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interviewBACKSEAT· 20 septembre 2025 47 min

C'est quoi la VIe république ? - avec Clémence Guetté

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

The Hulu original series Furious is coming to Disney+. Starring Emmy Rossum, Furious follows FBI agent Alice Black on the hunt for a mysterious and calculating serial killer. Both walk their own paths toward justice, and as their lives start to intertwine, the line between right and wrong begins to blur. Don't miss the three-episode premiere of the Hulu original series Furious on July 27th, only on Hulu on Disney+.

0:29
Clémence Guetté

Tu es députée de la deuxième circonscription du Val-de-Marne, tu es la première vice-présidente de l'Assemblée Nationale, responsable du programme de la France Insoumise et coprésidente de l'Institut La Boétie.

0:44
Invité

Tout à fait.

0:45
Clémence Guetté

Merci d'être avec nous. Encore une fois, journée de mobilisation aujourd'hui. On a commencé l'émission par ça, je voulais t'interroger dessus. Tu as manifesté aujourd'hui à Paris. Comment ça s'est passé pour toi ?

0:54
Invité

J'ai manifesté en deux endroits. D'abord dans ma circonscription, à Choisy-le-Roi, parce qu'il y a aussi vachement de mobilisation locale en fait. C'était déjà le cas le 10, je suis allée devant Sanofi dans le Val-de-Marne. Et donc aujourd'hui, il y avait une mobilisation pour les agents territoriaux de la ville. C'est pour dire qu'il y avait aussi des manifestations dans des beaucoup plus petites villes. Et en effet aussi à Paris, où là c'était très massif. Alors peut-être certains d'entre vous y étaient aussi aujourd'hui. Oui, on y était tous. Voilà, bon c'était extrêmement impressionnant. La CGT et d'autres syndicats disent un million de personnes. Donc évidemment c'est très important.

Les autorités, le ministère de l'Intérieur dit moitié moins. C'est très important et je pense qu'on est dans un moment de mobilisation plus largement. Parce qu'en fait c'est une séquence entre le 10, aujourd'hui le 18, le 21. Il y a déjà des rendez-vous, notamment un rendez-vous à République par les organisateurs du mouvement Bloquons-Tout. Et on peut penser que ça va continuer pendant la suite du mois de septembre. parce qu'il y a une vraie colère.

1:48
Clémence Guetté

On va parler de la suite de ce mouvement. Tu l'as dit, on est dans une phase de mobilisation. C'est parce qu'en vrai pour la France insoumise qui est dans une phase de mobilisation autour de votre nouveau totem qui est la destitution du président de la République.

2:00
Invité

Ce n'est pas vraiment un nouveau totem.

2:02
Clémence Guetté

Non, c'est vrai que là vous avez mis un coup de collier depuis la rentrée quand même.

2:05
Invité

Disons que c'est la troisième motion destitution qu'on dépose à l'Assemblée nationale. La première c'était il y a un an. Donc ce n'est pas vraiment une nouvelle lubie on va dire. Ça fait un moment qu'on estime que le problème est à l'Elysée, c'est clair. Parce qu'en fait, on a eu une dissolution, on a eu des élections législatives, on s'est énormément mobilisés, notamment les électeurs de gauche et pour beaucoup des gens qui n'allaient plus voter. Et donc ça a généré un espoir immense. Et c'est le troisième Premier ministre illégitime que nomme Macron. Donc là on est dans une crise démocratique quand même enquistée, très profonde.

Et je pense que c'est pour ça que les mobilisations elles sont puissantes. Parce que les gens se disent ça ne peut pas durer comme ça. La seule perspective qu'il offre aux gens c'est de faire des réformettes. Parce qu'en réalité il ne fera pas de politique extrêmement ambitieuse vu comment est composée l'Assemblée nationale. Des budgets austéritaires par 49-3 qui fera avaler aux parlementaires. Et attendre 2027. Nous on estime qu'une dissolution réglerait vraisemblablement pas grand-chose. Les projections c'est à peu près la même Assemblée nationale. Ou pire le Rassemblement national qui augmenterait ses scores et donc aurait plus de députés.

Et donc qu'il faut abréger un peu la souffrance des gens. Et donc oui on demande en effet des missions d'institutions qui l'identifient comme le font un certain nombre de gens le fait que c'est lui le problème et que c'est la politique qui mène le problème.

3:23
Intervenant

On en parlait en première partie. D'ailleurs on a très peu parlé de Sébastien Lecornu parce que je pense qu'il ne faut pas qu'on s'attache trop. Et on verra après. Mais en effet les gens ont identifié que le problème c'était Macron et que derrière Macron le problème c'est le pouvoir des riches. Leur pouvoir d'échapper à l'impôt. Aussi leur pouvoir du fait qu'on vit dans leur société un petit peu à leurs mains. Donc du coup ça a cristallisé un petit peu sur l'attaque Zuckmann qui est devenue la chose réclamée maintenant. Ça a plutôt fait consensus. Je voudrais savoir quelle est la position de la France Insoumise.

On en discutait nous entre nous en se disant il y a un effet de cliquet quand même. C'est important ce truc de taxer les biens professionnels. Mais est-ce que c'est si fou que ça ? Est-ce que ça ne peut pas s'accompagner aussi du budget autoritaire si on nous donnait ça d'une main et faire quand même le budget autoritaire de l'autre ? Est-ce qu'on défend jusqu'au bout ? Qu'en pense la France Insoumise ?

4:12
Invité

Nous on est évidemment pour la taxe Zuckmann. On l'a votée dès demain à l'Assemblée Nationale quand elle est passée. Parce que je rappelle qu'elle est passée à l'Assemblée Nationale. Elle a été enlevée par...

4:21
Intervenant

Non mais dans des conditions particulières.

4:25
Invité

Oui on a eu un débat. Elle a été adoptée. Donc il y avait une majorité à l'Assemblée Nationale pour taxer de 2% le patrimoine des ultra-riches. Donc évidemment on est pour. Là où je rejoins le commentaire que tu as fait, c'est que ça ne peut pas être ça et puis on avale tout le reste. C'est une évidence. Notre contre-budget, tous les contre-budgets d'ailleurs qu'on a faits, quand on disait un peu plus de justice fiscale, on parle évidemment des milliards que se sont pris les grandes multinationales depuis les 8 ans de Macronie. On parle du patrimoine des ultra-riches. 2% c'est une taxe, c'est infinitésimale.

J'ai vu des projections marrantes qui montraient ce que ça donne sur le salaire normal de quelqu'un de normal. Je veux dire, c'est rien du tout pour les ultra-riches. Donc quand on parle de sommes démentes, il faut aller bien plus loin. Nous on est aussi pour le retour de l'ISF, mais on est pour plus de justice fiscale largement. On pourrait faire l'impôt universel sur les entreprises. Donc c'est clair qu'il faut un paquet fiscal. Cela dit, je suis sceptique sur le fait que même cette miette soit accordée dans le budget Le Cornu.

Parce qu'en fait, il y a quand même beaucoup de voix dans la Macronie qui s'élèvent déjà pour dire, c'est quand même beaucoup, il faudrait peut-être faire quelque chose de ponctuel, sur une assiette plus étroite, etc. Donc même ça, je ne suis pas sûre que ce gage-là soit donné, par exemple, aux socialistes contre un accord de non-censure. On verra bien. Ce qui est certain, c'est qu'on prendra ce qu'il faut. Parce que là, on est dans une situation d'injustice sur le partage des richesses qui est, à proprement parler, hallucinante dans le pays. Donc voilà, on prendra ça, mais ce n'est pas suffisant, c'est clair.

5:56
Clémence Guetté

Léa ?

5:57
Intervenant

Du coup, pour vous, en l'état actuel, il n'y a aucune négociation de possible ? Il faut nécessairement la destitution d'Emmanuel Macron ? Ou est-ce que vous pensez qu'il y a encore une marge de manœuvre, notamment à l'Assemblée nationale, pour essayer de faire passer des choses, ou c'est complètement cuit ?

6:11
Invité

Alors, on jouera notre rôle de parlementaire. Enfin, moi, comme les autres, on a été élu pour ça. À chaque fois qu'on a l'occasion de voter, malheureusement, c'est trop rare sur les questions budgétaires, mais on vote. Je rappelle, 28-49-3. Enfin, moi, je n'ai jamais voté de budget. Je le dis, mais je suis élue depuis trois ans, je n'ai jamais eu l'occasion, alors que c'est la prérogative, normalement, des parlementaires et des représentants du peuple. Donc, bref, si on a l'occasion de voter, on le fera. Cela dit, non, je ne crois pas qu'il y ait une négociation possible avec le Cornu. C'est vrai qu'on ne va pas s'y attacher trop. Moi, je pense qu'il ne durera pas, qu'il sera censuré.

Et franchement, j'espère que ce sera le plus tôt possible. Parce qu'en fait, il y a aussi quand même un effet de lassitude. On a trois premiers ministres illégitimes pour mener la même politique. À chaque fois, on a les médias qui, pendant 15 jours, 3 semaines, parfois le plaisir a duré encore plus longtemps, ça a été 2-3 mois, qui nous font le coup de... Il y aura peut-être un premier ministre de gauche, vous allez voir, c'est le changement de cap de la Macronie. Absolument pas. Enfin, le Cornu, c'est son plus proche, ministre des Armées. Il est là pour faire un budget austéritaire et pour financer l'armement et les dépenses militaires.

Et notamment, les 5% de PIB qui ont été octroyés aux dépenses militaires sur ordre de la Commission européenne. Donc, je n'ai aucune illusion sur ça. Ce que je vois, c'est un truc relativement minable pour essayer d'arracher une non-censure côté LR et côté Parti socialiste, pour essayer de dégager une majorité autour du bloc macroniste. Je ne sais pas s'il va y arriver. J'espère que non. Mais en tout cas, c'est la seule chose qu'il essaye de faire. Donc voilà, il essaye de donner un petit peu de ça. Il mettra des promesses et des lois racistes pour le Rassemblement national. Et puis, il espérera que tout ce petit monde se tienne à carreau.

Moi, j'espère qu'il y aura suffisamment de parlementaires pour, dès le premier jour de la session ordinaire, voter la motion de censure que nous, on va déposer assurément.

7:58
Intervenant

Peut-être pour revenir très brièvement sur ce projet de destitution, enfin, parlons avec un principe de réalité, il y a quand même peu de chances pour que ça aboutisse. On est bien d'accord. Alors, factuellement, il faut deux tiers

8:10
Invité

de parlementaires pour voter la destitution. Il est clair qu'à l'heure actuelle, je n'ai pas le sentiment que deux tiers des parlementaires soient prêts à voter la destitution.

8:18
Intervenant

Ce sénateur compris.

8:20
Invité

Ce qui nous intéresse, c'est d'augmenter le niveau de pression. La première, on l'a déposée tout seul. La seconde, c'était il y a une semaine et demie. On l'a déposée avec, je crois, 90 parlementaires de l'ancien NFP, sauf partis socialistes, donc des écolos et des communistes. Celles-ci, qu'on vient de déposer, on est 104, soit une majorité absolue au sein de l'ancien Nouveau Front Populaire, toujours sans partis socialistes, mais avec davantage d'écolos, davantage de communistes. Donc, on voit quand même qu'il y a une idée qui progresse chez les responsables politiques et en réalité, pas par hasard, parce qu'elles progressent dans la rue.

C'est aussi des gens qui vont dans des manifestations, c'est aussi des gens qu'entendent dans leur circonscription le ras-le-bol et le caractère extrêmement dégagiste de la période, qui est tourné vers Macron. Et puis, pareil, ça, c'est pour étudier la gauche. Après, il y a des gens qui, sans doute, par opportunisme ou calcul politique pour leur propre chapelle, par exemple, je pense aux Républicains, quand Pécresse dit il doit en effet partir, Jean-François Copé, ce n'est pas du tout pour les mêmes raisons que nous. Il n'empêche que ça fait un son de cloche qui s'alourdit dangereusement pour lui. En réalité, je pense qu'il le sait, d'ailleurs.

Les hommes qu'il a placés comme Premier ministre, c'était des fusibles. Ils gagnent du temps. Et je trouve que c'est vraiment de la politique minable. C'est vraiment se maintenir coûte que coûte jusqu'à la fin, sans avoir plus aucune ambition pour le pays, que finir son œuvre au service des ultra-riches. Voilà.

9:45
Clémence Guetté

Safia ?

9:46
Intervenant

Pardon. Alors, non, il ne faut pas s'excuser. Alors, Clémence Guettet, vous parliez de ce moment dégagiste qu'il y a dans la rue avec une journée du 10 septembre et une journée aujourd'hui qui, à mon sens, est une réussite, tout de même, au vu du nombre de personnes sorties et de l'inquiétude du pouvoir. Et dans la revue Contre-temps, aux côtés d'Adrien Clouet, vous plaidez le fait que, de ce mouvement septembriste, comme vous l'appelez, il pourrait y avoir un moment destituant, c'est-à-dire une démission, une destitution d'Emmanuel Macron qui pourrait se reconstituer autour d'un moment constituant, c'est-à-dire d'une élection présidentielle.

Sauf que, pour vous donner mon avis, c'est que ce mouvement, bien qu'il balbutie, qu'il est à ses débuts, il a une potentialité extrêmement forte par le bas. Il y a de l'énergie. Et je ne pense pas que ce mouvement mérite une élection présidentielle quand on sait qu'il y a une forte contestation du système, qu'il y a une forte contestation du présidentialisme, du Sénat, qui n'a aucun sens, qu'il pourrait demander ce mouvement des élus révocables, une assemblée constituante. Est-ce que ce n'est pas couper l'herbe sous le pied aux ambitions de ce mouvement que de demander une élection présidentielle dans le cadre de la Ve République ?

10:59
Invité

Mais, là, vous donnez un avis qui est un avis politique, mais du coup, qu'est-ce que vous proposez que soit proposé à ce mouvement, justement ? Je vous pose la question. Non, mais puisque vous dites la présidentielle, ce n'est pas la solution politique à apporter au mouvement. Ça vient nommé notamment une assemblée constituante. Je nommé l'assemblée constituante. Oui, mais ça, c'est exactement dans nos propositions. Mais ce mouvement

11:18
Intervenant

pourrait porter cette ambition ? Pourquoi est-ce que ça doit passer par une élection présidentielle ? C'est ça la question que je vous pose ?

11:23
Invité

Parce que pour passer à la VIème République, de fait, avec Macron, j'y crois très peu. Donc, je refais tout le chemin, et notamment dans la tribune que vous citez avec Adrien Clouet, on estime qu'en ce moment, il y a eu un très fort dégagisme dans ce mouvement qui est quand même tourné vers le président, pas par, comment dire, ce n'est pas pour personnifier ou personnaliser l'objet de la colère. C'est parce que dans la Vème République, de fait, c'est le président de la République qui s'octroie énormément de pouvoir, et Macron, en plus, a usé et abusé de tout ce que permet la Vème République.

Qu'ensuite, le peuple peut s'instituer, se sentir peuple, et que c'est là qu'il prend conscience de son pouvoir, et moi, je pense que dans des journées comme le 10, le 18, les gens sentent leur pouvoir comme peuple et les revendications communes qu'ils peuvent avoir avec d'autres personnes, et qu'ensuite, il faut un mouvement constituant. Et ça, donc, je rejoins exactement ce que vous dites, c'est qu'il faut, à mon sens, il faut changer la République et donc la Constitution.

Nous, on propose que ce soit fait par une assemblée constituante pour que les gens puissent par eux-mêmes réécrire les règles du jeu, parce que malheureusement, ce n'est pas une petite révision de la Constitution de la cinquième qui va nous faire changer globalement de cadre. Elle a déjà été révisée 24 fois, ce serait de toute façon à la marge. Ce qu'on estime, nous, par contre, c'est que pour passer à cette sixième, il faut passer par une présidentielle parce qu'on est dans le cadre de la cinquième et qu'elle est hyper présidentialisée et qu'on n'arrivera pas à faire de constituante si jamais on ne passe pas par une élection présidentielle.

12:53
Intervenant

Le problème, c'est que moi, je n'ai pas vu un régime s'auto-effondrer de lui-même dans ses propres règles. Pourquoi ne pas donner l'opportunité et l'ambition à ce mouvement de porter lui-même l'Assemblée Constituante ?

13:05
Invité

Ah, mais ce n'est pas du tout quelque chose auquel on s'oppose. Le fait qu'il y ait des mots d'ordre d'ailleurs qui circulent déjà pour la fin de la cinquième, pour la sixième république, pour la constituante, ça rejoint très concrètement ce que nous, on demande. Donc, ça nous convient très bien. Après, moi, je suis une responsable politique, je suis par ailleurs élue, je crois, dans les élections, je crois dans la révolution citoyenne par les urnes et je pense que politiquement...

13:26
Intervenant

Il pourrait y avoir des élections en dehors de la cinquième république.

13:28
Invité

Et je pense que politiquement, c'est exactement ce qui nous différencie, vous et moi, vu là où nous militons réciproquement. Et donc, moi, je pense en effet qu'il faut une élection présidentielle pour passer de la cinquième à la sixième et que sinon, malheureusement, ça n'arrivera pas.

13:40
Intervenant

Et donc, du coup, concrètement, comment ça se passe ? Parce que moi, en 2021, j'ai interviewé Mathilde Panot qui me disait c'est simple, Jean-Luc est élu, il s'enlève et puis on fait la constituante. C'est ça qui va se passer ? Alors, si Jean-Luc Mélenchon est élu, admettons, ou peu importe, au sein de la France insoumise, mais j'imagine bien que ce sera lui qui sera présenté, qui se présentera, on en discutera après si vous le voulez bien. Concrètement, qu'est-ce qui se passe ? Il est élu ? Il se casse ? Il laisse la place à la constituante ? Alors,

14:07
Invité

ce qu'on propose, nous, on a détaillé vraiment ce plan depuis des années. En gros, il y a les élections présidentielles. On les gagne. La France insoumise les gagne. On est en capacité d'appliquer notre pouvoir. On le fait pendant un temps donné dans les contraintes de la cinquième et avec les pouvoirs de la cinquième. Un gouvernement, un président, etc. Oui, tout à fait. Un gouvernement, un président, on essaye de faire passer le plus de mesures possibles, notamment pour parer aux urgences. Urgences sociales, urgences démocratiques, urgences écologiques. Dans le même temps, on prévoit un calendrier pour l'élection de cette constituante. Ça ne peut pas se faire comme ça.

Donc, ce qu'on propose, c'est qu'à l'été, mettons, c'est 2027 dont on parle, à l'été 2027, il y a le début d'une campagne pour la constituante. On avait imaginé, nous, un système avec des constitutionnalistes et des partisans de la VIème République mixtes, c'est-à-dire, il y a une part de tirage au sort, une part de liste, on va dire, de partis politiques ou d'organisations politiques qui veulent former des listes et présenter des candidats. Et les gens, au moment de l'élection pour la constituante, vont voter soit pour tirage au sort, un bulletin de tirage au sort, soit pour une liste d'un candidat auquel il ou elle croit.

Et ça, ça détermine la composition ensuite de l'Assemblée constituante, qui ensuite doit travailler. On a vu dans les expériences...

15:18
Intervenant

Pour garantir la parité sociale, la parité de genre, etc. Ça se fait dans le tirage au sort. Oui, bien sûr, mais c'est la question... Oui, il faut quand même mettre des mécanismes en place.

15:27
Clémence Guetté

Oui, il y a des mécanismes, il y a huit critères qui sont appliqués sur le tirage au sort qui permettent de garantir...

15:31
Invité

Oui, bien sûr, et y compris parité de genre, c'est quand même le moment de faire beaucoup mieux que son... Oui, c'est ce que je disais,

15:36
Intervenant

social, de genre, bien sûr.

15:38
Invité

Exactement. Et donc ensuite, il faut laisser le temps à la constituante de travailler. Deux ans. Et ensuite, il y a le référendum d'approbation de cette nouvelle constitution. Donc, ce n'est pas quelque chose qui se fait en deux minutes, évidemment.

15:53
Intervenant

Et donc, en fait, Jean-Luc Mélenchon reste président pendant cette période.

15:56
Invité

Pendant les deux ans où on a gagné et où on met en place la constituante,

16:00
Intervenant

on applique notre programme sans tarder, oui. Et à la mise en place de la sixième, il y a à nouveau des élections ? Eh bien, ça dépend de ce que décide la constituante.

16:09
Invité

C'est ça toute l'incertitude de la chose.

16:12
Clémence Guetté

Sinon, oui, c'était comme ça entre la quatrième et la cinquième. C'est à peu près l'idée de dire que tu fais le...

16:16
Intervenant

Qu'on revienne aussi parce que c'est vrai qu'on dit constituante, constituante, mais peut-être expliquer aussi un petit peu ce que c'est et ce qu'on disait aussi en conférence de rédaction. C'est-à-dire que la constituante, c'est l'idée d'imaginer de nouvelles manières de produire de la décision publique et de produire de l'acceptation de cette décision publique. Et là où je comprends aussi sa fière et sa méfiance qui est dans ces nouveaux processus qu'il faut qu'on trouve, il va falloir de toute façon, vu l'état de défiance du corps social à l'égard de ces élites politiques, notamment, il va falloir que le politique apprenne à se déprendre.

Et c'est dur de faire confiance aux politiques en disant bon ben allez-y, apprenez à vous déprendre. C'est très très difficile. Et pourquoi ? Parce que, et là on peut en venir peut-être au dernier bouquin que vous avez sorti avec la Boétie, parce que j'imagine que l'intuition, c'est que le peuple a changé, le peuple est prêt à prendre une plus grande place. Alors première question, est-ce qu'on peut imaginer, on parlait de convention citoyenne, d'assemblée citoyenne, comment on avait dit ? Convention citoyenne. Convention citoyenne tout à l'heure. Quels pourraient être ces mécanismes ? Quelles pourraient être ces institutions de la participation nouvelle à créer ?

Mais j'imagine que vous avez quand même quelques idées en tête et que c'est des choses qui ont déjà été un petit peu réfléchies. Et il y a des régimes aussi dans lesquels ces processus-là, parce que le processus constituant, c'est un truc qui est très, en Amérique latine, ça se fait beaucoup pour, et parfois aussi avec un contrôle du politique. Donc comment nous, on peut être assurés aussi que ce contrôle-là ne sera pas trop prenant ?

17:43
Invité

Oui, c'est clair que c'est hyper exigeant. C'est sans doute beaucoup plus simple, en tout cas beaucoup plus maîtrisé, de faire ce que fait Macron avec la cinquième, c'est-à-dire les décisions solitaires d'un homme seul. Nous, ce qu'on a imaginé, et ça j'ai oublié de le dire d'ailleurs dans le processus constituant, c'est qu'il y ait aussi des débats au niveau locaux.

C'est-à-dire que ce qui a été fait au moment des Gilets jaunes avec les cahiers d'oléance qui ensuite ont été mis dans des petits placards fermés et qu'on continue de réclamer d'ailleurs le fait qu'ils soient examinés, les cahiers d'oléance et leur participation ont montré que les gens, si on leur dit à la mairie vous pouvez déposer des revendications dans un lieu identifié, il y a une volonté de participation. Ça a été le cas. Donc nous, on veut aussi qu'il y ait des débats constituants organisés par les communes, pas que ce soit uniquement quelque chose de porté nationalement, parce qu'il y a en effet cet éloignement.

Ensuite, quand je dis on gouverne sans attendre dans le cadre de la cinquième, ça veut dire aussi, et d'ailleurs je reviens à votre interpellation, que nous on voudrait sans attendre faire passer le RIC, référendum d'initiative citoyenne, qui comporterait plusieurs dimensions, des propositions, d'abrogation de loi, révocation des élus, y compris parce que ce processus de participation populaire citoyenne revivifié, il est clair qu'après des années où on a creusé la défiance, un éloignement ou l'abstention a atteint des niveaux absolument records, il est clair qu'on a à retisser des choses de manière très profonde.

Et donc, pour en arriver au livre qui s'appelle Nouveau peuple, Nouvelle gauche, l'idée de ce livre c'était de s'interroger sur le rapport de la gauche aux classes populaires de manière générale, pour ne pas en rester à des commentaires qui ont très souvent été faits, le rapport Terra Nova, les classes populaires où les gens quand ils ont des bas salaires votent à l'extrême droite pour essayer de dépasser ces idées reçues

19:34
Intervenant

qui,

19:35
Invité

exactement, l'analyse spatialisée, la fracture territoriale, l'analyse défaitiste y compris, la gauche n'a plus de socle, etc. Des chercheurs comme Vincent Tibéry montrent, ok, il y a une droitisation des élites par le haut mais finalement le progressisme général augmente plutôt dans notre société. Et donc, de se dire que toutes ces analyses-là elles devaient être un petit peu approfondies.

On a travaillé et franchement je suis très fière de ce bouquin avec 20 chercheurs qui sont des sociologues électoraux, qui sont des historiens, qui travaillent sur différents sujets et qui ont dressé un état des lieux de qui sont les classes populaires aujourd'hui, comment elles sont composées, pourquoi elles ont été extrêmement féminisées notamment avec la précarisation très très forte des métiers féminins, comment la domination raciale s'ajoute à la domination sociale par exemple quand on prend le cas des travailleurs ubérisés ou des intérimaires, quel est le rapport à l'écologie des classes populaires, bref, sur tout un tas de dimensions, le but c'était d'actualiser un peu notre logiciel et de se dire la classe ouvrière qui était censée gagner et prendre le pouvoir et arriver à faire en sorte que ce soit la révolution, cette classe ouvrière n'a jamais réellement existé, il n'empêche que dans un imaginaire socialiste ou marxiste ou matérialiste de manière générale, elle a été énormément mobilisée.

on sait aujourd'hui que les ouvriers ce n'est pas la plus grosse part des classes populaires et que par ailleurs la figure de l'ouvrier blanc homme qui habite en milieu rural est totalement mythifiée et ne correspond pas à la réalité des gens encore une fois qui de fait galèrent sont les victimes du néolibéralisme et auraient un intérêt matériel à voter pour un programme de rupture de gauche qui change leur quotidien et leur vie.

Et donc on a essayé d'actualiser notre logiciel en se disant le matérialisme est toujours notre base idéologique il y a un renouvellement toutefois quand même des rapports de production et de reproduction du travail parce que le travail n'est plus le même qu'il y a 40 ans et également s'ajoute une dimension évidemment intersectionnelle avec l'accumulation des dominations je parlais des dominations racistes mais évidemment aussi sexistes des dominations néocoloniales des dominations y compris écologiques et de se dire que toutes ces dominations se juxtaposent et qu'à gauche nier ou hiérarchiser ces différentes dominations conduit de fait et c'est mon point de vue à faire le jeu de l'extrême droite ou de l'extrême droitisation de la société.

22:02
Intervenant

Et qu'on prend mieux le corps social c'est produire de meilleures revendications

22:06
Invité

de meilleures stratégies ? De fait une organisation politique si elle n'est pas en prise avec à qui elle compte s'adresser enfin c'est ça en fait notre réflexion c'est à qui on s'adresse et donc quels sont les besoins des gens qui doivent être répondus par nos propositions politiques. Voilà et donc c'est l'ambition de ce livre-là qui sera suivi par d'autres qui est aussi un prétexte militant parce que comme pour le premier livre de l'Institut Labo ici moi je vais aller le présenter dans des circonscriptions tenues par le Rassemblement National et que la dernière fois on a fait 70 réunions publiques avec un livre et qu'en fait ça donne aussi un prétexte de discussion

22:47
Clémence Guetté

on a des questions à vous poser d'ailleurs sur les élections municipales mais je voudrais revenir sur la 6ème République parce qu'on voit bien qu'il y a en ce moment un clivage qui est assez ancien entre une gauche plutôt radicale et une gauche plus progressiste une gauche progressiste incarnée par le Parti Socialiste qui joue le jeu du compromis de la discussion et du dialogue parlementaire on les a vus avec le corps nu et une gauche plus radicale qui est sur une thématique de rupture incarnée par la France insoumise qui ne veut pas négocier son programme sur lequel il a été élu pour vous dans une 6ème République c'est quel type de parlement qu'on doit avoir est-ce que c'est le retour aux hégémonies qu'on a connues sur la 5ème est-ce que c'est plutôt 4ème République avec plein de groupes qui doivent forcément se mettre d'accord comment vous voyez

23:25
Invité

avant de répondre à votre question je vais quand même répondre à votre commentaire parce que je ne le partage pas exactement déjà moi j'estime être aussi membre d'un parti progressiste les deux ne sont pas antinomiques

23:35
Clémence Guetté

je ne sais pas pourquoi tu as dit progressiste tu voulais dire réformiste je pense non réformiste ah oui d'accord j'ai dit progressiste autant que moi je voulais dire réformiste pour le PS en parlant du PS

23:45
Invité

oui par ailleurs

23:47
Clémence Guetté

évidemment que la France insoumise est progressiste bien sûr

23:49
Invité

oui oui on est progressiste aussi et en fait le deuxième commentaire que je voulais faire sur votre commentaire c'est que les socialistes aussi ont été élus sur le programme de rupture dont vous parlez la seule différence c'est qu'aujourd'hui ils le renient et que nous on le tire

24:03
Clémence Guetté

il ne le renie pas il le négocie

24:03
Invité

ah non il le renie complètement est-ce que vous avez regardé le contre-budget du parti socialiste présenté il y a deux semaines alors dedans

24:10
Clémence Guetté

il reprend une partie du programme

24:12
Invité

une petite partie parce qu'il n'y a plus l'abrogation de la réforme des retraites il n'y a pas l'ISF climatique il n'y a pas l'augmentation des petites pensions il n'y a pas l'indexation du point d'indice des fonctionnaires il n'y a pas le SMIC à 1600 euros il y a 5,4 milliards reniés sur les agences de l'état alors non moi je ne honnêtement j'étais fière du programme qu'on avait porté avec le nouveau Front populaire je pense que c'était ambitieux je ne veux être associée d'aucune façon au contre-budget par exemple socialiste non mais c'est pas seulement mon point de vue c'est que ça n'a rien à voir avec ce sur quoi ils ont été élus il y a un an en fait je déploie

24:51
Clémence Guetté

c'est toujours négociable une fois qu'on est une fois qu'on est au responsable

24:53
Invité

mais c'est négociable une fois qu'on est devant le Parlement c'est-à-dire qu'on accepte de perdre des votes tout simplement ça c'est la démocratie aller devant un premier ministre qui n'est pas de notre camp politique et je veux dire on dit négocier le poids des chaînes mais pour moi c'est réellement ça c'est aller dire voilà les mesurettes d'après lesquelles nous ne vous censurerons pas c'est pas notre rôle on est dans l'opposition politique donc bon je ne suis pas au parti socialiste j'ai bien compris ils font exactement ce qu'ils veulent mais ce que je veux dire quand même c'est juste que vraiment on est devant un reniement et ce n'est pas des querelles interpersonnelles il y avait un extrait de ma discussion un peu musclée avec Philippe Brun je n'ai rien contre Philippe Brun personnellement c'est une discussion éminemment politique c'est politique bien sûr ce que je lui reproche ce que je lui reproche c'est de renoncer et de trahir des gens qui lui ont fait confiance il y a un an

25:44
Clémence Guetté

mais qu'est-ce que vous pensez de la place du compromis dans une démocratie ? est-ce que c'est une nécessité est-ce qu'il faut passer outre ?

25:50
Invité

en fait on s'est habitué à des choses qui sont totalement anormales le grand cycle des négociations pré-formation d'un gouvernement où tous les partis politiques défilent font leur liste de course et où le Premier ministre essaye de trouver un équilibre ça n'est pas le fonctionnement prévu ni par la Ve République normalement le Premier ministre il forme son gouvernement sur la base de sa propre nomination par le Président de la République il propose une politique et ensuite il accepte ça dépend de s'il a une majorité ou pas il accepte des défaites à l'Assemblée nationale le problème c'est que la Macronie triomphante en 2017 a commencé avec un rouleau compresseur de plus de 300 parlementaires et qu'ils ont pris la fâcheuse habitude d'avoir une majorité absolue que tout passe et de ne jamais accepter le fait qu'il puisse y avoir des majorités alternatives sur d'autres choses parce qu'en fait franchement je n'aime pas du tout le discours qui consiste à taper sur l'Assemblée nationale parce qu'il y a en effet trois blocs relativement nets dans les votes mais je veux dire en l'occurrence il y a eu une dissolution on l'a acceptée on s'est présenté devant les français et ça a donné ça moi je déplore qu'il y ait autant d'élus RN évidemment

26:54
Clémence Guetté

c'est pour ça que je vous pose la question sur la 6ème république que vous imaginez parce que j'ai l'impression que vous avez par exemple le système allemand n'est pas du tout un système qui vous plaît

26:59
Invité

c'est un système de coalition

27:01
Clémence Guetté

exactement

27:02
Invité

qui met aujourd'hui l'AFD à environ plus de 20% je crois je pense que c'est pas une solution en tout cas face à la montée de l'extrême droite par exemple

27:12
Intervenant

est-ce qu'on peut aller jusqu'à dire d'ailleurs que ce modèle des démocraties libérales avec leur parlement leur classe politique leur manière de composer des gouvernements etc là il est soumis à des chocs à des tensions énormes il nous amène à l'extrême droite dans plein de pays est-ce que c'est avec ce sentiment d'urgence que vous dites même oublions aussi repensons mais de la cave au grenier comme on pourrait dire les institutions en entier quoi

27:36
Invité

bien sûr alors nous pour la 6ème république juste pour répondre à votre question et c'est lié à celle-ci aussi nous on présentera une liste dans le cadre de la constituante je ne peux pas vous dire ce que sera la 6ème république ce serait parfaitement antinomique avec la façon dont je l'ai présenté juste avant ce que nous on proposerait à la France insoumise par exemple on estime que le Sénat n'est pas une institution représentative des français aujourd'hui les grands électeurs ce système là les circonscriptions qui ont été taillées les gens ne comprennent même pas je pense cette élection je vous donne mon avis très franc sur le Sénat je pense que l'Assemblée nationale a évidemment toute son importance je pense que le monarque présidentiel devrait largement perdre du poids dans une 6ème république donc j'aurais des propositions à faire en matière d'institution toujours est-il que dans le cadre de la 5ème je le redis le problème des macronistes c'est qu'ils n'acceptent pas d'être minoritaires et que donc ils sont allés utiliser tous les outils à leur disposition j'ai parlé des 49-3 mais il y a eu des choses c'est de la tambouille parlementaire peut-être mais ce qu'ils ont fait sur la loi Duplomb par exemple c'est-à-dire de rejeter leur propre texte pour espérer avoir un texte du Sénat puis une commission mixte paritaire où nous sommes minoritaires et donc où eux sont majoritaires pour faire un texte de régression environnementale etc c'est contourner totalement le Parlement et c'est je pense ça participe du dégoût des gens après ils se disent évidemment à quoi bon aller voter mon rôle moi c'est de leur dire garder confiance on se bat pied à pied surtout on ne renonce à rien surtout dans la position dans laquelle nous sommes on est l'opposition mais vous dans la situation de Macron aujourd'hui

29:10
Intervenant

vous feriez quoi ?

29:11
Invité

j'espère que je ne serai jamais dans la situation de Macron après 8 ans de brutalité vous pouvez vous poser la question

29:17
Intervenant

admettons vous arrivez effectivement vous arrivez à être élu vous êtes au gouvernement vous êtes peut-être première ministre que sais-je présidente allez pourquoi pas et puis vous arrivez effectivement face à cette assemblée nationale qui ne vous soutient plus tout à fait avec des comme vous disiez ces trois blocs c'est très difficile de faire passer des choses vous voulez quand même faire passer des choses j'imagine qu'est-ce que vous faites ? non mais vraiment je me pose la question et ce n'est pas une question qui piège ou quoi que ce soit

29:40
Invité

non non je comprends très bien psychologiquement je n'ai pas envie de me projeter dans Emmanuel Macron mais je vais faire abstraction du personnage vous êtes présidente de la république pas Emmanuel Macron et me dire face à cette situation lui qu'est-ce qu'il devrait faire la moindre des choses me semble-t-il quand on convoque une dissolution de l'assemblée nationale c'est ensuite de respecter la représentation qui est à l'assemblée nationale et donc ça veut dire que non il n'y a pas de majorité aujourd'hui pour faire le budget qu'il voudrait présenter initialement ça veut dire que il n'y avait pas non plus de majorité en réalité pour la loi Dupont il n'y avait pas non plus de majorité pour la réforme des retraites

30:14
Intervenant

donc vous auriez nommé un premier ou une première ministre NFP

30:17
Invité

je pense que c'est comme ça qu'a été conçu la 5ème république oui c'est clair et d'autres l'ont fait avant je veux dire les cohabitations ça a existé voilà

30:25
Intervenant

et en même temps c'est la bagarre

30:26
Invité

c'est ce qu'on demandait à l'époque d'ailleurs

30:28
Intervenant

en même temps c'est la bagarre quand on est premier ministre on a aussi quelques pouvoirs de décrets de nomination bah oui mais attendez mais quand même c'est dingue des erreurs parfois la gauche et puis même dans d'autres pays n'utilisent pas tout ça tous les pouvoirs qui sont pour garder le fair play que n'auraient pas eu ses adversaires donc là l'idée aussi d'aller au premier ministre c'est qu'il y a plein d'opportunités aussi l'idée serait de jouer à fond moi je pensais au fait que pour revenir sur cette constitution parce que moi je commence de plus en plus à être persuadé que c'est la seule issue honorable pour ce pays mais comment par exemple tu fais une constituante dans un pays pourri par les médias de l'extrême droite etc et donc je conçois en effet que prendre le pouvoir pour installer des bonnes conditions pour faire la constituante parce que c'est pour se retrouver avec des constituants donc les gens qui seront tirés au sort menacés de mort chez eux de je sais pas quoi la montée de l'extrême droite c'est ça aussi

31:22
Invité

une excellente pardon non mais j'allais dire

31:25
Clémence Guetté

regarde les conventions citoyennes les conditions du débat médiatique sur la question climatique étaient dégueulasses et pourtant les citoyens tirés au sort ils ont fait un assez contraire

31:32
Intervenant

mais ça revient aussi à ma remarque de tout à l'heure pardon mais ça revient aussi à ma remarque de toute à celle

31:36
Clémence Guetté

on continue l'interview on discute

31:40
Intervenant

on va vous laisser la parole non mais ça revient à ma remarque de tout à l'heure ou par exemple sur la question on pourra enchaîner là des questions plus sur le rassemblement national comment vous voyez les choses etc évidemment mais c'est aussi dans des périodes de mouvement social où le rassemblement national n'ont rien à dire sur ce qu'il se passe et donc du coup c'est pour ça que je vous posais la question mais envisager aussi une sortie du régime et une assemblée constituante dans le cadre d'un mouvement social qui est certes assez balbutiement c'est pas inintéressant dans la mesure où les éléments les plus réactionnaires n'ont pas leur mot à dire voilà c'était une remarque je la referme

32:10
Invité

je trouve que c'est une question intéressante parce que par exemple au Chili c'est typiquement une situation qui nous a évidemment beaucoup interrogés puisqu'on est partisans d'une constituante et du passage à la 6ème il y a eu donc il y a eu une constituante les gens ont commencé à travailler etc et puis il y a eu ensuite et pendant ce temps il y avait une cogestion on va dire une grande coalition avec des anciens partis très disons que la dimension dégagiste et antisystème qui avait mené à faire une constituante n'était pas du tout représentée dans le gouvernement qui continuait de gouverner le Chili donc il y a des goûts qui continuaient d'augmenter une désadhésion populaire plutôt vis-à-vis de la constituante et puis ensuite une campagne au moment de voter la constituante il y a eu 1,7 million qui a été mis pour la campagne contre la nouvelle constitution et environ 3 ou 4 fois moins pour la campagne pour et financée évidemment par des forces réactionnaires etc donc il est clair que les influences qu'elles soient médiatiques ou financières on voit le système Bolloré c'est clair qu'il y a à penser des garde-fous démocratiques pour faire en sorte que si on arrive à mettre en place une constituante elle puisse travailler dans de bonnes conditions et que le processus puisse aller à son terme mais je ne dis pas que ce n'est pas des questionnements qui existent mais ça veut dire qu'il faut se poser ces questions-là et faire en sorte que ça puisse advenir quand même

33:32
Intervenant

Qu'est-ce qu'on peut faire à Matignon contre le groupe Bolloré immédiatement ?

33:36
Invité

On peut quand même proposer une loi anti-concentration des médias par exemple donc faire en sorte qu'il n'y ait pas 9 milliardaires qui possèdent 90% des médias on peut aussi renforcer les moyens de l'ARCOM pour traiter les signalements de racisme de sexisme à la télévision il y a eu des chaînes qui se sont fait fermer leurs fréquences ça peut réarriver pour celles qui dépassent très régulièrement la loi en réalité donc il y a quand même des choses à faire évidemment

34:01
Clémence Guetté

La destitution du président de la République je suis comme Léa j'y crois assez peu mais j'ai bien compris ce que vous disiez sur le fait que le but c'est de faire monter la pression ce qui est par contre plus probable c'est un départ de le cornu d'une manière ou d'une autre et une dissolution dans la foulée en cas de dissolution c'est quoi votre stratégie j'ai entendu que vous proposiez une fédération c'est ça aux autres partis de la gauche

34:20
Invité

une offre fédérative

34:21
Clémence Guetté

à destination

34:22
Invité

de toutes celles et ceux qui veulent continuer de respecter le programme du nouveau front populaire sur lequel on a été élu il y a un an

34:28
Clémence Guetté

donc il n'y aura plus d'alliance avec le parti socialiste

34:30
Invité

ce sera à lui de nous dire si finalement il renie le document qu'il a produit il y a deux semaines si finalement il ne voulait pas aller au gouvernement politiquement se sont accumulés ces dernières semaines pour que je sois assez sceptique je pense qu'il y a eu aussi des déclarations relativement définitives de certains responsables du parti socialiste je pense à Boris Vallot qui a dit plus jamais avec LF la LF c'était morte

34:56
Intervenant

et puis il y a eu le NFP oui mais Johanna Roland

34:59
Invité

qui a été quand même assez partisane du nouveau front populaire qui a dit plus jamais d'accord programmatique je ne parle pas de l'opposition à monsieur Fort qui n'a jamais eu de mots très agréables à notre égard et qui était déjà contre le NFP à l'époque mais j'ai le sentiment que le parti socialiste en vue d'une présidentielle se réaligne quand même idéologiquement avec François Hollande oui François Hollande une forme de social pourtant c'est Olivier Faure qui a gagné le compte si on en croit des off un peu gênants s'aligner derrière Glucksmann enfin je ne sais pas mais visiblement idéologiquement ils prennent une option qui n'est pas celle de travailler avec la France Insoumise

35:35
Clémence Guetté

mais si la France Insoumise et le parti socialiste ne sont plus alliés dans des élections législatives ça risque d'être une mauvaise nouvelle pour le PS c'est à peu près sûr pour la France Insoumise aussi ça peut être une mauvaise nouvelle en tout cas ce sera une très bonne nouvelle pour l'extrême droite et Jordan Bardella la semaine dernière on recevait Alexis Corbière qui est devenu un unioniste convaincu qui nous expliquait que face au danger de l'extrême droite c'est là qu'il faut faire des unions qu'est-ce que vous en pensez-vous

35:55
Invité

sur ce point notre position elle est très claire c'est qu'en fait l'union ne peut pas être faite n'importe comment à n'importe quel prix et en disant enfin en faisant n'importe quelle proposition sinon et je pense même que en fait ce qui est le pire c'est que c'est contre-productif c'est-à-dire que si on dit l'extrême droite est puissante c'est clair elle l'est électoralement dans notre pays et idéologiquement l'extrême droite est puissante face à ça on s'allie dans n'importe quelles conditions et en proposant à peu près n'importe quoi aux gens que finalement on renierait un peu plus tard moi je suis persuadée et c'est d'ailleurs l'objet du livre aussi que ça provoque de la désaffection que ça provoque in fine de l'abstention et que ça provoque in fine la montée de l'extrême droite donc je suis persuadée que l'union à n'importe quel prix sans un socle idéologique et en l'occurrence moi je veux que ce soit un socle idéologique de rupture parce que je pense que les dernières élections quand elles étaient de masse comme les élections présidentielles et que l'abstention était un peu moins forte qu'aux dernières élections je pense qu'aujourd'hui le rapport de force et le baril centre de la gauche les envies elles sont sur un projet de rupture elles ne sont pas sur des réformettes du bilan Hollande je veux dire il y a un traumatisme pour des gens de gauche qui ont pu voter Hollande en 2012 c'est-à-dire c'était pas il y a 40 ans les gens se souviennent de la déchéance de nationalité de la loi El Khomri de la case des services publics de Macron ministre de l'économie donc il ne faut pas prendre les gens pour des amnésiques politiquement je pense qu'il y a ce vrai dégoût qui a amené madame Hidalgo à 1,72% je crois à la dernière élection c'est une question d'incarnation mais non ce n'est pas une question d'incarnation c'est une question de ligne politique mais vous êtes persuadés que c'est une question d'incarnation

37:40
Clémence Guetté

je pense que ça en fait partie que l'élection présidentielle se joue en grande partie sur l'incarnation

37:43
Invité

le PS a pris cher moi je pense que c'est une déception et un désaveu profond pour une gauche d'accompagnement qui a trahi tous ses engagements qu'elle avait pris pendant sa campagne voilà je pense que c'est éminemment politique ça n'a pas grand chose à voir avec madame Hidalgo

38:01
Intervenant

pourtant aux européennes il y a eu une sorte de rééquilibrage

38:05
Invité

mais avec une abstention différentielle et notamment des milieux populaires extrêmement fortes c'est à dire que les élections européennes c'est encore des élections où il faut beaucoup s'intéresser à la vie politique le parlement européen c'est une institution qui allait encore plus éloigner que les autres l'abstention elle n'est pas lissée sur l'ensemble des catégories socioprofessionnelles au hasard les riches les bourgeois et les gens en plus de droite votent bien davantage aux élections européennes qu'aux élections présidentielles par exemple

38:35
Intervenant

Jules ? Non j'avais rien je n'ai pas dit j'ai déjà assez parlé Léa vas-y enchaîne municipal peut-être oui municipal tu veux introduire ?

38:43
Clémence Guetté

Non non non

38:43
Intervenant

tu veux faire ton boulot un peu ?

38:47
Invité

Il en greffe peut-être les élections municipales

38:50
Clémence Guetté

les élections municipales en 2020 suivaient le mouvement des gilets jaunes à l'époque la stratégie de la France insoumise c'était d'apporter son soutien massif à des listes citoyennes on a vu que le résultat n'avait pas été à la hauteur des espérances quelle est votre stratégie pour ces élections municipales de 2025

39:04
Intervenant

et 26 et quid je complète la question si tu veux bien quid des alliances localement ?

39:09
Invité

Alors en effet en 2020 c'était des élections municipales pour tout le monde en plein Covid extrêmement compliquées là aussi avec un taux d'abstention qui était très difficile pour les forces politiques qui espèrent faire venir les classes populaires aux urnes cette parenthèse refermée en effet stratégiquement il y avait une différence qui tenait aussi à la maturité de notre organisation la France insoumise était un mouvement qui avait trois ans maintenant on en a bientôt dix on a essayé de se structurer et de se préparer différemment pour celle-ci on a essayé de poser la discussion notamment avec les partenaires qui étaient dans le NFP sur des bases programmatiques histoire de pas nous contrairement à d'autres formations politiques on peut avoir des décisions nationales c'est-à-dire que c'est pas à Pétouche-Nox et on fait comme ça et puis on fait complètement l'inverse dans une autre ville on estime qu'il faut une visibilité nationale donc des listes qui soient sur le même périmètre politique donc on a posé la discussion sur la base de garanties programmatiques qui étaient en gros des exigences où on disait s'il y a des élus insoumis citoyens et peut-être autres partis politiques il faut qu'ils s'engagent à respecter un minimum de propositions et à essayer de les mettre en place une fois qu'ils seront dans ces conseils municipaux je vous donne un exemple par exemple le RIC on en a parlé tout à l'heure le RIC au niveau municipal il est possible à mettre en place c'est une possibilité prévue par la constitution et ça permet déjà à un niveau extrêmement local de retisser cette confiance dont on parlait juste avant ou les cantines bio et gratuites par exemple là on est plus sur le fond

40:44
Intervenant

mais du coup sur la stratégie effectivement

40:47
Invité

c'est justement lié c'est-à-dire que les discussions qu'on a avec tous les potentiels partenaires politiques

40:53
Intervenant

c'est sur la base

40:53
Invité

de ces garanties programmatiques

40:56
Intervenant

et donc dans les grandes villes donnez-nous un peu d'éléments parce qu'on est quand même là ce soir pour avoir des infos il fallait que j'ai des scoops pour les munitions laissez-nous quand même au moins un peu de ça c'est ça c'est l'émission des scoops du jeudi soir un petit scoop s'il vous plaît Clémence Guettet comment ça se joue dans les grandes villes par exemple quelles sont les discussions et vous vous serez candidate

41:18
Invité

moi je ne serai pas candidate non peut-être que c'est un scoop ça d'ailleurs ah voilà on a ça on a quoi non moi j'ai déjà un mandat et je vais voilà je vais me contener est-ce que vous allez bien Clémence Guettet ça va très bien

41:31
Locuteur

merci

41:31
Invité

c'est vraiment atroce c'est un bon moment donc non dans les grandes villes la plupart des configurations c'est soit c'est des villes qui sont tenues par la droite et dans ce cas là on arrive à avoir généralement des alliances citoyens LFI voire parti communiste voire Europe Écologie Les Verts

41:52
Clémence Guetté

pas de PS

41:53
Invité

généralement pas de PS vu le contexte national en ce moment c'est compliqué et ensuite il y a des villes tenues par le parti socialiste ou des villes tenues par les écologistes et suivant la façon dont ça s'est passé généralement on est dans l'opposition nous France Insoumis donc on a des listes qui se composent en face voilà

42:12
Intervenant

ok pas de scoop en fait

42:15
Invité

j'avais pas fait de promesse moi

42:17
Intervenant

l'inverse je vais élargir moi j'ai quand même l'impression qu'on est qu'il y a des choses qui vont devoir se dénouer dans pas longtemps que ça va être en effet soit le socialisme soit l'extrême droite mais là il y a une urgence le moment est révolutionnaire le moment est révolutionnaire ou le moment dans l'autre sens aussi et là dessus est l'Union Européenne qui est ballotée entre le trumpisme d'un côté Poutine qui fout la pression de l'autre dans les deux cas ça sponsorise plutôt l'extrême droite d'ailleurs et c'est plutôt ce qu'on voit aussi y compris en Angleterre en Allemagne chez nos voisins comment est la gauche européenne est-ce qu'elle est prête à ce moment est-ce qu'il y a des alliances est-ce qu'il y a des solidarités et si possible une stratégie et un scoop et quelle est du coup l'attitude à avoir aussi avec nos au Parlement

43:07
Invité

c'est clair que l'ambiance réactionnaire dans l'Union Européenne dans les pays de l'Union Européenne est extrêmement forte et prenons comme base de la discussion de cette inquiétude que je pense on partage le fait que ça menace des vies très concrètement les personnes racisées les personnes LGBT les femmes les droits des femmes évidemment et que donc c'est face à ça qu'il faut essayer de s'organiser moi c'est un c'était une interrogation que j'ai eu très fortement le semestre dernier c'est pour ça que j'ai fait une tournée de pays européens je suis allée dans pas mal de pays européens Portugal, Belgique, Espagne Allemagne, Italie et d'autres pour rencontrer justement des camarades dans ces pays là et voir la façon déjà dans quel niveau de forme ils sont parce que dans certains pays c'est très dur je pense à l'Italie par exemple quand vous êtes opposant de Mélanie et nos partenaires à nous ils sont pas très en forme électoralement il y a d'autres pays où on quand je dis on c'est des partis frères on va dire sont beaucoup plus en forme je pense par exemple à la Pologne où en fait il y a un mouvement de gauche radicale qui est assez fort face à la droite ou à l'extrême droite dans des pays aussi du nord il y a des parties de gauche radicale qui sont très en forme et donc je suis allée les rencontrer pour qu'on partage déjà nos enseignements sur la période comment l'extrême droite s'organise nationalement mais aussi au sein de l'Union Européenne et on a essayé de se doter de moyens un peu en miroir on va dire parce qu'on se rend bien compte qu'on n'a pas les mêmes moyens financiers c'est clair Musk et d'autres financent l'extrême droite européenne ils y mettent largement des billes à des seins pour leur donner de la force justement mais donc comme nous on n'a pas ces financements il faut qu'on redouble d'organisations c'est pour ça qu'on a lancé l'année dernière un nouveau parti de la gauche européenne qui a eu son premier congrès à Porto au mois de juin de cette année où je suis allée il y a 7 partis fondateurs 2 membres observateurs à 7h tout de l'est c'est l'alliance de la gauche européenne et donc on essaye de renforcer nos liens et de bosser encore davantage ensemble c'est par exemple pour ça qu'on a fait l'initiative citoyenne européenne celle qui avait été très réussie sur l'avortement mais donc on a fait le même mécanisme sur Gaza et sur la demande de la fin du génocide pour essayer de mettre une pression coordonnée c'est pour ça aussi que intellectuellement on va travailler ensemble dans le cadre d'une fondation parce que l'extrême droite s'organise aussi idéologiquement on parle beaucoup des désaccords à gauche qui existent en fait l'extrême droite y compris au sein de l'Union Européenne a beaucoup de désaccords idéologiques mais alors ils ont réussi à se mettre d'accord sur l'immigration et le problème et ils ne parlent que de ça quand ils sont ensemble alors même que parfois ils mènent des politiques quasiment contradictoires dans leurs pays respectifs et donc à gauche on doit aussi parler de nos points d'accord et de la façon dont on avance chacun et s'il y avait un point d'accord ce serait lequel ?

dans nos pays respectifs bah franchement la fin du génocide à Gaza en tout cas pour notre camp c'est un point d'appui très évident notamment parce qu'au Parlement européen il y a beaucoup d'élus qui siègent ensemble dans le même groupe qui se connaissent et qui ont à lutter contre Van der Leyen son inaction le fait qu'ils ne rompent pas l'accord d'association entre l'Union Européenne et Israël justement donc c'est clair que là en ce moment on est tous extrêmement mobilisés là-dessus mais après il y a plein d'autres questions par exemple avec les camarades espagnols j'ai beaucoup parlé de la question du logement qui est une vraie vraie crise en Espagne qui est une vraie crise aussi en France et dans plein d'autres pays mais donc eux ils ont par exemple organisé des assemblées de locataires enfin il y a aussi des choses qu'on peut dupliquer et je pense que c'est intéressant on ne réinvent pas l'eau chaude tous les 5-4-4

46:54
Clémence Guetté

on pourrait réinventer mais on va devoir s'arrêter là pour cette interview merci beaucoup Clémence Guettet d'être venue sur le plateau de Backseat et d'avoir répondu à nos questions et d'avoir regardé cette vidéo !

47:05
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada