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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 29 septembre 2026 25 minComplaisantDivertissementNumériqueEnvironnement & énergie

Sommes-nous PRISONNIERS de nos VIES ENCAPSULÉES ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:28OuverteRéponse directe

    Bonsoir Pascal Chabot. Bonsoir Matthéo Carentin. Vous êtes philosophe...

  • 2:11OuverteRéponse directe

    La maison brûle toujours dit-il et on regarde nos téléphones. Qu'en pensez-vous Pascal Chabot ?

  • 3:38OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que c'est la capsule ?

  • 5:02OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui est nouveau dans ce cadre-là ?

  • 5:41OuverteRéponse directe

    Vous parlez d'un dome cognitif...

  • 7:52OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous vous essayez de trouver des pistes de rendre cette philosophie technique... en une philosophie pratique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:11non_speechFait
    « La maison brûle toujours dit-il et on regarde nos téléphones. »
  • 4:22non_speechFait
    « C'est le paradoxe qu'il faut penser, c'est que nous parlons sans cesse d'écologie, nous parlons sans cesse de la nature, mais nous sommes le plus souvent dans des espaces où de nature il n'y a que nos corps. »
  • 5:41non_speechFait
    « La grande nouveauté, c'est la capacité de connexion à l'intérieur des capsules. »
  • 19:21non_speechFait
    « Dans la capsule, on cherche uniquement l'utile. On fonctionne en utilitariste et on veut toujours tout optimiser. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Locuteur

Qui se souvient encore des walkman cette innovation de ce reportage d'antenne 2 de 1981 ces petite boîte qui permettait chose inédites alors de transporter sa musique de filtrer le réel partout tout le temps, même dehors, même dans le métro comme nous venons de l'entendre aujourd'hui. Cette analogique pourraient nous faire sourire car ce sont d'autres petites boîtes qui nous accompagnent,

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Non speech

[musique]

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Locuteur

quient notre attention, qui nous maintiennent en permanence à l'intérieur d'un monde mais qui et c'est le paradoxe nous ouvre. également sur le monde. À l'heure du tout numérique des applications et de l'intelligence artificielle, la frontière entre le dedans et le dehors se transforme à toute vitesse et nous passons une grande partie de nos vies assis dans des espaces confinés, calefeutré à la juste température comme ce studio de France Culture me disait l'invité de ce soir, de l'appartement au transport, du bureau à la chambre d'hôtel. Autant de capsules, nous dit-il, qui s'imbriquent les unes les autres et rendent la vie confortable, mais peut-être légèrement inquiétante.

À l'heure de la multiplication des [musique] guerres et du changement climatique, la maison brûle et nous nous regardons nos téléphones portables. Alors, comment s'opère la mise en capsule de nos existences ? Sommes-nous piégés par la technologie ? Est-il encore temps de sortir de nos vis encapsulées ? C'est le sujet de l'émission de ce soir.

1:19
Non speech

[musique] [musique]

1:28
Locuteur

Bonsoir Pascal Chabot. Bonsoir Matthéo Carentin. Vous êtes philosophe, professeur de philosophie à l'IX, l'Institut des hautes études des communication sociale à Bruxelles. Vous vous intéressez à la technique comme champ de réflexion philosophique depuis de nombreuses années, notamment sur ces conséquences temporelles, mais là vous venez de publier nos vises encapsulées. Quel devenir pour l'humanité auprès universitaire de France ? Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.

Avant de décortiquer ensemble cette idée de capsule que vous développez dans votre essai, Pascal Chabo, je souhaiterais vous faire réagir sur cette trouvaille du scénariste Éric Benzekri qui détourne la célèbre phrase de Jacques Chirac. La maison brûle et on regarde ailleurs en La maison brûle toujours dit-il et on regarde nos téléphones. Qu'en pensez-vous Pascal Chabot ? C'est une un excellent détournement.

C'est tout à fait juste que euh quelque chose qui est les maisons individuelles qui abritent sont en train de de brûler et au-delà de ça la giga capsule qu'est la terre parce que son atmosphère protectrice est quand même le premier bien des des humains qui est détraqué pour le moment qui est profondément inquiétant et malgré tout cela effectivement comme dans un réflexe qui nous fait nous tourner uniquement vers nous-mêmes et qui nous empêche de regarder beaucoup plus loin. Nous sommes rivés à l'écran en permanence, rivés à nos téléphones, rivés à nos à nos à nos à nos messages.

Mais il faut dire une chose, il faut dire que psychiquement la Terre elle-même est très très difficile à penser et quelque chose comme une certaine impuissance aussi nous prend, nous émeux et il y a quelque chose dans la manière de se de se retrancher dans les conversations quotidiennes qui est rassurant. Mais nous savons que cette rassurance n'est pas suffisante et qu'il faut à tout prix sortir justement de ces petits espaces qu'on confinés. Alors, qu'est-ce que c'est la capsule ? C'est le téléphone, c'est la maison, c'est la voiture. Comment est-ce que vous définez ?

Parce que ce sont des objets qui ont des fonctions très différentes, des natures très différentes, des matériaux très différents et des finitudes, des intentions très différentes dans la manière dont tu les utilises. Oui, en latin, Capsa c'est la boîte. C'est la boîte et c'est la boîte dans laquelle nous résidons. Et très souvent nous vivons, nous passons nos journées dans un appartement, un métro, un bureau où il y a des parois de verre, des parois de béton où nous sommes assis. Les les les humains contemporains sont des des grands assis en permanence et nous avons un écran.

On peut dire que travailler c'est souvent être assis devant un écran du côté euh de de la vitre où règne l'air conditionné ou le conditionnement atmosphérique dans bien des des des travaux intellectuels en tout cas. Et ces capsules sont des espaces de protection et des espaces où on est connecté en en permanence qui sont loin de la nature. C'est ça tout le paradoxe de l'époque. C'est le paradoxe qu'il faut penser, c'est que nous parlons sans cesse d'écologie, nous parlons sans cesse de la nature, mais nous sommes le plus souvent dans des espaces où de nature il n'y a que nos corps, nos bon vieux corps humains et toutes les bactéries embarquées.

Mais il y a même plus de plantes vertes qui font semblant d'être d'être vertes. parfois un animal humanisé, un animal domestique, mais nous sommes loin de la nature. Et la capsule, c'est ça précisément, c'est cet espace qui ceinture, cet espace qui protège, cet espace qui nous enferme. Mais la protection est un enfermement et elle elle n'est pas elle n'est pas condamnable a priori toute l'omunisation est un processus, je ne dis pas de retranchement de la nature mais de de constitution d'un quant à soi humain dans lequel on est mis à distance de ce qui pourrait nous nuire.

Alors, c'est intéressant ce que vous dites parce qu'effectivement, on pourrait se dire qu'il n'y a rien d'inédit là-dedans, que l'humain a toujours cherché euh le refuge, l'encapsulement. Qu'est-ce qui est euh nouveau dans ce cadre-là ? Et du coup, pourquoi aller chercher un nouveau terme pour essayer de décrire quelque chose qui serait finalement, vous le dites, dans la nature humaine ? La grande nouveauté, c'est la capacité de connexion à l'intérieur des capsules.

Car effectivement, le retranchement qui soit dans une grotte, dans une habitation ou dans une chambre, comme disait Pascal, tout le malheur du monde vient de ce qu'on ne peut pas rester en paix dans une chambre, phrase que nous avons détesté pendant le confinement. Mais donc tous ces processus euh de recherche d'un dedans ont existé depuis euh de depuis toujours et l'architecture remporte le témoignage. Cependant, il y a quelque chose de de solitaire et de lassant dans cette solitude euh encapsulée qui est euh transformée aujourd'hui parce que même à l'intérieur de ces lieux clos, nous sommes connectés en permanence aux autres via l'écran, aux surconscients numériques.

J'essaie de de parler d'un d'un branchement aux surconscients numériques et la capsule donc dans laquelle nous résidons, elle est en phase avec le reste de la planète et c'est ça qui est tout nouveau et c'est peut-être pour ça que nous pouvons rester beaucoup plus longtemps dans des espaces clos. C'est parce que nous avons l'illusion d'un dehors et une réelle communication avec toute une série de de personnes qui sont dehors. Ce dehors, c'est le surconscient. C'est ça. Vous parlez d'un dome cognitif dans lequel on aurait accès au monde, aux informations et aux échanges. Oui.

Euh l'époque mut et la philosophie aussi doit trouver des néologismes et doit fournir à la à la pensée, à la culture quelques essais, du moins de nouvelles manières de nommer des réalités. Je pense que nous sommes de moins en moins connectés à notre inconscient. Vous prenez un écran, vous êtes sur votre téléphone, ben votre inconscient n'est pas très opérant et encore moins votre corps. Il y a moyen d'oublier son corps pendant assez longtemps en en passant en revue les réseaux et puis parfois de ranger son téléphone en étant un peu choqué d'être au monde là. Tiens, on se on se retrouve c'est vrai, je suis d'ici, l'espace a disparu.

Peut-être raté une une station de métro pour un pour un jeu téléphonique très souvent et parce que on n'est plus connecté justement à ce corps ni à cette attention au présent. cette attention au monde mais on est par le surconscient numérique dô d'information dô de réseau dô extrêmement puissants polarisé par l'intelligence artificielle qui oriente tous ces contenus de plus en plus vers notre conscience et la réalité contemporaine c'est tout de même de plus en plus un dialogue entre le conscient et le surconscient numérique au détriment de ce bon vieux dialogue qui a fait l'humanité entre conscience et inconscient.

Alors, je suis pas là en parlant d'une nostalgie comme si euh il n'y avait que le dialogue conscient inconscient qui pouvait être riche. On sait bien que ça veut dire qu'on est dans une période, pardonnez-moi de vous interrompre, post ppsychanalytique. C'est ça. On est probablement dans une période post-ps psychanalytique où le sujet se cherche et je pense que euh là aussi un n éologisme peut-être tenté. Plus que les les sujets, on est souvent des objets. Le hub c'est le nœud. Hub en anglais, c'est le c'est le nœud.

C'est le centre névralgique où des flux entrant et des flux sortants sortent euh se se se se se croisent et et se traverse et il me semble que très souvent après des heures et des heures de travail par exemple, on a l'impression qu'on est au croisement de d'informations entrantes et de de de stimulus sortant et quelque chose comme le sujet est difficile à penser dans ce branchement au surconscient numérique. Et c'est ça aussi la réalité des capsules, c'est que nous sommes bombardés d'information, que notre attention est sans cesse sollicitée et que quelque chose comme le je pense est difficile à trouver. Vous savez, il y a eu des capsules dans l'histoire de la philosophie.

Chez l'emnitz, par exemple, l'invention de la monade qui est un génial apax, il n'y a que une utilisation du mot monade dans toute l'histoire de la philosophie. On connaît des diades, on connait des triades, mais des monades, il y en a qu'une. C'était cette âme qui reflétait le monde tout entier et qui était proprement pour chacun pour par chaque pour chaque individu.

Je me permets de de vous poser cette question peut-être un peu plus personnelle Pascal Chabau parce que vous nous expliquez tout cela avec un grand sourire et énormément d'énergie et pourtant c'est tout à fait ça pourrait être tout à fait déprimant de se dire que l'accès même au je pense est devenu impossible impossible en tout cas difficile rendu difficile par cet encapsulement de nos expériences de de de nos vies non seulement je pense mais aussi même l'accès à une expérience du monde physique sensible. Mais je pense que le je pense précisément a toujours été une conquête.

Il a toujours dû être conquis dans des situations anciennes où la conscience était dictée et pilotée par des dogmes, par des institutions et autres. Il faut pas romantiser une culture ancienne où le je pense aurait été sur un piédestal et parfaitement partagé. Il a toujours donc dû être euh incorporé et pensé. Et si j'explique ceci ici, si j'explique cette cette cet encapsulement, c'est pour dire que effectivement nos technologies nous en éloignent, même si c'est de façon étrange parce que source sur circonscient numérique, justement, on peut voir des youtubeurs assez assez géniaux qui nous expliquent ce quel je pense de de de descartes.

Notre monde est un monde méta et méta du méta et cetera. On est on peut pas simplifier les choses ni avoir une une dichotomie qui nous ferait penser que l'encapsulement général est une est une nouvelle aliénation tandis que l'humanité qui était branchée à son inconscient autrefois était absolument heureuse. Elle a été capable d'atrociter aussi cette humanitélation actuelle donc d'encapsulement. Comment penser des rapports avec le dehors ? Comment penser des rapports avec soi-même ? Comment penser des rapports avec la nature ? C'est ça toute la toute la question aujourd'hui. Comment repenser le progrès à ce moment-là ?

Est-ce que c'est Lia qui nous encapsule qui est le futur de cet encapsulement ? Aujourd'hui, on pourrait l'avir là aussi dans ce dialogue entre l'humain et la technologie pour pas dire la technique tout simplement qui est devenue ventrilo un humain qui perderait la capacité de maîtrise sur ses mots, sur ses écrits, sur son discours. Très clairement, l'a euh ajoute une dimension cognitive et permet un nouveau type de délégation qui est la délégation de l'écriture, qui est la délégation de la de de la lecture et qui s'incarne de plus en plus dans une petite voie.

Vous avez remarqué que dans les ascenseurs, dans les transports et de plus en plus dans les interactions avec nos ordinateurs, une petite voix se faisait entendre qui est la petite voix pas de la conscience mais du surconscient. tu devrais faire ceci bientôt, tiens, je t'invite à écrire un mail de plus ou n'oublie pas d'appeler telle personne et cetera. Très probablement, cette petite voix va-t-elle se se développer toujours davantage ? Et c'est pas la voix de la conscience, c'est la voix d'une d'une technie. Moi, j'ai j'ai l'impression et pour bien comprendre le monde des capsules, je je propose un kiasme qui est [grognement] de dire le monde des lumières, il a deux grands piliers.

C'est autonomie. Je me donne à moi-même ma loi autonomos et technologie. Le logos, la vérité, la raison, elle est liée à notre connaissance scientifique et technique du monde. Autonomie et technologie, les lumières. Nous vivons pour le moment quelque chose comme une inversion des lumières. C'est le monde des capsules où le nomos, c'est-à-dire la loi, il est de moins en moins donné par les humains, mais il est donné par la technique elle-même. Technomie. Technomie, ce sont nos voitures qui freinent pour nous. Et le Logos, lui, la vérité euh elle est, je pense, de moins en moins euh revendiquée comme scientifique, mais ce serait une sorte d'utologie.

L'humain parle de lui sur les réseaux en permanence et bavardage continuel. Et si on en reste uniquement à cela, à autologie et technomie, c'est clair qu'on a un problème. Alors, je vous propose de se questionner justement si c'est donc de la technique et de la technologie dont il faut se défaire la voix du philosophe Gilbert Simondon. une évolution de l'objet technique qui fait que les réalités culturelles doivent être aussi contemporaines que possible de la véritable nature de l'objet. Si elle représente ce qu'était l'objet il y a 20 ans, elles conduisent à une consommation ostentatoire ou à une attitude erronée, finalement à une déception.

Alors, on charge l'objet technique, on en fait le diable au fond, on le charge de tout ce qui va mal dans la société. Alors que ce qui va mal, ça n'est pas que l'objet technique soit le mal et face aller tout le reste de travers. C'est simplement que entre l'homme et la chose, il y a un yatus, une incompréhension, une espèce de guerre. La voix de Gilbert Simondau, philosophe français disparu à la fin des années 80, philosophe sur lequel vous avez vous-même fait votre thèse, Pascal Chabot. Alors, il ne faudrait pas non plus faire de l'objet technique, le diable, dit George Simondon.

Pourtant à vous entendre, non pas on pourrait pas non pas penser que vous êtes technophobe, mais enfin vous nous dites que la technique là, en tout cas la technique telle que nous l'utilisons aujourd'hui est devenue problématique pour l'avenir de l'humanité. Elle est clairement devenue problématique, mais le tout est de savoir si c'est la technique elle-même ou une série d'intention qui mobilise la technique dans des buts qui sont différents. de de ces buts techniques. Il y a pas uniquement de la technologie mais il y a de l'économie. Il y a une réalité qui est d'abord une réalité technocapitaliste. Effectivement, nos outils techniques pour le moment sont en train de capter notre attention.

Mais il ne capte pas notre attention parce qu'il y aurait une sorte de désir technique de capter l'attention. Il capte notre attention parce que il y a toute une série de de de groupes qui savent que il y a moyen de faire énormément d'argent avec l'attention humaine et qu'elle est devenue le bien le plus le le le plus précieux. Donc donc ne regardons pas les moyens techniques comme s'ils étaient animés d'une finalité hostile, mais sachons bien que nous sommes dans des sociétés qui sont des sociétés où des pouvoirs économiques s'exercent à travers la technique et c'est ces pouvoirs eux-mêmes qu'il faut euh chercher à réguler. Idem pour la la la question de l'IA.

l'IA est et et et on voit bien qu'elle qu'elle fait partie de notre de notre futur. Mais la vraie question de l'IA, c'est le type de pouvoir qui détermine les contenus que l'IA va propager dans les consciences. Si vous avez un pouvoir qui est fondamentalement hostile à à la démocratie et qui a accès en les manipulant au type d'information que ces I euh diffusent dans la société, alors les sociétés effectivement deviendront de moins en moins démocrates. C'est là que ça se passe. La question est toujours celle du pouvoir. Elle est pas celle de la technique elle-même.

Et Simon disait très très justement, "Chaque époque doit retrouver son humanisme et pas le retrouver, reconstruire son humanisme. Quel humanisme construisons-nous aujourd'hui ?" C'est tout de même la question. Et c'est justement ce qui m'a intéressé euh beaucoup dans cet essai dont je rappelle le titre "Nos vies encapsulées, quel devenir pour l'humanité ?" Pascal Chabot essai paru au puf au presse universitaire euh de France parce que vous parlez aussi des implications sociales et politiques de cette de ces vies encapsulé. Tout le monde ne vit pas en capsule. Il faut bien du physique pour permettre les transactions, la commande de burger, de colis dans tous les sens.

Et donc il y a une sorte de nouveau prolétariat des vies encapsulées. Comment sortir alors ? Est-ce qu'il faut sortir du confort euh pour se reconnecter avec le monde comme on sortirait de la caverne et au passage travailler sur ces inégalités produites par les capsules ? Quelle est votre solution ? Est-ce que vous vous essayez de trouver des pistes de rendre cette philosophie technique qui pourrait paraître abstraite pour les auditeurs en une philosophie pratique ? Oui, c'est clair que pour moi c'est pas abstrait du tout. On est on est assis chez soi, on commande une pizza ou un burger.

Donc on on provoque toute une série d'effets dans le monde sans s'en soucier du tout et puis à un moment la pizza arrive. Il y a quelque chose comme la transaction depuis l'intérieur de la capsule qui qui est permise par la par la connexion et le fait que la la le le compte en banque soit plus ou moins plus ou moins chargé. C'est ça le monde des capsules. Mais c'est certain que un rapport au dehors doit être retrouvé. Et on a une grande formule dans l'histoire de la philosophie qui euh orchestre le rapport au deorr. Vous l'avez dit, c'est la caverne. C'est le mythe de la caverne Platon l'invente dans la République. Les humains sont aliénés au fin fond d'une grotte.

Et puis bon, il regarde sur un écran finalement la paroi de la caverne des ombres et puis le philosophe en libère l'un. l'élu qui alors monte un escalier, ce qui est vraiment le symbole de la promotion spirituelle et là découvre l'autre réalité, la lumière, la nature et euh tout est bien, sauf que il redescend, il veut libérer ses camarades et les tuer. Bon euh grande dichotomie platonicienne entre un monde de l'apparence et de l'alignation et un monde du dehors qui devrait être davantage fréquenté.

Je crois pas du tout que aujourd'hui nous puissions nous payer le luxe ni le romantisme de penser comme cela et de dire il s'agit de quitter les cavernes et de retrouver quelque chose comme une comme une nature. On est on est on est beaucoup plus plus loin et et on on sait quelque chose comme l'hypocrisie de cette manière de penser très très dévalorisante par rapport au monde quotidien. Par contre, il faut pas perdre de vue le dehors. Et l'idée que que j'essaie de développer, c'est qu'en réalité ce qu'on a besoin de cultiver et c'est ça la sortie de la capsule et la sortie de la caverne, c'est l'autre mentalité parce que les capsules elles sont faites d'une mentalité d'optimisation.

Ce n'est plus l'utile, vous dites, c'est le subtil. Voilà, c'est plus l'utile, c'est le subtil. C'est-à-dire que dans la capsule, on cherche uniquement l'utile. On fonctionne en utilitariste et on veut toujours tout optimiser. Optimiser nos corps à travers le fitness, optimiser ceci, optimiser cela en permanence tout. Par contre, le subtil c'est un autre type de rapport au monde. Soella, c'est ce qui est sous la toile en latin. Sous la toile. Et sous la toile, il y a quoi ? Il y a il y a les liens premiers.

Il y a les euh les trames et progresser dans le rapport à ces liens premiers, progresser dans le rapport à ce qui nous lie au monde, ce qui nous liit à la nature, à ce qui nous liit au mystère d'exister, à ce qui nous liit à la culture. Évidemment, tout ça c'est quelque chose qui nous qui nous projette en dehors de cet encapsulement et qui nous fait retrouver quelque chose comme une autre dynamique. Et je crois pas du tout qu'il faut aill jouer en permanence une dynamique contre une autre en disant bon le subtil tout le l'utile tout est acheté et il y a quelque chose comme une un salut par le subtil. Je pense pas du tout.

On est dans une humanité qui peut se permettre de penser à la manière de faire coexister progrès, le progrès utile et le progrès subtil. Si tent que on accepte que cette dimension subtile soit euh la plus la plus importante parce que la plus haute tout de même, c'est pas l'infrastructure matérielle qui doit déterminer les buts les buts de l'humanité. Et à partir du moment où on où où on explore cette autre dimension, cette dimension subtile, je crois que on on trouve une façon de faire exister ce qui importe véritablement. Est-ce que dans le subtil, il y a du moral ? Est-ce qu'il y a du politique ?

Est-ce que c'est dans cette dans ce progrès subtil que réside la possibilité d'action politique ? Il y a beaucoup de littérature depuis ce vingtaine siècles, d'autres concepts de la modernité liquide par exemple qui a montré comment nous trouvions dans l'incapacité aussi de créer du commun. On a parlé d'archipélisation en France et on en a beaucoup parlé d'une société qui était atomisée entre diverses communautés. Les capsules que vous décrivez dessinent un peu ce tableau-là. Comment est-ce que c'est donc par cette par ce par ce subtil par queon peut repenser le politique, le collectif ?

Je pense c'est là que c'est là qu'existe quelque chose comme la possibilité de de parler et de et de se reparler. Quelque chose qui manque euh totalement. On a vu que euh cette ces 20 dernières années-ci en en France 18000 bar tabac ont disparu. Dans ces 18000 Baraba, il y a évidemment toute une série de conversations qui étaient étaient possibles et c'était les lieux où on parlait agréablement parfois avec des gens qui ne votaient pas de la même manière et on éétait pas dans une diabolisation des opinions politiques dans dans un filtrage des opinions politiques, mais on était dans une possibilité simplement de de coexister, de faire coexister des des diversités.

Le monde des capsules politiquement est clairement un monde hyper polarisé avec des grands filtres et et on empêche cela. La la dynamique subtile est un est un moment, un état d'esprit, une mentalité ou au contraire on essaie d'aller au contact, on essaie justement de sortir de son de ces types de de de filtre pour entendre, pour écouter et pour retrouver quelque chose comme du collectif. Alors, ceci ce sont des ce sont des mots euh mais mais ça peut avoir des ancrages importants par exemple dans l'éducation. Euh je veux pas en rester uniquement au mot. Moi, je suis prof d'abord et avant tout et je vois bien qu' vous dit que c'est la capsule qui vous est cher.

C'est bien d'ailleurs l'amphithéâtre où vous donnez des cours, les Mais oui, c'est l'amphithéâtre. C'est là où circule une parole commune et de plus en plus, on croit que les étudiants peuvent étudier et suivre les cours à distance devant de de écran de leur lit et et et être uniquement connecté avec avec une qui va optimiser leur manière de savoir. Mais mais ce que l'on a entendu ensemble est d'une autre nature et là aussi il passe des des choses. Il y a quelque chose comme un lien entre ence entre un prof par exemple et et un fille qui est qui qui est important.

Pascal Chabot depuis quelques minutes, on parle de comment non pas sortir des capsules mais en transformer euh euh non l'utilité, la subtilité, comment essayer d'en faire quelque chose comme si ces capsules étaient invincibles, comme si elles ne pouvaient pas elle-même être détruite, affaiblie, minorée par le réel. Et pourtant, il y a ce monde réel, on en parlait en début d'émission, c'est le changement climatique. Est-ce que le changement, la chaleur, la canicule, la sécheresse, le la rareté des denrées pourrait être cet élément très sensible qui viendrait se rappeler à nos corps et de fait nous sortir de nos vies encapsulées.

C'est tout le paradoxe de la question car les excès climatiques que nous que nous vivons et que nous sommes euh sans doute contraint et astreint à vivre toujours davantage ont précisément pour effet de nous faire rentrer davantage dans les dans dans des capsules. C'est clair quand il fait 42 43° vous préférez votre corps appelle le rafraîchissement de l'air conditionné. Vous voyez je sais pas le Japon en été, tout le monde est a de l'air conditionné comme ici on a du on a du chauffage idem par rapport à toute une série d'autres d'autres phénomènes climatiques extrêmes.

On essaie de rentrer mais mais cela veut dire que on abandonne la terre comme si la nature était devenue l'autre dont il faut se retrancher. Et c'est une autre mentalité qui retrouve un lien avec la nature et surtout avec cette cette giga capsule qui est qui est la terre qu'il faut qu'il faut retrouver. Merci beaucoup Pascal Chabau d'être venu nous présenter votre essai et tous ces nouveaux mots qui aident à penser le contemporain, nos vises en capsul et quel devenir pour l'humanité paru aux presses universitaire de France. Merci également à toute l'équipe qui a préparé cette émission. Bruno Barada Roden, Berti Bourdon, Roxan Poulin.

La réalisation et la prise de son ce soir c'était Colin Gruel accompagné de Vincent Tvennet. rester à l'écoute parce que tout de suite c'est [musique] à vo.