"Nous ferons attention à ce que la France ne mette pas un doigt dans une guerre illégale", M. Panot
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:57OuverteRéponse directe
Est-ce que la France a raison de se défendre et de défendre ses alliés ?
- 3:03OuverteRéponse partielle
Sur la logique défensive, à la fois des bases françaises et des alliés, vous dites d'accord ?
- 3:27RelanceÉludée
Le débat, quel intérêt ? Le débat au Parlement, suivi d'un vote, quel intérêt ?
- 4:09OuverteRéponse directe
Jean-Luc Mélenchon dit que c'est la première fois où il y a une guerre qui n'y a pas de gentils avec que des gouvernements qu'on n'aime pas. Est-ce que ça veut dire que vous renvoyez dos à dos, d'un côté le gouvernement israélien de Netanyahou et l'Amérique de Trump, et de l'autre le régime iranien ?
- 5:04FerméeRéponse directe
Est-ce que c'est bien ou pas que l'ayatollah Raménaï ait chuté, soit tombé ?
- 8:40OuverteRéponse directe
Elle devrait faire quoi pour le Liban, alors ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:13Invité politiqueFait
« la France ne mette pas un doigt dans une guerre illégale qui a été décidée uniquement par Trump et par Netanyahou, puisque je rappelle qu'il n'y a pas de mandat de l'ONU, qu'il n'y a pas de mandat du Congrès et qu'y compris seulement un tiers des Américains et des États-Unis soutiennent aujourd'hui cette guerre qui est une guerre illégale. »
- 1:44Invité politiqueFait
« Trump a expliqué qu'il y aurait un programme nucléaire iranien. Or, hier, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique a réitéré qu'il n'y avait aucune preuve d'un programme nucléaire iranien allant vers la bombe atomique. »
- 2:08Invité politiqueFait
« Missiles balistiques dont la CIA n'a aucune preuve ni aucun des renseignements états-uniens. »
- 2:26Invité politiqueFait
« On ne libère pas un peuple avec des bombes. »
- 2:36Invité politiqueFait
« il faut apprendre les leçons de l'histoire, notamment de ce qui s'est passé suite à l'assassinat de Saddam Hussein ou de Kadhafi qui n'a donné que du chaos qui continue encore aujourd'hui à la fois en Irak et en Libye. »
- 3:47Invité politiqueFait
« le ministre des Affaires étrangères, M. Barrault, avoir annoncé de manière tonitruante depuis plusieurs semaines qu'il demandait la démission d'une rapporteure spéciale de l'ONU, Francesca Albanese, sur des propos qu'elle n'a jamais tenus. Pour finalement reculer discrètement la semaine dernière et ne plus demander officiellement sa démission, je crois que là aussi, la France doit réitérer qu'elle est du côté du droit international. »
- 5:16Invité politiqueFait
« Saddam Hussein, c'était bien qu'il tombe Saddam Hussein ou pas ? Parce que l'invasion états-unienne, c'est un million de morts. C'est la naissance de Daesh. »
- 7:36Invité politiqueChiffre
« dans les premières 24 heures de frappe, il y a eu deux fois plus de bombes qui ont été larguées sur l'Iran que ce qui a été largué dans le début de l'invasion de l'Iran. »
- 8:19Invité politiqueFait
« il a averti solennellement qu'il ne fallait pas d'invasion terrestre du Liban. Or, le Liban est bombardé, et il y a une invasion terrestre qui a commencé hier à 8h du matin. »
- 10:39Invité politiqueFait
« Non, je crois que ce qu'est en train de faire le Parti Socialiste, c'est d'une gravité historique. »
- 11:15Invité politiqueFait
« il s'est trompé sur le nom de M. Glucksmann. »
- 12:11Invité politiqueFait
« On s'est posé la question au début, il se trouve qu'à New York ça se prononce Epstein tout simplement. »
- 14:29Invité politiqueFait
« en moins d'une semaine, nous avons une marche néo-nazie qui a été autorisée. Nous avons une candidate LR qui assume partager les valeurs du pétainisme. »
- 16:04Invité politiqueFait
« Nous sommes dans une situation qui est grave. De bascule fasciste. »
- 19:54Invité politiqueFait
« Il l'était quelques jours avant encore. »
Temps de parole
- Mathilde Panot71 %
- Invité18 %
- Présentateur11 %
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Et c'est donc la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale,
députée LFI du Val-de-Marne, qui est l'invité du grand entretien de la matinale, Mathilde Panot. Bonjour.
Bonjour. Beaucoup de questions à vous poser, évidemment sur la situation internationale, mais aussi dans dix jours l'enjeu des municipales. Pour la première fois, LFI a mis toutes ses forces dans ce scrutin, et ce sera sans doute aussi un test pour 2027. Mais quel effet auront les polémiques de ces derniers jours ? Mathilde Panot, nous allons en parler.
Avec aussi bien sûr les questions de nos auditeurs au 01 45 24 7000 pour le standard et par message sur l'application de Radio France. Question pour commencer, Mathilde Panot, sur la guerre au Moyen-Orient, Emmanuel Macron, vous l'avez entendu hier, a annoncé l'envoi du Charles de Gaulle en Méditerranée, souhaite une coalition pour permettre aux pétroliers de circuler dans le détroit d'Hormuz, 20% du transit mondial de pétrole. Des avions Rafale ont déjà été déployés hier au-dessus des Émirats Arabes Unis pour protéger des bases françaises. Est-ce que la France a raison de se défendre et de défendre ses alliés ?
Puisque si l'on en croit le président de la République, c'est une logique purement défensive.
Alors la France a raison d'honorer ses engagements et nous nous ferons très attention à ce que la France ne mette pas un doigt dans une guerre illégale qui a été décidée uniquement par Trump et par Netanyahou, puisque je rappelle qu'il n'y a pas de mandat de l'ONU, qu'il n'y a pas de mandat du Congrès et qu'y compris seulement un tiers des Américains et des États-Unis soutiennent aujourd'hui cette guerre qui est une guerre illégale. Donc ça, c'est la première chose. Moi, ce que je trouve désolant dans ce que le président de la République a dit, c'est qu'il a expliqué que la première responsabilité venait de l'Iran.
Or, ça a été très bien dit tout à l'heure, ce sont sur des mensonges qui ont été basés cette guerre illégale. D'abord, Trump a expliqué qu'il y aurait un programme nucléaire iranien. Or, hier, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique a réitéré qu'il n'y avait aucune preuve d'un programme nucléaire iranien allant vers la bombe atomique.
L'Iran tout de même menace depuis des années, des décennies Israël de destruction, pure et simple. Jean-Luc Mélenchon lui-même en 2012 disait « on ne peut pas laisser dire ça ».
Ensuite, c'est la nouvelle raison qui est donnée pour l'instant. Mais je termine les raisons qui ont été invoquées. Missiles balistiques dont la CIA n'a aucune preuve ni aucun des renseignements états-uniens. On nous a expliqué que c'était la démocratie. Or, je le rappelle, et je vais avoir une pensée particulière pour le peuple iranien qui, après avoir subi une répression sanglante, se retrouve aujourd'hui sous les bombes états-uniennes et israéliennes. On ne libère pas un peuple avec des bombes.
Et il faut apprendre les leçons de l'histoire, notamment de ce qui s'est passé suite à l'assassinat de Saddam Hussein ou de Kadhafi qui n'a donné que du chaos qui continue encore aujourd'hui à la fois en Irak et en Libye. Et aujourd'hui, on explique qu'il y aurait une attaque imminente, ce qui, ça aussi, est contesté. Donc, je vais vous dire, la France doit se situer du côté du cessez-le-feu immédiat, du côté du droit international. Et moi, je suis très inquiète quand j'entends un ancien Premier ministre, M. Gabriel Attal, expliquer qu'il faudrait tout simplement envoyer, valser l'Organisation des Nations Unies, qu'il compare à une ONG climatique, ce qui est, je crois, très grave.
Sur la logique défensive, à la fois des bases françaises et des alliés, Qatar, Koweït, Émirat, Jordanie, Irak, vous dites d'accord ?
Je vais vous dire, moi je suis d'accord pour que la France honore ses engagements, mais je demande à ce que le Parlement soit saisi. Non seulement nous avons fait une demande de débat suivie d'un vote au titre de l'article 50-1, mais je me demande si on ne serait pas au titre de l'article 35 de la Constitution, là aussi dans un moment où le Parlement devrait être... Ça servirait à quoi ?
Le débat, quel intérêt ? Le débat au Parlement, suivi d'un vote, quel intérêt ?
Pour savoir quelle est la position que la France prend, moi je veux savoir si la France se situe toujours du côté du droit international. Peut-être que ça ne vous interroge pas qu'un ancien Premier ministre, président du groupe présidentiel, appelle à en finir avec l'ONU. Moi ça m'interroge quand j'entends le ministre des Affaires étrangères, M. Barrault, avoir annoncé de manière tonitruante depuis plusieurs semaines qu'il demandait la démission d'une rapporteure spéciale de l'ONU, Francesca Albanese, sur des propos qu'elle n'a jamais tenus.
Pour finalement reculer discrètement la semaine dernière et ne plus demander officiellement sa démission, je crois que là aussi, la France doit réitérer qu'elle est du côté du droit international, sinon c'est la loi du plus fort qui prévaut.
Je reviens à l'Iran, Jean-Luc Mélenchon dit que c'est la première fois où il y a une guerre qui n'y a pas de gentils avec que des gouvernements qu'on n'aime pas. Est-ce que ça veut dire que vous renvoyez dos à dos, d'un côté le gouvernement israélien de Netanyahou et l'Amérique de Trump, et de l'autre le régime iranien ? Est-ce que vous mettez un signe égal à LFI ?
En fait, ce n'est pas une question de signe égal, vous n'avez jamais des situations égales dans des pays. Par contre, oui, je demande à ce que M. Netanyahou soit traduit devant un tribunal, de même que j'aurais aimé que Raménaï puisse répondre de ses crimes devant un tribunal. Donc, je vais vous dire, personne ne croit un seul instant que M. Trump et M. Netanyahou sont en train de faire une action pour la démocratie. D'ailleurs, le secrétaire d'État états-unien a redit hier que ça n'avait rien à voir avec la démocratie.
Donc, personne ne croit une seule seconde qu'ils sont en train d'agir pour les droits humains, notamment quand on voit ce qui se passe avec la milice raciste de Trump aux États-Unis. Donc, la question n'est pas des signes égaux, la question est des suprémacistes qui refusent de respecter le droit international.
Mathilde Panot, une question très simple. Est-ce que c'est bien ou pas que l'ayatollah Raménaï ait chuté, soit tombé ?
Moi, je ne pleurerai pas un bourreau, mais non, je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on aille exécuter des dirigeants. Je vous rappelle que si vous regardez les leçons de l'histoire, par exemple Saddam Hussein, c'était bien qu'il tombe Saddam Hussein ou pas ? Parce que l'invasion états-unienne, c'est un million de morts. C'est la naissance de Daesh. Donc, il faut apprendre les leçons de l'histoire. Vous avez entendu les scènes de l'IS, des Iraniens ? Oui, oui, oui. Et puis, je peux aussi vous lire, par exemple, ce que disent certains des Iraniens. Je vais vous lire. Je vous ai pris parce que je savais que vous alliez aller là-dessus.
C'est un débat politique intéressant, n'est-ce pas ?
Non, mais par exemple, je vous lis l'autrice iranienne, Sahar Delyjani, qui dit « Je suis née dans une prison iranienne. Mes parents étaient détenus dans des geôles. Mes oncles reposent dans des fosses communes. Rien de ce que vous pourrez me dire sur les crimes du régime iranien que je n'ai vécu dans mon sang et dans ma chair. Cela ne veut pas dire que je vais voir mon peuple bombardé, mutilé, tué, leur maison détruite. Si votre vision de la libération vient seulement au travers de la destruction de vie innocente, alors ce n'est pas la liberté que vous cherchez. »
On peut vous citer aussi, Mathilde Panot, la championne d'échec franco-iranienne Mitra Ejazipour, qui a répondu à votre collègue eurodéputée Manon Aubry, qui tweetait « Ni chat, ni Mola, ni USA, liberté pour et par le peuple iranien ». Elle lui répond « Sérieusement, qui êtes-vous pour parler de l'Iran ? » Et elle ajoute dans le Figaro « Les Iraniens n'ont pas de leçon à recevoir d'une gauche occidentale qui n'a jamais risqué sa vie face au Mola. » Vous qui y portez un combat décolonial et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, est-ce que vous êtes légitime à parler au nom des Iraniens ?
Ah non, l'avenir appartient au peuple iranien et à lui seul. Mais je redis ce que je disais à l'instant, aucune intervention militaire extérieure n'a jamais aidé à trouver une solution politique. Et ce qui est en train de se passer pourrait être le pire pour le peuple iranien. Je rappelle qu'en ce moment, dans les prisons, il y a un enjeu d'accès à la nourriture pour des milliers de prisonniers qui se trouvent en prison, dont nous demandons que la Croix-Rouge internationale puisse accéder à ces prisons.
Je rappelle qu'en ce moment même, il y a par exemple des familles de plus de 150 écolières qui sont en train de pleurer, des écolières qui ont été tuées dans une frappe probablement israélienne. Ça n'a pas encore été établi, Mathilde Palot. Ce que dit Netanyahou, puisque Netanyahou et son armée n'ont une cesse de mentir. Vous croyez plus à ce que disent les Iraniens ? Non, mais je vais vous dire... Les médias iraniens ? Il se trouve que cette école est accolée à une caserne. Et donc qu'il y a de fortes chances que ce soit une frappe israélienne, d'autant plus que vous aurez remarqué, pourquoi est-ce que Trump fait cela ?
Il fait ça pour l'enrichissement par le pétrole, et il fait ça pour l'enrichissement des industries d'armement. Et notamment, vous avez vu ce chiffre qui est apparu, qui montre que dans les premières 24 heures de frappe, il y a eu deux fois plus de bombes qui ont été larguées sur l'Iran que ce qui a été largué dans le début de l'invasion de l'Iran.
Sur l'école, simplement, une autre hypothèse, et que ce soit une erreur de tir des gardiens de la révolution, c'est juste que les factuellement...
Je vous laisse votre interprétation, mais il se trouve que par exemple, Lorsque l'armée israélienne était en train de nier le nombre de victimes à Gaza du fait du génocide, l'armée israélienne a dû admettre cela. Mais nous verrons. Mais je vais vous dire juste une dernière chose qui est un point très important. La France doit œuvrer principalement pour la paix, pour le cesser le feu, et notamment, moi, une des choses qui m'a beaucoup surprise dans le discours qu'a fait Emmanuel Macron hier, c'est que peut-être avait-il un décalage horaire, mais il a averti solennellement qu'il ne fallait pas d'invasion terrestre du Liban.
Or, le Liban est bombardé, et il y a une invasion terrestre qui a commencé hier à 8h du matin. Donc, que fait la France pour protéger le Liban, dont le cesser le feu depuis 2024 n'a eu de cesse d'être violé par Israël et par Netanyahou ? Donc, maintenant, pas de touche au Liban. Et la France doit être une puissance de paix.
Elle devrait faire quoi pour le Liban, alors ? S'il y a déjà eu une invasion terrestre, on a un accord de défense avec le Liban, et il faudrait faire quoi ?
Je vais vous dire ce qu'il faudrait faire. Il faudrait mettre tous les moyens pour obtenir le cesser le feu. De la diplomatie, donc c'est ça ? Je rappelle que, par exemple, certes, au Conseil de sécurité de l'ONU, la décision serait bloquée, on comprend tous pourquoi, mais que, par exemple, on peut passer par l'AG de l'ONU pour contourner le Conseil de sécurité et le droit de veto, notamment des États-Unis. La France pourrait, par exemple, aider à rétablir Internet pour l'Iran,
qui permettrait, par exemple, le genre de s'organiser de nouveau. Vous dites ni MOLA, ni intervention impérialiste, si je vous ai bien compris. LFI ferait quoi pour aider les Iraniens à se libérer d'un régime qui a quand même 47 ans ?
Nous voulons qu'il y ait des élections qui puissent être organisées avec liberté de candidature, qui permettent de trouver une solution politique.
Après la chute du régime, donc ? Vous vous placez après la chute du régime ? Parce que ce ne sont pas les MOLA qui vont faire les organiser, les élections.
Oui, d'accord, mais là, vous vous rendez compte que ce qui risque de se passer, ce que je voulais dire tout à l'heure, pardon, sur lequel je n'ai pas terminé, ce qui risque de se passer, qui pourrait être le pire pour le peuple iranien, c'est que, comme au Venezuela, après l'enlèvement du président vénézuélien, il décide de laisser le régime des gardiens continuer d'une manière ou d'une autre, avec telle ou telle personne autre, et que, en fait, l'Iran continue, le peuple iranien continue de vivre avec une répression encore plus accrue plus des bombes qui ont tué nombre de civils, ce qui est évidemment intolérable.
Autre sujet, Mathilde Panot, on revient en France. Le Parti Socialiste, cette nuit, accuse clairement Jean-Luc Mélenchon d'antisémitisme. Dans un communiqué, le Bureau national du PS dénonce sans réserve les caricatures complotistes et propos antisémites intolérables de votre chef de file, qui a ironisé en meeting sur la prononciation des noms à consonance juive du criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, deux fois, et de Raphaël Glucksmann. Cette fois, c'est donc un parti allié qui, officiellement, condamne, je cite, la dérive antisémite de LFI. Est-ce que ça vous pose question ? Est-ce que vous dites ce matin que Jean-Luc Mélenchon est allé trop loin ?
Non, je crois que ce qu'est en train de faire le Parti Socialiste, c'est d'une gravité historique. Non seulement dans...
C'est pas de plaisanter sur des noms à consonance juive qui est grave.
Personne n'a plaisanté, monsieur. La salle entière a rime à titre panneau. Non, non, il y a d'un côté ce qui s'est passé à Perpignan avec monsieur Glucksmann, où il se trouve que Jean-Luc Mélenchon a fait un tweet, que chacun et chacune pourra aller voir, et il explique qu'il s'est trompé sur beaucoup de noms propres, y compris même sur le noms propres... Écoutez-moi, y compris même sur le noms propres de notre propre candidat à Perpignan, Michael Hidraque, et je ne crois pas que personne ici peut croire qu'il lui veuille du mal.
Donc, il en a dit lui-même qu'il en était le premier, désolé, et je veux redire à toutes celles et ceux qui nous écoutent, d'aller écouter non pas cinq secondes qui viennent au départ d'un compte d'extrême droite, parce qu'aucun de vos collègues journalistes qui étaient présents sur place ne nous a interrogés sur cette question. Mais regardez dans l'intégralité les discours de Perpignan et de Lyon, dans lesquels Jean-Luc Mélenchon dénonce l'antisémitisme, fait un hommage notamment à Jean Moulin et à Lucie Aubrac, aux résistants contre l'extrême droite.
Et fait élever Charles Maurras, le théoricien d'extrême droite antisémite, qui est aujourd'hui récupéré notamment par une ministre d'Etat pour nous qualifier d'antifrance.
Justement, un homme aussi érudit, qui connaît aussi bien l'histoire que Jean-Luc Mélenchon, peut reprendre trois fois devant des centaines de personnes les codes antisémites sans s'en apercevoir.
Mais quel code antisémite ? Non, non, il n'a pas plaisanté sur le nom de M. Glucksmann.
Vous plaidez l'erreur sur Raphaël Glucksmann ? Oui, alors sur la deuxième chose.
Sur Epstein et Epstein, vous avez raison. Qui est par ailleurs un débat qui existe dans beaucoup des journaux et des médias qui ont existé. On s'est posé la question au début, il se trouve qu'à New York ça se prononce Epstein tout simplement. Il a clairement dit que c'était la question de la russification du nom. Mais je vais vous dire, il l'a redit à Perpignan. Appelez-le Epstein ou Epstein, ça n'a aucune importance pour nous. Nous pouvons même l'appeler le pédocriminel. La question qui a été posée par Jean-Luc Mélenchon, c'est pourquoi y a-t-il une impunité en France sur un réseau pédocriminel qui est un réseau pédocriminel euro-atlantique ? Nous sommes d'accord.
Et pourquoi est-ce qu'en Norvège, il y a une commission d'enquête parlementaire ? Pourquoi est-ce qu'aux Etats-Unis, il y a une commission d'enquête parlementaire ? Pourquoi dans nombre de pays, il y a une justice qui a été faite ? Et vous avez vu que vos collègues de Libération hier ont encore donné le témoignage de trois anciennes mannequins qui parlent de soumission chimique, de viol, de mineurs qui ont été violés et qui portent témoignage dessus. Mathilde Palot, si on revient, c'est très important ce que vous dites.
Mais si on revient, ce sont quand même vos alliés, la gauche, qui vous taxe de dérive sur les eaux brunes de l'antisémitisme. C'est votre leader qui fait par trois fois des jeux de mots, qui font rire la salle sur des noms à consonance juive. Est-ce que c'est imaginable ? Que dirait-on, que diriez-vous si l'extrême droite faisait rire sur des noms à consonance arabe, à consonance juive, à consonance que sais-je ?
Mais nous n'avons pas fait de blague sur des noms à consonance juive. Je veux que vous le compreniez. Nous n'avons pas fait de blague.
Ça a visiblement mal été compris, y compris par la gauche.
Vous entendez toutes les critiques ? Non, en fait, d'abord, moi je vais le dire, je suis choquée qu'on ait parlé outre mesure de Epstein-Epstein, c'est-à-dire une question de prononciation sur un scandale mondial.
Jérémy Corbyn, en 2020, s'est fait suspendre du Labour. Pourquoi également dans le paquet, il est accusé de complaisance vis-à-vis d'antisémitisme. Vous avez raison, parce que c'est les mêmes dynamiques qui sont utilisées
contre nombre de leaders de gauche radicale. Et il y avait le fait qu'il a prononcé Epstein au lieu d'Epstein. Oui, oui, moi je trouve ça choquant qu'on passe plus de temps sur la prononciation plutôt que d'aller demander pourquoi est-ce que notre commission d'enquête que nous avons déposée avec Antoine Léaumant et Daniel Obonou ne se fait toujours pas en France. Pourquoi ? Parce que c'est important de savoir si elle est faite en site sémit ou pas. Il y a des victimes françaises en fait de ce scandale. Donc, à un moment, il faut quand même revenir à la raison de ce qui est en train de se passer. Et pourquoi est-ce que le Parti Socialiste est en train de faire une erreur historique ?
D'abord parce qu'en moins d'une semaine, nous avons une marche néo-nazie qui a été autorisée. Nous avons une candidate LR qui assume partager les valeurs du pétainisme. Et nous avons une ministre d'État qui utilise un concept maurassien pour nous qualifier. Mais en plus de ça, appelle le Rassemblement national à se désister lorsque la France insoumise peut gagner des villes, c'est-à-dire à un accord électoral avec l'extrême droite. Donc, il faut revenir sur les faits.
Mais justement, les faits, on peut les prendre autrement. Puisque vous dites que Jean-Luc Mélenchon n'a pas plaisanté ou n'a pas fait exprès. Si on vous prend au mot, peut-être. Il reste que des centaines de personnes dans la salle, dans les salles, rient. Est-ce que ces rires vous ont dérangé ?
Vous étiez à Perpignan, n'est-ce pas ? Oui, tout à fait. Vous étiez sur l'estrade. Mais pourquoi est-ce qu'on était à Perpignan ? Vous pouvez rappeler pourquoi est-ce qu'on était à Perpignan ? Pour lutter contre les héritiers de Jean-Marie Le Pen. Vous ont dérangé. Mais personne ne rit de blagues de non-juifs. Vous dites n'importe quoi. Vous dites n'importe quoi. Il s'est trompé sur le nom de M. Glucksmann.
Alors pourquoi les gens rient d'après vous ?
Pourquoi vos militants rient ? Écoutez-moi. Il s'est repris immédiatement. Il s'en est excusé derrière. Et derrière, il a dit, il faut que je fasse attention sur les noms parce que je me suis déjà trompé sur d'autres. Il s'est trompé au moins sur cinq noms propres. On ne l'y reprendra plus. Et à ce moment-là, il dit, sinon les médias vont en avoir pour dix jours derrière. Ce qui est exactement ce qui est en train de se passer. Alors on va arrêter sur les noms. Non, non, juste l'effet. La Commission nationale consultative des droits humains dit que ce qui est prédominant dans l'antisémitisme aujourd'hui, c'est l'extrême droite.
Donc attention au renversement de valeur qui est en train de se faire dans ce pays. Nous sommes dans une situation qui est grave. De bascule fasciste. Et y compris avec une bascule de toute la droite qui n'a plus rien de républicain. Et y compris même de ministres d'Etat. Donc lorsqu'on essaye d'inverser ce qui s'est passé en 2024, où il y a eu un barrage républicain contre l'extrême droite, et ce sont les quartiers populaires, la jeunesse, les militants politiques, syndicaux associatifs, qui ont sauvé la République de l'extrême droite, tentaient de l'inverser aussi rapidement.
J'allère toutes les consciences sur le fait qu'il est en train de se passer quelque chose de grave dans ce pays et que nous ne cèderons pas un pouce face à l'extrême droite.
Il ne s'agit pas de nom, mais il s'agit encore d'antisémitisme. Vous avez peut-être vu passer le tweet de la candidate LFI à Paris, Sophia Chikirou. Elle répond à un collectif qui s'appelle Golem, qui se présente comme des juifs de gauche, et qui demande, Jean-Luc, comment ça se prononce antisémite ? Vous me direz, apparemment c'est un collage qui était devant le siège de LFI. Jean-Luc, comment ça se prononce antisémite ? Sophia Chikirou tweet, ça se prononce Free Palestine, libérer la Palestine. Alors est-ce que c'est vrai que ça se prononce comme ça ? Est-ce que c'est la bonne réponse ?
Écoutez, nous avons un désaccord avec le collectif Golem qui depuis plus de deux ans refuse de qualifier ce qui se passe à Gaza de génocide. Donc c'est cela que Sophia Chikirou met en exergue. Mais je vais vous dire...
Est-ce que la libération de la Palestine justifie l'antisémitisme ? L'antisémitisme se prononce Free Palestine, dit Sophia Chikirou. Non, je vais même vous dire le contraire.
Nous, nous sommes de ceux qui, dans notre essence même, dans ce que nous sommes, combattons tous les racismes, sans les opposer ni les hiérarchiser. Et ce que nous avons toujours dit, mais toujours, et que nous continuerons de dire, c'est que c'est justement l'assimilation de nos concitoyens juifs qui les met en danger, l'assimilation avec la politique génocidaire de Netanyahou, et que nous refuserons cela à tout moment.
Donc elle a une raison Sophia Chikirou ?
C'est une bonne réponse. C'est un débat que nous avons avec Golem et je suis moi très fière de continuer la discussion et nombre de combats, notamment de manifestations, aux côtés de collectifs comme SEDEC, comme l'Union juive pour la paix, et comme beaucoup d'autres voix qui s'expriment pour dire que nous ne combattons pas le génocide à Gaza pour je ne sais quel antisémitisme, mais parce que nous défendons notre humanité commune. Voilà ce qui est en jeu dans le génocide à Gaza.
J'en reviens aux divergences qui vous séparent avec vos partenaires ou ex-partenaires de gauche. Le PS écrit aussi que l'absence de désolidarisation de la France insoumise avec la jeune garde dont certaines pratiques ont conduit à la mort d'un homme est inacceptable. On le rappelle, Quentin de Roque, militant d'extrême droite tabassé à mort à Lyon, des jeunes antifemmes mis en examen, dont deux collaborateurs ou anciens collaborateurs parlementaires de votre collègue Raphaël Arnaud, lui-même fondateur du groupe La Jeune Garde. Jusqu'à présent, vous avez tout assumé, tous vos liens avec la jeune garde. Est-ce que vous comptez vous désolidariser ou est-ce que vous continuez ?
Je crois que ce qui est grave, c'est de se désolidariser du combat antifasciste dans le moment qu'on est en train de vivre. Quand vous avez Olivier Faure, qui se voit quand même obligé de modifier sa note de blog, tellement ça a fait scandale, qui met dos à dos les fascistes et les antifascistes, je crois que c'est très grave. Et j'alerte, l'extrême droite ne gagne pas seulement quand la droite est en train de limiter, l'extrême droite gagne quand ceux qui sont censés être ses adversaires rentrent dans son cadre. Et je le dis, il n'y aura jamais aucune équivalence entre les fascistes et les antifascistes. Et s'il y a des antifascistes, c'est parce qu'il y a du fascisme.
Il ne s'agit pas de refaire l'histoire du combat antifasciste, il s'agit de parler de faits et de collaborateurs parlementaires. Oui, et bien dans les faits, des députés de votre groupe qui sont mis en examen pour homicide volontaire.
Vous avez raison, non, non, déjà il y a un collaborateur, si vous reprenez les faits, un autre a été auditionné seulement, donc on va reprendre les faits sérieusement.
Il y en a un qui est mis en examen pour homicide volontaire.
Non, qui n'a pas porté les coups. Un ancien collaborateur. Un autre qui n'est plus collaborateur, qui n'est pas accusé d'avoir porté les coups mortels. Donc on va reprendre les choses. Il l'était quelques jours avant encore. Et l'autre qui a été seulement auditionné. Ça c'est la première chose. Deuxième chose sur cette question-là, vous disiez quoi juste avant, excusez-moi, sur... Est-ce que vous êtes fier de votre travail ? Sur la jeune garde, excusez-moi, parce que c'est quand même important. Sur la jeune garde, vous n'avez aucun fait qui montre que la jeune garde est impliquée en tant qu'organisation dedans.
D'abord parce qu'elle a été dissoute, et ensuite parce que même la justice ni le procureur ne disent ça. Donc moi j'aimerais bien que chacun et chacune ne s'improvose pas procureur, juge, enquêteur, et qu'on respecte les faits. Et je crois que ce que fait le Parti Socialiste est très grave dans le moment politique que nous vivons.
Vous êtes fier de travailler avec Raphaël Arnaud, toujours ? Aujourd'hui, toujours.
L'EPS qui dit aussi, il n'y aura pas d'accord au municipal avec les insoumis, qui appelle localement ses militants à se désolidariser. Qu'est-ce que vous répondez ?
Moi j'appelle les militants socialistes à refuser une ligne qui viserait à laisser gagner la droite et l'extrême droite dans les municipalités. Et nous, nous avons dit quelque chose d'extrêmement clair. Nous avons dit que si nous sommes en tête au premier tour lors des élections municipales, les 15 et 22 mars prochains, que si nous sommes en tête, nous créerons les conditions de rassemblement avec les autres listes de gauche, là où la droite et l'extrême droite peuvent gagner.
Est-ce que vous les créez en ce moment ?
Oui, nous au moins on est clairs. Par contre, la question qui est posée en face, elle n'est pas claire. La réponse n'est pas claire, vous le voyez. Donc moi je le dis, le seul vote qui permet non seulement d'affirmer la censure populaire, l'antifascisme, mais aussi d'inventer un autre monde et de mettre la gauche en tête, voire en position de gagner,
c'est le vote pour la France insoumise. Vous partez en solitaire avec des listes dans presque toutes les communes désormais, ce que vous n'avez jamais fait les filles jusqu'à présent dans l'histoire des élections municipales. 23 des 42 villes de plus de 100 000 habitants aujourd'hui en France sont dirigées par les socialistes, les écologistes ou les communistes dans des majorités plurielles, avec parfois d'ailleurs la France insoumise. Est-ce que vous souhaitez vraiment leur victoire ? Est-ce que vous souhaitez vraiment qu'ils gardent ces villes ?
Non, je vais vous donner un scoop, mais quand on se présente à une élection, nous souhaitons la victoire de nos listes que nous tournons.
Quitte à faire perdre la gauche à Paris, à Marseille par exemple, et de plus grande ville de France.
Je viens de vous expliquer qu'au second tour, nous créerons les conditions du rassemblement et que ce sont eux qui ne sont pas clairs sur cette question. Donc, pour que la gauche gagne, il faut pouvoir voter pour les listes insoumises.
Quelle est votre question ? Sophia Chikirou ne se maintiendra pas à Paris au second tour ?
Je vais vous dire quelque chose qui ne m'a pas surpris, parce que je comprends bien ce qu'il y a derrière, qui m'a beaucoup surprise dans le communiqué du Parti Socialiste, c'est qu'ils expliquent que maintenant la tradition à gauche, ce serait le désistement. Il existe une tradition contre l'extrême droite, par exemple, pour faire en sorte que l'extrême droite ne gagne pas, de se désister. Mais quelle est la tradition à gauche ? Le rassemblement. Ce n'est pas le désistement. Et si certains pensent qu'ils peuvent gagner des villes ou garder des villes sans les insoumis, je crois qu'ils font une grave erreur.
Et donc, je le dis, pour l'union de la gauche, pour faire en sorte que la gauche gagne, il faut encore une fois voter insoumis.
Vous voyez bien encore une fois que Jean-Luc Mélenchon ne crée pas les conditions du rassemblement aujourd'hui. Est-ce que vous croyez vraiment que les électeurs de gauche dites classiques, on va dire, finiront par se rallier vraiment au second tour, s'il y a second tour en 2027 ?
Vous trouvez que quand, par exemple, des cadres du Parti Socialiste expliquent que Jean-Luc Mélenchon ressemble à Jean-Marie Le Pen, dont nous nous rappelons que c'était un tortionnaire d'Algériens, que c'était un négationniste multicondamné, qu'il a créé le parti du FN à l'époque avec des Waffen-SS, vous croyez que ça, c'est des conditions de rassemblement ? Ils faisaient des blagues sur les noms à Consolence-Ville ? Non, non, non, il ne fait pas des blagues, je vous ai expliqué ça tout à l'heure, mais on peut revenir dessus, il n'y a pas de problème, je peux réexpliquer autant de fois qu'il le faudra.
Donc, je vais vous dire, nous, nous avons un programme, nous proposons la cantine gratuite pour qu'il n'y ait plus un enfant sur cinq qui aille le ventre vide à l'école et qui ne mange pas à sa faim. Nous proposons de mettre en place des référendums d'initiatives citoyennes. Nous proposons de faire des villes qui sont à la hauteur de l'urgence écologique. Bon, je crois qu'ensuite, chacun et chacune peut se déterminer sur cette question-là.
Au premier tour des municipales dans 11 jours, donc merci beaucoup Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne et présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale.
Mathilde Panot