Anasse Kazib au micro d'Eric Brunet après le vote de 95% de cheminots contre la réforme de la SNCF
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Allez, on va retrouver devant justement le Stade de France, je vous en parlais tout à l'heure, Anas Kazib, qui est délégué syndical Sudrail. Bonjour Anas. Bonjour.
Bonjour. Bon alors, d'abord, 95%, il n'y avait pas tellement de doutes, vous n'avez pas passé une mauvaise nuit cette nuit en vous disant « Mon Dieu, pourvu qu'on soit majoritaire », vous saviez que c'était parti gagner. On s'attendait à des chiffres du même style, c'est-à-dire qu'il y a au moins 9 cheminots sur 10 qui se sont mis au moins une journée de grève depuis le début du mouvement, donc oui, on ne pense pas que les cheminots, subitement, ils allaient devenir pro-réforme.
Oui. Alors, les mauvaises langues, et j'en fais partie, disent « Bon, les cheminots, d'accord, sont contre la réforme, mais ils sont surtout, surtout, et c'est ce qui les mobilise, pour le maintien de leur statut. » Bon, c'est vrai que les deux sont un peu convergents.
Les gens sont surtout battus, j'imagine, pour le maintien du statut, parce que le côté « c'est le service public qu'on assassine », bon, c'est un peu tiré par les cheveux. Le vrai sujet, c'est que vous voulez garder votre statut, Anas Kazib. Non, on se bat pour tout, on se bat avant tout pour un service public de haut niveau, c'est-à-dire que le service public, il est lié à notre travail.
Plus le service public est dégradé, plus on ferme des gares, plus on ferme des lignes, parce que M. Tjebari, il se cache bien de dire qu'il y a 9000 km de lignes et 190 gares issus du rapport Spinetta qui sont toujours menacés. C'est ce qu'on appelle la péréquation à la SLCF.
On peut en parler autant que vous voulez, je n'ai pas de problème avec ça. C'est la péréquation, c'est les lignes rentables qui financent les lignes non rentables. Et ça, ce système-là, on l'a préservé.
Il y a une petite sirène de Pompée qui passait. Donc je disais que c'est la péréquation, le système n'est pas garanti. Puis derrière, les 9000 km de lignes, on renvoie le financement à des régions qui sont déjà sur-endettées.
Donc à un moment donné, on ne parle pas de ce côté-là de l'iceberg. Et puis, de l'autre côté, c'est en quoi ça va réformer le système ferroviaire, en quoi le français lambda, l'usager lambda, demain, il va avoir des trains de meilleure qualité, un prix défiant toute concurrence, et puis une régularité sans précédent. Avec quoi ?
Ce n'est pas le statut des cheminots. Le statut des cheminots, ça n'a rien à voir. Ça n'a rien à voir.
Non, non, mais Anas, je vais passer sur cette question. Je vais passer, non, juste une chose. Juste une chose, Anas Kassib, après, je vous rends le micro.
Dites, moi, c'est un de mes sujets, moi. J'en veux un peu au monde syndical de la SNCF, sur un point, sur un point. C'est que, dans le discours syndical, attention, je fais court, c'est le service public qu'on assassine, vous avez un petit peu masqué, sciemment ou pas, la réalité de la concurrence dans le ferroviaire.
La concurrence dans le ferroviaire, elle existe en Suède depuis 1992, donc on a plus de 25 ans pour regarder les choses. Et le rapport de la RAFER, qui est le CSA du ferroviaire en France, l'instance de régulation, avec des mecs brillants, ils ont observé tous les systèmes européens. Bon, vous ne les aimez pas, mais en tout cas, les mecs sociaux...
Il y a à boire et à manger dans la RAFER. Qu'est-ce qu'ils disent ? Avec le nombre de concomitants, c'est Éric Brunet, le nombre de concomitants entre réseau et mobilité, où au final, mobilité, c'est des contrats à réseau, pour essayer de faire le travail de réseau, où on a des agents de circulation, par exemple, comme moi, qui travaillons pour l'Épig réseau, et qui donnent au départ pour des entités privées, telles que Transilien, etc., pour des entités de SNCF Mobilité, la RAFER, elle ferme les yeux.
Donc la RAFER, non, juste, je n'y avais pas fini, parce qu'on va se demander pourquoi j'ai dit ça. Non, mais juste, Anas...
On a des polices de coffret à policiers. Non, non, on s'éloigne, on s'éloigne du truc. Anas, c'est-à-dire, bon, cette instance de régulation française...
Vous prenez des mauvais exemples, Éric Brunet. Attendez, mais je n'ai pas terminé. Allez-y, allez-y.
Elle dit, la RAFER, qui est encore une fois le CSA du ferroviaire en France, voilà, l'autorité, l'arbitre, on pourrait dire, du ferroviaire, dit...
Le régulateur. Le régulateur, partout où on a regardé, il y a l'arrivée de la concurrence à amener plus de trains, des rames beaucoup plus modernes, moins anciennes, plus de liaisons ferroviaires, plus d'usagers, alors qu'à la SNCF, ça avait tendance à baisser, plus d'usagers, etc. Dans certains endroits, des baisses de tarifs.
Dans d'autres, il faut être honnête, des hausses de tarifs. Mais à part cette question de certaines hausses de tarifs qu'on a pu observer, sur la qualité du réseau, sur le nombre d'utilisateurs, sur la vétusté, sur tous les sujets, sur la qualité, sur la sécurité, ils disent, l'arrivée de la concurrence dans plus de 10 pays d'Europe a été bénéfique, a été un bienfait. Et je vous jure que ce n'était pas le discours syndical.
Et je peux vous répondre, il n'y a aucun réseau européen qui équivaut au réseau français, d'accord ? Non, pas d'accord. Pas d'accord.
Bah écoutez, en termes de kilomètres de voie, on a 30 000 km. Oui, oui. La Deutsche Bahn, 40 000.
La Deutsche Bahn, 40 000. La Deutsche Bahn, 40 000 avec des voitures plus modernes. Oui, mais la Deutsche Bahn, il n'y a pas un réseau de lignes à grande vitesse comme celui de la France.
Quand on regarde l'intra-urban entre la France et l'Allemagne, c'est incomparable. C'est-à-dire que le passe-navigo, par exemple, parisien, par rapport au passe-navigo tel qui peut exister à Berlin ou dans d'autres villes, il est deux à trois fois plus cher qu'en France. Mais parce qu'on subventionne beaucoup plus en France.
Non, mais c'est pas mal, mais c'est un fait. Faites pas les questions et les réponses, M. Brunet.
L'équivalent de Carveille et Seul, Garde-Lyon, c'est 60 km, c'est Londres-Cambridge. Londres-Cambridge, c'est 6 000 euros l'abonnement annuel. Et vous parlez d'un modèle, le modèle anglais, qui n'est pas du tout...
Vous parlez d'un modèle qui s'est privatisé. Je vais juste répondre. Attends, attends, attends, attends, attends.
Ça ne peut pas être un monologue. C'est un monologue. Mais non, ce n'est pas un monologue.
Ah si, je vous jure, on peut vous répondre quand même sur différents sujets. Je vous écoutais sagement, mais je vous dis simplement que votre comparaison de l'art à faire, elle est fausse. Enfin, vous parlez des cheminots qui défendent leur statut et que vous ne les considérez pas comme des privilégiés.
Mais le fait de justement en parler systématiquement comme quoi ce sont des personnes corporatrices qui ne défendent que leur petit précaré et que derrière, ils n'en ont rien attiré du système ferroviaire ou quoi que ce soit. Jamais, jamais personne, ni du Parlement, ni du gouvernement ne dit ça. Jamais personne.
Écoutez, en tout cas, c'est la première chose dont vous avez parlé, c'est de mettre le statut au cœur des choses. Non, on a parlé de reprendre la vête de la SNCF, d'investir sur le réseau, d'améliorer la qualité de service. On a parlé de tout ça et c'est l'essentiel.
C'est l'essentiel, c'est vous qui avez fait de la réforme du statut, l'alpha et l'oméga de la réforme. C'est un des éléments de la réforme. C'est un élément pour que la SNCF soit sur un pied d'égalité avec les autres opérateurs en concurrence.
L'amabilité de m'écouter, s'il vous plaît, vous avez parlé au moins un quart d'heure. Laissez-moi juste...
Vous aussi, vous avez bien parlé dans la première partie. On n'a pas entendu Djébari Messy. Allez-y, parlez.
Allez-y, utilisez à bon escient votre temps de parole. Alors, Anas Kazib, on vous écoute. À un moment donné, quand on a un rapport Spinetta où M.
Spinetta dit qu'on lui avait donné un an et qu'au final, on lui a donné six mois et qu'après, on lui a donné trois mois et qu'au final, lui-même critique le fait que son rapport, il est complètement pompé de ce que la direction SNCF a dans les tiroirs depuis un certain temps, on doit se remettre en question. La deuxième chose, c'est qu'on parle de démocratie perpétuellement. Vous avez dit qu'il y a trois quarts des personnes, des sondés chez vous, M.
Brunet, qui pensent que c'est un coup de com'. Je pense qu'on est autant à trouver que la présidentielle de M. Macron, c'est un sacré coup de com'.
D'accord ? Parce que quand on a...
Ça veut dire quoi ? Vous contestez la légitimité de la démocratie ? C'est ça que vous contestez ?
Moi, à un moment donné, je n'ai pas voté pour M. Macron et on est un certain nombre, on est plus de 60% des Français à ne pas avoir mis un plus d'un pour Emmanuel Macron. Il est arrivé premier, au bout d'un coup, premier ou deux états.
Pourquoi vous faites ça ? Mais ça n'a rien à voir, là. Je veux bien qu'on fasse...
C'est une autre émission, mais tous les Français ont voté pour Macron alors que tous les Français n'ont pas voté dans votre référentum, votre action. M. Brunet, M.
Brunet, à un moment donné, quand il y a 70% des salariés, c'est une entreprise qui manque massivement leur désaccord et qu'on ne tient pas en compte leur avis. C'est-à-dire qu'il y a les cinq champs et il y a ceux qui ne savent rien, comme disait M. Macron.
Dans une gare, on croit ceux qui sont tous et ceux qui ne sont rien. Donc, à un moment donné, c'est un 70% de ces salariés. Ça représente plus de 100 000 salariés qui ne sont dans le pas de cette réforme ferroviaire.
Parce qu'on travaille, on conduit les trains, on les répare, on répare le réseau, on vend les tickets, etc., etc. On fait les cuillages.
On est les premiers, on est en première ligne. Et que nous, on est en première ligne et qu'on dit non, on va nous dire que vous comprenez...
Je n'ai pas d'accord. On nous a mis des députés et des cadres cubes qui ne sortent de nulle part. Ils étaient 70 personnes ferroviaires à l'Assemblée nationale, 70 députés qui ont voté l'une des réformes les plus importantes du cas qu'il y a Macron. 454 députés sur...
Non, mais soyez un peu précis sur les chiffres. Non, mais attendez. Soyez un peu précis sur les chiffres.
Je fais combien, M. Dribari ? 84 chiffres.
Donc, à un moment, ne dites pas des choses comme quoi...
Non, mais moi, j'y étais. J'y étais, j'ai voté, j'ai vu ce qui s'est passé. On avait 454 députés qui ont voté oui sur la réforme ferroviaire.
Point. Enfin, je s'en fais. Vous pourrez mettre...
Anas, je veux bien vous donner...
Anas Casib, non, mais moi, je veux bien vous donner du temps de parole, mais ordonnez ce que vous avez à dire. Moi, je...
Bon, alors, vous êtes contre cette mesure, on l'a bien compris. Bon, vous êtes contre cette transformation de la SNCF, on l'a bien compris. La question, c'est qu'est-ce qu'il faut faire pour sauver la SNCF ?
Qu'est-ce qu'il faut faire ? Il y a 54 milliards de déficits. Monsieur Brunet, je ne suis pas à la CGT, d'accord ?
La CGT a posé un dossier qui s'appelle FRER, c'est-à-dire était de proposer un autre système ferroviaire. Chez Sudrail, on a actions qui ont été faites pour améliorer le système ferroviaire. Mais chez Sudrail, la CGT vous proposez de revenir à un monopole public, et vous savez très bien qu'on est dans le cadre de l'ouverture de la concurrence, encore une fois...
Vous savez, je ne crois pas que c'est en ayant des discours caricaturaux que vous serez particulièrement audibles.
Anasse Kazib