Sarkozy reçu par Macron : Olivier Faure (PS) dénonce "une pression sur la justice"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:23OuverteRéponse directe
Quel sens donnez-vous, Olivier Faure, à cette invitation présidentielle ?
- 1:45RelanceRéponse directe
pour vous, c'est une attaque contre l'indépendance de la justice ?
- 2:04OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça vous inspire, ça ? Qu'est-ce que vous avez envie de lui dire, vous, à Nicolas Sarkozy, ce matin ?
- 3:03OuverteRéponse directe
Mais le lien Sarkozy-Dreyfus, ça vous parle ou pas ?
- 3:45OuverteRéponse partielle
On en vient au budget qui est en discussion à l'Assemblée nationale, Olivier Faure. Tiens, la taxe Zuckman a été rejetée hier soir par la Commission des Finances. Vous prenez acte, on passe à autre chose, ou le débat va revenir ?
- 4:44ComplaisanteRéponse directe
Je vais vous parler de vous et des socialistes, Olivier Faure, si vous voulez bien.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« 'est une anomalie. C'est une pression sur la justice. »
- 0:52Invité politiqueFait
« c'est évidemment une pression faite sur la magistrature. »
- 1:18Invité politiqueFait
« des gens, en l'occurrence le chef de l'État et le ministre de la Justice, sont garants de l'indépendance de la justice. »
- 2:35Invité politiqueFait
« il s'agit là de collusion avec la dictature libyenne pour le financement d'une campagne. »
- 6:45Invité politiqueChiffre
« Vous avez l'an passé, les entreprises du CAC 40 qui étaient taxées à hauteur de 8 milliards d'euros. Dans le projet de budget actuel, c'est 4 milliards. »
- 6:59Invité politiqueFait
« vous pouvez effacer l'ardoise pour les retraités dont on gèle les pensions, les pensionnés qui ont leurs prestations et qui sont gelées »
- 8:10Invité politiqueFait
« Je n'imagine pas que les Républicains, qui se sont toujours fait jusqu'ici les chantres de la défense des retraités, acceptent que les pensions de retraite soient toutes gelées. »
- 8:21Invité politiqueFait
« Je n'imagine pas que le RN, qui prétend être aujourd'hui celui qui défend les classes populaires, accepte que les allocations familiales, que l'adulte handicapé, que toutes ces allocations soient gelées elles aussi. »
Temps de parole
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- Présentateur19 %
- ?3 %
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7h42 Thomas Soto, RTL Matin Il est le premier secrétaire du PS. Ses ennemis sur sa gauche l'accusent aussi d'être la béquille du macronisme finissant. Olivier Faure est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Olivier Faure.
Bonjour Thomas Soto.
Tout à
l
'heure, Nicolas Sarkozy va prendre la direction de la prison de la santé à Paris pour y être incarcéré. L'ancien chef de l'État qui a été reçu par l'actuel Emmanuel Macron vendredi dernier à la Lusier. Quel sens donnez-vous, Olivier Faure, à cette invitation présidentielle
? C
'est une anomalie. C'est une pression sur la justice. Pour l'instant, l'ex-chef de l'État a demandé à faire appel. Ses avocats vont demander sa remise en liberté après qu'il ait été incarcéré. Et donc, le voir aujourd'hui reçu par le chef de l'État, voir le ministre de la Justice annoncer qu'il ira le visiter en prison, c'est évidemment une pression faite sur la magistrature.
Une pression sur la justice ? Ce qui n'est
absolument pas normal. Oui,
c
'est une pression sur la justice. C'est donner le sentiment qu'il existe des prévenus qui sont de nature différente. On peut avoir de l'amitié pour Nicolas Sarkozy, et je le comprends parfaitement. On peut considérer que la décision prise n'est pas juste, et ça fait partie du débat. Mais simplement, des gens, en l'occurrence le chef de l'État et le ministre de la Justice, sont garants de l'indépendance de la justice. Et quoi qu'ils en pensent, cette décision est prise par des magistrats qui sont indépendants. Imaginez que n'importe quel autre prévenu soit reçu par le chef de l'État, et que le ministre de la Justice annonce qu'il va entrer à leur contact en prison.
Chacun serait choqué légitimement. Et donc, ce ne sont pas des prises de position qui correspondent au respect de nos institutions. Donc
pour vous,
c
'est une attaque contre l'indépendance de la justice ?
C'est
ce que vous dites ? Oui, c'est une pression sur la justice.
Ils ont voulu me faire disparaître, et ça me fait renaître, confie Nicolas Sarkozy au Figaro, précisant que sa vie est un roman. Nicolas Sarkozy, qui s'est aussi comparé au capitaine Dreyfus, on rappelle condamné à tort pour espionnage à la fin du XIXe siècle. Qu'est
-ce
que ça vous inspire, ça ? Qu'est
-ce
que vous avez envie de lui dire, vous, à Nicolas Sarkozy, ce matin
?
Oui, qu'il a en fait tous les instruments pour faire éclater la vérité. Il est condamné en instance, il va faire appel, et toutes les voies de droit lui sont ouvertes. Et donc, il est injusticiable comme les autres, et c'est ce que demandent les Françaises et les Français. Il ne peut pas y avoir deux justices, une justice pour les puissants, et une justice pour tous les autres. Et donc, il n'est pas anormal aujourd'hui qu'on ait un ancien chef de l'État, qu'il
soit
condamné pour des faits qui, je le rappelle, sont extrêmement graves, puisqu'il s'agit là de collusion avec la dictature libyenne pour le financement d'une campagne. Donc, moi, je ne suis pas juge, je n'ai pas à donner un avis sur la décision qui est prise. Je respecte simplement la justice de mon pays, et je considère que quand une décision est prise, nous avons toutes et tous élus le devoir de respecter la séparation des pouvoirs, et donc de considérer qu'il n
'y
a là pas matière à commentaire, et encore moins à pression.
Mais le lien Sarkozy-Dreyfus, ça vous parle ou pas
?
Je vois mal le rapport entre l'un et l'autre. Dans un cas, on a une affaire d'antisémitisme qui a été ensuite révélée, avec un capitaine qui a été dégradé, humilié, alors même qu'il était innocent, et dans un complot qui a été brodi contre lui, je ne suis pas sûr qu'on puisse faire cette comparaison avec l'affaire Sarkozy. Nicolas Sarkozy qui a déjà été redané dans d'autres affaires, et qui est encore devant la justice pour d'autres affaires à venir. Donc, je ne suis pas là pour dire qu'il n
'y a
pas de fumée sans feu, mais je trouve que la comparaison est absurde.
On en vient au budget qui est en discussion à l'Assemblée nationale, Olivier Faure. Tiens, la taxe Zuckman a été rejetée hier soir par la Commission des Finances. Vous prenez acte, on passe à autre chose, ou le débat va revenir
? Non,
peut-être que tout le monde ne l'entend pas et ne le comprend pas comme ça, mais le débat en commission, c'est le premier round. Et ensuite, un second round qui commence
vendredi
prochain, dans l'hémicycle, et qui sera le moment de vérité pour toutes les formations politiques. Mais justement, ce débat, il va avoir une valeur pédagogique.
Le
RN passe pour un parti qui défend la veuve et l'orphelin. Je vois des quantités de femmes et d'hommes qui considèrent qu'il est un appui potentiel, qu'il est un parti qui va permettre aux classes populaires et aux classes moyennes
de
souffler. Mais la réalité, c'est que dans les votes qui sont intervenus en commission, on peut déjà se rendre compte que le RN n'est jamais que la prolongation du macronisme. On n'est pas tellement étonné que les macronistes votent contre
la justice du gouvernement. Je vais vous parler de vous et des
socialistes, Olivier Faure, si vous voulez bien.
Je
vais bien, mais
c'est un moment de vérité,
c
'est un moment où les masques tombent, et c'est un moment important pour cela.
Aujourd'hui, en choisissant de ne pas censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu, vous êtes un peu le faiseur de roi. Mais est-ce que vous ne redoutez pas de finir comme le dindon de la farce, de vous faire avoir ?
Mais
non, je suis un démocrate.
Et
donc, je considère que dans un moment où on a cette espèce de tripartition, on a trois blocs à l'Assemblée, et donc personne n
'a
de majorité absolue. Comment est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on censure toutes les semaines ? Est-ce qu'on dissout tous les ans ?
Non,
la réalité, c'est qu'à un moment, il faut bien avancer. Et pour avancer, il faut faire tout simplement le choix de la démocratie parlementaire.
On
a un Parlement qui est parfaitement légitime, puisqu'il a été élu l'an passé avec un taux de participation inégalé depuis 40 ans. Et donc maintenant, les débats doivent avoir lieu. Et nous allons pouvoir vérifier vote après vote, qui est où, qui vote quoi, qui préfère les milliardaires aux gens ordinaires. Et là, nous aurons un moment qui sera un moment très pédagogique.
Ça veut dire
qu'au nom de la démocratie, vous accepterez le budget qui sortira de là, quel qu'il soit, et quoi qu'on y trouve ?
Ça
veut dire que, pour l'instant, je veux qu'on puisse avoir le débat. Et à l'issue du débat, nous jugerons de notre capacité ou non à laisser passer un budget. Mais ce que je dis aussi, c'est qu'il faut prendre la mesure de ce qui est en train de se passer. Pour la première fois depuis 1958, vous avez un Parlement libre. Habituellement, le Parlement délibère. Mais enfin, tout le monde sait qu'à la fin, le gouvernement corrige la copie avec le 49-3. Et au fond, tout le monde est assez libre de faire n'importe quoi, malheureusement. Là, cette fois-ci, chaque vote va compter. Et donc, nous allons regarder
et
nous prendrons à témoin l'opinion publique sur chaque vote. Vous vous rendez compte des horreurs qui traînent encore dans ce PLFSS. Donc, vous avez là, en fait, la possibilité soit de faire en sorte que ce soit ceux qui ont de l'argent. Je prends un exemple concret, au-delà de la taxe Zuckman. Vous avez l'an passé, les entreprises du CAC 40 qui étaient taxées à hauteur de 8 milliards d'euros. Dans le projet de budget actuel, c'est 4 milliards. Les macronistes vont même ramener tout ça à zéro.
Et vous avez là la possibilité, si vous revenez à 8 milliards et non pas 4 milliards, vous pouvez effacer l'ardoise pour les retraités dont on gèle les pensions, les pensionnés qui ont leurs prestations et qui sont gelées, l'abattement de 10% qui va être supprimé pour les retraités. Vous avez toute une série de mesures qui sont, en réalité, des mesures très coûteuses
pour les individus. Parce que le débat va durer 70 jours, mais
ce sont des cas de censure pour vous ou pas ? Oui ou non ? Est-ce qu'à la fin, si ça figure dans le budget, vous appuierez sur le bouton
?
Effectivement, ce n
'est
pas moi seul qui décide. Je suis le président, le patron d'un groupe, d'un parti. Il y
a
un groupe parlementaire aussi, donc nous déciderons ensemble. Mais c'est une évidence que si la copie n'était pas corrigée, tout simplement pour protéger les Français de ce qui est en train de se produire, c'est-à-dire le choix des milliardaires contre les gens ordinaires, nous serions amenés à avoir un jugement extrêmement sévère sur la copie finale. Et donc, ce que j'espère, c'est que dans le débat, il y aura là des corrections. Je n'imagine pas que les Républicains, qui se sont toujours fait jusqu'ici les chantres de la défense des retraités, acceptent que les pensions de retraite soient toutes gelées.
Je n'imagine pas que le RN, qui prétend être aujourd'hui celui qui défend les classes populaires, accepte que les allocations familiales, que l'adulte handicapé, que toutes ces allocations soient gelées elles aussi. Je n'imagine pas que les centristes, qui eux,
ont toujours
marqué leur volonté...
Vous dessinez
beaucoup de lignes orange, elles
ne
sont
pas encore tout à fait rouges, mais vous n'êtes pas clair sur un point. Vous dites que
vous
n'imaginez pas, mais si vous imaginez mal et que tout ça,
ça
y figure, est-ce que vous, Olivier Faure, patron du Parti Socialiste, vous direz « Moi, je veux qu
'on
censure et qu
'on
fasse tomber ce gouvernement », ça c'est clair
? À
ce stade, je vous dis que nous n'avons pas renoncé à la censure, et qu'elle est possible à tout moment, mais que, j'espère du débat, parce que nous avons là un Parlement qui va être, pour la première fois, je le répète, libre de ses décisions, et bien j'espère que les parlementaires vont prendre conscience du fait qu'ils ne peuvent pas faire toujours le même choix, qui est un choix de privilégier les entreprises du CAC 40, les milliardaires, et de le faire au détriment de tous les autres. Olivier Faure. Et donc, je ne
sais
pas bien que le débat va permettre d'avancer, et je ne veux pas préjuger de ce que sera le débat.
J
'ai une dernière question, on est encore tous soufflés par l'audace et la facilité avec laquelle des braqueurs s'en sont pris au Louvre dimanche matin. On se dit que même si le Louvre est cambriolé, alors il n'y
a
plus rien qui est en sécurité dans notre pays, disait ici même le vice-président du Rassemblement National, Sébastien Chenu, hier matin. Vous êtes d'accord avec ça ? Ce qui s'est passé au Louvre, c'est l'illustration de ce qui se passe dans le pays ?
C'est l'illustration, malheureusement, du fait que le monde de la culture est insuffisamment accompagné. Alors là, on parle du Louvre, on pourrait parler du spectacle vivant, on pourrait parler de tout ce qui fait la grandeur, le rayonnement de la France, non seulement dans notre pays, mais à l'étranger. Et évidemment, ce hold-up est un vrai coup de semence qui doit nous amener à réfléchir à la sécurité de biens, qui sont des biens inestimables, parce qu'ils sont non seulement un bien patrimonial, mais ils sont aussi notre histoire, ils sont aussi une part de notre attractivité. Donc ce n'est pas normal que le Louvre ne soit pas équipé.
Merci beaucoup Olivier Faure d'avoir été en ligne avec nous.
Olivier Faure