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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 24 octobre 2025 24 min

Vincent Capo-Canellas : « La hausse des taux d’intérêts nous fait risquer l’asphyxie financière »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. On accueille le sénateur du jour dans cette émission. Bonjour Vincent Capocanelas. Bonjour. Vous êtes sénateur centriste de Seine-Saint-Denis. Alors on va revenir sur ces différentes actualités avec vous. Mais vous connaissez le principe de cette émission. On commence avec trois unes de la presse quotidienne régionale. Alors aujourd'hui, on a choisi la une de la Voix du Nord, consacrée à la tempête Benjamin, qui a soufflé fort dans la journée d'hier. Il y a également la une de Presse Océan, qui est consacrée au petit commerce avec le blues d'un centre-bourg face aux zones commerciales périphériques.

Et puis la une de Ouest de France, qui titre sur le budget à l'Assemblée nationale, le marathon commence. Quelle une de la presse régionale vous choisissez ?

0:51
Invité

Alors j'ai choisi la Voix du Nord et la tempête Benjamin.

0:54
Présentateur

Et alors, qu'est-ce que ça vous inspire ? Peut-être en termes de moyens pour prévoir ces événements climatiques ?

1:01
Invité

Alors il se trouve que je suis rapporteur à la Commission des finances, notamment des crédits du CEREMA, qui est un organisme qui travaille pour les collectivités locales et l'État sur l'adaptation au changement climatique. Et puis le Météo France, bien sûr, qui dans ces matières-là est là pour tirer la sonnette d'alarme et enclencher un certain nombre de mesures que l'État prend après de prévention, mais aussi de l'Institut géographique national, qui travaille notamment sur le trait de côte, sur tous les effets du changement climatique sur les territoires.

Et donc voilà, on a un vrai sujet avec l'ensemble des collectivités, avec les services de l'État, pour nous adapter à des changements climatiques qui interviennent et à des désordres météo qui viennent impacter les populations. Et donc évidemment, on pense à tous ceux qui sont à pied d'œuvre et puis à ceux qui sont victimes des effets. Il y a quelques jours de ça, dans le Val-d'Oise aussi, une tornade. Donc on voit bien qu'il faut qu'on s'adapte. Il y a un vrai enjeu pour l'État, pour les collectivités et pour chacun de nos concitoyens aussi, à intégrer le fait que malheureusement tout ça peut arriver, y compris dans des zones qui étaient jusque-là préservées. Donc il y a un travail à faire.

Et on a un sujet, nous, qui est que l'État régalien doit garder un certain nombre de moyens pour ces organismes-là qui permettent aussi de donner des outils à nos collectivités, à nos territoires pour s'adapter et pour faire face.

2:23
Présentateur

– Alors on va ouvrir la page budgétaire de cette interview puisqu'aujourd'hui, cet après-midi, commence à l'Assemblée nationale le débat dans l'hémicycle sur le projet de loi de finances, sur le budget de l'État, notamment la partie des recettes de l'État, donc tous les débats sur la question des impôts. Alors il y a eu un échec des débats en commission des finances à l'Assemblée nationale. Le budget a été rejeté par les députés. Est-ce que c'est un signe qu'une adoption d'un budget à l'Assemblée dans la configuration actuelle, c'est impossible ?

2:54
Invité

– Alors on a un peu l'impression de revivre ce qu'on a vécu l'année dernière. On est enrichi de cette expérience-là. L'année dernière, on a fini, mais c'était en début de l'année 2025, par trouver un consensus au moins pour qu'il y ait un budget. On a besoin d'un budget, on a besoin de stabilité. Les débats paraissent pas très bien engagés à l'Assemblée. Le Premier ministre intervient cet après-midi. Moi, j'ai envie de dire qu'il faut lancer peut-être un appel à la raison. Il y a des différences, il y a des divergences, il y a des difficultés. Le monde est instable, chacun nous regarde.

Les marchés financiers nous rappellent aussi que le taux d'intérêt auquel nous empruntons vont quand même assez haut. On emprunte plus cher que l'Espagne, que le Portugal, que l'Italie. On risque d'être à nouveau déclassé ce soir par une agence. Donc on vit ce qu'on appellerait un peu le nœud coulant, c'est-à-dire qu'au fur et à mesure, les taux se resserrent sur nous et on risque une asphyxie financière et économique. Et ça, c'est l'emploi qui est en cause derrière. Donc voilà, je pense qu'il faut de la stabilité. Il y a un coût à cette instabilité. Après, il faut qu'on regarde en face les compromis qui peuvent être noués.

Et puis le Sénat aura une vraie responsabilité derrière pour jouer son rôle de stabilisateur institutionnel, mais pas à n'importe quel prix.

4:05
Présentateur

– Et oui, la mission du Sénat, ça va être de faire adopter ce budget par la majorité de droite et du centre. Mais du côté des centristes, est-ce qu'on propose un compromis, notamment à la gauche, sur la justice fiscale, avec certaines mesures ?

4:17
Invité

– Alors la mission du Sénat, ça sera de faire preuve de responsabilité, comme toujours, d'essayer de montrer un chemin. Mais ça ne pourra pas être à n'importe quel prix. Et il y a un certain nombre de propositions qui sont parfois votées à l'Assemblée, en matière fiscale, notamment, qui posent question. Il ne faut pas tuer l'emploi, il ne faut pas tuer l'économie. On a besoin de retrouver de la croissance, d'améliorer le taux d'emploi. Et on voit bien qu'il faut trouver un compromis, avec le Parti Socialiste notamment, qui a priori s'engagerait à ne pas censurer. Mais ça ne peut pas être à n'importe quel prix.

4:50
Présentateur

– Quelle mesure de justice fiscale proposent notamment les sénateurs centristes ?

4:54
Invité

– Écoutez, sur la partie qui concerne les entreprises, je crois qu'il y a un certain nombre de propositions qui paraissent excessives à l'Assemblée nationale, parce que ça va, encore une fois, affecter l'emploi, affecter la croissance. Et sur la taxe sur les holdings, il y a un certain nombre de choses. Il y a, en fait, un centre de contribuables ou d'entreprises qui parfois échappent un peu à un certain niveau d'imposition. Ça, il faut essayer de le régler. Mais ça ne peut pas être en faisant fuir tous les investisseurs et en accablant ceux qui font preuve de créativité.

En fait, en deux mots sur les holdings, il y a parfois des gens qui ont réussi, qui ont créé une start-up, qui l'ont vendue, et qui investissent dans d'autres entreprises. Et aujourd'hui, si on regarde la définition de ce qui est proposé à l'Assemblée nationale, on pourrait considérer que les investissements qu'ils font dans d'autres entreprises ne sont pas leur outil de travail, donc devraient être surtaxés. Par exemple, ça, c'est un certain nombre de phénomènes contre lesquels il faut savoir lutter. Appel à la raison, oui, il y a des phénomènes d'optimisation fiscale sur lesquels il faut savoir lutter, mais pas au prix de la destruction de l'emploi.

6:01
Présentateur

Donc, l'attaque sur les holdings proposée par le gouvernement, elle sera revue au Sénat.

6:03
Invité

Il faudra venir travailler.

6:05
Présentateur

Très bien. Alors, on va parler du budget et de la sécurité sociale, puisque les sénateurs, actuellement, travaillent sur ce sujet en commission. Hier, ils ont auditionné Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics, et Audrey. La ministre a évoqué plusieurs précisions concernant ce budget. Un budget qui n'est qu'une proposition du gouvernement d'après elle. La copie peut évidemment être corrigée par le Parlement, tant qu'il restreint le déficit de la sécurité sociale. Et ce projet, il prévoit notamment le doublement des franchises médicales et la baisse de certains remboursements.

Concrètement, le reste à charge, par exemple, pour une consultation médicale, passera de 2 euros à 4 euros. Et puis, pour une boîte de médicaments, on passe là de 1 euro à 2 euros. Combien est-ce que ça coûtera en tout par an ? Pour les patients en infection longue durée, mais aussi pour les Français moyens, le gouvernement a fait ces calculs. Écoutez.

7:05
Invité

En moyenne, pour les personnes qui sont en ALD, on est plutôt autour de 70 euros dans l'année. C'est ça la hausse que ça voudrait représenter. Pour un Français patient, comme on dit, moyen, hors enfant, femme enceinte et bénéficiaire de la C2S, la moyenne, c'est 42 euros.

7:21
Présentateur

Une réforme qui pourrait rapporter 2,3 milliards d'euros à l'assurance maladie, Alexandre. Et puis, il a aussi été question de la très décriée réforme des retraites. Oui, puisque le gouvernement a présenté hier en Conseil des ministres sa lettre rectificative pour inscrire la fameuse suspension de la réforme annoncée par Sébastien Lecornu. Comment ça va se passer concrètement ? Il y aura une suspension pendant un an qui concernera la génération née en 1964. Ce qui va entraîner un décalage de calendrier pour les générations suivantes. Écoutez.

7:57
Invité

Ce qui veut dire que la génération 64 pourra activer sa retraite à partir de 62 ans et 9 mois. Cet effet de décalage de ce trimestre va toucher toutes les générations jusqu'à la génération 1968 incluse. Donc c'est pour ça qu'on a 3,5 millions de bénéficiaires.

8:21
Présentateur

Alors pour bien comprendre les choses, on va continuer le raisonnement de la ministre. La génération qui est née en 1965 pourra donc partir à 63 ans au lieu de 63 ans et 3 mois. La génération qui est née en 1966 pourra partir à 63 ans et 3 mois au lieu de 63 ans et 6 mois. C'est ce que vous voyez en bleu. Et ainsi de suite jusqu'à ce que le gagnant de l'élection présidentielle s'empare de cette réforme. Oui, est-ce qu'on sait combien ça va coûter ? C'est ce qui a été demandé à la ministre. Même si pour le détail, il faudra surtout attendre de voir comment vont se comporter les jeunes retraités. Écoutez.

9:00
Invité

Les éléments de chiffrage pour la branche retraite, c'est 100 millions de coûts pour 2026 et 1,4 milliard pour 2027. Je signale juste qu'il y a des éléments évidemment d'incertitude sur ce chiffrage. Il y a un des éléments d'incertitude qui s'appelle les choix comportementaux, comme on dit, que les Français feront. Donc, je le signale, pour certains Français, ils pourront se dire je peux partir un trimestre plus tôt que ce que j'avais envisagé. Pour d'autres, ils pourront travailler le trimestre en question et avoir une petite bonification du coup de leur niveau de pension.

9:32
Présentateur

Voilà, il risque d'y avoir une différence entre les Français qui peuvent partir à un certain âge et qui décident finalement de partir à cet âge-là. Et pour financer tout cela, le gouvernement propose de passer par une sous-indexation des pensions sur l'inflation en 2027 notamment, soit 0,4% au lieu d'1,3%. Monsieur Capocanelas, alors les mots sont très politiques, mais là, on a l'impression qu'on parle de décalage plus que de suspension. Suspension pendant un an, puis décalage pour les autres.

10:01
Invité

On voit qu'il y a un décalage de trois mois finalement pour les retraités. Et on voit aussi quand même que ça a un coût. En fait, il n'y a pas d'argent magique. Comme disent les anglo-saxons, il n'y a pas de repas gratuits en matière de finances publiques. Et on voit aussi l'impact que ça peut avoir sur le niveau des retraites demain. Donc, voilà, c'est une concession qui a été faite. Sans doute, il y avait-il dans la réforme des retraites une forme de brutalité. Et la question de l'âge légal a, au départ, été toujours un élément urtiquant, si je puis dire.

Voilà, donc, moi, je suis favorable à titre personnel à ce qu'il y ait de la souplesse, à ce qu'on dote de la liberté à nos compatriotes pour choisir le moment auquel ils peuvent partir. Ce qui m'inquiète, c'est qu'on a décalé ce qu'on appelle la réforme touraine et son accélération. C'est-à-dire le fait qu'il faut quand même un certain nombre de trimestres qui augmenter pour avoir…

10:52
Présentateur

– Il n'y a pas que l'âge qui compte. – Le taux plein, oui.

10:54
Invité

Donc, le Premier ministre a rendu un arbitrage. Il faut voir comment ça vit. Alors, le projet de loi de financement à la Sécurité sociale sera sans doute plus compliqué encore à voter que le projet de loi de finances. Ici, ça sera tout, sans doute. Et il ne faut pas que le gouvernement oublie…

11:09
Présentateur

– Les sénateurs centristes vont voter cette suspension de la réforme des retraites ?

11:11
Invité

– Alors, il ne faut pas que le gouvernement oublie là-dessus qu'il a une majorité au Sénat, qui est une majorité forte, avec laquelle il faut quand même négocier. Voilà, il regarde beaucoup l'Assemblée nationale, c'est normal, c'est la priorité du moment, c'est la priorité calendaire, dirais-je, c'est ce qui vient tout de suite. Mais il faut se mettre en posture de discussion avec la majorité du Sénat. Et aujourd'hui, les conditions ne sont pas remplies. – Pour les sénateurs centristes, pour l'instant, ils ne votent pas cette suspension ?

– Pour le moment, ce sujet est sur la table, et on regardera dans quelles conditions on peut l'examiner, mais telle que la proposition est faite aujourd'hui, ça ne nous paraît pas responsable. Voilà, et il ne faut pas que le Parti Socialiste veuille gager toutes les promesses du moment au prix des générations futures. Voilà, donc ça c'est notre souci, et il y en a qui n'ont pas trouvé, même si je suis le premier à admettre que, tel qu'elle avait été votée, cette réforme paraissait brutale. Il y a sans doute un élément à détendre, mais là, la proportion paraît quand même assez forte financièrement.

12:08
Présentateur

– Audrey, on va parler de la lutte contre la fraude. – Oui, en effet, monsieur le Sénateur, vous étiez aux côtés du Premier ministre Sébastien Lecornu en déplacement à Romainville, en Seine-Saint-Denis, à la Direction Générale des Finances Publiques, pour défendre son projet de lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Un enjeu pour la justice, mais aussi pour les caisses de l'État, on l'écoute.

12:26
Invité

– Là, on parle de 20 milliards d'euros qu'on doit être en capacité de recouvrer, c'est-à-dire de faire rentrer réellement dans les recettes et dans les caisses de l'État. Alors, chaque année, le ministère et les équipes qui sont ici progressent. Si on additionne le fiscal et le social, on est quelque part autour d'un peu plus de 13 milliards d'euros sur les sommes qui sont retrouvées. Mais enfin, il en reste encore 7 à aller chercher par an. Donc, on le voit bien, là, on est sur quelque chose qui est un enjeu de justice, qui est un enjeu d'efficacité, et sur lesquels, évidemment, on doit avancer.

12:55
Présentateur

– Vincent Capocanelas, finalement, la lutte contre la fraude, la fraude fiscale, la fraude sociale, c'est un vieux refrain qui est proposé par les responsables politiques. En quoi ce texte changerait la donne ?

13:06
Invité

– Alors, c'est un sujet important, et le groupe centriste a toujours été à la pointe là-dessus, notamment avec ma collègue Nathalie Goulet, qui était d'ailleurs avec moi lors du déplacement du Premier ministre hier à Romainville. Et donc, il y a, le Premier ministre l'a rappelé, c'est un nombre de sommes qu'on peut quand même recouvrer.

Mais aujourd'hui, sur la fraude fiscale, à peu près 11 milliards d'euros sont recouvrés tous les ans, c'est important, il y a 2 milliards à peu près sur la fraude sociale, et ce nouveau texte doit permettre de donner, au service qu'on a rencontré ensemble hier, à toutes les directions qui s'occupent de ces vérifications fiscales, et qui font les enquêtes, ça touche beaucoup d'entreprises, il ne faut pas jeter l'opprobre sur toutes, mais un certain nombre ont des pratiques de suroptimisation, et finalement vont nicher des bénéfices dans des filiales étrangères pour échapper à un certain nombre de taxes et d'impôts en France.

Donc ça, il y a des mesures nouvelles qui sont dans ce texte, on veillera à enrichir le texte, mais ça va dans la bonne direction, ça ne va pas tout régler, mais quand même, les sommes en jeu sont conséquentes.

14:06
Présentateur

C'est aussi une question de moyens, de donner aux agents de Bercy pour mieux contrôler et détecter ces fraudes.

14:13
Invité

C'est une priorité de l'État, je pense que là-dessus le gouvernement est très clair, et on soutiendra cette démarche, et on l'incitera d'ailleurs à muscler ce projet de loi.

14:21
Présentateur

Et quand on muscle la lutte contre les fraudes aux prestations sociales, est-ce qu'il n'y a pas un risque de stigmatiser les plus démunis de notre pays ?

14:28
Invité

Je crois que ce n'est pas le sujet. Le Premier ministre l'a rappelé d'ailleurs hier, il y a un droit à l'erreur, mais il n'y a pas de droit à la fraude. Et on remarque que parfois, ceux qui fraudent en matière sociale sont les mêmes qui fraudent en matière fiscale, etc. Il y a parfois aussi des gens qui conseillent un certain nombre de mécanismes. Donc ça, il faut le regarder, il faut voir comment ça peut être qualifié, y compris pénalement. Mais au moment où on fait des efforts budgétaires, parce que quand même, on voit bien qu'on est obligé d'en faire, il y a cinq ans devant nous qui vont être relativement difficiles à vivre, ça ne peut se faire que s'il y a une forme d'équité.

Alors l'équité, c'est aussi le fait que ceux qui doivent payer, ceux qui fraudent, seront combattus, et ceux qui doivent payer, payent.

15:09
Présentateur

Alors on continue à parler de nos finances publiques, puisque nous allons être en duplex avec un élu local, Bertrand Auchcorn, qui est maire de Marot-Aupré, dans le département du Loiret. Bertrand Auchcorn, bonjour. Bonjour. On va parler avec vous du budget des collectivités pour l'année prochaine, et le gouvernement qui demande également un effort aux élus locaux pour un petit peu se serrer la ceinture.

15:33
Vincent Capo-canellas

Tout à fait. J'étais, voici dix jours, au comité des sciences locales, où Mme de Montchalin nous a présenté diverses mesures qui allaient impacter les budgets de nos communes et les finances de nos communes, pour un montant qu'elle estimait à 4,6 milliards. Alors en fait, je viens de voir avec le bureau de l'AMF, je fais partie du bureau de l'Assemblée des Maires de France, et je suis responsable de la commission des finances et de l'Assemblée des Maires de France, on a estimé le total à 7,2 milliards d'euros, finalement, avec d'autres mesures qui étaient déjà actées.

Je pense, par exemple, à l'augmentation de notre cotisation de retraite pour nos agents, qui fait une facture d'environ 1,4 milliard, et la baisse aussi de dotations. Je pense à la dotation d'équipements des territoires ruraux qui doit être fusionnée. Là, on est plutôt défavorable à cette mesure, mais en plus fusionnée avec d'autres dotations et avec un total qui est inférieur au total qu'on avait au départ. Donc c'est vraiment une très grosse ponction.

Je voudrais ajouter que, parallèlement, la réforme de taxe d'aménagement qui était il y a deux ou trois ans s'avère déplorable pour les recettes de nos collectivités cette année puisqu'elle est en baisse de quasiment, sur le Loiret, sans doute de 60% ou 70%, compte tenu d'une nouvelle manière de l'apercevoir, de l'apercevoir bien plus en retard, sans parler des droits de mutation au titre onéreux, chez les frais de notaire, c'est comme ça qu'on appelle, qui sont en baisse assez nette depuis un moment.

Et puis, il y a aussi une nouvelle taxe, la taxe générale des activités polluantes qui va augmenter pendant quatre ans d'affilée et qui risque d'augmenter encore la facture et donc qui sera inévitablement reportée sur la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Alors quand on additionne tout ça, c'est évident que nos collectivités vont en souffrir, en souffrir de manière assez importante. Les élus auront des décisions douloureuses à prendre, soit augmenter les impôts, ce qu'on n'aime vraiment pas faire parce qu'on sait qu'on a beaucoup de concitoyens qui sont en difficulté financière, donc c'est quand même pas la bonne méthode.

Soit restreindre les services publics, là encore on est très soucieux des services publics, en particulier, moi je suis dans une commune rurale, c'est vraiment important de pouvoir, et nos services publics, c'est avant tout, j'oserais dire, le péri-scolaire, le restaurant scolaire qui est indispensable pour nos habitants, soit réduire les investissements.

18:22
Présentateur

Monsieur le maire, est-ce que vous aviez une question pour le sénateur Vincent Capocanelas ?

18:27
Vincent Capo-canellas

Une question, je ne sais pas, mais certainement on compte évidemment sur le Sénat puisqu'il y aura un débat budgétaire pour adoucir la pilule. Monsieur le sénateur, on compte sur les sénateurs, on sait qu'ils sont toujours plus à l'écoute de nos revendications et de nos difficultés, et donc vraiment on compte sur vous. Et puis ce qui m'inquiète beaucoup, c'est la transition écologique, il y a trois ans on nous a dit allez-y, investissez dans la transition écologique, c'est fondamental, n'hésitez pas à vous endetter pour cela.

Et là d'un coup, quand je vois le fond vert qui était de 3 milliards, puis 2 milliards et demi, puis 2 milliards, et qui cette année doit être à 650 millions, Donc le fond vert qui est une aide de l'État

19:09
Présentateur

pour aider la transition écologique de nos collectivités. Vincent Canella, je vous donne la parole, est-ce que l'effort demandé par le gouvernement à nos élus locaux, à nos maires, à nos conseils départementaux, est-ce que cet effort est trop important ?

19:22
Invité

L'année dernière, déjà nous avons engagé, et M.

le maire le sait, je crois que c'est un bon spécialiste de ces sujets-là, des sujets financiers, on a engagé un bras de fer avec le gouvernement là-dessus, et le gouvernement nous demandait plus de 5 milliards, 5 milliards 5 de réduction de crédit, pour faire vite les dotations, et on s'est limité à 2 milliards d'eux, donc il y a une part que les collectivités locales doivent prendre comme tout le monde, mais cette part ne peut pas être excessive, et cette année on aura le même débat, et je sais que le président du Sénat est à la pointe, un certain nombre de mes collègues, Bernard Delcrot notamment, qui est à la tête de la délégation en collectivité, ici au Sénat, on va tous plaider sur le fait que la France vit un centre de crise, on a des problèmes de cohésion sociale et territoriale, et les collectivités, notamment les villes, sont à la base de la démocratie locale, mais aussi à la base de la cohésion territoriale, et d'emplois, parce qu'en fait, 70% d'investissement public vient des collectivités locales, donc il faut trouver un compromis là-dessus, avec le gouvernement, on sera extrêmement exigeant, et à l'écoute des élus locaux, qui font l'armature sociale et territoriale du pays, donc c'est essentiel pour nous, et là-dessus on sera vraiment au rendez-vous, bien évidemment, à l'écoute des élus locaux, et sur les sujets que M.

le maire a pointés, la DETR notamment, le fond vert, il y aura un vrai débat ici au Sénat, on sera très exigeant, je sais que la nouvelle ministre qui est en charge des collectivités, Mme Gattel, il sera sensible.

20:44
Présentateur

Qui est une sénatrice.

20:46
Invité

Une sénatrice, une collègue.

20:46
Présentateur

Voilà, alors ce sera un autre point de négociation, le budget des collectivités entre le Sénat et le gouvernement. Merci beaucoup Bertrand Auchcorn pour votre intervention, je rappelle que vous êtes maire de la commune de Maraud-Aupré, dans le département du Loiret, et d'ailleurs, on reste dans ce beau département du Loiret, on va aller à Gien, retrouver Alexis Marie, qui est journaliste à la République du Centre, pour parler d'intelligence artificielle, puisque, bonjour Alexis, l'intelligence artificielle fait irruption dans la campagne des élections municipales.

21:19
Invité

Disons qu'on a un petit peu poussé le curseur en s'immergeant dans la vie de la campagne pour les municipales à Orléans, puisqu'un certain nombre de candidats sont sortis du bois, si j'ose dire, le RN, l'FI, la gauche, même si c'est difficile de trouver un assemblage qui va bien de ce côté-là de l'échiquier politique. Serge Groir, le maire pour l'instant, lui, prend un peu plus de recul et attend de voir venir, mais nous, à l'échelle de la REP, on s'est dit, mais pourquoi on ne demanderait pas à l'IA, tout simplement, en lui posant cette question, ma foi assez cynique, aide-moi à devenir maire d'Orléans en mars 2026.

Donc du coup, on a posé un certain nombre de questions qui ont été donc passées à la moulinette de l'IA et donc il en ressort un certain nombre de plans, une stratégie pour devenir maire et effectivement gagner des élections. Et donc du coup, je voulais demander à Vincent Capocanelas qu'est-ce que lui, il ressent de l'implication de l'IA dans la vie politique, qu'elle soit locale ou nationale. Ça vous fait sourire ? Ça vous fait peur ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Je pense qu'il y a un vrai champ. La France doit veiller à ne pas décrocher parce que les Etats-Unis, la Chine, l'Inde investissent beaucoup dans ces domaines-là. On a un vrai sujet d'appropriation.

Il y a des choses qu'on évoquait tout à l'heure, notamment quand on parle des tempêtes, etc. Il y a des données prédictives qui peuvent nous aider dans les collectivités locales à mieux travailler. Il y a des champs de rationalisation aussi. Ça, je reconnais que parfois ça fait un peu peur. On peut avoir peur de certaines destructions d'emplois, mais ça peut aussi créer un certain nombre de choses. Alors après, dans la vie politique, ce qu'on peut craindre, c'est une forme de banalisation.

Parce que vous savez, moi j'ai rentré l'application Mistral AI, qui est l'application française, et ça m'est arrivé des fois dans des colloques de dire, tiens, qu'est-ce que l'intelligence artificielle me dirait de dire ? En disant, voilà, je suis citateur, je suis notamment spécialisé par exemple des sujets du transport aérien, j'interviens dans un colloque. Dans tel cas, quand vous expliquez ça, qu'est-ce qui sort ?

Il sort des banalités finalement, des éléments très consensuels avec parfois à jamais je pense la valeur de l'engagement, notamment l'engagement local quand vous parlez des élections municipales, la sincérité, le fait de savoir construire une équipe, de rendre des arbitrages, d'aimer son territoire, voilà, et construire des politiques publiques, on en parlait avec M. Le Maire tout à l'heure, c'est penser aux cantines scolaires. Donc vous, vous n'êtes jamais passé à l'acte ? Vous n'avez jamais utilisé l'IA ? J'ai regardé deux fois et franchement j'ai été séduit par l'application mistrale mais plutôt déçu par le contenu. La politique, ce sont des convictions. Voilà.

Et si c'est de l'eau tiède, ça ne marchera pas. Et donc j'ai envie de dire il faut qu'on sache utiliser l'IA mais pas pour trouver des idées certainement pas.

24:05
Présentateur

Merci beaucoup Alexis-Marie pour votre intervention. Je rappelle la une de la République du centre aujourd'hui qui est consacrée à Anna, élue Miss Centre Val-de-Loire et qui forcément rêve d'être élue Miss France 2026. Merci beaucoup Alexis-Marie. Merci Vincent Capocanelas d'avoir été notre sénateur du jour. Merci Audrey. On se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse des territoires. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.