Macron tente la diversion
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Invité politiqueFait
« vous l'avez sûrement repéré Emmanuel Macron cherche à faire diversion et à reprendre l'offensive diversion d'abord par rapport à la réforme des retraites »
- 0:42Invité politiqueFait
« il y a une bataille qui s'est engagée avec la macronie qui d'essayer par tous les moyens d'empêcher qu'il y ait ce débat ce débat aura bien lieu »
- 1:23Invité politiqueFait
« une fois que il balaye les retraites on nous expliquant précisément que le problème est un problème d'explication de pédagogie »
- 2:49Invité politiqueChiffre
« il a essayé de les appâter avec avec un chiffre de 2 milliards d'euros de réduction d'impôts pour eux »
- 4:12Invité politiqueFait
« il n'a pas dit un mot sur les fonctionnaires »
- 5:32Invité politiqueChiffre
« il n'y a eu qu'une augmentation de 3,5% à l'été dernier après cinq années de gel du point d'indice »
- 6:14Invité politiqueFait
« ce qui permettrait d'avoir une progressivité plus grande dans l'impôt et de mettre à contribution les hyper riches »
- 6:53Invité politiqueFait
« les services publics c'est le patrimoine de ceux qui n'en n'ont pas »
- 7:31Invité politiqueChiffre
« le salaire des profs c'était 2,3 SMIC et aujourd'hui c'est 1,2 SMIC »
- 13:02Invité politiqueFait
« il répète croissance partout et qu'il s'enfer dans le productivisme au moment de la crise climatique »
- 13:45Invité politiqueFait
« travailler un peu plus longtemps c'est accroître la quantité de travail donc de richesse dans notre pays »
- 15:08Invité politiqueFait
« le coeur de la bataille derrière cette réforme des retraites c'est de travailler plus pour mettre en oeuvre la transition écologique »
Temps de parole
- Clémentine Autain100 %
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vous l'avez sûrement repéré Emmanuel Macron cherche à faire diversion et à reprendre l'offensive diversion d'abord par rapport à la réforme des retraites après une séquence très très intense de colère sociale inouïe qui n'est pas terminé pas terminé parce que la colère est toujours là même si la prochaine manifestation n'est que le 6 juin et aussi pas terminé puisque le 8 juin nous avons dans le cadre de la niche du groupe liotte l'iode c'est un petit groupe qui est sur la droite dans l'hémicycle mais qui est opposé à cette à cette réforme et à ce coût de force démocratique de la part du pouvoir en place bien ils ont décidé de mettre de leur niche parlementaire du 6 juin un texte de loi pour revenir sur le report de l'âge légal à 62 ans la niche parlementaire c'est précisément quand un groupe utilise sa journée on en a une par groupe dans l'année pour décider de l'ordre du jour de l'assemblée donc c'est factuel alors il y a une bataille qui s'est engagée avec la macronie qui d'essayer par tous les moyens d'empêcher qu'il y ait ce débat ce débat aura bien lieu et l'hypothèse d'un vote à l'assemblée contraire au choix du gouvernement c'est-à-dire de refus de ces 62 ans et fort probable et donc nous allons entrer dans une phase où la bataille reprendra de la vigueur mais le président de la République essaye de changer la conversation de faire diversion et c'est ce qu'il a fait à la fois par deux grandes entretiens un dans le magazine challenge un autre dans l'opinion donc vous voyez la presse économique de droite et puis une interview télévisée au JT TF1 mais peut-être ne l'avez-vous pas vu si vous étiez avec vos casseroles alors je vous résume c'est assez simple une fois que il balaye les retraites on nous expliquant précisément que le problème est un problème d'explication de pédagogie c'est parce que les Français n'auraient pas bien compris les enjeux de la réforme toujours en revenant avec cette histoire de milliards d'argent qui faudrait aller chercher alors que les différentes expertises d'un avoir que il n'y a pas du tout péril en la demeure et qu'il y a plein d'autres moyens de résoudre le petit problème que nous aurions de façon temporaire éventuellement demain sur notre notre équilibre de régime de retraite bon il pense que on n'a pas compris nous avons très bien compris et puis vite il retourne assez assez vieilles lune c'est à dire que il nous fait un cours d'économie classique néolibérale ou les maîtres mots c'est compétitivité croissance et austérité budgétaire c'est-à-dire toujours l'objectif de la de la réduction de la dépense publique ça c'est vraiment le mantra le mantra du président de la République et il a renoué avec ce récit de façon très forte évidemment il essaye de quand même appâter les gens très en colère et en particulier les fameuses classes moyennes qui serait celle qui prendrait le plus cher en réalité avec la contre-réforme des retraites et donc il a essayé de les appâter avec avec un chiffre de 2 milliards d'euros de réduction d'impôts pour eux pour essayer de les ramener de les ramener à lui alors peine perdu je pense d'abord parce que c'est 2 milliards sont très précis c'est 2 milliards on ne sait pas quand on ne sait pas exactement sous quelle forme on sait juste et petite phrase qu'il fallait bien avoir en tête qu'il a prononcé c'est quand la trajectoire sera maîtrisée la trajectoire budgétaire sera maîtrisée donc ça ça veut dire que c'est pas pour demain matin que c'est pour plus tard or on sait bien que les classes moyennes aujourd'hui sont confrontés à la fois à des salaires qui sont des salaires comprimés et une inflation qui est délirante délirante c'est autour de 5 6% et même dans dans l'alimentation on atteint des taux qui sont complètement fous de l'ordre de 15% et sur des produits très fondamentaux c'est même parfois 20 et au-delà pour cent d'augmentation donc c'est c'est énorme et chacun peut le ressentir on est dans un moment de crise terrible ou les classes moyennes et bien se sentent déclassés et rogne sur des choses qui peuvent être tout à fait fondamentales à une vie bonne une vie suffisamment bonne si on peut dire alors donc face à ça il y a ces deux milliards sur la table mais c'est 2 milliards c'est on ne sait pas ce que c'est et surtout il y avait d'autres solutions beaucoup plus simple pour répondre à ce problème d'abord je voudrais vous faire remarquer que il n'a pas dit un mot sur les fonctionnaires il a dit il faut que les salaires augmentent et ils demandent comme le maire Bruno Le Maire qui passe sa vie à demander au patronat du bien vouloir augmenter les salaires mais ça ça marche pas soit il y a des règles et ça peut fonctionner et donc voilà ce qu'il faudrait faire indexer formellement légalement les salaires sur l'inflation pareil pour les prix je veux dire on peut demander faire un pauvre petit panier qui a été bien aimanté d'ailleurs par UFC Que Choisir je vous recommande d'aller regarder ça UFC Que Choisir a montré que le panier était parfois un outil en fait de marketing et on n'est pas aux besoins véritables des gens et ne permettait pas donc du coup de de vraiment de d'amortir le choc le choc de l'inflation donc on pourrait là aussi décider que on met une borne un prix maximum pour les produits de première nécessité mais ça se blocage des prix le gouvernement n'en veut pas c'était pourtant assez simple et on aurait pu aussi entendre le président de la République nous parler des salaires des fonctionnaires puisque s'ils demandent au privé pour ce qui est des fonctionnaires ils ont évidemment l'État a parfaitement la main et quand on sait qu'il n'y a eu qu'une augmentation de 3,5% à l'été dernier après cinq années de gel du point d'indice on se dit que c'était quand même le minimum que d'être capable de d'annoncer pour les classes moyennes 5,7 millions de fonctionnaires aujourd'hui d'entrepris à l'intérieur beaucoup de gens qui font partie des classes moyennes et bien là rien du tout il n'y a pas de négociation possible puisque c'est pas comme dans ça on peut pas renvoyer au dialogue social on peut toujours mais en tout cas celui qui doit répondre c'est c'est l'état et donc le président de la République est là-dessus c'est 0 absolument 0.t alors si on prend le biais de l'impôt en se disant ça peut faire partie des solutions alors ce moment là il faut y aller mais pas simplement dire on enlève 2 milliards d'euros au budget de l'État en redistribuant par des baisses d'impôts il faudrait revoir l'intégralité des tranches pour passer des quatre tranches actuelles à 14 tranches comme nous le proposons dans le programme de l'avenir en commun ce qui permettrait d'avoir une progressivité plus grande dans l'impôt et de mettre à contribution les hyper riches de façon plus forte ce qui permettrait de compenser effectivement des baisses d'impôts pour ceux qui sont plus en bas de l'échelle et ça veut dire une progressivité grande et qu'à un moment donné ça rentre d'un autre côté parce que sinon qu'est-ce qui se passe vous avez un budget de l'État qui est encore plus contraint encore plus réduit et quand on réduit le budget de l'État on réduit aussi les services publics or les services publics c'est le patrimoine de ceux qui n'en n'ont pas et donc précisément ce dont ont besoin en grande partie les plus pauvre mais aussi les classes moyennes qui se plaignent et a raison de voir l'hôpital sur saturé et complètement malmené avec des personnels en burn-out de voir maintenant les établissements scolaires les écoles tirées vers le bas avec des profs qui sont eux aussi en état de stress très important et je voudrais quand même qu'on se rende bien compte que dans notre pays le statut des enseignants à considérablement baisser je dis qu'il a considérablement baissé parce que quand on était en 1982 ou 83 je ne sais plus mais le salaire des profs c'était 2,3 SMIC et aujourd'hui c'est 1,2 SMIC donc vous voyez le l'état de déclassement qui n'est pas qu'un sentiment qui est une réalité avec une baisse de salaire et aussi une baisse de reconnaissance bref je dis ça parce que je veux insister sur le besoin de service public et donc le besoin aussi d'avoir un budget de l'État qui tiennent et qu'on puisse renforcer nos hôpitaux nos écoles mais aussi les transports qui ont quand même un problème de plus en plus flagrant parce qu'on passe de plus en plus de temps dans les transports et en 600 de plus en plus mal mais aussi des équipements culturels enfin le service public c'est quelque chose de très vaste qui mériterait aussi d'être élargie moi je me bats pour un service public de la réparation par exemple mais il y a plein de domaines qui mériteraient d'être confortés et ça c'est des politiques au service des classes moyennes qui seraient tout à fait fondamentales alors le deuxième sujet que le Président de la République a abordé c'est la réindustrialisation voilà le nouveau maître mot de la semaine le débat qu'il enclenche et alors pour l'enclencher il démarre quand même relativement mal puisque il décide d'aller en grande pompe de recevoir en grande pompe des grands patrons pour la sixième année de tchuss France tous France alors un parterre de patron notamment du CAC 40 et c'est à cet endroit là que le Président de la République est venu nous expliquer que il fallait des investissements à l'étranger parce que il raisonne pas en termes de relocalisation il est plutôt en train d'essayer de vendre à la découpe notre pays c'est ça qu'il fait et il le fait avec quand même des gens pas très fréquentables puisque elles se fameux tchuss France on trouvait des pollueurs comme Arcelor on trouvait des effets des fiscaux comme Ikea ou encore des profiteurs de Christ comme Pfizer donc vous voyez les partenaires avec lesquels il a décidé de miser pour la réindustrialisation de notre pays et surtout il y a une grosse grosse arnaque dans cette histoire là parce que souvent dans ces gros raouts on nous fait des annonces et ensuite ça n'est pas suivi des faits pas suivi d'effet je pense par exemple à IBM en 2018 ou justement au premier de choses France on nous annonçait que IBM allait créer 1800 emplois et aujourd'hui on en est à supprimer je parle d'IBM 1400 emplois donc vous voyez les promesses d'un jour ne sont pas forcément tenus sans compter qu'il peut y avoir des délocalisations c'est à dire que on peut prendre ces investissements et public qui va avec pour accompagner ces investisseurs étrangers donc ça veut dire qu'ils s'en mettent plein les poches d'argent public et puis une fois qu'ils ont pris l'argent public ils ont fait leur petite affaire ils décident que il délocalise parce que c'est moins cher à l'autre bout du monde ça c'est un vrai problème et c'est un problème qu'on peut constater aussi dans l'utilisation de l'argent public qui n'est pas rationnelle Emmanuel Macron avait pendant son JT TF1 vous l'avez peut-être vu une petite batterie sur son à côté de lui et c'était pour lui le symbole de cette usine à Dunkerque qui est lié à des investisseurs taïwennais et qui doit permettre de produire donc c'est ces petites batteries et là on nous dit il va y avoir 3000 emplois créés et l'État l'argent public donc décide d'investir de 1 à 1,5 milliards d'euros dans cette histoire là alors faut pas être grand clair pour faire un petit calcul et je remercie Maxime combe qui a fait ce petit calcul pour nous vous pouvez le trouver aussi sur les réseaux sociaux 330 000 à 500 000 euros par emploi voilà ce que ça donne si vous avez 3000 emplois pour un investissement entre 1 et 1,5 milliards et bien au total ça veut dire qu'on donne 3330 000 ou jusqu'à 500 000 euros par emploi c'est totalement délirant absolument délirant et donc on dit la pile on continue de dilapider l'argent public pour le mettre dans des logiques qui sont des logiques qui ne sont pas productives et qui ne nous permettent pas d'avoir un pilote dans l'avion parce que ce qu'il faudrait c'est un état stratège qui mise sur la relocalisation de l'économie et qui ne se mettent pas dans la main de la loi du marché et donc du monde de la finance mais ça c'est pas du tout ce que veut Macron puisqu'il est toujours dans cette espèce de folie du marché qui va tout bien rigoler que ça vient bien se passer que d'ailleurs il faut pas faire peur au capitaux parce que si les capitaux s'enfacent c'est la fin du monde alors que nous ce qu'on cherche c'est d'avoir une économie qui est au service des besoins véritables et on a tout un tissu en France aussi bien dans l'économie sociale et solidaire que parfois dans le privé tout court de TPE qui peuvent permettre non seulement d'accompagner la transition écologique et une des clés fondamentales pour relancer notre industrie mais aussi pour dynamiser les territoires aujourd'hui délaissés par la désindustrialisation et donc c'est au plus près qu'il faut arriver au plus près des territoires au plus près des besoins de la population qu'il faut arriver à piloter en fait cette réindustrialisation or le gouvernement qui a comme une culture d'Etat proche de zéro on l'a vu au moment du covid sont incapables de piloter ils sont incapables de planifier et bien n'est pas du tout dans cette logique et s'en remet encore une fois au grand au grand groupe du CAC 40 et à l'espoir que tout ça finisse par par bien par bien marché or ça ne marche pas et c'est pourquoi je ne cesse de dire depuis quelques jours de penser à cette phrase de d'Einstein ce qui est complètement fou c'est de faire toujours la même chose et de penser qu'on peut avoir un résultat différent et c'est vrai que le Président de la République quand on l'écoute bien il est enfermé absolument enfermé dans un discours qui tourne sur lui-même un discours profondément néolibéral et dans lequel un votre mot c'est la croissance et je veux insister là-dessus pour terminer parce que je trouve que ça n'a pas été suffisamment soulevé c'est à dire que on connaît ça ça son amour du marché sa peur de l'évasion des capitaux du fait que les capitaux puissent s'en aller etc tout ça c'est assez connu mais je trouve que le fait qu'il répète croissance partout et qu'il s'enfer dans le productivisme au moment de la crise climatique la plus voilà ou maintenant je veux dire plus personne peut raconter qu'on ne sait pas plus personne peut nous dire qu'on ne sait pas que c'est justement produire produire toujours plus qui crée du CO2 et qui donc créé un problème majeur pour l'existence même de la de la vie humaine sur Terre à terme et donc il en a rien à faire alors je reprenais l'interview qu'il a donné à l'opinion cette semaine et c'est assez édifiant je vous en lis quelques phrases c'est un petit florilège travailler un peu plus longtemps c'est accroître la quantité de travail donc de richesse dans notre pays ensuite il nous dit le PIB par habitant produit intérieur brut c'est à dire la quantité de richesse produite annuellement par habitant est un bon indicateur alors que tout le monde sait tous les chercheurs vous explique très simplement que c'est un indicateur absolument épouvantable je vais pas faire plus long là-dessus mais il y aurait vraiment à dire en fait c'est un très mauvais indicateur parce que c'est un indicateur qui ne permet pas de mesurer la richesse véritable et qui et qui a une vision tronquée en fait de ce qu'est la richesse et en fait on deviendrait riche parce qu'on produit plus plus on produit plus on est riche en fait ça marche pas du tout comme ça bref il continue il dit le coeur de la bataille derrière cette réforme des retraites c'est de travailler plus pour mettre en oeuvre la transition écologique l'un des leviers et de je le cite encore créer plus de richesses de doper notre taux de croissance potentielle donc il est enfermé absolument enfermé dans ce dogme de la de la croissance que nous dénonçons absolument parce que il faut sortir de ces mesures là il faut comme je l'ai dit toujours maintenant adapter l'appareil productif à nos besoins véritables et non pas nos besoins à aux besoins du capital c'est une inversion totale en fait de la logique économique où on sait que aujourd'hui le capitalisme il cherche à vous faire acheter toujours plus parce qu'il veut dégager plus de profit et donc pour vous acheter plus pour que vous ayez encore plus de besoin plus de désirs et donc il voulait créer notamment par le biais du marketing bien nous faut qu'on fasse l'inverse il faut qu'on se demande qu'est-ce qu'on a de quoi est-ce qu'on a besoin et à partir de ses besoins et bien on décide de comment on le produit et on essaie d'adapter l'un à l'autre mais dans ce sens là c'est à dire l'appareil productif correspondant à nos besoins et à ce que évidemment la planète est capable de supporter et c'est là où le bas blesse très très fort avec le discours macroniste qui est comme un disque rayé et je renvoie pour terminer à cette phrase très jolie que j'ai lu dans dans une belle interview de génération de d'une activiste écologiste qui s'appelle Camille Etienne et elle nous dit elle nous dit très très brillante elle dit on n'est plus à l'heure de l'inaction climatique mais de l'impuissance choisie et ça je crois que c'est très très juste parce que ce qu'ils font ce que fait Macron c'est un choix c'est pas juste qu'il n'agissent pas ils agissent et ils agissent dans une logique qui est une logique qui nous met gravement en péril c'est dire à quel point nous devons en face bien argumenter expliquer convaincre de la nécessité et de l'urgence de changer de cap
Clémentine Autain