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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 juillet 2025 19 min

La loi Duplomb et la reconnaissance annoncée de l'État de Palestine par la France... Le 8h30 d'Alexis Corbière

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Alexis Corbière, Emmanuel Macron l'a annoncé hier soir, la France va reconnaître solennellement l'état de Palestine en septembre à l'Assemblée Générale des Nations Unies à New York. Comment vous réagissez à cette décision du chef de l'État ?

0:17
Alexis Corbière

C'est une bonne nouvelle, je me félicite de cette décision. D'un certain point de vue, désormais la position officielle de la France va être conforme à la position des Français. Car je pense, et des études l'ont déjà montré, que la grande majorité de nos concitoyens pensent qu'il faut, dans cette affaire du conflit et de ce qui se déroule en particulier aujourd'hui avec la situation de l'Assemblée dont on va parler, il faut une solution politique, diplomatique. Et la reconnaissance de la Palestine, de l'État palestinien, est un pas vers une solution diplomatique.

0:46
Présentateur

Est-ce que vous comprenez cette annonce en deux temps ? Emmanuel Macron annonce qu'il reconnaîtra la Palestine à New York.

0:53
Alexis Corbière

Moi je considère que tout ça aurait pu avoir lieu plus tôt, je considère que ça pourrait avoir lieu même dans des délais plus rapides, mais j'ai pas envie de polémiquer petit, dans le sens où de toute manière on le voit et c'est intéressant, cela déclenche nombre de réactions qui d'un seul coup font que, et il faut voir comment on va les commenter et ça va continuer dans les jours qui viennent, où enfin on parle politique et pas seulement d'être passif sur quelque chose qui est un drame que ni vous, ni moi, ni ceux qui nous écoutent ne peuvent pas être insensibles.

Ce qui se passe depuis 21 mois, la réponse militaire disproportionnée qui a amené à ce que la justice internationale dise qu'il y avait un risque génocidaire, puis on peut considérer qu'en fonction des définitions du droit international de ce qu'il y a un génocide... Emmanuel Macron ne parle pas de génocide. Oui, mais je pense tout de même que c'est dans ce contexte qu'il considère, du moins je le souhaite, qu'il faut prendre la parole. Et désormais de l'utilisation, je tiens à être précis, de ce qui est interdit par le droit international, à savoir l'utilisation de la faim et de la famine, pour mettre au pas un peuple, 2 millions de personnes à Gaza.

Il y a près aujourd'hui de 60 000 personnes qui sont en situation de grande détresse du point de vue de la faim, dont d'autant qu'on considère qu'il y a aujourd'hui 60 000 femmes enceintes, je veux donner ce chiffre parce qu'il m'a frappé quand je l'ai vu dans la preuve,

2:03
Présentateur

60 000 femmes enceintes,

2:04
Alexis Corbière

qui sont aujourd'hui dans une situation de grande détresse, d'alimentation, actuellement à Gaza. 600 000 personnes qui sont en train, manifestement, de souffrir terriblement de la faim. Et on est à combien ? 58 000 personnes, c'est un chiffre qui est donné. Peut-être d'autres existent, mais c'est le chiffre qui semble faire une forme de consensus, même si votre profession ne peut pas pénétrer dans le territoire de Gaza.

2:24
Présentateur

Non, et d'ailleurs les agences de presse internationales réclament à pouvoir entrer dans la bande de Gaza.

2:29
Alexis Corbière

Tout ça est terrifiant. Donc c'est le moment où il faut... Le gouvernement Netanyahou est un gouvernement d'extrême droite, obstiné, violent, cruel même d'un certain point de vue.

2:36
Présentateur

Justement, la situation est dramatique à Gaza, effectivement, avec des populations qui meurent de faim. Concrètement, pour la population Gazaouie, aujourd'hui, ça change quoi ? Que la France dise qu'elle va reconnaître la Palestine ?

2:49
Alexis Corbière

Alors, vous avez raison de pointer...

2:50
Présentateur

C'est pas ça qui va leur donner de l'aide humanitaire aujourd'hui et leur permettre de survivre.

2:53
Alexis Corbière

Et d'ailleurs la France pourrait même intervenir, on y reviendra tout à l'heure, moi je fais partie d'un regroupement qui s'appelle Front Populaire 2027 autour de Lucie Casté, auquel participe nombre de forces, on y reviendra tout à l'heure pour parler de l'avenir. Mais hier on faisait une déclaration, on pense même que pourquoi pas la marine française pourrait intervenir et donner les moyens à ce qu'il y ait une percée, si je puis dire, de ce blocus.

3:13
Présentateur

Il y a un véritable blocus autour de la bande de Gaza.

3:16
Alexis Corbière

C'est inacceptable, il y a, vous savez, d'ombres de bateaux humanitaires qui ont pris le chemin aujourd'hui de Gaza pour apporter une aide aussi. Comment dirais-je ? On ne peut pas être inactif face à quelque chose qui est non conforme aux droits internationaux. Et la France, donc...

3:30
Présentateur

Mais c'est la déclaration politique d'Emmanuel Macron, remplace ça, qui serait peut-être à court terme plus utile.

3:35
Alexis Corbière

Bien sûr que c'est pas ça qui va nourrir les 2 millions de Gazaouis en situation terrible. Évidemment. Et il faut organiser une batterie de réponses internationales qui passent, je le dis clairement, par des sanctions, la rupture des relations, la suspension ou rupture...

3:47
Présentateur

Il faut que la France sanctionne Israël de quelle manière ?

3:49
Alexis Corbière

Bien sûr, mais même l'Union Européenne. L'accord entre l'Union Européenne et Israël devrait être suspendu. Ce n'est pas possible de maintenir des relations économiques, y compris en continuant à vendre du matériel militaire. Sans doute qu'il y a des conséquences sur les armes qui sont utilisées, qui bombardent la population civile. De manière générale, écoutez-moi ceux qui sont là ce matin. Quelle que soit la position qu'on a sur le conflit, même si on est attaché à la sécurité d'Israël, ce qui est bien normal, on ne peut pas accepter que le droit international soit ainsi bafoué. Les populations civiles ne peuvent pas être les victimes d'une espèce de vengeance qui est absurde.

4:22
Présentateur

Qui intervient, rappelons-le, après les attentats du 7 octobre perpétrés par le Hamas en Israël.

4:28
Alexis Corbière

J'allais y venir. Tous en ont en tête les massacres du 7 octobre, les actes terroristes du Hamas, qu'on a tous condamnés, ou du moins qu'il faut condamner fermement. Mais d'aucune manière.

4:35
Présentateur

Pas tout le monde, chez vos anciens amis de la France insoumise, ça a été... Moi, je crois que tout le monde aujourd'hui s'accorde à dire... La qualification terroriste du Hamas n'était pas une évidence pour tout le monde.

4:43
Alexis Corbière

Oui, ça a même été l'objet d'une position que j'ai portée au sein de la France insoumise, ce qui m'a valu d'être sanctionné et exclu. Et j'observe qu'un an plus tard, la France insoumise dit finalement terroriste, comme quoi c'est moi qui avais raison là-dessus. Mais ce n'est pas le sujet. Ce que je veux dire, c'est que, d'un certain point de vue, et c'est ce que disait Elie Barnavi ce matin sur votre entête, ancien ambassadeur d'Israël, il considérait qu'Israël aussi a besoin d'un État palestinien pour construire la paix. Sauf qu'Israël, depuis hier soir... Vous me terminez à ma pensée. Si il n'y a aucune solution politique et diplomatique, ce sont les violents qui ont la main.

Cela fait le jeu du Hamas. La situation terrible qui est imposée aujourd'hui au peuple à Gaza fait le jeu des fanatiques qui pensent que ce n'est que l'hérédication d'Israël et la guerre sans fin qui est la solution. Donc les politiques, et c'est là où Emmanuel Macron, d'un certain point de vue, je tord pour lui donner le point, il a raison d'ouvrir un chemin diplomatique. C'est risqué. Bien sûr que c'est risqué. Mais c'est ça la voie. Sinon le reste est une solution folle.

5:39
Présentateur

C'est risqué. Et quand on entend Alexis Corbière, Israël depuis hier soir, Israël, les autorités sont en colère contre la France. Benyamin Netanyahou dit que cette décision récompense la terreur. Il y a aussi eu le ministre de la Défense israélien qui dit que c'est une honte, une capitulation face au terrorisme. D'autres dirigeants ou ex-dirigeants israéliens parlent d'un effondrement moral après les attentats du 7 octobre. Elles sont compréhensibles ces réactions ?

6:02
Alexis Corbière

Non, la honte. J'ai vu que même Jordan Bardella leur emboîtait le pas en France. Écoutez, ça ce n'est pas Israël, c'est le gouvernement d'extra-droite israélien. Moi, j'aime le Israël de standing together des manifestants à Tel Aviv ou dans les grandes villes israéliennes qui manifestent avec les photos des enfants de Gaza qui ont faim et qui portent des sacs de farine sur les épaules pour apporter une solution au peuple palestinien et à Gaza. Ça, c'est le Israël et le peuple israélien généreux qui comprend bien que son avenir et sa paix est lié au fait que les peuples qui vivent à côté soient aussi des peuples qui puissent vivre de manière harmonieuse.

Les violents, les fanatiques, les illuminés religieux autour de Netanyahou car ces gens sont des violents qui en plus ne sont liés même plus à une analyse politique mais une analyse souvent qui est liée à une lecture totalement religieuse des choses qui empêchent toute discussion politique. Ils sont dangereux.

6:50
Présentateur

Il y a encore une cinquantaine d'otages israéliens morts ou vivants dans la bande de Gaza. Vous comprenez que pour Israël, ça soit compliqué d'admettre qu'on reconnaisse un État palestinien alors que des otages sont toujours enfermés dans les tunnels de Gaza.

7:07
Alexis Corbière

Mahmoud Abbas, à laquelle la lettre d'Emmanuel Macron a été remise, a été le premier à condamner le 7 octobre. Il a demandé la libération des détenus, je n'allais pas dire otages, des Israéliens qui sont retenus. Des otages ? Oui, des otages, vous avez raison. Mais je veux dire, je vais être vulgaire, mais Netanyahou n'en a rien à fiche des otages. Ce qu'il fait ne permet pas la libération des otages. Ce qu'il fait durci, au contraire, les plus fanatisés, je viens de le dire. Donc, y compris, vous avez des manifestations en Israël, des familles souvent d'otages qui disent à Netanyahou que sa stratégie militaire est une folie et empêche la libération d'otages.

7:42
Présentateur

Ça ne vous interroge pas quand même quand vous entendez, évidemment, Israël est vent debout contre cette décision d'Emmanuel Macron, mais le Hamas salue un pas positif. Ce n'est pas gênant d'être félicité par un mouvement terroriste.

7:54
Alexis Corbière

Non, mais ce n'est pas sérieux de prendre les choses comme ça. Bon, voilà, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? De toute façon, moi, je suis contre totalement ce que fait le Hamas. Je pense qu'il faut s'appuyer sur... Il y a des interlocuteurs qui existent, en particulier en Cisjordanie, Mahmoud Abbas, autour de lui, l'autorité palestinienne.

8:09
Présentateur

Mais qui n'ont pas la main sur ce qui se passe à Gaza.

8:11
Alexis Corbière

Mais s'il n'y a pas de chemin politique, ceux qui veulent le débat n'ont pas la main. Par contre, le faire comme l'a dit ce matin l'ambassadeur d'Israël, là encore sur votre antenne, en disant qu'en quelque sorte, il n'y aurait pas d'interlocuteurs en Palestine, qu'ils ne sont même pas d'accord avec le concept de paix. Ça, c'est une folie. Donc, il faut discuter.

8:26
Présentateur

Emmanuel Macron dit qu'il faut démilitariser le Hamas. Vous les imaginez prêts à rendre les armes ?

8:32
Alexis Corbière

Mais il faudra sans doute que des mesures soient prises pour qu'effectivement, s'il y a un État palestinien, les violents, les fanatiques, ceux qui ne veulent pas de solution de paix, soient neutralisés. Ça, c'est une évidence. Neutralisés, c'est-à-dire ? De toute manière. Ça, il ne suffit pas de dire qu'on reconnaît l'État palestinien pour que ça ait lieu. Il y aura des processus, il y aura, moi, dans mon esprit, c'est ce que j'entends M. Ofer, mon chaîne, qui est l'envoyé spécial d'Emmanuel Macron sur la région, qui est tout à fait raisonnable. Ils ont imaginé un plan qui nécessitera des investissements internationaux. Cela prendra du temps.

Pourquoi pas imaginer même qu'il y ait des forces d'intervention diplomatique, des casques bleus sur place, pour permettre que tout ça se passe dans des conditions de reconstruction politique. Reconstruire une vie politique, une vie politique, après que vous ayez subi 21 mois de bombardements, de famines, ça prendra du temps. Ça prendra du temps.

9:15
Présentateur

Et Alexis Corbière, vous êtes d'accord avec l'idée qu'une reconnaissance de l'État palestinien doit impliquer que cet État palestinien reconnaisse aussi l'État d'Israël ?

9:24
Alexis Corbière

Ça va de soi.

9:25
Présentateur

Ça va de soi.

9:26
Alexis Corbière

Je veux dire, ça va de soi. Ça va de soi, ce que nous voulons, ce qui est imaginable, ce qui est un élément de paix, c'est que cet État palestinien soit un État palestinien qui se vit, je veux dire, harmonieusement, avec ses voisins, à commencer par Israël. Mais à ma connaissance, M. Mahmoud Abbas dit des choses tout à fait claires. Par contre, puisqu'on parle de Mahmoud Abbas et de la Cisjordanie, ne pas oublier le processus de colonisation qui est actuellement en cours, là encore mené par des fanatiques israéliens avec le soutien du gouvernement, qui assassinent en Cisjordanie et qui prend le contrôle, là aussi, de territoire.

Donc il y a une situation d'urgence, parce qu'au bout d'un moment, si on ne prend pas la décision de dire, quitte à ce que ce soit un geste diplomatique à portée symbolique, mais ça compte en politique, de dire voilà ce vers quoi il faut avancer, vous aurez une situation de fait où Gaza n'existera plus, où l'armée israélienne aura pris totalement le contrôle, avec des projets fous, on pense notamment à ce que nous disait M.

Trump, qu'on va faire une espèce de côte d'azur où on ne sait pas ce que seront devenus les gazoïens, et la Cisjordanie qui aura disparu, en étant devenue une peau de léopard, avec là aussi des colons israéliens qui sont parmi les gens les plus brutaux, les plus fanatisés qui existent en Israël. Là encore, je n'aime pas la généralisation, parce que...

10:32
Présentateur

Il y a eu aussi d'énormes brutalités de la part du Hamas contre les Israéliens.

10:35
Alexis Corbière

Oui, mais ça c'est une évidence. Je suis d'accord, je condamne totalement le Hamas. Le Hamas fait partie du malheur du peuple palestinien. Moi, ce que j'ai toujours soutenu, c'est des forces démocratiques qui sont en gros laïques, telles qu'on les a connues par le passé, qui ont été brisées par une volonté de la part des fanatiques israéliens d'aider les fanatiques religieux en Palestine.

10:57
Présentateur

Il y a des forces pacifiques suffisantes des deux côtés, israéliens et palestiniens, pour avoir deux États. Ça paraît très utopique aujourd'hui quand on voit la situation entre Gaza et Israël.

11:06
Alexis Corbière

Ce qui est, je ne vais pas reprendre le mot utopique en cauchemar, c'est d'imaginer qu'on va régler le problème uniquement par la violence en écrasant tout le monde. Je dis que là, ce que fait Netanyahou, c'est fabriquer des générations violentes qui, dans 10-15 ans, continuent à mettre Israël en danger. Il y a des partenaires, dans la mesure où il n'y avait pas de chemin diplomatique, ce n'était pas les voies les plus entendues, mais dans la mesure où la France peut prendre le pas en disant et entraînant d'autres pays. Entraînant d'autres pays,

11:27
Présentateur

les Etats-Unis, Alexis Corbière, disent que c'est une décision française imprudente qui ne sert que la propagande du Hamas. Qui on va entraîner ? Et est-ce que c'est bien utile quand la première puissance mondiale...

11:37
Alexis Corbière

C'est un commentaire vulgaire et brutal de la part d'un homme. Vulgaire et brutal qui s'appelle Donald Trump.

11:40
Présentateur

Non, c'est Marco Rubio.

11:41
Alexis Corbière

Oui, mais bon, bref, c'est son valet. Mais je veux dire, ce n'est pas le sujet. Heureusement que la France ne s'aligne pas sur cette vision cow-boy du monde qu'a Donald Trump. D'accord ? Nous, on est un grand pays. On est un pays qui parle et qui essaye d'avoir un discours politique qui, évidemment, ce n'est pas sans risque. Mais je vais vous dire une chose. Vous l'avez dit au début. Il y a sur 193 Etats reconnus aux Nations Unies. Il y a déjà 148 qui l'ont reconnu. On a quand même l'Espagne.

12:07
Présentateur

Mais sans la première puissance du monde, est-ce que ça peut faire avancer les choses ? Sans la première puissance du monde et sans Israël qui aussi est très hostile.

12:16
Alexis Corbière

C'est une bonne question. Mon idée de la France n'est pas une conception vassalisée de ce qu'elle dit sur le plan diplomatique. Et elle peut parler, même quand l'Empire américain ne s'est pas prononcé. Ce n'est pas une question

12:26
Présentateur

d'être vassalisée. C'est une question, après, d'efficacité de l'action politique diplomatique de la France.

12:31
Alexis Corbière

Mon idée, c'est que si on veut entraîner et convaincre, il faut par moments avoir le courage de parler en premier et de dire des choses. Je le répète, c'est un chemin difficile pour laquelle, malgré tout mon désaccord que j'ai avec Emmanuel Macron, je dis à ce stade que cette décision qui parait le fruit de nombre de mobilisations de gens en France en particulier. Eux, je les remercie, tous ces milliers de militants et militants qui ont manifesté dans toute la France et prises de position. Cela aide.

Et c'est aussi un contexte national qui fait qu'Emmanuel Macron comprend, en fonction, y compris de la violence, on vient de le dire, de ce qui se passe le dernier an, de la famine, qu'il ne peut rester inactif. Mais moi, je me félicite de ce point d'appui. Maintenant, on va voir ce qui va se passer.

13:08
Présentateur

Sauf que vous citiez tout à l'heure Jordan Bardella, le patron du RN qui, effectivement, trouvait que c'était une décision d'Emmanuel Macron précipité. Éric Ciotti, un de ses partenaires et allié, gagez la France dans une décision sur un sujet aussi sensible. Est-ce que vous êtes favorable à ce qu'il y a un débat au Parlement là-dessus ?

13:28
Alexis Corbière

Pourquoi pas ? Mais le 2 décembre 2014, le Parlement national avait déjà reconnu l'État de Palestine, je le répète, à l'initiative du groupe socialiste. Donc, il y a déjà eu des débats au Parlement européen, les mêmes qui sont pour qu'on se prononce sur la Palestine. Parlement français. Oui, mais je vous parle du Parlement français le 2 décembre 2014.

13:42
Présentateur

Ah mais pardon, j'ai cru que vous aviez du Parlement européen.

13:43
Alexis Corbière

Non, non, peut-être que je dis européen, mais c'est le Parlement national. Moi aussi, M. Chauty au passage, ce serait bien aussi que le Parlement se prononce sur la réforme des retraites. Là, ils sont contre quand il y a eu des droits sociaux, mais moi je suis pour tous les débats et vous verrez que de toute manière, les Français, si on leur demandait leur avis, sont pour la paix, en ont assez de ces conflits et en particulier là-bas, veulent que le peuple palestinien puisse se nourrir et vivre dignement et je pense qu'il y a un soutien, mais on voit bien qu'il y a un processus qui s'engage et on va être vigilant sur le fait que ce processus aille jusqu'au bout.

Le 8.30 France Info, Aurélie Herbemont.

14:16
Présentateur

Nous sommes toujours avec Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis, membre du groupe écologiste et social. Alexis Corbière, la pétition contre la loi Duplomb approche des 2 millions de signatures ce matin. Vous l'avez signée ?

14:28
Alexis Corbière

Oui, oui. Et signer, faites signer autour de vous à ceux qui nous écoutent.

14:31
Présentateur

Il y aura vraisemblablement un débat à la rentrée à la suite de cette pétition car tous les partis politiques veulent bien débattre. Pour autant, la ministre de l'Agriculture assure que la loi sera promulguée par Emmanuel Macron. C'est un problème cette promulgation qui s'approche ? Oui, oui, c'est un problème.

14:46
Alexis Corbière

Les Français qui signent et même l'ultra-majorité de la population française veulent qu'on rediscute de cette loi en vérité. Et j'invite le Président de la République, décidément il aura obsédé notre conversation aujourd'hui, à utiliser l'article 10 aliné à 2 de la Constitution qui lui permet de demander une deuxième délibération à l'Assemblée nationale afin que nous puissions discuter et revoter de ce texte qui est dangereux pour les Français, dangereux pour les agriculteurs de l'agriculture et qui réintroduit des produits dangereux que nous pouvons éviter. Il y a des alternatives qui existent.

Toutes les instituts, je pense que l'INRAE nous disent que les néonicotinoïdes peuvent être notamment substitués par des produits moins dangereux.

15:22
Présentateur

Alexis Corbière, vous demandez au chef de l'État une deuxième délibération mais pour quel résultat à l'Assemblée nationale ça a été voté une première fois ? Sans débat. Sans débat, mais ça a été voté une première fois. Les rapports de force vont rester les mêmes même si on revote et l'Assemblée risque de vous donner le même résultat.

15:38
Alexis Corbière

Je suis persuadé que s'il y a un débat, c'est-à-dire que vous invitez des spécialistes à ce micro, que les Français s'informent sur la réalité de l'aula du plomb qui n'est pas une bonne loi je mets entre guillemets pour les agriculteurs mais une mauvaise loi pour la profession et pour les Français, vous verrez que nombre de députés ne seront moins flambards pour aller voter pour...

15:54
Présentateur

Pour échanger d'avis ?

15:55
Alexis Corbière

Bien entendu. Parce que quand on va dire aux Français que ce qu'on a dit aux Français c'est en quelque sorte ça répondait à la mobilisation des agriculteurs. Amis paysans qui m'écoutaient cela ne règle rien à votre rémunération, à vos problèmes d'endettement.

16:05
Présentateur

Les agriculteurs sont favorables à pouvoir utiliser les mêmes produits que leurs voisins européens ?

16:09
Alexis Corbière

Ceux qui sont les plus véhéments et qui attaquent des permanences de parlementaires de la coordination rurale se trompent complètement, sont manipulés et font croire que leurs problèmes... Sont manipulés par qui ? Notamment par le gouvernement qui les a invités, Mme Gennevard les avait invités à s'en prendre aux parlementaires écologistes. La presse l'avait rappelé, elle leur avait dit... Attendez, je cite quelque chose que la presse avait rappelé. Elle avait dit prenez-vous-en aux écologistes, allez manifester devant eux. Ces gens qui sont...

16:34
Présentateur

Oui, allez manifester, allez pas casser des permanences.

16:37
Alexis Corbière

Pardon, ah bon ? Une ministre du gouvernement dit qu'il faut aller manifester devant les locaux des parlementaires de l'opposition. Ça montre bien la volonté politicienne, ils se font. Écoutez-moi.

16:47
Présentateur

Attendez,

16:48
Alexis Corbière

j'aimerais terminer là-dessus parce qu'il y a un argument qui a été menti. Je crois que c'est à votre micro, d'ailleurs, Auro Berger qui a dit qu'il y avait des fausses informations parce qu'on ne peut pas faire autrement qu'utiliser ces produits-là. Savez-vous que l'INRAE, c'est quand même pareil, nous dit que 96% des cas, il existe des produits de substitution et 76% c'est des produits non chimiques. Mais cela nécessite qu'il y ait des investissements pour que ces produits soient mis à disposition des paysans.

17:11
Présentateur

L'agence sanitaire européenne dit qu'on peut les autoriser jusqu'en 2033. Vous ne comprenez pas les arguments qui vont sur le côté concurrence déloyale entre agriculteurs français et leurs voisins à l'an italien.

17:23
Alexis Corbière

Je viens de vous donner un argument. Depuis 2019, nous savons que scientifiquement, on pourrait trouver des produits de substitution. Si évidemment, pour des raisons de gros sous, on n'investisse pas dans ce qui n'est pas polluant parce que ça revient moins cher peut-être d'utiliser des produits polluants, les agriculteurs sont passés face à un dilemme impossible. Mais ça, pour des questions de fric, je ne mettrai pas en danger la santé, votre santé, la santé de nos enfants. Deuxièmement, au niveau européen, même l'agence européenne dit que ça n'est pas sans risque.

17:45
Présentateur

Mais c'est encadré, l'utilisation est très encadrée.

17:48
Alexis Corbière

Pas tellement encadrée et ça considère qu'à partir de 2033, il faudra arrêter parce que quand même, c'est un produit dangereux. Nous, la France, comme sur le débat qu'on vient d'avoir précédemment, pourquoi on ne marcherait pas devant ? Pourquoi on ne donnerait pas l'exemple ?

17:58
Présentateur

Parce qu'il y a une question de concurrence déloyale pour les agriculteurs. La concurrence est déloyale parce que depuis 2019,

18:03
Alexis Corbière

depuis qu'Emmanuel Macron est là, il a été inactif et nous aurions dû investir pour que nos agriculteurs puissent travailler avec des produits non polluants comme on ne l'a pas fait pour des questions de fric comme toujours. Moi, je n'accepte pas qu'on mette en danger nos concitoyens.

18:15
Présentateur

Alors, les questions de fric, comme vous dites, il y a des petits soucis budgétaires en ce moment, vous l'aurez peut-être noté aussi.

18:20
Alexis Corbière

Ah bon ? Moi, pour des questions budgétaires, je ne mets pas en danger la santé de nos enfants. On voit bien que dans le placenta, aujourd'hui, on retrouve ce type de produit. Dans les urines de bébé, aucune raison financière, madame, ne me fera accepter le fait que nous mettions en danger les générations futures.

18:33
Présentateur

Et donc, vous misez sur une nouvelle délibération en n'y pensant que le vote des parlementaires pourraient changer. Merci Alexis Corbière.

18:44
Alexis Corbière

On n'aura pas parlé de la suite, de la gauche.

18:47
Présentateur

Et non, on n'aura pas le temps. Mais pourtant,

18:48
Alexis Corbière

on y travaille pour 2027, candidature commune. On a mis en place autour de Lucie Casté un processus Front Populaire 2027. Intéressez-vous à ça parce que c'est ça qui compte, que nous puissions avoir un candidat commun, un candidat commun pour l'emporter en 2027.

19:00
Présentateur

Candidat commun, un candidat commun. On y travaille. On veut y aller et peut-être Raphaël Glucksmall aussi veut y aller Le sectarisme est une impasse. Ça nous amènera à la défaite. On peut gagner comme on l'a montré

19:09
Alexis Corbière

il y a un an. Quand nous sommes unis, nous gagnons.

19:13
Présentateur

Merci Alexis Corbière.

19:13
Alexis Corbière

Merci à vous.