Race, racisme et antiracisme | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue aux amis d'université d'été de la France insoumise pour cette première journée et cette première séquence de formation sur les problématiques de race, racisme et antiracisme. Je suis Daniel Obonau, député de la France insoumise, membre du groupe parlementaire, membre de la commission des lois, l'Assemblée nationale, qui traite des questions de droit, liberté fondamentale dont les questions de racisme et présidente du groupe d'étude qui a été créé à l'initiative de notre groupe parlementaire sur racisme et discrimination raciale et religieuse.
Je suis également membre de la coordination nationale et j'ai le plaisir euh d'animer cet atelier depuis quelques années maintenant avec Emmanuel El Hamzaoui qui est coanimatrice du groupe thématique sur les questions antiracisme et membre de la coordination nationale. Alors, cet atelier est donc depuis plusieurs années maintenant un des ateliers de formation clé organisé aux amphi organisé aussi dans le cadre du cursus de formation mise en place par l'Institut Labessie parce que cette question de l'antiracisme et du coup de l'analyse de ce qu'est le racisme comme structure de la société française, de la société contemporaine est une question stratégique pour notre mouvement. On en reparlera.
Euh ce n'est pas simplement une formation intellectuelle, même si euh on fera référence à beaucoup d'auteurs et de chercheurs euh qui euh justement participe euh à éclairer euh euh notre propos sur lesquels on s'appuie et qui euh euh nous rendent euh toutes et tous plus intelligents au sens de comprendre le monde. Mais parce que nous sommes précisément des marxistes, l'idée c'est de comprendre le monde pour pouvoir le changer. La question de l'antiracisme est aujourd'hui une des questions clées face à l'offensive des classes dominantes pour qui le racisme est un instrument à la fois de division de notre camp social mais aussi d'unification de leur camp de leur base sociale.
Et donc il est important pour nous de comprendre cela, d'analyser, de décrypter, de de comprendre comment ces mécanisme surtout ne sont pas simplement les expressions qui sont souvent prises pour l'explication et l'analyse de ce qu'est le racisme. C'est-à-dire qu'en règle générale, on va avoir et y compris de manière, j'allais dire de bonne foi, de manière massive dans la compréhension générale de ce qu'est le racisme, on va se focaliser sur des expressions individuelles, sur des propos ou des actes de de personnes qui sont condamnables et et qui devraient être condamné. On va voir aussi que malheureusement là aussi euh ça pêche euh qui euh qui qui sont punis par la loi ou quand ils ne le sont pas qui devrai l'être.
Euh il y a bien sûr cela. Mais pour nous, il est essentiel et pas que pour nous, pour euh nombre euh de militants et militantes depuis euh depuis aussi longtemps que euh la lutte antiraciste existe et euh pour euh nombre de chercheurs et des chercheuses dont nous allons parler de comprendre que il ne s'agit là que de la euh partie émergée de ce qui est un système, une structure de la société. Pour reprendre les mots de Bell Houx, une auteur afroéministe et antiraciste, elle disait "S'il est important que les individus travaillent à transformer leur conscience et s'efforce d'être antiraciste, il est important de se souvenir que la lutte pour mettre fin à la suprématie blanche est une lutte pour transformer un système, une structure." Et donc pour commencer cette cette formation, il est important d'expliquer pourquoi il faut aller au-delà de ce qui apparaît comme le bon sens de considérer le racisme comme l'expression d'un manque d'éducation, l'expression d'un manque de formation, l'expression y compris de un fait purement générationnel.
Il y a cette dimension, on y reviendra euh dans l'évolution y compris euh de de ces sujets, il y a cin dimensions. Et ce n'est pas ça qui explique pourquoi en 2025 la France, l'Europe et le monde restent restructuré par le racisme dans tous les aspects de la vie quotidienne et et jusque dans des formes comme on le voit malheureusement aujourd'hui qui peuvent prendre la forme de génocide comme il se passe aujourd'hui à Gaza. C'est important dans cette approche aussi de rendre compte de l'historicité de ce dont on parle et nous nous appuyons là-dessus justement sur tous ces chercheurs qui ont une approche historique de la race et du racisme en expliquant que c'est un phénomène qui a une une origine un un début justement c'est pas de tout temps de toute époque depuis que l'humanité est humanité.
Non, il y a un début, il y a un développement et il y a une fin pour autant qu'on considère que l'histoire est faite par celles et ceux qui vivent dans les sociétés à travers des rapports de force, à travers d'une lutte des classes et que c'est ça aussi qui fait changer, qui fait transformer la société, qui fait transformer, y compris, les idées à partir des conditions dans lesquelles les gens vivent et à partir du moment où il les échangent. Et nous, nous sommes de cette tradition politique qui pensons effectivement que l'on peut et que l'on doit changer le cours des choses quand elles euh se euh déroule comme euh aujourd'hui à travers les structures raciales de nos sociétés sur la base d'oppression euh contraire à notre idée de de l'humanisme et qui sont des obstacles à l'émancipation individuelle et collective. Donc oui, ce n'est pas de tout temps et ce n'est pas une fatalité que nos nos sociétés soient structurées et construites sur des schémas ratiaux de domination et de riérarchisation.
ça même et c'est là-dessus que je vais commencer cet exposé euh une date précise de euh développement et d'origine. Je vais commencer donc par vous parler de cette invention de la race et du et du racisme dont on trouve des prémisses bien plutôt que ce qu'on évoque souvent justement quand on parle du racisme, on parle souvent des penseurs du 18e siècle. On en parlera euh donc d'une d'une théorie, d'une idéologie qui se serait développée de manière assez tardive.
Non, on retrouve des prémisses en fait de la racialisation de processus de racialisation très tôt en Europe dans la péninsule ibérique à partir d'une date euh qui va vous parler, je pense quand je vous parle de 492, vous pensez Christophe Colomb, l'Amérique euh le début de l'extermination des peuples d'Amérique et de la conquête du territoire. Oui, il y a ça et ça joue par ailleurs dans euh la la chronologie que je vais rappeler. Mais 492, c'est aussi un événement particulier dans la péninsule imérique.
C'est la chute de Grenade du Royaume musulman qui depuis 800 ans euh et s'est développé. Et euh pendant cette période, il y a eu de la part des euh rois et rennes euh catholiques de l'époque euh un processus de reconquête. Il y a des références qui qui font qui ont des échos aujourd'hui, mais c'est pas pour rien que cette référence a été utilisée.
C'est important aussi de voir la filiation dont dans laquelle s'inscrit l'extrême droite. Cette reconquête, c'est une reconquête politique, militaire et religieuse puisque le pouvoir politique et religieux, ce sont deux choses qui sont fondamentalement liées à à l'époque et pendant encore très très longtemps. Et dans ce processus de reconquête territoriale qui se termine en 492 avec la chute de Grenade, il y a aussi un processus idéologique important dont vous avez entendu parler qui s'appelle l'inquisition.
Et dans le processus d'inquisition euh il y a l'idée justement de régénérer la société chrétienne, d'en d'en resolidifier les bases euh et euh et aussi de de s'assurer justement que le corps et la communauté euh soit bien euh à l'image de ce qu'on imagine être des bons chrétiens. Et donc c'est dans ce processus qui est marqué de manière tragique et et dramatique dès 4892 avec l'expulsion des juifs de la péninsule ibérique, les premiers décrets sont sont signés par les rois catholiques dès mars. C'est le en janvier, début janvier qui a lieu la chute de Grenade.
Et en mars, il y a les décrets d'expulsion des juifs de la péninsule ibérique qui vont voilà subir y compris nombre d'exactions. Et c'est vraiment une une un processus d'épuration ethnique pour reprendre les termes contemporains qui va avoir par ailleurs aussi d'autres euh d'autres d'autres conséquences dans dans la région. Euh mais ce qui se passe aussi à ce moment-là euh c'est euh euh un processus qui va stigmatiser de manière précise euh des populations qui sont euh descendantes euh de juifs et de musulmans convertis au christianisme, ce qu'on appelle les mares et les morisques, et qui vont subir justement euh les premiers euh éléments d'un processus de de racialisation puisque en vertu de la doctrine de la pureté du temps, c'est un terme qui est utilisé.
On va considérer que euh ces populations qui sont établies depuis des siècles sur le territoire, qui sont euh intégré à la vie, à la société, qui sont chrétiennes en tant que tel, qui pratiquent le le le ryth chrétien euh dont les les ancêtres ont été convertis parfois de bon gré, souvent de force, il faut le reconnaître comme c'était fait à l'époque. Mais on va considérer selon la doctrine de pureté du sang que ces populations ne sont pas vraiment des chrétiens parce qu'on les soupçonne de continuer à pratiquer en cachette le ryth de leur de leurs ancêtres. et on va avoir justement toutes les caractéristiques d'un processus de racialisation puisque c'est lié à l'hérédité le le sang et on va attacher justement à ces populations tous les stigmates négatifs liés liés aux populations juives et à l'exercice de leur culte et aux populations musulmanes.
Une différenciation et donc une hiérarchisation sur des critères héréditaires. naturalisation des comportements sociaux, on va les les sous-çonner d'être des ennemis de l'intérieur qui comploteraient contre contre le culte et donc contre le pouvoir puisque ces deux choses sont liées euh et la la justification y compris d'un système de domination. Et c'est ça l'élément clés puisque euh ces populations, les membres euh considérés comme euh euh des pas pas des vrais chrétiens euh vont être expulsés de de de leurs charges quand euh quand il ils avaient des charges dans les sociétés et cetera.
Donc ils vont subir des discriminations. Et à travers ces trois processus, ce sont les prémisses justement ce ce euh que qu'on euh euh déterminer un un un certain nombre de de chercheurs. Le fait que à ce moment-là en Ibérie, le principe de pureté du sang présente les mêmes genres de déterminismes que les formes les plus récentes de racisme et concer et contribue de manière identique à la structuration et à la légitimation d'inégalité sociale.
Voilà un élément, je crois qu'il est important et et y compris qu'il fait le lien avec euh le tournant qui ce qui a lieu euh le au siècle suivant. Euh donc là, on est euh 15e, enfin 15e 16e siècle et ce qui se passe 492 à nouveau euh l'arrivé euh aux Amériques des des des conquistadors. Ils étaient pas les premiers y à être, d'autres euh y avaient été avant.
Mais ce qui va ce qui va faire la bascule, c'est la colonisation de ce territoire, l'éradication génocidaires des des peuples des peuples autochtones qui vont être d'abord utilisés comme euh euh comme force force de travail exploité et cetera avec tout un débat y compris sur euh le fait qu'il pouvait ou pas être considérés comme des chrétiens et donc euh être exempté euh de des formes les plus extrêmes de domination. Mais ce qui va être le tournant euh à ce moment-là, c'est euh le processus de euh traite esclavagiste qui va concerner euh essentiellement et euh et et quasi euh exclusivement euh au bout au bout de d'un certain temps, les populations déportées d'Afrique, du continent africain. Et c'est un tournant parce que on a à ce moment-là la conjonction de de plusieurs plusieurs phénomènes.
D'abord, un processus économique qui va structurer le fonctionnement des sociétés modernes, le fonctionnement et qui va présider d'ailleurs à à l'émergence du capitalisme en tant que tel, l'accumulation primitive à travers les ressources humaines, à travers l'exploitation de coton de canastru et cetera. Ça c'est l' c'est c'est euh l'accumulation primitive euh comme disent les marxistes euh du capital euh originellement euh et autour de de quoi va se structurer euh en en de temps dans le temps de la société euh coloniale euh esclavagiste euh aux Amériques et en même temps euh euh que se mettent en place des législations y compris euh pour s'assurer de la bonne de de de la bonne continuation à la fois de la traite esclavagite et surtout de l'exploitation esclavagique de ces de ces de ces populations. Et c'est là que les distinctions raciales, telles qu'on les connaît aujourd'hui, vont se structurer avec l'enjeu de construction de la race, du concept et de de l'identité, y compris juridique de de race comme un outil de justification et de maintien de de ce système qui est dès l'origine secoué par les révoltes, par les les les révoltes, y compris violentes et et la résistance des personnes mises en esclavage avec des phénomènes y compris d'alliance qui se forgent entre les populations aux Amériques qui sont soumises à à l'exploitation et la la surexploitation, y compris entre les personnes soumises en esclavage et les Européens blancs qui sont sous des statuts de servitude euh temporaire mais où ce constitue aussi des épisodes d'alliance de ce type là qui mettent en permanence les sociétés esclavagistes sous la menace d'un renversement parce qu'ils sont parce que les dominants, les colons sont numériquement faibles et donc c'est c'est une société qui est construite sur la violence permanente et la peur permanente d'être d'être d'être renversé.
Et c'est ainsi que euh la race va constituer un élément. Alors, il y a il y a plusieurs euh écoles, certains qui disent que c'est au moment et dans le dans la construction justement de cette société euh coloniale esclavagiste. D'autres disent que c'est c'est juste après au bout de lutte de révolte des personnes directement victimes alliées euh aux abolitionnistes que euh la traite euh euh puis l'esclavage sont sont abolis. et que du coup la race devient l'élément qui permet en fait la perpétuation de euh de la de l'exploitation sous une sous une nouvelle forme alors que l'on considère que c'est euh définitivement fait sous la période de l'esclavage ou qu'en fait le basculement se fait au moment de l'abolition.
Ce qui est sûr, c'est que il y a un tournant euh du 16e au 18e siècle qui fait euh de cette de cette caractéristique l'élément central des sociétés modernes. Euh Aurélia Michel qui a fait tout un travail justement sur euh cette histoire-là, y compris qui qui tient compte de la particularité de la traite esclavagiste atlantique puisque ce n'est pas le seul mode économique esclavagiste qui a existé dans l'histoire de l'humanité. Ça c'est pour répondre aux gens d'extrême droite qui vous sortent toujours la traite arabo-musulmane et si et ça pour dire vous voyez aussi les Arabes ont mis en esclavage des noirs et autres.
Bref, vous connaissez, vous avez peut-être déjà entendu ces arguments. La particularité de la traite atlantique, c'est justement qu'elle est un des éléments fondateurs du capitalisme et de la modernité. ce qu'on appelle la modernité qui est justement ce moment de l'histoire euh occidentale puisque c'est l'Occident qui va euh qui va exister à ce moment-là euh mais plus tard qui va du coup par cette nouvelle mondialisation y compris qui est la traite esclavagiste et par l'impérialisme colonial qui va se développer euh y compris à la suite de de la de l'abolition qui va structurer le monde et qui va structurier les cadres économiques, politiques et idéologiques de de l'histoire mondiale.
Voilà pourquoi euh c'est un élément structurant et et fondamental. Et euh pour revenir sur cette modernité qu'on appelait que que des chercheurs marxistes ont appelé la modernité raciale, euh pour revenir là-dessus, ça ça nécessite de revenir justement sur l'idée d'un d'un progrès, des idées des lumières qui ont permis justement la sortie de la servitude et du servage, qui ont permis de gagner des droits politique et et et démocratique voire économique pour les populations de de du continent européen. Oui, il y a eu il y a eu ces processus aussi contradictoires puisque quand on parle des droits démocratiques, on oublie la moitié de l'humanité déjà à l'époque.
Et en fait, ce sont les droits, y compris les droits de l'homme blanc euh euh propriétaire euh qui sont établis. Euh pourraz en rediscuter avec le camarade Léoman sur les contradictions y compris de la Révolution française à ce titre euh et bien sûr les personnes mises en esclavage qui ne sont pas considérées, même si ça a fait des débats aussi pendant la révolution. Mais pour revenir à cette idée de de modernité raciale, d'abord rappeler justement le la dimension économique, c'est euh euh pour citer ce que analysait enfin connaisseur du capitalisme un certain Carle Marx qui disait à ce propos que l'esclavage directiv l'industrie bourgeoise aussi bien que les machines, le crédit et cetera sans esclave. vous n'avez pas de coton.
Sans le coton, vous n'avez pas d'industrie moderne. C'est l'esclavage qui a donné leur valeur aux colonies. Ce sont les colonies qui ont créé le commerce de l'univers.
C'est le commerce de l'univers qui est la condition de la grande industrie. Voilà ce que disait Carl Marx. Et pour euh appuyer ce propos, d'autres chercheurs, je pense à Cédric Robinson qui a qui parlait de capitalisme racial et qui a justement analysé comment l'économie bourderne s'est structurée sur la base d'une hiérarchie raciale du travail et et des et des populations. et un récent ouvrage justement sur les origines du capitalisme de Maximberg et et Patudson rappelle également ça date ça a été publié en 2023 comment l'esclavage a donné au capitalisme moderne quelquesunes de ces structures fondamentales de production et de consommation et a promu les inégalités de races de classe et des lieux qui ont caractérisé la Grande-Bretagne puisque c'est les cas étudiés par ces économistes. et le reste du monde au cours des trois derniers siècles.
L'autre dimension de cette modernité raciale est celle politique, celle de la constitution et de la construction des États-elles qui régissent encore l'organisation de nos nos sociétés. Ces États nations se sont construits en Europe en se définissant une appartenance nationale fondée sur l'exclusion des autres. perçu comme racialement différent.
Et il y a une sorte de double mouvement qui a été analysé par de de nombreuses générations de de chercheurs d'exclusion de l'intérieur et de l'extérieur et de formes d'exploitation. ces autres dans la construction des États-nations sur le continent européen, ça va être principalement les juifs avec un antisémitisme structurel et structurant des identités nationales euh en en Europe. Les Juifs, bien qu'intégrés à la société sont construits comme un autre intérieur perçu comme une menace pour l'unité nationale. de racisme antisémite cherche à exclure ou à éliminer ce groupe perçu comme une menace puisqu'il ne peut pas être réduit à à l'état de servage ou à l'état d'esclave étant donné justement les droits démocratiques.
Il va y avoir la conquête des droits civiques euh et et politiques par les juifs et qui ne peuvent pas être exploités de manière comparable au peuple au peuple colonisé. euh d'où euh le le la stigmatisation spécifique dont ils vont faire l'œuvre et qui va être euh un des éléments encore une fois structurant euh de euh des identités européennes de la France à l'Allemagne et cetera. Euh dès euh dès cette période, je renvoie à ce qu'a écrire Anna Rein les les travaux également de Enzo Traverso sur la fin de la modernité juive où il revient pas mal là-dessus. double mouvement de racialisation dans la formation des États-nations parce que c'est aussi dans ce moment que le l'exploitation et la domination des peuples colonisés, population mise en esclavage puis population colonisée va être un des éléments constructeurs en fait de ces états et de ses identités puisque ces peuples colonés colonisés sont des sujets des empires et n'ont pas les droits les mêmes droits démocratiques et politiques que les populations des des métropoles subissent une exploitation et une surexploitation qui est inscrite dans les lois dans la législation depuis le code noir jusque voilà toute la législation est construite le droit des états est construit sur la euh la la racialisation des peuples des peuples des peuples colonisés et exploités et on a du coup ce double mouvement qui emprunte les l'un à l'autre puisque euh il y a euh un un continuum entre les formes de stigmatisation qui va y avoir vis-à-vis des populations européennes juives, les formes de de de domination que que vont prendre l'exploitation coloniale qui empreinte les unes aux autres au cours de de de ces siècles jusqu'à la continuité que Marque de manière manière très radicale et clair et ces herbes dans son discours sur le colonialisme où il explique justement comment Hitler est dans la continuité des violences européennes qu'il n'y a pas une rupture comme voilà une certaine littérature a tenté le de le faire croire entre euh le génocide des juifs et les violences coloniales. il y a une un continuum des violences de du fait de cette histoire de de la de la modernité.
Je vous renvoie à cette à ce ce texte qui serait aujourd'hui taxé euh des pires des pires épithètes, mais qui dit bien justement cette analyse structurelle de ce qu'est euh euh le racisme dans les sociétés les sociétés occidentales. La troisème dimension, c'est celle à laquelle je faisais référence, la dimension idéologique qui a a trouvé des points d'appui pseudocientifiques. Et c'est là où de en règle générale quand on parle du racisme, on vous parle justement de ces théories raciales au 18e au 19e siècle qui ont effectivement permis de donner un un une dimension pseudocientifique, pseudojective à la racialisation.
Mais je vous rappelle euh que ce processus-là est entamé depuis plusieurs siècles du point de vue économique, du point de vue juridique et cetera et que oui euh des théories raciales vont euh euh achever j'allais dire la la justification euh de de ce système. On peut citer un des premiers à avoir structuré cette pensée, c'est le naturaliste suédois Carl von Liné qui en 1735 euh va organiser, c'est un biologiste, il va organiser une une euh sur plusieurs éditions, excusez-moi, une une classification en fait des espèces vivantes dans laquelle euh les des des êtres vivants dans lesquels il va nommer pour la première fois l'espèce humaine Homo sapiens et dans lesquels il situe dans la famille des primates et au sommet de de la hiérarchie et dans et dans cette hiérarchie, il va diviser justement cette espèce en six variétés. Donc quatre nous intéressent particulièrement parce que c'est autour de ça que vont se structurer justement les hiérarchies raciales avec d'un côté l'Américanous qu'il décrit comme rouge, bilieu, droit et régoutes, l'Européanous blanc, sanguin, musculeux et rég lois, l'asiaticus basané, mélancolique, raide et régie par l'opinion.
L'affaire noire, flegmatique, relâché et régie par le hasard. Et c'est autour de des développements de justement cette classification sur laquelle vont s'inscrire les penseurs des siècles suivants, notamment Joseph Gobino et son essai sur l'inégalité des races. et en en liant justement ces destr biologistes euh avec des caractères, avec euh des valeurs et avec une hiérarchie euh qui est euh la la structuration scientifique.
On a aussi dans une autre science la la philologie au niveau de des linguistes. Un processus de ce type qui se développe à partir des études d'un d'un linguiste qui au début en en 1800 1813 euh découvre une structure apparentée de langues communes qu'il va nommer les langues indo-européennes. Et puis à partir de cette étude vont se développer l'idée que des langues de famille, on va passer à une racialisation.
Les locuteurs des langues indo-européennes sont les ariens, des peuples euh compris identifiés dans dans l'histoire euh qui sont considérés comme dominants. Tandis que les autres, les dominés, ce sont les sémides parmi lesquels on trouve des juifs et des musulmans. que mais aussi cela puisque ça va être un des éléments de racialisation des populations juives à travers l'antisémitisme qui s'appuie euh sur le fait que les anciens peuples de langue indo-européen sont célébrés comme les ancêtres des Européens avec toutes les valeurs qui leuront assignées tandis que les sémites racialisés puisque c'est à partir encore une fois d'une famille de langues qu'on va euh renvoyer et des des valeurs et et qu'on va qu'on va racialiser qui sont paré de caractéristiques opposées à celle à celle des des Ariens.
Et en fait, c'est une pensée qui va qui va qui va structurer une bonne partie des sciences, j'allais dire la totalité des sciences de la philosophie. Et vous avez des grands penseurs, des grandes figures, par exemple comme Ernest Renand qui est une grande figure philosophique euh euh écrivain euh euh scientifique français, même si lui n'adhère pas au déterminisme biologique, il va par exemple mettre en avant le rôle de la de la religion dans les différenciations entre Arien et et ses mythes. Les seconds étant selon lui moins capable d'atteindre la liberté de pensée que les premiers du fait de leur plus grande religiosité, il n'aurait ni mythologie, ni épopé, ni science, ni philosophie, ni fiction, ni art plastique, ni vie civile.
Voilà en fait les les les matrices un peu les axes structurants de cette pensée raciale qui encore une fois, j'allais dire arrive à la fin de ce processus historique de plusieurs siècles. économique, euh politique et euh et idéologique pour constituer ce système de domination qui est le racisme. Je voudrais maintenant dans un deuxième temps analyser avec vous le système en question, le racisme en en m'appuyant sur les les travaux donc notamment de de Sarah Mazous dans un dans une je vous invite à lire euh le petit ouvrage qui se lit très vite qui s'appelle Race qui est édité aux éditions Anamoa, je crois c'est et qui fait une synthèse excellente euh de sur le sujet et qui explique quel est le le le discours critique de qui est porté par ces chercheurs sur le fait que la race n'existe pas au sens que l'idéologie raciste lui confère.
La race existe si on entend par là l'une des modalités sociales de la production des inégalités entre les groupes. Et si l'on reconnaît que les sociétés, même quand elles se définissent comme non racistes, continuent à en être tributaire et à reposer sur des hiérarchies qui ont une dimension raciale. Le discours critique de la race désigne donc par là un rapport de pouvoir qui structure selon des modalités diverses en fonction de contextes et des époques la place sociale assignée à tel ou tel groupe au nom de ce qui est censé être une altérité de son origine.
Voilà euh le le cadre d'analyse qui est le nôtre et à partir duquel on identifie la mécanique raciste pour reprendre le terme de de Pierre Tévanian dans cette description d'un processus qui est loin d'être aussi irrationnel qu'on le qu'on le présente souvent, c'est-à-dire en parlant de de phobie, de peur et cetera. Oui, il y a ces dimensions mais il y a une cohérence en fait dans ce processus et c'est important de comprendre comment il il se il se il s'institue et se développe. Vagnant identifie plusieurs étapes de cette mécanique raciste en commençant par le processus de différenciation, c'est-à-dire le fait de polariser la conscience sur une différence qui va être fondée sur un critère complètement arbitraire, la couleur de la couleur de peau, la culture, la religion.
Et cette différence va subir une péjoration, c'est-à-dire transformée en quelque chose de négatif, en un stigmate. Les individus vont être ensuite réduits à ce stigmat. Et donc euh quelqu'un qui est qui a une couleur de peau noire avec beaucoup de guillemets parce qu'en fait c'est pas noir comme couleur, pas plus que blanc, mais quelqu'un va être euh défini comme un noir ou un arabe ou un musulman et va être réduit à ce cette différence transformée en stigmat qui va être naturalisé.
C'est-à-dire que toutes les composantes de son identité, de son histoire, de sa personne vont être réduit et va être essentialisé à ce tigmat. Et donc on va passer de un noir à les noirs, les Arabes et cetera, à qui on va euh euh lier justement euh tout un certain nombre de comportements, d'idées indépendamment de l'époque, de l'individu, des particularités et surtout une étape importante, c'est le fait que tout cela va permettre la légitimation d'une égalité de traitement et c'est important dans justement L'analyse que nous on a du racisme comme système, c'est que c'est pas simplement les les préjugés dont voilà qu'on a décrit là, les processus dessencialisation. Il faut qu'il y ait une dimension de rapport social, de rapport de pouvoir, de capacité à produire une discrimination, produire une oppression pour qu'on considère, de notre point de vue, le racisme en tant que tel, en tant que phénomène complet.
Et donc, ce n'est pas simplement les préjugés. C'est donc notamment pour ça que on ne peut pas parler de racisme antiblanc. Il peut y avoir des préjugés qui essentialisent les personnes dites blanches qui sont, je rappelle, elle aussi euh euh racialisées.
Le blanc n'existe pas. La blanchité a été construite en même temps que les noirs et l'amalgame noir africain esclave et qui est une essentialisation. Euh donc ça fait partie du système, voilà, dans dans la racialisation, en fait tout le monde est est racialisé en position de privilège ou de domination, mais il y a cette racialisation.
Mais on ne peut pas parler de racisme antim puisque il n'y a pas de système économique, politique, idéologique qui justifie la domination et l'exploitation de l'ensemble des populations considérées comme blanches qui par ailleurs évoluent. Je vous renvoie euh à l'excellent ouvrage de Solen Brun euh qui s'appelle de la domination blanche et qui explique justement comment les blancs sont devenus blancs. Certains euh ont rejoint la blanchité, d'autres en sont sortis.
Il y en a qui sont toujours un peu à la limite. Euh donc voilà de et et mais il n'y a pas de système de domination globale, historique et cetera. Il y a il peut y avoir des préjugés euh racialisants et cetera, mais pas de système.
Et de ce point de vue euh on peut pas parler de de racisme antiblanc. Un autre élément important de cette mécanique et que pointe bien Tagan, c'est que justement le le racisme n'est pas la peur de l'inconnu. On a on on reprend en fait l'idée que c'est la peur de l'inconnu, mais en fait c'est la la peur du bien connu ou ce qu'on pense bien connaître et que c'est ce processus là qui euh participe d'un pseudo savoir.
On sait bien que même si on en sait rien, même si on en a pas l'expérience concrète, on sait bien que et et qui produit une légitimation et une cohérence une cohérence qu'on retrouve y compris on aura des on pourra voir ces discussions là sur la vision de l'idée que euh il y a de la rationalité par exemple dans la vision du monde qu'on des électeurs de de du Rassemblement national qui voient euh et dont dont on on explique dont les les dirigeants politiques expliquent en fait la réalité sociale à travers une matrice fondamentalement raciale. Je vous je vous renvoie aux ouvrages sortis récemment sur justement les électeurs du Front National où on voit comment la réalité sociale est expliquée en termes ratio ce qui fait que enfin il y a une cohérence en fait dans l'explication. Ce n'est pas quelque chose d'irrationnel.
Ça participe justement de de de cette mécanique raciale. Une autre je vais terminer, j'essaie de d'accélérer un peu sur deux autres dimensions de ce système de domination. D'abord les les les transformations puisque je vous rappelle la la la définition de de la race et du système raciste l'inscrit dans des contextes, dans des époques, dans des dans des sociétés.
Et il y a donc une évolution des modalités de domination et d'oppression, des modalités d'assignation des groupes minorisés en fonction des contextes et des époques. Je veux rapidement revenir sur deux deux formes de racine. J'ai déjà évoqué la question les origines et on aura un débat aussi sur les les regards croisés sur l'antisémitisme et et l'islamophobie.
Mais je voulais revenir donc sur la question de l'antisémitisme pour plusieurs raisons. On pourra en discuter euh en m'appuyant euh en premier lieu euh et en vous faisant référence à la déclaration de Jérusalem sur l'antisémitisme. C'est un c'est un c'est un document extrêmement important. je vous invite à le lire, à le diffuser parce que c'est une base euh très claire justement pour définir, y compris euh en tenant compte euh des contextes euh sociaux, politiques, dénonciation, de quoi de quoi on parle quand on parle d'antisémitisme euh qui est euh euh malheureusement aujourd'hui euh instrumentalisé, y compris à des fins à des fins racistes.
Donc cette cette déclaration de de Jérusalem qui a été formulée notamment en réponse à une définition de l'antisémitisme qui a collait des exemples faisant référence au soutien au peuple palestinien et donc qui est souvent utilisé justement pour construire un amalgame entre la lutte de de du peuple palestinien et l'antisémitisme. Donc cette cette définition de de Jérusalem qui explique dans ses lignes directrices comment le processus, l'antisémitisme s'inscrit dans les processus du coup d'essentialisation, c'est-à-dire le fait de considérer qu'un trait de caractère est inhérent à un groupe humain ou de fait de faire des généralisations négatives à l'emporte-pièce à propos d'une population donnée. Euh ce qui est vrai du racisme en général et les aussi de l'antisémitisme. l'inscrire dans euh l'analyse euh que l'on fait du du racisme avec justement des des les tous les tout tous les préjugés antisémites qui existent sur l'idée que les juifs entretiennent un lien particulier avec les forces du mal, sur le fait que les juifs le lien fantasmé entre les juifs et le mal, le fait qu'ils contrôlent en coulisse les gouvernements, que les banques leur appartiennent et cetera.
Il y a tout un ensemble de de choses euh très précises et très et utiles. Et puis il y a deux deux parties qui expliquent en quelques exemples ce qu'est au regard de Israël et Palestine de l'antisémitisme, le fait par exemple de tenir les Juifs collectivement responsables de la conduite d'Israël ou de traiter les juifs simplement parce qu'ils sont juifs comme des agents d'Israël. Et également dans ce contexte-là, comment euh quand on traite de l'Israël et de la Palestine euh des exemples de ce qui ne relève pas de de l'antisémitisme.
Et donc les les ceux qui ont participé à cette définition, ce sont des chercheurs euh qui sont des spécialistes de la question de l'antisémitisme, de la question du génocide, de la question de l'histoire juive, du judaïsme et cetera. Donc c'est ce sont des personnes qui savent de quoi de quoi parlent et qui expliquent donc que les exemples en question sont fournis par ailleurs indépendamment du fait que l'on approuve ou non le point de vue exprimé ou la démarche mise en œuvre, donc une contextualisation, le fait de soutenir l'exigence de justice du peuple palestinien et sa recherche de l'obtention de l'intégralité de ses droits politiques nationaux civiques et humains en conformité avec le droit international le fait de critiquer le sionisme ou s'y opposer en tant que forme de nationalisme ou de plaidé pour la mise en place des différents types de solutions constitutionnelles pour les juifs et pour les les Palestiniens dans la région située entre le Jourdain et la Méditerranée. Le fait de critiquer Israël en tant qu'État en s'appuyant sur des faits, les mesures de boycotte, de désinvestissement et de sanctions. et il rajoute en dernier lieu qu'il n'y a pas il n'y a nulle nécessité qu'un discours politique soit mesuré, proportionné ou modéré ou raisonnable pour être protégé en verture de l'article 19 de la déclaration universelle des droits humains et euh voilà de de tout un ensemb de un ensemble de de textes euh des critères que certains pourraient considérer comme excessif ou litigieuses ou comme étant euh comme étant l'application d'une démarche de type de poids de mesure ne sont pas intrèquement antisémite et cetera et cetera.
J'appuie là-dessus parce que euh c'est l'objet aujourd'hui d'une polarisation et d'une instrumentalisation qui est déléaire qui est déléaire euh pour la lutte contre l'antisémitisme et qui participe de du fait des amalgames qui sont faits à alimenter une autre forme d'antisémitisme qui est qui est l'islamophobie. On y reviendra. Juste avant, je vais vous je voudrais vous signaler un un texte extrêmement extrêmement extrêmement clair et et juste qui s'appelle Erreur mémoriel euh qui euh a été écrit en 2024 par un essayé indien qui s'appelle Pancage Michra qui revient en fait et il a il y a eu d'autres textes notamment l'auteur russo-américaine Macha Gessen sur le cas de l'Allemagne et la manière en fait qui qui pousse comme trop souvent dans son histoire jusqu'au point le plus excessif les formes d'instrumentalisation et dans ce cas la question de la mémoire de du génocide Macha Gessen son son texte était sorti en en décembre 2023 dans New Yorker il s'appelait In the Shadow of the Holocaust et qui revient sur l'instrumentalisation et puis le texte de Pancage Michra qui revient en fait et c'est c'est c'est intéressant parce que il revient sur justement cette histoire de de l'Allemagne sur la même manière euh dont euh euh l'Allemagne a instrumentalisé la la lutte contre l'antisémitisme à des fins de réhabilitation géopolitique et impérialiste euh et qui revient y compris sur les présosés antisémites qui ont permis de justifier notamment de la part du du chancelier Adenoer dans les années 60.
Euh c'est vraiment il y a des passages assez hallucinants en fait qui reprendent tous les tropes antisémites pour dire en gros euh maintenant comme les juifs sont très puissants notamment en Amérique, il faut être gentil avec eux et cetera. Enfin, c'est ça a l'air caractural, mais c'est littéralement ce qui est dit à l'époque et qui qui justifie toute cette politique. Donc voilà, ça c'était la petite la petite euh euh parenthèse qui n'est pas une parenthèse sur sur l'Allemagne, mais qui montre justement jusqu'à quel point l'instrumentalisation peut peut retourner complètement une lutte contre l'antisémitisme.
Ça a été aussi noté par Iris Fedz qui a qui a écrit un texte traduit par les camarades de Tédec qui s'appelle Se convertir au sionisme comment les descendants des nazis sont devenus les nouveaux juifs qui est là aussi un un un truc assez hallucinant. J'invite à le à le lire comme tout ce que fait Tédec sur sur ce sujet. Et euh je vais je vais je vais je vais aller très vite.
Je vous parlais pas la question de l'islamophobie parce que ça ça euh ça prendra trop temps. et je vous renvoie à l'excellent ouvrage sur comment les élites françaises fabriquent le problème musulman de Abdel Ajat et Marwan Mohamed qu'on avait eu le plaisir d'accueillir aux amphis et qui était revenu notamment sur le rôle de l'islamophobie, une forme de racisme conspiratoire qui qui qui emprunte aussi à l'antisémitisme dans le le la forme conspiratoire du racisme et comment c'est devenu un élément structurant aujourd'hui de la validation de l'extrême droite, de la normalisation de l'extrême droite et du liant qui là euh au niveau au niveau de de de de la des droites et de l'extrême droite. Donc euh je vous renvoie à l'ouvrage et au au à à l'intervention de euh de Marwan Bamed Mohamed qui est sur le sur le site des amphies d'il y a de 2022.
Je voulais terminer euh rapidement, mais on aura on aura l'occasion d'en d'en d'en d'en parler dans la dans la discussion sur euh une dimension qui nous apparaît fondamentale, celle de l'intersectionnalité. Le mot est dit, le gros mot est lâché. L'intersexualité, pourquoi est-ce que c'est une approche qui nous semble fondamentale dans la manière dont on a on appréhende cette question du racisme ?
D'abord rappeler que contrairement aux caricatures qui en sont qui en sont fait, la manière dont s'est présenté dans les médias, y compris supposément de gauche, y compris de la part de chercheurs qui ont été pendant longtemps considérés comme des gens de gauche et des alliés et qui voilà ces derniers dernières années ont été plutôt dans dans la l'avant-garde réactionnaire sur ces sujets. La question de l'intersectionnalité est d'abord le produit d'une expérience individuelle et collective vécue principalement par les femmes noires au aux États-Unis d'Amérique et pas juste dans les années 60 parce qu'on peut faire référence dès les premières vagues du féminisme euh dans l'histoire contemporaine on peut faire référence à une activiste comme Sojourner Truth qui en 1851 fait un discours qui s'appelle Entire Woman, ne suis-je pas une femme ? Qui a été reprise ensuite par Bell Hook aussi dans dans les années 80 comme le titre de son recueil et ce gen tr qui explique en fait sa condition de femme noire et de femmes travailleuses.
Donc là aussi revenir sur le mythe de l'intersectionnalité comme quelque chose de différent de la question de la classe, c'est dès le départ une articulation dans le cas de ce gen truth en particulier de la race de la classe du genre qui est posé. Euh c'est ce que redisent euh un siècle plus tard les membres du Combai River Collective qui est euh une organisation issue euh des luttes féministes des années 60, mais aussi des luttes des droits civiques. Euh et où elles expliquent euh en 1977 dans leur déclaration : "Nous sommes un collectif de féministes noirs qui se réunit depuis 1974.
Depuis lors, nous avons commencé un processus de définition et de clarification politique tout en poursuivant notre travail dans les groupes auxquels nous appartens. La définition la plus générale de notre politique actuelle peut se résumer comme sui. Nous sommes activement engagés dans la lutte contre l'oppression raciste, sexuelle, hétérosexuelle et de classe.
Et nous donnons pour târ de développer une analyse et une pratique intégrée basée sur le fait que les principaux systèmes d'oppression sont imbriqués. Interlocking en anglais. et et ça renvoie ensuite euh euh au au terme utilisé par Kimberley Crencho euh dans les années 80, elle va elle va en fait analyser une série euh de euh de cas juridiques de de de processus de de de justice où des femmes noires individuellement ou collectivement vont aller en justice pour protester contre une discrimination.
Il y a notamment le cas de General Motors où en fait euh Genéral Motors employait des hommes noirs dans les ateliers et des femmes blanches dans les bureaux. Et en fait, les femmes noires étaient absolument absentes de la force de travail. Donc là aussi, la dimension de classe est un élément de base de l'analyse de l'intersectionnalité.
Elle va aussi analyser la situation des femmes immigrées du fait de la loi euh des lois anti-immigrées qui vont les rendre plus vulnérable aux violences domestiques euh voilà sur plusieurs cas. Donc en fait, c'est sur la base de de ces travaux et dans l'histoire, dans la continuité de cette histoire-là que s'inscrit Kimberley Kimberley Krencho pour ensuite conceptualiser le terme d'intersectionnalité du coup qui est une grille de lecture qui n'est pas euh simplement euh nord-américaine ou une importation qui correspond à la réalité d'une histoire qui est aussi l'histoire en France, en Europe, du sexisme comme structure d'oppression de nos sociétés et du racisme et de l'in de l'interconnexion. de ces formes d'oppression auxquelles on peut rajouter parce que c'est une vision dynamique et c'est une grille de lecture dynamique, les questions de sexualité, les questions de handicap et cetera et cetera.
Voilà pourquoi c'est une approche, encore une fois, faut le voir de manière dynamique. Il y a des critiques, il y a des angles morts, mais qui nous semblent essentiel quand on se positionne euh pour euh, comme le disaient les les féministes, savoir d'où on parle et euh de quelles conditions au pluriel euh on parle. Parce que si on veut démanteler ce système d'oppression, euh il faut en comprendre les nœuds de concentration et les points sur lesquels il faut taper de toutes nos forces pour mettre à bas euh ce système raciste, sexiste, euh hétéronormatif et cetera et cetera.
Alors, Daniel a expliqué euh que pour nous, je sais pas si vous Ouais. Euh la race, bien sûr, on la définit pas. Donc, on utilise le terme de race, on le définit pas, on l'utilise pas dans son acception biologique, c'est-à-dire comme biologisation des différences ou dans son acception anthropologique comme division du genre humain en différentes catégories raciales.
On utilise le terme de race comme une construction historique, c'est-à-dire un processus social qui a été créé à un moment donné, 1492, qui a un développement et qui donc comme tout processus humain est censé avoir une fin. Et notre travail, c'est de hâter cette fin. Mais la race, c'est aussi bien sûr un rapport de pouvoir qui structure la société.
Et ce rapport de pouvoir se manifeste de différentes façons et c'est ce qu'on va essayer de voir dans cette partie. Alors euh on se fonde beaucoup sur le rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'homme qui est un rapport publié chaque année que je vous invite à lire. Euh vous trouverez même un résumé sur le site de la CNCDH de 3 qu pages et c'est très intéressant de voir le développement des perception et des préjugés racistes dans la société.
La CNCDH, les chercheurs de la CNCDH dans Vincent Tiberry utilisent ce qu'on appelle l'indice longitudinal de tolérance. C'est un indice qui a été inventé par James Stinson qui est fondé sur 65 questions sur 65 questions et qui permet un petit peu de voir de rassembler les différentes perceptions sur les catégories minorisées en France. Et ce qui est intéressant c'est que c'est un indice qui va de 0 à 100 et qui est comparable dans le temps et qui est fait chaque année par la CNCDH.
Donc, on peut un petit peu voir l'évolution de la perméabilité de la société française au préjugés raciste en fonction du temps. Ce qu'on observe, c'est une sorte de d'amélioration tendantielle. Il y a une progression dans le bon sens.
Euh les chercheurs l'expliquent par trois facteurs. Le renouvellement générationnel, c'est-à-dire que euh les nouvelles générations sont moins empreinte de racisme, particulièrement de racisme biologique. Il y a également l'élévation du niveau de diplôme et euh ce que nous nous appelons euh la créolisation, c'est-à-dire la banalisation de la diversité.
Cependant, on peut observer quelques chutes notables, notamment en 2005 et vous l'aurez deviné, c'est à cause du traitement médiatico-politique qu'il y a eu à la suite des révoltes, à la suite de la mort de Z Dbouna. Et il y a également une chute assez importante en 2014 et celle-ci intervient à la suite du projet de loi du mariage pour tous et du traitement raciste et négrophobe qui a été fait sur la personne de Christian Tobera. Euh si vous vous en rappelez euh suffisamment, il y avait une offensive raciste euh très violente euh à l'encontre de Christian Tobera et cela a eu une influence sur toute la société et a modelé la façon dont les personnes dans toute la société percevaient les personnes noires.
Et donc ce qu'on observe c'est que le discours médiatico-politique a une importance très très importante dans la façon dans la construction de la perception de l'autre. Et c'est pour cela que des que des émissions que des chaînes de télévision comme ces news et cetera et des personnalités politiques comme Bruno Rotaillot ont véritablement un impact sur la société et qui et qu'on a même pas besoin entre guillemets d'avoir le RN au pouvoir pour avoir une société qui est de plus en plus raciste. Donc on a dit qu'il y avait une amélioration globale, mais cette amélioration globale, elle masque le masque des disparités quant au à l'intensité du rejet de certaines communautés particulières parce qu'il y a des communautés qui sont particulièrement stigmatisées.
C'est notamment le cas des Romes, des Romes, des tiganes, des voyageurs qui forment le seul groupe testé pour lequel une majorité de personnes interrogées continuent de penser qu'il forment un groupe à part dans la société. C'est plus de 60 % des Français qui considèrent qu'il forment un groupe à part dans la société. 57 % des Français considèrent que les Romes ne veulent pas s'intégrer à la société française.
Et ce qui est d'autant plus préoccupant, c'est les préjugés qui circulent sur les personnes Romes, les et les voyageurs plus généralement puisque 58 % des Français estiment que les Romes exploitent leurs enfants. Donc on est véritablement dans une déshumanisation tout à fait complète et assumée contre les personnes Romes. Et sans surprise, les musulmans sont le deuxième groupe le plus discriminé, le plus enfin le plus stigmatisé dans la société puisque puisque 46 % des Français pensent que l'islam est une menace pour l'identité française et 22 % des personnes interrogées pensent que les Français musulmanes ne sont pas des Français comme les autres.
Et là, il y a un clivage générationnel sur la perception de l'islam parce que 41 % des moins de 35 ans ont une opinion positive de l'islam contre seulement 24 % des plus de 60 ans. Et de façon plus générale, il y a un clivage générationnel dans le la proportion à être raciste. Et là, il y a un travail que peuvent faire les jeunes générations avec leur famille, avec leurs parents, avec leurs grands-parents.
C'est ce qu'on appelle la la socialisation ascendante. Et ce qu'on observe, c'est que grâce aux relations affectives, quand les parents et les grands-parents avec les jeunes générations qui leur expliquent encore et encore pourquoi est-ce que telle communauté n'est pas une communauté à part et cetera et qui déconstru qui déconstruisent tous les préjugés, et bien cela a véritablement un impact sur la perception des des différentes communautés. Et il y a bien sûr la perception des personnes noires parce qu'on a encore 15 % des Français qui estiment qu'il n'est pas grave de refuser le mariage d'un de ses enfants avec une personne noire.
Donc on est encore dans cet imaginaire de euh un peu américain de du One Drop of Blood et cetera. Donc voilà ce qu'il en est à peu près pour les perceptions des différentes des différentes catégories de population racisé. Ce qui est intéressant de voir c'est que il y a tout un imaginaire raciste qui a construit l'image du musulman comme un danger républicain parce que la pratique de sa croyance religieuse contreviendrait à la laïcité.
La réalité c'est que les personnes qui sont hostiles aux musulmans sont aussi les moins attachées à la laïcité. Donc cet argument est complètement caduc. On nous dit également que les musulmans sont en danger pour les libertés des femmes parce que les musulmans sont des masculinistes par essence et cetera.
Et encore une fois, les personnes les plus islamophobes sont les personnes qui sont les moins attachées à l'égalité entre les hommes et les femmes et les plus critiques envers envers l'homosexualité. Donc tous ces discours tenus par des Carolines Forestes et cetera sont complètement euh caduc et en fait sont juste une façon euh de masquer leur islamophobie. Et de la même façon, la xénophobie est la plus corrélée aux autres formes de haine.
Et plus on s'oppose euh à l'égalité entre les femmes et les hommes et au droits des personnes LGBTI plus, plus on est xénophobe. Et de la même façon, puisqu'on nous explique souvent que l'antisémitisme serait aujourd'hui le seul fait des populations immigrées et des musulmans. C'est la théorie du nouvel antisémitisme qu'un certain dans un un éditorialiste dans un plateau de C News a appelé l'antisémitisme couscous.
Alors la réalité c'est que l'antisémitisme est également très corrélé à l'islamophobie et très corrélé à la xénophobie. Donc les personnes antisémites sont en réalité les mêmes personnes qui sont islamophobes et qui sont xénophobes et ce ne sont pas en majorité les les personnes immigrées ou musulmanes comme on a pu nous le faire croire. Voici un petit peu pour les euh pour les perceptions, mais bien sûr ces perceptions ont un effet dans la vie des personnes racisées.
Elles impactent, elle transforme, elles réduisent le champ des possibles et la trajectoire de vie des personnes racisées. Et ça commence bien sûr avec des domaines très simples comme l'emploi. Il faut savoir que le taux de chômage des immigrés et des descendants immigrés est nettement supérieur à celui des personnes sans ascendance migratoire. on passe de 7 % à à peu près 12 voire 13 %.
Donc on a 5 points d'écart. Par ailleurs, on sait que les immigrés et les descendants d'immigrés sont surreprésentés dans les emplois très pénibles et qu'ils sont beaucoup plus exposés à la pauvreté. Le taux de pauvreté des immigrés est plus du double plus du double de la moyenne nationale.
C'est 30 %. Alors à quoi est ce dû ? La réalité c'est que ça ne peut pas être dû au niveau de qualification parce que le niveau des diplômes des immigrés et des descendants d'immigrés est à peu près équivalent à celui des personnes dites sans ascendance migratoire.
On est de l'ordre de 38 39 40 %. Donc ça ne peut pas être dû à leur niveau de qualification. Un facteur explicatif et bien sûr les discriminations raciales.
Et sur ça, je vais m'appuyer sur une l'étude de l'INC qui a qui comprenait deux dimensions. Une mesure objective de la discrimination à travers un testing de large ampleur. Un testing, ça signifie envoyer des CV équivalents avec des noms et éventuellement un genre différent et des noms qui laisseraient supposer des origines différentes.
Et puis il y avait un volet plus objectif qui portait sur la perception qu'on les personnes de leur expérience discriminatoire. Et ce qui a été constaté par cette étude et démontré par cette étude, c'est que des candidatures de qualité comparables, distingué uniquement par le nom qui laissait présupposer une certaine origine recevait une attention très différente des recruteurs. Très concrètement, ça voulait dire qu'il y avait un taux de rappel beaucoup plus bas pour les personnes supposées maghrébines.
L'écart étaient de 10 points. On passait de 33 % à 23 %. et le risque de rapporter une discrimination à l'embauche était deux fois plus élevé pour les personnes supposées maghrébines.
Et il est je j'aimerais seulement vous faire savoir que la situation des hommes est plus défavorable que la situation des femmes dans les discriminations à l'emploi en tout cas pour les personnes maghrébines. Mais les discriminations raciales à l'emploi sont peuvent également prendre la forme de discrimination religio-culturelle. Et là, je m'appuie sur une étude qui a été faite par l'Institut Migne et qui consistait à prendre des CV tout à fait similaires de personnes d'origine libanaise, donc qui avaient étudié au Liban et cetera qui avaient toute le même patronyme, Haddad, qui est un patronyme très courant dans le Moyen-Orient mais qui différentit uniquement par leur religion.
Il y avait des hadad, on envoyait des CV de hadad catholiques, de hadad juif et de hadad musulmans. Et ce qui a été démontré que la probabilité des candidats catholiques d'être rappelés par le recruteur était supérieure de 30 % à celle de leurs homologues juifs et de 100 % à celle de leurs homologues musulmans, soit deux fois supérieurs. Et donc oui, la religion a un impact sur les discriminations à l'embauche.
Et j'aimerais dire que souvent on nous parle de l'antisémitisme, on réduit l'antisémitisme seulement à des actes de haine, des actes de violence. Mais la réalité c'est que les juifs sont également soumis à des discriminations structurelles. Il y a également bien sûr les discriminations au logement.
Et euh là, je m'appuie sur une étude euh du défenseur des droits en 2016 qui montrait que l'origine ou la couleur de peau était le premier motif de discrimination dans la recherche d'un logement, bien devant le genre ou le handicap ou la situation familiale, le fait d'être perçu comme nomblant multiplié par 5 la probabilité de déclarer avoir subi une situation de discrimination dans la recherche d'un logement. Et plus grave encore, ces discriminations concernent tout autant le parc locatif social que le secteur locatif privé. Ce qui signifie que l'État qui est censé être le garant de l'égalité républicaine est tout autant discriminant que euh le privé.
Et donc non seulement l'État est défaillant dans la mise en place de de ces politiques là, mais il il ne il ne respecte même pas ses propres obligations. Il y a également un domaine dans lequel euh les discriminations raciales ont un impact important, un impact même de de qui qui de vie ou de mort et c'est les discriminations dans l'accès aux soins parce que les femmes noires ont beaucoup moins de chance d'être prises en charge rapidement. Concrètement, un homme blanc a 50 % de chance en plus d'être évalué en en urgence vitale qu'une femme noire.
C'est ce qu'on a souvent appelé le syndrome méditerranéen. Et les violences obstétrales sont d'une toute autre nature quand il s'agit de femmes supposé méditerranéenne ou africaine parce que elles subissent beaucoup plus de de violence lors des grossesses et des accouchements. Et bien sûr, on pourrait également prendre le cas de des violences policières et d'autres types de discrimination que nous savons toutes et tous.
Mais on a voulu ici un petit peu se focaliser sur les discriminations qui comme celle de dans l'accès aux soins qui étaient peu connues et qui sont pourtant très importante. Mais ce qu'on peut voir c'est que le racisme affecte toutes les facettes de la vie des personnes racisées. Elles elle impacte en réalité toutes les dimensions de leur existence et cela a un tel effet que ça ça détériore également leur santé mentale et leur santé physique.
Il y a de nombreuses études qui ont été faites dans une étude aux États-Unis qui prouvaient que les personnes racisées mouraient plutôt parce que tout simplement elles avaient plus de maladies cardio-vasculaires parce qu'elles vivaient dans un stress permanent. Mais en France, il y a encore trop peu d'études mais il y en a quand même une qui montre que 56 % des discriminations raciales entraînit un impact psychologique plutôt important ou très important. Donc en réalité ce n'est pas simplement une situation de confort ou d'égalité des chances.
C'est véritablement la vie des personnes racisées qui est mise en danger à cause des discriminations et à cause du racisme. Mais la vie des personnes racisées est également mise en danger par les violences policières et par les violences à caractère raciste puisque 1,2 million de personnes seraient victimes chaque année d' moins une atteinte à caractère raciste ou xénophobe. Et en 2023, c'était seulement 1594 condamnations.
Ça c'est ce qu'on appelle le chiffre noir, c'est-à-dire la sous-évaluation du nombre d'agressions racistes. Et il peut s'expliquer par différents facteurs. Tout d'abord, de très nombreuses victimes ne vont pas porter plainte par peur de par découragement, par fatalisme, par peur des représailles.
Mais il y a aussi le comportement de certains policiers qui au lieu de prendre les plaintes font passer un véritable interrogatoire aux victimes. Et je tiens juste à préciser pour pour vous toutes et tous qui êtes dans cette salle que les policiers n'ont pas le droit de ne pas prendre les plainte et souvent ils ne prennent pas les plaintes quand il s'agit enfin souvent c'est arrivé qu'ils ne prennent pas des plaintes quand il s'agit d'agression raciste. Et enfin et enfin le personnel juridique a parfois une connaissance très limitée du droit antidiscriminatoire français et il oriente donc moins bien les français victimes ou les personnes résidents en France. les qui sont victimes de discrimination raciale.
Et donc toutes les études sans exception prouve l'ampleur des discriminations. Aucune étude ne vient contredire l'existence des discriminations et leur ampleur systémique. Donc que fait l'État face à de telles discriminations ?
Et bien l'État est défaillant bien sûr et ce n'est pas moi qui le dis mais la défenseur des droits qui juge qu'il y a un désengagement institutionnel très préoccupant. Le président de la CNCDH constate que quant à lui que, et je le cite, la réponse politique paraît inexistante et cette défaillance institutionnelle de la France est telle qu'elle nous a valu d'être épinglée par le comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale qui avait qui avait alerté sur la persistance et l'ampleur des discours à caractère raciste et discriminatoire en France et demander entre autres choses l'interdiction du profilage racial. Mais il est très clair surtout au vu des derniers gouvernements que lutter contre les discriminations raciales et lutter contre le racisme de façon générale n'était pas du tout la priorité de ce gouvernement mais qu'il voulait plus euh rester dans euh aller dans une offensive raciste.
Alors, nous avons vu ici un panel qui reste très très grossier des violences subies par les personnes racisées soitell soi-ell physique, verbal, institutionnel ou symbolique. Et ce qu'il ne faut surtout pas oublier, c'est que les personnes racisées avant de n'être victime de ces rapports dessencialisation et de ces violences sont avant tout des sujets sociaux et politiques qui se sont constitués comme tels et qui se sont organisés pour combattre les oppressions qu'on a voulu leur faire subir. Et chacune de leurs victoires a été arrachée du de la structure raciale de la société.
Et on peut retracer une histoire de ces luttes sous la 5e République. La première génération antiraciste en France était donc 1960-190 sous la 5e République. Elle née d'un contexte très particulier.
C'est la guerre d'indépendance de l'Algérie. Une main d'œuvre étrangère vient des anciennes colonies. Une main d'œuvre qui a été voulue par le patronat.
Cette cette importation de main d'œuvre a été organisée par le patronat. Mais à partir de la crise euh du choc pétrolier de 1973, euh l'immigration était perçue comme une les immigrés étaient perçus comme une population excédentaire. Et on a vu éclore le débat national sur l'immigration qui va devenir une habitude depuis puisqu'on y a droit tous les 1 an et demi à peu près, on a droit à un projet de loi sur l'immigration.
Il y a également la prise de conscience progressive de certaines d'une certaine gauche sur euh les question de droit des personnes immigrées, en particulier des travailleurs immigrés, notamment lors des événements de mai 68. Et donc ces premières luttes antiracides vont être menées par les personnes racisées elles-mêmes et euh elles seront mené pour défendre leur dignité et se battre contre la surexploitation comme celle des travailleurs des des ouvriers OS dans les usines de Boulogne Bill en cours contre la la ghettoisation qui était organisée par les foyers Sonacotra et contre les ratonnades d'extrême droite qui pouvaient aller jusqu'au meurtre. Et donc ces travailleurs immigrés ont eux-mêmes lutté pour leurs droits et ont arraché des victoires.
Et puis lors des années 80, ça a été la 2e génération d'immigrés qui a repris les le flambeau. Et donc cette deuxième génération, contrairement à la première, ce n'est pas une génération immigrée. C'est une génération qui est née en France, qui a grandi en France, qui est donc française mais qui est quand même laissée en marge de la société.
Et donc de nombreuses mobilisations de ces nouvelles générations vont éclore dans la fameuse marche pour l'égalité. Et là, on verra la création de nouvelles associations telles que SOS racisme qui se sont constitué dans l'océan de ces mobilisations et qui vont surtout porter leur action vers de la de la judiciarisation et des coûts d'éclat médiatiques. Et cela va avoir pour conséquence en réalité de réduire les revendications des racisés et en particulier des marcheurs qui étaient éminemment politique qui portait sur la dimension structurelle du racisme dans la société et les institutions puisque ces associations comme SOS racisme vont réduire ces revendications politiques vers la seule lutte contre les discriminations.
Et cette lutte contre les discriminations va être perçue sous l'angle d'un rapport interindividuel. C'est-à-dire qu'on qu'on arrêtera que c'est que qu'elles vont avancer cette conception morale et libérale du racisme qui dira que le racisme n'est pas une structure de pouvoir, qu'elle n'est pas une structure qui façonne les rapports de pouvoir entre les individus mais que c'est simplement le fait d'individu malveillant, mal intentionnés qui à un moment font des actes isolés euh et délibérés. Et donc on va se plâcher dans une approche tout à fait restrictive et individualisante du racisme.
Et puis depuis les années 2000 et je pense que on est dans cette continuité là, on assiste à l'émergence de mouvement porté par des racisés eux-mêmes qui se sont rassemblés sur leur expérience commune du racisme qui s'appuient sur des concepts sociologiques et qui apportent une conception réellement politique de l'antiracisme. Ces mouvements critiquent notamment la notion d'universalisme et d'égalité républicaine et se donne pour objectif de combattre le substrat colonial dans l'imaginaire français. Et donc nous sommes aujourd'hui dans la continuité de de ces luttes et nous notre objectif c'est peut-être tout d'abord de rappeler que la lutte antiraciste n'est pas une lutte comme certains disent sociétale ou morale.
C'est d'abord une lutte sociale, politique démocratique et une lutte écologique. Et je vous renvoie ici à à l'écologie des coloniels. Mais nous savons qu'une certaine gauche a l'entéorisé que l'antiracisme était une lutte secondaire et que l'abolition du capitalisme entraînerait presque mécaniquement la fin de la structure de domination raciale.
Et bien cette école de pensée, si on peut l'appeler comme ça, ne conçoit pas le racisme comme une structure de domination à part entière avec ses propres dynamiques, mais il y voit une excroissance presque accidentelle du capitalisme, voire même une manœuvre de la classe dominante pour finalement détourner le prolétariat de la seule lutte qui vaille, à savoir la lutte anticapitaliste. C'est bien évidemment faux. Et je reprends ici les termes d'Ail Cal Cabral qui disait que la déshumanisation systématique de certaines parties de l'humanité, donc le racisme, a été intimement lié à la naissance, à la croissance et à l'expansion continue du capital et reste la marque de son développement.
La réalité c'est que la construction de la race en tant que hiérarchisation de l'humanité est intimement liée à l'impérialisme capitaliste. Et l'impérialisme a été un processus nécessaire à la construction et au développement du capitalisme parce que le mode de production capitaliste porte en lui une logique d'expansion continue et a donc besoin d'élargir continuellement indéfiniment son champ de force productive que ce soit par les terres qu'il va alors accaparer quand il colonise des territoires ou bien par de la main d'œuvre étrangère gratuite ou quasi gratuite avec l'esclavage et la colonisation. Et ça continue encore aujourd'hui bien sûr avec les immigrés, les descendants d'immigrés qui sont une main d'œuvre bon marché pour le capital.
Donc ces luttes doivent être menées de franc parce qu'elles sont intrinsèquement liées et parce que notre conception de la lutte anticapitaliste n'est pas seulement une lutte contre un mode de production, mais bien une lutte pour l'émancipation des individus. et il ne peut pas y avoir d'émancipation des uns tant qu'il y aura l'asservissement des autres. Mais euh si l'on observe l'intégral l'intégralité du champ politique, on voit bien qu'une large partie de la classe politique ne se s'embête même plus avec ce type d'argumentaire et dans une offensive raciste tout à fait assumée.
Et nous avons donc nous le devoir de définir un contreisours à ce narratif ethnique, cette vision raciste de la France et notre contre disciscours a au moins le mérite de décrire la vérité. Et c'est là que la créolisation entre en jeu parce que la créolisation telle qu'on l'entend définit un processus et non pas un projet. La créolisation définit un état de fait qui existe.
La créolisation donne à voir ce qu'est la France aujourd'hui. Et la France aujourd'hui, c'est 1/3 de la population qui n'existerait simplement pas sans l'immigration. 1/3.
Et donc il faut réaliser prendre la juste mesure de ce constat. Et dès lors qu'on prend la juste mesure de ce constat, on réalise l'absurdité totale de ceux qui prétendent par des calculs d'apothicair chiffrer ce que l'immigration coûte à la France ou bien parle de retour à une culture de souche. On ne peut pas connaître une société si on l'ampute du tiers de ses membres.
Et je rappelle que la France est un pays une terre d'immigration depuis très très longtemps et à la moitié du 19e siècle quand tous nos voisins avaient des soldes migratoires négatifs, la France était une terre d'immigration et la France a même retranscrit le fait migratoire dans son droit puisqu'elle a instauré dès le double droit du sol alors que notre voisin outrein ne l'a fait qu'en 1999. Et donc la France est une terre d'immigration depuis très longtemps et c'est peut-être là la véritable tradition française que veulent finalement travestir ceux d'extrême droite qui disent qu'ils sont attachés aux traditions françaises. Et bien sûr, nous sommes ici dans une formation contre le racisme et je parle à dessin également des immigrés parce que je pense qu'il faut faire attention au nativisme qui est un danger et je pense que la lutte antiraciste et la lutte contre la xénophobie sont intimement lié puisque le salut des de ceux qui sont arrivés hier ne peut pas se trouver dans le purgatoire de ceux qui sont arrivés aujourd'hui.
Et nous avons tout un programme d'action que je vous invite à retrouver dans le livret antiracisme. Mais pour vous donner quelques mesures, nous nous voulons mettre en place le récipé de contrôle d'identité pour lutter contre le de contrôle d'identité pour lutter contre le contrôle au faciè. Et euh je vois qu'il y a quelques jours Aurélien Taché Aurélien Taché s'est fait euh c'est fait Oui. par Bruno Taillot et nous considérons qu'il y a bel et bien des violences des violences policières parce qu'il y a des violences policières.
C'est un fait, c'est reconnu par tout le monde. Et si quand notre camp gagnera, nous voulons transformer l'institution policière de la cave au grrenier et nous le disons et nous le redirons et c'est ce que nous ferons. et entre autres mesures parce qu'on a plus beaucoup de temps.
Nous voulons également multiplier les aires d'accueil, améliorer leur localisation et garantir l'accès aux droits pour les besoins essentiels pour les voyageurs. Parce que nous savons aujourd'hui que l'État est défaillant et que l'État ne respecte même pas le droit quand il s'agit des populations Rome. Nous voulons également instaurer le 4 février comme jour férier national en mémoire des victimes de l'esclavage parce que ce n'est pas uniquement un sujet de la France ultramarine, c'est le sujet de toute la France et c'est l'histoire de toute la France qu'il s'agit ici de commémorer.
Et il faut également reconnaître la responsabilité de la France dans le massacre des Algériens du 17 octobre 1961. et je vous invite à regarder le livret pour l'ensemble des mesures euh que nous proposons. On n pas beaucoup de temps mais on va prendre peut-être quelques interventions rapides des camarades qui le souhaitent.
On va alterner. C'est très bien. Il y a une camarade là.
C'est toi ? Ouais. Signalez-vous.
On va alterner femme homme ou non binaire et si vous pouvez faire cours comme ça on aura plus de gens. C'est il est allumé normalement il est allumé. Il marche pas.
Je il est allumé. Ah appuy en bas une fois et ça va parce que je l'ai éteint. Ah ouais mais il se rallume juste en fait je voulais juste vous remercier c'est pas grave je voulais pour la performance parce que débuter débuter les amphies sur ce tempo là merci à toutes les deux formidables.
Une question est-ce qu'on va retrouver l'ensemble de la conférence sur la ligne parce que vous avez donné énormément de références que j'ai moi pour ma part j'ai pas réussi à les noter. Il y avait pas de tableau. Donc voilà, je voulais vous remercier et juste dire un petit mot.
Euh dans le vocabulaire français, il y a la xénophobie. On n'utilise jamais un autre mot qui s'appelle la xénophilie. Et je vous propose de développer l'emploi de ce terme-là qui est donc l'amitié pour l'étranger.
Merci pour votre conférence. [Applaudissements] Euh simplement pour répondre très rapidement. Oui, ça va être mise en ligne dans les jours qui viennent.
Oui. Euh bonjour à tous. Alors moi je vais faireon je vais essayer de faire cours.
J'avais plein de remarques, mais j'en garderai pour la conférence sur le l'analyse croisée du racisme et de l'antisémitisme. Euh j'avais deux petites remarques. Une première c'est sur le euh Iman a beaucoup c'est beaucoup appuyé sur le rapport de la scène CDH.
Je fais juste une petite remarque que c'est pas non plus un rapport qui avec qui enfin c'est un rapport avec lequel il faut garder quand même une certaine certains rapport critique notamment sur les chiffres qui sont repris de l'antisémitive par que c'est les chiffres du ministère de l'intérieur. Or ces chiffresl il faut savoir c'est des chiffres qui ne sont pas qui sont pas comptabilisés par le ministère de l'intérieur mais par la SPCJ qui est le service le service d'or du CRIF en gros et c'est des chiffres qui sont complètement biaisés. Je vous invite à aller voir la la méthodologie de comptage de chez c'est absolument hallucinant.
Il considère par exemple comme un fait antisémite le fait que il y a eu une manifestation euh euh place Saint-Augustin à Paris qui ensuite a voulu rejoindre l'ambassade d'Israël pour manifester contre le génocide et le fait que la France insoumise est appelée à ces euh à cette à ce rassemblement qui a qui a ensuite dérivé en manifestation sauvage est comptabilisé comme une part inféancimite et le rapport considère que la français participe à l'antisémitisme du fait qu' qu'il y a appelé. Donc voilà, j'appelle la vigilance sur ce point-là. Euh et deuxième point, j'avais une remarque sur Cou Daniel, tu as beaucoup défendu la la méthodologie enfin la méthode intersectionnelle.
Moi, je posais la question si on pouvait pas avoir une critique de gauche de l'intersectionnalité dans la mesure où nous euh enfin en tout cas dans le milieu que je fréquente, on utilise plutôt le concept de consubstantialité euh c'est un qu'un un concept qui a été théorisé notamment enfin qui a été un peu utilisé en France notamment par des sociologues comme Daniel Cargoat qui en fait pensent les interactions. Donc ça, il s'agit pas de de ne plus de ne pas penser les interactions entre les systèmes d'oppression, mais il s'agit aussi de voir les les contradictions et les antagonismes entre le système de contradiction. C'est-à-dire que toutes les les contradictions ne sont pas à plat et ne vont pas nécessairement dans le même sens.
Le consciité, elle part du principe que non seulement les les oppressions fonctionnent ensemble, mais en plus de ça se nourrissent les unes les autres. Et donc, vous pouvez par exemple tout à fait avoir des luttes féministes qui renforcent le racisme. Vous pouvez avoir des luttes de classe qui renforce qui renforc l'oppression du genre.
Euh moi l'exemple qui vient en tête par exemple, c'est ça a été la campagne Uniput Nisomise Oniput des années 2000 où vous aviez euh euh des femmes euh des femmes qui pensaient que la priorité dans les quartiers pour lutter contre le sexisme était de mettre euh c'était de mettre fin aux tournantes qu'il y avait euh euh dans les caves dans les dans les dans les caves dans les quartiers. qui parce que ben je dis pas que c'est pas grave mais du coup c'est un c'est une lutte qui très vite a été reprise par l'État et donc c'est c'est c c'est c'est ces ces représentants ont très vite été reçus par Jacques Chirac par les gouvernements Sarkozi enfin les gouvernements de Villepin et cetera et donc ça a aussi entraîné une forme de backlash contre les les les les habitants des quartiers populaires. Donc c'est pour ça que moi la constitutalité c'est un concept un concept que je préfère mais bon après c'est c'est du pinaillage d'universitaire, on peut on peut s'en passer.
Voilà c'était mes interventions. Merci. Pas vu d'autres Bon OK.
J'avais une petite question par rapport au à au projet politique. Euh en fait étant donné euh le le la mondialisation, en fait, quel est quel est le projet euh euh est-ce qu'il y a un projet d'international en fait par rapport à les filles ? parce qu'en fait on sait que par notre notre consommation à nous tous, peu importe notre race, notre notre classe sociale, en tant que français, on entretient un système voilà colonial et raciste.
Je vais répondre euh par rapport à ce que tu dis. Bien sûr queil y a des limites dans le dans le rapport de de la CCDH et euh moi je je citi pas le le problème y compris sur la manière de comptabiliser les actes antisémites. Il y a le problème de l'organisme qui qui le qui le referme mais je pense qu'il y a un problème y compris de sous-déclaration euh et d'amalgame de ce qui est antisémite et de ce qui est de la critique légitime.
Donc il y a c il y a ces deux problèmes. Je pense que la comptabilisation des actes antisémites subit aussi le même le même chiffre noir que les formes de racisme parce que pour toutes les raisons qui ont qui ont qui ont été qui ont été données. Par exemple, je vous avais peut-être vu passer il y a il y a il y a un an policière qui avait lieu contre une femme juive dans un commissariat qui était une violence policière sexiste et raciste et cetera.
Il n'est pas sûr qu'elle ait été comptabilisée ou recensée par le ministère de l'intérieur comme un acte antisémite alors que il peut être argumenté que c'était le cas. Donc voilà, il y a ces deux il y a ces deux de deux dimensions. Il y a d'autres dimensions y compris sur voilà sur la question des préjugés.
Mais c'est ça reste vraiment moi je enfin c'est un outil qu' est criticable sur lequel on débat y compris avec Vincent Tibéry et cetera mais qui est vraiment utile parce que il il déconstruit vraiment tout ce qui est dit dans les dans les médias et par les politiques. Et ce ce cette année, il dit clairement que le gouvernement a choisi de ne plus rien faire du peu qui était fait là-dessus. Euh après sur la question, je connais pas, j'ai pas lu Cargoette là-dessus.
Je pense que c'est ce que je disais sur la question de l'international, c'est un outil. Donc bien sûr qu'il y a des limites, qu' a qu' a des qu' a des points morts et que ce qui est décrit là sur les les contradictions qui existent, y compris dans la longue histoire quand je parlais des premières faces du féminisme, il y a euh des des contradictions dans le mouvement féministe et antiraciste aux États-Unis entre qui aura les droits euh civiques en premier, entre les euh femmes blanches ou les hommes noirs et cetera. Il y a tout justement toute une histoire qui montre ses contradictions.
On peut revenir jusqu'à aujourd'hui sur les phénomènes de type de fémonationalisme ou homonationalisme qui euh alimente des formes de racisme, notamment la question de l'islamophobie au prétexte de la lutte pour les droits des femmes qui en fait euh y compris jusqu'à justifier le bombardement de ces femmes-là ou le génocine de ces femmes-là euh euh et cetera. Donc bien sûr et je pense que ça fait partie et il faut réhabiliter ce débat qui est pas juste universitaire en tout cas nous dans notre approche qui a qui qui nous qui nous rend le monde plus intelligible et qui qui est surtout un outil de lutte parce qu'en définitive y compris ce qu'on portait des générations de militants et militantes antiracistes féministes et cetera, c'est de comprendre le monde pour pouvoir le changer et pour nous ce sont des outils extrêmement précieux et c'est et c'est le sens y compris du travail que fait l'institut la boisi de d'être un espace qui permet le dialogue y compris avec des auteurs, des chercheurs qui sont pas des insoumis mais qui a qui nous a qui nous enrichissent de cela. Et pour finir sur la question de l'internationalisme, ça ça participe de cette idée-là.
Nous, on s'inspire et j'y ai fait référence beaucoup sur les les chercheurs, les expériences historiques. Enfin, on fait partie euh d'une d'une histoire internationaliste et notre humanisme, il s'alimente de tout ça. Et bien sûr que la perspective de changement, elle se pense pas en qu'en France ou pas qu'en Europe.
C'est une perspective de changement international. Je vous renvoie, il va y avoir des débats au cours de ces de ces amphis justement sur la question internationale au niveau européen et c'est quelque chose euh qui fait partie de la lutte antiracisme comme ça a été dit. C'est lié à la question de l'impérialisme, c'est lié à à à toutes les luttes de libération et d'émancipation.
Et donc je vous invite euh à euh suivre les débats des amphies qui vont euh continuer ces discussions encore euh sur tous les sujets qu'on a pu aborder. Tout sera en ligne euh enfin ou quasiment tout sera en ligne sur le site de la France insoumise pour ceux qui ne pourront pas n'auront pas pu être là ou pour ceux qui voudront les réécouter. Et je vous invite bien sûr à prendre contact aussi avec toutes les équipes, notamment thématique, le groupe thématique antiraciste qui produit et aide à produire de la formation politique à travers le mouvement tout au long de l'année.
Merci à tous et toutes.
Danièle Obono