». Ça, ce sont les mots d'Emmanuel Macron hier. Qu'est-ce qu'il a de si particulier, ce mouvement social qui s'est amorcé dans le pays

3:17
Locuteur

? Alors,

3:19
Invité

en effet, c'est particulier d'avoir un mouvement social aussi massif et aussi multiforme, finalement, aussi proche d'une élection présidentielle. D'habitude, c'est plutôt quand on est dans un temps froid de la vie politique que, justement, il n

3:31
Locuteur

'y a

3:31
Invité

pas se déboucher d'une élection majeure, quelques semaines ou quelques mois plus tard, que l'on voit qu'il y a un mouvement social d'ampleur. Deuxième chose, c'est surtout quand on est... C

3:39
Locuteur

'est

3:39
Invité

des mouvements sociaux qui sont davantage défensifs. Quand il y

3:41
Locuteur

a

3:41
Invité

un projet de loi, quand il

3:42
Locuteur

y

3:42
Invité

a une mesure qui est annoncée par le gouvernement et qu'on a une opposition. Mais là, effectivement, on est dans un tel état de tension et d'inquiétude au sein de la société française que, finalement, on a une agrégation de ces inquiétudes et de ces peurs. C'est des chiffres qui m'ont vraiment frappé quand on a reçu les données des nouvelles vagues d'enquête au mois de septembre, même avant ces mobilisations. On voyait, finalement, que vous aviez 66% de la population française qui, en première émotion déclarée, disaient qu'ils étaient soit inquiets, soit angoissés. C'est une augmentation de 25 points en l'espace de 5 ans.

Et ça se lie également à une volonté de transformation, soit radicale, soit en profondeur de la société, qui a également augmenté de manière considérable. Aujourd'hui, c'est 80% de la société française. En 2023, c'était 59%. Vous voyez ces évolutions qui montrent bien qu'on est vraiment, comme vous le

4:31
Locuteur

disiez,

4:31
Invité

dans un état d'ébullition au sein de la société et pas seulement sur le mouvement lycéen.

4:35
Présentateur

Donc il y

4:36
Locuteur

a

4:36
Présentateur

la peur de l'avenir des jeunes, notamment, on en a parlé. La peur de l'autre aussi, et parfois la peur aussi de ce que pourrait être le scénario de la prochaine présidentielle. Est-ce que c'est vraiment symptomatique de notre époque, cette peur, et surtout spécifique à notre pays, la France ?

4:50
Invité

Alors, les niveaux de peur en France sont en effet particulièrement élevés, et plus élevés que dans d'autres pays européens.

4:57
Locuteur

Ce

4:57
Invité

que l'on voit, c'est qu'aujourd'hui, on a la peur qui se mêle à une forme de colère. Et là, les effets politiques sont assez différents quand vous avez ces deux émotions qui se mêlent. Ça entraîne une demande beaucoup plus forte de transformation en profondeur de la société, et ça pousse également vers des choix électoraux qui sont différents. En l'occurrence, quand vous avez des Français qui sont inquiets et qui ont peur, et qui sont en colère sur des sujets sociaux, ça augmente le vote pour Jean-Luc Mélenchon de 9 points, et le vote pour Marine Le Pen de 10 points. Donc,

5:31
Locuteur

c

5:31
Invité

'est vraiment des effets politiques qui sont très marqués.

5:33
Présentateur

Antoine Brisset, je rappelle que vous êtes directeur d'Observatoire de l'Opinion de la Fondation Jean Jaurès. On a donc le sentiment de ce pays toujours plus fracturé. On a de plus en plus de mal à débattre. On se détesterait tellement qu'on n'est plus capable d'entendre l'autre. C'est aussi ce que vous constatez, ça

5:49
Locuteur

?

5:49
Invité

Alors, en effet, ce que l'on remarque, c'est ce qu'on appelle en sciences politiques une polarisation affective. La polarisation affective, ça ne

5:57
Locuteur

veut

5:57
Invité

pas forcément dire qu'on a des opinions plus radicales, plus tranchées, mais qu'on déteste de plus en plus les groupes sociaux qui ne pensent pas la même chose que soi, et également que l'on se regroupe avec des personnes qui pensent exactement la même chose que soi. Et ça, effectivement, ce que l'on constate sur longue période, pas seulement aujourd'hui, mais sur les dernières années, voire sur les dernières décennies, c'est une augmentation de cette polarisation affective au sein de la société française.

6:19
Locuteur

Et

6:20
Présentateur

comment on en revient, cette polarisation affective ? Comment on arrive à refaire l'union-nation ensemble ? On sait que les événements aident parfois à ça. Le dernier grand moment de Concorde, c

6:32
Locuteur

'est

6:32
Présentateur

peut-être les Jeux Olympiques de Paris. Il n'y

6:34
Locuteur

en

6:34
Présentateur

a pas dans un horizon proche

6:35
Locuteur

?

6:36
Invité

Alors, effectivement, c'est manifeste quand il y a ces grands moments de Concorde. Après, ce que l'on peut voir, c'est qu'il y a un attachement majeur des Français, quasiment unanime à la démocratie, par exemple. C'est-à-dire que le fait qu'il puisse y avoir une conflictualité au sein de la société,

6:51
Locuteur

c

6:51
Invité

'est-à-dire des opinions différentes qui puissent exister et qui puissent entrer en confrontation pacifique au moment d'une élection, ça, c'est sain au sein d'une démocratie. Il ne faudrait pas non plus fantasmer un passé où tous les Français auraient été unis, auraient pensé la même chose, etc. Le fait d'avoir des opinions différentes, c'est tout à fait normal et tout à fait sain en démocratie. Le point particulier de la situation actuelle, c'est que les phases d'élection ne réussissent pas à régler ces tensions-là.

C'est-à-dire que normalement, ça doit être un grand moment cathartique, une élection où justement, vous purgez les différents qui pouvaient y avoir dans la société et à la fin, vous avez une élection qui tranche la situation et qui permet d'avancer.

7:30
Locuteur

Et si la présidentielle

7:30
Présentateur

ne le permet pas, comment on va sortir de cette situation ?

7:33
Invité

C'est là où en effet, c'est compliqué et on ne peut pas forcément être optimiste sur l'avenir. Je pense qu'il y

7:38
Locuteur

a

7:38
Invité

une nécessité également, un appel aux représentants politiques de tous les camps, de comprendre justement que la société est diverse et qu'on n'a pas un grand camp qui dominerait la société et la vie politique. Et qu'il faut prendre aussi en compte les aspirations des personnes qui pensent différemment et prendre justement la France dans toute sa diversité d'opinions. Et ça, c'est absolument nécessaire dans les années à venir.

8:01
Présentateur

Merci Antoine Bristel. Restez avec nous s'il vous plaît.

8:03
Locuteur

Son

8:04
Présentateur

antidote à lui, ce sont ses blagues. Philippe Cavrévière dans un instant.