Emmanuel Capus : « On ne reconnaît plus le Sénat, il est à l’initiative de la majorité des taxes »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Emmanuel Capu, merci d'être notre invité. Sénateur Les Indépendants de Meney Loire, vous êtes secrétaire nationale d'Horizon et vice-président de la Commission des Finances. On va évidemment longuement revenir sur l'examen du budget, des budgets même. Mais d'abord on va regarder la une de la presse régionale. On en a sélectionné trois. D'abord la une du Dauphiné. Macron en Chine, mission impossible. C'est la question à la une du journal. Le président qui veut défendre les intérêts économiques français, c'est limiter le déséquilibre des échanges franco-chinois.
Mais tensions commerciales liées en Chine-Russie, c'est une visite aux forts enjeux. La deuxième une, c'est celle de l'aide nouvelle sur l'accord UE-Mercosur. Les agriculteurs inquiets des conséquences de cet accord sur leur activité, notamment face à la concurrence déloyale des produits sud-américains qui ne respectent pas les mêmes normes sanitaires et techniques tout en étant produits à moindre coût. Et puis la dernière une, c'est celle de la charente libre sur le protoxyde d'azote. Il a tué leur fils, un couple alerte. Luc Jouaron a perdu la vie à 23 ans après avoir inhalé du gaz hilarant. Ses parents veulent désormais sensibiliser le plus grand nombre au danger de ce fléau.
De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
Incontestablement de Macron en Chine parce qu'en tant que vice-président de la délégation d'entreprises, en tant que vice-président de la commission de finances, ce sont les sujets sur lesquels je travaille le plus. Et puis ça fait écho avec un sujet que vous voulez aborder après sur la compétitivité des entreprises françaises et sur la concurrence internationale extrêmement forte qui se joue dans le monde et le fait que la Chine devient effectivement un concurrent extrêmement difficile, extrêmement dur et qu'il faut pouvoir contraindre pour défendre nos entreprises françaises.
– Qu'est-ce que vous attendez de cette visite du chef de l'État ? Avec quoi il peut revenir ?
– Je ne sais pas, la diplomatie c'est un art qui porte des fruits au long terme. Déjà il y a un sujet très rapide quand même, c'est toute notre filière viticole, toute notre filière agricole qui a besoin d'être défendue notamment très fortement avec la Chine et puis toute notre filière industrielle, je pense à l'automobile, je pense à toute l'industrie française qui a aussi besoin d'être défendue. Puis il y a un sujet aussi qu'on a abordé ici, ces derniers jours, il y a les colis qui arrivent sans aucune taxe, sans aucun droit de douane en France et qui submergent nos territoires français.
– On va parler du budget Sébastien Lecornu qui était donc hier soir à l'Assemblée nationale, l'Assemblée nationale qui a repris l'examen du budget de la Sécurité sociale, un budget qu'Horizon ne votera pas, est-ce que les députés Horizon voteront contre ou s'abstiendront ?
– À ce stade, je ne peux absolument pas vous dire ce qui va se passer, j'étais au bureau politique hier, moi j'ai voté, nous avons voté ici au Sénat le PLFSS tel qu'il a été amendé par le Sénat et notamment avec un amendement que j'avais défendu de suppression de la suspension de la réforme des retraites. Donc si le texte est celui du Sénat et qu'il est repris tel quel à l'Assemblée nationale, les députés Horizon qui sont extrêmement libres le voteront, il n'y a pas de raison qu'ils ne le votent pas.
– S'il n'y a pas de suspension de la réforme des retraites, Horizon le vote, s'il y a suspension de la réforme des retraites, vous ne le votez pas ? C'est ce que vous avez acté hier ?
– C'est un des points de blocage les plus forts, incontestablement.
– Mais ça veut dire que si Horizon s'abstient au vote, il y a très peu de chances que le budget soit adopté.
– Ça veut dire qu'il y a une très forte probabilité, si jamais effectivement les socialistes souhaitent maintenir la suspension de la réforme des retraites dans ce projet de loi de financement de la Sécurité sociale, que ce texte ne soit pas voté par les députés Horizon, qui sont libres, je le redis. Il y a les débats, on va voir, c'est le 9 décembre prochain. En revanche, ça ne veut pas dire que le texte ne sera pas adopté.
– Il y a peu de chance, il ne peut même pas compter sur les voies d'Horizon, il n'y a pas un peu de chance.
– Il faut voir, mais il y a les Républicains, il y a les socialistes. Les socialistes, si on leur fait des concessions, comme à eux aussi de voter le PLF, il y a beaucoup de concessions qui leur sont faites.
– Trop ?
– Moi, je trouve qu'il y en a trop. Vous m'avez entendu, je pense, dans l'hémicycle ici. Je dis effectivement tous les jours qu'on en parlera aussi du PLF, mais il y a effectivement trop d'impôts nouveaux, trop de taxes et une suspension de la réforme des retraites qui ne me paraît pas du tout sain, parce qu'aujourd'hui, l'urgence, c'est au contraire de travailler plus.
– Mais pourquoi vous n'êtes pas sur la même ligne que vos alliés, que Renaissance, que le Modem et même que les LR, qui disent qu'on est contre la suspension de la réforme des retraites, mais au nom du compromis, Renaissance et le Modem s'abstiendront à minima ?
– On n'est pas du tout. Encore une fois, je ne vous dis pas ce qui va se passer. Je vous dis que nous ne sommes pas favorables à la suspension de la réforme des retraites. Donc nous verrons comment ça va se passer. – Édore Philippe, il est très sensible aussi à la question des finances publiques.
Il alerte sur l'état des finances publiques. S'il n'y a pas de budget de la Sécurité sociale, c'est 30 milliards de déficit l'année prochaine. Il est prêt à l'assumer ?
– C'est exactement le sujet. Le sujet, c'est ça. Il faut pouvoir faire des concessions. Il faut chercher un compromis. C'est évident. Et Édore Philippe est évidemment un homme de compromis. La question, c'est est-ce que ça en vaut le coup ? C'est ça, pour la France. Est-ce qu'il est meilleur d'avoir un PLFSS avec de mauvaises choses ? Ou est-ce qu'il faut mieux ne pas avoir de PLFSS tout de suite ? Parce qu'en fait, il y en aura un. Le gouvernement a plein de solutions pour avoir un PLFSS et avant Noël.
– Mais lesquels, du coup ? – Il y en a plein.
Il y a d'abord le fait que le gouvernement trouve une majorité à l'Assemblée nationale avec les gens avec lesquels il négocie. C'est le minimum. Et ensuite, il y a des moyens constitutionnels qui permettent de voter ce PLFSS avant la fin de l'année. – Donc vous êtes prêts à assumer ? – Nous, nous n'avons par exemple jamais dit qu'on était contre le 49-3.
– Donc il faut remettre le 49-3 ?
– Et dans ces cas-là, vous ne voterez pas de censure ? – Nous n'avons jamais été contre le fait qu'on utilise tous les outils de la Constitution.
– Et vous ne voterez pas de censure s'il remet le 49-3 ?
– Je suis sénateur, je ne peux pas…
– Non mais les députés Horizon ne voteront pas de censure. Vous en avez parlé hier dans votre journal politique ?
– Alors, il n'y a pas d'usage de révéler les conversations que nous avons pendant le bureau politique. Ce que je viens de dire, c'est dans la presse. Donc il n'y a pas de difficultés. Après, non, on n'a pas, pour être tout à fait transparent avec vous, on n'a pas parlé de la censure.
– Pendant que les députés ont repris l'examen du budget de la Sécreté sociale, les sénateurs poursuivent l'examen du budget, c'est votre éclairage. Thib, on va parler d'un sujet de taxes. Parce que le Sénat passe parfois pour une chambre opposée à la création de taxes. On entend beaucoup la majorité sénatoriale dire qu'elle y est opposée. Est-ce que c'est vrai dans les faits, quand on regarde ce budget ?
– C'est une image, en tout cas, que la majorité de la droite est du centre. Oriane M. présentait, hors de question d'augmenter les impôts. Il faut arrêter d'emmerder. Les Français avaient déclaré un Premier ministre de droite dans un autre temps. Mais ces derniers jours, Oriane, le Sénat, ne se reconnaît plus lui-même. Plusieurs augmentations de la fiscalité, ainsi que de nouvelles taxes ont été adoptées, précisément dans le cadre de l'examen du budget.
– Qu'est-ce qui a été voté précisément ?
– On va tout prendre chronologiquement. Ce week-end, les sénateurs ont voté une hausse des taxes sur le gaz. L'idée est d'inciter à se rabattre sur l'électricité, énergie décarbonée. Au nom de la transition énergétique, la facture annuelle des ménages qui se chauffe au gaz pourrait ainsi augmenter de 12 à 80 euros par an. Autre taxe créée par le Sénat, elle concerne les croisières internationales. à l'initiative de la droite, une taxe écologique a été adoptée. 15 euros par passager et par escale en France pour un rendement estimé à 75 millions d'euros par an. L'idée est de financer la protection de nos littéraux. Vous en voulez encore, Oriane ? – Allez ! – Parlons des petits colis.
Vous savez, ces colis qui arrivent souvent de Chine pour une valeur inférieure à 150 euros. Eh bien, les députés avaient voté pour les taxer à 2 euros. Les sénateurs ont surenchéri. Ils ont fait passer cette taxe à 5 euros contre l'avis du gouvernement. Vous en voulez encore, encore ? – Encore, encore. – Hier soir, les sénateurs ont renforcé une taxe allouée aux sapeurs-pompiers. La taxe spéciale qui s'applique aux contrats d'assurance des automobilistes augmentera d'un point. On imagine mal les compagnies d'assurance ne pas répercuter cette taxe sur les Français. Vous en voulez encore, encore, encore ? – Il y en a encore.
– Hier soir, encore, le Sénat a adopté un amendement qui éteint le nombre de cas où les communes peuvent s'attaquer aux logements vacants. En pratique, ça va se traduire par une majoration de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. dans les zones dites tendues. Adoption de cette mesure, encore une fois, contre l'avis du gouvernement. Monsieur le sénateur, qu'est-ce qui se passe ? On ne reconnaît plus le Sénat.
– On ne reconnaît plus le Sénat. Je l'ai dit assez avec fermeté dans les débats. Et là encore, vous en avez oublié la moitié. – Ah oui, sinon c'était trop long. – Prorogation de la CDHR, création d'une taxe sur les holdings, création d'un nouvel ISF, ça après vous l'avez dit, taxe sur le gaz, taxe sur les croisières. Enfin, pas sur les croisières, sur les gens qui montent dans le bateau.
– Alors, ce n'est pas que la gauche, il faut le préciser.
– Mais non, c'est ça qui m'a extrêmement surpris et sur lequel moi je me suis insurgé, c'est que la très grande majorité de ces taxes ont été soit à l'initiative de la droite sénatoriale, soit votées, mais en fait la plupart sont à l'initiative de la droite sénatoriale, soit votées. – Donc il n'y a plus de vous seuls, parce qu'ils passent le temps à dire qu'on est contre les tailles. – Donc effectivement, c'est un peu contre-intuitif, moi c'est ce que j'ai dit, on ne s'attend pas vraiment à ce que la majorité sénatoriale de droite crée autant de nouvelles taxes.
Nous on l'a dit, et je l'avais dit en plus dans la discussion générale, on l'a dit, chez les indépendants, nous en fait on est contre les hausses d'impôts. Dans l'absolu on aimerait bien même les baisser les impôts. On ne trouve pas que nous, tous les chiffres c'est qu'on a les impôts les plus élevés de l'OCDE. Donc nous ce que nous souhaiterions dans l'absolu c'est les baisser. En ce moment on a bien compris que la situation économique française ne le permet pas, le déficit ne le permet pas. Donc ce qu'on voudrait, c'est déjà ne pas en créer de nouveaux et ne pas augmenter les actuels. Donc on a une vraie difficulté. – Et comment vous expliquez ça ?
– Le Retailleau disait, pas d'augmentation d'impôts et on se retrouve effectivement avec une liste, un inventaire à la pré-verre de toutes ces impôts.
– C'est extrêmement surprenant, c'est ce que j'ai dit moi en séance. D'un côté il y a un discours qui dit, on va nettoyer le PLF, et puis en fait en vrai, tous les jours on crée de nouveaux impôts. Donc là il y a un vrai problème, et il faut que la majorité sénatoriale se reprenne à mon avis. L'impôt n'est pas la solution à tous les mots.
– Mais problème au point que vous pourriez ne pas voter ce budget ?
– Au rythme où ça va très clairement, avec tous ces nouveaux impôts, on ne votera pas en tous les cas la première partie. Ça c'est certain. On avance de toute façon à découvert. – Je l'ai très clairement indiqué lors de la discussion générale, j'ai dit nous, nous voterons ce projet de loi de finances amendé, sans hausse d'impôt. Donc aujourd'hui, ce n'est pas du tout ce vers quoi on se destine. Donc si ça continue comme ça, au moins sur la première partie, nous ne voterons pas la première partie.
– On arrive au bout de la première partie,
donc vous ne la voterez pas. – On arrive au bout jeudi, enfin j'espère. – Demain. – On va accélérer. Au stade où nous en sommes, pour répondre très clairement à votre question, nous ne voterons pas la première partie.
– Ce qui veut dire qu'il peut y avoir un compromis entre l'Assemblée nationale et le Sénat sur ce budget de l'État. On sait que l'Assemblée a créé beaucoup de nouveaux impôts, ça a été reproché beaucoup par les sénateurs, mais on voit que finalement, sur la fiscalité, il peut y avoir peut-être un terrain d'entente possible, selon vous ?
– En fait, ce qui est sûr, c'est que moi je ne partage pas l'idée qui est de on va faire le compromis avant au Sénat, ce n'est pas comme ça que ça se passe. On vote la version qu'on a envie d'avoir, on vote la version de nos convictions, sans augmentation d'impôts, et après il y a une CMP. – Et qui peut être conclusive ? – On se mettra d'accord en CMP, nous y serons d'ailleurs. – Oui, qui peut être conclusive ? – J'espère, j'espère qu'on sera, je suis moins inquiet du caractère conclusif de la CMP que de la possibilité pour l'Assemblée nationale de voter sur les conclusions de la CMP conclusive. C'est peut-être un peu technique, mais on est dans un monde où aujourd'hui la finance…
– C'est-à-dire que l'Assemblée ne validerait pas l'accord entre députés et sénateurs.
– Ça c'est possible, ça c'est possible.
– Mais juste, on a bien compris vos lignes rouges sur le budget de la Sécu, la suspension de la réforme des retraites, et il y a également la hausse de la CSG sur les revenus du capital, ça c'est les deux lignes rouges d'horizon. Sur le budget, c'est quoi vos lignes rouges ? – Mise à part ce qu'est en train de faire la majorité sénatoriale,
c'est dans l'absolu. – C'est plus gros le PLF, donc je ne vais pas vous dire des lignes rouges. On a des points d'attention. Le premier point d'attention, c'est pas de hausse d'imposition. Deuxième point d'attention, une baisse importante de la dépense publique, parce qu'effectivement, si on n'augmente pas les impôts, il faut baisser la dépense publique. Comme le frais à ménage, quand vous êtes chez vous, vous n'avez plus d'argent à la fin du mois pour payer vos factures, vous ne dites pas, tiens, j'ai essayé de gagner plus, vous ne pouvez pas gagner plus, vous n'allez pas taper, sinon c'est la cigale et la fourmi, vous n'allez pas taper chez le voisin pour demander de l'argent.
Non, donc d'abord, ensuite baisser effectivement la dépense publique, et puis le troisième point, c'est travailler plus. Nous pensons que nous ne travaillons plus, nous ne travaillons pas assez, et que la solution dans ce pays, ça n'est pas d'augmenter les impôts, c'est de baisser la dépense publique et de travailler plus.
– Juste de quelle manière ? Travailler plus ?
– C'est de travailler plus en rallongeant,
en décalant l'âge de départ, travailler plus en france, c'est les 35 heures ?
– En fait, il y a trois problèmes. Un, les jeunes travaillent trop tard, deux, les seniors s'arrêtent trop tôt, et trois, la durée du travail, mais c'est peut-être le moins important, hebdomadaire et pas assez élevé.
– Hebdomadaire ?
– Hebdomadaire mensuel, le travail, nous ce qu'on avait proposé… – Non, mais donc il faut faire sauter
le verrou des 35 heures.
– Oui, c'est ce qu'on avait proposé, nous on avait proposé de travailler plus dans le PLFSS pour le coup.
– Juste petite dernière question, vous avez comptabilisé le nombre d'impôts, toutes ces taxes qui ont été ajoutées par le Sénat, votées par le Sénat. – J'essaie, mais ça va trop vite.
– Vous n'avez pas de compteur ? – Si, j'essaie, mais en fait, il y en a plein, plein, plein, et en fait, il y a des doublons. Donc du coup, moi j'ai une feuille comme ça, effectivement, mais je ne réussis pas, j'essaie de pointer en ce moment quelles sont les mêmes taxes en fait qui sont en doublons. Mais oui, oui, il y en a, on a dépassé la dizaine, largement. – Dizaine de milliards ? Non, la dizaine de taxes. – Non, non, pour l'instant, j'essaie de compter les taxes, pas les milliards, mais… – On va essayer de compter les milliards, bien sûr.
– On va parler d'un autre sujet de l'avenir de Brandt. Quel avenir pour Brandt ? La justice se prononce aujourd'hui sur le sort de l'entreprise en redressement judiciaire. 700 emplois en jeu dans les deux usines du groupe qui sont à Orléans et Vendôme. Bonjour François Bonneau, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le président socialiste de la région Centre-Val-de-Loire. C'est dans votre région que se trouvent les usines Brandt. Est-ce que vous êtes inquiet ce matin ?
– Préoccupés certainement, comme le sont l'ensemble des salariés. 700 salariés, vous l'avez dit, préoccupés parce que nous sommes extrêmement mobilisés pour faire en sorte que la proposition de reprise avec Revaiv et Unscope, pour que cette proposition de reprise puisse être validée, entendue par le tribunal. Nous avons déployé sur tous ces jours derniers, toutes ces heures dernières, un maximum d'énergie pour amener une participation publique très importante.
Au moment où on se parle, on peut dire qu'en venant, le ministre de l'Industrie a annoncé lundi matin une intervention de l'État de 5 millions d'euros, que la région dont je suis président a annoncé hier que sera proposée une intervention de près de 6 millions d'euros avec le doublement de la participation des salariés dans l'Ascope, avec une aide remboursable d'un million d'euros, avec le portage de 5 millions d'immobiliers qui va permettre d'avoir de l'argent disponible pour relancer le process industriel. La métropole d'Orléans fait le même travail, dans un même niveau, donc une énorme mobilisation publique, une mobilisation des banques.
Nous avons réuni les banques, nous les avons sensibilisés au projet. Le porteur de projet, Revaïve et l'Ascope qui est en train de se monter, sont totalement mobilisés. Pourquoi sommes-nous mobilisés à ce point ? Parce qu'il s'agit à la fois du patrimoine industriel de la France, Brande, De Dietrich, Sauter, c'est notre histoire industrielle, c'est l'histoire industrielle de la France dans chaque foyer, c'est très important. C'est le maintien de l'industrie en France, c'est vraiment la mobilisation jusqu'au dernier moment pour faire qu'on conserve près de 400 emplois dans ces deux entreprises de Vendôme et d'Orléans-Saint-Jean-de-la-Rouelle.
Vous l'avez dit, François Bonneau, il y a un soutien assez inédit des pouvoirs publics à un projet de Scope. Est-ce que, du coup, vous êtes raisonnablement optimiste sur la validation par la justice de ce projet ?
Je suis déterminé, optimiste. C'est bien évidemment le tribunal qui, dans sa responsabilité, prendra la décision. Je souhaite vraiment que le tribunal soit sensible à la défense de l'emploi, soit sensible à la défense de l'industrie en France, soit sensible à la mobilisation des salariés dans cette Scope. Oui, j'ai un fort espoir que cela puisse aboutir. C'est très, très, très important pour nous. Il faut ajouter là-dessus que nous avons de fraîches dates, c'était Duralex, réussi une opération semblable avec la création d'une société coopérative pour une grande entreprise industrielle. Cela a soulevé une ferveur à la fois chez les salariés dans cette Scope, mais aussi chez nos concitoyens.
On voit le verre Duralex aujourd'hui qui a repris une vraie valeur, qui est demandée, qui est achetée, l'entreprise repartir. La Scope, ce n'est pas la solution à tous les mots, j'en suis conscient. Mais lorsqu'on s'appuie sur des valeurs industrielles aussi fortes, quand on s'appuie sur des salariés aussi déterminés, si on s'appuie sur une histoire industrielle, Brandt-Orléans, c'est l'inventeur de la plaque à induction. Ce ne sont pas des entreprises d'hier, ce sont des entreprises de demain qui sont innovantes. Quand on considère tout ça, on y va avec une très forte détermination pour défendre ces entreprises, défendre ces salariés.
Emmanuel Capu, c'est vrai que c'est une solution assez inédite, c'est-à-dire que c'est un projet de Scope qui est extrêmement soutenu par l'État, par les collectivités, par la région. Est-ce que c'est un bon moyen face à la désindustrialisation de sauver nos entreprises ?
Ce qui est sûr, c'est qu'il faut tout ôter pour sauver une entreprise auxquelles tous les Français sont attachés, si Vedette et la maire Denis quittent le territoire. Je pense que tout le monde comprend que c'est émotionnellement extrêmement grave. Sur les Scopes, c'est une solution, mais ce n'est pas la solution. Et le tribunal judiciaire, j'espère, pourra valider cette solution et proposer notamment avec l'aide des élus locaux. Et c'est très important et c'est très bien. Mais le rôle des élus locaux, en tous les cas, le rôle des élus nationaux surtout, aujourd'hui, c'est surtout d'éviter que ce type de situation arrive. Et le président Bonneau a raison de le dire.
Nos entreprises, si elles doivent, pour se développer, elles ont besoin d'innovation. Et c'est effectivement le cap de cette entreprise qui a inventé un certain nombre de choses extrêmement modernes. Et c'est ça qu'il faut qu'on fasse, nous, aujourd'hui, en ce moment, dans le PLF. C'est aider à l'innovation. Et donc, ça veut dire voter les crédits d'impôts massifs pour aider nos entreprises à innover en France. Et c'est aussi assurer leur compétitivité vis-à-vis des Chinois. Pourquoi ? Parce que si... Ce n'est pas parce que les Français, alors les Français achètent un peu moins de lave-vaisselle et d'électroménagers, aujourd'hui, à cause notamment de la crise immobilière.
Mais c'est aussi parce qu'ils vont acheter leur lave-vaisselle à des Chinois, voire même aux Turcs, pour Béco. Donc, le sujet, c'est d'augmenter, d'assurer la compétitivité de nos entreprises. Et ça, c'est notre responsabilité en tant qu'élu national et en tant que rédacteur en ce moment du PLF. C'est là-dessus qu'il faut travailler. Et du coup, j'aimerais bien que François Bonneau appelle ses collègues sénateurs socialistes pour lui dire « Regardez ce qui se passe chez moi. Si on ne vote pas les crédits sur l'innovation, si on ne vote pas le CIR, si on ne lutte pas pour la compétitivité de nos entreprises, après, notre industrie, elle disparaît. »
Un mot de réaction, François Bonneau ?
Oui, moi, je souhaite qu'en effet, l'instabilité politique qui préside au niveau national et qui risque de faire que nous n'ayons pas de budget, que cette instabilité politique cesse et qu'on arrive véritablement à se retrouver sur un budget qui soutient l'industrie, qui soutient l'emploi, qui soutient les services publics. Et je pense qu'il faut, en effet, faire un effort pour ramener les finances de l'État dans l'axe. Les collectivités sont bien gérées, ne sont pas dans cette situation. Il faut aussi qu'elles disposent des moyens pour agir. Là, en l'occurrence, vous voyez comment nous allons agir. Mais ce qui compte aujourd'hui, c'est Brent.
Ce qui compte aujourd'hui, c'est de faire en sorte que cette entreprise soit conservée. On parle beaucoup de réindustrialisation. Mais la première réindustrialisation, c'est le départ qu'on évite. Et aujourd'hui, on veut éviter que ces marques soient rachetées pour être produites en Asie. On veut défendre le savoir-faire, le made in France. C'est un cas concret et c'est pour ça que nous sommes complètement, complètement mobilisés. Le « nous », c'est à la fois la région centre Val-de-Loire, je vous l'ai dit, c'est à la fois la métropole d'Orléans et c'est l'engagement de l'État que le ministre a apporté lundi.
Merci beaucoup. Merci François Bonneau d'avoir été avec nous, président socialiste de la région centre Val-de-Loire. On suivra bien évidemment la décision du tribunal sur l'avenir de Brandt. Merci François Bonneau. On va chez vous dans le Maine-et-Loire, on va à Angers, Emmanuel Capu avec nos partenaires de la presse régionale. Bonjour Olivier Pauly, merci d'être avec nous, directeur départemental de Ouest-France, Maine-et-Loire. Et Olivier, avec vous, on va évoquer la question des municipales et de ces incidences.
Oui, bonjour M. Capu. Il ne vous a pas échappé que Christophe Béchut, dont vous êtes un très prof, se représente à l'élection municipale d'Angers. C'est évidemment pas une surprise, mais quelle est votre lecture de la situation politique à Angers en perspective de cette élection ?
Ah, j'espère que Christophe Béchut, dont vous avez noté effectivement une certaine forme de proximité avec lui, on a été élus ensemble en 2008, puis en 2014, puis en 2020, gagne, je pense, la prochaine élection municipale. Je crois qu'il a un bilan extrêmement sérieux. Je faisais partie de son équipe jusqu'en 2021. Et puis surtout, je pense que c'est l'homme de la situation pour relever les défis extrêmement importants que la ville d'Angers a devant elle dans les années futures. Je crois que c'est surtout parce qu'on ne gagne pas une élection municipale sur un bilan, on gagne sur des projets.
Et aujourd'hui, on voit bien qu'à la fois, Christophe Béchut et l'équipe qu'il est en train de constituer, qu'on ne connaît pas encore, sera celle qui peut relever les défis des années futures.
Et vous serez sur la liste ?
Ce n'est pas la question. Aujourd'hui, j'ai été sur toutes ces listes jusqu'à maintenant.
Mais là, non ?
Je ne sais pas encore.
Peut-être donc. Olivier, vous avez une autre question ?
Oui, je le soutiendrai en tous les cas, ça c'est sûr.
De quel défi vous parlez précisément ?
On a les défis économiques principalement. Vous le savez, on a déjà fait un travail extraordinaire en termes de développement économique de la ville. Je crois que ça se voit. On a les défis écologiques. C'est une sensibilité extrêmement importante pour Christophe Béchut qui a été ministre de l'écologie. Et puis, Angers, vraiment la ville-parc. Enfin, la ville la ville verte et la ville du bien-vivre. Donc, première à tous les classements. Donc, vraiment une sensibilité que nous avons à Angers. Et puis, moi, vous savez que je suis aussi très attaché, c'est un défi important à la culture. Et donc, les défis en termes de développement culturel à Angers n'ont pas encore tous été relevés.
Merci Olivier Pauly. Merci d'avoir été avec nous la Une de Ouest, France, Maine et Loire. C'est le chapin de Noël. Naturel ou artificiel ? Quel chapin choisir pour Noël ?
Ah, très bien.
Vous avez fait votre show ?
Oui, il arrive samedi à la maison.
Très bien. Naturel ou artificiel ? Naturel, évidemment. Naturel. On va faire juste un dernier mot sur l'idée d'Emmanuel Macron de relancer, enfin, de créer plutôt une labellisation en ligne qui serait confiée à des professionnels de la presse. ça fait polémique, notamment à droite, notamment du côté de Bruno Retailleau, censeur en chef, dit le président des Républicains. Qu'est-ce que vous en dites ? Je n'ai pas trop compris.
Cette poussée de fièvre, vous l'avez très bien expliqué tout à l'heure. En plus, j'ai vu que ce n'est pas très clair visiblement chez les Républicains puisque la candidate des Républicains à Paris a dit exactement le contraire dans l'hémicycle. Donc, manifestement, il y a un problème de communication au sein des Républicains entre le fait de savoir s'il y avait une menace grave et imminente ou si, en réalité, il y avait juste des propos du président de la République qui ne portaient pas la polémique. Vous voulez le fond de ma pensée sur quelque chose ? Non, je pense que nous, nous sommes très attachés, je suis très attaché à la liberté de la presse.
Évidemment, il y a des mécanismes qui est de 1881. Ce n'est pas tout à fait nouveau, les certifications, ça fait un bon moment. La carte de presse, je pense que là, vous le savez mieux que moi, c'est encore, à mon avis, plus ancien. Donc, il y a plein de mécanismes qui permettent aujourd'hui de savoir ce qu'est une information rendue par un journaliste avec une déontologie.
Le défi, aujourd'hui, c'est avec les nouveaux modes de communication, avec des influences et un monde de plus en plus incertain, avec des influences russes, chinoises, des trolls, on peut le dire, qui nous tombent dessus et qui essaient de pénétrer et d'influencer les opinions publiques, essaient de trafiquer les élections dans tous les pays européens. Effectivement, il faut muscler un peu notre défense et permettre aux Français de dire, attention, là, vous avez affaire à un troll russe. Là, vous avez affaire à des gens qui ne veulent pas le bien de la France.
Merci Emmanuel Capu. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.
Emmanuel Capus